Marc Juge

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Marc Juge est un commissaire de police et résistant français né à Moulins le et mort fusillé le à Clermont-Ferrand.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il nait à Moulins le 25 avril 1911 de parents concierge. Bachelier, il entre dans la police comme secrétaire, puis inspecteur. Il occupe un premier poste parisien d'inspecteur à la Police judiciaire juste avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Il enquête à cette occasion sur les activités de Joseph Darnand au sein de la Cagoule[1]. Il réussit le concours de commissaire de police en 1942[2] et est nommé cette même année[1], il est nommé commissaire à Vichy, alors capitale de l'État français.

Marc Juge entre en résistance, intégrant le réseau Marco Polo[2]. Il renseigne sur les mouvements de troupes et sur l'activité des fonctionnaires allemands[2] et à identifier les fonctionnaires français hostiles à la Résistance. Mais son travail principal va être, en usant de ses pouvoirs de police, de poursuivre sur des motifs de droit commun les informateurs et dénonciateurs œuvrant pour la Gestapo en ville. Dénoncé à son tour, il est arrêté le 18 janvier 1944 par Hugo Geissler, le chef de la police allemande (SD et Sipo) pour l'Auvergne et le Bourbonnais dans son bureau de l'hôtel de ville[2]. Il est interné à Moulins, à la Malcoiffée où il est torturé[1], torturé. Transféré à Clermont-Ferrand, il y est fusillé à 33 ans le 24 mars[1],[3] au stand de tir de la caserne du 92e régiment d'infanterie, occupée par les Allemands[4].

Il repose au cimetière de Vichy[Note 1].

Hommages posthumes[modifier | modifier le code]

  • La septième promotion de l'École nationale supérieure de la police, entrée en fonction en 1956, porte son nom.
  • Une rue de Vichy[Note 2] et une rue de Moulins portent également son nom.
  • La plaque commémorative qui se trouve dans les locaux du commissariat de police de Vichy, avenue Victoria, porte : « Il est mort en Français, la tête haute, le regard droit. C'est de ce bureau[Note 3] qu'il a dirigé, pendant un an et demi, son action contre la Gestapo et ses agents »

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sa dépouille ainsi que celles des résistants vichyssois René Chabrier et Henri Moreau fusillés en même temps que lui avaient été initialement inhumées à Clermont-Ferrand. Elles furent ramenées après la Libération à Vichy et inhumées le long du mur Est, à coté du carré militaire.
  2. La rue de Vichy, nommée depuis 1995, se trouve entre l'allée des Ailes et l'Allier, le long du parking du supermarché Cora.
  3. Le bureau du commissaire Juge se trouvait en fait au rez-de-chaussée de l'hôtel de ville de Vichy où la plaque fut apposée d'abord avant d'être transportée plus tard dans le nouveau commissariat de l'avenue Victoria.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d "Pour le commissaire Marc Juge la mort mieux que le déshonneur", La Montagne, 7 mai 2013.
  2. a, b, c et d Marc Juge sur le site de l'AJPN.
  3. La Résistance dans le Puy-de-Dôme par Anne-Marie Coffi, ONAC, 2008.
  4. "Prison militaire allemande du 92" sur le site de l'AJPN.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Débordes, Paroles de Résistants : 50 témoignages reçus, embuscades, trahisons, déportations, exécutions, éditions de Borée, 2003, 447 pages