Jean Héroard

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Jean Héroard
Jean Heroard 1551-1628.jpg
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Naissance
Décès
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Jean Héroard[1] est un médecin, vétérinaire et anatomiste français, né le à Hauteville-la-Guichard (département de la Manche) et mort le [2] devant La Rochelle, durant le siège de la ville. Il a écrit un journal donnant au jour le jour tous les évènements pouvant influer sur la santé de Louis XIII et un ouvrage qui le place parmi les pionniers de l'art vétérinaire des chevaux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Héroard naît dans une famille de médecins : son père est un chirurgien réputé, passé à la Réforme et qui a rencontré Jean Calvin à Genève.

Avant d'être reçu docteur à Montpellier en 1575, Héroard quitte cette ville pour monter à Paris chez son oncle Guillaume, financier, grâce à l'aide de Jacques Guillemeau, chirurgien du roi. Il participe à la bataille de Moncontour en 1569 et entre au service de Charles IX comme hippiatre (médecin spécialisé dans les soins aux chevaux). À la demande du roi, il étudie ce domaine ; il fera paraître à Paris[3], en 1599, Hippostéologie, c'est-à-dire ostéologie du cheval, l'ostéologie étant la discipline qui a pour objet les os.

Il quitte la cour en 1571 pour étudier à l'université de médecine de Montpellier, puis devient médecin par quartier du roi[4]. En 1587, il participe à la bataille de Coutras. Présent à Blois lors des évènements de 1588, il rédige le récit de la mort des duc et cardinal de Guise. Il conserve la confiance d'Henri IV devenu roi.

Jean Héroard est le médecin de Charles IX et Henri III, à l'autopsie duquel il assiste[3]. Il devient le premier médecin de Louis XIII et mourra à son service en 1628[5]. Son journal, qu'il tient durant vingt-sept années, l’a rendu célèbre : il y consigne très précisément tous les faits relatifs à la santé du dauphin, devenu roi sous le nom de Louis XIII.

Par son mariage avec Anne du Val en janvier 1602, Héroard devient seigneur de Vaugrigneuse (Essonne)[2].

Il meurt au camp de la Rochelle le 11 février 1628[6] dans sa soixante-dix-huitième année, au service du roi, « à la santé duquel il s'était entièrement dédié, moins curieux de richesse que de gloire et d'une incomparable affection et fidélité ».

Son corps repose dans l’église de Vaugrigneuse, dans la chapelle de la Vierge qu’il a fait édifier.

Contributions[modifier | modifier le code]

Le Journal de Jean Héroard[modifier | modifier le code]

Six volumes autographes nous conservent un exceptionnel témoignage sur la vie intime du premier prince du royaume, car le Journal d'Héroard se veut, fondamentalement, registre d'hygiène, et ne sert de chronique du Grand Siècle que par accident. Les prescriptions à suivre pour garder la santé du dauphin entraînent la notation quotidienne des heures du lever et du coucher, de celles des repas avec leur composition détaillée, et l'observation méticuleuse des fonctions physiologiques. Ce « procès-verbal d'expérience », selon l'expression de Madeleine Foisil, n'omet toutefois pas de mentionner les événements de la vie publique ainsi que les gestes, mots et attitudes signifiants du prince. On lit donc un recueil d'anecdotes révélant l'éducation, l'entourage et les traits de caractère du futur Louis XIII, appelé au métier de roi dès le 15 mai 1610, au lendemain de l'assassinat d'Henri IV (Héroard n'oublie pas de relever dans son Journal les larmes de l'enfant qui vient de perdre son père[7]).

Le premier « vétérinaire » français[modifier | modifier le code]

Jean Héroard obtint la charge de « médecin en l’art vétérinaire » de Charles IX. Cette nomination, dont on ne connaît pas la date exacte, a dû avoir lieu au début de 1574. C'est, à ce jour, la plus ancienne mention française du terme « vétérinaire[8] ». Cette fonction devait être assez peu valorisante, car la médecine des animaux était normalement réservée à des empiriques peu savants. Il est probable que le titre octroyé à Jean Héroard par Charles IX devait tout à la passion du souverain pour la chasse et l’équitation, comme le dit lui-même Héroard dans l’introduction de son Hippostologie : le roi, dit-il, prenait « un singulier plaisir à ce qui est de l’art Vétérinaire, duquel le subject principal est le corps du Cheval[9] ».

L'Hippostologie[modifier | modifier le code]

Le squelette du cheval, illustration de l'ouvrage d'Héroard.

Il fait paraître en 1599 un beau traité illustré d'ostéologie du cheval, en français, intitulé Hippostologie. Cet ouvrage très technique décrit les os du cheval avec une grande rigueur. On y reconnaît parfaitement les reliefs des os, même les sutures du crâne, qui sont abondamment décrites. Les dénominations utilisées se fondent sur l'analogie de forme avec des objets de l'époque. Cette œuvre complétait celle de Carlo Ruini, l'Anatomia del cavallo publiée un an auparavant. L'étude d'Héroard était cependant antérieure à 1599, car la publication fut précédée d'une version manuscrite, datée de 1579, sans doute un travail préparatoire[10].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ouvrages de paternité certaine[modifier | modifier le code]

Attribution[modifier | modifier le code]

  • Récit de la mort des duc et cardinal de Guise

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Comte de Beauchamp, « Le Journal d'Héroard », Рипол Классик, p. 41 (ISBN 5872617348 et 9785872617341)
  • Egle Becchi (dir), Segni d’infanzia : crescere come re nel Seicento, Milan, 1991 — L'éducation de Louis XIII analysée à travers le journal d'Héroard
  • Aurélien Jeandel et C. Degueurce, « Jean Héroard, premier « vétérinaire » français et rédacteur du traité d'hippostologie », dans Bulletin de la Société Française d'Histoire de la Médecine et des Sciences Vétérinaires 2009;9:89-101.
  • Aurélien Jeandel, Jean Héroard (1551-1628), médecin en l'art vétérinaire de la Renaissance, témoin des relations entre l'Homme et l'animal à la cour des rois Henri IV et Louis XIII, thèse de doctorat vétérinaire, ENVA, 2010.
  • Marc H. Smith, « La biblioteca di Héroard », dans Segni d’infanzia, op. cit., p. 18-31 — Édition commentée de l'inventaire après décès des livres d'Héroard

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. On prononçait « Hérouard » : Soulié 1868, p. i.
  2. a et b Fiche Héroard, Jean (1551-1628), idref.fr.
  3. a et b Pierre Larousse, « Héroard (Jean) », dans Le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, t. 9, p. 237.
  4. Le médecin par quartier était un premier médecin du roi qui exerçait pendant un trimestre.
  5. Le Journal de Jean Héroard, médecin du dauphin, puis roi de France, Louis XIII.
  6. Pierre Larousse, (« Héroard (Jean) »), dans Le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, le dit mort « après 1628 », ou (dans le Larousse universel en 2 volumes, 1922, p. 1107) « vers 1628 ». Larousse voit une contradiction entre la date de la fin de la rédaction du Journal () et celle retenue comme date de sa mort ; il n'y en a que si on dit qu'il est mort en 1627.
  7. Le Journal de Jean Héroard, médecin du dauphin, puis roi de France, Louis XIII, de la BNF.
  8. Le Petit Robert 2014 donne toutefois 1563 comme date de première attestation.
  9. Hippostologie, p. 14.
  10. Aujourd'hui conservé à la bibliothèque du château de Chantilly.

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