Crématorium-columbarium du Père-Lachaise

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Crématorium-columbarium du Père-Lachaise
Crématorium du Père-Lachaise 04.jpg

Face antérieure du crématorium du Père-Lachaise

Présentation
Type
Destination actuelle
Architecte
Construction
XIXe siècle
Statut patrimonial
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Une des quatre ailes du columbarium.
Sous-sol du columbarium.
Cases du columbarium.

Le crématorium-columbarium du Père-Lachaise est un ensemble architectural composé du premier crématorium de France, et d'un columbarium. L'édifice du XIXe siècle construit par l'architecte Jean Camille Formigé est situé à l'intérieur du cimetière du Père-Lachaise. Il est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1995.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le crématorium et le columbarium sont situés dans la partie Est du cimetière du Père-Lachaise, près de la porte d'entrée Gambetta. Ils occupent toute la superficie de la division 87, soit environ 4 900 m2.

Contrairement au cimetière du Père-Lachaise qui a été ouvert en 1804 sur l'ancienne commune de Charonne, le crématorium a toujours fait partie de Paris intra-muros puisqu'il a été construit après l'incorporation de cette commune à Paris pour former une partie du 20e arrondissement (1859).

Description[modifier | modifier le code]

Crématorium[modifier | modifier le code]

L'ensemble crématorium-columbarium se compose d'une chapelle de style néo-byzantin et de quatre ailes. La chapelle composée d'une nef centrale flanquée de deux bas-côtés est construite en appareil polychrome constitué de pierres blanches et noires disposées successivement en bandes horizontales.

Le toit est composé d'un vaste dôme de briques et de grès, de trois petites demi-coupoles et de deux cheminées. À noter que le dôme du columbarium comporte un repère géodésique qui pour l'IGN fait partie du réseau de détail français[1].

Le dôme principal est décoré de vitraux de Carl Mauméjean installés dans les années 1920[2],[3].

Dans une salle[4], située en sous-sol, se trouve une œuvre de l'artiste français d'origine polonaise Paul Landowski. Commandée en 1943, Le Retour éternel n'est inaugurée qu'en 1954[5],[6]. Les plâtres originaux sont conservés dans le musée-jardin Landowski à Boulogne-Billancourt[7],[8].

Columbarium[modifier | modifier le code]

Pour entreposer les urnes des premières incinérations, un columbarium a été installé provisoirement dans le sous-sol du crématorium. Une délibération du Conseil municipal du 17 avril 1890[9] autorise la construction d'un columbarium de 304 cases placé le long du mur d'enceinte du cimetière qui se trouve rue des Rondeaux[10].

Par la suite, le columbarium a trouvé son emplacement définitif, près du crématorium. Le monument dessiné par Formigé « se compose d'un portique double partagé par un mur longitudinal contenant les urnes funéraires »[11]. Il se développe « sur quatre faces, autour du crématorium »[11]. Cette version pouvait contenir 10 032 niches. Sa construction se fera successivement pour répondre à la demande : 600 cases en 1893[11], 850 cases en 1895[12]. Le columbarium définitif se compose de quatre niveaux : deux en sous-sols et deux à l'extérieur et peut contenir plus de 40 800 cases[13].

Historique[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

Le 21 mai 1804, le cimetière est officiellement ouvert par une première inhumation. Ce n'est qu'en 1883 que le Conseil municipal de Paris demande à l'architecte Jean Camille Formigé d'édifier un crématorium. La construction du crématorium s'étalera de 1887 à 1908. D'abord limité, par l'ordonnance du 28 juillet 1885, à l'incinération des déchets provenant des hôpitaux, l'édifice est ensuite dédié à la crémation des corps permise par la loi du 15 novembre 1887. La première crémation en France a lieu le 30 janvier 1889 au crématorium du Père-Lachaise.

La crémation restera longtemps une pratique marginale. Bien qu'autorisée par la religion protestante depuis 1898, il faudra attendre 1969 pour que l'Église catholique lève l'interdit.

En 1889, l'unique crématorium de France réalise 49 crémations.

Grâce à ses cinq appareils de crémation[14], le crématorium réalise environ 5 000 crémations à la demande des familles et 2 500 crémations administratives[15] par an[16], soit près du tiers des crémations en Île-de-France[17].

Monument historique[modifier | modifier le code]

Le 17 janvier 1995, le columbarium et le crématorium sont inscrits aux monuments historiques[18], complétant la liste des éléments du cimetière protégés en 1983 et 1990. Hormis l'aven d'incinération préhistorique du Suquet[19], il s'agit du seul four crématoire à bénéficier d'une protection au titre des monuments historiques.

La création de la société d'économie mixte[modifier | modifier le code]

Avec la fin du monopole communal des pompes funèbres, le crématorium est géré depuis juin 1998 par la société d'économie mixte Société anonyme d'économie mixte des pompes funèbres de la Ville de Paris, qui utilise la dénomination Services funéraires - Ville de Paris (SFVP). Son capital est détenu majoritairement par la ville de Paris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site no 75056AY : Paris AY, IGN
  2. « Vitraux Mauméjean au Crématorium du Père Lachaise à Paris 20 (75) », petit-patrimoine.com
  3. Colomb
  4. « Visite virtuelle : Salle Landowski », crematorium-perelachaise.fr
  5. « Le Retour éternel », sur paul-landowski.com, Association des Amis du Musée Landowski
  6. Pierre Wittmer, Paul Landowski à Paris : une promenade de sculpture de 1897 à 1960, Créaphis, (ISBN 2-913610-13-7, lire en ligne), p. 26-29
  7. « Notice no 1988.9.1 », sur boulognebillancourt.com, Ville de Boulogne-Billancourt
  8. « Notice no 1991.7.2 », sur boulognebillancourt.com, Ville de Boulogne-Billancourt
  9. Recueil des actes administratifs de la Préfecture du département de la Seine, vol. 6, Préfecture du département de la Seine, (lire en ligne), p. 192-194
  10. RGA, p. 398
  11. a, b et c BSAMP, p. 34-35
  12. « Échos et nouvelles », Le Petit Parisien,‎ (lire en ligne)
  13. Marie Ottavi, « Le crématorium du Père-Lachaise se modernise », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  14. Le règlement intérieur du crématorium fait état de cinq appareils de crémation, dont trois appareils ajoutés au début du XXIe siècle.
  15. restes des corps exhumés des sépultures reprises, corps des donateurs à la science, fœtus et pièces anatomiques d'origine humaine destinée à l'abandon.
  16. « Le Crématorium du Père-Lachaise : Un système de filtration sur-mesure et unique en Europe », resonance-mag.com
  17. Christophe Magdelaine, « Premières mesures des concentrations de mercure dans l’air francilien », notre-planete.info, 3 mars 2011
  18. « Cimetière de l'Est dit cimetière du Père Lachaise », notice no PA00086780, base Mérimée, ministère français de la Culture
  19. « Aven d'incinération du Suquet », notice no PA00103503, base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]