Jacques Pierre Brissot

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Brissot de Warville
Jacques Pierre Brissot,peinture de Fouquet, Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon, 1792.
Jacques Pierre Brissot,
peinture de Fouquet, Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon, 1792.
Fonctions
Député de la Seine
Gouvernement Révolution française
Législature Assemblée nationale législative
Groupe politique Gauche
Député d'Eure-et-Loir
Gouvernement Première République
Législature Convention nationale
Groupe politique Girondins
Successeur Claude Julien Maras
Biographie
Nom de naissance Jacques Pierre Brissot
Date de naissance
Lieu de naissance Chartres
Date de décès (à 39 ans)
Lieu de décès Paris
Nature du décès Guillotiné
Nationalité Drapeau de la France Française

Jacques Pierre Brissot, ou Brissot de Warville, est un homme politique français né le à Chartres et mort guillotiné le à Paris. Il est présenté comme le chef de file des Girondins pendant la Révolution française.

Son rôle dans le déclenchement de la guerre contre l'Autriche et le débat politique qui en découla avec Robespierre eut des conséquences très importantes sur la lutte entre Girondins et Montagnards.

Son journal, Le Patriote français, avait une grande audience et était l'émanation des idées du « parti brissotin ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Jacques Pierre Brissot est le treizième des seize enfants (quatrième des sept enfants survivants) de Guillaume Brissot (mort le 24 décembre 1779) et de Marie-Louise Legrand (morte à Chartres le 24 juillet 1800)[A 1], mariés le 23 février 1740[A 2], paroisse Saint-André de Chartres. Son père exerce le métier de « maître-traiteur et cuisinier » et a pris la suite de son propre père Jacques Brissot, époux de Geneviève Vabois, il est qualifié dans les actes notariaux de « maître-cuisinier »[A 3]. La famille réside à Chartres, dans une maison sise au 16 rue de la Grande-Boucherie, dans la paroisse de Saint-Saturnin, dans l'église de laquelle il est baptisé le jour de sa naissance, aujourd'hui rue du Cygne[A 3].

Après deux filles aînées qui restent célibataires, Marie-Louise (née le 26 décembre 1741, paroisse Saint-Saturnin, décédée à Chartres le 27 novembre 1805), Marie Jeanne (née le 17 avril 1744, paroisse Saint-Saturnin, décédée même paroisse le 21 novembre 1788), Simon-Antoine (né le 14 novembre 1752, paroisse Saint-Saturnin), est, comme le dira plus tard son frère cadet« jeté dans l'état ecclésiastique », et exerce son sacerdoce à Jouy (1786), puis à l'Hôtel-Dieu de Chartres (1789) puis à Saint-Hilarion[A 1], avant d'être déporté en septembre 1792 et meurt le 18 juin 1810. La troisième sœur, Marie-Louise-Adélaïde, née la même année que Jacques-Pierre, le 25 décembre 1754, mènera la vie paisible d'épouse d'un épicier de la ville, Jacques Bonnet[A 1],[Note 1]. L'avant-dernier des enfants Brissot, Pierre-Louis (né le 28 mai 1759, paroisse Saint-Saturnin) est "juré priseur vendeur de meubles à Chartres"[1], puis profitera de la fortune politique de son frère en obtenant, en 1792, la nomination rémunératrice de payeur-général d'Eure-et-Loir[A 1], puis "payeur de la Guerre à la 15e division" puis "payeur de la guerre de la 22e division, première subdivision de la résidence de Bourges[2]" (1800), enfin receveur général à Rouen (1813). La dernière sœur, Marguerite-Augustine, née en 1761, meurt sans alliance en 1783[A 1].

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

La jeunesse de Jacques Pierre Brissot se déroula à Chartres, capitale de la Beauce qui comptait alors 3 000 feux[Note 2], alors que le règne de Louis XV se terminait[A 4]. Il fut d'abord mis en nourrice dans une famille campagnarde, où il fut médiocrement soigné. De constitution déjà faible, sa santé se dégrada et sa mère préféra s'en occuper elle-même[A 1]. Dans ses Mémoires, Brissot a peint son sort pendant les premières années de son existence : « J'ai été élevé cruellement », dira-t-il communément[A 5]. Plus tard, évoquant son enfance, il dira qu'il n'avait jamais connu la tendresse d'un père, et les années n'améliorèrent pas la situation. Sa mère, douce et avisée, faisait tout pour essayer de tempérer la rudesse de cette éducation[A 5].

Heureusement Mme Brissot l'emporta sur la question primordiale de l'instruction des enfants, sans doute grâce au soutien de plusieurs prêtres, parents et amis de la famille. Guillaume Brissot ne voulait pas que ces fils aillent au collège alors que lui ne savait que lire et écrire ; il pensait qu'ils le « mépriseraient »[A 6]. Mais Marie-Louise sut lui faire entendre raison et à l'âge de sept ans, en 1761, après avoir été dans une petite école créée par les filles d'un tourneur, Jacques-Pierre sortit de l'école et fut confié avec son frère aîné à son oncle Pierre Brissot, qui était curé d'Écublé. Il y découvrit les charmes de la campagne et un goût prononcé pour la vie rurale qu'il garda toute sa vie[A 6].

La deuxième phase de l'éducation bien comprise arriva, à savoir les études latines et Brissot fut placé chez un maître de pension à Chartres. Il évoquera avec horreur les longues journées d'études à devoir apprendre, copier et réciter déclinaisons et conjugaisons, tâche particulièrement ardue pour des garçonnets de sept à huit ans[A 6]. Mais malgré cela, il va pouvoir enfin entrer au collège.

C'est en 1762, à huit ans, qu'il y entre et s'y distingue en remportant les plus grands succès[Note 3]. Il lisait jour et nuit pour mieux apprendre. Il reconnait aussi tout ce qu'il doit à l'abbé Comusle, qui lui a donné accès à sa bibliothèque et le dirige dans ses études latines[A 6]. Au départ, il est mis en demi-pension chez le principal du collège, François Berthinot, un homme dur qui corrige sévèrement les élèves pour des fautes bénignes. Jacques-Pierre ressent le fouet avec indignation et un sentiment d'injustice. Il a dû s'en plaindre à sa mère qui le retire des mains de ce « despote barbare »[A 7]. Il collectionne les prix pendant les sept années que durent ses études, fait l'admiration de ses professeurs et de ses condisciples. Toutefois, il regrettera l'éducation provinciale qui fait de lui une « machine à plagiat », victime d'une formation livresque sans véritable maître[A 7].

C'est à cette époque que ce neveu et frère de prêtre, élevé par des parents très dévots, perd la foi de son enfance. Nicolas-François Guillard, futur poète et un de ses condisciples, aimait à se moquer de lui pour sa piété fervente. Durant sa rhétorique, la fréquentation d’un de ce camarade jette dans son âme les germes du doute, que des lectures font éclore. Il devient peu à peu, au grand désespoir de sa famille qui veut le voir « porter le petit collet », un adepte de Voltaire, de Diderot et, surtout, de Rousseau. La Profession de foi du vicaire savoyard lui semble être un nouvel évangile[A 7].

L'histoire de Charles Ier d'Angleterre et de Cromwell le frappe singulièrement, et le conduit à certaines réflexions et surtout à la haine du despotisme. « J'ai détesté les rois de bonne heure[A 7]. » Comme il a le même âge que Louis XVI, il se demande dans ses rêves d'enfant pourquoi ce dernier est sur le trône alors que lui est le fils d'un traiteur[A 8].

Il fait ensuite une année de philosophie sous l'égide de l'abbé Thierry de 1768 à 1769, puis quitte le collège de prêtres séculiers où il a remporté les succès les plus flatteurs. Il y a aussi trouvé des amis, Pierre-Charles Blot, qui sera un des animateurs de la Révolution à Lyon, Gaillard, Bridel, Vaugeois, Bouvet, Bouteroue, Sergent, l’abbé Chasles et surtout Jérôme Pétion, fils d'un procureur au présidial de Chartres, et qui sera plus tard maire de Paris[A 8].

Le barreau[modifier | modifier le code]

Lorsqu’il lui faut adopter une profession, il ne lui reste que le barreau puisque, sans quartiers de noblesse, sans véritable fortune, bien des voies sont fermées à la moyenne bourgeoisie de l'époque[3]. Sa sœur lui a bien proposé d'embrasser la carrière ecclésiastique, mais il n'en était pas question pour cet émule de Rousseau qui a perdu la foi et ne veut pas être « sciemment un charlatan »[A 9].

Comme il faut « traverser le labyrinthe de la chicane », il entre chez un procureur renommé de Chartres, Louis-Henri Horeau, où il se lie d'amitié avec son fils Michel-Claude qui lui ouvre sa bibliothèque et qui se passionne pour les sciences. Brissot se lance dans l'étude de la physique de l'italien et de l'anglais, attiré depuis longtemps par l'histoire constitutionnelle de ce pays qui a rompu depuis longtemps avec l'absolutisme royal[A 9]. Il se distrait donc des fastidieuses minutes de la chicane en se précipitant dans les études les plus variées, avec un acharnement passionné, une voracité incomparable. Sa véritable vocation paraît avoir été pour l’érudition, en particulier pour la linguistique. Il écrit alors sa première brochure, Rome démasquée ou Observations sur le droit canonique, qui sera imprimé par la suite. Aussi, malgré tout, songe-t-il un moment, sans cesser d’être athée, à se faire bénédictin. Il en est détourné par son ami le moine philosophe dom Mulet[4].

En 1774, il décide d'allonger et « d'angliciser » son nom. Il devint Brissot de Warville, dérivé d'Ouarville, hameau de Lèves proche de Chartres où il a été mis en nourrice[5]. C'était un usage de son pays, d'ailleurs son frère s'appelait Brissot de Thivars, localité à huit kilomètres de Chartres[A 10].

Départ pour Paris[modifier | modifier le code]

Au bout de ce séjour de quatre années dans l'étude du procureur Horeau de Chartres, Brissot estime qu'il faut maintenant qu'il exerce ses talents sous un horizon moins restreint, et il saisit l'occasion d'aller à Paris, pour continuer sa carrière juridique en y devenant le premier clerc du procureur au Parlement Nolleau. Après six mois de travail non rémunéré, 400 francs d'appointements lui permettent d'envisager sa nouvelle vie avec confiance. Il arrive à la capitale du royaume de France le 20 mai 1774. Quelques jours auparavant, Louis XVI, âgé comme lui de 20 ans, est monté sur le trône[A 11]. Nolleau, homme cultivé, féru de philosophie et de littérature, accueille aussi le jeune Robespierre[6]. En rupture avec sa riche famille, Brissot vit d’expédients littéraires, vend sa plume et son talent, déborde de projets, multiplie les écrits.

L’étude du droit a peu d’attraits pour lui : dévoré du besoin de se livrer à quelques travaux utiles, ce polygraphe par nature et par besoin conçoit le plan de sa Théorie des lois criminelles (1780, 2 vol.), qui le fait connaître, et dont il adresse la préface à Voltaire[7]. Voltaire, au milieu de ses derniers triomphes, ne dédaigne pas de le remercier de cet envoi par une lettre encourageante et flatteuse[Note 4]. D’Alembert, auquel le jeune écrivain s’était présenté, avait été moins bienveillant ; et Brissot, blessé de cet accueil froid, et touché de celui qu’il reçut de Linguet, se voua tout entier au fameux auteur des Annales. Linguet lui donna d’excellents conseils, et le chargea de quelques articles pour le Mercure ; mais une intrigue lui fit enlever ce journal ; et Brissot, qui s’obstinait à suivre une carrière dans laquelle son père ne voulait point le voir entrer, fut obligé, en 1778-1779, d’aller rédiger le Courrier de l'Europe de Samuel Swinton, qui soutient les insurgés américains, feuille anglaise dont on publiait une traduction à Boulogne-sur-Mer, où il rencontre Charles Théveneau de Morande, avec lequel il entretient de très mauvais rapports.

Brissot, qui a cru y trouver une tribune indépendante, se voit bientôt imposer un censeur, qui réduit son travail à la plate traduction du journal de Londres ; il l’abandonne. De retour à Paris, il s’y livre à l’étude des sciences physiques. En même temps qu’il s’occupe de chimie avec Fourcroy et Marat, il se fait recevoir avocat à Reims[Note 5], remporta deux prix à l’Académie de Châlons, prépara son Traité de la vérité, publia sa Théorie et sa Bibliothèque des lois criminelles, collection remarquable commencée à Paris, finie à Londres, imprimée à Neufchâtel, et au sujet de laquelle Servan lui écrivit : « Vous avez réalisé l’un de mes vœux les plus anciens, là réunion de tous les ouvrages qui ont traité des lois criminelles. Crions, monsieur, crions, tout un siècle ! Peut-être à la fin un roi dira : Je crois qu’ils me parlent ; peut-être il réformera. » Brissot disait, à ce sujet, que Servan avait raison, excepté sur un point : « C’est le peuple qui a entendu, et qui a réformé. » Si les premiers ouvrages de Brissot lui avaient valu l’amitié de quelques-uns des jurisconsultes et des littérateurs les plus célèbres, seuls ses libraires avaient profité du fruit de ses veilles. Sans fortune, il a besoin de s’en créer une par ses travaux. Nourri des doctrines de Jean-Jacques Rousseau, il se met à écrire des pamphlets sur l’Inégalité sociale et une Bibliothèque philosophique du législateur… (1782-1786, 10 vol.).

L'expérience londonienne[modifier | modifier le code]

Tout en participant à Paris aux grandes spéculations boursières sous Louis XVI, il imagine d’aller établir à Londres une espèce de lycée ou muséum, qui devrait servir de point de réunion à tous les savants de l’Europe, un foyer d’où se répandraient toutes les connaissances enfermées dans chaque nation, et souvent inconnues chez les autres. Ce projet séduit plusieurs personnes, et d’Alembert cherche à y intéresser ses amis. Après un voyage en Suisse, nécessité par la publication de ses ouvrages et le désir de se donner des correspondants, Brissot part pour l’Angleterre ; mais il est abandonné de tous ceux dont il attend l’appui, et, après y avoir publié le Journal du Lycée de Londres, qui renferme des notices pleines d’intérêt sur la littérature anglaise, il est emprisonné à Londres pour dettes, à la suite de démêlés avec Swinton et forcé d’abandonner son établissement commencé. Quelques jours après son retour en France, en 1784, il est arrêté, et enfermé à la Bastille. On l’a dénoncé comme l’auteur des Passe-temps d’Antoinette, un pamphlet contre la reine Marie Antoinette, écrit en réalité par le marquis de Pellepore. S’il semble établi, après les travaux de Simon Burrows, que Brissot n’est pas l’auteur de ce libelle contre la reine, le pamphlet du Diable dans un bénitier semble avoir bénéficié de sa collaboration. Il faut quatre mois, et les sollicitations puissantes de Félicité de Genlis et du duc d’Orléans, pour faire reconnaître son innocence.

Quatre ans après, le 14 juillet au soir, c'est dans ses mains que les vainqueurs de la Bastille déposent les clefs du château à la chute duquel il vient d’assister. Échappé de la Bastille, Brissot va demeurer chez Clavières, avec lequel il s’est lié pendant son voyage en Suisse ; et ils composèrent ensemble plusieurs ouvrages sur les finances, qui paraissent sous le nom de Mirabeau. Mirabeau vit alors dans leur intimité, et se prépare, comme eux, aux grands combats de la Révolution. À cette époque le marquis Ducrest, frère de Félicité de Genlis, est mis à le tête de la fortune du duc d’Orléans : il songe à s’entourer d’hommes instruits et de publicistes, dont les conseils et les écrits puissent servir ses projets de réforme, et la pierre qu’il voulait faire aux ministres. Brissot, dont la femme est lectrice de Mlle Adélaïde, se laisse séduire par les projets de Ducrest, et accepte près de lui une place à la chancellerie du Palais-Royal. Là il s’aperçoit combien il peut compter sur les principes et le caractère d’hommes qu’il voyait conspirer au milieu des orgies du palais, et parler de réformes et de liberté dans les boudoirs, avec des filles. À la suite d’un complot qui éclate au Parlement, et qui a été concerté par la chancellerie d’Orléans, le prince est exilé, et une lettre de cachet est lancée contre Brissot. Prévenu à temps, il se réfugie à Londres.

Pendant ce nouveau séjour en Angleterre, Brissot est présenté à la Société de l’abolition de la traite des Noirs. À son retour à Paris, il établit une société semblable appelée Société des amis des Noirs, qui commence ses travaux au mois de février 1788. Parmi les membres signataires du procès-verbal de la première séance, on remarque Clavières et Mirabeau. Il faut les considérer, avec Brissot, comme les fondateurs de cette société, qui exercera une si grande influence sur le sort des colonies ; la Fayette, Bergasse, la Rochefoucauld, Lacépède, Volney, Tracy, Lavoisier, Pastoret, Pétion, Sieyes, et plus tard l’abbé Grégoire, seront au nombre de ses membres les plus actifs et les plus dévoués. À cette époque il est aussi, tout comme Nicolas Bergasse ou le Marquis de Lafayette, un partisan de la théorie du magnétisme animal émise par le médecin allemand Franz Anton Mesmer. Il rejettera plus tard le magnétisme animal comme pratique contre-révolutionnaire.

Devenu secrétaire de Louis-Philippe d’Orléans il se charge, en 1788, d’aller, au nom de la Société des amis des Noirs, étudier aux États-Unis les moyens d’émanciper les populations que l’on veut rendre libres et dignes de la liberté. Il est accompagné par le financier genevois Étienne Clavière et débarque à Boston après 51 jours de mer, muni de deux lettres d'introduction, l'un du Général Lafayette destinée à George Washington, l'autre d'Armand Marc de Montmorin Saint-Hérem, Ministre des Affaires étrangères, à Éléonor François Élie de Moustier, ministre plénipotentiaire de la France aux Etats-Unis[8]. Il y passe quatre mois avant de se rendre ensuite aux Pays-Bas autrichiens où il assiste à la Révolution brabançonne.

La Révolution française[modifier | modifier le code]

J. P. Brissot, député à la II.me législature et défenseur des hommes de couleur,
estampe gravée par Marie-Anne Croisier, Paris, BnF, département Estampes et photographie, 1791-1793.

À son retour des États-Unis d'Amérique, Brissot « se jeta [dans la Révolution] avec l'impétuosité d'un homme qui avait concouru à la préparer par ses écrits », selon les Mémoires de Madame Roland[9]. Lors de la réunion des États généraux de 1789, il publie beaucoup d’écrits, qui fixent, dès lors, l’attention sur lui. Quelque temps avant la prise de la Bastille, il crée un journal républicain, le Patriote français, qui connait un grand succès.

Il ne lui manque que quelques voix pour être député suppléant aux États généraux avec ses amis Siéyès et Pétion. Il est membre de la première municipalité de Paris et du comité des recherches de la ville de Paris ; et, quoique étranger à l’Assemblée nationale, on l’appelle, comme publiciste, dans le sein de son comité de constitution. Malgré la vive opposition de la cour et du parti modéré, Brissot est porté à l’Assemblée nationale par les électeurs de Paris. En février 1788, il est parmi les fondateurs de la Société des amis des Noirs qui milite alors pour l'égalité des Hommes de couleur libres avec les blancs, l’abolition immédiate de la traite des Noirs et la suppression progressive de l’esclavage colonial. En novembre 1790, il dénonce, dans une lettre ouverte, les premières équivoques de Barnave qui, membre du comité des colonies, agit discrètement, contrairement à ses engagements, pour le maintien de la domination blanche à Saint-Domingue. Cette dénonciation se propage dans les clubs révolutionnaires au printemps 1791, après l'annonce à Paris de l'assassinat du mulâtre Ogé. Après la fuite de Louis XVI en juin 1791, il rédige au champ de Mars la pétition pour la déchéance du roi () et demande la proclamation de la République, en s’opposant à sa vieille connaissance, le royaliste Théveneau de Morande, dont il devient définitivement l’ennemi.

Élu à l’Assemblée législative le , après onze ballottages[A 12], il se montre comme l’un des plus acharnés à défendre la déclaration de guerre aux puissances de l’Europe[10] et à cette fin, il déploie une rhétorique agressive et belliciste, tant à l'Assemblée législative qu'aux Jacobins[11]. Il s’oppose là-dessus à Maximilien de Robespierre et à plusieurs futurs montagnards ou sans-culottes tels que Danton, Marat, Billaud-Varennes, Camille Desmoulins, Anthoine, Hébert, convaincus du danger pour la Révolution de lui ôter sa vocation pacifique inscrite dans la constitution de 1791 [12]. Le 24 mars 1792, il réussit à faire voter un décret législatif pour l'égalité des droits des hommes de couleur libres et des blancs. C'est le seul point qui l'accorde encore à Robespierre. Celui-ci rendra hommage à son combat le 31 mai 1792 dans Le défenseur de la Constitution. [13] Et en février 1791 dans une brochure consacrée à la traite des Noirs il reprend et transforme une formule de Mirabeau « bières flottantes » prononcée l'année précédente (mars 1790) [14] en "longues bières." Robespierre reprendra cette expression en avril 1793 dans son projet de réglementation de la propriété[15].

Réélu à la Convention (1792) par le département d’Eure-et-Loir, il est alors regardé comme le puissant chef de file de ce parti brissotin, bientôt les Girondins, qui combattent les excès des Montagnards, mais dont la force va s’évanouir avec la royauté qu’il a renversée, et sur les débris de laquelle il voulait établir un ordre des choses nouveau. Il combat sans cesse l’anarchie. Voulant mettre en procès le ministre Delessart, il est attaqué dans le Journal de Paris par François de Pange.

Jacques Pierre Brissot,
gravure de N.F. Maviez d'après un dessin de François Bonneville, Paris, BnF, département Estampes et photographie, fin du XVIIIe siècle.

Il flétrit de toute son indignation les septembriseurs, et s’élève avec tant d’énergie contre la condamnation à mort du roi, qu’il regarde comme impolitique, qu’en entendant son arrêt Louis XVI s’écrie : « Je croyais que M. Brissot m’avait sauvé ! »[16] Brissot cependant, convaincu de l’inutilité de ses efforts, a voté la mort, mais avec la condition expresse que le jugement ne soit exécuté qu’après avoir été ratifié par le peuple. Ce vote ne sert qu’à exaspérer les Montagnards, sans sauver le roi ni même retarder sa mort. Brissot, qui comprend tout ce que la France républicaine doit montrer d’audace devant l’Europe monarchique, et qui n’est pas assez inhabile pour croire qu’on la laissera paisiblement organiser ses forces, fait encore déclarer la guerre à l’Angleterre et à la Hollande, dernier acte politique par lequel il se signale. Sans cesse attaqué par la faction montagnarde, tour à tour accusé de royalisme et de fédéralisme, il s’attire la haine de Robespierre et tombe, avec tous ses amis, le 31 mai. Mis en arrestation avec les Girondins le , il s’enfuit, mais, arrêté à Moulins, il est ramené à l’Abbaye.

Il se prépare à la mort qu’il prévoit, en écrivant des Mémoires, laissés sous le titre de Legs à ses enfants. Ce sera tout l'héritage d'un homme dont la voix a été l’arbitre des destinées de l’Europe, et qui, accusé d’avoir reçu des millions de l’Angleterre, ne laisse pas même pas à sa veuve de quoi imprimer sa noble et éloquente défense devant le tribunal révolutionnaire. Condamné à mort le 30 octobre 1793, avec vingt-et-un de ses collègues, Brissot est guillotiné le lendemain, à l’âge de trente-neuf ans. Il est inhumé au cimetière de la Madeleine, avant d’être déplacé dans un autre cimetière près de l’Opéra lors de la construction de la chapelle expiatoire à Paris. Il repose maintenant avec les Girondins dans les Catacombes de Paris.

Postérité[modifier | modifier le code]

Brissot est l’un des écrivains qui ont exercé le plus d’influence sur la marche de la Révolution française, ou qui, du moins, ont le plus accéléré son mouvement. Ses premiers ouvrages sur la législation, ses nombreuses brochures, ses discours à l’Assemblée législative et à la Convention attestent son dévouement aux grands principes de la Révolution française. Moraliste de l’école de Jean-Jacques Rousseau, il a toutes les vertus qu’il prêche dans ses écrits. Enthousiaste des mœurs américaines longtemps avant d’avoir visité l’Amérique, c’était un véritable quaker[17]. Son désintéressement et son austère simplicité étaient faits pour honorer cette république qu’il se glorifiait d’avoir aidé à fonder.

Controverse sur l'origine de l'ajout patronymique "de Warville"[modifier | modifier le code]

Il est parfois indiqué que Jacques Pierre Brissot ajouta à son patronyme "de Warville", forme anglicisée de "Ouarville" parce qu'il a été placé en nourrice dans une famille demeurant au hameau d'Ouarville, commune de Lèves (Eure-et-Loir).

Or, dans ses Mémoires, Jacques Pierre Brissot écrit : "Né le second de mes frères, je portais, pour être distingué d'eux, suivant l'usage de la Beauce, le nom d'un village où j'avais été mis en nourrice et où mon père possédait quelques terres. Ce village s'appelait Ouarville, et Ouarville fut le nom sous lequel j'ai été constamment connu dans mon pays ; ainsi mon troisième frère fut appelé Thivars.[18]"

La famille Brissot possédait bien des terres commune d'Ouarville (située à 29 kilomètres de Chartres). Ainsi, le 5 février 1814, suivant acte reçu par Maître Peluche, notaire à Chartres[19], Anacharsis Brissot de Warville (1791-1860), fils de Jacques Pierre Brissot, vendit à Louis François Chauveau, 6,78 hectares de terres situées à Ouarville dont il avait hérité, par représentation de son père, de sa grand-mère Marie Louise Legrand veuve de Guillaume Brissot[20].

Epouse et descendance[modifier | modifier le code]

Le 17 septembre 1782, il épouse à Paris, paroisse Saint-Sulpice, Marie Catherine Félicité Françoise Dupont, née le 18 décembre 1759 à Boulogne-sur-Mer, paroisse Saint-Julien, qui fut aide-préceptrice, sous les ordres de Madame de Genlis, des enfants du Duc d'Orléans Philippe-Égalité[21] et traductrice d'oeuvres anglaises, notamment celles d’Oliver Goldsmith et de Robert Dodsley.

Veuve, elle demeure à Paris rue de Sorbonne, division des Thermes (1800), puis 8 rue Wertingen, cour abbatiale (1814) (aujourd'hui rue de Furstemberg), où elle décède le 12 janvier 1818 et est enterrée au cimetière du Père-Lachaise.

Le couple a trois enfants[22] :

  • Pierre Augustin Félix, né à Londres, paroisse de Sainte-Marie-la-Bonne, le 29 avril 1784, aspirant de marine, mort sans descendance à Saint-Domingue en 1802.
  • Edme Augustin Sylvain, né à Paris, paroisse de la Madeleine de la Ville-l'Evêque, le 13 mars 1786, élève de Polytechnique, il est employé au Bureau des Douanes Impériales à Bayonne. Il part aux Etats-Unis en 1816 et meurt à Albany le 16 mars 1819.
  • et Jacques Jérôme Anacharsis, né à Paris le 31 mars 1791, employé aux droits réunis (1813), sous-lieutenant au onzième régiment de hussards (1814), puis mis à la retraite il devient marchand de vins en gros, mais fait faillite et repart vivre chez sa mère en 1817, puis il part s'installer à Véron (Yonne) où naissent deux de ses cinq enfants : Félix (1818) et Eugène (1820). S'expatrie au Mexique. Le roi Louis-Philippe Ier le nomme contrôleur général de la navigation de la Seine. A sa retraite, il part vivre à Dunkerque où il tient un bureau de tabac et y décède en 1860. Il a épousé le 19 mars 1817 Marie Jeanne Adélaïde Vigneulle, dont sont issus cinq enfants[23],[Note 6],[Note 7]

Par son fils Anacharsis, Jacques Pierre Brissot est le grand-père du peintre Félix Brissot de Warville (1818-1892).

Principaux écrits[modifier | modifier le code]

Ses Mémoires et son Testament politique (4 vol.) ont été publiés en 1829-1832.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Études historiques[modifier | modifier le code]

  • Alphonse Aulard, Les orateurs de la Législative et de la Convention : l'éloquence parlementaire pendant la Révolution française, t. I, Paris, Librairie Hachette, , 567 p. (lire en ligne), « Brissot », p. 220-265.
  • Yves Bénot, La Révolution française et la fin des colonies, Paris, La Découverte, 1987.
  • (en) Simon Burrows, « The innocence of Jacques Pierre Brissot », The Historical Journal, vol. 46, no 4,‎ , p. 843-871 (ISSN 0018-246X, lire en ligne).
  • Robert Darnton, « Jacques Pierre Brissot de Warville, espion de police », Bohème littéraire et Révolution, Paris, Gallimard, 2010 (édition originale en anglais, Université de Chicago, 1968), p. 83-111.
  • Robert Darnton, La Fin des Lumières : le mesmérisme et la Révolution, 1968.
  • (en) Robert Darnton, « The Grub Street Style of Revolution : J.-P. Brissot, Police Spy », Journal of Modern History, vol. 40, no 3,‎ , p. 301–327 (lire en ligne).
  • Marcel Dorigny, « La Société des Amis des Noirs, les Girondins et la question coloniale », Actes du séminaire Lumières et Révolution française, 16-25 février 1989, p. 81-95.
  • Marcel Dorigny et Bernard Gainot, La Société des amis des noirs, 1788-1799 : contribution à l'histoire de l'abolition de l'esclavage, Paris, Éditions de l'Unesco / Edicef, coll. « Mémoire des peuples », , 429 p. (ISBN 92-3-203306-2 et 2-84129-553-2, présentation en ligne).
  • (en) Eloise Ellery, Brissot de Warville : A Study in the History of the French Revolution, Boston / New York, Houghton Mifflin Company, , XIX-528 p. (lire en ligne).
  • Hans Alfred Goetz-Bernstein, La Politique extérieure de Brissot et des Girondins : thèse présentée à la Faculté des lettres pour le doctorat de l'Université de Paris, Paris, Hachette, , XX-451 p. (présentation en ligne, lire en ligne).
  • Patrice Gueniffey, « Brissot », dans François Furet et Mona Ozouf (dir.), La Gironde et les Girondins, Paris, Payot, coll. « Bibliothèque historique Payot », , 468 p. (ISBN 2-228-88400-6, présentation en ligne), p. 437-464.
  • Suzanne d'Huart, Brissot : la Gironde au pouvoir, Paris, Robert Laffont, coll. « Les Hommes et l'histoire », , 244 p. (ISBN 2-221-04686-2).
  • (en) Annie Jourdan, « A Tale of Three Patriots in a Revolutionary World : Théophile Cazenove, Jacques-Pierre Brissot, and Joel Barlow (1788—1811) », Early American Studies, University of Pennsylvania Press, vol. 10, no 2 « Anglo-Dutch Revolutions »,‎ , p. 360-381 (lire en ligne).
  • (en) Thomas Lalevée, « National Pride and Republican grandezza : Brissot’s New Language for International Politics in the French Revolution », French History and Civilisation, vol. 6,‎ , p. 66-82 (lire en ligne).
  • Quentin Laurent (dir. Pierre Serna), Jacques Pierre Brissot. Genèse et stratégie d'un projet politique et diplomatique. Du début de la Législative à la déclaration de guerre d'avril 1792, Paris, IHRF (mémoire de master 2 en Histoire), 2011, 206 p. (cote : Z 1070) [fiche sur le site de l'IHRF]
  • (en) Leonore Loft, « J.-P. Brissot and the evolution of pamphlet literature in the early 1780s », History of European Ideas, vol. 17, no 2-3,‎ , p. 265-287 (lire en ligne).
  • (en) Leonore Loft, Passion, Politics and Philosophie : Rediscovering J. P. Brissot, Westport (Connecticut), Greenwood Press, coll. « Contributions to the Study of World History » (no 84), , XXI-279 p. (ISBN 0-313-31779-8).
  • (en) Frederick A. de Luna, « The Dean Street Style of Revolution : J.-P. Brissot, Jeune Philosophe », French Historical Studies, Duke University Press, vol. 17, no 1,‎ , p. 159-190.
  • Damien Malet (dir. Frédéric Bidouze), Le Patriote français et la caricature : Des images en mots, des mots en images. Essai de comparaisons et de correspondances (1789-1793), TER d'Histoire moderne, Pau, 2010.
  • Damien Malet (dir. Frédéric Bidouze), L’Ancien régime et ses suppôts dans le Patriote français de Jacques-Pierre Brissot de Warville (1789-1793), TER d'Histoire moderne, Pau, 2008, t. 1, 292 p., t. 2, 105 p.
  • Albert Mathiez, « Mélanges. Brissot et son associé, d'après une lettre inédite », Annales révolutionnaires, t. 12, no 5,‎ , p. 414-424 (lire en ligne).
  • Albert Mathiez, « Mélanges. Brissot électeur de Lafayette », Annales révolutionnaires, t. 15, no 5,‎ , p. 419-422 (lire en ligne).
  • Albert Mathiez, « Mélanges. Laclos, Brissot et M. Braesch », Annales révolutionnaires, t. 14, no 5,‎ , p. 408-411 (lire en ligne).
  • Jean-Daniel Piquet, L'émancipation des Noirs dans la Révolution française (1789-1795), Paris, Karthala, coll. « Hommes et sociétés », , 509 p. (ISBN 2-84586-161-3, présentation en ligne), [présentation en ligne].
  • Jean François-Primo, La jeunesse de J.-P. Brissot, Paris, Grasset, 1932.
  • Richard Whatmore et James Livesey, « Étienne Clavière, Jacques-Pierre Brissot et les fondations intellectuelles de la politique des Girondins », Annales historiques de la Révolution française, no 321,‎ , p. 1-26 (lire en ligne).

Littérature[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Bonnet avait deux oncles, Nicolas, qui fut en 1792 évêque constitutionnel de Chartres, et Claude Bonnet, peintre à Paris.
  2. C'est-à-dire un peu plus de 10 000 habitants
  3. « Je les dus à un amour prodigieux du travail qui me dévorait » écrit-il dans ses Mémoires
  4. « Votre ouvrage sera digne de la philosophie et de la législation ; il pourra contribuer au bonheur des hommes, s’il est écrit avec l’énergie qui caractérise l'exorde, etc., etc. » Voltaire, le 13 avril 1778.
  5. Il écrira dans ses mémoires, tome 1, page 193 : « Je songeai (…) à me faire recevoir avocat. Il fallait prendre des degrés dans la faculté de droit, et, comme ce n’était qu’une vaine formalité, je préférai la voie la plus prompte, celle de les acheter à Reims. Le voyage que je fis dans cette ville me convainquit de l’avilissement de son université, et du mépris que méritaient tous ces établissements qui étaient moins une école qu’un marché de titres. On y vendait tout, et les degrés, et les thèses et les arguments. Je rougis pour les docteurs qui m’interrogeaient ; ils me parurent jouer ou me faire jouer une mascarade dont le comique était encore relevé par les sujets de leurs interrogations, car ils me questionnèrent ou feignirent de me questionner très sérieusement sur la question de savoir si les eunuques pouvaient se marier ». Et il ajoute « avoir payé six cents livres pour cette pantalonnade. »
  6. Il a Jérôme Pétion de Villeneuve (1756-1794) pour parrain.
  7. Descendance aux États-Unis, notamment par la famille Brandreth.

Références[modifier | modifier le code]

  • Suzanne d'Huart, Brissot, la Gironde au pouvoir, Robert Laffont, (ISBN 2-221-04686-2). 
  1. a, b, c, d, e et f p. 15.
  2. p. 12.
  3. a et b p. 11.
  4. p.  14.
  5. a et b p. 16.
  6. a, b, c et d p. 17.
  7. a, b, c et d p. 18.
  8. a et b p. 19.
  9. a et b p. 20.
  10. p. 22.
  11. p. 23.
  12. p. 132.
Autres sources
  1. Ainsi est-il qualifié dans un acte d'inventaire notarié à Chartres du 27 mai 1789.
  2. Société Archéologique d'Eure-et-Loir, procès-verbaux, tome X, 1901, page 122.
  3. Jean-Clément Martin, Nouvelle histoire de la Révolution française, Paris, Perrin, 2012, p. 73
  4. Mémoires de Brissot, Paris, Ladvocat, 1830, p. 82
  5. Les bibliothèques de Chartres, "Brissot, Pétion, Sieyès : trois révolutionnaires chartrains (Rendez-vous du patrimoine des 19 mai, 2 et 16 juin 2012)", consulté le 4 mars 2015.
  6. Mémoires de Brissot, Paris, Ladvocat, 1830, p. 160
  7. Ibid. p. 258-261.
  8. Article de Maurice Jusselin, archiviste honoraire d'Eure-et-Loir, intitulé "Beaucerons en Amérique", du 5 janvier 1951, publié dans les Mémoires de la Société Archéologique d'Eure-et-Loir, tome XVIII, 1947-1951.
  9. Mémoires de Madame Roland, Mercure de France, p. 190 (ISBN 2-7152-2485-0)
  10. Frank Attar, Aux armes citoyens. Naissance et fonctions du bellicisme révolutionnaire, collection l’Univers historique, Seuil, 2010.
  11. Thomas Lalevée, « National Pride and Republican grandezza: Brissot’s New Language for International Politics in the French Revolution », French History and Civilisation (Vol. 6), 2015, pp. 66-82.
  12. Jean-Daniel Piquet, « La déclaration constitutionnelle de paix à l'Europe, grand sujet de débat dans la Révolution entre 1791 à 1794 », 119e Congrès National des Sociétés Historiques et Scientifiques, Amiens, 26-30 octobre 1994, et 121è, Nice, 26-31 octobre 1996, La Révolution française : la guerre et la frontière, p. 387-397.
  13. Jean-Daniel Piquet, « Les problèmes coloniaux dans les clivages de la vie politique française (1791-1794) » in L’Arbre à Palabres, no 1, décembre 1994/janvier/février 1995, dans« numéro spécial 1794-1994, Bicentenaire du 16 Pluviôse an II », 16 p., p. 10-11.
  14. Marcel Dorigny « Les Bières flottantes des négriers, un discours non prononcé par Mirabeau pour l'abolition de la traite des nègres novembre 1789-mars 1790 », Saint-Étienne, Presses Universitaires de Saint-Étienne, 1999
  15. Jean-Daniel Piquet, « Mise au point sur Robespierre et les bières flottantes », L’Incorruptible. Bulletin des Amis de Robespierre, no 78- 4ème trimestre 2011, 10 p.-p. 5-6
  16. Mémoires de Brissot, Préface p. XXI.
  17. Sur la vision de Brissot sur les Quakers, voir Q. Laurent, Jacques Pierre Brissot (...), p. 47-48.
  18. https://books.google.fr/books?id=0viLaSIpI68C&pg=PA49&dq=Ouarville+warville+brissot&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi26t3DmtjQAhWGVRoKHRAOACQQ6AEIGjAA#v=onepage&q=Ouarville%20warville%20brissot&f=false
  19. Archives départementales d'Eure-et-Loir, cote 2 E 10 598.
  20. Acte de partage reçu par Maître Vincent Chevard, notaire à Chartres, le 2 septembre 1800.
  21. Société Archéologique d'Eure-et-Loir, procès-verbaux, tome XIV, 1936, , séance du 1er mars 1934, article de l'abbé Boudet, page 465.
  22. Société Archéologique d'Eure-et-Loir, procès-verbaux, tome XIV, 1936, , séance du 1er mars 1934, article de l'abbé Boudet, page 466
  23. Ibid., p. 42.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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