300 (film)

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300
Titre original 300
Réalisation Zack Snyder
Acteurs principaux Gerard Butler

Michael Fassbender
Lena Headey

Scénario Frank Miller (comics), Michael Gordon, Kurt Johnstad, Zack Snyder
Musique Tyler Bates
Décors Paul Hotte
Costumes Michael Wilkinson
Photographie Larry Fong
Montage William Hoy
Production Bernie Goldmann, Mark Canton, Steve Barnett, Jeffrey Silver, Gianni Nunnari
Budget 60 million $
Format 35 mm
Genre Film de guerre
Durée 115 minutes
Sortie 9 mars 2007 (avant première 2006)
Langue(s) originale(s) Anglais
Pays d’origine États-Unis États-Unis

300 est un film américain réalisé par Zack Snyder et sorti en 2007. Tiré du roman graphique de Frank Miller, 300, il donne une vision fantastique de la bataille des Thermopyles en -480.

Dans les semaines qui ont précédé et suivi sa sortie, le film a soulevé une controverse portant sur la représentation des Perses dans le contexte international des tensions entre les États-Unis et l'Iran.

Sommaire

[modifier] Synopsis

Léonidas est devenu roi de Sparte à la suite des épreuves rituelles spartiates dont il a triomphé. Il apprend d'un messager que le roi perse Xerxès envisage d'envahir la Grèce et de soumettre sa cité. Contre l'avis de l'oracle, il part à la rencontre de l'ennemi avec les 300 meilleurs soldats de sa cité. Il choisit de combattre l'armée ennemie dans le passage étroit et rocheux des Thermopyles. Face à l'armée gigantesque de l'envahisseur perse, la résistance est héroïque mais désespérée.

[modifier] Adaptation

Zack Snyder a réalisé le film courant 2006. Le film est réalisé avec les mêmes procédés techniques que le film Sin City lui-même adapté de la bande dessinée de Frank Miller, avec l'utilisation massive d'images de synthèse.

Même si toutes les scènes présentes dans la bande dessinée originale sont fidèlement reconstituées sur le grand écran, le scénario a été complété de quelques personnages et scènes supplémentaires :

  • Éphialtès, celui qui finit par trahir les Spartiates(et qui est une sorte de monstre difforme dans le film), tente de se suicider dans la bande dessinée lorsque Léonidas le refuse comme guerrier, alors que dans le film ce n'est pas le cas (la scène fut tournée, mais coupée au montage).
  • toutes les scènes se déroulant à Sparte et impliquant la reine et des intrigues politiques ont été ajoutées pour renforcer l'unique rôle féminin.
  • éléments fantastiques, monstres...

[modifier] Tournage

Le film a été tourné aux Ice Storm Studios de Montréal[1].

À l'exception de la scène de chevauchée des messagers, le film a été entièrement tourné sur fond bleu et vert. Près de 1300 effets visuels ont été utilisé pour le film soit un effet visuel par plan.

Les acteurs ont suivis un entraînement sportif intensif de plus de 8 semaines avant le tournage.

[modifier] Box-office

Le film a rapporté 456 068 181 $ dans le monde entier dont 210 614 939 $ rien que sur le territoire Américain [2].

Le film détient le record de fréquentation en Grèce avec 325 000 spectateurs en 4 jours.

[modifier] Controverse

[modifier] Critiques iraniennes

Le film, bien que non encore diffusé en Iran, a soulevé des critiques de la part du gouvernement et des intellectuels Iraniens[3],[4],[5],[6],[7].

La critique porte sur le travestissement de la réalité, associé à une critique plus politique : celle de tenter de porter atteinte à l'image de l'Iran dans un contexte politique tendu entre ce pays et les États-Unis.

En effet, la représentation qui est faite des Perses à la période achéménide est fausse. Cette période est considérée comme un âge d'or dans l'histoire de l'Iran, avec en particulier l'écriture sur le Cylindre de Cyrus de ce qui est considéré comme la première déclaration des droits de l'homme. Dans le roman graphique dont est inspiré le film, les Perses sont dépeints comme une horde barbare, décadente, opposés aux nobles grecs. De manière générale, le film ne respecte ni les costumes ni les coiffures perses de l'époque achéménide.

D'un point de vue plus politique, Javad Shamghadri, conseiller culturel du président Mahmoud Ahmadinejad, a déclaré que les États-Unis essayaient de modifier la réalité historique afin d'humilier l'Iran.

Le quotidien Āyande No a dit dans ses pages que « le film dépeint les Iraniens comme des démons sans culture, sans sentiments et sans humanité, qui ne pensent à rien d'autre qu'à attaquer les autres nations et à tuer », ce que le journal assimile à « un nouvel effort pour discréditer le peuple iranien et sa civilisation vis-à-vis de l'opinion publique internationale à un moment où les menaces américaines contre l'Iran s'intensifient »[8].

[modifier] Autres critiques

D'autres critiques ont été émises à propos de ce film, qui se concentrent sur divers aspects.

Le journal The Arab American News parle d'« une propagande guerrière irréfléchie » (mindless war propaganda)[9].

Ephraim Lytle, professeur d'histoire hellénique à l'Université de Toronto, écrit que « la manière dont le film idéalise sélectivement les Spartiates est troublante »[10], notamment sur les points suivants :

  • Xerxès Ier est dépeint comme homosexuel, ce qui est paradoxal sachant la valeur accordée à la pédérastie à Sparte.
  • les Perses sont montrés sous un aspect monstrueux tandis que les Spartiates sont des hommes parfaits (sauf le traître, un monstre difforme aussi) - Il y a également dans le film un traître à la cour et que les éphores sont aussi hideux.

L'idéalisation de certains éléments dans le film est également critiquée par Touraj Daryāi, professeur d'histoire antique à l'Université de Californie à Fullerton. Il critique le thème central du film, à savoir l'opposition entre le monde « libre » et « aimant la démocratie » représenté par les Spartiates d'un côté et le monde d'esclavagistes perse de l'autre[11]. Il réfute cette vision par les arguments suivants :

  • la Grèce d'alors comportait environ 37 % d'esclaves alors que l'Empire perse rétribuait militaires et mercenaires indépendamment de leur race ou sexe ;
  • Sparte était une oligarchie gouvernée par deux rois, et non une démocratie comme Athènes.

On peut ajouter que le rôle majeur dans les deux guerres des Grecs contre les Perses (490-475) a été joué par les Athéniens, que le film décrit comme des philosophes homosexuels, et que dans la première phase de la guerre en 490, Sparte a préféré ne pas participer à Marathon et se barricader dans le Péloponnèse, évènements qui ne sont pas évoqués dans le film.

D'autres critiques s'attardent sur l'aspect fascisant du film. Pour Kyle Smith, du New York Post, « Le film aurait plu aux Jeunesses hitlériennes (Adolf's boys) ». Dana Stevens, dans Slate, compare 300 au film de propagande national-socialiste Der ewige Jude (Le Juif éternel[12]). Roger Moore, critique de cinéma à l'Orlando Sentinel, considère que le film correspond à la définition que donne Susan Sontag de l'art fasciste[13].

En réponse à ces critiques, le réalisateur, les producteurs du film et l'auteur de la bande dessinée ont souligné que cette adaptation cinématographique d'une bande dessinée n'est qu'une version Heroic fantasy de la bataille des Thermopyles et qu'il n'y avait aucun aspect historique à retenir du film[14]. Dans une interview en mars 2007, Frank Miller, interrogé au sujet de la situation politique des États-Unis, fait remarquer que les États-Unis se comportent comme un empire en déclin, et que les grandes civilisations ne sont jamais conquises mais qu'elles se désagrègent de l'intérieur. Il rappelle aussi que la guerre de l'empire américain contre l'Irak, tout comme la Seconde Guerre mondiale, s'inscrit dans une lutte contre un fascisme global[15].

[modifier] Fiche technique

Sauf mention contraire, cette fiche est établie à partir du générique du film.

[modifier] Distribution

[modifier] Distinctions

[modifier] Récompenses

[modifier] 2007

[modifier] 2008

[modifier] Nominations

[modifier] 2007

[modifier] 2008

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens externes

[modifier] Notes et références

  1. Information visible dans le générique du film.
  2. ab (en) Fiche du film sur Box Office Mojo.
  3. iranian.com: Peyvand Khorsandi, 300 movie petitions
  4. Review: '300' far from perfect - CNN.com
  5. article from Ghandchi
  6. article from an Iranian archeologist
  7. The battle epic 300 reviewed. - By Dana Stevens - Slate Magazine
  8. Nasser Karimi, « Iranians Outraged by `300' Movie », Guardian Unlimited, 13 mars 2007
  9. "300" is mindless war propaganda
  10. Sparta? No. This is madness, Toronto Star, 11 mars 2007
  11. Go tell the Spartans. How "300" misrepresents Persians in history, par Touraj Daryāi sur Iranian.com
  12. A Movie Only a Spartan Could Love Dana Stevens, Slate
  13. 300 as Fascist Art Orlando Sentinel 7 mars 2007
  14. Le roman graphique contient d'ailleurs l'avertissement suivant : « Ce livre est une pure fiction. »
  15. Transcription d'une interview de Frank Miller sur National Public Radio
  16. ab (en) Spécification technique du film sur IMDb.
  17. (en) Dates de sortie sur IMDb.
  18. (en) Fiche du DVD sur IMDb.
  19. Fiche du DVD sur Dvdfr.com.
  20. abcdefghi crédité sur la page technique liée à la version française du DVD Zone 2.
  21. abcdefghij 300 sur Doublage.qc.ca.

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