Pierre Delisle-Mansart

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Pierre Delisle-Mansart
Présentation
Naissance
Paris
Décès
Souvigny
Nationalité Drapeau du royaume de France Royaume de France
Activités Architecte du Roi
Œuvre
Réalisations Hôtel du Grand Prieur de l'enclos du Temple
Distinctions Académie royale d'architecture (1699)
Entourage familial
Père Edme Delisle
Mère Michelle Gaultier
Famille Germain Gaultier (grand-père)
François Mansart (grand-oncle)
Jules Hardouin-Mansart (cousin)
Jacques IV Gabriel (beau-frère)

Pierre Delisle-Mansart est un architecte français, né en 1641 à Paris, et mort le 13 juin 1710 au prieuré de Souvigny, à Souvigny[1].

Il est le petit-neveu de l'architecte François Mansart qui l'a élevé en même temps que ses cousins, Michel Hardouin et Jules Hardouin-Mansart. Il est le beau-frère de Jacques IV Gabriel.

Biographie[modifier | modifier le code]

Hôtel de Mortagne
Hôtel du Grand Prieur
Façade sur cour
Jean et Daniel Marot, L’architecture française

Il est hébergé chez son grand-oncle, François Mansart, avec ses deux cousins, Michel Hardouin et Jules Hardouin. Leur grand-oncle les forme à l'architecture. Pierre Delisle et Jules Hardouin ont ajouté le nom de Mansart à leur patronyme[2].

Il construit l'hôtel de Mortagne, 51-53 rue de Charonne, en 1661.

Après la mort de François Mansart, le 23 septembre 1666, il a reçu en héritage sa maison, rue de Payenne. Il s'y est installé et y a vécu au moins jusqu'en 1683. Cette maison est restée dans la famille jusqu'en 1759. Les dessins laissés par François Mansart sont restés indivis entre les petits-neveux[3].

Il est architecte du roi.

Son œuvre de référence est l'hôtel du Grand prieur de l'ordre de Malte, dans l'enclos du Temple, construit pour le Grand Prieur Jacques de Souvré en 1667, connu par des gravures réalisées par Jean Marot et Daniel Marot[4], aujourd'hui démoli.

Il construit les ailes sud et ouest du cloître de l'abbaye de Port-Royal en 1684-1685 pour un coût de 47 000 livres.

Il est aussi promoteur comme certains de ses confrères. Il achète des terrains et fait construire des maisons individuelles ou des hôtels particuliers. Son but n'est pas de vendre ces bâtiments mais de les louer. Quand il doit emprunter pour les construire, il garantit ses emprunts sur les maisons dont il est propriétaire.

Pierre Delisle-Mansart a été un promoteur et un architecte de trois immeubles dans la rue de Grenelle. Après avoir acheté un terrain le 10 juin 1687 correspondant à l'actuel no 75. Le marché de maçonnerie est passé le 14 août 1688. L'entrepreneur est Charles Gabriel. Il prévoit la construction d'un corps de logis entre cour et jardin. Une antichambre, une grande chambre de parade, une chambre à coucher, un cabinet et un garde-robe sont prévus au premier étage. Une aile en retour est bâtie à droite de la cour pour une grande écurie et une remise pour les carrosses au rez-de-chaussée et un appartement au premier étage. Pour construire l'hôtel, il a garanti ses dettes par des maisons qu'il possède à Paris. Mais le 20 août 1693 il signe devant maître Carnot la ventre de l'hôtel à la comtesse de Fürstenberg pour 60 000 livres. Cette somme a permis à l'architecte de rembourser ses dettes. Le 22 septembre 1693, l'architecte et la comtesse de Fürstenberg se mettent d'accord sur « les augmentations, ajustements et embellissements à faire dans l'hôtel ». Les travaux sont terminés avant le 1er décembre 1694 date de l'emménagement du premier locataire, le marquis de Villequier. L'hôtel a été vendu le 26 août 1708 à René de Froulay, comte de Tessé, maréchal de France, pour la somme de 100 000 livres[5].

Le 21 août 1698, il achète un terrain à bâtir à Anne-Marie Van der Veck, face à l'hôtel Fürstenberg. Le 29 janvier 1700, il acquiert un terrain adjacent à Madelaine Lenormand[6]. Il réalise deux maisons privées identiques comprenant un logis sur rue et une aile en retour, à gauche pour l'une et à droite pour l'autre, libérant une vaste cour centrale qui est partagée par un mur[7]. Le maître maçon Girault signe le marché de maçonnerie de la maison située au no 86 avec Pierre Delisle-Mansart le 15 mai 1700. Le 17 décembre 1700, il signe le marché pour la maison au no 88[8]. Le marché de charpenterie est passé au maître charpentier Louis Lemaistre qui donne la quittance du paiement des travaux en 1705 pour 17 680 livres pour toutes les maisons qu'il a construites pour l'architecte[9].

Il devient membre de l'Académie royale d'architecture en 1699.

Dans les années 1700 à 1705, Pierre Delisle-Mansart règle des dettes qu'il avait faites pour les maisons qu'il avait faites construire. En 1705, César Delaistre, maitre couvreur, décide la mainlevée sur les saisies qu'il avait demandées sur les biens de l'architecte pour les dettes non payées par l'architecte.

En 1708, le roi demande à Pierre Delisle-Mansart de se rendre à Moulins pour diriger les travaux de construction du pont. Il va, à partir de cette date, résider au prieuré de Souvigny, près de Moulins.

Le 20 octobre 1709, il donne procuration à son gendre pour vendre les deux maisons qu'il possède rue de Grenelle afin de rembourser ses dettes[6].

Il a été marié en premières noces, en 1667, avec Jeanne Le Mercier, décédée en 1673, puis, en secondes noces, en 1676, avec Salomé Lecomte. Il a eu de son premier mariage Marie-Madeleine Delisle-Mansart, mariée à Edme Dumanchin, écuyer, conseiller du roi, contrôleur ordinaire des guerres.

Principales réalisations[modifier | modifier le code]

  • Hôtel du Grand prieur du Temple, dans l'Enclos du Temple, construit en 1667 pour le commandeur de Souvré, aujourd'hui détruit.
  • Hôtel de Mortagne, 51-53, rue de Charonne (11e arrondissement), construit en 1661.
  • Hôtel de Fürstenberg, 75, rue de Grenelle (7e arrondissement), construit entre 1687 et 1693.
  • Deux maisons, 86 et 88, rue de Grenelle (7e arrondissement), construit en 1700.
  • Hôtel Delisle-Mansart ou de Vaucel de Castelnau[10], 22, rue Saint-Gilles (3e arrondissement).
  • Une extension du couvent de Port-Royal, à Paris[11].

Généalogie simplifiée[modifier | modifier le code]

 
 
 
 
 
 
 
 
 
Jehan Mansart (maître maçon)
 
 
 
Jacques Le Roy
(maître maçon)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Absalon Mansart (charpentier)
 
 
 
Michelle Le Roy
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Germain Gaultier[12]
(sculpteur et architecte)
 
 
 
Marie Mansart
 
François Mansart
(architecte)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Frémin de Cotte
(ingénieur, architecte du roi)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Edme Delisle
(peintre)
 
Michelle Gaultier
 
 
 
Marie Gaultier
 
 
 
Raphaël Hardouin
(peintre)
 
Nicolas Bodin
(Conseiller du roi, Trésorier de la Prévôté de l'Hôtel)
 
Madeleine Adam
 
Charles de Cotte
 
Anne Du Fay
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pierre Delisle-Mansart
(architecte)
 
Marie Delisle
 
Jacques IV Gabriel
(architecte)
 
Michel Hardouin
(architecte)
 
Jules Hardouin-Mansart
(architecte)
 
Anne
Bodin
 
Catherine Bodin
 
Robert de Cotte
(architecte)
 
Louis de Cotte
(architecte)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Jacques V Gabriel
(architecte)
 
 
 
Jules Michel Alexandre Hardouin
(architecte)
 
 
 
Jacques Hardouin-Mansart
(Président au Parlement)
 
 
 
 
 
Jules-Robert de Cotte
(architecte)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ange-Jacques Gabriel
(architecte)
 
 
 
 
 
 
 
Jean Hardouin-Mansart de Jouy
(architecte)
 
Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne
(architecte)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ange-Antoine Gabriel
(architecte)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Note : On trouve souvent la date de 1720 pour l'année de sa mort, mais dans le minutier central, il est indiqué que son inventaire après décès est fait le 2 août 1710 au logis de son gendre, à Paris, et qu'il est mort le 13 juin 1710 au prieuré de Souvigny, près de Moulins.
  2. Voir : Jean-Pierre Babelon et Claude Mignot, p. 13
  3. Voir : Jean-Pierre Babelon et Claude Mignot, p. 289
  4. Voir : Jean Marot, Daniel Marot.
  5. Collectif, Exposition Le faubourg Saint-Germin - La rue de Grenelle, p. 18-19, Action artistique de la Ville de Paris, 1985
  6. a et b Voir : Minutier central.
  7. Jean-François Cabestan, La conquête du plain-pied. L'immeuble à Paris au XVIIIe siècle, p. 24, planche 2-1, Éditions A. & J. Picard, Paris, 2004 (ISBN 2-7084-0726-0)
  8. Collectif, Exposition Le faubourg Saint-Germin - La rue de Grenelle, p. 20-21, Action artistique de la Ville de Paris, 1985
  9. Voir : minutier central.
  10. Charles Lefeuve, Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III, tome 4, p. 21-22, A. Faure, Paris, 1863
  11. Procès-verbaux de la Commission du Vieux Paris, p. 11, 1931
  12. Note : Germain Gaultier est un neveu de Germain Pilon.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sous la direction de Jean-Pierre Babelon et Claude Mignot, François Mansart. Le génie de l'architecture, p. 13, 93, 152, 255, 289, Gallimard, Paris, 1998 (ISBN 978-2-07-0115921)
  • Jean Marot, Daniel Marot, L’architecture française ou recueil des plans, élévations, coupes et profils des églises, palais, hôtels et maisons particulières de Paris, et des chasteaux et maisons de campagne ou de plaisance des environs et de plusieurs autres endroits de France, bâtis nouvellement par les plus habiles architectes et levés et mesurés exactement sur les lieux, planches 63 à 65, P.-J. Mariette (voir)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]