Les Affranchis (film)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Les Affranchis.

Les Affranchis

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Logo du film.

Titre québécois Les Affranchis
Titre original Goodfellas
Réalisation Martin Scorsese
Scénario Nicholas Pileggi
Martin Scorsese
Acteurs principaux
Sociétés de production Warner Bros.
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Film de gangsters
Drame
Thriller
Film noir
Sortie 1990
Durée 146 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Les Affranchis (Goodfellas) est un film de gangsters américain réalisé par Martin Scorsese en 1990. Le film est basé sur le livre Wiseguy, de Nicholas Pileggi, sorti en 1986, racontant l'histoire vraie de Henry Hill. Pileggi participa à l'écriture du scénario avec Martin Scorsese. Le film retrace la montée et la chute d'associés de la famille Lucchese, Henry Hill et ses amis, couvrant une période de 1955 à 1980.

Originellement, Scorsese voulait appeler le film Wiseguy, du nom du livre de Nicholas Pileggi, mais ce titre était déjà utilisé pour une série télévisée, il se tourna donc vers le titre Goodfellas.

Les Affranchis a beaucoup de succès au box-office, avec 46,8 millions de $ de recettes rien qu'aux États-Unis, pour un budget de 25 millions $. Il reçoit aussi d'excellentes critiques.

Le film est nommé six fois aux Oscars, incluant celui de meilleur film et de meilleur réalisateur et Joe Pesci gagne celui de meilleur acteur dans un second rôle. Scorsese reçut cinq récompenses des British Academy of Film and Television Arts, incluant celui de meilleur film et de meilleur réalisateur. Le film est nommé meilleur film de l'année par plusieurs groupes de critiques.

En 2000, Les Affranchis est sélectionné pour Le National Film Registry par le National Film Preservation Board pour la conservation à la Bibliothèque du Congrès aux États-Unis pour leur « importance culturelle, historique ou esthétique ». Par la suite, Scorsese réalisera deux autres films sur le crime organisé, Casino en 1995 et Les Infiltrés en 2006.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Robert De Niro joue Jimmy Conway.

1955. Dans la scène d'ouverture du film, Henry Hill (Ray Liotta) admet : « Autant que je me souvienne, j'ai toujours rêvé d'être gangster », se référant à l'adulation qu'il voue, déjà enfant, à la famille Lucchese, une famille de gangsters dans son quartier ouvrier de Brooklyn, majoritairement peuplé de voisins d'origine italienne. Voulant rendre son rêve réalité, il quitte l'école sans le dire à ses parents et fait des petits boulots pour la mafia italienne et la famille Lucchese. Son père irlandais, connaissant la véritable nature de la mafia, essaye d'empêcher Henry de poursuivre son travail avec les Lucchese. Mais la famille mafieuse convainc par la menace le postier de ne plus distribuer les lettres de l'école informant ses parents de l'absence d'Henry en cours.

Très jeune, Henry arrive ainsi à vivre grâce à ses petits boulots pour les « affranchis », en y apprenant les ficelles du métier, ainsi que les deux choses les plus importantes pour un « affranchi » : « Ne jamais balancer ses copains et toujours la mettre en veilleuse ! ».

Henry est pris sous l'aile du parrain de la pègre locale, Paulie Cicero (Paul Sorvino, basé sur le vrai caporegime de la famille Lucchese, Paul Vario) et le proche associé de Cicero, Jimmy Conway (Robert De Niro, basé sur le mafieux James Burke). Paulie et Jimmy aideront Henry à développer sa carrière de gangster, l'introduisant dans l'organisation criminelle de Paulie. En grandissant, Henry réussit à se faire une place dans ce milieu ; il est alors présenté à Tommy De Vito (Joe Pesci, basé sur le truand Tommy DeSimone). Henry aime voler les voitures, alors que Tommy est un psychopathe dangereux et impulsif.

En 1967, Hill commet le casse du vol Air France, il est alors âgé de 23 ans (le vrai Henri Hill vola près de 420 000 $ contenus dans un avion Air France au terminal de New York). Ce vol marqua l'entrée de Hill dans le grand banditisme. Il passe la plupart de son temps au Copacabana Club de New York City, et à cette époque il rencontre celle qui deviendra sa femme, Karen (Lorraine Bracco). Au début, elle est effrayée par les histoires auxquelles Henry est mêlé, mais il la séduira et la vengera d'un homme, son voisin d'en face, qui avait essayé de profiter d'elle, en le tabassant avec la crosse de son revolver, lui brisant le nez et le menaçant de mort s'il la retouche.

En 1970, Tommy, avec l'aide de Jimmy, tabasse et tue Billy Batts (Frank Vincent), le caïd de la famille Gambino, car celui-ci se moquait de Tommy en le raillant et en le traitant de « cireur de chaussures » (un métier que Tommy fit quand il était jeune). Batts, en tant que caporegime de la famille Gambino, était intouchable ; il ne pouvait pas être attaqué sans l'accord des autres membres de la « famille ». Se rendant compte que ce meurtre peut entraîner leur mort à tous les trois, Henry, Jimmy et Tommy mettent Batts, tout ensanglanté, dans le coffre de la voiture d'Henry et se décident à aller l'enterrer dans un endroit désolé hors de la ville, le déterrant et le changeant d'endroit six mois plus tard, craignant que son cadavre soit découvert.

Henry entretient une relation extra-conjugale et a pour maitresse Janice Rossi. Quand Karen apprend cela, elle menace de tuer Henry avec un revolver, mais il parvient à lui faire entendre raison in extremis. Paulie envoie Jimmy et Henry chercher l'argent d'un joueur de pari en Floride. Pour l'intimider et récolter l'argent, Henry et Jimmy le suspendent au-dessus d'une cage à lion dans un zoo. Henry et Jimmy finiront néanmoins en prison, la sœur du parieur étant par pur hasard une secrétaire du FBI.

En prison, Henry retrouve Paulie, qui y purge six mois pour fraude fiscale, et fait secrètement du trafic de médicaments pour subvenir aux besoins de sa famille. Sorti en 1978, Henry et la bande de Paulie commettent le vol de la Lufthansa, volant près de 6 millions de dollars. Pendant ce temps Henry s'implique de plus en plus dans le trafic de drogue, et, du fait de son succès, prend comme associés Jimmy Conway et Tommy, malgré le fait que Paulie ait interdit à quiconque de tremper dans ce genre de commerce.

Les choses commencent à mal tourner quand la bande se met à acheter des choses extravagantes avec l'argent du vol de la Lufthansa, ne suivant pas le conseil de Jimmy qui avait pourtant dit de ne pas attirer l'attention sur eux. Voilà pourquoi Jimmy Conway fait assassiner petit à petit tous les membres de l'équipe ayant participé au vol de la Lufthansa dont Morrie, Carbone et Frenchy, de peur de se faire prendre par la police, en excluant Henry toutefois.

Tommy se fait tuer par Teddy, le frère de Paulie et Vinnie, après qu'ils eurent découvert que Tommy était impliqué dans le meurtre de Batts.

New York, théâtre de l'intrigue.

En 1980, Henry est l'un des seuls survivants de la bande de Paulie, il s'apprête à faire un gros coup avec ses associés de Pittsburgh. Mais sa forte dépendance à la cocaïne et le manque de sommeil lui causent des problèmes et il se fait prendre par les agents des narcotiques. De retour chez lui à sa sortie de prison, Karen informe Henry qu'elle a vidé l'équivalent de 60 000 $ de cocaïne dans les toilettes juste avant que les agents ne fouillent leur domicile. Ce qui devait être la roue de secours de Henry le met, lui et sa famille, sans le sou.

Paulie sent que sa loyauté envers Henry a été trahie, il donne à celui-ci 3 200 $ pour ne plus jamais avoir à faire avec lui. Soupçonnant Jimmy de vouloir le tuer, Henry accepte de faire partie du programme fédéral de protection des témoins des États-Unis, le FBI le protégeant ainsi lui et sa famille.

Finalement, Henry, séparé par la force des choses de ses liens avec la mafia, est alors forcé de vivre une vie normale d'un homme ordinaire (une vie de « plouc », comme il dit, où il attend, ou rien ne se passe), chose dont il s'était moqué et avait échappé durant toute sa vie de gangster.

Le film se termine avec les explications sur les différents personnages, Henry étant « clean » depuis 1987, Paul Cicero mort en prison d'une maladie respiratoire en 1988, et Jimmy Conway purgeant une peine de 20 ans de prison à New York. Ce dernier meurt d'un cancer des poumons en 1996, six ans après la sortie du film.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Italie Italie - Mostra de Venise 1990 : septembre 1990 (présentation au Festival de Venise)
Drapeau de la France France : 12 septembre 1990, 20 août 2008 (date de reprise)
Drapeau de l'Italie Italie : 20 septembre 1990
Drapeau des États-Unis États-Unis : 19 septembre 1990

Distribution[modifier | modifier le code]

Sources et légende : Version Française (VF) sur RS Doublage[3] et AlloDoublage[4]

Musique[modifier | modifier le code]

La musique du film est composée de plusieurs titres, pour la plupart connus[5]: les morceaux choisis correspondent à l'évolution narrative chronologique du film. Par exemple lorsque l'action se passe en 1973, on peut entendre un morceau correspondant à cette époque ou d'une époque antérieure, ceci pour recréer l'ambiance de l'époque.

Liste des musiques par ordres d'apparition dans le film :

  • Rags to Riches par Tony Bennett : générique d'ouverture et début de narration.
  • Can't We Be Sweethearts par The Cleftones : le jeune Henry en train de garer les Cadillacs.
  • Hearts of Stone par Otis Williams and The Charms : le postier de Henry se faisant menacer.
  • Sincerely par The Moonglows : les wiseguy (les mafieux) sont ensemble en train de cuisiner dans la maison de Paulie.
  • Firenze Sogna par Giuseppe Di Stefano : nouveau costume ; victime se faisant tirer dessus.
  • Speedoo par The Cadillacs : Henry enfant, distributeur de sandwich ; Jimmy Conway fait une première apparition.
  • Parlami d'amore Mariu par Giuseppe Di Stefano : Henry adolescent se fait attraper par la police de New York en train de vendre des cigarettes.
  • Stardust par Billy Ward and His Dominoes : aéroport d'Idlewild en 1963 ; première apparition de Henry Hill adulte, vol de camion.
  • This World We Love In (Il Cielo In Una Stanza) par Mina : au the Bamboo Lounge ; les mafieux sont présentés les uns après les autres ; le cambriolage du vol Air France est planifié.
  • Playboy par The Marvelettes : Bamboo Lounge est en faillite ; Henry et Tommy brûlent le restaurant.
  • It's Not for Me to Say par Johnny Mathis : le double rencart ; Karen fait une première appararition et est ignorée par Henry.
  • I Will Follow Him par Betty Curtis : Karen est furieuse et se querelle lourdement avec Henry dans la rue.
  • Then He Kissed Me (en) par le groupe The Crystals (1963) : Henry et Karen entrent au Copacabana par la porte de service.
  • Look in My Eyes par The Chantels : le braquage du vol Air France ; Paulie prend sa part.
  • Roses Are Red par Bobby Vinton : Henry et Karen sortent dans une base nautique et reçoivent du champagne de Bobby Vinton au Copa.
  • Life Is But a Dream par The Harptones : Henry et Karen se marient et font une réception.
  • Leader of the Pack par The Shangri-Las : la fête de mariage.
  • Toot, Toot, Tootsie Goodbye par Al Jolson (clip de The Jazz Singer) : des inspecteurs de la police de New York (NYPD) présentent un mandat et perquisitionnent la maison des Hill.
  • Happy Birthday to You, chanté par des membres de la famille à l'anniversaire du petit Jimmy. Réunion des épouses qui racontent leurs vies quotidiennes.
  • Ain't That a Kick in the Head? par Dean Martin : la narration continue sur leurs vies d'épouses de mafieux.
  • He's Sure the Boy I Love par The Crystals : Billy Batts arrive au "Suite Lounge" ; l'insulte du « cireur de chaussure ».
  • Atlantis par Donovan (1968) : Billy Batts est tabassé et frappé par Tommy et Jimmy.
  • Pretend You Don't See Her par Jerry Vale : vendredi soir au Copa avec les petites amies ; dîner du dimanche à la maison de Paulie.
  • Remember (Walkin' in the Sand) par The Shangri-Las : Henry avec Janice dans une Suite avant d'enterrer le corps de Billy Batts.
  • Baby I Love You par Aretha Franklin : appartement de Janice Rossi ; elle fait visiter son appartement à ses amies. Spider fait sa première apparition au jeu de Poker.
  • Firenze Sogna par Giuseppe Di Stefano (deuxième fois joué) : autre partie de poker ; Tommy tue Spider.
  • Beyond the Sea par Bobby Darin : vie en prison (dîner) ; Henry commence à vendre de la drogue.
  • Boulevard of Broken Dreams joué par Tony Bennett : dîner à la maison de Paulie après la libération sur parole de Henry.
  • Gimme Shelter de The Rolling Stones (1969) : Henry coupant la cocaïne dans l'appartement de Sandy. Il apporte la came à Jimmy et Tommy au bureau des libertés conditionnelles.
  • Wives and Lovers par Jack Jones : Karen montre la nouvelle maison et les meubles à sa copine Belle ; Morrie rencarde Henry sur le casse de la Lufthansa.
  • Monkey Man par The Rolling Stones : la babysitter, Lois Byrd (avec un bébé), fait son apparition ; Henry se retrouve encore à mélanger la coke dans l'appartement de Sandy.
  • Frosty the Snowman The Ronettes : Henry arrive à la fête de Noël ; Jimmy jette hors de la Cadillac le roastbeef de Johnny.
  • Christmas (Baby Please Come Home) par Darlene Love : Jimmy engueule Frankie Carbone pour l'achat de sa cadillac rose. Morrie harcèle Jimmy pour avoir sa part du casse de la Lufthansa.
  • Bells of St. Marys par The Drifters : L'arbre de noël de Henry Hill ; l'exécution de Stacks Edwards.
  • Unchained Melody par Vito and The Salutations : au bar, Henry est ennuyé au sujet de Stacks ; Tommy pense qu'il va devenir "affranchi" ; Morrie continue de harceler Jimmy.
  • Danny Boy - Morrie le chante à Henry, puis il quitte le bar après que sa tentative de parler à Jimmy ait échoué.
  • Sunshine of Your Love, du groupe Cream (1967) : Jimmy assiste à l'assassinat de Morrie et d'autres membres de son équipe.
  • le coda jouée au piano du titre Layla par le groupe Derek and the Dominos (1970) : des cadavres sont découverts partout dans la ville ; Tommy est exécuté.
  • Jump into the Fire par Harry Nilsson : matinée du 11 Mai 1980 à 6h55 séquence de l'hélicoptère ; livre les flingues à Jimmy.
  • Memo from Turner par Mick Jagger : Henry quitte Jimmy avec les flingues qu'il ne veut pas.
  • Magic Bus par The Who : apeuré, conduisant drogué, Henry a presque failli avoir un accident de voiture.
  • Jump into the Fire par Harry Nilsson : Henry conduit son frère de l'hôpital à la maison ; il commence à préparer le dîner ; encore plus d'hélicoptères.
  • Monkey Man par The Rolling Stones : encore plus apeuré en conduisant ; Henry et Karen cachent les flingues dans la maison de la mère de Karen.
  • What Is Life de George Harrison (1970) : toujours aussi apeuré en conduisant ; il ramène encore les flingues. Il rend visite à son grossiste en cocaïne membre du réseau. Appel de Sandy. Il appelle Lois. Lois appelle d'une ligne intérieure.
  • Mannish Boy par Muddy Waters : dernière fois dans l'appartement de Sandy, mélangeant la coke. Dîner chez les Hill's avec les enfants de Lois et son frère Michael.
  • My Way par Sid Vicious (1979) : générique de fin.
  • le coda jouée au piano du titre Layla par le groupe Derek and the Dominos (1970) : (deuxième fois joué) deuxième chanson du générique.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Robert De Niro y avait également été nommé au titre de meilleur acteur ainsi que Michael Ballhaus à celui de la meilleure photographie.

Production[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

Les Affranchis est basé sur le livre Wiseguy, écrit par Nicholas Pileggi, journaliste spécialisé dans le monde de la mafia. Martin Scorsese n'a jamais voulu faire un autre film sur la mafia, jusqu'au jour où il lit une critique du livre de Pileggi, ce qui l'a incité à le lire[7] tout en travaillant sur le long-métrage qu'il réalise à ce moment, La Couleur de l'argent, en 1986[8]. Ayant été toujours fasciné par le mode de vie des mafieux, Scorsese a été attiré par le livre de Pileggi, car il s'agit de la représentation la plus honnête des gangsters qu'il ait jamais lu[9]. Après l'avoir lu, le cinéaste savait quelle approche utiliser.

À l'origine, le film devait être tourné avant La Dernière Tentation du Christ, mais lorsque les fonds de La Dernière Tentation du Christ furent concrétisés, Scorsese décida de reporter Les Affranchis. Ce dernier a été également attiré par les aspects documentaires du livre, notamment sur « comment ils fonctionnent, comment ils prennent en charges les boîtes de nuit de certains »[10].

Il a vu Les Affranchis comme le « troisième film d'une trilogie imprévue des films qui ont examiné la vie des Italo-Américains sous des angles légèrement différents[11]» et l'a souvent décrit comme un home mob movie.

Scénario[modifier | modifier le code]

Scorsese et Pileggi collaborent sur le scénario et au cours des douze projets de scripts, avant d'atteindre le script idéal, le journaliste s'est rendu compte que « le style visuel à dû être entièrement refait » et qu'ils se sont partagés le crédit du scénario. Ils ont décidé de prendre les passages du livre qu'ils ont aimés et d'en faire un tout[12]. Scorsese persuade Pileggi de ne pas suivre une structure narrative traditionnelle. Le réalisateur a voulu prendre le film de gangsters afin de le traiter épisode par épisode, mais commencer par le milieu et se déplacer dans le passé et le présent et en ayant des scènes compactes. Il s'est rendu compte que si elles étaient courtes, « l'impact après une heure et demie serait formidable ».

Il voulait faire la voix-off comme dans la séquence d'ouverture de Jules et Jim et utiliser toutes les bases de la Nouvelle Vague autour de 1961[12].

Le titre Wiseguy étant été utilisé pour le film Mafia Salad (le titre original étant Wise Guy), les scénaristes changent le nom en Goodfellas (pour le titre original)[12]. À noter que certains personnages des Affranchis furent changés.

Il serait aussi bon de relever que Martin Scorsese casse par deux fois le quatrième mur à la toute fin du film. Tout d'abord via Henry qui s'adresse au spectateur à la fin du procès en déambulant dans la salle, puis par Joe Pesci qui tire sur le spectateur, référence obligée au film muet qui brisa pour la première fois le-dit quatrième mur en 1903, Great Train Robbery de Edwin S. Porter.

Casting[modifier | modifier le code]

Dès lors que Robert De Niro eut accepté d'interpréter Jimmy Conway, Scorsese put finalement obtenir l'argent nécessaire pour tourner Les Affranchis[8]. Le réalisateur caste Ray Liotta, après que De Niro l'ait vu dans Dangereuse sous tous rapports, dans lequel Scorsese fut surpris par l'«énergie explosive» du jeune comédien dans ce film[13]. En 1988, Liotta rencontre Scorsese sur une période de plusieurs mois et auditionne pour le film, il fait une campagne agressive afin d'obtenir le rôle d'Henry Hill, le studio voulant un acteur connu. De Niro étant un élève de l'Actors Studio, il contacta à plusieurs reprises le véritable Henry Hill pour le consulter sur le personnage qu'il incarnait, jusqu'à lui demander la manière dont Jimmy Conway tenait sa cigarette[14],[15] et fait des recherches importantes sur ceux qui étaient écartés du livre[16].

Liotta écouta les cassettes audio du FBI afin de parler comme Hill[17], Lorraine Bracco, qui incarne l'épouse d'Hill, Karen, a quant à elle, essayé de se rapprocher d'une femme de gangster, mais en était incapable car ces femmes forment une communauté très soudée. Elle décida de ne pas rencontrer la vraie Karen, car elle pensait que la création du rôle serait mieux si elle venait d'elle et a utilisé la vie du personnage avec ses parents pour ligne directrice émotionnelle[18].

Paul Sorvino, l'interprète de Paulie, n'a aucun mal à trouver la voix et la démarche du rôle, mais il lui était très difficile de trouver le « noyau de la froideur et la dureté absolue », ce qui est contraire à la nature du comédien, sauf quand sa « famille est menacée »[19].

Tournage[modifier | modifier le code]

Deux semaines avant le début du tournage, le véritable Henry Hill fut payé 480 000 $. Le film fut tourné notamment dans le Queens, le New York et dans certaines parties de Long Island[20] du printemps à l'été 1989 pour un budget estimé à 25 millions de dollars [21]. Martin Scorsese a eu recours à l'arrêt sur image, rendant hommage au film Jules et Jim, réalisé par François Truffaut en 1962, qui utilise ce même procédé[22]. Curieusement, des envols de Boeing 747 annoncent la première scène à l'aéroport d'Idlewild alors qu'un sous-titre situe cette scène en 1963. Pourtant, cet avion, conçu à partir de 1965, a effectué son premier vol en 1969.

Montage[modifier | modifier le code]

Le scénario ayant été longuement travaillé, la monteuse Thelma Schoonmaker a déclaré qu'il lui semblait qu'elle n'avait coupé qu'une seule scène tournée : celle où le petit garçon apprend à boire des expressos[23].

Accueil[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

Les Affranchis a été acclamé par la critique, obtenant un pourcentage de 97 %, basé sur 58 critiques et une note moyenne de 8,8/10 sur le site Rotten Tomatoes[24] et obtient une moyenne de 89/100, basé sur 18 critiques sur le site Metacritic[25]. Le public, lui aussi, salue le film de façon quasi unanime, avec 8,7/10 sur le site Internet Movie Database, basé sur plus de 558 000 notes[26], faisant partie des vingt films les plus côtés du site. En France, également, Les Affranchis obtient un succès de la part des spectateurs, avec une note moyenne de 4,2/5 basé sur 13 026 notes, dont 656 critiques[27].

Box-office[modifier | modifier le code]

Les Affranchis obtient également un succès commercial. Aux États-Unis, le film se classe directement premier — durant une semaine — lors de sa première semaine d'exploitation avec 8 971 101 $[28] de recettes. Il parvient à rester dans le top 10 du box-office durant cinq semaines, dont la 5e place pendant deux semaines, pour finir sa carrière avec 46 836 214 $[28].

En France, le long-métrage de Scorsese n'obtient pas le succès des États-Unis : en effet, Les Affranchis n'atteint même pas le million d'entrées (976 346 entrées)[29]. Lors de sa reprise en salles, Les Affranchis totalise 7 743 entrées, portant le cumul des entrées toutes exploitations à 984 089 entrées[30].

Analyse[modifier | modifier le code]

Les Soprano[modifier | modifier le code]

Article connexe : Les Soprano.

Les Affranchis possède plusieurs similitudes avec la série Les Soprano, qui traite également du thème de la mafia italo-américaine. Le créateur des Soprano, David Chase, a déclaré que le film a été une inspiration pour la série[31].

Plusieurs acteurs des Affranchis, notamment Lorraine Bracco, Michael Imperioli, Tony Sirico, Vincent Pastore et Frank Vincent participeront dans la série dans des rôles d'importance. Au total, 27 acteurs apparaissent dans les deux productions.

La comparaison ne s'arrête pas là avec la série : Ray Liotta était un des premiers candidats pour incarner Tony Soprano et le personnage incarné par Michael Imperioli (Christopher Moltisanti) tire dans le pied d'un commerçant dans un épisode, en référence à une scène des Affranchis où le personnage de Joe Pesci (Tommy) tire dans le pied de Spider, incarné par Imperioli.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dates de sortie - Internet Movie Database
  2. « Classification CNC : Les Affranchis », sur CNC.fr (consulté le 4 octobre 2014)
  3. (fr) RS Doublage : Les Affranchis. Consulté le 18 décembre 2010.
  4. http://www.allodoublage.com/glossaire/definition.php?val=1487_affranchis
  5. http://akas.imdb.com/title/tt0099685/soundtrack
  6. (en) Awards - Internet Movie Database
  7. (en) Derek Malcolm, « Made Men », Film Comment,‎ September/October 1990
  8. a et b (en) Richard Goodwin, The Making of Goodfellas, Hotdog
  9. Susan Linfield, « Goodfellas Looks at the Banality of Mob Life », New York Times,‎ septembre 16, 1990
  10. Mike Clark, « GoodFellas step from his childhood », USA Today,‎ septembre 19, 1990
  11. Matthew Gilbert, « Scorsese Tackles the Mob », Boston Globe,‎ septembre 16, 1990
  12. a, b et c (en) David Thompson et Ian Christie, Scorsese on Scorsese, Faber and Faber,‎ 1996, 150–161 p.
  13. Gilbert, Matthew (September 16, 1990). "Scorsese Tackles the Mob". Boston Globe.
  14. (en) Buck Wolf, « Rap Star 50 Cent Joins Movie Mobsters », ABC News,‎ 8 novembre 2005 (lire en ligne)
  15. (en) Stella Papamichael, GoodFellas: Special Edition DVD (1990), BBC,‎ 22 octobre 2004 (lire en ligne)
  16. Gary Arnold, « Real Fellas Talk about Mob Film », Washington Times,‎ septembre 25, 1990
  17. Arnold, Gary (September 25, 1990). "Real Fellas Talk about Mob Film". Washington Times.
  18. Alex Witchel, « A Mafia Wife Makes Lorraine Bracco a Princess », New York Times,‎ septembre 27, 1990
  19. Lawrence Van Gelder, « At the Movies », New York Times,‎ 12 octobre 1990
  20. (en) Lieux de tournage des Affranchis sur l’Internet Movie Database
  21. (en) Box-office/business des Affranchis sur l’Internet Movie Database
  22. (fr) Les Affranchis : Secrets de tournage sur Allociné. Consulté le 18 décembre 2010.
  23. Nicolas Saada, « Entretien avec Thelma Schoonmaker », Cahiers du cinéma, no 500,‎ mars 1996, p. 17-19
  24. (en) Goodfellas : Rotten Tomatoes. Consulté le 18 décembre 2010
  25. (en) Goodfellas : Metacritic. Consulté le 18 décembre 2010
  26. (en) Les Affranchis (film) sur l’Internet Movie Database
  27. (fr) Critiques spectateurs pour Les Affranchis.
  28. a et b (en) Goodfellas (Weekly) - Box Office Mojo.
  29. (fr) Calendrier - Sortie du 12 septembre 1990.
  30. « Les Affranchis (voir catégorie "Synopsis et détails") », sur AlloCiné (consulté le 29 avril 2014).
  31. (en) Jeff Stark, « Les cas de Jersey inspire une nouvelle saison », Newark Star Ledger,‎ 5 avril 2001 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]