Annie Hall

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Annie Hall

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Réalisation Woody Allen
Scénario Woody Allen
Marshall Brickman
Acteurs principaux
Pays d’origine États-Unis
Sortie 1977
Durée 93 min.

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Annie Hall est une comédie de Woody Allen sortie en 1977. Elle remporte l'Oscar du meilleur film, du meilleur réalisateur (Woody Allen), du meilleur scénario (Woody Allen et Marshall Brickman) et de la meilleure actrice (Diane Keaton) en 1978.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Alvy Singer (Woody Allen) est un incurable névrosé, obsédé par la précarité de l'univers, mais également par Kafka, le sexe, la mort et Le Chagrin et la Pitié. Il tombe amoureux d'une jeune femme assez délurée, Annie (Diane Keaton), avec qui il développe une relation marquée par de nombreux moments de bonheur jusqu'à ce que surgissent des tensions liées à leur vie professionnelle respective.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Woody Allen tourne en fait son propre divorce (en dérision), en utilisant les procédés les plus disparates : le sketch, le dialogue, le monologue intérieur, les interviews, etc.
  • Le soir où il reçut les Oscars, Woody Allen est parti jouer avec ses amis jazzmen à Manhattan.
  • Le vrai nom de Diane Keaton était Diane Hall et son surnom était Annie.
  • Diane Keaton porte ses propres vêtements dans le film.
  • Les blagues que Woody Allen fait en public à l'université du Wisconsin faisaient partie de son spectacle donné au Dick Cavett Show en 1968.
  • La scène où Alvy éternue dans la cocaïne était un accident non prévu.
  • Marshall McLuhan n'était pas le premier choix de Woody Allen qui avait auparavant approché Federico Fellini et Luis Buñuel.
  • Sigourney Weaver et Shelley Hack font leur première apparition à l'écran, comme figurantes, dans ce film.
  • La scène où Christopher Walken conduit une voiture avait d'abord été coupée au montage. Elle a été restaurée une semaine avant que le film soit achevé.
  • Le tournage a eu lieu du 16 mai 1976 à février 1977.

Commentaires[modifier | modifier le code]

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Annie Hall est le tournant de la carrière de celui qui, jusque là, pouvait passer pour un excellent comique de plus. Mais, comme tout comique, Woody Allen, angoisse chevillée au corps, décida un jour de parler de choses sérieuses désormais, tout en continuant à faire rire.

Ce qui apparaît certain est l'hommage rendu par le cinéaste à celle qui est alors son ancienne compagne, son actrice fétiche (Annie Hall est leur cinquième film ensemble et elle en tournera encore quatre autres) et, sans aucun doute, sa meilleure amie. Lorsqu'Alvy nous confie à la fin du film, parlant d'Annie qu'il vient de revoir après leur séparation : « J'ai compris quelle personne formidable elle était et-et combien c'était chouette juste de la connaître… », qui n'entend pas alors la vraie voix de Woody parlant de Diane ?

Annie Hall synthétise à lui seul tous les films de Woody Allen. Son style, si personnel et si reconnaissable entre tous, éclate à chaque image, à chaque réplique. L'alternance de la pure comédie comme la scène du homard ou de la coke, par exemple, avec les scènes plus nostalgiques (scènes d'enfance), la manière de dynamiter de l'intérieur les moments de pathos (grâce, en général à une réplique à tomber par terre ou à un gag visuel) sont des « marques de fabriques » du cinéaste.

Tous les thèmes alleniens traditionnels sont présents : son amour pour New York doublé de sa haine pour la Californie, Los Angeles et le soleil… Ses névroses obsessionnelles : la mort, les femmes, le sexe, l'antisémitisme, la psychanalyse, les drogues, la prétention intellectuelle… Ses influences tel Ingmar Bergman, Groucho Marx ou Sigmund Freud… Ses souvenirs d'enfance récurrents… Sa paranoïa…

Woody Allen nous dit que la vie et le bonheur se heurtent inévitablement à la perte, à la mort. Et que, seul, l'art peut nous permettre d'exercer un contrôle (tout relatif bien sûr) sur eux. Pour parvenir à ses fins, il ne lésine pas sur les moyens cinématographiques : aparté de l'acteur vers le public, voyages des personnages dans le passé, écran divisé et montrant des scènes séparées, sous-titres contredisant le dialogue, séquences d'animation, etc.

Il s'inspire de son maître Bergman (Les Fraises sauvages) ou de Fellini (Amarcord).

Le résultat obtenu est l'universalité du propos. Nul besoin d'être New-Yorkais, juif, de porter des lunettes (lui), ou d'être attifée comme un as de pique (elle) pour se poser la question du film : « Pourquoi l'amour meurt-il ? Et pourquoi ne peut-on simplement oublier ? ». Car c'est bien de cela qu'il s'agit, et là réside la gravité et l'amertume du film. On rit tout du long du film, sans retenue. Et pourtant, à la fin, quelque chose nous saisit à la gorge, alors qu'Alvy et Annie se retrouvent, chacun accompagné, sous l'affiche symbolique du film Le Chagrin et la Pitié.

Pour le spectateur, il est difficile d'accepter que leur histoire puisse désormais appartenir au passé. Bien sûr, les raisons de l'échec du couple sont compréhensibles. Il a vu Alvy transformer la jeune provinciale naïve, un peu bê-bête et peu sûre d'elle qu'est Annie lorsqu'il la rencontre, en une vraie jeune femme cultivée et désormais équilibrée. Et alors qu'elle prend son envol et la vie, sa vie, à pleines mains, lui reste désespérément figé dans son quotidien, incapable de changer quoi que ce soit à lui-même ou à son monde.

Alors, il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur et écouter Alvy/Woody conclure l'histoire : « […] Je pensais à cette vieille blague, vous savez, ce-ce-ce type va chez un psychiatre et dit : « Doc, euh, mon frère est fou. Il se prend pour un poulet. » Et, euh, le docteur dit : « Et bien, pourquoi ne le faites-vous pas enfermer ? » Et le type dit : « J'aimerais bien, mais j'ai besoin des œufs. » Et bien, je crois que c'est ce que je ressens au sujet des relations. Vous savez, elles sont totalement irrationnelles et folles et absurdes et… mais, euh, je crois qu'on continue parce que, euh, la plupart d'entre nous ont besoin des œufs… »

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Oscar du meilleur film, du meilleur réalisateur (Woody Allen), du meilleur scénario (Allen et Brickman) et de la meilleure actrice (Diane Keaton) en 1978.
  • British Academy Film Award du meilleur film
  • En septembre 2011, Time Out London publie un top 100 des meilleurs films comédie ; le film se retrouve en 4e position[2].

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]