Traité de Verdun

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Verdun.

Traité de Verdun

Description de cette image, également commentée ci-après

Les Royaumes francs après le partage de Verdun en 843.

  •      Royaume de Charles le Chauve
  •      Royaume de Lothaire
  •      Royaume de Louis le Germanique
Parties
Partie 1 Partie 2

Par le traité de Verdun, conclu en [1],[2], les trois fils survivants de Louis le Pieux, les petits-fils de Charlemagne, se partagent ses territoires, l'empire carolingien, en trois royaumes. Il est souvent présenté comme le début de la dissolution de l'empire unitaire de Charlemagne, consacrant ainsi sa division, qui s'avèrera en fait définitive. Ce traité est la conséquence de l'application de la coutume franque qui est basée sur le partage de l'héritage entre tous les fils héritiers plutôt que son attribution seulement au fils aîné, en dépit de la règle de primogéniture appliquée chez les Romains.

Le texte du traité, perdu, ne nous est pas connu. Les annales de Saint-Bertin[3] ou les annales de Fulda relatent cet événement d'une manière concise et imprécise.

Contexte[modifier | modifier le code]

À la mort de Louis le Pieux, le , son fils aîné, Lothaire, s'arroge sa succession en vertu de l'Ordinatio Imperii de . Ses deux cadets, Louis le Germanique, son frère germain, et Charles le Chauve, son frère consanguin, s'allient et battent leur aîné à la bataille de Fontenoy-en-Puisaye, le . En 842, ils renforcent leur alliance par le Serment de Strasbourg. Lothaire finit par céder et signe avec ses frères le traité de Verdun[4],

Le partage[modifier | modifier le code]

Les partages de l'Europe à la suite des traités de Verdun en 843 et de Meerssen en 870.

En août 843[5], par le traité dit de Verdun, les trois petits-fils de Charlemagne se partagent les territoires de l'empire[6] que ce dernier avait fondé :

Ce partage « des quatre fleuves » (Meuse, Escaut, Rhône et Rhin), soulève des problèmes quant aux langues parlées dans les différents États : des populations de langue romane se trouvent dans une entité germanique (Wallons), et, inversement, la Flandre, de langue germanique, se trouve rattachée à la future France[7]. De même dans les déplacements au sein des États (il faut près de trois semaines pour rallier Rome à Aix-la-Chapelle).

Conséquences[modifier | modifier le code]

Le traité fut un compromis qui affaiblissait considérablement la portée de l'idée impériale. L'identité qui avait existé sous Charlemagne et Louis le Pieux entre l'Empire et l’État franc disparaissait. L'unité impériale ne subsistait plus qu'en théorie ; son universalité cessait de correspondre à la réalité puisque l'empereur ne gouvernait plus en fait que le tiers de la chrétienté occidentale[8].

« Ce traité de hasard a déterminé tout le destin de l'Europe. En effet, par suite de la faiblesse de nos derniers Carolingiens puis de nos premiers Capétiens, les rois de Germanie purent annexer sans grande difficulté toute la fameuse zone médiane, à savoir en 880, la Lotharingie, puis en 1034, le royaume d'Arles, sans parler de l'Italie que leur livrait juridiquement leur accession au trône impérial »

— René Grousset

La Francie médiane disparaît rapidement. Dès la mort de Lothaire en 855, par le traité de Prüm, elle est partagée entre ses trois fils : l'aîné, Louis II a la partie sud, le royaume d'Italie, et le titre impérial, Lothaire II a la Lotharingie partie nord et Charles le centre, le royaume de Provence. L'empereur n'était plus qu'un souverain secondaire, beaucoup moins puissant que ses oncles Louis le Germanique et Charles le Chauve.

À la mort de Charles de Provence en 863, ses possessions sont partagées entre ses deux frères. Après la mort de Lothaire II (869), la Lotharingie est séparée entre ses oncles Louis le Germanique et Charles le Chauve (traité de Meerssen, 870). En 875, Charles le Chauve, roi de Francie occidentale, récupère le royaume d'Italie suite à la mort de son neveu Louis II. En 879, c'est Charles le Gros, roi de Francie orientale, qui récupère l'Italie. En 880, par le traité de Ribemont, Louis III et Carloman II, petits-fils de Charles le Chauve, abandonnent la Lotharingie au roi de Germanie Louis II le Jeune. Par ce traité, la Francie occidentale retrouve approximativement les frontières qui avaient été fixées au traité de Verdun.

Beaucoup d'historiens ont considéré ce traité comme l'acte de naissance de la nation française et allemande mais à cette époque, les peuples compris dans les différents royaumes n'avait pas un sentiment d'appartenance envers ces derniers. Les royaumes sont constitués de peuples qui ne partagent pas la même langue et la même culture et qui ne seront qu'unis plus tardivement[9]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr)Joseph Calmette, Trilogie de l'histoire de France - Le Moyen Âge, Fayard, 1952, p. 109
  2. Comme le texte officiel du traité est malheureusement perdu, la date exacte de la signature de ce traité diffère selon les écrits s'y rapportant
  3. (fr) Voir l'année 843 dans les Annales de Saint-Bertin
  4. (fr) Jean-Charles Volkmann, Chronologie de l'histoire de France
  5. (fr) Robert Parisot, Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923), A. Picard et fils, 1898, p. 16
  6. (fr) Bibliothèque de l'École des chartes, Impr. de Decourchant, 1921, p. 316
  7. (fr) Université de Nancy II, Verdun - La société verdunoise du XIIIe au XIXe siècle - Journées d'études meusiennes, 5-6 octobre 1974, Université de Nancy, p. 114
  8. Henri Pirenne, Histoire de l'Europe des invasions au XVIe siècle, Alcan-N.S.E., Paris-Bruxelles, 15e éd., 1939, pp. 77
  9. Riché 1997, p. 188-189

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]