Louise de Lorraine-Vaudémont

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Louise de Lorraine-Vaudémont
Louise de Lorraine-Vaudémont,dessin de Jean Rabel,Paris, BnF, département des estampes, vers 1575.
Louise de Lorraine-Vaudémont,
dessin de Jean Rabel,
Paris, BnF, département des estampes, vers 1575.
Titre
Reine de France

(14 ans, 5 mois et 18 jours)
Prédécesseur Élisabeth d'Autriche
Successeur Marguerite de France
Duchesse de Berry
Prédécesseur François de France
Successeur Charles de France
Biographie
Dynastie Maison de Lorraine-Mercœur
Date de naissance
Lieu de naissance Nomény (France)
Date de décès (à 47 ans)
Lieu de décès Moulins (France)
Sépulture Nécropole de Saint-Denis
Père Nicolas de Lorraine
Mère Marguerite d'Edgmont
Conjoint Henri III de France
Religion Catholicisme
Résidence Château de Blois, Palais du Louvre
Reines de France

Louise de Lorraine-Vaudémont ou Louise de Lorraine (née le au château de Nomeny - morte à Moulins le ), est issue de la branche de Vaudémont, branche cadette de la maison de Lorraine. Cousine des Guise et du duc Charles III de Lorraine, elle a été reine de France de 1575 à 1589, à la suite de son mariage avec Henri III de France.

Les jeunes années[modifier | modifier le code]

Cousine germaine du duc Charles III de Lorraine, elle est le premier enfant de Nicolas de Lorraine, comte de Vaudémont et duc de Mercœur, ancien régent des duchés, et de Marguerite d'Egmont, issue d'une grande famille des Pays-Bas. Elle est l'aînée des quatorze enfants que son père eut de trois lits successifs.

Elle n'a qu'un an lorsque mourut sa mère, Marguerite d'Egmont. La seconde épouse de son père, Jeanne de Savoie-Nemours, est pour elle une belle-mère pleine d'attention, qui lui fait donner une solide instruction classique et l'introduit à la cour de Nancy à l'âge de dix ans.

La troisième épouse de son père, Catherine de Lorraine-Aumale, de seulement trois ans plus âgée qu'elle, a été, en revanche, d'une méchanceté avérée envers elle et ses demi-frères et sœurs issus du second lit de son père.

À vingt ans, grande, blonde au teint blanc, aux yeux brun clair très doux, voilés par une légère myopie, la silhouette fine et racée, Louise de Lorraine-Vaudémont est belle, d'une beauté délicate et émouvante.

La demande en mariage d'Henri III[modifier | modifier le code]

Louise de Lorraine, dessin de Jean Rabel (vers 1575).

À l'automne 1573, elle est remarquée à la cour de Charles III de Lorraine et de son épouse Claude de France par le frère de cette dernière, le nouveau roi de Pologne Henri de Valois de passage à Nancy, en route pour Cracovie, la capitale de son nouveau royaume.

Il est alors voué à sa passion pour Marie de Clèves, épouse d'Henri de Bourbon, prince de Condé. Mais, après la mort de la princesse de Condé, peu de temps après son retour de Pologne, devant se marier pour assurer sa descendance et voulant couper court aux entreprises matrimoniales de sa mère Catherine de Médicis, qui souhaite le marier à une princesse étrangère, il se souvient de la douce et modeste jeune fille rencontrée « En passant par la Lorraine » et qui ressemble physiquement à la chère disparue.

En janvier 1575, il envoie en Lorraine deux hommes de confiance, Philippe Hurault de Cheverny, son futur chancelier, et Michel Du Guast, marquis de Montgauger, porter sa demande en mariage. Louise, alors en pèlerinage à Saint-Nicolas-de-Port, est absente lorsque les émissaires du roi se présentent devant son père. Celui-ci n'attend pas de l'avoir consultée pour donner son consentement.

Lorsqu'à son retour, on informe Louise de la volonté du roi de l'épouser, elle n'y croit pas. Ce mariage surprend également l'entourage du roi, étonne la cour et le pays tout entier car le parti semble modeste pour un roi de France.

Henri III, hésitant à l'idée d'aliéner sa liberté, redoute une femme dominatrice. Il choisit donc Louise, dont il est sûr qu'elle serait une épouse tendre et réservée. Ce choix déçoit et inquiète Catherine de Médicis. La reine redoute qu'une princesse lorraine n'appuie ouvertement le parti lorrain de ses cousins Guise et leurs relations sont difficiles au début. Mais la reine-mère finit par apprécier la douceur et l'humilité de sa belle-fille.

La reine de France[modifier | modifier le code]

Henri III et Louise de Lorraine-Vaudémont, détail d'une des tapisseries des Valois, Florence, Galerie des Offices, XVIe siècle.
Louise de Lorraine-Vaudémont, vers 1575.

Le roi tient pour donner plus de solennité à son mariage à le jumeler avec son sacre prévu pour le 13 février. Il décide que les noces auraient lieu deux jours plus tard. Ainsi, le , le mariage de Louise de Lorraine-Vaudémont avec le roi de France Henri III est célébré dans la cathédrale de Reims. À la fin du mois, ils entrent ensemble dans la capitale qu'Henri avait quittée un an et demi plus tôt pour la Pologne. Louise est désormais reine de France.

Louise, jeune femme douce et vertueuse, voue d'emblée à son mari un profond amour qui ne se démentirait jamais, malgré les difficultés, les épreuves, les infidélités et la mort. Louise de Lorraine est une personne pieuse et très simple. Elle souffre terriblement des conflits qui opposent sa famille — la maison de Guise, la maison de Lorraine et en particulier son frère Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur — à son mari durant les guerres de religion.

Son amour pour son mari résiste aux rumeurs de dissolution du mariage, comme en mai 1584. Henri lui aussi est très attaché et ne néglige jamais sa femme, malgré ses nombreuses infidélités, qui l'affligent. Cependant il n'a jamais de maîtresse en titre et s'efforce de cacher à sa femme ses écarts. Dans les épreuves de la fin du règne, les époux se rapprochent, en dépit de la stérilité de la reine.

Elle fait de nombreuses fausses couches — il semble que Louise de Lorraine ait été enceinte au début de son mariage, mais la fausse couche qu'elle fait en mai 1575 se montre lourde de conséquence — et malgré de nombreux pèlerinages, elle n'a jamais eu d'enfants. Elle n'a plus eu, par la suite, que de faux espoirs. Pourtant, le couple royal ne renonce que très tardivement à l'idée d'avoir des enfants. De 1579 à 1586, ils multiplient les pèlerinages, en particulier à Chartres, et les cures thermales dans l'espoir d'avoir un héritier.

Bien que l'on puisse lui reprocher son infidélité, son mari aime son épouse sincèrement, ce qui est réciproque. Louise a toujours été auprès du roi. Elle a été plus étroitement associée à la vie de son époux qu'aucune autre reine, paraissant à ses côtés dans nombre de cérémonies, fêtes et festins officiels, ou participant parfois au Conseil du roi, comme à celui du . Elle assiste aux réceptions des ambassadeurs, figure en bonne place à la séance d'ouverture des États généraux et participe avec lui le à la pose de la première pierre du futur pont Neuf.

La veuve digne[modifier | modifier le code]

Après l'assassinat de son époux par le dominicain Jacques Clément, le , Louise, désespérée, prend le deuil en blanc des reines — elle se voile de blanc — d'où son surnom de « Reine Blanche ». Dès 1589, elle reçoit le duché de Berry en douaire et le garde jusqu'à sa mort. Elle s'emploie dès lors à réhabiliter la mémoire de son mari, excommunié par le pape après l'assassinat du cardinal de Guise. Dès le , un mois à peine après la mort du roi, elle demande justice à Henri IV. Le , elle entreprend des démarches à Rome afin de réhabiliter Henri III. Le , au cours d'une cérémonie à Mantes, la reine douairière vient solennellement demander justice au roi Henri IV.

Sépulture de la reine Louise.

Elle habite pendant 11 ans le château de Chenonceau, reçu en héritage de sa belle-mère Catherine de Médicis. Elle installe sa chambre au deuxième étage, dont elle fait peindre les murs de noir. Le décor était plutôt funèbre avec les attributs ordinairement réservés au deuil : croix, pelles et pioches de l'inhumation, cornes d'abondance déversant des larmes. Ce décor noir et argent était reproduit sur les tentures du lit et des fenêtres. Mais ce château étant couvert de créances et n'ayant pas elle-même une énorme pension, elle le légua à sa nièce, la fille unique de son frère, la duchesse de Vendôme (femme de César de Vendôme, fils illégitime d'Henri IV et de Gabrielle d'Estrée). Elle mourut au château de Moulins, le et tous ses biens furent distribués ou servirent à payer ses dettes.

En septembre 1603, une bulle pontificale ordonne la construction d'un couvent de Capucines à Paris afin d'y inhumer Louise de Lorraine, ce qui sera fait le . Ses restes, retrouvés en octobre 1805[1], se trouvent depuis 1817 dans la crypte de la basilique de Saint-Denis. C'est la seule reine antérieure à la Révolution à reposer réellement dans le tombeau portant son nom à Saint-Denis[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Louise de Lorraine: une reine de France au Père-Lachaise - Père-Lachaise: 1804-1824 », Père-Lachaise: 1804-1824,‎ (lire en ligne)
  2. http://www.histoire-pour-tous.fr/histoire-de-france/4095-louise-de-lorraine-epouse-dhenri-iii.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]