Coutellerie de Moulins

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La coutellerie de Moulins a été, avec le travail du cuir et la faïence, l'une des activités artisanales qui a fait la richesse de Moulins (Allier) entre le XVIe siècle et la Révolution. Elle était tournée vers la coutellerie de luxe[1].

Origine et histoire[modifier | modifier le code]

La coutellerie semble être signalée pour la première fois en 1595, dans un document conservé aux archives municipales de Moulins : une demi-douzaine de couteaux de table, achetés par le maire à Jean de Tours pour être envoyés à Paris en présent pour les affaires de la ville[2].

La coutellerie de Moulins ne semble pas remonter au-delà du XVIe siècle. Nicolas de Nicolay, géographe du roi Charles IX, n’en fait pas mention dans sa description de Moulins[3].

La coutellerie de Moulins est citée plusieurs fois :

  • 1606 : dans les comptes de maître Pierre Sevyn, receveur de la ville, on trouve cette mention : « Payé à Jean Guyot, 6 livres sur la plus grande somme, dû à lui pour avoir fait une « espée » présentée à Monseigneur le Dauphin. »
  • 1637 : dans le mémoire de M. de Séraucourt (ou Séraincourt[4]), intendant de la généralité de Bourges, l'importante route de Paris à Lyon et d'Auvergne à Paris par Moulins est « une source pour les ouvriers de cette ville ». On peut lire également : « Ce qui fait valoir le commerce de la coutellerie de laquelle les ouvriers de Moulins excellent, et de l'émail dont il y a de bons ouvriers à Bourbon, Moulins, Nevers ; car chaque étranger a coutume d'emporter de ces sortes d'ouvrages pour en faire présent à sa famille ou à ses amis ». Par "émail", M. de Séraucourt fait référence aux petites statuettes d’émail de verre colorié.
  • Début du XVIIe siècle : un voyageur hollandais, Zinzerling, signale l'excellente qualité de la coutellerie de Moulins: "dans le faubourg, et principalement dans celui des Carmes, réside un grand nombre de couteliers qui fabriquent des couteaux et des rasoirs d'excellente qualité. Aussitôt que les voyageurs étrangers sont descendus dans une auberge, ils sont assiégés par les femmes de ces couteliers qui viennent leur offrir leurs marchandises et les pressent de leur acheter quelques objets de leur fabrique"[5].
  • Vers 1660-1661 : dans le Journal d'un gentilhomme français en France et en Italie, l'auteur parle des artisans moulinois « qui travaillent merveilleusement bien en couteaux, ciseaux, et autres ouvrages qui font admirer leur industrie »[6]. Autre citation dans le même ouvrage : « A vostre arrivée, ils vous exposent leurs marchandises et pour vous inviter à les acheter, il n’est point besoin qu’ils employent leur éloquence ; mais seulement de vous les faire para|année=1885istre devant les yeux qui sont d’autant plus belles qu’ils ont l’eau pour les tremper et beaucoup d’adresse pour les perfectionner »[7].
  • 1665 : dans son mémoire sur la situation de la généralité de Moulins, M. de Pommereu, intendant de la généralité de Moulins, parle du commerce de la coutellerie : "Le menu peuple a son commerce de couteaux et de ciseaux"[8].

Selon Camille Grégoire, plusieurs autres ouvrages géographiques, commerciaux et administratifs contiennent des articles et des notes sur la qualité de la coutellerie[9]. Il est à signaler qu'André de Chesne en parle dans ses recherches sur les antiquités des villes et de châteaux en 1729.

  • 1762 : dans le Dictionnaire de l'Académie française, au mot couteau, il est mentionné dans les différents types liés à leur origine : « Couteau de Paris, de Chatellerault, de Moulins[10] », et au mot coutellerie : « Il se fait beaucoup de coutellerie à Moulins[10] ».

Les principaux ateliers[modifier | modifier le code]

Nombre[modifier | modifier le code]

Noms des couteliers avec la date de réception comme maître et le poinçon choisi par ces derniers :

Maître coutelier
Date de réception comme maître
Marque
P. Aloncle fils 1767 J. couronné
Jean Augrand 1721 Une larme (marque de son oncle L. Colas)
Denis Bataille 1748 La grenade
J. Bernard fils 1722 La masse d'armes (la massue)
Jean Bernard 1753 Le lion couronné
Rémy Bernard fils 1722 Jésus
A. Binville fils 1722 Le casque couronné
Étienne Boiron 1770 Les lettres E et B surmontées d’une étoile
A. Borderieux 1777 Le soleil
J.-B. Borderieux 1777 Le bâton turc
Pierre Borderieux 1777 B. couronné
Brunat 1777 Le dauphin
Pierre Cagnon fils 1722 La coupe couronnée
L. Collas 1721 La clef
Marin Debanne 1777 Le chiffre 2 couronné (deux couronnes)
Gilbert Decamp 1755 Le verre couronné
A. Desmier fils 1722 Le canif
P. Desmier fils 1722 Le marteau d'or
J. Drapt fils 1722 Le pistolet
Pierre Gagnon 1722 La loupe couronnée
Imbert Gallier 1766 La corne d'abondance
A. Gilbert fils 1722 L’arc
Gilles Gilbert 1744 G. couronné
Gilles Gilbert fils 1722 La raquette (La baguette)
P. Gilbert fils 1722 O. couronné
N. Girier fils 1722 La croix d'évêque
Étienne Got 1777 D. couronné
F.-B. Grand 1787 Le croissant couronné
J.-P. Grand 1744 T. couronné
Jacques Grand 1748 J. G.
Hugues Hastier 1750 J. L. couronné
P. Hastier fils 1722 La pointe
Hattier 1777 L'aiguille
Jacques Hattier 1764 A. couronné
Ant. Ivelin (peut-être Guelin) fils 1733 C. Y.
Rémy Ivelin (peut-être Guelin) fils 1733 Le cygne
Gilles Gilbert Jules 1751 La crosse simple
Lamiral 1777 La grenade couronnée
A. M. Landois 1787 La fleur de lis couronnée
P. Lecrosnier 1767 Le dauphin couronné (marque de Brunat, son beau-père)
Claude Lesbfre 1777 L. couronné
J. Morand fils 1788 Une crosse
François Moretti aîné 1777 Le raisin
François Moretti fils 1777 Le trèfle simple couronné
Pierre Pelletier fils 1722 L'écharpe
J. Provost fils 1733 Le chiffre 2
Jacques Raillard 1765 P. couronné
P. Tenailler fils 1730 La burette
J.-B. Viallin 1766 S. couronné
L. Vigier (juré) 1724
Claude Vizier 1721 Une clef

Comme dans tous les centres de fabrication, la coutellerie moulinoise impose l’insculpation d’une marque sur les lames. Pour reconnaître la provenance des couteaux et des étuis, le maître doit avoir choisi sa marque, le jour de sa réception en tant que maître. Il doit la mettre sur tous les objets qu'il fabrique. Mais les registres de perception montrent une grande tolérance : beaucoup de maîtres ne prennent pas de marque[11].  

1696 : le commerce occupe 48 ouvriers dans la ville[12]. On en compte 52 en 1703, 58 en 1758, pour atteindre 59 en 1763, et ce chiffre revient à 58 en 1764.

Il y a 17 réceptions de maître-couteliers en 1722. Il y en a 12 en 1730. Puis ce nombre diminue pendant plusieurs années pour atteindre 9 réceptions en 1766. Mais ce chiffre revient à 18 en 1777[13].

Le 13 mars 1791 marque la suppression des communautés, mais le nombre de réceptions annuelles reste stationnaire.

Le déclin des clientèles est lié aux événements politiques liés à la Révolution et à la Terreur. Avec le déclin des clientèles des bains de Bourbon et de Vichy, disparaît une partie des acheteurs de la coutellerie moulinoise.

Les couteliers quittent leurs établis. Ceux d’entre eux qui ne partent pas pour l’armée prennent part à la défense de Paris en devenant ouvriers de la manufacture d’armes établie en 1792, dans le couvent des Bernardines. Ils ne fabriquent plus les petits couteaux enjolivés d’ornements, les ciseaux aux formes variées. Ils forgent des sabres et des baïonnettes et font des fusils.

Avec le Directoire, la circulation des voitures reprend à travers le Bourbonnais. Comme avant la Révolution, les femmes et les enfants des artisans tendent aux portières de diligences et des pataches, leurs paniers remplis de couteaux, de ciseaux, de canifs, de briquets, de tire-bouchons, etc.

En 1816, à l’exposition générale organisée au Louvre, pour les produits de l’industrie du royaume, la coutellerie moulinoise réapparaît. Tourreau, coutelier, place de Paris à Moulins, est félicité pour son envoi :

  • couteau à manche ébène et ivoire avec écussons-médaillons
  • un couteau à cinq pièces
  • des couteaux de dessert
  • un chef-d’œuvre : un couteau pour la chasse à douze pièces.

Tourreau entreprend, vers la fin de 1792, de fournir aux armées des caisses d’instruments de chirurgie, il en avait livré près de 200 au début du XIXe siècle.

De 1820 à 1826, la fabrication est active, en témoigne le service « Déjeuner » du coutelier Bailly.

L'annuaire de l'Allier recense un tiers d’ouvriers qu'en 1819.

1833 : on trouve huit ateliers à Moulins, dont les produits figurent dans différentes expositions de Paris et de province :

  • Garnier, place de Paris
  • Tourreau, place de Paris
  • Sionnet, place d’Allier
  • Bailly, rue des Carmes
  • Foucou, rue des Carmes
  • Morand, rue de Bourgogne
  • Decamps, place des Lices
  • Deffontis, rue Notre-Dame

1840 : durant l’exposition des Amis des Arts, à Moulins, leur authenticité de leur provenance est remise en question. Suite aux réclamations, une enquête est menée. Elle établit que les objets exposés proviennent bien de la coutellerie, que les lames et les ajustements ont été fabriqués à Moulins et que les exposants ont fait venir de Paris les viroles d’argent ou des parties en métal gravées ou estampées.

1851 : M. Tabourdeau envoie ses produits à l’Exposition Universelle de Londres[14].

La coutellerie ne reprend plus la tête du commerce local.

Quelques ateliers se maintiennent et vendent aux étrangers de passage, les produits de leur fabrication.

Le chemin de fer fait disparaître le service des voitures et enlève à la coutellerie moulinoise ses derniers clients au profit de Saint-Etienne et de Thiers tandis que la coutellerie de luxe reste l’apanage de Paris entraînant dans son sillage Nogent.

A cela s’ajoute la concurrence des grandes fabrications à bon marché qui envahissent les marchés du pays.

Peu à peu, le nombre de couteliers de Moulins diminue et les maisons survivantes annexent d’autres marchandises à leur spécialité.  

Règlementation[modifier | modifier le code]

Le Bourbonnais dépend pour les us et coutumes de vicomié de Paris.

Les renseignements se trouvent dans les registres : on y trouve les délibérations de la communauté et les réceptions des maîtres.

Les statuts de la communauté sont à peu de choses près ceux « des maisons couteliers, graveurs et doreurs sur faire de Paris ».

Selon Camille Grégoire, comme tous les règlements des corps de métiers de cette époque, le règlement des couteliers est une réunion de prescriptions absolument contraires à la liberté individuelles, au libre exercice du commerce. Il accorde la protection du monopole et la suppression de la concurrence.

En 1729, les maîtres couteliers se préoccupent surtout dans leur réunion des mesures à prendre pour mettre fin à des négligences de travail qui pouvaient, disaient-ils, « compromettre la renommée de leurs produits et de la réputation de la coutellerie de Moulins »[5].

Vers le milieu du XVIIIe siècle, un nouvel édit sur les communautés adjoint aux couteliers, les arquebusiers, les armuriers et les fourbisseurs.

D’après les règlements, pour tenir boutique, il faut :

  • vendre et travailler sur la voie publique
  • être reçu maître de la communauté de Moulins.

On était reçu maître si :

  • la personne appartenait à la religion « catholique, apostolique et romaine »,
  • la personne avait passé quatre années d’apprentissage. Au bout de cette période, la personne doit confectionner le chef-d’œuvre en présence de quatre maîtres jurés élus chaque année pour diriger la communauté.

Ces juges sont juges souverains de la valeur du travail. Ils admettent ou refusent le candidat – ils peuvent écarter un ouvrier, même habile, si ce dernier représente un concurrent dangereux.

Le compagnon aspirant à la maîtrise doit également faire face au paiement des droits afférents à sa réception : 700 livres, réduit à 400 livres par un édit de 1776. Un certain nombre de compagnons, pourtant très habiles, n’ont pu rassembler une telle somme.

Mais si les statuts sont durs pour celui qui désire entrer dans l’association, ces statuts se montrent très tolérants concernant la famille de ceux qui en font partie : fils, gendre de maître, veuve de maître sont exempts de l’apprentissage, et reçus simplement en déliant les cordons de la bourse.

Une fois acquis sont brevet de maître, son propriétaire reste étroitement soumis aux exigences de la communauté : limitations des heures de travail et des jours de repos, questions relative à la fabrication, à la vente, à l’embauche d’ouvriers et d’apprentis. La vente sur la voie publique est interdite les jours de fête. Il est interdit de prendre un compagnon non catholique ou qui, ayant déjà travaillé à Moulins, avait quitté la ville.

Autres exigences :

Le maître doit retirer de sa boutique ou de son atelier les marchandises jugées défectueuse par les maîtres jurés. S’il n’a pas la forge chez lui et s’il ne trouve chez un confrère complaisant, les outils nécessaires pour fabriquer, il lui est défendu de recourir à un autre corps de métier. Ces mesures visent à conserver la renommée de la coutellerie de Moulins.

Le règlement défend au maître d’envoyer sa femme et ses enfants à Villeneuve et à Varennes, offrir de la coutellerie aux voyageurs qui arrivent à Moulins.

Il lui est également interdit de charger sa femme, ses enfants, sa servante, « d’aller vendre aux logis des personnes de qualité, des marchands et des étrangers de passage à Moulins », de les envoyer à Bourbon, à Vichy et à Bourbon-Lancy avant l’ouverture et après la fermeture de la saison des bains.

Toute infraction est punie par une grosse amande de 30 à 50 livres au profit de l’hôpital de Moulins.

Si le maître achète des objets pour son atelier, en dehors de la ville, il doit les soumettre aux quatre maîtres jurés avant de les montrer à sa clientèle.

La coutellerie provenant des autres villes doit être examinée avec soin. Les quatre jurés peuvent les saisir.  

La boutique du maître n’est pas soumise au seul règlement de la communauté.

Elle ne doit pas empiétée sur les marchandises réservées à d’autres corps de métier. Le coutelier vend au détail des pierres à aiguiser, mais la vente en gros lui est interdite parce qu’elle appartient aux merciers-quincailliers.

Il lui est défendu de vendre ou de réparer poignards, dagues et épées car c’est l’affaire des armuriers-fourbisseurs.  

Les matériaux utilisés[modifier | modifier le code]

A Moulins, la coutellerie ne relevait pas d’une industrie utilitaire mais d’un artisanat de luxe. Le milieu du XVIIIème marque l’apogée de la coutellerie moulinoise.

Dans le Dictionnaire du commerce de Savary, on peut lire : « Vous reconnaîtrez l’article de Moulins à la largeur des plaques d’argent soudées à l’étain sur des garnitures de fer et cannelés presque au hasard, à des manches formés de plusieurs morceaux par économie, à sa légèreté d’ouvrage et à son ajustement bâclé »[15]

Différents couteaux sont réalisés :

  • des couteaux « à pompe » : couteau fermant à ressort dit « à pompe ». Le principe, très répandu, fonctionne avec une bascule ou encore dans le talon de la lame, un grand ressort et un petit ressort de renvoi ajusté à queue d’aronde sous le grand. Pour déverrouiller le couteau, il suffit d’appuyer sur le dos du grand ressort.
  • des couteaux à la berge : couteau à deux lames (généralement un en acier et l’autre et or ou en argent). Les ouvrages en or ou en argent de la coutellerie sont soumis à la jurande des orfèvres comme poids et contremarques Ces deux lames s’ouvrent sur le même talon mais de deux côtés différents et montées sur un même manche. Ce couteau peut faire penser à un papillon quand les deux lames sont ouvertes.
  • des couteaux à cabriolet : à l’intérieur du manche se trouve un ressort à crochet que l’on fait jouer en appuyant sur la rosette supérieure. L’extrémité de la lame est terminée par une encoche qui vient se crocheter dans le mécanisme du manche. Pour libérer la lame et en changer, il suffit d’appuyer sur la rosette supérieure.
  • des couteaux d’amis : ce sont deux couteaux assemblés entre eux par leur platine par un système de tenon et d’œillet. Ce système permet de partager son couteau avec son ami ou voisin de table en cas de besoin.
  • des couteau jumeaux : deux couteaux droits ou fermants sont réunis dans le même étui. Généralement, un couteau à lame d’acier pour manger les matières dures comme le pain, la viande, un couteau à lame d’or ou d’argent pour déguster les fruits ou les desserts.  

Les matériaux utilisés sont, pour les garnitures l’or, l’argent, l’acier et pour le manche: la nacre et l’ivoire.

Les couteliers moulinois semblent avoir prisé les matières composites de poudres agglomérées (corne, écaille, bois, marbre) qui, teintées (vert chiné rouge, bleu gris, marrons, rouges…) imite le bois, la pierre, le corail ou les laques orientales. Très en vogue dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, elles sont formées par moulage.

Notoriété[modifier | modifier le code]

Cadeaux[modifier | modifier le code]

Tout au long du XVIIe et du XVIIIe siècles, quelques grands de ce monde se sont vus offrir des couteaux et des ciseaux, à l’occasion d’une halte à Moulins. Pour le destinataire, ces couteaux devait être le signe d’un échantillon du commerce le plus remarquable de la cité.

  • 1601 : Le premier magistrat de Moulins emporte à Paris un lot de coutellerie pour les affaires de la ville. Ce cadeau se compose de « six estuits de cousteaux et ciseaux dorés et garnis et macques de perle ». Ils ont coûté 24 livres.
  • 1727 : pour le chevalier de Chouine représentant le comte de Charolet, au milieu de la liste des cadeaux, vin de Bourgogne, perdrix rouges et grises, un couteau d’écaille, garni d’argent, vingt livres ; une paire de ciseaux valant sept livre dix sous.
  • 1730 : pour l’arrivée de l’intendant de Vanolles, il fut offert à Mme l’intendante, des coffrets, des confitures et soixante-trois livres de coutellerie provenant de chez la veuve Papillot et une boîte pour mettre la coutellerie.
  • 1730 : des couteaux sont offerts au prince et à la princesse de Conti, de passage dans la capitale Bourbonnaise.
  • 1741 : Pour Mme l’intendante de la Porte.
  • 1744 : au duc de Ponthièvre.
  • 1746 : A l’arrivée de Mme de Bernage.
  • 1747 : au Maréchal de Belle-Isle.
  • 1759 : la princesse Marie-Fortunée d’Este.
  • 1749 : aux infantes d’Espagne.
  • 1765 : Pierre Grand fabrique pour Mme Depont, femme de l’intendant de la généralité de Moulins, un couteau et des ciseaux d’or pour la somme de 156 livres.
  • Quand en 1770, l’archiduchesse Marie-Antoinette traverse la France pour rejoindre son époux, elle reçoit à Moulins, de Boiron, coutelier de cette ville, une fourniture de couteaux, ciseaux, tire-bouchon, etc.
  • 1785 : La ville offre de la coutellerie aux princesses Adélaïde et Victoire, filles de Louis XV, se rendant à Vichy.

Lieux de conservation[modifier | modifier le code]

Les couteaux de Moulins peuvent être trouvés :

  • au musée du Louvre, département Objet d’art : deux couteaux d’Étienne Boiron, quatre couteaux de Louis Molle dont une magnifique paire de couteaux jumeaux à manche émaillée de bleu, de brun et d’or ;
  • au musée Carnavalet : le couteau de Marie-Antoinette serait également l’œuvre d’Étienne Boiron
  • au musée de Langres : un couteau de Toussaint et un couteau de Grand.
  • Le Musée Anne de Beaujeu à Moulins, possède une paire de couteaux dans leur étui de Louis Molle (actif à Moulins durant la seconde moitié du XVIIIe siècle)

Une salle du musée Anne-de-Beaujeu de Moulins présente les arts décoratifs à Moulins au XVIIIe siècle, parmi lesquels la coutellerie de luxe : couteaux en or, argent et nacre, exposés dans des étuis en galuchat ou en bois recouvert de marqueterie[16].

Rue des couteliers[modifier | modifier le code]

En 1788 fut dressé le projet de rôle de subsistance pour 1789 à des fins fiscales. Ce document permet de constater la répartition des couteliers[17].

RÉPARTITION DES COUTELIERS
ADRESSE NOM DU COUTELIER
Rue de Bourgogne Joseph Grand
Rue de Bourgogne Jean Joclin
Rue de Bourgogne Hugues Hatier
Rue de Bourgogne Le maître Avizard
Rue des Carmes Pierre Aloncle
Rue des Carmes Nicolas Ferruge
Rue des Carmes Claude Lefebvre
Rue des Carmes Louis Morette
Rue des Carme Nicolas Olivier
Rue des Carmes Jean Tureau
Rue des Carmes Jean Vialin
Rue du Chat Mayeul Haiter
Rue du Cimetière Saint-Gilles Le nomme "Staller"
Rue des couteliers Paul Asselinot (ou Asselineau)
Rue des couteliers Jacques Grand
Rue des couteliers Jacques Hatier
Rue des couteliers André Martin "landais"
Rue de la Flèche Jean-Baptiste Clair
Rue Saint-Martin François Hatier
Rue Saint-Martin François Parizot
Rue Saint-Martin Charles Place
Rue Sainte-Ursule Pierre Grand

Aujourd’hui, la rue des Couteliers rappelle à elle seule que la coutellerie, tout comme l’armurerie et l’orfèvrerie, était une industrie prospère dans la capitale du duché du Bourbonnais. De même, il faut noter qu’aucun témoignage dans le bâti actuel fait référence à cette activité.

La majeur partie des artisans étaient logés dans la rue des Couteliers, la rue des Carmes et la place des Carmes.

Selon Marcel Génermont, jusqu’en 1881, année de l’unification sous son qualificatif actuel, la rue des Couteliers comprenait deux tronçons définis par l’État en 1777 : la rue des Carmes et la rue des couteliers. La rue des Carmes (du nom du couvent voisin) allait de l’église jusqu’à la rue Monin et de l’autre côté depuis la caserne de la marée chaussée jusqu’au coin de la rue des Cameaux » (rue du 4 septembre). La rue des couteliers : « au coin de la maisons des héritiers de la Breme et de celle au sieur Archambault et finit au coin de la rue des Cameaux et de la maison occupée par le nomme Verret, cordonnier »[18].  

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henriette Dussourd, Histoire de Moulins d'après la chronique de ses habitants, Clermont-Ferrand, Volcans, 1975, p. 166 : « La coutellerie à Moulins atteignit un développement étonnant. »
  2. Archives municipales de Moulins, registre 316. Cité par Camille Grégoire, « La coutellerie moulinoise », Revue du Bourbonnais, 1885, n° 1, p. 4. Mais dans « L’art de la coutellerie à Moulins du XVIe au XVIIIe siècle », La vie de la coutellerie, p. 17, le rédacteur donne la date de 1569.
  3. « MS 29 - Description générale du pays et duché de Bourbonnois, par Nicolas de Nicolaï - Nicolaï, Nicolas de », sur mediatheques.agglo-moulins.fr, (consulté le 13 janvier 2018)
  4. « L'art de la coutellerie à Moulins du XVIe au XVIIIe siècle », La vie de la coutellerie, p. 17
  5. a et b Camille Grégoire, « La coutellerie moulinoise », Revue du Bourbonnais,‎ , n°1, p. 4
  6. Camille Grégoire, « La coutellerie moulinoise », Revue du Bourbonnais,‎ , n° 1, p. 2
  7. Camille Grégoire, « La coutellerie moulinoise », Revue du Bourbonnais,‎ , n°1, p.2
  8. Camille Grégoire, « La coutellerie moulinoise », Revue du Bourbonnais,‎ , n°1, p. 3
  9. Camille Grégoire, « La coutellerie moulinoise », Revue du Bourbonnais,‎ , n°1, p.3
  10. a et b Académie française, Dictionnaire de l'Académie françoise : A = K, t. 1, 1762, chez la veuve de Bernard Brunet, imprimeur de l'Académie Françoife, paris (lire en ligne), p. 431.
  11. Camille Grégoire, « La coutellerie moulinoise », Revue du Bourbonnais,‎ (n°1, p. 8)
  12. Henriette Dussourt, Histoire de Moulins, Clermont-Ferrand, Editions Volcans, 1975, p. 166
  13. Camille Grégoire, « La coutellerie moulinoise », Revue de Bourbonnais,‎ , n°1, p. 9
  14. Camille Page, La coutellerie depuis l'origine jusqu'à nos jours, Châtellerault, Imprimerie H. Rivière, , Tome 1, p. 258
  15. Camille Page, La coutellerie depuis l'origine jusqu'à nos jours, Châtellarault, Imprimerie H. Rivière, , p. 178 p.
  16. Collections du musée Anne-de-Beaujeu.
  17. Henriette Dussourd, Histoire de Moulins, Clermont-Ferrand, Editions Volcans, 1975, p. 170
  18. Marcel Génermont, Vieilles rues, plaques neuves, les rues de Moulins à travers les âges., Moulins, Editions Crépin-Leblond,