Col de la Madeleine

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Col de la Madeleine
Image illustrative de l'article Col de la Madeleine
Vue générale du col de la Madeleine
Altitude 1 993[1] m
Massif Vanoise / Lauzière (Alpes)
Coordonnées 45° 26′ 07″ nord, 6° 22′ 32″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Vallée Vallée de la Tarentaise
(nord-est)
Vallée de la Maurienne
(sud-ouest)
Ascension depuis La Léchère
(La Planta)
La Chambre
Déclivité moy. 6,4 % 7,7 %
Déclivité max. 12 % 12,9 %
Kilométrage 24,5 km 19,8 km
Accès D213 D213
Fermeture hivernale novembre-juin

Géolocalisation sur la carte : Savoie

(Voir situation sur carte : Savoie)
Col de la Madeleine

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Col de la Madeleine

Le col de la Madeleine est un col de montagne situé en France sur les communes de Montgellafrey et de La Léchère, dans le département de la Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes. Il culmine à 1 993 mètres d'altitude entre les vallées de la Tarentaise et de la Maurienne, et sépare les massifs de la Vanoise et de la Lauzière.

Lieu monastique puis stratégique, il devient une ascension prisée par les cyclistes à partir de 1969 lorsque la route actuelle est achevée.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Madeleine serait issu d'un hospice appartenant à des moines cordeliers situés à La Chambre. Il a également été nommé col de la Colombe[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le col relie La Léchère, près de Moûtiers, au nord, à La Chambre, près de Saint-Jean-de-Maurienne, au sud. Deux stations de ski sont reliées par ce col : Valmorel côté Tarentaise et Saint-François-Longchamp côté Maurienne, le col et la route qui y mènent étant enneigés et fermés en hiver. Il sépare la partie occidentale du massif de la Vanoise et le massif de la Lauzière. Il culmine à 1 993 mètres d'altitude selon l'IGN[1] mais est indiqué à 2 000 mètres par la voirie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le col est probablement connu depuis l'époque romaine. Il reliait Épierre à Moûtiers. Dans la seconde moitié du XIIe siècle, les moines de l'abbaye de Tamié en Tarentaise y pratiquent l'alpage depuis Celliers[3],[4]. Une chapelle est dédiée à Marie-Madeleine sur les bords de l'Arc ; des cierges y sont déposés afin d'effectuer le passage par le col sous les meilleurs auspices[5]. La chapelle, tombant en ruines, est fermée en 1761[4].

En 1792, le général François-Christophe Kellermann, après avoir combattu à la bataille de Valmy, passe le col à la tête de l'Armée des Alpes afin de conquérir la Savoie. Il est franchi militairement à plusieurs reprises jusqu'au début du XIXe siècle[3].

Vers 1938, des réfugiés de la Guerre civile espagnole construisent une route en pierre depuis Saint-François-Longchamp[3],[4]. À partir de 1949, le tracé est complètement revu et, en 1969, le bitumage de la route est achevé pour le premier passage du Tour de France[3].

Sport[modifier | modifier le code]

Cyclisme[modifier | modifier le code]

Pro-Tour[modifier | modifier le code]

Tour de France[modifier | modifier le code]

Le col de la Madeleine a été franchi au total à 25 reprises par le Tour de France. Il a été classé hors catégorie lors de ses 12 derniers passages. Voici les coureurs qui ont franchi les premiers le col[6] :

Critérium du Dauphiné libéré[modifier | modifier le code]

Une arrivée d'étape du Critérium du Dauphiné libéré 2009 fut jugée à Saint-François-Longchamp, sur le versant sud, avec une victoire de David Moncoutié en solitaire.

Profil de l'ascension[modifier | modifier le code]

La stèle du col de la Madeleine.
Col de la Madeleine au centre vu depuis les pistes de Valmorel en hiver.

Sur le versant sud, l’ascension débute à La Chambre dans la vallée de la Maurienne. Depuis le centre-ville de cette commune, on compte 19 km à 8 % de moyenne. Le premier kilomètre d’ascension présente une pente de 6 % de moyenne mais, très vite, les pourcentages passent à 8 et 9 % sur une route faite d’épingles suivies de lignes droites. Dès les premiers kilomètres, la route permet de dominer les communes de La Chambre, Sainte-Marie-de-Cuines, Saint-Étienne-de-Cuines que l’on aperçoit plus bas dans la vallée. Les pourcentages sont très réguliers et presque sans répit sur une route bordée de feuillus jusqu’à Saint-François-Longchamp 1650. On peut compter toutefois deux passages un peu plus pentus : le septième kilomètre à 11 % avec une pente raide au passage d’un pare-avalanche puis une portion à 10 % au passage d’un hameau à moins d’un kilomètre de Saint-François-Longchamp 1450. Après avoir passé la deuxième station, Saint-François-Longchamp 1650, il reste alors environ cinq kilomètres avec une pente souvent égale à 8 % dans les alpages.

Encore sur le versant sud, il existe une variante partant de Montgellafrey.

Le versant nord peut débuter soit à Notre-Dame-de-Briançon soit à Feissons-sur-Isère. Les pourcentages des trois premiers kilomètres après Feissons-sur-Isère sont rudes avec une moyenne de 10 % mais à l'ombre des feuillus. Ce versant, avec ses petits villages, est nettement plus pittoresque que le côté sud. Un kilomètre après Bonneval, juste avant le hameau de Villard-Benoît à environ 1 000 m d’altitude, la route devient presque plate sur trois kilomètres avec même de légers faux-plats descendants. Mais il faut à nouveau grimper quelques lacets pour parvenir au centre du bourg de Celliers. Et les deux kilomètres qui suivent Celliers-Dessus sont même à 10 puis 9 %. À partir de Celliers, à neuf kilomètres du col, on entre dans les alpages avec parfois quelques cascades et remontées mécaniques. À six kilomètres de l’arrivée, les cyclistes bénéficient d’un dernier replat pendant deux kilomètres ; immédiatement suivi d’une nouvelle ligne droite difficile à 9 %. Les quatre derniers kilomètres affichent une dénivelée de 290 mètres avec respectivement des pourcentages de 9, 7, 8 puis 5 % avec une série de lacets pour les trois ultimes kilomètres. Bref, ce versant est beaucoup plus irrégulier que sur la route venant du sud.

Jusqu'en 1998, le col de la Madeleine pouvait également être grimpé par Aigueblanche en passant par Doucy, mais un éboulement s'est produit après Doucy dans la vallée de l'Eau Rousse.

Le col est dominé par le Grand pic de la Lauzière, au nord, et le sommet du Cheval Noir, au sud-est. Le panorama au sud permet de distinguer entre autres les aiguilles d'Arves, et au nord les massifs du Beaufortain, et du Mont-Blanc. On aperçoit également le Grand Combin, et par temps clair le Cervin, comme l'indique la table d'orientation placée sur le versant nord. Le col comporte plusieurs chalets dont certains vendent des fromages locaux, principalement du Beaufort et des tommes de brebis.

Sport automobile[modifier | modifier le code]

Le col est le site d'arrivée de la course de côte Coni - Col de la Madeleine.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Friebe et Pete Golding, Sommets mythiques : Cyclisme, les 50 cols incontournables d'Europe, GEO, , 224 p. (ISBN 978-2-8104-0296-0), p. 110-113

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Coordonnées identifiées à l'aide de Géoportail et carte IGN à l'échelle 1:20 000
  2. Randonnée accueil.
  3. a, b, c et d Philippe Baudoin, L'ascension à vélo du col de la Madeleine, Sport Passion
  4. a, b et c Le col de la Madeleine en Savoie.
  5. Jean-Marie Jeudy, Les mots pour dire la Savoie, La Fontaine de Siloé, 2006 (ISBN 9782842063153), page 324
  6. Le dico du Tour - Le col de la Madeleine dans le Tour de France depuis 1947.