Lycée Théodore-de-Banville

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Lycée Théodore-de-Banville
image illustrative de l’article Lycée Théodore-de-Banville
Portail d'honneur du lycée (rue de Paris)
Présentation
Protection Logo monument historique Classé MH (1928, 1946)
 Inscrit MH (1929)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Allier
Ville Moulins
Coordonnées 46° 34′ 08″ nord, 3° 19′ 41″ est

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Lycée Théodore-de-Banville

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Lycée Théodore-de-Banville

Le lycée Théodore-de-Banville est un lycée situé dans la ville française de Moulins, en Auvergne. Il se situe à l'adresse 12 cours Vincent-d'Indy, entre l'hôpital public et la poste. Il a la particularité d'être l'un des plus vieux lycées français ; il fut créé par la loi du 11 floréal an X (), et inauguré le par Napoléon Bonaparte. C'est un lycée public.

Il est nommé en hommage à Théodore de Banville, natif de Moulins[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Il remplace l'école centrale de l'Allier qui avait elle-même succédé à un collège fondé par les jésuites[2].

À sa création, le lycée fut installé dans l'ancien couvent de la Visitation, où décéda sainte Jeanne de Chantal en 1641. Le bâtiment d'origine est encore visible aujourd'hui (rue de Paris), mais l'accès au lycée se fait maintenant par l'autre extrémité des bâtiments (cours Vincent-d'Indy).

Dans l'enceinte du lycée, se trouvait la chapelle de l'ancien couvent ; elle fut jusqu'en 1998 la chapelle du lycée. Elle abrite le mausolée du duc de Montmorency, pair de France, exécuté pour son complot contre Richelieu. Sa veuve, Marie-Félice des Ursins, se retira dans ce monastère en 1637 et consacra son influence et sa fortune au rayonnement du monastère et à la construction de ce mausolée, sculpté par Anguier, qu'on peut encore y voir[3].

Le lycée est protégé au titre des monuments historiques pour plusieurs de ses composantes : la chapelle du lycée a été classée par arrêté du  ; la porte monumentale (vantaux compris) a été inscrite par arrêté du  ; et la chapelle des religieuses de l'ancien couvent, contiguë à la chapelle du lycée, a été classée par arrêté du [4].

En 1863, le lycée comporte 300 pensionnaires car c’est le seul lycée de la région. De 1863 à 1885, le lycée bénéficie d’une extension (bâtiments E et D actuels, puis bâtiments M) et de la démolition du vieux lycée (couvent). De 1884 à 1889, son portail est démoli pierre par pierre pour être déplacé à l’emplacement où il est actuellement. Les conditions de vie des lycéens (le lycée n’accueille toujours que les garçons) sont rudes, pas de chauffage, ni d’eau chaude. Les toilettes sont installées à l’extérieur. Le port de l’uniforme est obligatoire et il est fortement sollicité lors des cérémonies. Les internats sont marqués par une discipline militaire. À partir de 1890, elle commence à s’assouplir. Le lycée est baptisé lycée Théodore-de-Banville le 14 mars 1895.

Le 19 juin 1940, les troupes allemandes arrivent au lycée. Les locaux sont transformés en « caserne allemande » jusqu’au 6 septembre 1944. Le mobilier du lycée est pillé et les civils présents dans l’établissement sont perquisitionnés. Les remises de prix sont annulées et le 2 septembre, la rentrée des classes primaires se fait au palais de justice tandis que, le 16 septembre, les classes secondaires rentrent au château de Bellevue à Yzeure. Les internes sont logés à l’École normale d’instituteurs. Les 4 et 5 septembre 1944, trois hommes sont fusillés au lycée. Le 6 septembre, Moulins est libérée. Enfin, après 4 ans et 8 mois d’interruption, les cours reprennent. Une remise des prix ainsi qu’un discours de Roger Bertrand, professeur de philosophie a eu lieu le 13 juillet 1945.

Durant la Seconde Guerre mondiale, des élèves et des professeurs du lycée sont morts pour la France pour faits de résistance :

  • François Bayet, un ancien élève du lycée fut déporté à Dachau en 1944. Il mourra moins d’un an après.
  • Georges Politzer, enseignant de philosophie en 1925 au lycée est arrêté avec sa femme. Il fut torturé puis exécuté avec d’autres otages en 1942.
  • Robert Pomarède a connu le même sort. Son nom figure sur la plaque des « morts pour la France » de la ville d’Yzeure.
  • Charles Rispal, professeur puis résistant en 1940 fut emprisonné à la prison de la Mal-Coiffée durant un mois. Déporté en Autriche, il fut gazé en juillet 1944. Une rue de Moulins porte son nom.

Parmi les trois fusillés du lycée se trouvent Alexandre Durand et Martial Le Hen qui sont deux résistants de Moulins. Ils furent exécutés au lycée puis enterrés dans la cour près de l’actuelle infirmerie. Marcel Ferry a lui aussi été fusillé pour une raison inconnue. Toutes ces personnes sont inscrites sur une plaque commémorative visible dans la cour d’honneur du lycée.

Plaque commémorative visible dans la cour d'honneur du lycée

Depuis 1945, on assiste à une transformation complète des conditions de vie et de la société qui se traduit aussi dans les écoles et les lycées. En 1968, l’uniforme est supprimé (seuls les internes portent une blouse) et la population scolaire est encore essentiellement constituée des classes aisées de Moulins. La discipline reste très stricte. Le 13 mai 1968, les étudiants clermontois viennent appeler les jeunes moulinois à la révolte. Les années suivantes verront le développement de la mixité et c’est en septembre 1986 que le lycée Théodore-de-Banville absorbe le lycée de jeunes filles, qui devient le collège Anne-de-Beaujeu.

Plusieurs modifications importantes sont apportées au lycée :

  • 1963 : installation du chauffage central ;
  • 1967 : installation de douches ;
  • 1981-1982 : construction et mise en service du bloc scientifique ;
  • 1989-1992 : rénovation de l’ensemble des bâtiments ;
  • 1994-1995 : construction du gymnase ;
  • 2003 : rénovation d’assainissement ;
  • 2005 : rénovation du CDI ;
  • 2006-2008 : câblage informatique du lycée.

Enseignements, filières, options[modifier | modifier le code]

Séries[modifier | modifier le code]

Lors de son passage en première, un élève a le choix entre les trois filières : ES (Économique et sociale), S (Scientifique) et L (Littéraire).

Enseignements d’exploration[modifier | modifier le code]

Un élève entrant en Seconde au lycée Banville a le choix entre plusieurs enseignements d’exploration :

> Sciences économiques et sociales + une deuxième filière au choix

L’élève assistera à 1,5h de sciences économiques et sociales auxquelles viendront s’ajouter 1.5h de l’enseignement d’exploration de son choix :

- Méthodes et pratiques scientifiques ;

- Sciences et laboratoires ;

- Principes fondamentaux de l’économie et de la gestion ;

> Littérature et société.

> LV3 Italien

Si l’élève choisit cet enseignement d’exploration, il devra assister à 1,5h de cours de sciences économiques et sociales obligatoires, en plus de ses trois heures de LV3 (Italien seulement)

> EPS d'exploration

EPS d'exploration et EPS de complément[modifier | modifier le code]

Le lycée Théodore-de-Banville propose un enseignement d’exploration EPS à recrutement inter-académique pour ses élèves de seconde. Celui-ci se transformera en EPS de complément en première et en terminale pour aboutir à des notes pour le bac coefficient 2. Pour les élèves de seconde, l’enseignement d’exploration sera divisé en deux parties : deux fois deux heures de pratique et une heure de réflexive. Pendant les heures de pratiques, les élèves pratiquent principalement le VTT, le Volley-ball et la Natation. Ensuite, la vitesse relais, la course d’orientation, le saut en hauteur, le rugby (touché), badminton, le tennis de table (regroupé en « bad-ten »), et la musculation. La partie réflexive correspond à une approche théorique des sports pratiqués, notamment la natation et le VTT. Pendant cette heure, les élèves apprennent à réparer une crevaison ou à prendre une bonne position sur un vélo ; pour la natation, ils apprennent à prendre de bonnes positions dans l’eau. À partir du passage en première, le temps de pratique reste le même (2X2 heures) mais l’heure de réflexion disparait. Les sports pratiqués restent les mêmes. Un stage en plein air est proposé aux élèves de seconde et de premières, ce qui leur permet d’aller au ski pour apprendre ou se perfectionner ou en Lozère pour pratiquer différents sports de plain air comme le canoë, la via-ferrata, ou la spéléologie. Cet enseignement spécifique comporte trois thèmes d’études qui sont la performance, l’opposition et l’environnement. Les terminales doivent également animer un cours dans le sport qu’ils choisissent. Les élèvent découvrent et pratiquent des sports variés, ils doivent prendre des initiatives et des responsabilités, ils doivent comprendre les méthodes d’apprentissages et être capables de perfectionner leurs entrainements. Cette matière permet de réfléchir sur la santé, le dopage, la diététique, l’entretien physique, le secourisme et la sécurité. Il faut faire preuve d’esprit sportif et de citoyenneté notamment pendant les sorties VTT et les séjours en plein air

Options[modifier | modifier le code]

Le lycée Théodore-de-Banville propose aussi un grand choix d’options facultatives :

  • les langues anciennes (3h hebdomadaires) ;
  • la section européenne allemande (2h hebdomadaires) ;
  • la section européenne anglaise (2h hebdomadaires) ;
  • la section européenne espagnole (2h hebdomadaires) ;
  • la section européenne italienne (2h hebdomadaires) ;
  • l’italien en enseignement d’exploration et comme LV3 (3h hebdomadaires).

Concours[modifier | modifier le code]

Chaque année, les élèves ont la possibilité de participer à certains concours tels que :

  • ARELACLER, un concours sur les langues anciennes et la civilisation proposé aux latinistes et hellénistes (grec).
  • Le concours général, auquel peuvent participer les élèves de première et terminale dans chaque discipline proposée.

Classement du lycée[modifier | modifier le code]

En 2015, le lycée se classe 5e sur 11 au niveau départemental en termes de qualité d'enseignement, et 1136e au niveau national[5]. Le classement s'établit sur trois critères : le taux de réussite au baccalauréat, la proportion d'élèves de première qui obtient le baccalauréat en ayant fait les deux dernières années de leur scolarité dans l'établissement, et la valeur ajoutée (calculée à partir de l'origine sociale des élèves, de leur âge et de leurs résultats au diplôme national du brevet)[6].

D'après le Ministère de l'Éducation nationale, le taux de réussite au baccalauréat au lycée Banville en 2015, était de 92 % avec au total 291 élèves présent lors de l'examen dont 47 élèves en série Littéraire (L), qui ont obtenu 96 % de réussite; 99 élèves en série Economique et sociale (ES), qui ont obtenu 89 % de réussite; 145 élèves en série Scientifique (S), qui ont obtenu 93 % de réussite.

En 2015, le lycée Banville a eu le meilleur taux de réussite au baccalauréat sur les 11 établissements de l'Allier. Il a été classé 8e sur les 48 lycées d'Auvergne et 308e sur les 2302 lycées de France.

Taux de réussite au baccalauréat au lycée Banville en 2015.jpg

L'internat[modifier | modifier le code]

En effet l'établissement peut accueillir 156 élèves qui désirent être internes. Il comporte 70 places pour les filles et 86 pour les garçons. Le coût total à l'année pour un interne revient à 1341 €, tous les repas compris (petit-déjeuner, déjeuner, dîner). Il faut savoir qu'il n'y a pas de conditions requises pour être interne, en revanche les élèves n'étant pas du secteur ne sont pas prioritaires.

Au niveau des chambres, il y en a de 2, 3, 4 et 5 places pour les filles; et pour les garçons, il y a une chambre de 6, une de 4 et 38 chambres de 2. Ce sont les élèves qui choisissent leur chambre en début d'année. Cependant, les élèves sont regroupés par niveau de classe.

Des activités sont organisées au cours de l'année : chaque jeudi, avant les vacances de fin de trimestre des soirées sont prévues; il y a également des sorties cinéma... Tous les loisirs des internes sont gérés par la maison des lycéens.

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Anciens élèves et professeurs du lycée[modifier | modifier le code]

Le personnage fictif du commissaire Maigret, créé par Georges Simenon dans sa série de romans policiers, y a été interne à l'âge de 12 ans, en 1899[8], d'après le tome intitulé L'Ami d'enfance de Maigret datant de 1968.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Théodore de Banville n'a lui-même jamais été élève du lycée de Moulins.
  2. http://www.ville-moulins.fr/fileadmin/user_upload/telechargement/monuments/palais_justice_2009.pdf
  3. Jean Marot, Recueil des plans, profils et élévations des [sic] plusieurs palais, chasteaux, églises, sépultures, grotes et hostels bâtis dans Paris et aux environs par les meilleurs architectes du royaume desseignez, mesurés et gravez par Jean Marot, vues 36, 37 et 38 (Voir)
  4. Notice no PA00093212, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  5. « Classement département et national du lycée », sur L'Express, (consulté le 1er mai 2015)
  6. « Méthodologie du classement 2015 des lycées français », sur L'Express, (consulté le 1er mai 2015)
  7. Il a sauté la seconde, et redoublé la rhétorique. Valery Larbaud, Mon itinéraire, Cendres, 1986, p. 23-25.
  8. [PDF] Georges Simenon, sur le site du collège Saint-Louis de Genève, section « Biographie du commissaire Jules Maigret », p. 3.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

  • Henriette Dussourd, Histoire de Moulins d'après la chronique de ses habitants, Clermont-Ferrand, Volcans, 1975, chap. « Le premier lycée de France », p. 225-227.
  • Brochure Déportés et fusillés du lycée Banville publiée par l’Association des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la déportation de l'Allier en 2006.
  • « Histoire du Lycée Banville » de Maurice Pelletier dans les Annales de l’Amicale des anciens élèves du lycée Banville, 2002-2003.
  • Mémorial du Lycée Banville 1939-1945 de Roger Bertrand.
  • Inventaire des objets mobiliers disparus du fait de l’occupation allemande (Lycée Banville), archives de M. Jacques Dieu.
  • Archives départementales de l'Allier, 9J39
  • Ministère de l'Éducation

Lien externe[modifier | modifier le code]