Mont Faron

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Mont Faron
Image illustrative de l'article Mont Faron
Géographie
Altitude 584 m
Massif Monts toulonnais
Coordonnées 43° 08′ 58″ nord, 5° 57′ 04″ est
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Var
Ascension
Voie la plus facile route ou téléphérique
Géologie
Roches Calcaire

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Mont Faron

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Mont Faron

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Mont Faron

Le mont Faron est un sommet calcaire, faisant partie des monts toulonnais, qui culmine à 584 mètres et surplombe la ville de Toulon, dans le Var, (France).

Un réseau de fortifications défensives datant des XVIIe et XVIIIe siècles est toujours visible ; il servait à la défense des accès maritimes puis terrestres au port militaire de la ville. Neuf forts veillent sur la rade : le fort Saint-Antoine, la tour de l'Ubac, la tour Beaumont, le Sanctuaire (ancienne poudrière), le retranchement de Leydet, la caserne du Centre, le fort de la Croix-Faron, l'Impluvium et le fort Faron. La tour Beaumont a été construite en 1845 pour défendre et surveiller la rade, elle est maintenant aménagée en musée Mémorial du Débarquement des Alliés d'août 1944.

Un téléphérique permet d'accéder au sommet en partant de la ville de Toulon. Le sommet, assez plat, abrite le Mémorial du débarquement en Provence (opération Anvil Dragoon) et le zoo du Mont Faron spécialisé dans l'élevage de félins.

Le sommet est également accessible par une route à une voie (la montée se fait à l'ouest et la descente par l'est de la montagne). La montée comme la descente offrent des points de vue très spectaculaires sur la rade de Toulon.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le mont Faron a été nommé ainsi à partir du XIIIe siècle[1]. En provençal il s'appelle Faro.

Ce terme viendrait du « farot » qui est une tour de guet dans laquelle les villageois assuraient une surveillance permanente de la côte[2].

Au Moyen Âge, on trouve deux orthographes Pharon et Faron. Ces mots désignent des phares ou les signaux se transmettent au moyen de feux avec de la fumée épaisse issue de paille bien mouillée. Ces phares portaient les noms de Pharus, Farus, Farotus, Pharomum, Faromum[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Géologie[modifier | modifier le code]

Le mont Faron est composé de calcaire, comme l'ensemble des Monts toulonnais. Ce massif est issu des plissements géologiques émanant du rapprochement de la péninsule ibérique sur la plaque européenne il y a 65 millions d'années. Poussant vers le nord-est, les plissements se formèrent à la rencontre de la plaque européenne et plusieurs couches plus anciennes se retrouvèrent propulsées en surface et recouvrèrent les couches géologiques plus récentes.

La géologie et la morphologie du relief sont assez différentes selon les secteurs du mont Farron. Le versant nord-est est une haute falaise de calcaire urgonien. Côté nord et au nord-ouest, les colonnes et éperons sont issus de l'érosion de calcaire dolomitique jurassique. Sur les versants sud-ouest à sud, on trouve du calcaire barrémien, formant des blocs fracturés et des crêtes en lapiaz et plus vers l'est des bancs de calcaire portlandien. Le versant est présente des pointements rocheux, qui sont constitués de muschelkalk (calcaire coquillier)[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Mémorial du mont Faron

Le Faron a été habité par les hommes du Néolithique, peut-être aussi ceux du Paléolithique qui occupaient déjà ses grottes. Une vigie chargée de surveiller la mer et de signaler l'approche des bateaux était installée au sommet[4].

Au Moyen Âge, le mont était couvert de chênes verts parasités par le kermès des teinturiers, petit insecte dont les œufs servaient à produire un colorant rouge vermillon pour les textiles. L’avènement de la cochenille mit fin à cette production.

Sans entretien, le mont subit ensuite une désertification totale vers 1500. Les causes principales sont la déforestation excessive, le pâturage de trop nombreux troupeaux de chèvres, le ruissellement des eaux de pluies et les incendies réguliers[5].

Durant la Seconde Guerre mondiale, le lieu est libéré de l'occupation allemande après le débarquement allié en Provence en août 1944. Un mémorial y est inauguré en 1964.

Activités[modifier | modifier le code]

Cyclisme sur route[modifier | modifier le code]

Caractéristiques de l'ascension[modifier | modifier le code]

L'ascension du Faron est en sens unique du chemin du Fort Rouge (Toulon Ouest) vers l'arrivée du téléphérique, tout comme la descente de l'autre côté du fort du Faron vers la corniche Escartefigues (Toulon Est).

  • Arrivée : 508 m
  • Départ : Toulon (14 m)
  • Dénivellation : 494 m
  • Longueur : 5,5 km
  • Pente : 8 % de moyenne mais le deuxième kilomètre est à 11,4 %[6]
  • Les cyclistes professionnels mettent environ 17 minutes pour le gravir, soit une moyenne de 19 km/h[7].

Cyclisme professionnel[modifier | modifier le code]

Tour de France[modifier | modifier le code]

Le Tour de France n'est passé qu'une seule fois au mont Faron, lors de l'édition 1957 dans une étape entre Cannes et Marseille. Il a été classé en 1re catégorie.

Année Étape Distance (km) 1er au sommet
1957 12 239 Jean Stablinski
Paris-Nice[modifier | modifier le code]

Le mont Faron a servi d'arrivée de plusieurs étapes du Paris-Nice.

Année Étape Distance (km) 1er au sommet
1974 6a 21 Joop Zoetemelk
1975 6a 13,8 clm Joop Zoetemelk
1987 4 193 Jean-François Bernard
1988 3 179 Andrew Hampsten
1989 4 204 Bruno Cornillet
1990 6 164 Miguel Indurain
1991 6 164 Tony Rominger
1992 6 187 Tony Rominger
2002 4 175 Alexandre Vinokourov
2003 5 152,5 Alexandre Vinokourov
2005 5 172,5 Gilberto Simoni
Tour méditerranéen[modifier | modifier le code]

Beaucoup d'arrivées du Tour méditerranéen ont eu lieu au mont Faron.

Année Étape Distance (km) 1er au sommet
1976 2b 7 clm Roy Schuiten
1977 2b 11 clm Gilbert Chaumaz
1978 4b 8,5 clm Gerrie Knetemann
1979 3 7 clm Michel Laurent
1980 3a 5,5 clm Michel Laurent
1981 3a 8,5 clm Stefan Mutter
1983 2b 102 Steven Rooks
1984 3 136 Jean-Claude Bagot
1985 2 159 Éric Caritoux
1986 5a 27 Jean-François Bernard
1987 1 155 Robert Millar
1988 5 9 clm Tony Rominger
1989 4a 96 Luc Roosen
1990 4 113 Tony Rominger
1991 5 154 Phil Anderson
1992 5 117 Rolf Gölz
1993 2 154 Charly Mottet
1994 5b 32,6 Davide Cassani
1995 4b 100 Gianni Bugno
1996 4b 26,6 Michele Coppolillo
1997 4 141 Michele Bartoli
1999 1 140 Davide Rebellin
2000 5 148 Laurent Jalabert
2001 1 Ivan Basso
2002 4 147 Michele Bartoli
2003 4 110 David Moncoutié
2005 3 134 Jens Voigt
2006 2 112 José Iván Gutiérrez
2007 4 98 Rinaldo Nocentini
2008 3 100 Alexandre Botcharov
2009 6 165 David Moncoutié
2010 5 126 Francesco Masciarelli
2011 5 185 David Moncoutié
2013 4 145 Jean-Christophe Péraud
2014 5 192,7 Jean-Christophe Péraud
Autres courses[modifier | modifier le code]

De plus, il a existé de 1920 à 1966, la course de côte du mont Faron, ainsi que de 1952 à 1970, une épreuve contre-la-montre.

Vélo tout terrain[modifier | modifier le code]

Le mont Faron vu depuis la rade de Toulon

Le mont Faron dispose de pistes de VTT typées descente et enduro pour tous les niveaux, du cycliste débutant au confirmé. Les pistes y sont très diverses, elles comportent des passages techniques, en « single track » (passage à grande vitesse), des pierriers, des « gap » (saut). Certaines pistes sont en forêt mais sur la majorité des pistes, vous roulez sur du calcaire (sur les pistes proches du téléphérique notamment) dans des pierriers ou des pistes assez cassantes. Le niveau de difficulté est variable.

Le mont Faron est un site naturel protégé, il ne faut emprunter que les sentiers déjà tracés. Les VTT sont seulement tolérés : il n'y a pas de piste officielle, ni de balisage des pistes VTT. Un plan à titre informatif est disponible aux caisses du téléphérique du mont Faron.

Escalade[modifier | modifier le code]

Le mont Faron est un site d'escalade, décrit dans plusieurs topos. Il comporte des secteurs de couennes (voie d'une longueur) ainsi que des grandes voies jusqu'à 150 m de hauteur, équipées pour l'escalade sportive ou propices à l'escalade en terrain d'aventure[8].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Pour accéder au mont Faron, il existe un téléphérique[9]. C'est l'un des rares que l'on peut trouver en milieu urbain (avec par exemple Grenoble, Barcelone ou Rio de Janeiro) et qui permet aux cyclistes de se déplacer plus facilement.

Le Mémorial du débarquement en Provence et le zoo du Mont Faron, spécialisé dans la reproduction des félins, sont situés sur le mont Faron.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Académie du Var, Le mont Faron et son histoire, Éditions Autres Temps, 2011, 209 p.
  • Philippe Caudron, Mont Faron : Toulon, Éd. PEC, 2002, 16 p.
  • Daniel Friebe et Pete Golding, Sommets mythiques : Cyclisme, les 50 cols incontournables d'Europe, GEO, , 224 p. (ISBN 978-2-8104-0296-0), p. 22-25

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Document PDF Les Citadelles du Levant, Carnet de route n°1 », sur Document PDF tiré du site officiel de la communauté d'agglomération Toulon Provence Méditerranée (consulté le 1er mars 2013).
  2. a et b Bulletin de la Société académique du Var, Volumes 101 à 105, Académie du Var, Toulon, 1848, pages 165 et suivantes : « Notice sur l'origine du nom de la montagne Faron »
  3. Carte géologique du Faron et rapport DDTM-83, « Mont Faron : Limite de propagation - Aléa chutes de blocs », 2013 en ligne
  4. Le mont Faron et son histoire, Académie du Var, Éditions Autres Temps, 2011, 209 pages
  5. Historique du mont Faron : Mont Faron, Toulon, Var
  6. [image] Mont Faron - Profil
  7. Mont Faron
  8. Mont Faron, camptocamp.org
  9. Téléphérique du Faron