Chinatown (film)

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Chinatown

Réalisation Roman Polanski
Scénario Robert Towne
Acteurs principaux
Sociétés de production Paramount Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Film noir
Sortie 1974
Durée 131 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Chinatown est un film noir américain réalisé par Roman Polanski et produit par Robert Evans, sorti en 1974. Chinatown est un des grands classiques des années 1970. Il est originellement distribué par la Paramount Pictures.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans les années 1930, Los Angeles est en pleine sécheresse. Mme Mulwray, engage le détective privé Jake Gittes (Jack Nicholson) pour suivre son mari, ingénieur des eaux de la ville et soupçonné d'adultère. Ce dernier est bientôt retrouvé mort, noyé. Les personnages évoluent dans une intrigue et une atmosphère pesante de dangers, où bien des références (telle une scène à Echo Park) renvoient à la gestion de l'eau. Gittes poursuit son enquête, et découvre que la femme qui l'a engagé n'est pas la vraie Mme Mulwray. Il s'éprend ensuite d'Evelyne Mulwray (Faye Dunaway), la véritable femme de l'ingénieur, et poursuit ses recherches malgré les diverses menaces de tueurs professionnels, jusqu'à la découverte de la vérité. Le film se clôt sur un final dramatique dans le quartier chinois de Los Angeles.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Transposition de la "guerre des eaux" à Los Angeles[modifier | modifier le code]

Dans une scène clé du début du film, le corps de l'ingénieur Hollis Mulwray est retrouvé dans un aqueduc similaire à celui de Los Angeles sur cette photo( vallée de San Fernando).

Le personnage de l'ingénieur des eaux qui est retrouvé mort au début du film est inspiré de William Mulholland, du département des eaux et de l'énergie de Los Angeles. Lors de son audition dans le film (et avant sa disparition), le personnage met sa responsabilité en jeu et indique qu'il ne fera pas la même erreur deux fois, faisant ainsi référence à l'écroulement du Barrage de St. Francis, ouvrage nécessaire à la rétention d'un lac de barrage (« reservoir ») pour alimenter l'aqueduc de Los Angeles ; la catastrophe eut bien lieu le 12 mars 1928. L'ouvrage visait également à alimenter des terrains dans la vallée de l'Owens, zone qui fait l'objet de manipulations immobilières pour le moins suspectes (ce que découvre Gittes dans la scène aux archives du cadastre). Le film retranscrit, notamment au travers de la scène dans l'orangeraie, les enjeux et oppositions qui prirent corps dans les guerres de l'eau en Californie.

La différence avec l'histoire de L.A. dans les années trente dans le film réside dans le personnage fictif de Noah Cross, joué par John Huston, associé de l'ingénieur Hollis Mulwray, et qui fait figure de pouvoir derrière le trône, manipulant les personnages de l'avant-scène.

Production[modifier | modifier le code]

Genèse du projet[modifier | modifier le code]

Jack Nicholson était sur le projet depuis le début. C'est pourquoi on lui a offert le rôle principal. Il demanda personnellement à Roman Polanski de tourner le film à Hollywood, alors que son scénariste, Robert Towne, s'apprêtait à le réaliser. Polanski, qui venait d'essuyer deux échecs commerciaux avec Macbeth et Quoi ?, accepta son offre.

Dans une interview donnée en 2006, Roman Polanski explique ses réticences à l'époque vis-à-vis du tournage du film et sa venue à Los Angeles, en raison de l'assassinat en 1969 de son épouse Sharon Tate dans cette ville.

Casting[modifier | modifier le code]

Jack Nicholson était attaché au projet depuis le début, pour le rôle de Jack Gittes, ainsi nommé d'après le nom du producteur Harry Gittes. Evelyn, le rôle féminin principal, a d'abord été offert à Jane Fonda qui l'a refusé au profit de Faye Dunaway

Roman Polanski joue un petit rôle dans le film, celui du truand qui coupe le nez de Jack Gittes.

Tournage[modifier | modifier le code]

Avec un budget de 6 millions de dollars, le tournage s'est déroulé de septembre à octobre 1973.

La scène où Polanski fend le nez de Nicholson a été extrêmement complexe à filmer et les deux hommes sont tellement fatigués de l'expliquer qu'il leur arrive parfois de dire que le nez a été vraiment coupé. Le couteau possédait une pointe à lame articulée dont un des côtés était muni d'un tube et d'une poire remplie de sang. Polanski n'avait qu'à presser la poire en même temps qu'il faisait le geste de trancher la narine.

Roman Polanski et Faye Dunaway ont eu des relations conflictuelles pendant tout le tournage du film. Les relations avec Nicholson ont été moins tendues, à l'exception d'un épisode où l'acteur n'a pas voulu terminer une scène parce qu'il souhaitait regarder un match de baseball à la télévision. Pendant la dispute qui s'en est suivie, Polanski a cassé le poste de télévision.

Selon le script original de Robert Towne, le film devait se terminer avec un happy end. Polanski insista pour obtenir la fin tragique que l'on a finalement retenue.

Musique[modifier | modifier le code]

Roman Polanski confia initialement la musique au compositeur Phillip Lambro. Le producteur Robert Evans fut mécontent du résultat et confia en toute urgence au compositeur hollywoodien, Jerry Goldsmith, le soin d'écrire une nouvelle partition dans un délai très serré de 10 jours. Goldsmith parvint à tenir le délai et livra une splendide musique, qui obtint une nomination à l'Oscar de la meilleure musique (décerné cette année-là au film Le Parrain II).

La musique de Goldsmith figure également à la 9ème place dans le classement des 25 meilleures musiques de films établi par l'American Film Institute.

Réception[modifier | modifier le code]

Le film reçut 11 nominations à la 47e cérémonie des Oscars en 1975. Les critiques furent élogieuses sur le film, atteignant notamment une note de 100 % sur Rotten Tomatoes[2].

Suite[modifier | modifier le code]

Une suite au film a été tournée en 1990 par Jack Nicholson lui-même. Elle s'intitule The Two Jakes, ou Piège pour un Privé au Québec.

Polanski et les États-Unis[modifier | modifier le code]

Il s'agit du dernier film de Polanski tourné aux États-Unis. Suite à une affaire de viol en 1977, il sera incarcéré pendant 47 jours, avant d'être libéré sous caution. Mais pour échapper à son procès, il se réfugie en Europe. Il ne reviendra alors plus jamais sur le sol américain.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]