Louis de Rouvroy de Saint-Simon

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Louis de Rouvroy de Saint-Simon
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Jean-Baptiste van Loo, Portrait de Saint-Simon (1728, détail),
château de Chasnay, collection particulière.

Nom de naissance Louis de Rouvroy
Naissance
Paris, Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Décès (à 80 ans)
Paris, Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français
Genres

Œuvres principales

  • Mémoires
Signature de Louis de Rouvroy de Saint-Simon


Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, est né à Paris le et mort le . Duc et pair de France, courtisan et mémorialiste, acteur engagé dans la vie politique de la cour, il est un témoin essentiel de la fin du règne de Louis XIV et de la Régence.

Saint-Simon est considéré comme l'un des plus grands écrivains français du XVIIIe siècle, en particulier pour ses Mémoires, rédigés de 1739 à 1749 et considérés comme un monument de la littérature française. De nombreux écrivains, dont Balzac, Stendhal et Proust, se sont réclamés de son influence.

Biographie[modifier | modifier le code]

« Je suis né la nuit du 15 au , de Claude, duc de Saint-Simon, pair de France, et de sa seconde femme Charlotte de L'Aubépine, unique de ce lit. De Diane de Budos, première femme de mon père, il avait eu une seule fille et point de garçon[S 1] »

— Saint-Simon, Incipit des Mémoires

Origines et jeunesse[modifier | modifier le code]

Lignage[modifier | modifier le code]

Blason de la maison de Saint-Simon

« Saint-Simon n'est point le nom de la maison des ducs de Saint-Simon. Pour l'expliquer, il faut reprendre les choses de bien loin[S 2]. » Selon le duc, les origines de sa famille sont dans le Vermandois depuis le IX° siècle, mais le mariage fondateur de la Maison est celui de Marguerite de Saint-Simon qui épouse Matthieu de Rouvroy, dit le Borgne en 1333.

Sa branche familiale est une duché-pairie, mais depuis seulement quarante ans[1], créée par Louis XIII, et la profondeur de sa généalogie, l'ancienneté de sa noblesse, compensent cette promotion trop récente. Le duc Claude, père du mémorialiste, garde une reconnaissance profonde pour ce roi et éduque son fils Louis dans la vénération de Louis le Juste. Saint-Simon marque un intérêt constant pour la généalogie tout au long de sa vie, par son éducation, ses lectures, ses écrits et dans la revendication de son rang[N 1].

Revêtu de sa duché-pairie, il « se commémore magnifiquement drapé de sa dignité séculaire, grand attracteur de l'Histoire promis comme tel à l'immortalité[2]. »[N 2]

Naissance[modifier | modifier le code]

François-Régis Bastide suggère, tout d'abord, que l'« on paraîtra peu sérieux si on remarque la date de naissance de Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, le , en pleine nuit, à Paris sous le signe du Capricorne, dans le domicile de Saturne. Le signe de la solitude inquiète, des cavernes, des chrysanthèmes, des enfants nés vieux, insatiables dans la connaissance, le signe de Sainte-Beuve, d'Edgar Poe et de Cézanne… Je n'insiste pas. Comme il y avait de belles choses à dire[3] ! »

Acte de baptême de Saint-Simon, contresigné par le roi et de la reine, en bas à gauche. Archives du château de Versailles.

Le mémorialiste passe bien d'autres détails sous silence, à commencer par son lieu de naissance, à l'hôtel Selvois, rue des Saints-Pères[4] — aujourd'hui détruit, correspondant au no 44 de l'actuel boulevard Saint-Germain[5]. Le prénom donné au « jeune espoir de la lignée nouvellement ducale » traduit également un point prestigieux entourant sa naissance : le , Louis est baptisé dans la chapelle de Versailles[6], « en présence des parrains les plus illustres qui se puissent trouver : le Roi et la Reine[7] ».

Les Mémoires et surtout la Note sur la Maison de Saint-Simon laissent deviner, en revanche, les enjeux liés à cette naissance en plaçant le héros dans un « Panthéon mythistorique[8] ». Claude de Rouvroy, né en 1607[9] et devenu duc et pair en [9], grâce à la faveur de Louis XIII[10], avait épousé Charlotte de L'Aubespine le [11]. Ses deux parents sont donc relativement âgés lorsqu'il vient au monde : le duc Claude a presque 69 ans[12], et son épouse en a environ 35[13]. Du premier mariage de son père, le [9], Saint-Simon a une demi-sœur prénommée Marie-Gabrielle. Née le , elle a vingt-huit ans de plus que lui[14]

Éducation[modifier | modifier le code]

L'enfance de Saint-Simon est mal connue. Le mémorialiste résume lui-même ses années de formation en une phrase tranchante : « Je pris donc ma résolution de me tirer de l'enfance, et je supprime les ruses dont je me servis pour y réussir[S 5] ». « Triste enfance ! » considère François-Régis Bastide, où « la grande distraction » est d'aller tous les ans à Saint-Denis, le 14 mai, pour le service en l'honneur de Louis le Juste — où, d'ailleurs, il n'y a jamais personne, ce qui ne peut manquer d'entraîner un « petit couplet sur l'ingratitude envers les Bons Rois[15]… » Le jeune garçon, titré vidame de Chartres[S 6], assiste également avec son père à des obsèques royales et princières : « Ce sera, décidément, un enfant très fort sur les funérailles. Il n'en manquera aucune[15] ».

L'enfant reçoit de sa mère une éducation austère et solitaire, qu'il décrit comme « une éducation fort resserrée, qui le sépara fort du commerce des gens de son âge au genre de vie desquels il n'était d'ailleurs pas naturellement tourné, lui fit d'abord éprouver la solitude et le dénuement qui rendent l'entrée dans le monde fort épineuse[S 7] ». Tout en étudiant le latin et les sciences avec un gouverneur et un précepteur disciple de Malebranche[13], Saint-Simon se considère « né pour la lecture et pour l'histoire[S 5] ». Dans le même temps, son père lui enseigne la généalogie et les alliances des grandes familles, l'étiquette de cour et les divers rangs de préséance au parlement, qui définissent une grande part de sa personnalité[15]. Parmi les rares faits notables de cette « enfance sans histoire », les séjours qu'il fait régulièrement au monastère de La Trappe, proche du château familial de La Ferté-Vidame et « dirigé par une grande figure, l'abbé de Rancé », le marquent profondément[16].

Souvenir d'enfance : le jeune Saint-Simon prend goût aux portraits littéraires
C'était un plaisir qu'on avait souvent avec lui [le chevalier d'Aubigné] de l'entendre sur les temps de Scarron et de l'hôtel d'Albret, quelquefois sur des temps antérieurs, et surtout ne se pas contraindre sur les aventures et les galanteries de sa sœur, en faire le parallèle avec sa dévotion et sa situation présente, et s'émerveiller d'une si prodigieuse fortune. Avec le divertissant, il y avait beaucoup d'embarrassant à écouter tous ces propos qu'on n'arrêtait pas où on voulait [...]. J'ai entendu tout cela plusieurs fois, surtout chez mon père où il venait plus souvent qu'il ne désirait, et dîner aussi, et je riais souvent sous cape de l'embarras extrême de mon père et de ma mère, qui fort souvent ne savaient où se mettre[S 8].
Mémoires de Saint-Simon, Singulière retraite d'Aubigné, frère de Mme de Maintenon.

Ainsi, « la vertu est son premier trait », selon François-Régis Bastide : « élevé par le père que l'on sait, il devait avoir cette âme antique, ce goût des vieilles gens d'une époque plus droite, et ces ricanements de vertu[17] ». Il est remarquable, en effet, que le seul souvenir d'enfance de l'écrivain s'articule autour d'un ricanement, à propos du chevalier d'Aubigné, frère de Madame de Maintenon. Yves Coirault relève comme « bien rares, trop rares dans les Mémoires (mais l'enfant n'a pas la vie facile dans la littérature de l'époque…) de tels souvenirs d'enfance et de jeunesse[18] » : ce souvenir a probablement contribué à la vocation du futur mémorialiste et à son goût pour les portraits littéraires.

Prémices du courtisan mémorialiste[modifier | modifier le code]

Un ami d'enfance[modifier | modifier le code]

Le duc de Chartres, futur régent, est né le [4]. Saint-Simon est donc « plus jeune que lui de huit mois[S 5] ». La relation nouée entre les deux jeunes garçons devient « un tel et si long attachement, puisqu'il a duré en moi pendant toute sa vie, et qu'il durera toute la mienne[S 9] », que les Mémoires ne vont pas au-delà de 1723, lorsque le Régent meurt[S 10].

Si elle ne va pas jusqu'à la camaraderie — en raison des différences de caractères entre un Saint-Simon vertueux, mélancolique et ambitieux, et un duc d'Orléans débauché, « comme enterré » avec ses maîtresses, « son genre de vie, sa négligence et sa facilité naturelle[S 11] » — cette amitié devient complice dans les cabales où l'un et l'autre se trouvent mêlés[S 12], inquiète du moindre faux pas que le prince pourrait faire[réf. nécessaire][S 13], affectueuse et réciproque, lorsque le duc et pair est tenté de se retirer[S 14].

Surtout, la fidélité de Saint-Simon envers le duc d'Orléans est inébranlable, même dans les pires moments de sa défaveur auprès de Louis XIV[S 15]. S'ils se brouillent à la moindre occasion — « pour des nuits perdues à faire de la chimie ou de l'aquarelle, ce qui est la même chose, pour Saint-Simon : le comble de la dépravation[19] » — c'est « pour se raccommoder avec transports », à tel point que François-Régis Bastide y voit « trop de compagnonnage, lorsque sonne enfin l'heure de marcher côte à côte dans les voies du pouvoir[19] », en 1715.

Un premier texte fondateur[modifier | modifier le code]

Première page des Obsèques de la Dauphine-Bavière par Saint-Simon. Paris, Bibliothèque nationale de France[20].

La princesse Marie-Anne de Bavière, épouse du grand Dauphin, meurt le . Saint-Simon donne une relation de ses funérailles, « bourrée de détails de préséances[21] »[N 3], dont le titre est déjà significatif : « Cérémonies observées en l'Église de l'Abbaye Royale de St Denis en France le lundi 5 du mois de Juin en l'année 1690 — en la célébration du service solemnel pour le repos de l'ame de très-haute, très-puissante et excellente Princesse Marie Anne Victoire Christinne Josèphe Bénédictine Rosalie Petronille de Bavière Dauphine de France et de l'enterrement du corps de cette Princesse, receully par Mr Louis de St Simon Vidame de Chartres qui y fut présent[S 16] ».

Le ton est donné. Dans ce texte, composé en manière de remerciement — « comme on donne à sa mère, après les vacances, une aquarelle de prairie[23] » — Saint-Simon remarque, parmi une foule de détails, « que le duc de Gesvres, pair de France, est placé derrière M. de Harlay, premier Président du Parlement. Aussitôt il explique qu'il n'y a là nul sacrilège ; le duc de Gesvres n'est pas là en tant que pair (dans ce cas, en effet, il aurait précédé Harlay) mais comme gouverneur de Paris. Ainsi cette préséance est supportable. Rien à dire. D'ailleurs, ce ne sont qu'obsèques d'une dauphine, et non d'un roi, donc un pair n'est là qu'en spectateur, inutile à la cérémonie. De plus, le premier président est là à la tête du parlement, mais il pourrait y être en simple président à mortier : ce serait tout autre chose[S 17] »… François-Régis Bastide conclut : « Voilà comment est Saint-Simon, à quinze ans. Voilà comme il regarde, et ce qu'il regarde[23] ! »

De cette première esquisse aux grands tableaux de cour des Mémoires, Saint-Simon conserve « ce même ton inconscient d'enfant sage qui était le sien, à quinze ans, aux obsèques de la Dauphine de Bavière[24] » — où se trouve même une définition de la révérence qui sonne comme un aveu : « Révérence de cérémonie est croiser les deux pieds et les deux jambes, puis sans baisser le corps ni la tête plier les genoux comme font ordinairement les femmes ; mais les femmes reculent ou penchent un peu le corps en pliant les genoux, et cela ne se pratique point en matière de révérence de cérémonie, puisque sans aucun mouvement du corps les genoux ne font que plier fort bas et le corps à proportion s'abaisse en demeurant droit[S 18] ».

« Voilà la vérité », s'écrie François-Régis Bastide. « Il vient de la crier : il mène une vie de femme, que dis-je : de pensionnaire de la Comédie-Française briguant le Sociétariat. Il le sait[25] ». Pour toutes ces raisons, Georges Poisson confirme que ce récit constitue « le premier essai du mémorialiste[21] ».

Une épouse du plus excellent conseil[modifier | modifier le code]

Fils unique, sa mère le presse de se marier, et il demande au duc de Beauvillier la main de l'une de ses trois filles ; le mariage ne put se faire, mais cette démarche fut le début de « l'amitié la plus tendre, la plus intime, la plus égale » entre les deux ducs. En 1695, il épouse « Marie-Gabrielle, fille aînée de Guy de Durfort, duc de Lorges, maréchal de France, capitaine des gardes du corps »[S 19], qui le commanda pendant les campagnes du Rhin et dont la mère, née Frémont, vient d’une famille roturière et fournit une dot importante. Sa vie durant, son épouse fera preuve d'incomparables vertus par « sa piété inaltérable […] sa vie si simple, si constante, si uniforme, si solide, si admirable, si singulièrement aimable ».

Le couple est très uni par « la tendresse extrême et réciproque, la confiance sans réserve, l'union intime parfaite, sans lacune, et si pleinement réciproque ». Leur mariage, bien qu'arrangé comme le veut l’époque, fait de Saint-Simon « l'homme le plus heureux goûtant sans cesse le prix inestimable de cette perle unique, réunissant tout ce qu'il est possible d'aimable et d'estimable avec le don du plus excellent conseil, sans jamais la plus légère complaisance en elle-même »[S 20].

Le naît sa première fille, Charlotte. Cette naissance est suivie de celles des deux fils de Saint-Simon, Jacques-Louis le et Armand le .

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

L'éducation de Saint-Simon ne néglige pas les exercices physiques, équitation et escrime, et manifeste le désir de servir à l’armée. En 1691, alors qu’il a 16 ans, son père, déjà âgé (il a 86 ans), qui s'est installé dans un modeste hôtel particulier de Versailles, intrigue à la Cour pour le faire entrer dans les mousquetaires gris. Emmanuel Le Roy Ladurie remarque qu'il terminera sa carrière militaire peu après que son père, décédé, n'est plus là « pour lui servir de surmoi professionnel[26] ».

Il est présenté à Louis XIV par l'entremise du chirurgien du roi Maréchal, ami de Claude de Rouvroy ; le roi le « trouvant petit et l’air délicat, lui dit que j’étois encore bien jeune »[S 21], mais accepte son entrée chez les mousquetaires. Il participe ainsi comme chef de bataillon en 1692 au siège de Namur puis en 1693 à la bataille de Neerwinden. Peu de temps après, Louis achète le régiment Royal-Carabiniers grâce à son ami le duc de Beauvilliers, et devient mestre de camp[S 22]. En dehors de quelques actions mineures, ses neuf années au service du roi se limitent à « l'assiduité auprès des princes, généraux et maréchaux[27] », excellent poste d'observation[N 4], mais lui fournissent, pour ses Mémoires, de nombreux récits de sièges et de batailles.

En 1697, il mène une expédition en Alsace sous le commandement du maréchal de Choiseul. C’est son dernier séjour aux armées : il supporte de plus en plus mal l’obligation qui lui est faite de passer deux mois par an avec son régiment. D'ailleurs, le sien est réformé. Il n’est plus que « mestre de camp à la suite », sous les ordres d’un simple gentilhomme. « Sa carrière militaire fut l'un des fruits les plus secs de l'immense armée française en ces années-là[28] »

Ses responsabilités militaires passent au second plan face à la charge de la duché-pairie, après la mort de son père Claude de Rouvroy de Saint-Simon en . En 1702, alors qu’il néglige son régiment pour la vie de Cour, Louis se voit dépassé pour une promotion par des officiers plus récents que lui dans leur grade. Parmi eux, le comte d’Ayen, futur duc de Noailles, qui est, sa vie durant, l’ennemi juré du duc (« Le serpent qui tenta Ève, qui renversa Adam par elle, et qui perdit le genre humain, est l’original dont le duc de Noailles est la copie la plus exacte et la plus fidèle »[réf. nécessaire], déclare ce dernier dans les Mémoires). Devant ce qu’il considère comme une injustice flagrante, Saint-Simon quitte l’armée prétextant des raisons de santé. Louis XIV lui tient longtemps rigueur de cette défection alors que Saint-Simon devient un courtisan assidu à Versailles[S 23].

Courtisan à Versailles[modifier | modifier le code]

Un observatoire à Versailles[modifier | modifier le code]

Outre son domaine de La Ferté, son père ayant acheté un hôtel particulier à Versailles, Saint-Simon noue des amitiés solides au sein de la Cour.

En 1702, il obtient un appartement pour lui et sa femme au château de Versailles : c’est l’ancien appartement du maréchal de Lorges, dans l’aile nord. En 1709, il perd son logement mais Pontchartrain lui en prête un autre, situé au deuxième étage de l’aile droite des ministres, puis en 1710, Saint-Simon — ou plutôt son épouse, nommée dame d’honneur de la duchesse de Berry — obtient un grand appartement, attribué auparavant à la duchesse Sforza et à la duchesse d'Antin[N 5].

Il dispose ainsi d'un appartement au château de Versailles jusqu'à sa mort, et le Régent lui mettra également à disposition le château de Meudon pendant quelques années. Il achète aussi un hôtel particulier à Paris où il mourra. Ces hôtels et hébergements permettent à Saint-Simon de participer très activement à la vie de la société de Cour, et d'observer sans cesse « les spectacle permanent de l'histoire générale et locale telle qu'elle est en train d'advenir[29] ». Il consignera ces observations dans ses Mémoires, sous forme de portraits, de confidences, d'entretiens, d'anecdotes et mots d'esprit, « bagatelles instructives », mais il observe aussi « le mécanique extérieur du journalier[S 25] ».

La carrière de courtisan[modifier | modifier le code]

Être dans les cabales pour exister à la cour
Le plaisant, c'est qu'au sortir de là, ces messieurs se crurent des personnages et Pompadour croyait avoir figuré [...] Mais Pompadour n'était de rien, et il voulait être au moins de quelque petite chose[S 26].
Saint-Simon, Légères notions.

A Versailles, Saint-Simon devenu à 18 ans duc et pair à la mort de son père, mène la vie d'un courtisan, participant aux intrigues et cabales [N 6],[N 7] qui animent la vie de la Cour [N 8], aux querelles de préséance, de rang, à la recherche de faveurs « bagatelles de vanité » : croix de Saint-Louis, justaucorps à brevet, grandes entrées[32], et bien sûr, le logement au château.

Croix de l’Ordre du Saint-Esprit

Il est témoin des grandes questions qui animent la cour (bulle Unigenitus, quiétisme, succession d'Espagne, place des bâtards, système de Law...), produit des textes politiques, qui restent parfois anonymes (Projet de gouvernement, mémoires...), multiplie les entretiens, pour diffuser ses idées pour l'organisation politique de la royauté. A la mort de Louis XIV, Saint-Simon se trouve ainsi en excellente posture pour participer au nouveau pouvoir, et il arrive enfin « aux affaires ». Il peut alors prendre sa part de responsabilité au sein du Conseil de régence, pour quelques limogeages et nominations, mais il refuse cependant systématiquement des postes plus importants que lui propose Philippe d'Orléans[32].

Caractère de Louis XIV
Ce fut un prince à qui on ne peut refuser beaucoup de bon, même de grand, en qui on ne peut méconnaître plus de petit et de mauvais, duquel il n’est pas possible de discerner ce qui était de lui ou emprunté, et dans l’un et dans l’autre rien de plus rare que des écrivains qui en aient été bien informés, rien de plus difficile à rencontrer que des gens qui l’aient connu par eux-mêmes et par expérience, et capables d’en écrire, en même temps assez maîtres d’eux-mêmes pour en parler sans haine ou sans flatterie, de n’en rien dire que dicté par la vérité nue en bien et en mal [...] Né avec un esprit au-dessous du médiocre [...][S 27]..
Mémoires de Saint-Simon, Caractère de Louis XIV.

Dans ses Mémoires, il déplore à tort ou à raison des périodes de disgrâce. Le Roy Ladurie attribue ces jérémiades à « une répétition des rengaines de solitude que lui serinait sa mère en son enfance au sujet de sa déréliction familiale en tant que tout jeune fils d'un père très vieux » et Saint-Simon rapporte en effet les efforts de sa mère pour « me rendre tel que je pusse réparer moi-même des vides aussi difficiles à surmonter[S 1] ». Il jouit cependant d'amitiés fortes et Louis XIV lui manifeste parfois estime et amitié. Les périodes de doute ne durent donc jamais, et « Mme de Saint-Simon, qui s'ennuie à la campagne, a vite fait de tirer gentiment les oreilles à son époux et de le faire revenir dare-dare à la Cour[33] », et on peut ainsi dire avec le duc « voilà quel trésor est une femme sensée et vertueuse ![S 28] »

Il est ainsi à la cour une sorte de personnage, et ayant acquis une certaine importance devient même, pendant la Régence, « la cible d'attaques et de chansons satiriques qui moquent en lui l'avorton, le boudrillon, le petit morpion, le bourgeois poltron » indice d'une percée, si médiocre soit-elle, sur la scène politique[32].

Activité politique[modifier | modifier le code]

Malgré une activité politique constante, par ses textes, son influence et les fonctions qu'il a occupées sous la Régence, Saint-Simon échoue à influer sur les décisions politiques, et son rôle peut paraître aujourd'hui limité en la matière. Dans ses Mémoires, il se dépeint en héros d'une mission impossible dans une cour corrompue[34].

Influence et combats[modifier | modifier le code]

Auprès du duc de Bourgogne[modifier | modifier le code]

En 1711, Monseigneur, fils de Louis XIV, meurt. Saint-Simon était partisan et ami de son fils, le duc de Bourgogne, désormais premier dans la ligne de succession. L'annonce de la mort du Grand Dauphin et le spectacle de son palais de Meudon, la nuit de sa mort, donnent une page célèbre des Mémoires[N 9]. L'attitude psychologique de Saint-Simon, en cette occasion, est remarquablement profonde[réf. nécessaire].

Mort du Dauphin
Mon premier mouvement fut de m'informer à plus d'une fois, de ne croire qu'à peine au spectacle et aux paroles, ensuite de craindre trop peu de cause pour tant d'alarme, enfin de retour sur moi-même par la considération de la misère commune à tous les hommes, et que moi-même je me trouverais un jour aux portes de la mort. La joie, néanmoins, perçait à travers les réflexions momentanées de religion et d'humanité par lesquelles j'essayais de me rappeler; ma délivrance particulière me semblait si grande et si inespérée, qu'il me semblait, avec une évidence encore plus parfaite que la vérité, que l'État gagnait tout en une telle perte. Parmi ces pensées, je sentais malgré moi un reste de crainte que le malade en réchappât, et j'en avais une extrême honte[S 29].
Mémoires de Saint-Simon

Le soutien public apporté par Saint-Simon envers le duc de Bourgogne l'avait mis jusqu'alors dans une situation difficile. Saint-Simon espère désormais accéder au pouvoir par son intermédiaire. Il accumule les projets de gouvernement, rédige de nombreux mémoires à l'intention du nouveau Dauphin. Il obtient de lui des audiences privées, où ils abordent tous les sujets. Si l'on en croit Saint-Simon, le futur roi approuve ses vues en tout.

Mais en 1712, le duc de Bourgogne meurt à son tour, en même temps que son épouse et leur fils aîné. Saint-Simon est brisé. À ce point des Mémoires, l'émotion lui fait seulement écrire : « Ces Mémoires ne sont pas fait pour y rendre compte de mes sentiments : en les lisant, on ne les sentira que trop, si jamais, longtemps après moi, ils paraissent[S 30]. »

Parallèlement, il continue à se quereller pour des questions de préséances et enrage contre les bâtards, le duc du Maine au premier chef, qui est admis dans la ligne de succession après l’édit de 1714 comprenant les bâtards parmi les « fils légitimés de France ».

Les textes et les entretiens[modifier | modifier le code]

En chantier (Moment, sujets traités, diffusion...)

La lutte contre les monstres[modifier | modifier le code]

Saint-Simon nomme quatre personnages les « monstres » : le duc de Noailles, le duc du Maine, Pontchartrain et l'abbé Dubois[35] qu'il fait profession de haïr et combat. Il paraît impuissant contre Dubois, évince Pontchartrain, triomphe contre le duc de Noailles et le duc du Maine.

En chantier (Quelques lignes sur les enjeux de ces antagonismes selon les historiens)

Fonctions politiques[modifier | modifier le code]

Conseil de régence[modifier | modifier le code]

En , Louis XIV s’éteint. Le duc d’Orléans, ami d’enfance de Saint-Simon, devient régent. Pour Saint-Simon, c’est le moment de tenter d'imposer ses théories politiques. Membre du conseil de Régence, il est au sommet de l'État, et à l’origine du système de la polysynodie instituant, à la place des ministères, des conseils où domine l’aristocratie. À ses yeux, ce rôle est le seul digne d’un pair de France, conseiller du roi par sa naissance, mais non fonctionnaire même de haut vol.

Il se considère incompétent en matière de finances, juge plus prudent de se tenir éloigné de ces questions difficiles dans le contexte budgétaire de la Régence, et refuse la présidence du conseil des Finances qu’il confie même à un de ses ennemis jurés, le duc de Noailles. Il s'implique davantage dans la politique étrangère mais Emmanuel Le Roy Ladurie estime qu'il n'a « à peu près rien compris à l'intelligente diplomatie de Dubois[36] ».

Il participe à l’éviction des bâtards de l'ordre de succession. Il fait retirer au duc du Maine la charge de l'éducation du roi, et le « réduit » au-dessous du rang de princes du sang qu'il avait acquis, lors du « lit de justice » du .

Peu apte aux manœuvres politiques, il est de plus en plus supplanté par le cardinal Dubois, ancien précepteur du Régent et futur Premier ministre. Philippe d’Orléans lui conserve son amitié et lui prête même en 1719 le château de Meudon, honneur considérable, suivi de plusieurs propositions de postes que Saint-Simon refuse sous des prétextes divers.

Le Régent meurt en 1723, et, paraphrasant Saint-Simon lui-même, « le Régent mort fut son dernier coup de foudre, qui retrancha jusqu'à l'espérance et à ce vain amusement de la cour, laquelle disparut entièrement. »[N 10]

En chantier (Mort du Régent - Conséquences...)

Ambassade en Espagne[modifier | modifier le code]

En 1706, son nom avait été proposé pour le poste d'ambassadeur à Rome, en remplacement du cardinal de Janson. Mais au dernier moment, une promotion de cardinaux ayant été faite, Louis XIV avait décidé d’envoyer plutôt le tout nouveau cardinal de La Trémoille.

En 1721, il accepte l’ambassade extraordinaire en Espagne, pays qu’il admire beaucoup, dans le but de marier Louis XV à une infante d’Espagne, mais cet épisode doré qui le voit revenir grand d’Espagne est son chant du cygne.

En chantier (Origine de cette ambassade - Son rôle - Ce qu'il en retire...)

Désengagement[modifier | modifier le code]

« un grand loisir qui tout à coup succède à des occupations continuelles de tous les divers temps de la vie, forme un grand vide qui n'est pas aisé ni à supporter ni à remplir[S 31] »

— Saint-Simon, Préambule aux Maisons d'Albret, d'Armagnac et de Châtillon

En 1722, quand il rentre de son ambassade d'Espagne, Dubois est nommé Premier ministre. En 1723, la mort du Régent fait perdre à Saint-Simon tout accès au pouvoir et, en le privant de son dernier ami, l’éloigne définitivement de la Cour où le cardinal Fleury lui fait comprendre qu'il n'a plus sa place[37]. Il se retire alors et partage son temps entre son château de La Ferté-Vidame, où il mène une vie de gentilhomme campagnard, en restant à vingt-quatre lieues seulement de Versailles, et son hôtel particulier à Paris, au no 218 du boulevard Saint-Germain. Cette proximité relative lui permet d'apparaître chaque année deux ou trois fois à la cour, car Louis XV pouvait, comme Louis XIV, se trouver « le plus choqué que de ne voir plus les gens retirés, qui avaient un nom ou qui avaient été de sa cour, ou qui avaient été connus de lui[S 32] ».

Sa famille[modifier | modifier le code]

En chantier (Sa femme - Ses enfants - Son action pour les établir...)

Sa fille Charlotte est née contrefaite, il l'a mariée au comte de Bossut[S 33], le mariage restera blanc et Charlotte sera toute sa vie à la charge de ses parents. Ses fils Jacques-Louis et Armand sont encore plus petits que leur père, à tel point que l’on les surnomme les « bassets ». Ils sont une des grandes peines de Saint-Simon. Il semble[réf. nécessaire] que ses fils, aussi peu reluisants intellectuellement que physiquement, n’ont pas même hérité de son honnêteté. Saint-Simon, qui en était douloureusement conscient, n’évoque qu’à peine ses enfants dans ses Mémoires, lorsqu'il obtient pour eux le collier de la Toison d'or et la grandesse d'Espagne, et lorsque sa fille devient princesse de Chimay.

Sa petite-fille Marie-Christine, dite « Mademoiselle de Ruffec », devient comtesse de Valentinois par son mariage avec Charles-Maurice de Monaco, membre de la maison de Grimaldi.

La mort de son épouse probablement de la grippe, intervient en 1743. Il fait redécorer son appartement en son honneur, son cabinet de travail tendu de noir, son lit de gris (couleur de cendres) et porte le deuil un an[38]. Par testament, il ordonne ensuite que leurs deux cercueils soient scellés dans le caveau familial[39]. Les morts successives de ses fils (Jacques-Louis en 1746, et Armand en 1754) le désolent encore, le laissant désemparé, sans descendance.

Une retraite active[modifier | modifier le code]

En chantier (Activité littéraire - Activité de châtelain - activité publique...)

Il se consacre à la rédaction de traités historico-généalogiques, les Notes sur les duchés et paieries, « poussières d'histoire […] réduite en panneau et inachevée[40] » qui préfigurent les Mémoires en particulier par la Note sur la Maison de Saint-Simon : « Ces courtes notes […] se proposent […] uniquement de faire connaître les personnes et de curieuses miettes échappées[S 34] ». Il rédige des mémoires politiques et tient une correspondance avec les membres du gouvernement et de la Cour.

Il lit le Journal de Dangeau et, à partir de 1739, il rassemble ses notes et s’attelle à la rédaction proprement dite de ses Mémoires dans lesquels il évoque pas moins de 7 854 personnages. Il achève leur rédaction en 1749, les faisant s’arrêter à la mort du Régent, en 1723. Il reçoit encore des visiteurs importants, dont le philosophe Montesquieu, qui trouve la conversation de l'ancien duc et pair « enchanteresse[41] ».

Il est véritablement soucieux des conditions de vie de ses paysans[N 11], et de gérer ses domaines. Il « le duc va mener sur ses terres la vie féconde et utile d'un gentilhomme modernisateur, épris de mise en valeur de ses terres agricoles et soucieux du bien-être de « ses » paysans [...] jusqu'à se devenir sur le tard maître de forges[42] ».

Adieu au siècle[modifier | modifier le code]

« Je veux que de quelque lieu que je meure, mon corps soit apporté et inhumé dans la caveau de l'église paroissiale dudit lieu de La Ferté, auprès de celui de ma très chère épouse, et qu'il soit fait et mis anneaux, crochets et liens de fer, qui attachent nos deux cercueils si étroitement ensemble et si bien rivés, qu'il soit impossible de les séparer l'un de l'autre sans les briser tous deux[S 36] »

— Saint-Simon, testament

Il perd toute influence politique, et ressent ainsi comme une humiliation de n'avoir pas reçu de réponse après quatre ou cinq lettres : « je n'ai point encore éprouvé de Premier ministre dont je n'aie eu réponse sur le champ[S 37] ». Il ressent douloureusement la vanité de ses efforts politiques, de ses rêves impérieux, de ses haines. « Le renoncement à l'espoir [...], l'échec de ses projets et de son existence même, malgré la survie et l'immortalité qu'il est en droit d'attendre de ses travaux [...] ne laissent pas de nous le rendre, malgré d'infinies distances, finalement fraternel[43]. »

Épuisé, il meurt en 1755 âgé de 80 ans. Par sa densité pathétique, son testament olographe[S 36], en date du 26 juin 1754, est révélateur de son état d'esprit[N 12].

Idées morales et politiques[modifier | modifier le code]

Emmanuel Le Roy Ladurie propose d'organiser l'idéologie que Saint-Simon développe informellement et la réalité qu'il présente dans l'ensemble de son œuvre, autour de six « piliers[44] » :

L'organisation des rangs et des statuts[modifier | modifier le code]

Pour Saint-Simon, l'ensemble de la société est hiérarchisé[N 13], chaque individu est caractérisé par son rang, son mérite, sa naissance. Cette hiérarchisation commence par la partition entre les trois états (clergé, noblesse et Tiers). La cour est organisée avec à sa tête la famille royale, les fils et petits-fils de France, puis les princes du sang et les bâtards, ensuite seulement les ducs, puis enfin les « gens de qualité » (la noblesse). Chaque catégorie est organisée, les rangs sont numérotés et Saint-Simon occupe la treizième place parmi les ducs et pairs. Sous Louis XIV la noblesse de cour meurt encore souvent aux frontières, malgré une tendance à l'acculturation des nobles comme guerriers, sous l'influence de la civilisation des mœurs que décrit Norbert Elias, et Saint-Simon accorde une valeur importante à la valeur militaire, contribuant au mérite et à la hiérarchie. La naissance constitue cependant pour lui « un mérite transcendant[S 38] », particulièrement lorsque le maréchal de Luxembourg se crut assez fort, en raison de ses succès militaires, pour se porter du dix-huitième rang au deuxième, ce qui aurait fait reculer d'un rang Saint-Simon lui-même.

Courtes et pressantes considérations sur la noblesse
Quand on [les ducs] demandait à ces messieurs [huit représentants de la noblesse] en quel pays civilisé des quatre parties du monde il n'y avait point de grands avec des rangs distinctifs de quiconque ne l'était pas, quand on leur demandait la date de leur commencement partout, sous quelque nom qu'ils fussent connus dans tous les âges, quand on leur proposait d'expliquer ce que deviendrait en les abolissant l'ambition et l'émulation, le service de l'État, le pouvoir des rois et l'utilité des grandes récompenses, quand on les pressait sur la possibilité des préférences par naissance parmi la noblesse sans dignité [...] nulle réponse : les uns muets et honteux, les autres furieux, balbutiant de rage, et ne disant pas quatre mots suivis. [S 39].
Saint-Simon - Mémoires

Les symboles permettent aux rangs plus élevés de se distinguer des rangs inférieurs, la cour est ainsi un cérémonial et un festival d'abstractions[N 14], et « Saint-Simon - qui a le compas dans l’œil - tend à penser qu'un manque de respect pour les symboles peut entraîner des conséquences énormes[46] » : il relève toute dérive qui modifierait la hiérarchie parmi les ducs et pairs. Il combat surtout pour maintenir la place de cette classe au sein de la cour, contestée en dessous par la noblesse malgré « la disproportion de naissance », et, au-dessus, par l'usurpation par les bâtards de leur rang de princes du sang.

Louis XIV a exclu de son conseil les princes et les ducs, et a choisi des ministres qui, situés très en dessous des grands seigneurs, cherchent à acquérir un statut comparable. Saint-Simon relève, pour s'en plaindre, la discordance entre l'échelle statutaire des rangs, marquée par les symboles, et d'autre part le pouvoir réel. Ce fossé se comble partiellement sous Louis XV, mais Saint-Simon reste exclu des charges de gouvernement.

La distance entre le sommet de la cour et la masse roturière est considérable. Saint-Simon fait preuve à cet égard de différentes attitudes. Il peut adopter une attitude protectrice ou déplorer sincèrement la misère du peuple. Mais il affiche son mépris pour « la lie du peuple » lorsque des individus issus d'un bas niveau social occupent des emplois élevés.

La référence au sacré[modifier | modifier le code]

En chantier (Voir Le Roy Ladurie - Y. Coirault...')

Protéger les cimes du sommet social[modifier | modifier le code]

En chantier (Voir Le Roy Ladurie - Y. Coirault...')

La politique par les cabales[modifier | modifier le code]

En chantier (Voir Le Roy Ladurie - Y. Coirault...')

La mobilité sociale[modifier | modifier le code]

En chantier (Voir Le Roy Ladurie - Y. Coirault...')

L'évasion hors du système[modifier | modifier le code]

En chantier (Voir Le Roy Ladurie - Y. Coirault...')

Œuvre[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

En chantier (1 à 3 lignes sur chaque ouvrage ou fragment pour le situer dans la vie et dans l'ensemble de l’œuvre de Saint-Simon)

  • Obsèques de la Dauphine-Bavière
  • Traités politiques
    • Projets de rétablissement du royaume de France
    • Vues sur l'avenir de la France
    • Projets de gouvernement
    • Textes à l'usage du duc d'Orléans
    • En chantier (Sélection des principaux textes de la Pléiade)
  • Lettre anonyme au Roi
A la mort du duc de Bourgogne, son désespoir lui inspire cependant un mouvement de révolte envers le roi, dont le règne « pour soi tout seul » dure depuis si longtemps. Il se lance dans l’écriture d'une lettre anonyme d'une hauteur de vues si vertigineuse, et d'une puissance d'expression si forte et ininterrompue que la lecture en est édifiante[réf. nécessaire]. Il n'est pas certain que Louis XIV l'ait lue, mais la situation de Saint-Simon à Versailles devient précaire (lui-même parle de son « peu de sécurité » à la cour). Il n'intègre pas cette lettre dans les Mémoires.
  • Additions au journal de Dangeau
  • Histoire généalogique
« une chose si utile et si curieuse, que l'étendue de ce qu'elle comprend étend en même temps les vues et la curiosité, et fait désirer à tout ce qui a quelque goût en ce genre qu'elle soit poussée jusqu'où elle peut s'étendre sans prétendre à l'immensité[S 40]. »
    • Préambule
    • Notes sur tous les duchés-pairies
    • Note sur la Maison de Saint-Simon
    • Autres Notes
    • Brouillons des projets sur les Maisons de Lorraine, de Rohan et de La Tour
  • Mémoires
En 1699, préoccupé par l’ampleur que prennent ses Mémoires dont son premier projet avait été condamné à ce qu’ils soient brûlés à sa mort, il consulte Rancé pour savoir quelle règle adopter « vous supplier (...) de me vouloir prescrire une règle pour dire toujours la vérité sans blesser ma conscience, et pour me donner de salutaires conseils sur la manière que j'aurai à tenir en écrivant des choses qui me touchent particulièrement et plus sensiblement que les autres[S 41] ». L'abbé de Rancé ne l’incite sans doute pas à continuer un journal, mais plutôt à collecter des documents sans donner libre cours à ses émotions sur le papier, signe d’orgueil envers Dieu. Il est alors possible qu’à partir de cette date Saint-Simon constitue des dossiers documentaires, complétés de notes personnelles. Ces dossiers auxquels il ajoute les anecdotes dont il se souvient sont la base des Mémoires rédigés quarante ans après.
  • Correspondance
  • Adieu au siècle

Style et procédés narratifs[modifier | modifier le code]

En chantier (ouvrages de van Helden et de de Garidel)

Postérité littéraire[modifier | modifier le code]

Témoignages[modifier | modifier le code]

Madame du Deffand - première connaissance, partielle, des Mémoires (lettre du à Horace Walpole) :

« Les Mémoires de Saint-Simon m'amusent toujours, et comme j'aime lire en compagnie, cette lecture durera longtemps. Elle vous amuserait, quoique le style en soit abominable, les portraits mal faits ; l'auteur n'étant point un homme d'esprit ; mais comme il était au fait de tout, les choses qu'il raconte sont curieuses et intéressantes ; je voudrais fort pouvoir vous procurer cette lecture[47]. »

Chateaubriand :

« Mirabeau tenait de son père et de son oncle qui, comme Saint-Simon, écrivaient à la diable des pages immortelles[48]. »

Michelet :

« Contre un Dangeau et autres, on se défend sans peine. Mais qu'il est difficile de marcher droit quand on a près de soi le maître impérieux qui vous tire à droite et à gauche, qui donne tout ensemble à l'histoire le secours et l'obstacle, son guide, son tyran, Saint-Simon... J'en sais le fort, le faible. S'il a écrit longtemps après, c'est sur des notes qu'il faisait le jour même. Il veut être vrai, il veut être juste. Et souvent, par un noble effort, il l'est contre sa passion[49]. »


De grands écrivains français ont été profondément influencés par l'œuvre de Saint-Simon, dont Balzac, Stendhal et Proust.

Stendhal

« Mon seul plaisir était Shakespeare et les Mémoires de Saint-Simon, alors en sept volumes, que j'achetai plus tard en douze volumes, avec les caractères de Baskerville, passion qui a duré comme celle des épinards au physique…[50]. »

Stendhal a pu connaître les Mémoires par les publications d’extraits réalisées entre 1781 et 1819, avant que les héritiers ne rentrent en possession des manuscrits à cette date et n’autorisent une première publication en 1829, complète mais très perfectible. Fasciné par les Mémoires, il leur emprunte de nombreux procédés littéraires « modernes » qu’utilise le duc en dépit de sa réputation d’archaïsme, en particulier la description subjective, qui consiste à décrire une scène uniquement à travers les détails qu’en perçoit un personnage. Dans La Chartreuse de Parme de Stendhal, les descriptions des intrigues de cour et les portraits de nombreux personnages secondaires sont ouvertement inspirés de Saint-Simon, qui est d’ailleurs cité parfois sans retouches.

Marcel Proust

Proust a été un admirateur fervent du mémorialiste, dont il a d’ailleurs fait un long et savoureux pastiche (Pastiches et mélanges, 1919). L’évocation dans À la recherche du temps perdu des salons aristocratiques du début du XXe siècle doit autant aux souvenirs mondains de Proust lui-même qu’aux scènes de la cour de Louis XIV qu’il avait lues dans Saint-Simon, très souvent cité dans le roman, notamment lors des passages où apparaît le personnage haut en couleurs du baron de Charlus. Proust a aussi cherché à recréer dans ces passages une certaine manière de parler que Saint-Simon appelait, mais sans donner d’exemples, l’« esprit Mortemart », du nom d’une grande famille noble à laquelle appartenait la marquise de Montespan : « […] une éloquence naturelle, une justesse d’expression, une singularité dans le choix des termes qui coulait de source et qui surprenait toujours, avec ce tour particulier à Mme de Montespan et à ses sœurs, et qui n’a passé qu’aux personnes de sa familiarité ou qu’elle avait élevées[S 42]. » Proust chercha à illustrer cet esprit à travers son personnage de la duchesse de Guermantes, sans d’ailleurs être pleinement satisfait du résultat. Mais de manière plus profonde, Proust a été fasciné par la réussite du projet littéraire de Saint-Simon, qui ressuscite par l’écriture un monde disparu depuis trente ans : comme le duc-mémorialiste, le narrateur de la Recherche comprend sur le tard que les déceptions de la vie et la certitude de la mort peuvent être transcendées par la littérature.

Hommages[modifier | modifier le code]

Un prix littéraire Saint-Simon a été créé. Il fut fondé à l'occasion du tricentenaire de la naissance du duc de Saint-Simon (1675-1755) sous les auspices de la ville de La Ferté-Vidame, résidence d'élection de l'écrivain, du conseil général d'Eure et Loir et de l'association des amis de La Ferté-Vidame, avec la participation initiale de la société Saint-Simon[51].

  • Théâtre

Dans l'Impromptu du Palais-Royal (1962), Jean Cocteau met en présence Louis XIV, Molière et le duc de Saint-Simon, suivant le modèle des Dialogue des morts de Fontenelle et sur un canevas qu'Yves Coirault propose de prolonger. « Libre à chacun des lecteurs d'imaginer quelque autre dialogue des morts : Fontenelle, Montesquieu, Voltaire, Rousseau auraient plus que deux mots à dire au duc et pair[52] ».

  • Cinéma

Dans son adaptation du roman de Ray Bradbury, Fahrenheit 451 (1966), François Truffaut fait réciter les premières phrases des Mémoires par un personnage secondaire, dans la séquence de conclusion et les derniers plans du film.

Absent du film historique de Bertrand Tavernier Que la fête commence (1975) avec Philippe Noiret dans le rôle du régent Philippe d'Orléans et Jean Rochefort dans celui de l'abbé Dubois, Saint-Simon est cité pour un mot de raillerie à propos du passé de ce dernier, qui convient que le fait est « parfaitement vrai ».

  • Monuments
Plaque commémorant la rédaction des Mémoires de Saint-Simon, au no 17 de la rue du Cherche-Midi, à Paris 6e.

Une rue a été nommée en l'honneur de Saint-Simon, à Paris 7e, non loin de son lieu de naissance.

Une statue du duc et pair par Pierre Hébert, réalisée vers 1853, orne la façade du palais du Louvre à Paris. Une autre par Jean-Louis-Adolphe Eude orne la façade de l'hôtel de ville de Paris.

En décembre 1975, le Conseil de Paris ordonne l'apposition de plaques commémoratives sur les deux domiciles de Saint-Simon subsistant dans la capitale[53].

  • Numismatique et philatélie

En 1955, la république française rend hommage au duc de Saint-Simon par un timbre postal à son effigie, à l'occasion du bicentenaire de sa mort. Le , c'est au tour de Monaco d'émettre un timbre à l'effigie du mémorialiste, commémorant le tricentenaire de sa naissance[54]. Cette même année voit l'émission par la Monnaie de Paris de la médaille du tricentenaire Saint-Simon, réalisée par le médailleur Jacques Devigne[53].

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres de Saint-Simon[modifier | modifier le code]

Mémoires[modifier | modifier le code]

La première édition intégrale conforme au manuscrit original, réalisée par Adolphe Chéruel en 1856, est disponible en ligne. L'édition Carrefour du Net est la version imprimée la plus économique du texte intégral. L'édition courante est celle réalisée par Yves Coirault, en huit volumes, pour la bibliothèque de la Pléiade des Éditions Gallimard :

  1. Saint-Simon, Mémoires (1691-1701), Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade » (no 69),‎ , 1664 p. (ISBN 2-07-010958-5)
    • Yves Coirault, Introduction générale, p. I-LXXI
    • Yves Coirault, Chronologie sommaire, p. LXXXI-XCVI
    • Yves Coirault, Les résidences de Saint-Simon, p. XCIX-C
    • Yves Coirault, Note sur l'édition, p. CI-CVI
    • Saint-Simon, Additions au Journal de Dangeau, p. 929-1156
    • Yves Coirault, Notes et variantes, p. 1159-1642
  2. Saint-Simon, Mémoires (1701-1707), Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade » (no 77),‎ , 1706 p. (ISBN 2-07-011001-X)
    • Saint-Simon, Additions au Journal de Dangeau, p. 1001-1173
    • Yves Coirault, Notes et variantes, p. 1182-1683
  3. Saint-Simon, Mémoires (1707-1710), Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade » (no 84),‎ , 1650 p. (ISBN 2-07-011010-9)
    • Saint-Simon, Additions au Journal de Dangeau, p. 1045-1150
    • Yves Coirault, Notes et variantes, p. 1155-1631
  4. Saint-Simon, Mémoires (1711-1714), Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade » (no 95),‎ , 1546 p. (ISBN 2-07-011011-7)
    • Saint-Simon, Additions au Journal de Dangeau, p. 921-1050
    • Yves Coirault, Notes et variantes, p. 1053-1524
  5. Saint-Simon, Mémoires (1714-1716), Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade » (no 110),‎ , 1724 p. (ISBN 2-07-011012-5)
    • Saint-Simon, Additions au Journal de Dangeau, p. 911-1114
    • Yves Coirault, Notes et variantes, p. 1121-1704
  6. Saint-Simon, Mémoires (1716-1718), Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade » (no 130),‎ , 1488 p. (ISBN 2-07-011013-3)
    • Saint-Simon, Additions au Journal de Dangeau, p. 885-992
    • Yves Coirault, Notes et variantes, p. 995-1460
  7. Saint-Simon, Mémoires (1718-1721), Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade » (no 150),‎ , 1636 p. (ISBN 2-07-011014-1)
    • Saint-Simon, Additions au Journal de Dangeau, p. 865-974
    • Yves Coirault, Notes et variantes, p. 977-1609
    • Yves Coirault, Le lit de justice (26 août 1718), p. 1609-1611
  8. Saint-Simon, Mémoires (1721-1723), Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade » (no 350),‎ , 1884 p. (ISBN 2-07-011015-X)
    • Saint-Simon, Additions au Journal de Dangeau, p. 667-709
    • Yves Coirault, Notes et variantes, p. 713-1099

Autres textes[modifier | modifier le code]

  • Saint-Simon, Traités politiques et autres écrits, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade » (no 431),‎ , 1856 p. (ISBN 2-07-011370-1)
    • Yves Coirault, Introduction, p. IX-XXXII
    • Saint-Simon, Préambule aux Maisons d'Albret, d'Armagnac et de Châtillon
    • Saint-Simon, Légères notions des commandeurs, chevaliers et grands officiers de l'ordre du Saint-Esprit
    • Yves Coirault, Notes, p. 1531-1791
  • Saint-Simon, Mémoires (extraits) et œuvres diverses, Paris, Gallimard, coll. « Folio classique »,‎ , 612 p. (ISBN 2-07-038644-9)
    • Yves Coirault, Préface, p. 7-13
    • Saint-Simon, Lettre anonyme au Roi (avril 1712), p. 343-391
    • Saint-Simon, Préambule aux maisons d'Albret, d'Armagnac et de Châtillon (1737), p. 432-433
    • Saint-Simon, Matériaux pour servir à un mémoire sur l'occurrence présente (août 1753), p. 438-439
    • Yves Coirault, Notes, p. 446-595
  • Saint-Simon, Les Siècles et les jours. Lettres (1693-1754) et Note « Saint-Simon » des Duchés-pairies, etc., Paris, Éditions Honoré Champion,‎ , 1064 p. (ISBN 978-2-7453-0251-9), textes réunis et commentés par Yves Coirault, préface d'Emmanuel Le Roy Ladurie
    • Emmanuel Le Roy Ladurie, Préface, p. VII-XVII
    • Yves Coirault, Introduction, p. 1-10 et 675-680
    • Saint-Simon, Lettres de Saint-Simon et Appendices I et II, p. 15-622
    • Saint-Simon, Lettre anonyme au Roi (avril 1712), p. 623-674
    • Saint-Simon, Note sur la Maison de Saint-Simon, p. 681-906
    • Saint-Simon, Notes sur tous les duchés-paieries (Extraits), p. 907-942
    • Saint-Simon, Obsèques de la Dauphine-Bavière, p. 943-962
    • Saint-Simon, Projet de continuation du Père Anselme, p. 963-968
    • Saint-Simon, Adieu au siècle, p. 969-970
  • Saint-Simon, Hiérarchie et mutations : Écrits sur le kaléidoscope social, Paris, Éditions Honoré Champion,‎ , 424 p. (ISBN 978-2-7453-0545-9), textes réunis et commentés par Yves Coirault.

Etudes et commentaires[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]
Littérature[modifier | modifier le code]

Monographies[modifier | modifier le code]

Articles et analyses[modifier | modifier le code]

Cahiers Saint-Simon[modifier | modifier le code]
  • Collectif, Cahiers Saint-Simon, Paris, Société Saint-Simon (no 1),‎ , 64 p.
    • Georges Poisson, Les premières connues de Saint-Simon. Une correspondance inédite avec l'abbé de Rancé, p. 5-14
  • Collectif, Cahiers Saint-Simon, Paris, Société Saint-Simon (no 2),‎ , 64 p.
    • André Lebois, Saint-Simon parmi nous, p. 3-10
    • Georges Poisson, Saint-Simon et le Bailli Claude, chronologie de leurs rapports, p. 11-18
    • Dirk Van der Cruysse, Le portrait peint dans la vie et les Mémoires de Saint-Simon, p. 41-46
  • Collectif, Cahiers Saint-Simon : Actes du Colloque International Saint-Simon et son temps, Paris, Société Saint-Simon (no 3),‎ , 112 p.
    • Jeanne-Lydie Goré, Saint-Simon et Montesquieu, p. 5-10
    • Robert Shackleton, Saint-Simon et Montesquieu, p. 21-25
    • René Pomeau, Saint-Simon et Voltaire, p. 27-31
    • Dirk Van der Cruysse, Saint-Simon, le jeu et les jeux, p. 39-48
    • Hélène Himmelfarb, De l'incipit des Mémoires et de quelques autres, p. 49-61
    • Corrado Rosso, Saint-Simon moraliste : un mysticisme de l'histoire, p. 63-68
    • Yves Coirault, Saint-Simon et Balthazar Gracian, p. 69-78
    • Jacques Tuffet, Saint-Simon et le style de son temps, p. 79-83
    • Itinéraire Saint-Simoniste à travers le faubourg Saint-Germain, p. 100-102
    • Robert Judrin, Hors du Colloque, la fausse Trappe, p. 103
    • Calendrier des manifestations du tricentenaire de Saint-Simon, p. 104-105
  • Collectif, Cahiers Saint-Simon, Paris, Société Saint-Simon (no 4),‎ , 88 p.
    • François Formel, Aperçus iconographiques, p. 5-6
    • Georges Dethan, De Fénelon à Saint-Simon : du vitriol pour les cardinaux-ministres, p. 7-11
    • Jean Dubu, Lorges, Racine et Saint-Simon, p. 33-38
    • François Formel, À madame la duchesse de Saint-Simon, p. 61-68
    • Appendice, La comtesse de Valentinois, p. 69
Études sur Saint-Simon[modifier | modifier le code]
  • Armand Baschet, Le duc de Saint-Simon, son cabinet et l'historique de ses manuscrits, Paris, Plon,‎ (1re éd. 1874), 520 p.
  • Christophe Blanquie, Les Masques épistolaires de Saint-Simon, Paris, Éditions Honoré Champion, coll. « Lumière Classique » (no 84),‎ , 248 p. (ISBN 978-2-745-31932-6)
  • Yves Coirault, L'optique de Saint-Simon : Essai sur les formes de son imagination et de sa sensibilité d'après les Mémoires, Saint-Just-la-Pendue, Armand Colin,‎ , 719 p.
  • Yves Coirault, Dans la forêt saint-simonienne, Paris, Universitas,‎ , 262 p. (ISBN 978-2-740-00009-0)
  • Jean-Michel Delacomptée, La Grandeur. Saint Simon, Paris, Gallimard, coll. « L'un et l'autre »,‎ , 240 p. (ISBN 978-2-070-12981-2)
  • Norbert Elias, La société de cour, Paris, Éditions Flammarion, coll. « Champs Essais »,‎ , 330 p. (ISBN 978-2-081-21802-4)
  • Delphine de Garidel, Poétique de Saint-Simon : Cours et détours du récit historique dans les Mémoires, Paris, Éditions Honoré Champion, coll. « XVIIIe siècle »,‎ , 656 p. (ISBN 978-2-745-31156-6)
  • Cécile Guilbert, Saint-Simon ou l'encre de la subversion, Paris, Gallimard, coll. « L'infini »,‎ , 169 p. (ISBN 978-2-070-73932-5)
  • Marc Hersant, Le discours de vérité dans les mémoires du duc de Saint-Simon, Paris, Éditions Honoré Champion,‎ , 930 p. (ISBN 978-2-745-31784-1)
  • Pierre Lafargue, Mélancolique hommage à Monsieur de Saint-Simon, Paris, William Blake & Co.,‎ , 30 p. (ISBN 978-2-905-81064-9)
  • Pierre Lafargue, Tombeau de Saint-Simon en la deuxième chapelle de mélancolie, Paris, Verticales,‎ , 93 p. (ISBN 978-2-843-35048-1)
  • Emmanuel Le Roy Ladurie et Jean-François Fitou, Saint-Simon ou le système de la Cour, Paris, Fayard,‎ , 636 p. (ISBN 978-2-213-59994-6)
  • François Raviez, Le Duc de Saint-Simon et l'écriture du mal : Une lecture démonologique des Mémoires, Paris, Éditions Honoré Champion,‎ , 576 p. (ISBN 2-745-30157-8)
  • Leo Spitzer (trad. Jules Brody), Approches textuelles des Mémoires de Saint-Simon, Paris, Gunter Narr Verlag,‎ , 108 p. (ISBN 978-3-878-08888-2)
  • Dirk Van der Cruysse, La Mort dans les Mémoires de Saint-Simon : Clio au jardin de Thanatos, Paris, Librairie A-G Nizet,‎ , 324 p. (ISBN 978-2-707-80517-1)
  • Dirk Van der Cruysse, Le Portrait dans les Mémoires du duc de Saint-Simon, fonctions, techniques et anthropologie, étude statistique et analytique, Paris, Librairie A-G Nizet,‎ , 446 p. (ISBN 978-2-707-80267-5)
  • D. J. H. Van Helden, Esprits fins et esprits géométriques dans les portraits de Saint-Simon : contributions à l'étude du vocabulaire et du style, La Haye, Martinus Nijhoff, coll. « Archives internationales d'histoire des idées »,‎

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « L'antiquité, la suite, les fiefs, les alliances, les emplois, au moins avec quelque durée dans les premiers temps connus, constituent une grandeur effective, et non des choses modernes, passagères[S 3]. »
  2. Par contraste,Saint-Simon évoque ainsi la généalogie du M. de Loménie, sieur de Versailles, secrétaire d'État : « Ces Loménie sont si peu de chose, qu'on n'en connaît rien avant le père du premier secrétaire d'État[S 4] »
  3. E. Le Roy Ladurie observe que « la hiérarchie se déchiffre au plus près dans les rites de deuil, non dénués de sacralité »[22]
  4. Dans les Mémoires, Saint-Simon se juge cependant bon serviteur du Roi, ayant « commandé avec application et réputation[S 23] »
  5. En 1746, Saint-Simon se bat encore pour conserver cet appartement, en mettant en avant qu'il est logé depuis quarante-quatre ans à Versailles. Le roi ne lui en laisse cependant que la moitié[S 24]
  6. cabale : mot employé pour qualifier un parti manifestement lié à des ambitions particulières, et secret (Arlette Jouanna, Le devoir de révolte - Noblesse française et gestation de l'État moderne, 1559-1661, Fayard, 1989, p. 384)
  7. Pour comprendre ce que pouvait représenter une cabale à la cour, on peut se référer à une représentation graphique de Le Roy Ladurie, où l'historien reporte les principaux participants à trois cabales, en figurant les différents liens qui les unissent (parenté, amitiés, ou secrets...)[30]
  8. Dans les Mémoires, il se pose comme celui qui fait agir les autres [...], metteur en scène, « cerveau » caché[31]
  9. Sainte-Beuve, dans un article du Constitutionnel (), repris dans ses Nouveaux Lundis (tome X), déclare que cette scène est « une œuvre unique, incomparable, qui n'a sa pareille en aucune littérature, un tableau comme il n'y en a pas un autre à citer dans les musées de l'histoire »
  10. Saint-Simon fait cette observation au sujet des Pompadour à la mort de Louis XIV[S 26].
  11. Il écrit ainsi, dans une lettre du à l'époque d'une famine à laquelle s'ajoute un nouvel impôt : « je suis ici [à La Ferté] parce que je ne puis être ailleurs. Il s'en faut bien qu'on mange à La Ferté du pain de pois tous les jours, ni son saoul quand on en mange, et d'y être témoin d'une misère terrible même à entendre et ne la pouvoir soulager. Il n'y a pas moyen[S 35]. »
  12. Appréciation de Y. Coirault, qui sélectionne des extraits de ce testament
  13. L'essentiel des idées présentées dans cette section sont issues du chapitre premier de l'ouvrage d'Emmanuel Le Roy Ladurie[45]
  14. E. Le Roy Ladurie cite ici Y. Coirault

Citations de Saint-Simon[modifier | modifier le code]

  1. a et b Mémoires, vol.I 1983, « 1691 », p. 19-20.
  2. Note sur la maison de Saint-Simon, Duché-Pairie de Saint-Simon, en Picardie, dans le Vermandois, érigé le 1er janvier 1635 pour Claude de Saint-Simon, p. 681.
  3. Mémoires, vol.III 1984, « Mort, aventure, caractère et singularités de la maréchale de La Meilleraye. Maison de Cossé », p. 794.
  4. Légères notions, « M. de Lémonie de Brienne, secrétaire d'État », p. 882.
  5. a, b et c Mémoires, vol.I 1983, « Où et comment ces Mémoires commencés », p. 20-21.
  6. Mémoires, vol.I 1983, p. 19.
  7. Note sur la Maison de Saint-Simon, p. 768.
  8. Mémoires, vol.I 1983, « Singulière retraite d'Aubigné, frère de Mme de Maintenon », p. 428.
  9. Mémoires, vol.VIII 1988, « Causes de prolixité sur le duc de Lauzun », p. 644-645.
  10. Mémoires, vol.VIII 1988, p. 662.
  11. Mémoires, vol.III 1984, p. 757.
  12. Mémoires, vol.III 1984, « Crayon de la cour », p. 521.
  13. Mémoires, vol.II 1983, p. 908.
  14. Mémoires, vol.V 1985, « Je veux me retirer de tout à la mort du Roi, et je me laisse raccrocher malgré moi par M. le duc d'Orléans. Conduite de ce prince à l'égard des ducs », p. 726.
  15. Mémoires, vol.IV 1985, « Cris et bruits contre M. le duc d'Orléans entretenus avec grand art et toujours », p. 464.
  16. Obsèques de la Dauphine-Bavière, p. 945.
  17. Obsèques de la Dauphine-Bavière, p. 953.
  18. Obsèques de la Dauphine-Bavière, p. 955.
  19. Note sur la Maison de Saint-Simon, p. 768-769.
  20. Adieu au siècle, p. 970.
  21. Mémoires de Saint-Simon sur wikisource.org
  22. Mémoires, vol.I 1983, « J'arrive à Paris, et j'achète un régiment de cavalerie », p. 106.
  23. a et b Mémoires, vol.I 1983, « Je quitte le service », p. 171-172.
  24. Lettres, « Au comte de Maurepas, La Ferté, et Au comte de Maurepas, La Ferté,  », p. 586-587.
  25. Mémoires, vol.VIII 1983, « Importance du mécanisme journalier », p. 258.
  26. a et b Légères notions, « Les Pompadour », p. 904.
  27. Mémoires, vol.V 1985, « Caractère de Louis XIV », p. 469.
  28. Mémoires, vol.III 1983, « Succès de mon audience », p. 709.
  29. Mémoires, vol.IV 1985, « Spectacle de Versailles », p. 67.
  30. Mémoires, vol.IV 1985, « Je veux tout quitter et me retirer du monde ; Mme de Saint-Simon m'en empêche sagement », p. 412.
  31. Préambule aux Maisons d'Albret, d'Armagnac et de Châtillon, p. 837.
  32. Légères notions, « François et Denis Bouthillier, évêques de Troyes », p. 914.
  33. Note sur la Maison de Saint-Simon, p. 901.
  34. Notes sur tous les duchés-pairies, Y. Coirault place en exergue de sa sélection cet extrait de la note Royan, p. 907.
  35. Lettres, « A Monsieur de Fréjus, Paris,  », p. 402.
  36. a et b Adieu au siècle, p. 969.
  37. Lettres, « Au duc de Saint-Aignan, A la Ferté, ce 27 octobre 1735 », p. 531.
  38. Mémoires, vol.V 1985, « Caractère du duc de Guiche », p. 656.
  39. Mémoires, vol.VI 1986, « Embarras de cette noblesse dans l'impossibilité de répondre sur l'absurdité de son projet », p. 252.
  40. Projet de continuation du P. Anselme, p. 964.
  41. Lettres, « À l'Abbé de Rancé », p. 24.
  42. Mémoires, vol.V 1985, « Caractère de Mme la duchesse d'Orléans », p. 251.

Études et commentaires[modifier | modifier le code]

  1. Coirault, Introduction générale, p. XVI.
  2. Coirault, Présentation de la Note sur la Maison de Saint-Simon, p. 681.
  3. Bastide 1953, p. 11.
  4. a et b Poisson 1969, p. 8.
  5. Itinéraire 1975, p. 100.
  6. Poisson 1969, p. 11.
  7. Poisson 1969, p. 13.
  8. Yves Coirault, Introduction à la Note, p. 680.
  9. a, b et c Coirault, Chronologie 1983, p. LXXXI.
  10. Poisson 1969, p. 6-7.
  11. Coirault, Chronologie 1983, p. LXXXIII.
  12. Coirault, notes I 1983, p. 1167.
  13. a et b Coirault, notes I 1983, p. 1168.
  14. Coirault, Chronologie 1983, p. LXXXII.
  15. a, b et c Bastide 1953, p. 12.
  16. Poisson 1969, p. 14.
  17. Bastide 1953, p. 29.
  18. Coirault, notes I 1983, p. 1382.
  19. a et b Bastide 1953, p. 84.
  20. Poisson 1969, p. 23.
  21. a et b Poisson 1969, p. 21.
  22. Le Roy Ladurie, La hiérarchie et les rangs, p. 56.
  23. a et b Bastide 1953, p. 56.
  24. Bastide 1953, p. 68.
  25. Bastide 1953, p. 69.
  26. Le Roy Ladurie, Introduction, p. 11.
  27. de Garidel, Le renoncement à la gloire des armes, p. 478.
  28. Le Roy Ladurie, Introduction, p. 16.
  29. Le Roy Ladurie, Introduction, p. 18.
  30. Le Roy Ladurie, Saint-Simon ou le système de la cour, Cabales, lignage, pouvoir, p. 195.
  31. de Garidel 2005, Saint-Simon, horloger de la cabale, p. 488.
  32. a, b et c Le Roy Ladurie, Introduction, p. 25-26.
  33. Le Roy Ladurie, Introduction, p. 23-24.
  34. de Garidel 2005, Saint-Simon, horloger de la cabale, p. 486 et 488.
  35. de Garidel 2005, La lutte contre les monstres, p. 479.
  36. Le Roy Ladurie, Conclusion, p. 508.
  37. Le Roy Ladurie, Préface, note 4.
  38. Yves Coirault, note 4 à la lettre 331. Y. Coirault souligne qu'un deuil de six mois seulement était considéré comme suffisant pour un veuvage, p. 570.
  39. Saint-Simon à la Ferté-Vidame.
  40. Introduction, Y. Coirault reprend ici une expression de Maupassant, p. 6.
  41. Decaux et Castelot 1981, p. 920.
  42. Le Roy Ladurie, Saint-Simon ou le système de la cour, Introduction, p. 32.
  43. Coirault, Note d'introduction, p. 969.
  44. Le Roy Ladurie, Préface.
  45. Le Roy Ladurie, Chapitre premier - La hiérarchie et les rangs.
  46. Le Roy Ladurie, La hiérarchie et les rangs, p. 48.
  47. Madame du Deffand 1864, p. 289-290.
  48. Chateaubriand 1850, p. 284.
  49. Michelet, Note 5 du tome XVI de l'histoire de France.
  50. Stendhal, Henri Brulard.
  51. Saint-Simon La Ferté Vidame.
  52. Coirault, Introduction 1996, p. XVII.
  53. a et b Calendrier 1975, p. 105.
  54. Calendrier 1975, p. 104.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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