Ordre de la Visitation

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Ordre de la Visitation de Sainte-Marie
Image illustrative de l'article Ordre de la Visitation
Ordre religieux
Type Ordre monastique
Spiritualité Salésienne
Structure et histoire
Fondation 1610
Fondateur saint François de Sales et sainte Jeanne-Françoise Frémyot de Chantal
Liste des ordres religieux

L’Ordre de la Visitation de Sainte-Marie est un ordre religieux féminin fondé en 1610 par saint François de Sales et sainte Jeanne-Françoise Frémyot de Chantal à Annecy.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

En 1604, Jeanne-Françoise Frémyot, baronne de Chantal, jeune veuve de 28 ans et mère de quatre enfants, rencontre à Dijon l'évêque de Genève François de Sales. Entre eux, va s'établir une grande amitié spirituelle, qui va la pousser à venir s'installer près de lui à Annecy et à fonder l'ordre de la Visitation Sainte-Marie.

Jeanne de Chantal, sous la direction spirituelle de l'évêque de Genève, François de Sales, accepte de diriger un groupe que celui-ci voulait apostolique: comme lors de l'épisode évangélique de la Visitation, où la Vierge Marie, enceinte du Christ s'en va aider sa cousine Élisabeth âgée et enceinte de Jean-Baptiste, les religieuses auraient comme tâche principale de visiter malades et pauvres et les réconforter (d'où leur nom de Visitandines).

Le premier groupe est formé le , comprenant Jeanne de Chantal, Jaqueline Favre, Jeanne-Charlotte de Bréchard et Anne-Jacqueline Coste s'installent à Annecy, dans les États du duc de Savoie, dans une petite maison des faubourgs, la « maison de la Galerie », qui se trouvait le long du chemin conduisant chez les frères capucins, et mise à leur disposition par le duc Charles-Emmanuel Ier de Savoie[1],[2]. Les hasards des contretemps voulurent que la fondation prévue pour la Pentecôte ne se réalise que pour le dimanche de la Trinité qui tomba cette année le jour de la Saint-Claude… Dès octobre, la communion quotidienne est instaurée dans la petite communauté.

Après une année de noviciat sous la conduite de François de Sales, les quatre femmes de cette petite communauté font profession de foi le .

Développement, visites aux malades[modifier | modifier le code]

Saint François de Sales donnant la Règle de l'ordre de la Visitation de Sainte-Marie à sainte Jeanne de Chantal.

La Communauté quitte le la « maison de la Galerie » devenue trop petite pour accueillir plus de quatorze personnes (sœurs, pauvres et malades). Jeanne de Chantal décide d'acquérir la maison Nycollin, proche et située entre le couvent et le Thiou. Cependant très vite l'affluence des vocations conduit Jeanne de Chantal à chercher à ouvrir un deuxième couvent ; elle tente en vain de racheter la « maison de la Galerie ». Cependant, les sœurs réussiront à la racheter en 1657.

À compter du , les sœurs visitent les malades de la ville. Cette présence de religieuses dans les rues et taudis de la ville (« dans le monde ») est mal vue par les autorités ecclésiastiques en pleine contre-Réforme. Cette orientation apostolique sera abandonnée en 1615 et la clôture progressivement imposée.

Marguerite de Savoie, duchesse de Mantoue, fille du duc Charles-Emmanuel Ier de Savoie et de Catherine-Michelle d'Espagne pose le la première pierre du monastère à Annecy qui sera terminé en 1614.

François de Sales ne parvient pas à surmonter les objections du cardinal de Marquemont, archevêque de Lyon, et accepte bien malgré lui la stricte clôture papale pour ses religieuses, sa vision ayant été : « Une simple congrégation de femmes sans vœux perpétuels, non cloîtrées, actives, ouvertes à toutes les personnes, infirmes, voire malades ; afin de s’occuper à l’extérieur des pauvres, des malades et des indigents. La rigueur de cet institut impliquerait une vie spirituelle développée, avec pour corollaires l’obéissance, la complaisance mutuelle, la douceur, le respect des règles fondées sur l’humilité, la chasteté, la pauvreté. »

Ordre cloîtré[modifier | modifier le code]

De 1615 à 1616, il rédige donc les Constitutions de l’Ordre et fait de la Visitation un Ordre cloîtré. Ces constitutions seront approuvées par une bulle papale d’Urbain VII du .

La fondation du second monastère de l’Ordre à Lyon intervient en 1615. Dès lors, Jeanne de Chantal est appelée supérieure et fondatrice partout en France, elle est élue supérieure douze fois dans neuf communautés. Elle visite et entretient des relations épistolaires avec le plus grand nombre de monastères.

La première édition des règles et Constitutions est publiée le . Le 16 octobre, Paul V accorde le statut d’Ordre religieux sous la règle de saint Augustin à la visitation.

En 1621, sont fondés de deux nouveaux monastères de l'Ordre, à Moulins, puis à Grenoble.

Saint François de Sales meurt le à Lyon, l'Ordre regroupe alors 13 monastères.

Les premières Mères commencent en 1624 la rédaction du coutumier qui sera imprimé à la fin de l’année.

De 1626 à 1627, elle met en forme et rédige ses réponses qui seront imprimées en 1628 avec ordre formel qu’elles ne sortent jamais des monastères.

La question d’une supérieure générale est soumise le aux évêques de France. Réunis au Parloir du Premier de Paris, ils se rangent derrière la volonté de saint François de Sales pour l’autonomie des monastères.

En 1636, à Annecy, un deuxième monastère, Saint-Joseph, est fondé place aux Bois. D'autre biens sont achetés dans les alentours de la maison Nycollin, avec comme ambition de constituer un véritable grand monastère.

À la mort de sainte Jeanne de Chantal le , l'Ordre compte déjà 87 monastères. Le fameux couvent des Visitandines de Chaillot est consacré en 1651, il y accueillera Mademoiselle de La Fayette, amie de Louis XIII, qui en deviendra supérieure, et c'est ici que fut élevée Henriette de France, future duchesse d'Orléans.

En 1657, les sœurs réussissent à racheter la « maison de la Galerie » qui deviendra un lieu de retraite avant d'accueillir un pensionnat de jeunes filles jusqu'à la Révolution française.

XVIIIe - XXIe siècles[modifier | modifier le code]

Le monastère des Sœurs de la Visitation à Braga, en Portugal.

L'ordre de la Visitation est fondé en 1784 au Portugal et y maintient aujourd'hui trois monastères: à Braga, à Vila das Aves et à Batalha. Les Sœurs de la Visitation au Portugal travaillent dans la production et la distribution des emblèmes du Sacré-Cœur de Jésus (comme scapulaires de dévotion), le même que sainte Marguerite-Marie Alacoque a fait dans le passé.

En août 1792, l’ordre de la Visitation, comme tous les ordres religieux, est interdit en France. Les 129 communautés françaises sont dispersées en 1793. Les sœurs tentent alors de s'enfuir vers l'Italie en emportant avec elles les reliques de François de Sales et de Jeanne de Chantal, mais sont rattrapées à une quinzaine de kilomètres à Duingt. Elles sont autorisées à continuer leur voyage, mais les reliques sont confisquées et rapportées à Annecy.

L’Ordre est rétabli en France en 1805 par Napoléon à la demande de sa mère Madame Laetitia. 51 monastères sont rétablis et 14 nouvelles fondations sont enregistrées avant 1850.

Le , quatre sœurs sont de retour à Annecy et s'installent dans la « maison Recordon », rue Saint-Claire, dans l'ancien hôtel Bagnoréa, en attendant la construction du nouveau monastère, sur un terrain situé entre les actuelles rues Royale, de la Poste, Vaugelas et de la Gare. Après quatre années de travaux les sœurs peuvent s'installer dans leur nouveau monastère. Mais construit à la hâte et à l'économie, il devra subir de nombreux travaux qui dureront jusqu'en août 1878[3].

Au début du XXe siècle, expropriées, les Visitandines vont établir un nouveau monastère en 1911, au pied du Semnoz, juste à côté de la future basilique de la Visitation dont les travaux ont commencé en 1909.

En 2006, l'Ordre, qui a connu 356 fondations, compte 155 monastères actifs. On peut estimer à 80 000 le nombre des visitandines au cours des siècles dont 3 000 vivant en prière en 2006. À Annecy, la communauté regroupe une quinzaine de sœurs cloîtrées qui vivent de la fabrication d'hosties, de la réalisation de broderies et de recettes.

Spiritualité - Spécificités[modifier | modifier le code]

L'ordre voulu par François de Sales, apôtre du Sacré-Cœur et de la douceur, accueille toutes les femmes quelle que soit leur condition. Contrairement aux autres ordres en expansion au début du XVIIe siècle, les femmes âgées, les veuves, les malades et les handicapées peuvent être acceptées. La règle n'impose aucune contrainte aux femmes de plus faible complexion.

Autre spécificité voulue par saint François de Sales qui, comprenant l'influence que les évêques pouvaient avoir sur les communautés religieuses, souhaite que chaque monastère soit autonome et libre de ses décisions face à l'évêque du lieu qui assiste par contre aux grandes décisions de la communauté dont l'élection de la supérieure pour trois ans.

Sainte Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690), visitandine à Paray-le-Monial, fut la propagatrice avec saint Claude de la Colombière du culte au Sacré-Cœur de Jésus.

Héraldique[modifier | modifier le code]

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Les visitandines portent un écu « d'or, au cœur de gueules, percé de deux flèches d'or empennées d'argent, passées en sautoir au travers du cœur, chargé d'un nom de Jésus et de Marie d'or (IHS et MA superposés), enfermé d'une couronne d'épines de sinople, les épines ensanglantées de gueules, une croix de sable fichée dans l'oreille du cœur[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Picaud et Jean Foisselon, Au cœur de la Visitation : Trésors de la vie monastique en Europe. 400e anniversaire de l'ordre, Paris, Somogy Éditions d'Art, , 288 p., 300 ill. (ISBN 9782757203613)

[réf. incomplète]

  • Marie-Ange Duvignacq-Glessgen, L'Ordre de la Visitation à Paris aux XVIIe et XVIIIe siècles (coll. « Histoire religieuse de la France », 3), Paris, Cerf, 1994.
  • Laurent Lecomte, Religieuses dans la ville. L'architecture des Visitandines en France (XVIIe - XVIIIe siècles), Paris, Éditions du Patrimoine, 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce premier couvent fut détruit au XIXe siècle pour céder la place à l'hôpital.
  2. L'évêque de Genève, chassé de Genève, devenue la « Rome des protestants », avait alors choisi de s'installer à Annecy.
  3. L'Essor savoyard du 13 mai 2009, page 8
  4. Le 16 juin 1611, saint François de Sales écrivait à sainte Jeanne de Chantal : Dieu m'a donné cette nuit la pensée que notre maison de la Visitation est par sa grâce, assez noble et assez considérable pour avoir ses armes, son blason, sa devise et son cri d'armes. J'ai donc pensé qu'il nous faut prendre pour armes un cœur unique, percé de deux flèches, enfermé dans une couronne d'épines, ce pauvre cœur servant dans l'enclavure à une croix qui le surmontera, et sera gravé des sacrés noms de Jésus et de Marie.[réf. nécessaire]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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