Batman (film, 1989)

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Batman

Réalisation Tim Burton
Scénario Sam Hamm
Warren Skaaren
Acteurs principaux
Sociétés de production Warner Bros.
PolyGram Filmed Entertainment
The Guber-Peters Company
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Action
Sortie 1989
Durée 126 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Batman est un film de super-héros américain, réalisé par Tim Burton, sorti en 1989 avec pour acteurs principaux Michael Keaton dans le rôle de Batman, Jack Nicholson, Kim Basinger, Robert Wuhl et Jack Palance

L'histoire est fondée sur le personnage de DC Comics Batman créé en 1939 par Bob Kane.

Ce film a été un succès financier et critique, rapportant plus de 400 000 000 de dollars au box-office mondial. Batman a reçu de multiples nominations aux Golden Globes et Saturn Awards et gagna un Oscar. Le succès du film inspira la série animée Batman s'inspirant de l'univers des DC animé et influença le marketing moderne et les techniques de développement des films de superhéros.

Le film à connu trois suites, Batman : Le Défi sorti en 1992 également de Tim Burton, puis Batman Forever sorti en 1995 et Batman & Robin sorti en 1997, tous deux réalisés par Joel Schumacher.

Sommaire

Synopsis [modifier]

Enfant, le milliardaire Bruce Wayne vit ses parents assassinés par un voleur. Il se jura de venger leur mort en se lançant dans une bataille à vie contre le crime organisé. Pour cela, il se crée un personnage costumé nommé Batman, et cache cette identité derrière celle d'une image de playboy. Gotham City est contrôlée par le parrain Carl Grissom. En dépit des efforts du fraîchement élu procureur de district Harvey Dent et du commissaire James Gordon, la corruption de la police demeure conséquente. Le reporter Alexander Knox et la photo-journaliste Vicki Vale commencent à enquêter sur les agissements du justicier habillé en chauve-souris, alors que ce dernier n'est aux yeux des médias et des policiers qu'une rumeur confuse propagée chez les criminels.

Vicki et Alexandre arrivent à se faire inviter au manoir de Wayne, où Bruce tombe sous le charme de Vicki. La même nuit, le bras droit de Grissom, Jack Napier est envoyé faire un raid sur l'usine chimique Axis Chemicals. Mais la police reçoit un "tuyau" de Grissom lui-même et arrive pour l'arrêter ; Jack se rend compte qu'il a été trahi par son patron car il avait une liaison avec l'épouse de ce dernier. Batman arrive en pleine fusillade entre les hommes de Jack et la police. Jack fait feu sur Batman qui évite la balle ; cette dernière ricoche et atteint Jack au visage. Aveuglé par la douleur, il chute d'une plate-forme en hauteur et tombe dans une cuve d'acide. Batman le croit mort. Un peu plus tard, Napier émerge dans une cuve adjacente, défiguré par l'effet des produits, sa peau est devenue blanche, ses cheveux verts et ses lèvres rouges. Suite à une intervention chirurgicale, Napier affiche un rictus permanent lui donnant l'air d'un clown. Il sombre alors dans la folie, devient « le Joker », tue Grissom et prend le contrôle de son empire.

Le Joker terrorise la ville en empoisonnant chimiquement des produits d’hygiène corporelle, certaines combinaisons de produits créant une réaction chimique qui font que les utilisateurs rient jusqu'à en mourir, leurs lèvres affichant dans la mort un rictus semblable à celui du Joker.

La lutte de Batman contre le Joker s'intensifie considérablement lorsqu'il réalise que Napier a tué ses parents : tuer le Joker devient une affaire personnelle à deux niveaux pour lui. En effet, le majordome et confident de Bruce, Alfred Pennyworth, mène Vicki à la Batcave. Elle et Bruce se promettent de vivre ensemble après avoir vaincu le Joker, tandis que celui-ci s'éprend de Vicky.

Batman détruit l'usine de fabrication de produits chimiques du Joker, mais ce dernier organise une parade dans la ville où il attire la population en distribuant 20 millions de dollars. Son but caché est d’empoisonner la population avec son gaz mortel « Hilarex », mais Batman fait échouer ses plans. Le Joker kidnappe Vicki et l'emmène au sommet de la cathédrale de la ville.

Batman combat le Joker et sauve sa belle. Mais les deux ennemis jurés se rendent compte qu'ils sont indirectement responsables de la création de leurs personnages respectifs. Au moment où le Joker, agrippant une échelle jetée par ses sbires depuis un hélicoptère, tente de s'échapper par les airs, Batman lui accroche une jambe à une gargouille grâce à son grappin : incapable de s'en défaire, Joker chute et meurt.

Suite à cela, Harvey Dent lit au public une lettre laissé par Batman, expliquant qu'il défendra Gotham contre le crime dans l'avenir. Pour le contacter, Batman a laissé à la police de Gotham City un projecteur nommé « Bat-Signal ».

Fiche technique [modifier]

Batmobile
Musiques additionnelles : Prince
Coproducteur : Chris Kenny
Producteurs exécutifs : Michael E. Uslan et Benjamin Melniker
Producteur associé : Barbara Kalish
Drapeau des États-Unis États-Unis : 23 juin 1989
Drapeau de France France : 13 septembre 1989

Distribution [modifier]

Légende : VF : Version française ; VCF : Version française canadienne.

Production [modifier]

Genèse du projet [modifier]

Après le succès de Pee-Wee Big Adventure en 1985, Tim Burton est choisi par la Warner pour réaliser Batman. Il écrit alors un traitement de 30 pages avec sa petite-amie de l'époque Julie Hickson, pensant que le script de Tom Mankiewicz est un peu camp. Par ailleurs, le succès des comics Dark Knight et The Killing Joke relance l'intérêt d'une adaptation cinématographique de Batman. N'étant pas un grand fan de comics, Tim Burton est cependant attiré par le ton sérieux et sombre de Dark Knight et The Killing Joke[5].

En mars 1986, Steve Englehart est engagé pour écrire un nouveau traitement[6]. Ce dernier inclue le Joker et Rupert Thorne comme méchants principaux, avec un caméo du Pingouin. Silver St. Cloud et Dick Grayson y sont des personnages secondaires. Cependant, le scénariste trouve qu'il y a trop de personnage et retire le Pingouin et Dick Grayson du second traitement, fini en mai 1986[6]. Tim Burton approche ensuite Sam Hamm, un fan du comics, pour écrire le scénario[7]. Ce dernier suggère d'écrire une histoire originale. De plus, il remplace Silver St. Cloud par Vicki Vale et Rupert Thorne par un personnage qu'il crée, Carl Grissom. Son script, dans lequel Dick Grayson ne fait qu'une apparition, est finalisé en octobre 1986[8]. La Warner est alors entousiaste à propos du script de Sam Hamm, tout comme le « père » de Batman, Bob Kane[5].

Batman ne peut se tourner qu'après le succès du précédent film de Burton, Beetlejuice sorti en 1988. De nombreux acteurs de renom de l'époque sont alors envisagés pour le rôle de Batman. Jack Nicholson accepte le rôle du Joker sous certaines conditions dont un important salaire, une partie des recettes du box office et des produits issus du merchandising et une programmation à l'avance de son temps de tournage.

Casting [modifier]

Bien que Tim Burton, réalisateur du film, avait déjà choisi Michael Keaton pour le rôle de Bruce Wayne/Batman, les producteurs avaient fait auditionner Mel Gibson, Kevin Costner, Charlie Sheen, Pierce Brosnan, Tom Selleck et Bill Murray. Finalement Tim Burton réussit à les convaincre que Keaton était l'acteur le plus adapté pour incarner le chevalier noir.

Pour interpréter Le Joker, Tim Curry, Willem Dafoe, David Bowie, James Woods et Robin Williams[9] ont auditionné mais c'est Jack Nicholson qui fut retenu pour le rôle.

Originellement, Vicki Vale aurait dû être interprétée par Sean Young mais une mauvaise chute de l'actrice fait échoir le rôle à Kim Basinger[9].

Le personnage de Robin aurait du être présent dans le film, avec Kiefer Sutherland pour l'incarner. Mais ce dernier refusa la proposition, les scénaristes décidèrent de supprimer le personnage du scénario.

Pour le personnage d'Harvey Dent, Don Johnson et Dale Midkiff ont été envisagés, avant que Billy Dee Williams soit choisi[9].

Tournage [modifier]

Knebworth House, à Knebworth, a servi pour le Manoir Wayne.

Le tournage devait se dérouler dans les studios de la Warner à Burbank en Californie. Il a finalement lieu en Angleterre, aux Pinewood Studios, entre octobre 1988 et janvier 1989[10]

Le budget passe de 30 millions à 48 millions de dollars à cause de la grève de la guilde américaine des scénaristes de 1988 qui retarde le tournage. Le scénario est alors réécrit par Warren Skaaren, Charles McKeown et Jonhatan Gems.

Certains lieux extérieurs sont utilisés, comme Knebworth House et Hatfield House pour le manoir Wayne.

Musique [modifier]

Danny Elfman [modifier]

Article détaillé : Batman (bande originale).

La bande originale du film a été composée par Danny Elfman en 1989, sous le titre Batman - Original Motion Picture Score[11]. C'est la 3e participation du compositeur avec le réalisateur Tim Burton. On remarque une ressemblance avec la musique de Voyage au centre de la Terre , la musique étant signée Bernard Herrmann que Danny Elfman décrit comme son maître. Le thème principal du film ressemble fortement aussi à un air dans la seconde partie de Les Nibelungen de Fritz Lang.

Prince [modifier]

Article détaillé : Batman (album).

Le chanteur et musicien Prince a été contacté par Tim Burton et Jack Nicholson car ils souhaitaient utiliser deux de ses morceaux, 1999 et Baby I'm A Star dans le film. Prince, grand fan de Batman depuis son enfance, souhaite visiter le plateau de tournage. Enthousiasmé, il demande à réaliser l'intégralité de la B.O., mais celle-ci est déjà composée par Danny Elfman. Il est alors décidé de sortir deux albums : la music score de Danny Elfman et un album « inspiré par le film » de Prince sous le titre Batman - Motion Picture Soundtrack[12]. L'album est un énorme succès, appuyé par les singles Batdance, Partyman et Scandalous!.

Box-office et réception critique [modifier]

Batman rapporte 251,2 millions de dollars sur le marché nord-américain et 160,15 millions de dollars à l'international, soit un total de 411,35 millions de dollars[1].

Distinctions [modifier]

Le film a reçu l'Oscar de la meilleure direction artistique et l'Oscar des meilleurs décors en 1989.

Il a été présenté hors compétition à la 15e édition du Festival du cinéma américain de Deauville.

Michael Keaton et Jack Nicholson apparaissent tous deux dans le classement 100 Héros et Méchants établi par l'American Film Institute en 2003.

Commentaires [modifier]

Selon le film, le meurtrier des parents de Bruce Wayne n'est autre que Jack Napier, qui deviendra le Joker (qui est ainsi, lui-même, le créateur involontaire de Batman). Là encore, les scénaristes ont pris certaines libertés par rapport à la mythologie « classique » de Batman.

Batman tue dans le feu de l'action, ce qui ne correspond pas avec la vision moralisatrice du personnage, symbolisée par la série dite kitsch des années 1960. Il y risquait même parfois sa vie pour sauver celle de ses ennemis. Au contraire, sous la plume de Bob Kane dès la fin des années 1930, Batman tuait ses ennemis de sang-froid dans ses toutes premières aventures. Le film de Tim Burton renoue donc avec le côté sombre et torturé du personnage.

Le Joker est tué à la fin du film, alors qu'il est toujours vivant dans l'univers B.D. de Batman. De façon générale, les ennemis de Batman meurent presque tous à la fin des films.

Le personnage d'Harvey Dent est, dans la mythologie « classique » de Batman, un homme blanc, mais il est joué par l'acteur afro-américain Billy Dee Williams, qui n'est autre que l'interprète de Lando Calrissian, personnage clef de la première trilogie de Star Wars. Ceci est loin d'être anodin car le procureur Dent (un des premiers alliés de Batman avec le commissaire Gordon) n'est autre que celui qui deviendra Double-Face, l'un des pires adversaires du justicier de Gotham City. Extrêmement secondaire dans ce film, il deviendra central dans Batman Forever sous les traits de Tommy Lee Jones.

Citation célèbre [modifier]

Une citation célèbre du Joker juste avant qu'il ne tue ses ennemis : « N'as-tu jamais dansé avec le diable au clair de lune ? »

Anecdotes [modifier]

  • Prince, rencontra sur le plateau Kim Basinger avec laquelle il eut une liaison amoureuse d'environ une année.
  • Le dessin humoristique montrant Batman en costume rayé au début du film est signé Bob Kane.

Bibliographie [modifier]

Jean Desobrie, Rencontre avec des films remarquables, Viroflay, Roger, 1994.

Notes et références [modifier]

  1. a, b et c (en) Budget et box office - Box Office Mojo
  2. (en) Dates de sortie - Internet Movie Database
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m http://voxofilm.free.fr/vox_B/batman.htm
  4. a, b, c, d, e, f et g http://www.doublage.qc.ca/p.php?i=162&idmovie=465
  5. a et b (en) Mark Salisbury, Burton on Burton, Londres, Faber & Faber, 2006 (ISBN 0-571-22926-3), p. 70–83 
  6. a et b (en) Film traitment by Steve Englehart - Steve Englehart.com
  7. (en) Alan Jones (novembre 1989). "Batman". Cinefantastique. pp. 55–67.
  8. (en) Tim Burton, Sam Hamm, Mark Canton, Michael Keaton, Shadows of the Bat: The Cinematic Saga of the Dark Knight—The Gathering Storm, 2005, Warner Home Video
  9. a, b et c (en) Anecdotes - Internet Movie Database
  10. (en) Joe Morgenstern (9 4 1989. Tim Burton, Batman and The Joker. The New York Times.
  11. http://www.discogs.com/Danny-Elfman-Batman-Original-Motion-Picture-Score/release/911719
  12. (en) Prince ‎– Batman (Motion Picture Soundtrack) - Discogs.com

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]