Terrence Malick

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Terrence Malick

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Terrence Malick à Austin (Texas), en 2011.

Nom de naissance Terrence Frederick Malick[1]
Naissance 30 novembre 1943 (71 ans)
Illinois ou Texas, Drapeau des États-Unis États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Profession Réalisateur
Scénariste
Producteur
Films notables La Balade sauvage
Les Moissons du ciel
La Ligne rouge
Le Nouveau Monde
The Tree of Life
À la merveille

Terrence Malick, né le 30 novembre 1943 à Ottawa (Illinois) ou à Waco (Texas)[2], est un réalisateur, scénariste et producteur de cinéma américain.

Sa carrière de réalisateur couvre environ quatre décennies mais six films à peine portent sa signature. La rareté, l'originalité, la puissance visuelle et la vision très personnelle de son cinéma marquent durablement le public, la critique et la profession[3]. Grâce à The Tree of Life, Malick remporte la Palme d'or à Cannes en 2011. Le cinéaste est entouré d'une aura de mystère[4] car ses apparitions en public et ses interviews sont extrêmement rares[5].

Ses longs métrages sont souvent considérés comme des œuvres majeures du cinéma américain[6]. Malgré son retrait de la scène publique et son désir de rester dans le circuit indépendant, il est régulièrement sollicité par plusieurs grandes vedettes qui ne lui cachent pas leur admiration[7].

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts (1943-1978)[modifier | modifier le code]

Terrence Malick[N 1] est né soit à Waco, Texas, soit à Ottawa, Illinois, le 30 novembre 1943[2]. Il est élevé par sa mère, Irene Malick[8] et son père, Emil Malick, fils d'immigrés assyriens de religion chrétienne[9]. Emil a suivi le Lake View High School à Chicago en 1930 avant de travailler dans une compagnie pétrolière au Texas (ce qui pourrait expliquer la confusion sur le lieu de naissance du jeune Terrence). Son grand-père, Abvimalek Malick (ou Maleck) qui travaillait dans l'assurance pour le New York Life à Chicago, était originaire du village assyrien Goghtapa, en Urmie (Iran)[10], touché par le massacre des Assyriens pratiqué par l'Empire ottoman[11].

Malick étudie dans les universités d'Harvard et Oxford. À Harvard, il suit notamment les cours de Stanley Cavell[12]. Suite à un contentieux avec son directeur de recherches Gilbert Ryle, il ne soutient pas, à Oxford, sa thèse de doctorat portant sur le concept du monde chez Søren Kierkegaard, Martin Heidegger et Ludwig Wittgenstein[13]. Il enseigne ensuite la philosophie au MIT et traduit de l'allemand Le Principe de raison, de Heidegger[14]. En parallèle, il s'inscrit à un cours de cinéma et sort diplômé du Center for Advanced Studies de l'American Film Institute en 1969. Il participe, comme script doctor, à l'élaboration de plusieurs scénarios dont celui de L'Inspecteur Harry (Dirty Harry) avant d'écrire et réaliser La Balade sauvage (Badlands), son premier long métrage[12]. Suit Les Moissons du ciel (Days of Heaven), un drame avec Richard Gere sur le travail à la ferme, il remporta le prix de la mise en scène au Festival de Cannes 1979.

Le hiatus (1978-1998)[modifier | modifier le code]

Le réalisateur suscite le mystère pour les vingt années d'écart entre Les Moissons du ciel et La Ligne rouge. Jamais dans l'histoire du cinéma, un cinéaste n'aura autant attendu entre deux productions. Néanmoins, on sait qu'il écrivit plusieurs scripts et qu'il travaillait sur le projet Q, film explorant l'origine du monde qui deviendra The Tree of Life.

Le retour (depuis 1998)[modifier | modifier le code]

En 1998, Malick revient avec un film de guerre, La Ligne Rouge (The Thin Red Line), qui évoque la sanglante bataille de Guadalcanal durant la guerre du Pacifique. Le film explore l'intimité des soldats par le biais d'un monologue intérieur en voix-off (caractéristique principale de Malick). Le film est un grand succès critique et public.

En 2005, sort Le Nouveau Monde, un film qui réitère les aspirations esthétiques du cinéaste (célébration de la nature, intériorité des personnages, multiplicité des points de vue, violence). Cette œuvre revient sur l'histoire de l'Amérindienne Pocahontas et sa rencontre avec le colon anglais John Smith dans l'Est américain du XVIIe siècle.

En 2010, la projection très attendue du nouveau film de Malick, The Tree of Life, n'a pas lieu lors du 63e Festival de Cannes. Le long métrage n'est pas présenté en raison de retards de montage. Mais il est néanmoins sélectionné à Cannes l'année suivant et y remporte la Palme d'or, décernée par le jury officiel présidé par Robert De Niro.

The Tree of Life met en vedette Brad Pitt, Sean Penn et Jessica Chastain. Il raconte l'histoire du monde, la présence divine omnipotente ainsi que le destin d'une famille américaine des années 1950, marquée par un drame. Le film possède une forte empreinte panthéiste et cosmogonique[réf. nécessaire], souvent comparée à celle de 2001, l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick ou du cinéma d'Andreï Tarkovski (pour leurs nombreuses interrogations mystiques). Ce long métrage divise énormément la critique pour sa construction alambiquée et ses images peu conventionnelles. Les fans crient au génie et y voient l'un des plus beaux films de tous les temps, les sceptiques reprochent quant à eux au cinéaste une débauche de kitsch et une obsession mystique proche d'une propagande New Age. Durant les premières projections cannoises, le film est simultanément sifflé et applaudi[15]. Malick était présent à Cannes lors de la séance officielle du film[16], mais n'a fait aucune apparition publique, que ce soit sur le tapis rouge, lors de la conférence de presse ou au gala de clôture pour recevoir sa récompense. Il s'est alors fait représenter par ses producteurs Bill Pohlad et Dede Gardner[17].

En 2012, le cinéaste signe un nouveau virage intimiste avec À la merveille (To The Wonder) avec Ben Affleck, Olga Kurylenko et Javier Bardem, un drame passionnel porté par des interrogations religieuses qui prend pour décor le mont Saint-Michel (la « merveille » du titre). La réception publique et critique est encore plus brutale que pour sa précédente réalisation. À la merveille est souvent qualifié d'œuvre médiocre et d'auto-parodie, par Malick, de son style mystique et grandiloquent.

En 2015, retour à la Berlinale pour Malick en présentant en compétition Knight of Cups, un film avec Christian Bale, Natalie Portman et Cate Blanchett sur les interrogations existentiels d'une célébrité du show-business.

Projets[modifier | modifier le code]

Malick enchaîne les tournages à une vitesse accélérée par rapport aux périodes précédentes, ainsi, de 2011 à 2016, en comptant les sorties futures, le cinéaste aura réalisé 4 longs métrages et un documentaire.

Le film qui suivra Knight of Cups, tourné à la suite de ce dernier, sera un film d'intrigues amoureuses sur fond de musiques à Austin, supposé par une vidéo très rare d'un tournage de Malick en 2011[18],[19]. Nommé pour l'instant Project V , il rassemblera une partie du casting de Knight of Cups. En 2016, ce sera un documentaire en IMAX, Voyage of Time (commenté par Brad Pitt et Emma Thompson) sur la naissance et la mort de l'univers.

Vie privée[modifier | modifier le code]

La vie privée de Malick est très mystérieuse : peu d'éléments ont filtré dans les médias et de nombreuses zones d'ombre persistent, notamment sur la période de vingt ans qui sépare Les Moissons du ciel de La Ligne rouge. Il s'est marié à trois reprises : de 1970 à 1976 avec Jill Jakes[20], de 1985 à 1998 avec la Française Michèle Morette qu'il rencontre à Paris en 1980 et qui est aujourd'hui décédée[21] et depuis 1998 avec Alexandra Wallace, son amour de jeunesse[22].

Il a longuement vécu en France avec sa seconde épouse et a profité de son retrait de l'industrie du cinéma dans les années 1980 et 1990 pour voyager à travers le monde et reprendre des études d'archéologie et de civilisations anciennes[7],[23],[24]. Il parle un français parfait et fut supporter du Paris Saint-Germain lorsqu'il était établi à Paris[24].

Il vit aujourd'hui à Austin, au Texas[25].

Malick souhaite rester dans l'ombre de la presse et du public : ses contrats stipulent qu'il ne sera pris aucune photographie de lui et qu'il n'a aucune obligation d'assurer la promotion de ses films. Les clichés publics du cinéaste sont très rares et datent du tournage de La Balade sauvage et La Ligne rouge. Le cinéaste a un culte du secret comparable au cinéaste Stanley Kubrick ou à l'écrivain J.D. Salinger. Néanmoins, plusieurs photos du cinéaste sont prises par des paparazzis en 2011 lors du tournage de Knight of Cups.

Le style de Terrence Malick[modifier | modifier le code]

D'un perfectionnisme particulièrement pensé, les réalisations de Malick dénotent un travail d'ampleur sur la forme à tout point de vue : composition des plans, lumière, mouvements de caméra, montage, musique, bande sonore... Sa marque esthétique prend son origine dans une technique axée sur l'improvisation des acteurs et une utilisation très novatrice du Steadycam. Ses longs métrages s'ancrent tous dans le thème américain et romantique du rapport spirituel de l'individu à la nature et du lien entre grands espaces et possibilités introspectives[12].

À partir de la Ligne rouge, Malick rompt avec le récit encore linéaire de ses deux premières œuvres même si l'usage très particulier d'une voix-off plurielle y provoque déjà des décalages temporels. Il évolue alors vers un style expérimental aux temporalités multiples, fait de pure sensation plastique et d'émotion extra-visuelle qu'accompagne son habituelle fascination mystique pour le monde naturel[26]. Le point d'orgue de cette mutation est The Tree of Life, conçu comme un vaste poème épique tant sur la création du monde que sur le quotidien difficile d'un jeune garçon texan dans les années 1950[27],[28].

Une des touches les plus récurrentes de son cinéma est donc le recours à la « narration décentrée »[29]. Il s'agit selon Michel Chion d'une voix-off qui « ne recoupe pas exactement ce qu’on voit et manifeste une connaissance des faits différente et désaxée par rapport au récit qui se déroule sous les yeux du spectateur. »[30]. Terrence Malick est un réalisateur atypique du fait qu'il tourne très peu (six longs métrages en une quarantaine d'années) et que ses films témoignent d'une ambition manifeste (style ample, élégiaque et cosmogonique, goût prononcé pour les images métaphysiques et épiques, plans contemplatifs et picturaux, tournage sur des sites témoignant d'une proximité avec la nature etc.).

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur et Scénariste[modifier | modifier le code]

Court métrage[modifier | modifier le code]

Longs métrages[modifier | modifier le code]

Prochainement :

Producteur[modifier | modifier le code]

Distinctions et nominations[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Son nom de famille, Malick, dérive du mot arabe Maleck sinifiant « ange ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Films documentaire[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]