Chantelle

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ne pas confondre avec le groupe de lingerie Chantelle.
Chantelle
Abbaye Saint-Vincent.
Abbaye Saint-Vincent.
Blason de Chantelle
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Allier
Arrondissement Moulins
Canton Gannat
Intercommunalité Communauté de communes Saint-Pourçain Sioule Limagne
Maire
Mandat
André Bidaud
2014-2020
Code postal 03140
Code commune 03053
Démographie
Gentilé Chantellois
Population
municipale
1 063 hab. (2014 en augmentation de 0,09 % par rapport à 2009)
Densité 97 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 14′ 20″ nord, 3° 09′ 14″ est
Altitude Min. 258 m
Max. 349 m
Superficie 10,96 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Allier

Voir sur la carte administrative de l'Allier
City locator 14.svg
Chantelle

Géolocalisation sur la carte : Allier

Voir sur la carte topographique de l'Allier
City locator 14.svg
Chantelle

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Chantelle

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Chantelle

Chantelle est une commune française, située dans le département de l'Allier en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Ses habitants sont appelés les Chantellois.

Avant 1789, la commune faisait partie de l'ancienne province d'Auvergne[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Chantelle est située au centre de la France, en région Auvergne-Rhône-Alpes, dans le département de l'Allier et dans l'arrondissement de Moulins.

Jusqu'en mars 2015, elle fut chef-lieu de canton. À l'issue des élections départementales de 2015, la commune dépend du canton de Gannat[2].

Traversée par la Bouble, affluent de la Sioule, sous-affluent de l'Allier, la commune abrite la forêt de Giverzat, ainsi qu'un vignoble et des zones bocagères.

La situation de Chantelle, à la limite des anciens diocèses de Clermont et de Bourges, en faisait un emplacement stratégique, qui explique les mentions précoces qui en sont faites dès l'Antiquité.

Distances :

  • 37 km à l'ouest de Vichy ;
  • 45 km au sud de Moulins ;
  • 66 km au nord de Clermont-Ferrand.

Sept communes sont limitrophes de Chantelle[3] :

Communes limitrophes de Chantelle
Deneuille-lès-Chantelle Fleuriel
Monestier Chantelle Fourilles
Chezelle Taxat-Senat Ussel-d'Allier

Transports[modifier | modifier le code]

La commune est située à 20 km de l'A71 (axe nord/sud, sortie la plus proche à Ébreuil par l'autoroute A719).

Le territoire communal est traversé par les routes départementales 987 (liaison de Saint-Pourçain-sur-Sioule à Bellenaves), 42 (de Montmarault à Saulzet), 282 (vers Deneuille-lès-Chantelle), 542 et 582[3].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

L'antique Cantilia, mentionnée sur la carte de Peutinger, devenue Chantelle-la-Vieille — aujourd'hui sur la commune de Monestier — a une origine celte et, en raison de son emplacement où plusieurs routes se croisaient pour traverser la Bouble, elle constituait déjà une agglomération importante avant la conquête romaine. La grande voie de Brest à Clermont/Marseille y croisait diverses routes secondaires. Il semble que l'armée de Vercingétorix ait détruit la ville au moment de la guerre contre Jules César, mais la ville se reconstitua pendant la paix romaine. Sidoine Apollinaire (vers 430-488), évêque de Clermont, s’arrêta à Chantelle, ce dont il fit mention dans une lettre à Vectius (ami de Germanicus).

Après la victoire de Clovis (465-511) sur les Wisigoths en 507 près de Vouillé, succédant à une phase troublée par les invasions, l’Auvergne fut intégrée dans le royaume franc, puis pacifiée par Thierry Ier. Incluse dans l’Austrasie dès 538, elle le resta jusqu’au début du VIIIe siècle.

En 761, Pépin le Bref (714-768) prit d’assaut les forteresses de Bourbon et Chantelle.

Après cette période, vers 1050, la ville changea de site et s'installa sur le site actuel, un relief isolé, camp retranché de création ancienne rappelant les oppida gaulois. Le site plus facile à défendre en tant que promontoire, dominant une boucle de la Bouble, formant un lieu idéal pour l’implantation d’un éperon barré. Un donjon carré prit la place de la motte fossoyée. Chantelle prit alors rang parmi les places fortes appartenant à la famille de Bourbon, comme Bourbon-Larchambault, Montluçon, Moulins, Belleperche, Murat. Dès le XIIIe siècle, Chantelle était le siège d’une châtellenie, administrée par un capitaine châtelain, et, au XIVe siècle, le duc Louis II de Bourbon (mort en 1410), entreprenant une défense en règle de son duché, consolida les fortifications de nombre de ses possessions, dont le château de Chantelle. La correspondance de la duchesse Anne de Beaujeu (1460-1522), fille du roi Louis XI (1423-1461-1483) et sœur aînée du roi Charles VIII (1470-1483-1498), montre qu'elle y installa souvent sa résidence, de nombreuses lettres ayant été écrites depuis ce château. Sa fille Suzanne (1491-1520) y accomplit elle aussi plusieurs séjours avec son mari, le connétable Charles de Montpensier (1490-1527).

En 1523, celui-ci — ayant choisi, à la suite de sombres épisodes dus, semble-t-il, à la jalousie de Louise de Savoie, de mettre son épée au service de Charles-Quint (1500-1558) au détriment de François Ier (1494-1515-1547) — quitta le Bourbonnais, et une légende non vérifiable relate qu'il partit du château de Chantelle en ayant fait ferrer son cheval à l'envers. Il mourut lors du sac de Rome en 1527. Après la confiscation, en 1531, des biens du connétable par François Ier, le château entra, en même temps que le reste de la province du Bourbonnais, dans les domaines de la Couronne. La description que donne Nicolas de Nicolay en 1569, dans sa Générale Description du Bourbonnois, rédigée à la demande de Catherine de Médicis (1519-1589), suggère une puissante forteresse de 240 mètres de long sur 110 mètres de large. Dans la tour Saint-Pierre existait un atelier à fondre et faire de l’artillerie, et les arbalètes de Chantelle étaient des plus renommées. De nombreux souterrains secrets pouvaient assurer une sortie discrète, que le connétable aurait utilisée pour sa fuite. Ce n’est qu’en 1638, sur ordre du cardinal de Richelieu (1585-1641), que le château fut en grande partie démoli, même si quelques fragments des murs d’enceinte dominant la vallée de la Bouble perdurent encore.

Par chance, l’église et le monastère voisins ne subirent pas le même sort et témoignent toujours du passé médiéval de la petite ville. Le vocable de l’église, Saint-Vincent, pourrait témoigner de l’ancienneté de l’implantation. En 937, Airald et son épouse Rothilde firent donation du site de Chantelle aux chanoines augustins de la ville d’Évaux — aujourd’hui Évaux-les-Bains, dans le département de la Creuse. Cette date marque le début de la vie monastique à Chantelle. Les chanoines demeurèrent dans leur maison conventuelle jusqu’à la Révolution. Les revenus du doyen de leur chapitre ayant été attribués au collège des Jésuites de Moulins à la fin du XVIIe siècle, quelques travaux furent entrepris, notamment la façade de l’église, qui resta néanmoins inachevée.

En 1793, la commune, précédemment dénommée Chantelle-le-Château, adopte le nom révolutionnaire de Chantelle[4].

En 1794, les bâtiments monastiques furent vendus comme biens nationaux et utilisés comme grange.

En 1853, une communauté de sœurs bénédictines, venue de Pradines, fut envoyée à Chantelle pour la réfection du site et l’édification d’une communauté religieuse.

En 1891, le monastère fut élevé au rang d’abbaye.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1959 1965 Michel Fleury Rad. Conseiller général du canton de Chantelle (1960-1966)
Docteur vétérinaire
         
1980 1995 Robert Jouannin DVD Conseiller général du canton de Chantelle (1992-2004)
Docteur vétérinaire
1995 2001 Guy Faivre   Expert-comptable
mars 2001 en cours
(au 8 avril 2014)
André Bidaud[5] UDF
puis DVD
puis UDI
Retraité du commerce
Conseiller général du canton de Chantelle (2004-2015)
Conseiller départemental du canton de Gannat (depuis 2015)
7e vice-président du conseil départemental chargé des collèges et des transports[6]
Vice-président de la communauté de communes en Pays Saint-Pourcinois[7]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[8]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[9].

En 2014, la commune comptait 1 063 habitants[Note 1], en augmentation de 0,09 % par rapport à 2009 (Allier (département) : 0 %).

          Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 113 1 334 1 358 1 435 1 635 1 728 1 800 2 000 1 976
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 051 2 040 2 073 2 044 2 014 2 010 1 921 1 919 1 928
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 876 1 748 1 646 1 454 1 347 1 315 1 304 1 260 1 182
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
1 147 1 121 1 069 1 084 1 043 1 040 1 056 1 059 1 062
2013 2014 - - - - - - -
1 064 1 063 - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

Chantelle dépend de l'académie de Clermont-Ferrand. Elle gère une école maternelle[11] et une école élémentaire[12] publiques.

Hors dérogations à la carte scolaire, les collégiens se rendent à Bellenaves[13] et les lycéens à Saint-Pourçain-sur-Sioule[14].

Économie[modifier | modifier le code]

La commune est située dans la partie la plus méridionale du vignoble de Saint-Pourçain, désormais AOC ; son économie est tournée vers l’agriculture et le tourisme.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La Bouble en amont de Chantelle
La Bouble en amont de Chantelle.
  • Abbaye Saint-Vincent : l'abbaye est édifiée sur un éperon rocheux surplombant les gorges de la Bouble, affluent de la Sioule. Le caractère de forteresse de l'ancien château devenu monastère est nettement perceptible, vu l'aspect abrupt de certaines parties de l'édifice et la présence de plusieurs tours, reliées par un mur d'enceinte, qui confèrent à l'ensemble une silhouette médiévale. Depuis 1853, une communauté de Bénédictines occupe cette abbaye. Magnifique église de l’abbaye datant de la fin du XIe – début du XIIe siècle (école romane auvergnate).
Intérêt particulier pour les chapiteaux et pour les bâtiments conventuels du XVe (gothique flamboyant). Boutique et commercialisation de produits de beauté, agro-alimentaires, para-médicaux ainsi que d’objets religieux. Ouverte toute l’année. Des visites guidées permettent de visiter l’abbatiale, ainsi que les jardins privatifs du monastère.
La maquette des Amis du Pays Chantellois, réalisée à l’échelle 1/100e (3 m de long, 2 m de large et 1 m de haut) permet d’avoir une vision de ce qu’était le château.
  • La ville de Chantelle compte une quarantaine de maisons médiévales et quinze tours, témoignage de l’aisance et de la prospérité de Chantelle au XVe siècle. On remarque aussi plusieurs belles constructions du XIXe et des débuts du XXe, notamment une imposante demeure de style Napoléon III située en position dominante rue de l'Horloge, non loin de l'église Saint-Nicolas.
  • L’église Saint-Nicolas fut construite sur les ruines d’une chapelle romane par l’abbé Joseph Pougnet entre 1878 et 1882, en style néogothique. Ce prêtre architecte construisit également les églises de Chareil-Cintrat, Varennes-sur-Allier, Bressolles, mais aussi la cathédrale de Carthage, près de Tunis, ainsi que d’autres monuments religieux dans le midi de la France[Note 2] et le Maghreb.
  • Gorges de la Bouble : dans une nature sauvage, un sentier permet de suivre, vers l'amont, cinq km de gorges, qui accueillaient treize moulins jusqu’au XVIIIe siècle. Huit de ces bâtiments sont encore visibles.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de la ville de Chantelle (03).svg

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

D'or à la bande d'azur chargée en cœur d'un rossignol d'argent.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Gilbert Boudant, Histoire de Chantelle, Moulins, C. Desrosiers,
    réimprimé dans la collection « Monographies des villes et villages de France » (Micberth), 2004, 296 p. (ISBN 2-84373-446-0) (En ligne).
  • C. Grégoire, Le Canton de Chantelle,
    réimprimé sous le titre Chantelle (et ses environs), collection « Monographies des villes et villages de France » (Micberth), Paris, Res Universis, 1990, 416 p. (ISBN 2-87760-259-1).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Chantelle sur le site de l'Institut géographique national (archive)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2017, millésimée 2014, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2016, date de référence statistique : .
  2. Notamment l'église Saint-Vincent-de-Paul de Marseille et l'église Notre-Dame de Castellane.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Robert de Vaugondy, Gouvernemens généraux de la Marche, du Limousin, et de l'Auvergne, 1753.
  2. Décret no 2014-265 du 27 février 2014 portant délimitation des cantons dans le département de l'Allier.
  3. a et b Carte de Chantelle sur Géoportail (consulté le 6 novembre 2016).
  4. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Liste des maires de l'Allier [PDF], sur le site de l'association des maires et présidents de communautés de l'Allier, 8 avril 2014 (consulté le 7 juin 2014).
  6. « GANNAT », Conseil départemental de l'Allier (consulté le 25 janvier 2016).
  7. « La ComCom », Communauté de communes en Pays Saint-Pourcinois (consulté le ).
  8. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  9. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014.
  11. « École maternelle publique », Ministère de l'Éducation nationale (consulté le 13 novembre 2015).
  12. « École élémentaire publique », Ministère de l'Éducation nationale (consulté le 13 novembre 2015).
  13. « Sectorisation des collèges du département de l'Allier » [PDF], Inspection académique de l'Allier, (consulté le 13 novembre 2015).
  14. « Sectorisation des lycées - 2GT - Allier » [PDF], Inspection académique de l'Allier, (consulté le 13 novembre 2015).