Massif des Vosges

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Massif des Vosges
Carte topographique du massif des Vosges.
Carte topographique du massif des Vosges.
Géographie
Altitude 1 424 m, Grand Ballon
Superficie 5 500 – 6 000 km2
Administration
Pays Drapeau de la France France
Régions Alsace, Franche-Comté, Lorraine
Géologie
Âge Rift rhénan et surélèvement depuis le Tertiaire ; roches apparentes principalement du Paléozoïque jusqu'au Trias.
Roches Roches métamorphiques, sédimentaires, magmatiques et volcaniques

Les Vosges [voːʒ][1] sont un massif montagneux situé au nord-est de la France. Ce massif montagneux est de type varisque (ou hercynien).

Son point culminant est le Grand Ballon (autrefois Ballon de Guebwiller) qui atteint 1 424 mètres d'altitude.

La partie méridionale du massif fait partie du parc naturel régional des Ballons des Vosges tandis que l'extrémité septentrionale (Vosges gréseuses) se situe dans le parc naturel régional des Vosges du Nord.

Les crêtes vosgiennes comportent encore les bornes de l'ancienne frontière entre la France et l'Allemagne (frontière de 1871), marquées D pour Deutschland d'un côté et F de l'autre. Cette limite est aujourd'hui celle entre l'Alsace-Moselle et la Franche-Comté au sud ainsi que le reste de l'actuelle région Lorraine sur le reste de son tracé.

Sommaire

Toponymie[modifier | modifier le code]

Les Vosges[modifier | modifier le code]

Le nom des Vosges est attesté depuis l'Antiquité[2] :

  • la première mention est géographique : ex monte Vosego désigne une montagne entre Gaule celtique et belgique, telle que César la décrit dans la Guerre des Gaules (IV, 10). Cette contrée forestière correspond à la frontière antique entre les Leuques, à l'ouest, les Médiomatriques et les Séquanes à l'est. Pline, qui est chargé d’avitailler la marine romaine, connaît déjà le sapin des Vosges ;
  • la seconde est une épithète de divinité Vosegus qui apparaît au Donon dans le titre Merc[urio] vosego. Pour la plupart des historiens du XIXe siècle, cet antique Vosegus est un génie des forêts obscures, un dieu topique de cette montagne forestière[3]. On peut y voir plus simplement une dédicace au « Mercure vosgien » ;
  • une troisième inscription antique tardive du IVe siècle montre l’équivalent du terme actuel « forêt vosgienne », avec une forte connotation sauvage et menaçante, silva vosego ;
  • au VIIe siècle, Jonas de Bobbio, biographe de saint Colomban, écrit à son propos : « Erat enim tunc vasta eremus Vosagus nomine (...). Ibi cum suis resedit » (il y avait en effet alors un vaste désert nommé Vosge (...). C'est là qu'il s'établit avec les siens) ;
  • on trouve encore : à Zinswiller (Bas-Rhin), vo[se]go sil[vano] ; à Gœrsdorf (Bas-Rhin), vosego sil[vano] ; à Bad Bergzabern (Palatinat), vosego ; à la Maison forestière de Breitensteiner (Bad Dürkheim), vosego ; à Bärenbrunner Hof (Pirmasens), vosego silvan[o][4].

La cité des Leuques, centrée à Nasium puis à Toul, est déjà une province ouverte depuis le Ier siècle. Les Bagaudes généralisées au IIIe siècle semblent reprendre avec une violence accrue au milieu du IVe siècle et ce monde, tout en restant, paradoxalement à nos yeux, structuré dans le cadre rigoureux de la latinité et du Bas-Empire, passe sous hégémonie germanique.

Alors apparaît un terme éphémère au VIIe siècle, ce siècle de la renaissance croissante des vieilles hiérophanies - lieux du sacré - oubliées, dévoyant et perdant le sens global du toponyme gaulois latinisé. Le vocable germanisé s'écrit Wasgauen ou « districts ou contrées des étendues », sous-entendu « de l'ouest » selon les historiens lorrains ou alsaciens du XVIIe siècle[5].

Les aristocrates francs, puis des associations chrétiennes d'hommes solidaires autour d'intérêts communs ont émancipé des territoires et dénommé les bans au VIIe siècle. Soumises à une christianisation profonde, ce sont de véritables et nouvelles découpes du diocèse qui, à terme, instaurent une vie politique et religieuse, voire économique, autonome par rapport à la vieille cellule fondatrice du Bas-Empire que représente la cité de l'évêque. Les ducs francs d'Alsace, constatant la vacance du roi mérovingien, ont protégé les bans dès leurs fondations, puis ont accaparé à leur compte l'administration supérieure de ces grands bans quasi-autonomes, en particulier sur les confins orientaux du vaste comté de Chaumontois. Ils ont ainsi réduit momentanément l'influence de l'évêché de Toul et ont fait de même au nord et au sud de l'Elsass, c'est-à-dire avec le Nordgau pris sur l'évêché de Spire et le Sundgau capté sur l'évêché de Bâle. Les Carolingiens, restaurateurs d'une centralité du pouvoir, ont assujetti ces entités autonomes, les plaçant sous tutelle d'administrations religieuses initialement à leur service royal.

Au XIIIe siècle, le latin d’église a gardé la forme Vosagum qui évolue en Vogia ou Vosgia, d'après la forme romane. En ancien français, on trouve conjointement « par Vouge trespassa », ce qui signifie « il passa par les Vosges ».

La civilisation paysanne impose progressivement ses repères après le VIIIe siècle. Le singulier Vosge ou Vôge provenant du premier toponyme gaulois latinisé se perpétue pour caractériser le pagus ou pays vert observable en contrée frontalière au sud de l'antique Belgica prima, à la limite de l'ancienne Austrasie et déjà en Burgondie.

Des formes au pluriel en langues romanes et germaniques, du premier toponyme gaulois latinisé, influencées par les interprétations savantes mérovingiennes, prennent désormais en compte la diversité du domaine royal, une foresta primitive et royale dispersée dans ce monde paysan en gestation en grands bans montagnards, parfois morcelés ultérieurement au gré des pouvoirs politiques plus ou moins sacrés, engendrant plus tard au XIIIe siècle les anciennes grandes paroisses, en particulier celles de la montagne, puis le massif montagneux lui-même.

L'historien peut en conclure que la montagne, bien que soumise à une semblable administration du Bas-Empire jusqu'au début du VIIe siècle, s'affirme en foyer germanique et que la Vôge à une grande contrée précocement latinisée entre Saône et Moselle. Les études dialectales confirment cette assertion. L'ethnologie des anciennes coutumes et des vieux moyens de transports ruraux montrent des frontières au-delà de la Moselle, les zones au voisinage des voies romaines demeurant fortement romanisées.

En alsacien, le massif est appelé D'Vogese. Ce terme voisin de l'allemand Die Vogesen semble avoir été formé sous l'influence du latin ecclésiastique Vosagensis, devenu *Vosagesi « vosgeais », désignant ce qui est relatif aux Vosges ou à Vosagum. Les voyageurs ou habitants du piémont alsaciens désignaient certains éléments du paysage visibles de loin, roches, forêts ou chaumes sommitales, éboulis ou parois escarpées, pentes boisées, broussailleuses ou en pelouses sèches, châteaux d'observation et habitats des passes fréquentées, qu'ils ont ensuite pris l'habitude d'éluder. Il reste que l'évolution phonétique du premier mot gallo-roman Vosego silvano donne le mot alsacien.

Le département des Vosges a été formé sur la partie méridionale des États de Lorraine en 1790.

Les ballons[modifier | modifier le code]

Le terme ballon est le nom usuel sous lequel on désigne quelques sommets des Vosges. En réalité le toponyme le plus fréquent pour les sommets vosgiens n'est pas construit avec le mot ballon mais avec le mot alsacien kopf qui signifie « tête ». En effet, seuls cinq sommets portent réellement ce nom (Grand Ballon, Petit Ballon, Ballon d'Alsace, Ballon de Servance et Ballon Saint-Antoine). Bien que le relief des ballons soit généralement assez doux, ils ne sont pas véritablement ronds comme des ballons ainsi qu'on le croit souvent, et s'ils présentent effectivement des aspects arrondis, ils possèdent également des escarpements prononcés (comme les versants nord et est des Ballons d'Alsace et de Servance, très raides voire dangereux pour le randonneur qui quitterait les sentiers).

Le mot ballon n'a donc probablement pas pour origine une quelconque comparaison avec un ballon. Deux étymologies sont ici en concurrence et peut-être complémentaires :

  • l'allemand Belchen qui désigne le ballon d'Alsace (Elsässer Belchen ou welscher Belchen), mais aussi le sommet de la Forêt-Noire (Badischer Belchen) et que l'on retrouve aussi dans le ballon suisse (schweizer Belchen, Belchenflue ou encore Bölchen et Bölchenflue en suisse alémanique). Le terme Bölchen semble être un diminutif du vieux haut allemand bolla qui signifie « récipient arrondi », « bol » et de même origine indo-européenne que le latin bulla « objet sphérique » (> français boule) et désigne donc métaphoriquement « la forme arrondie des sommets ». Il se peut que Belchen représente une évolution dialectale de ce terme ;
  • Cependant, il s'agit peut-être aussi d'une référence au culte celtique de Belenos – dieu du soleil – qui fut célébré jadis sur les éminences les plus dégagées du massif.

Ce mot Belchen compris comme Bölchen, a influencé le choix du terme français ballon au XVIIIe siècle par les moines bénédictins de Senones, véritables géographes du siècle des Lumières.

Géographie[modifier | modifier le code]

Topographie[modifier | modifier le code]

Relief des Vosges.
Lac glaciaire du Schiessrothried.
Le toit des Vosges.
Le sommet du Grand Ballon.

Le massif des Vosges offre un profil très dissymétrique, opposant le sud cristallin et le nord gréseux, l'ouest en pente douce et l'est accidenté et tombant vers la plaine d'Alsace.

Les Vosges cristallines se composent d'une crête principale en forme de J inversé, à laquelle viennent se greffer plusieurs chaînes secondaires séparant les vallées des affluents de la Moselle côté lorrain et de l'Ill côté alsacien. Au nord de la vallée de la Bruche, les Vosges gréseuses forment une suite de collines dont l'altitude diminue après le col de Saverne dans les Vosges du Nord et qui se prolonge naturellement au-delà de la frontière allemande par le massif du Pfälzerwald.

Le cirque glaciaire de Frankenthal, dont les couloirs d'avalanche abritent des espèces rescapées de l'ère glaciaire, culmine à 1 363 mètres. Il est remarquable par son relief abrupt et son climat particulièrement rude.

Sommets[modifier | modifier le code]

Les 14 sommets vosgiens de plus de 1 300 m sont[6] :

Liste à laquelle s'ajoutent d'autres sommets notables de plus de 1 000 m :

Lacs, étangs et tourbières lacustres[modifier | modifier le code]

Les plans d'eaux se présentent sous des formes très variables, reliques de paysages naturelles ou réalisations artificielles soit anciennes ou récentes[6]. Les principaux sont classés par ordre d'altitude :

Cols et tunnels[modifier | modifier le code]

Les cols vosgiens sont généralement ouverts en toutes saisons, à l'exclusion d'une partie de la route des Crêtes, non déneigée jusqu'au printemps. Le tunnel Maurice-Lemaire, utilisé initialement pour le transport ferroviaire, a été réaménagé pour le trafic routier par APRR pendant quatre ans et a rouvert ses portes à péages le . Le projet de tunnel entre Bussang et Urbès s'est limité à la moitié du percement. Il a été abandonné en 1938 faute de moyens.

Les cols vosgiens peuvent être classés en cinq catégories :

Géologie[modifier | modifier le code]

Le versant alsacien du massif du Hohneck.
La faille du fossé rhénan.

Les massifs des Vosges en France et de la Forêt-Noire en Allemagne ne sont géologiquement pas des montagnes[7]. Ils apparaissent en contre-coup de l'effondrement rhénan, preuve d'une gigantesque faille active parmi d'autres qui fracturent l'Europe il y a soixante-cinq millions d'années au début du Tertiaire. La pression de l'orogenèse alpine née de la poussée de la plaque africaine sous la plaque européenne n'est qu'une des grandes causes de la reprise des mouvements tectoniques. Les failles rhénanes se prolongent facilement vers le sud à la vallée de la Saône et au couloir rhodanien et au nord de façon moins apparente jusqu'au bassin d'Oslo[8].

L'intense dislocation commençant à l'époque tertiaire, en particulier l'effondrement continu du fossé ou graben alsacien et la surélévation progressive des bords, aboutit à la situation actuelle, une vallée du Rhin encaissée bordée de part et d'autre par deux massifs, Vosges et Forêt-Noire, profondément faillés et décapés[9]. La reprise de l'érosion a éradiqué les couches secondaires pour parvenir au socle arasé au début du Permien, résultat de l'effondrement et de l'érosion des montagnes de l'époque carbonifère. Des noyaux durs de roches magmatiques du type granites et des zones métamorphiques de type gneiss aujourd'hui en surface dévoilent des parties profondes du socle hercynien commun en particulier aux Vosges et à la Forêt-Noire[10]. Dans les zones d'effondrement latérales, ils sont parfois encore recouverts par de puissantes couches de grès rouges de la fin de l'ère primaire, contenant çà et là, de fines couches rappelant des transgressions de petites mers intérieures.

Au début de l'ère secondaire, ce socle permien plus ou moins plan, devenu un vaste rivage faisant face à une avancée d'un bras de la Téthys couvrant le sud de l'Allemagne actuelle, s'était couvert d'un dépôt de sables devenu le grès triasique rose, ce matériau initialement charrié provenant de l'érosion de montagnes bien à l'ouest, puis au sud du centre de l'actuel bassin parisien[11]. Une série d'immersions et d'émersions de cette pénéplaine sableuse par des mers plus ou moins chaudes et profondes laisse des sédimentations spécifiques que l'on retrouve dans le Trias lorrain. Car, à l'époque tertiaire, sur ce qui est devenu une haute pénéplaine, l'érosion reprend et commence à enlever les derniers dépôts secondaires sur ce qui répparaît du massif ancien.

Les premières grandes glaciations de l'ère quaternaire, sous forme d'inlandsis, ont contribué à accélérer l'érosion des couches calcaires, argileuses et gréseuses du Secondaire, ensuite facilement déblayées. Puis l'érosion s'est attaquée aux anciens dépôts permiens et aux roches reliques de la chaîne hercynienne. Les dernières glaciations ont laissé des traces dans les vallées en amont creusées en forme de paliers descendants, d'ombilics et de ressac, laissant en aval nombre de moraines et de tills[12]. Ces récents surcreusements ou ces masses de matériaux mal déblayés sont à l'origine de paysages ultérieures de reculées et de cirques montagnards, de haut plateaux bosselés parsemés parfois d'étangs (pays des mille étangs en Haute-Saône vosgienne), de nombreux amoncellements morainiques ou de verrous rocheux à l'origine de lacs (Gérardmer, Retournemer, Longemer, lac des Corbeaux, lac de la Maix...), parfois devenus tourbières ou même simples prairies humides planes. L'érosion glaciaire et fluvio-glaciaire a laissé de grandes vallées larges et un haut massif parsemé de ballons arrondis, dont la ligne de sommets cristallins rappelle approximativement la pénéplaine arasée avant les dépôts permiens.

Le vieux socle hercynien est prépondérant dans le sud du massif, plus fortement surélevé de façon récente, alors que les bassins permiens sont fréquents vers le nord du massif, où le jeu des dislocations latérales a provoqué des effondrements plus ou moins localisés. L'activité volcanique est en particulier observable dans des roches du Permien, de l'époque tertiaire et plus récemment du Miocène.

Gravure en noir et blanc : le bâtiment de la mine est doté d'une cheminée et tour pyramidale au milieu d'un paysage champêtre.
Le puits Saint-Louis est un charbonnage creusé au pied des premiers massifs saônois.

Résultats d'une tectonique intense et de la proximité du graben avorté, les roches du massif sont extrêmement faillées. Le massif bouge régulièrement au niveau d'anciennes failles profondes de l'écorce terrestre, notamment sensibles à la pression de la remontée de la plaque africaine sur l'Europe. Le , un séisme de magnitude 5,4 dont l'épicentre a été localisé près d'Housseras, entre Rambervillers et Saint-Dié-des-Vosges, a été ressenti dans une grande partie de la France, en particulier très loin le long des failles majeures. Un tremblement de terre de même intensité, mais plus proche de la surface causerait des dommages terribles aux habitations. Au XVIIe siècle, des pans de montagne se sont même effondrés dans la vallée de la Plaine.

Le massif des Vosges est riche en diverses minerais métalliques apportés par des veines métallogéniques autrefois situées en grandes profondeurs (mines de la vallée de Saint-Antoine, du val d'Argent, de Servance de Giromagny ou encore les Hautes-Mynes du Thillot[13], on peut aussi y trouver de la houille ou charbon de terre, plus ou moins exploitable, dans de petits bassins sédimentaires du Carbonifère (bassin houiller sous-vosgien et bassin houiller de la vallée de Villé) surtout exploités dans les Vosges saônoises à Ronchamp[14].

Climat[modifier | modifier le code]

Le massif des Vosges est soumis à une double influence, océanique et semi-continentale. D'autre part, il constitue le premier relief sur la route des perturbations océaniques. Enfin, c'est le massif français majeur le plus septentrional.

Il en résulte plusieurs caractéristiques remarquables[15],[16],[17] :

  • un fort gradient de précipitations d'ouest en est : Gérardmer est ainsi beaucoup plus arrosée que Colmar et à la même latitude, les pentes occidentales du massif sont essentiellement occupées par la forêt et des pâtures, tandis que les pentes orientales hébergent un vignoble réputé et une flore et une faune liées aux milieux secs et ensoleillés. Ceci permet à une partie de l'Alsace de jouir d'un climat d'abri ;
  • des températures hivernales très basses, et des hivers longs ;
  • toutes choses égales par ailleurs, une limite pluie / neige plus basse que dans les Alpes et, par conséquent, un climat rude, de type montagnard, affectant les sommets vosgiens, à des altitudes où dans d'autres massifs, on trouve une occupation humaine permanente, avec des cultures ;
  • un enneigement relativement important chaque hiver (un hiver sans neige étant très exceptionnel) ;
  • une hauteur annuelle de précipitations importante, à l'origine du très dense réseau hydrographique propre au massif ;
  • des vents pouvant être soutenus, essentiellement d'ouest, frais et humides, et secondairement d'est ou de nord-est : la bise. Celle-ci est synonyme de beau temps mais peut devenir éprouvante en hiver car elle renforce la sensation de froid intense ;
  • des phénomènes d'inversion de température, fréquents en hiver, pendant lesquels l'air froid s'accumule dans les vallées, sous un couvercle de brouillard, tandis que le relief émerge au soleil, dominant une mer de nuages, et jouissant de températures douces.

Phénomènes météorologiques exceptionnels[modifier | modifier le code]

Tornade du 11 juillet 1984[modifier | modifier le code]

Le 11 juillet 1984, entre 20 heures et 22 heures, une tornade très violente a traversé le département des Vosges avec des vents atteignant 150 à 200 kilomètres/heure[18]. L'ouragan a surtout dévasté une bande de 10 km de largeur provenant de Monthureux-sur-Saône en direction de Rambervillers[19]. Plus de 90 villages ont été endommagés et sinistrés. Il n'y eut que deux blessés malgré la violence de la tempête. Les villes situées le long de l'axe principal de la tornade comme Épinal, Nomexy ou Thaon-les-Vosges furent également touchées par le cataclysme. Comme c'est souvent le cas dans de telles catastrophes naturelles localisées, les lignes électriques et téléphoniques ont été coupées[19]. Le plan ORSEC fut déclenché à 21 heures pour recouvrir les toitures de bâches et apporter les premiers secours[20]. Le 170e régiment d'infanterie d'Épinal et le 18e régiment de transmissions intervinrent pour aider les professionnels et les bénévoles. Le secrétaire d'État Haroun Tazieff s'est rendu dans les zones les plus sinistrées en compagnie du présidente du Conseil général des Vosges, Christian Poncelet[20]. Il fallut plusieurs années pour que la forêt se rétablisse[20].

Tempête Lothar de 1999[modifier | modifier le code]
Enneigements remarquables[modifier | modifier le code]
Enneigements en mars 2006.

Les années 1969-1970 furent longtemps considérées comme celles des records en matière d'épaisseur maximale du manteau neigeux[21]. La neige a atteint par endroits comme au Feldberg une épaisseur de 3,5 m. Les météorologues ont relevé un cumul réel de neige de 1 133 mm au lac de Lauch entre décembre 1969 et mai 1970[21]. C'est l'année où le névé le plus persistant du massif vosgien au Schwalbennest s'est maintenu jusqu'à la mi-septembre[21].

L'hiver 1994-1995 a aussi présenté une bizarrerie météorologique qui a permis au névé du Schwalbennest de durer jusqu'à la mi-août[22] alors que l'hiver n'a pas été particulièrement froid, ni riche en précipitations solides. En revanche, le printemps 1995 fut marqué par des températures assez basses pendant une certaine durée, provoquant un cumul d'enneigement de 106 mm vraiment exceptionnel en cette saison[22].

La multiplication des perturbations actives observées en février et mars 2006[23], dans des masses d'air à température très majoritairement négative, sont à l'origine d'un nouveau record identifié (après guerre) avec plus de 3 m sur les crêtes. La couche de neige a approché, atteint ou dépassé les 3 m grâce à un cumul de 120 cm[24], comme au Ballon d'Alsace ou au Grand Ballon. Cet enneigement exceptionnel est attribué précisément à une perturbation dite Xandra ayant « stagné » sur les Vosges pendant les journées du 3, 4 et le matin du 5 mars 2006. Ainsi, sur les sommets de plus de 1 200 m, il est tombé jusqu'à 1,40 m de neige, un peu moins, plus bas, avec tassement et fonte dus à une courte période (après-midi) de redoux pluvieux.

L'hiver 2005-2006 se caractérise par une succession de perturbations plus ou moins actives, très rarement pluvieuses sur les plus hautes crêtes de plus de 1 300 m, en nombre limité au-dessus de 1 100 m, la limite pluie/neige étant souvent vers 900 à 1 000 m, comme en témoigne le caractère du manteau neigeux, significativement différent, autour des altitudes précitées. Les périodes d'inversion thermique synonymes de « douceur » (relative) sur les crêtes ont été limitées en importance et en durée. L'ensoleillement a été aussi déficitaire.

Tous ces facteurs sont à l'origine de cet hiver remarquable et exceptionnel ayant affecté le massif des Vosges dont les sommets ont été enneigés à partir du 16 novembre 2005. La dernière plaque de neige a disparu sous le Kastelberg, au lieu-dit Schwalbenneste, vers le 20 juillet 2006, ce qui pour les analystes reste relativement précoce[25] au regard des autres années où le névé du Schwalbennest persistait plus longtemps malgré des hivers moins enneigés que celui de 2006[24].

Environnement[modifier | modifier le code]

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Le loup gris, revenu officiellement depuis 2011.
Lynx boréal qui peuple le massif vosgien.
Article détaillé : Flore du massif des Vosges.

La végétation de ce massif est dominée par les résineux, épicéas, pins et sapins, rendus plus fréquents par une sylviculture développée dès le milieu du dix-neuvième siècle de manière intensive, que les hêtres et les chênes. Une des caractéristiques des Vosges est la présence de chaumes, qui sont des prairies sommitales plus ou moins vastes, probablement essentiellement d'origine anthropique. On y trouve notamment des hêtres nanifiés et anémomorphosés (hêtres dits en drapeau, au branchage formé par le vent dominant), des myrtilles, des callunes, etc. Quelques tourbières d'altitude abritent des plantes carnivores.

Les deux emblèmes du massif sont la myrtille, communément appelée brimbelle, dont la fameuse tarte est au menu de tous les restaurants de la région, et la jonquille fêtée tous les deux printemps à Gérardmer. Mais le massif abrite aussi de nombreuses espèces remarquables, dont la Linaigrette grêle, l'Œillet superbe, la canneberge, la droséra.

L'animal symbole des Vosges est le Grand Tétras (ou grand coq de bruyère), aujourd'hui menacé d'extinction. On trouve encore d'autres oiseaux remarquables : chouette de Tengmalm, chouette chevêchette, gélinotte des bois, pic noir, cassenoix moucheté, faucon pèlerin, cincle plongeur, etc. forêt abrite de grands animaux, cerfs, chevreuils et sangliers.

De par leur isolement, leur morphologie (sommets déprimés occupés par des chaumes) et leur altitude moyenne, les Vosges ont longtemps servi de refuge à des mammifère herbivores, vivant habituellement en plaine et disparus ou fortement menacés dans le reste de l'Europe occidentale. Six grands mammifères autrefois présents dans le massif en ont totalement disparu, pour avoir été chassés excessivement : l'Ours brun, le tarpan (totalement éteint depuis le début du XXe siècle), le Bison d'Europe, l'élan, le bouquetin[26],[27] et l'auroch (totalement éteint depuis le XVIIe siècle). L'élan est le premier à disparaître du massif, dès le Moyen Âge, aux alentours du XIe siècle. L'auroch disparaît au XIIe siècle. Le tarpan disparaît plus tardivement, au XVIe siècle suivi par le Bison d'Europe qui disparaît au XVIIe siècle. Quant à l'ours, les Vosges sont probablement le premier massif montagneux de France où il ait été éradiqué, dès le XVIIIe siècle : les Vosges étant un massif isolé, les ours locaux ont disparu d'autant plus vite qu'ils y ont été fortement chassés après avoir été coupés de leurs congénères, exterminés dans les plaines voisines[28]. Ils n'ont laissé que quelques toponymes pour tout souvenir : par exemple, un lieu-dit «le passage de l'ours» dans la haute vallée du Rahin, sur de territoire de la commune de Plancher-les Mines (Haute-Saône).

Le dernier bouquetin du massif a été abattu dans la vallée de Munster en 1798[26]. Les cornes de l'animal abattu se trouvent aujourd'hui au muséum d'histoire naturelle de Colmar[27].

Le chamois a été réintroduit, tout comme le Lynx qui l'a été en 1983[29]. Toutefois, l'espèce n'a jamais pu établir un effectif suffisant et serait actuellement en diminution, le braconnage en étant probablement une cause importante[30].

Le castor, qui avait disparu, a lui aussi été réintroduit dans le piémont et est présent notamment dans la vallée de la Doller, mais aussi dans d'autres rivières issues du massif (Moselle)[31].

Enfin, le loup fut officiellement absent du massif durant 92 ans[32]. Il est toutefois revenu naturellement dans le Jura Suisse où il est présent depuis 2004[33] à quelques kilomètres de la frontière alsacienne. Compte tenu de la géographie, de la végétation et de la forte présence d'ongulés en Alsace, on[Qui ?] s'attendait alors à une confirmation rapide de sa réapparition naturelle dans le Jura alsacien, le Sundgau puis dans le massif vosgien. Il fallut attendre sept ans pour que le loup fasse officiellement son retour dans les Vosges, le 8 juillet 2011, dans le secteur du Ventron et du col du Bonhomme[34]. Le suivi hivernal 2011-2012 a confirmé l'existence de la Zone de Présence Permanente des Hautes-Vosges s'étendant sur les départements du Haut-Rhin, des Vosges et de la Haute-Saône[35].

Radioactivité[modifier | modifier le code]

Comme le Sud-Est de la proche Forêt-Noire allemande[36], la région vosgienne fait partie de celles qui ont été touchées par les pluies radioactives lors du passage du nuage de Tchernobyl en mai/juin 1986.

Des taux de 10 000 à 24 000 Bq/m2 ont été enregistrés 11 ans après la catastrophe de Tchernobyl dans les sols forestiers près de Saint-Jean-d'Ormont) et grâce à un vétérinaire qui a fait analyser un des sangliers tués à la chasse et apportés à l'abattoir ; la dose mesurée par l'Office de protection contre les rayonnements ionisants était de 1 700 Bq/kg de viande[37]. D'autres analyses ont donné des taux de 1 500 à 2 000 Bq/kg[38], la norme européenne étant de 600 Bq, qui pourrait aujourd’hui, dérogatoirement et uniquement en cas de crise avec situation d'« urgence radiologique » être provisoirement portée au maximum à 1 000 Bq/kg selon le Codex alimentarius, pour pouvoir être commercialisée[39]). « Compte tenu des dépôts mesurés au sol, un nombre limité de champignons, de myrtilles et de pièces de gibiers issus de cette forêt » était dores et déjà à la fin des années 1990 « susceptibles de dépasser les limites de commercialisation »[38].

En 1995, des échantillons de champignons vosgiens prélevés au marché international de Rungis présentaient déjà une radioactivité de 1 à 520 Bq/kg et en mars 1997 on montrait que les dépôts de césium 137 comptaient parmi les plus élevés alors détectés en France ; trois échantillons de sol ont été faits sur un transect tracé du haut en bas du versant sud de la forêt de Saint-Jean-d'Ormont tous les 700 à 1 000 m, suivi d'un un 4e échantillon prélevé dans une prairie permanente distante d'environ 1,5 km de la forêt[38]. Ces 4 échantillons, respectivement et pour le césium 137 présentaient une radioactivité allant de 11 000 en hauteur à 13 000 Bq/m2 sous les arbres en vallée et 23 000 Bq/m2 en prairie. Or les champignons sont connus pour bioaccumuler fortement la radioactivité (en particulier la truffe du cerf, l'un des mets les plus appréciés des écureuils et sangliers sauvages). Les chanterelles locales présentaient une moyenne de 200 Bq/kg (en poids frais) pour le césium 137[38]. Les sangliers consommant d'importantes quantités de champignons, il n'est pas surprenant que les venaisons de sangliers échantillonnées aient été mesurées à des niveaux de 1 500 à 2 000 Bq/kg de césium 137 auxquels il faut ajouter une vingtaine de becquerels de césium 134 par kilogramme[38]. En avril 1997 une télédétection de rayonnement gamma émis par le sol a été faite par hélicoptère sur une partie de la forêt de Saint-Jean-d'Ormont. Sur la base des données disponible et pour 1997, l'exposition moyenne cumulée (naturelle et due aux retombées) a été estimée à 7 mSv/an pour les habitants des Vosges[38].

Il existe par ailleurs une radioactivité naturelle liée à la présence d'uranium dans certaines parties du massif. La pollution des habitations au radon est également constatée[40].

Histoire[modifier | modifier le code]

Il n’existe pas d’histoire du massif vosgien à proprement parler. Le fait de le percevoir comme un massif dans sa globalité est plutôt récent et répond davantage à des critères géologiques, géographiques et plus récemment touristiques qu’à des considérations historiques ou culturelles. Bien au contraire, le massif des Vosges a été longtemps perçu comme une montagne frontalière aux confins de deux royaumes[41], l’un roman[42], l’autre germanique, même si la recherche[43] historique et ethnographique montre aujourd’hui que l’interpénétration des cultures et les échanges de natures différentes ont conféré au massif un caractère transitoire entre est et ouest, nord et sud[44]. En son centre à la jonction des deux familles de langues, on trouve des territoires de mixité autant sur le plan culturel que linguistique ou religieux[43]. Cela n’a pas empêché les souverains des deux côtés de la ligne de partage culturelle d’établir des fronts de colonisation ou de catholicité[45] pour matérialiser les limites territoriales des États quand les esprits avaient besoin de se distinguer du voisin. En conséquence, le massif est historiquement et culturellement à la fois et suivant les époques terre de rencontre[41] et terre de confrontation[46], montagne isolée et montagne de passage[43].

Terres de contact gauloises et romaines[modifier | modifier le code]

Limite entre la Belgique première et la Germanie supérieure avec la ligne de crête vosgienne, IIe siècle.

La période celtique et romaine est d'un point de vue historique sans doute celle qui autorise le plus à parler d'histoire commune à l'ensemble du massif vosgien même si la diversité ethnique et culturelle reste fortement présente. De plus, l'époque romaine marquera la première vocation frontalière de la montagne vosgienne entre les entités administratives de l'Empire romain dont une large partie perdurera jusqu'à nos jours, y compris pour les cols de passage traversant le massif à l'époque romaine comme les cols de Saverne, du Donon, du Bonhomme ou de Bussang.

Le massif des Vosges dans l'Antiquité est avant tout un désert forestier au climat rude. Tous les peuples vivant en périphérie du massif y vénèrent plusieurs divinités plus ou moins importantes, en tête desquelles Vosegus et Belenos, plus tard avec l'arrivée des légionnaires multiculturels Mercure[47] et Mithridate dont une statue est conservée au musée gallo-romain de Sarrebourg, mais aussi une multitude de divinités mineures, de génies, d'esprits ou de nymphes. À l'instar de la déesse de la chasse et des bois, Arduinna, qui devint le nom éponyme des Ardennes, Vosegus est décrit comme un génie protecteur[48] de la forêt qui porte du coup son nom : silva vosegi. Pour d'autres il appartient aux dieux-chasseurs[49] des forêts, Vosegus silvanus, qui aurait pris sous sa protection Teutatès. Comme dans les textes anciens rédigés en latin, on lit les expressions « Vosegus silva » ou « Vosegus mons » dans des régions qui aujourd'hui ne sont objectivement plus très associées aux Vosges au sens large ou départemental, on est en droit de penser que la perception de la forêt de Vosegus ou de la montagne de Vosegus divergeait beaucoup de la nôtre aujourd'hui. On évoque ce dieu-chasseur également dans le Palatinat[49] et César évoque la source de la Meuse dans La Guerre des Gaules dans le livre IV en ces termes : « Mosa profluit ex monte Vosego qui est in finibus Lingonum[50] ». La Meuse prend sa source sur le plateau de Langres, effectivement en terres lingones, mais quelque peu éloignée du massif montagneux. Cela tend à prouver que les habitants du Grand-Est de l'Antiquité délimitaient la Vosegus silva de manière plus étendue qu'à l'heure actuelle. La « forêt vosgienne » allait de la Meuse au Rhin, des Ardennes à Langres et au Doubs[51]. Des lieux sanctuaires y attiraient les tribus gauloises pour des cérémonies cultuelles régulières avec des temples disséminés sur tout le massif ou des rencontres intertribales[52] comme au sommet de la montagne sacrée du Donon[53].

Le massif vosgien a été fréquenté, voire colonisé par les tribus gauloises médiomatrique, leuque, lingone et séquane.

Initialement, l'ensemble du massif se trouvait dans la Gaule belgique, y compris la partie de la plaine alsacienne. Sous Auguste, la province prétorienne de la Belgique comprenait dans l'Est de la France les tribus gauloises suivantes[54]:

La partie nord du massif était occupée par les Médiomatriques qui possédaient un grand territoire de la Meuse au Rhin. Une ville mise au jour au col de Saverne, fossé des Pandours, passe pour être la première capitale de cette grande cité avant son déplacement vers Metz (Divodurum) quand la plaine alsacienne fut cédée aux Triboques[55] comme peuple défenseur de la frontière romaine à l'est face aux tribus ennemies. Ils furent appelés à l'aide par les Séquanes et restèrent ensuite dans la plaine rhénane. Il n'est pas établi que les Triboques aient été des Germains, mais éventuellement et plutôt des Celtes germanisés[56].

Dans cette région, la « culture des sommets vosgiens » s'est développée et s'est maintenue après l'occupation romaine comme des îlots celtiques caractérisés par une romanisation plus tardive[57] que dans les régions de plaine[58]. Le fait d'avoir trouvé une forte quantité de monnaies romaines dans le site du Wasserwald dans le pays de Phalsbourg (Hultehouse) remet en question pour certains chercheurs l'isolat celtique dans le monde romain dominant[59]. Il n'est pas exclu que ces cités d'altitude finalement peu éloignées d'une voie romaine secondaire aient à la fois souhaité maintenir un style de vie celtique et profiter des apports positifs de la culture romaine. De fait, l'archéologie a mis en évidence une architecture commune à la plupart de ces cités des hauteurs vosgiennes où vivaient des paysans ayant pris l'habitude d'empierrer leurs champs, leurs prés et leurs colonies comme on en voit dans d'autres régions celtiques plus à l'ouest[60]. La partie médiomatrique du massif vosgien, donc au nord du col du Donon, se caractérise également par ses pratiques funéraires et notamment l'expansion de la stèle-maison[61]. On retrouve certes cette tombe en forme de maisonnette au toit à deux pans dans d'autres parties de la Gaule, mais elle s'y est particulièrement développée et bien implantée dans les Vosges mosellanes et alsaciennes septentrionales[62].

Ce sont des cités ou oppida de l'âge de fer, depuis Hallstatt II à La Tène II qui jalonnent les sommets tabulaires gréseux de la forêt palatine aux Vosges moyennes. On trouve également un oppidum très similaire au mont Tonnerre (Donnersberg) dans le Pfälzer Bergland. On reconnaît des pratiques architecturales et cultuelles communes[63], notamment l'usage du murus gallicus ou de la porte en tenaille.

La partie méridionale était occupée par les Leuques, mais la pénétration du massif dans sa partie plus élevée et plus accidentée n'est pas été aussi intense que dans les Vosges du Nord. Cela se confirme pendant la période romaine car les voies romaines contournent les zones au relief plus prononcé à l'exception de la voie romaine qui longe la Moselle jusqu'au col de Bussang. On ne trouve pas de castra romains à l'intérieur du massif méridional, mais en revanche l'activité gallo-romaine tant économique que culturelle fut très importante dans la partie occidentale de l'actuel département des Vosges sur l'axe Lugdunum - Trevis. De nouvelles villes apparaissent au voisinage des voies de grande communication de la plaine sous-vosgienne[64] comme Soulosse qui contrôlait le passage du Vair entre les Lingons et les Leuques ou Escles située sur l'axe secondaire entre Langres et le col du Donon[64]. Grand, dans le pays de Neufchâteau, représente une exception à la règle d'attractivité des voies romaines car elle s'est développée à l'écart des axes de communication pour des raisons religieuses : un temple dédié à Apollon Grannus a entraîné la construction progressive de nombreux édifices comme une balisique, un théâtre et des thermes[64].

Plus au nord, les villes-étapes de Sarrebourg (Pons Saravi) et Saverne (Tres tabernae), en bordure du massif vosgien de chaque côté du col de Saverne, répondent à la même logique de diffusion de la culture romaine par la force centrifuge des voies romaines principales. À cette époque, la forêt vosgienne est beaucoup plus étendue qu'aujourd'hui où elle se limite à moins de 3 km au niveau du col. Il fallait une journée pour rejoindre Sarrebourg et Saverne, notamment parce qu'il fallait descendre ou monter la côte de Saverne. Des gîtes pour hommes et bêtes se sont installés dans les deux cités.

Sous Septime Sévère, les provinces romaines sont refondues et le massif vosgien se scinde en deux :

  • la Belgique première conserve les cités prétoriennes citées plus haut ;
  • la Germanie supérieure est une province consulaire qui englobe toute la plaine alsacienne et le nord de la Franche-Comté. La lente germanisation de l'Alsace commence donc avant l'arrivée des Alamans entre Rhin et Vosges.

La densité de la population gallo-romaine la plus importante n'était donc pas dans, mais autour du massif pour l'essentiel, même si par le fond des vallées, les premiers colons pénétraient peu ou prou à l'intérieur de la montagne de manière clairsemée. Il s'agit des vallées de la Meuse, de la basse et moyenne Moselle, du Madon, de la Meurthe auquel on peut ajouter les pays précocement romanisés comme la Vôge ou le Saintois[64].

Marches et terres d'empire[modifier | modifier le code]

Frontières du Saint-Empire au Moyen Âge, le massif vosgien en Haute-Lorraine (Oberlothringen).
Les territoires impériaux vers 1400.
Territoires impériaux implantés dans la partie montagnarde du massif des Vosges.

Pour appréhender l’histoire du massif vosgien, il faut s’intéresser distinctement au passé de nombreux territoires du Saint-Empire romain germanique. C’est là un point commun à toutes les entités politiques du massif. La limite du Saint-Empire ayant été très longtemps la Meuse[65] en Lorraine occidentale, les montagnes vosgiennes sont intégralement situées dans la mouvance du royaume de Germanie depuis les partages successifs[65] des souverains carolingiens et ottoniens jusqu’au rattachement des premières régions au royaume de France au XVIIe siècle. L’allophonie de certains de ses habitants n’avait rien de surprenant puisque, dans cet empire pluriculturel, des dizaines de langues cohabitaient sans que le pouvoir impérial tentât d’imposer une langue plus qu’une autre. En revanche, les textes administratifs et la littérature font apparaître clairement une distinction que faisaient les habitants du massif vosgien spontanément sur le terrain, sans doute par réflexe identitaire, mais surtout parce que la différence était flagrante à l’oreille : les Welsches et les Allemands (ou Tudesques) cohabitent[46] et se tolèrent tant bien que mal à l’instar des autres pays ou régions d’Europe où deux cultures antagonistes se côtoient[42]. Ce faisant, les subtilités linguistiques et culturelles entre germanophones importaient peu aux Welsches, et vice-versa[66].La présence de germanophones n'était pas seulement imputable aux populations de langue alsacienne, mais aussi parce que les mines, les verreries, les charbonniers ou encore les scieries attiraient des populations originaires d'Allemagne de l'Est, de Suisse ou d'Autriche, comme par exemple à Sainte-Marie-aux-Mines où les Saxons étaient détenteurs du savoir-faire minier[67]. Cette dichotomie du massif vosgien créait en quelque sorte des sphères culturelles plus vastes qui englobaient le plateau lorrain ou la Franche-Comté d’un côté[68] et toute l’Alsace, le Bade, le Palatinat ou la Suisse de l’autre.

États et seigneuries possessionnés en partie ou en totalité dans le massif vosgien[modifier | modifier le code]

Les territoires où cohabitaient les deux familles de langues à plus ou moins grande échelle, nécessitant parfois l’intervention d’agents et d’officiers bilingues[65] étaient :

Les États de langue romane étaient :

Les États de langue germanique étaient :

Ancienne chevalerie et grandes maisons nobles[modifier | modifier le code]

Partie lorraine du massif et les prévôtés montagnardes[modifier | modifier le code]
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Duc de Lorraine

En raison de sa colonisation très tardive et progressive à partir du XIIe siècle, le massif des Vosges, sur son flanc occidental sous la souveraineté directe ou indirecte des ducs de Lorraine, n'a pas donné de familles illustres issues de l'ancienne chevalerie de création immémoriale. Très longtemps, les grandes forêts de la partie sud du massif furent des fiefs soit de la maison ducale ou de leurs avoués respectifs, soit de la collégiale princière de Remiremont qui possédait des terres au-delà de la crête principale des Vosges comme dans la vallée de Saint-Amarin. Les abbesses-princesses de Remiremont provenaient des plus nobles familles du Saint-Empire, de France ou de Lorraine, mais n'ont pas créé de dynastie familiale particulière ; les abbesses à la tête de l'insigne chapitre ont eu les origines les plus diverses.

Châtelet
Châtelet
Ligniville
Ligniville
Lenoncourt
Lenoncourt
Haraucourt
Haraucourt
Blasons de l'ancienne chevalerie lorraine : « Grands chevaux »

En haut de la hiérarchie, l'ancienne chevalerie lorraine se composait des « grands chevaux »[70] : les Châtelet, les Ligniville, les Lenoncourt et les Haraucourt. Leurs fiefs souches ne se situent pas dans la montagne.

En second rang, on trouve des maisons illustres, nommées « pairs fieffés », de rang identique aux grands chevaux parce qu'ils sont propriétaires de fiefs[70]. Ce sont les Bassompierre, les Anglure, les Choiseul, les Ludres, les Nettancourt, les Serocourt ou les Beauvau[70]. Comme pour la haute noblesse, ils sont originaires du plateau lorrain, de la plaine sous-vosgienne, du Bassigny ou des terres limitrophes.

Les Anglure apparaissent sur le piémont des Vosges dans le pays de Rambervillers où on retrouve également des Thuméry originaires de l'Île-de-France. Les filles des Beauvau ont intégré quelques familles de petite noblesse possessionnées dans le massif. Les barons, puis comtes de Girecourt sont également du piémont vosgien face au massif de Faîte, mais empiètent sur la partie de la montagne de l'autre côté, secteur de Bruyères. Ils furent longtemps les propriétaires du château de Bruyères.

Une branche d'une famille noble comtoise d'ancienne extraction s'est bien implantée dans le massif vosgien avec un château, aujourd'hui disparu, qui a donné son nom au col (798 m) et à l'écart de Martimpré dans la commune de Gerbépal aux pieds de la Tête des Gazons et de la Beheuille. Les Martimprey furent chevaliers, puis barons, puis comtes par le domaine de Villefont[71]. L’aïeul est le chevalier Mathieu de Martimprey († 1297). Ils sont issus de Bourgogne comtale et étaient au service du duc de Bourgogne, beaucoup sont morts sur le champ de bataille comme Gérard à la bataille de Montcassel en 1339 ou Philippe qui est tombé à la bataille d'Azincourt contre les Anglais. C’est avec Nicolas-Louis et Marc qu’arrive la famille de Martimprey à Gerbépal et qu'elle devient propriétaire par indivis du domaine de Martimprey en 1455.

En conséquence, les châteaux forts et les bourgs fortifiés sont quasiment absents du massif, a fortiori après les ravages de la guerre de Trente ans et l'ordre de démolition des châteaux lorrains en 1633-34 par l'occupant français. Les châteaux et cités fortifiées sont au XVIe siècle en bordure de massif à Bitche, Saint-Dié, Bruyères, Épinal, Arches et Remiremont[72]. Dans les documents d'archives, trois prévôtés dites montagnardes se partagent la partie sud du bailliage des Vosges des premiers sommets gréseux aux crêtes orientales et méridionales :

  • la prévôté de Saint-Dié qui administre la haute vallée de la Meurthe et du Valtin ;
  • la prévôté de Bruyères qui concentre l'administration des pays de Gerbépal, Xonrupt-Longemer et Gérardmer en partie[73] ;
  • la prévôté d'Arches qui contrôle l'essentiel de la partie montagneuse avec une forte majorité des chaumes pour l'estive[74].

Les deux dernières doivent composer avec le prévôt du chapitre de Remiremont, propriétaire pour moitié avec le duc d'un vaste territoire allant de Champ-le-Duc aux grandes chaumes[74]. Les prévôts et receveurs des prévôtés montagnardes cumulent souvent les offices. Ils sont de petite noblesse ou anoblis par le duc pour bons et loyaux services. Les sièges de prévôté ont droit de marché. Ils sont très loin pour les populations isolées des montagnes qui se déplacent à pied et transportent leurs produits à vendre avec des hottes en empruntant des sentiers.

Une principauté souveraine à cheval sur le massif des Basses-Vosges[modifier | modifier le code]
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Maison de Salm
Christine de Salm, duchesse consort de Lorraine

Bien qu’originaire des Ardennes belges[75], la maison de Salm de très ancienne extraction s’illustra particulièrement dans le massif des Basses-Vosges où l’ascension de leur comté originel aboutit à la fondation d’un état souverain au XVIIe siècle, la principauté de Salm-Salm[76]. Il est à l’ouest avec les temporels des abbayes de Munster et Murbach à l’est, le seul État souverain complètement situé dans le massif vosgien, avec la caractéristique supplémentaire de franchir la crête principale du Donon au Climont par les cols du Prayé, du Hantz et de Saales.

Issus des comtes de Luxembourg, Hermann de Salm est nommé avoué de l’abbaye de Senones en 1090. Il prend déjà le titre de comte de Salm en 1104[77]. Bien que son château d’avoué soit situé en altitude sur le territoire de La Broque, les résidences des Salm sont Badonviller, Blâmont, Deneuvre et le Château de Pierre-Percée. Cette partie de l’ancien comté passe par dot au duché de Lorraine au mariage de Christine de Salm à François II de Lorraine, comte de Vaudémont. Par conséquent, la capitale de la principauté devient Senones. À la refonte du territoire le 21 décembre 1751, la Lorraine garde la rive droite de la Plaine, et la principauté de Salm-Salm la rive gauche, les vallées de la haute Bruche aux portes de Schirmeck et la vallée du Rabodeau aux portes de Raon-l'Étape[78]. Les territoires de la principauté par-delà le col de Saales annexés par l’Empire allemand en 1871 resteront par la suite dans le département du Bas-Rhin[79] pendant que la partie occidentale reste dans le département des Vosges.

Les Linange-Dabo dans les Basses-Vosges entre Lorraine et Alsace[modifier | modifier le code]
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Maison de Linange

La maison de Leiningen, francisée en Linange, possède son fief héréditaire en Rhénanie-Palatinat et appartenait à l’ancienne chevalerie de haute noblesse avec statut d’immédiateté impériale.

Maison de Linange-Dabo

Elle hérita du comté de Dabo par mariage de Simon de Sarrebruck avec Gertrude de Dabo en 1223. Par leur fille, la maison de Linange entra en possession des seigneuries de Marimont, Forbach et Réchicourt-le-Château en Lorraine, situées hors du massif vosgien. Plus tard, en 1466, les Linange-Dabo acquérirent la seigneurie d’Apremont en Lorraine. En tant qu’avoué de la landvogtei de Basse-Alsace, le comte de Linange-Dabo influe sur une grande partie de l’Alsace.

Cette famille se scinde en deux branches : les Leiningen-Dagsburg-Hardenburg et les Leiningen-Dagsburg-Falkenburg (jusqu'en 1658). Au rattachement du comté de Dabo à la France après la Révolution française en 1793, les Linange-Dabo ont été également chassés de leur résidence à Dürkheim dans le Palatinat par les troupes révolutionnaires. Les Linange obtinrent en compension de leurs pertes sur la rive gauche du Rhin la nouvelle principauté de Linange avec pour siège l’abbaye d’Amorbach en Bavière.

La majeure partie de l’ancien comté de Dabo est située aujourd’hui dans les Vosges mosellanes. Le pays d'Engenthal dans la haute vallée de la Mossig se trouve aujourd’hui dans le Bas-Rhin.

Les Habsbourg dans les Hautes-Vosges alsaciennes[modifier | modifier le code]
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Maison de Habsbourg
Maison de Ribeaupierre

Avant que les Habsbourg ne prennent possession de la plus grande partie de la Haute-Alsace et du Sundgau, les comtes de Ferrette (en allemand von Pfirt) furent les seigneurs les plus influents du secteur depuis la crête vosgienne jusqu’à la frontière suisse. Les Ferrette sont apparentés à de nombreuses maisons nobles de haute stature, les plus proches étant celles des maisons de Zähringen, Eguisheim et Vaudémont. Ils firent la jonction entre la Lorraine et la Suisse. Leur comté s’agrandit au et à mesure des siècles. Leurs territoires souches étaient Altkirch, Ferrette et Thann. Le dernier contrôlait l’entrée dans les Hautes-Vosges par la vallée de la Thur. Parmi les acquisitions importantes, on peut citer Belfort, Delle et Rougemont-le-Château.

Par manque de descendance mâle, les Ferrette confient la destinée de la Haute-Alsace aux ducs d’Autriche et comte de Tyrol dont dépend le vaste État de l’Autriche antérieure. Leur capitale administrative en Alsace est Ensisheim. Comme les Habsbourg prennent le contrôle de l’avouerie de la Décapole, mais aussi du landgraviat de Haute-Alsace, de l’abbaye princière de Murbach, les Autrichiens influent directement et indirectement sur la vie politique de la région à l’est du massif des Vosges.

Les Habsbourg possédaient ou donnaient en fief dans le massif vosgien le val de Villé, la prévôté de Giromagny, Rougemont-le-Château, Masevaux, Murbach (et ses dépendances Wildenstein, Oderen ou Kruth), la ville libre impériale de Munster, les seigneuries du Haut-Koenigsbourg et du Haut-Landsbourg, le plus haut château d’Alsace, le Hohnack, et le monastère des Trois-Épis. La plupart de ces sites autrefois fiefs de l’Autriche antérieure se situent aujourd’hui dans le parc naturel régional des Ballons des Vosges.

Ainsi, les Habsbourg ont été beaucoup plus présents sur le sol français qu'on pourrait le penser initialement vu l'éloignement de l'Autriche intérieure. Leurs terres rencontrent celles de Lorraine sur les crêtes des Vosges comtoises et lorraines. Par le mariage de François III de Lorraine avec l'impératrice d'Autriche, Marie-Thérèse d'Autriche, donnant naissance à la branche actuelle des Habsbourg-Lorraine, le Grand-Est de la France a eu un lien fort et direct avec les Habsbourg avant la Révolution française.

Maison de Wurtemberg par le comté de Montbéliard[modifier | modifier le code]
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Maison de Wurtemberg

Les comtes de Wurtemberg qui deviendront ducs, puis rois de Wurtemberg, achetèrent les terres des sires de Horbourg en 1324 dans la plaine d’Alsace. Parmi les fiefs, leur capitale était devenue la seigneurie de Riquewihr qui restera possession des Wurtemberg jusqu’en 1793.

Wurtemberg-Montbéliard

Le comte Eberhard IV de Wurtemberg épousa l’héritière du comté de Montbéliard, Henriette de Montfaucon. De 1407 à 1793, la principauté de Montbéliard-Wurtemberg vécut comme un petit État indépendant en étroite relation avec les seigneurs voisins, notamment les Ferrette et les seigneuries suisses. Le Wurtemberg étant devenus protestants dès le XVIe siècle, les terres wurtembergeoises de Montbéliard et Riquewihr passèrent également à la Réforme. La première accueillit d’ailleurs des réfugiés et des expulsés de confession protestante, victimes de l’intolérance des États voisins.

Maison de Valois-Bourgogne dans les Vosges comtoises[modifier | modifier le code]
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Duché de Bourgogne
Roi d’Espagne

Les seigneurs de Faucogney étaient à l’origine propriétaires des terres des parties montagneuses par-delà les crêtes méridionales du Ballon de Servance au pays du val d'Ajol. Ils y firent construire le château Lambert contrôlant l’accès des routes vers la Lorraine et la haute vallée de la Moselle. D’ailleurs, comme avoué de la comté, ils ont entretenu leurs prétentions sur les terres dites de surséance sur la rive gauche de la Moselle. Quand la Franche-Comté passe sous la domination des rois d’Espagne, la couronne et l’administration espagnole arrivent aux cols des Hautes-Vosges.

Relations politiques et culturelles entre les territoires partageant le massif vosgien[modifier | modifier le code]

Les destins de certains de ces territoires impériaux ne se sont pas forcément croisés. Lorsque l’histoire met en contact les États du massif vosgien, c’est surtout quand ils sont géographiquement voisins[80], parce qu'ils échangent commercialement ou parce qu’ils sont apparentés[81] par une dynastie commune[82]. À cela s’ajoute le fait que la distance et le relief séparent logiquement les destinées d’une seigneurie des Vosges du Nord aux frontières du Palatinat[83] d’un comté des Vosges méridionales plus en relation avec la Suisse et l'Autriche[66].

Par le jeu des alliances[82] et des rachats ou mise en gage de fiefs, la seigneurie de la Petite-Pierre est liée au comté de Veldenz dans le Palatinat ; le comté de Lichtenberg à celui de Hanau en Hesse ; le comté de Dabo est apparenté aux Eguisheim d’Alsace ; le comté de Montbéliard appartient au duché de Wurtemberg et le comté de Bitche est issu d’une branche annexe des Deux-Ponts dans le Palatinat. Deux branches de Salm ont fondé des territoires souverains situés aujourd’hui en Allemagne et en France[81] (principauté de Salm-Salm et celle de Salm-Kyrburg).

Les relations de voisinage ont beaucoup marqué à l’est les Vosges lorraines et les territoires alsaciens montagnards voisins[43], en tête desquels Munster, Murbach et l’Autriche antérieure[66]. Au sud, la zone de contact entre la Lorraine ducale et la comté de Bourgogne est souvent lieu de frictions, à commencer par les terres dites « en surséance » qu’étaient le pays du Val d’Ajol et la rive gauche de la haute-Moselle. Le val de Villé et le comté de Salm[82] étaient à cheval sur la ligne de crête et la limite linguistique. Leur histoire est fortement imprégnée par le contact régulier entre les deux mondes.

L’histoire du temporel des princes-évêques de Metz et Strasbourg intervient également dans le massif des Vosges car ils étaient souverains d’un territoire immense, mais éclaté sur la région toute entière. De ce fait, les frontières historiques réelles du Grand-Est ont été plus souvent celles des diocèses[84] que celles des fleuves de l’époque carolingienne : les territoires diocésains allaient beaucoup plus loin que les cours d’eau repères[65]. L’évêché de Metz avait également des possessions qui se trouvent aujourd’hui en Basse-Alsace. L’évêché de Strasbourg est plus représenté dans le massif vosgien que son homologue messin qui se concentre sur les Vosges gréseuses de Moselle-Est. Avec les pays de Schirmeck, Orbey, Rouffach et Soultz, les évêques de Strasbourg influent sur la vie d’une partie de la montagne vosgienne dont l’altitude est déjà plus élevée et l’où économie agro-pastorale est très représentée.

Histoire religieuse[modifier | modifier le code]

Provinces ecclésiastiques et limites diocésaines historiquement stables[modifier | modifier le code]

Depuis le haut Moyen Âge jusqu'à la Révolution française, les limites diocésaines n'ont presque pas bougé. La façade orientale du massif est couverte au sud par l'évêché de Bâle et au nord par l'évêché de Strasbourg. Cela implique que les pays de Lemberg, Phalsbourg et de Schirmeck étaient dans le diocèse de Strasbourg. Les évêques de Strasbourg sont par ailleurs suffragants de l'archevêché métropolitain de Mayence, aujourd'hui en Allemagne.

Les terres vosgiennes en surséance et les Vosges comtoises sur le flanc sud du massif ont dépendu du diocèse de Besançon qui est en même temps l'archevêché métropolitain. Les diocèses concordataires de 1822 intègrent la partie vosgienne au diocèse de Saint-Dié.

C'est sur le flanc ouest du massif que quelques modifications eurent le plus lieu ; à l'origine, deux diocèses antiques, créés au IVe siècle, importants donc par la superficie, se partageaient les Vosges de l'Ancien Régime : les hautes Vosges étaient desservies par l'évêché de Toul et les basses et moyennes Vosges par l'évêché de Metz. Rambervillers formait une enclave de l'évêché messin au sein du diocèse de Toul. Tous les diocèses lorrains de l'ancien régime étaient suffragants de l'archevêché de Trèves, aujourd'hui en Allemagne.

Le diocèse toulois pluriséculaire fut amputé de sa partie vosgienne en 1777 après le rattachement du duché de Lorraine à la France[85] : elle crée le diocèse de Saint-Dié dans la province ecclésiastique de Besançon. La même année, il fut également amputé d'une autre partie de son ancien territoire avec la création du diocèse de Nancy, qui deviendra diocèse de Nancy-Toul en 1801 dans la province ecclésiastique de Besançon. À part une infime partie du Lunévillois à l'est, ce nouveau diocèse n'est pas implanté dans le massif vosgien. Le diocèse de Toul conserve après démembrement la moitié de son territoire avec encore cinq cents paroisses[86]. Le diocèse de Saint-Dié reçoit cent vingt-huit paroisses et quarante-deux annexes. C'est Barthélémy Chaumont de La Galaizière, fils du marquis de la Galaizière, chancelier de Lorraine, qui est nommé évêque titulaire.

Le particularisme des abbayes vosgiennes au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Les abbayes vosgiennes de Senones, Moyenmoutier, Etival, Domèvre et la grande-prévôté de Saint-Dié voulaient s'émanciper de la tutelle de l'évêque de Toul pensant avoir les compétences et l'autorité suffisantes pour gérer leurs territoires respectifs au spirituel[85]. Ils considéraient ces territoires comme nullius. Ils nommaient et ordonnaient les prêtres, géraient la pastorale et possédaient des officialités. Les évêques de Toul protestèrent et l'affaire fut portée à Rome. Le duc Léopold soutenait les abbayes vosgiennes car il souhaitait avoir un diocèse vosgien indépendant[87]. Le pape aurait accepté la création d'un diocèse à Saint-Dié en 1719, mais l'intervention du roi de France, de l'évêque de Toul et du métropolitain de Trèves fait tout échouer en 1720[87]. Le Saint-Siège craint la rupture des relations diplomatiques avec la France et revient sur son accord initial alors que les abbayes vosgiennes avaient fini par consentir à céder leurs ressorts au nouvel évêque déodatien[87].

Rome trouve une solution intermédiaire en nommant des prélats évêques in partibus infidelium[87] :

  • Jean-Claude Sommier, Vosgien vivant à Rome, grand-prévôt de Saint-Dié, est nommé archevêque i.p.i. de Césarée en 1725 avec tous les pouvoirs épiscopaux qui s'y rattachent ;
  • l'abbé de Senones, dom Mathieu Petitdidier, est nommé évêque i.p.i. de Macra en 1726 ;
  • l'abbé Hugo d'Etival est consacré comme évêque de Ptolémaïde en 1728.

Développement des établissements monastiques et début de la colonisation du massif[modifier | modifier le code]

Monastères et prieurés autour et dans le massif vosgien.

Dans le duché de Haute-Lorraine divisé en « pays » ou pagi, le pagus du Chaumontois était très vaste et moins peuplé que les autres car il recouvrait toute la partie montagneuse du massif au sud. Le Chaumontois, vaste contrée forestière vallonnée, s'arrête aux crêtes vosgiennes aux sources de la Meurthe et de la Moselle. Les époques mérovingienne et carolingienne favorisent la création de monastères et abbayes en leur octroyant des privilèges pour la conservation desquels ils lutteront sans relâche quand les dynasties changeront. Cela correspond également à la christianisation du pays ou à une refonte de la vie en communauté selon des règles plus strictes. Dans les hautes vallées alsaciennes ou sur le piémont des Vosges, quelques abbayes anciennes possédaient déjà de vastes terrains au sein du massif. Du côté lorrain, la pénétration de la montagne est encore relative. C'est pourquoi les ermites et les religieux désireux de vivre en retrait de tout trouvent dans les hautes vallées lorraines des endroits idéaux pour installer un couvent à l'emplacement d'un ancien castrum élevé ou en fond de vallée. Si l'abbaye de Munster se trouve côté alsacien presque au pied du Hohneck, les premières abbayes lorraines de même rang sont encore éloignées des chaumes. Elles jalonnent les premiers contreforts gréseux dans un premier temps.

Colomban initie le mouvement en fondant le monastère de Luxeuil au VIe siècle en Franche-Comté au pied des Vosges comtoises. Son influence rayonne sur de nombreux aristocrates qui souhaitent prendre la tonsure et vivre pieusement en se retirant dans les forêts vosgiennes en suivant l'exemple du moine irlandais. C'est le cas de Romaric, un Austrasien qui crée d'abord un couvent pour les filles colombanistes au VIIe siècle dans la haute vallée de la Moselle, puis en association avec Amé, originaire de Grenoble, il crée l'abbaye du Saint-Mont où il introduit la louange perpétuelle. Ce mont prendra vite le surnom de « Romarici mons » qui donnera le nom de la ville actuelle, Remiremont[88].

Le massif du verre et du cristal[modifier | modifier le code]

Massif vosgien comme limite ouest d'une zone d'échange germanique[modifier | modifier le code]

Les routes et les voies de communication à travers le massif des Vosges[modifier | modifier le code]

En raison de l'orientation des fleuves et rivières, mais aussi des côtes du plateau lorrain et de la montagne vosgienne, les axes de communication et d'échanges commerciaux ont autrefois toujours été orientés nord-sud[89], à savoir des Pays-Bas à l'Italie par les cols suisses ou comtois. Dans les temps modernes de la Lorraine, les routes héritées de l'époque romaine se sont développées, mais les grandes directions sont globalement identiques. Les routes qui traversent le massif vosgien conduisent en partance de Metz ou Nancy[90] à :

La route qui mène à Francfort ne traverse qu'une infime partie des Vosges du Nord en passant par Sarrebruck. La route historique en provenance de Paris par Metz ou Nancy rejoint le massif gréseux dans sa partie la plus étroite au col de Saverne. Une route pénètre le massif au sud en suivant la vallée de la Meurthe à Saint-Dié.

Les deux derniers axes de communication se scindent à Épinal[91] au pied du massif gréseux à l'entrée de la vallée de la Vologne :

Le massif vosgien ne comporte aucun centre commercial majeur. Les sites majeurs sont situés sur le plateau lorrain comme le marché de Saint-Nicolas-de-Port. En revanche, la traversée de la montagne est nécessaire car l'écoulement des marchandises à l'internationale se fait avec les pays rhénans et alpins. On sait grâce aux comptes tenus par les receveurs des tonlieux, comme celui de Bruyères, ou par les charretons de Fontenoy-le-Château que les marchandises transportées[92] vers l'est et le sud-est sont le verre, les draps de Saint-Nicolas-de-Port, la toile du Barrois, le papier d'Épinal ou le vin de Moselle.

Cohabitation d'artisans et d'ouvriers de langue et réligion différentes[modifier | modifier le code]

Le cas des verriers vosgiens n'est pas un fait isolé dans l'histoire de la Lorraine car le duché indépendant est florissant au XVIe siècle)[93] ; il a acquis en 1542 un statut de libre et non incorporable[94] au sein du Saint-Empire romain germanique. Les ducs sont apparentés aux familles impériales des dynasties du Luxembourg, Wittelsbach et Habsbourg, également titulaires du royaume de Bohême. Leurs territoires forment un espace d'échange économique, commercial et culturel de la Lorraine à l'ouest à la Bohême à l'est, du Brabant au nord à la Suisse au sud. Parmi les artisans et la main-d'œuvre itinérante parcourant le massif vosgien, on trouve de nombreux corps de métier. L'artisanat verrier fait partie d'un phénomène plus global de migration temporaire ou définitive avec des spécialisations typiques de telle ou telle région. Le massif vosgien profite du savoir-faire développé au Tyrol et en Bohême et Saxe (monts métallifères) dans les mines (argent, or, fer, cuivre)[95], le verre[96] (le verre de Bohême reste très célèbre et apprécié de nos jours), le charbon de bois (vallée des Charbonniers dans les Hautes-Vosges en a gardé la trace la plus visible dans son histoire économique et démographique, mais aussi dans sa toponymie). Comme pour le schlittage, le flottage ou l'estivage avec la production fromagère où on peut sans contestation possible parler de pôle austro-helvético-germano-vosgien, la verrerie profite des savoir-faire qui se sont progressivement développés dans les régions traversées par les verriers nomades au fur et à mesure de leurs pérégrinations depuis la Bohême. La charte de Lorraine pour codifier l'activité verrière en 1448 est par exemple très similaire à la charte du Spessart. On a pris l'habitude de nommer les verriers de la Vôge originaires des terres germanophones des Souabes[97] car ils ont œuvré dans les massifs de la Forêt souabo-franconienne (Schwäbisch-fränkischer Wald), la Forêt-Noire ou l'Odenwald avant de s'installer dans la Vôge.

L'origine bavaro-souabe des verriers vosgiens quittant la Vôge pour s'expatrier en autres dans le Hardt et les Vosges du Nord, donc en terre germanophone, explique pour la plupart des observateurs et analystes des langues régionales l'existence notable des villages verriers qui forment un isolat linguistique en terres franciques rhénanes[98]. Ce sont en effet des locuteurs qui ont adopté la diphtongaison bavaroise alors que les dialectes environnants majoritaires de Moselle-Est sont des locuteurs caractérisés par une très forte monophtongaison[99].

Gentilshommes verriers en Lorraine[modifier | modifier le code]

Blason des gentilshommes verriers Hennezel[100], Vôge, devise : « Deus me ducit ».

Aux XIIe et XIIIe siècles, la fabrication du verre lorrain se concentre presque exclusivement en Argonne[101] à l'opposé du massif vosgien vers l'ouest. Cette forêt, traditionnellement considérée comme la frontière naturelle[102] entre Neustrie et Austrasie, puis France et Lorraine, est alors immense aux confins de la Lorraine et de la Champagne ; elle fait la jonction avec la forêt ardennaise au nord. Les verriers y sont attestés depuis l'époque gallo-romaine et pratiquent les techniques italiques pour produire du verre à vitres fabriqué par coulage-étirage[103].

Comme les charbonniers, les verriers sont jusqu'au XIVe siècle des itinérants, des artisans nomades pas toujours appréciés de la population locale, ni des seigneurs régionaux car ils sont associés à la déforestation[104]. Quand ils ont épuisé un site, ils partent et recommencent ailleurs. En raison des techniques connues jusqu'au Moyen Âge, l'activité verrière se concentre dans les régions capables de fournir du bois, un type de sable ou de roche sableuse, des fougères et un sous-bois riche. C'est pourquoi on la trouve en Lorraine en Argonne et dans les parties gréseuses du massif vosgien, y compris pour les sites de la troisième vague verrière au XVIIIe siècle dans les Vosges du Nord mosello-alsaciennes.

Forêt de Darney, grande région verrière des XVe et XVIe siècles.

L'itinérance s'atténue beaucoup à partir du XIVe siècle siècle quand les ducs de Lorraine encouragent l'installation de véritables dynasties verrières dans la Vôge autour de Darney. L’installation de verreries permet aux souverains propriétaires fonciers de percevoir diverses taxes. Celles-ci sont prévues dans le contrat initial et le bois consommé par la verrerie doit être marqué par un officier seigneurial et payé à un prix défini. Chaque année, le maître-verrier paye un cens et on imagine aisément que les seigneurs attendent des cadeaux ou des remises conséquentes sur la production du site[105]. Une charte des verriers est rédigée en 1448 par le duc de Lorraine René d'Anjou, confirmée en 1469 par son fils Jean de Calabre. Le second assimile le verrier à un gentilhomme exempt de toutes tailles, aides, subsides, d'ost, de gîte et de chevauchées[106]. Pendant un siècle, le verre lorrain acquiert une renommée internationale qui contribue à former une caste de gentilshommes verriers et leur réelle sédentarisation. Les centres se spécialisent dans un type de fabrication comme le gros ou menu verre.

Il faut d'une part relativiser la sédentarisation des verriers car les artisans ou leurs enfants s'exilent facilement ou vont chercher fortune ou d'autres opportunités dans d'autres régions de France ou du Saint-Empire, voire plus loin à Venise ou Murano. Ils ont des parts dans différentes verreries[107]. Les verriers lorrains font en conséquence partie d'un réseau très efficace soudé par une stratégie matrimoniale non dissimulée[108]. ce sont par exemple des verriers de la Vôge qui permettent l'émergence d'un nouveau centre verrier en Thiérache et Avesnois[109]. Il convient d'autre part d'être prudent sur la manière de comprendre le titre de gentilhomme. D'abord, il n'est attribué qu'au patron et sa descendance qui ont le droit de porter un blason. Une multitude d'ouvriers de basse condition gravite autour des artisans verriers sans lesquels l'ascension sociale de ceux-ci n'auraient pas été possible. Les maîtres-verriers détiennent des parts de seigneuries qui assurent l'approvisionnement de leur territoire et entreprise. Des verriers Hennezel portent par exemple le titre de seigneur de Bonville, Dombasle ou Viomesnil[110]. Pour que le titre soit héréditaire, les descendants mâles doivent prendre la succession de l'entreprise et avoir appris le métier de verrier[106]. On parle en fait plutôt de gentilhomme-verrier où le premier mot fait fonction de préfixe honorifique attaché à la fonction, comparable aux termes de civilité noble, honorable ou honnête. En Lorraine, les personnes dotées de privilèges étaient souvent nommées gentilshommes, à l'image des gentilshommes de Laveline, simples paysans vosgiens récompensés pour leur bravoure pendant le conflit opposant la Lorraine occupée à la Bourgogne de Charles le Téméraire. Ils portèrent leur titre héréditaire, transmissibles y compris par les filles, jusqu'à la Révolution française.

Leur titre de petite noblesse leur est confirmé au XVIe siècle avec les privilèges qui en découlent concernant les terres, le bétail, les douanes et les passages. En revanche, comme n'importe quel noble, ils ont l'obligation de « guet, de garde et de rétention »[111].

Il existe en réalité plusieurs cas de figure. Certains gentishommes verriers ont effectivement été anoblis par lettre patente, avec reconnaissances successives de leur état par les souverains suivants[106]. Il faut y voir une stratégie des ducs lorrains pour garder les verriers sur leurs terres et fidéliser les familles verrières talentueuses, reconnues et imitées dans les autres nations européennes. Mais cela ne durera pas toujours car les conflits d'intérêt et les divergences de point de vue, voire de convictions religieuses, conduiront souvent les verriers à recommencer une autre vie ailleurs. Quelques rares verriers, essentiellement franc-comtois, arrivent déjà nobles dans la profession[106]. Ceci s'explique par la politique familiale menée par les verriers créant ainsi une société quelque peu endogène, et surtout très soucieux d'asseoir leur réputation et leur réussite socio-économique en trouvant le bon parti pour leurs enfants. Les verriers de la Vôge essaiment leur savoir-faire dans les autres centres verriers européens, juste retour des choses puisque le pôle verrier de la Vôge a lui-même démarré avec l'arrivée de verriers souabes, eux-mêmes originaires de Bohême. L'échange de procédés techniques fait progresser la profession, malgré la résistance des verriers de Murano à garder secret leur savoir-faire. Le verrier vosgien Thyzac apporte aux Italiens le verre à miroir pendant que les Vénitiens ne peuvent empêcher la diffusion de leur cristallin jalousement protégé[103].

Troisième vague de l'industrie verrière lorraine[modifier | modifier le code]

Verrerie Saint-Louis-lès-Bitche, E. Pingret, 1836.
Musée et Centre international d'art verrier à Meisenthal.

La troisième phase lorraine en matière de fabrication du verre, puis du cristal, se manifeste par la création d'une série de manufactures fondées au XVIIIe siècle dans le massif vosgien ou dans sa périphérie sous le règne du duc Léopold Ier après le traité de Ryswick en 1697.

Dans les Vosges du Nord, pays gréseux par excellence, ce sont des anciens verriers du site de Soucht de l'ancien comté de Deux-Ponts-Bitche et d'autres provenant de la Vôge qui rendirent possible le maintien de la tradition verrière en Lorraine dans le massif vosgien, mais cette fois dans sa partie septentrionale. Le président de la Chambre des comptes de Lorraine, Thierry Alix, évoque fin du XVIe siècle l’existence de verreries ambulantes dans le comté de Bitche en ces termes : « C’est une région montagneuse, forestière, à population fort clairsemée, de ressources médiocres ; la verrerie y existe à l’état précaire et sporadique, comme dans la Vôge au XVe siècle[112] ». Quelques structures existent encore aujourd'hui, soit comme site de production, soit comme centre international d'art verrier[113], soit comme musée à l'image de la Maison du verre et du cristal[113] dans les locaux de l'ancienne verrerie de Meisenthal (1702) en MoselleÉmile Gallé travailla pendant 4 ans. D'autres verreries ou cristalleries suivront comme celles de Goetzenbruck en 1721 pour le verre mécanique ou de la cristallerie de luxe de Saint-Louis en 1767, rachetée en 1989 par le groupe de produits de luxe Hermès. Dans cette partie du massif, on peut encore citer les établissements de Lemberg, Enchenberg, Montbronn et Bitche.

Un peu plus au sud du pays de Bitche, mais toujours dans le département de la Moselle, dans les Basses-Vosges, le duc de Lorraine autorise la création des verreries ou cristalleries de Plaine-de-Walsch (1707), Saint-Quirin(1737), Hartzwiller, Vallérysthal ou Trois-Fontaines. Tout le pays de Dabo, traditionnellement tourné vers l'industrie du bois, profite de cette activité de production verrière car elle entraîne avec elle le travail et la taille sur verre et cristal avec des entreprises familiales ou PME.

Dans la plaine sous-vosgienne, Léopold Ier autorise la fondation de la cristallerie de Portieux[114] en 1705, spécialisée dans la gobeleterie, et en bordure du massif aujourd'hui dans l'actuel département de Meurthe-et-Moselle, le duc Stanislas donne son accord pour la fondation de la célèbre cristallerie de Baccarat[115] en 1764, deux avant le rattachement du duché au royaume de France.

Sur le plateau lorrain, la verrerie-cristallerie de Vannes-le-Châtel est fondée en 1765 par la comtesse de Mazirot. En 1960, comme celle de Portieux et de Vallérysthal, elle intègre par fusion la Compagnie française du cristal et la famille Daum crée sa cristallerie à Nancy en 1878.

Verreries des Vosges alsaciennes[modifier | modifier le code]

Lalique, couvent Notre-Dame-de-Fidélité de Douvres-la-Délivrande.

Dans le prolongement des Vosges du Nord, sur un plateau gréseux limitrophe des communes verrières mosellanes de Goetzenbruck et Meisenthal, les comtes de Hanau-Lichtenberg autorisent la création de deux verreries sur le secteur de Wingen-sur-Moder : celle de la Neuhütte en 1708 et celle du Hochberg en 1715. La mobilité des verriers alsaciens est similaire à celle des confrères lorrains. On les retrouvent bien sûr en Lorraine, mais aussi en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Suisse ou dans le Nord-Pas-de-Calais. Les établissements de Wingen ferment progressivement du XVIIIe siècle au XIXe siècle, notamment à la cause de la pénurie de bois nonobstant les efforts importants fournis par les verreries pour gérer à l'année les coupes de bois de manière surveillée[116]. Toutefois, en 1921, le maître-verrier et bijoutier, René Lalique, y fonde la cristallerie Lalique, une manufacture dédié à la production de produits de luxe et des œuvres de l'artiste et de ses collaborateurs dont son fils Claude qui introduit le cristal dans les pièces fabriquées à la main aujourd'hui encore.

Toujours dans les Vosges du Nord, le comte de La Petite-Pierre autorise la création d'une verrerie dans la forêt de Breitschloss en 1628 par un membre de la famille verrière Spenger, originaire du Spessart en Hesse et bien implantée dans le pays de Bitche comme les Glaser et les Wenzel[117].

Les abbés de Murbach firent appel en 1699 à des artisans verriers, pour l'essentiel suisses, pour exploiter la haute vallée de la Thur. Ils créent au pied de la crête des Hautes-Vosges à l'est et du massif du Grand Ventron à l'ouest un village verrier nommé La verrerie derrière le Wildenstein. Le Wildenstein est un promontoire rocheux où se trouvait un château médiéval. Aujourd'hui la commune alsacienne se nomme Wildenstein. Une autre verrerie est créée au XVIIIe siècle dans la commune voisine d'Oderen, comme activité annexe des forges de Willer, occupant l'essentiel de la modeste population montagnarde.

La tradition verrière se perpétue donc aujourd'hui dans le massif vosgien plutôt grâce à l'industrie du luxe :

Activités[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

L'agriculture traditionnelle est vivrière : pomme de terre, seigle, vergers. Elle se complète d'élevage ovin et bovin, notamment — dans les pâturages les plus montagneux — la race vosgienne dont le lait est à la base du munster.

Loisirs et tourisme[modifier | modifier le code]

Sports d'hiver[modifier | modifier le code]

Alpinisme dans les Vosges.

Les Vosges ont été un des berceaux du ski français de compétition. En 1896 est créé par des amateurs le premier ski-club en Basse-Alsace allemande, dans l'actuel département du Bas-Rhin. Et très vite, bien avant les premières manifestations françaises, des compétitions sont organisées : course de descente, course de fond et sauts. Une des premières cartes françaises décrivant les sports d'hiver mentionne les gares de Saint-Dié, Remiremont, Belfort, Giromagny donnant accès à des zones skiables et l'emblématique Perle des Vosges, Gérardmer, fréquentée par des familles de la grande bourgeoisie parisienne été et hiver[118]. Elle mentionne le Donon, la Schlucht et le ballon d'Alsace à la frontière[119].

Durant l'entre-deux-guerres, les stations et les clubs sont en plein essor. Les skieurs du Bas-Rhin se retrouvent au Champ du Feu, ceux du Haut-Rhin au Markstein, pour ne citer que deux lieux de rencontre emblématiques. Gérardmer est une candidate malheureuse, mais nullement médiocre, à l'organisation de la première Semaine internationale du Sport d'hiver en 1924. En 1925, Charles Diebolt crée la première école de ski moderne en France, au Lac Blanc, à Orbey.

L'Alsace compte ainsi un champion de France, René Becker, qui participe en 1936 aux Jeux olympiques de Garmisch-Partenkirchen, mais aussi pléiade de familles de skieurs de renom. Lorsque Charles Diebolt part créer la station expérimentale de Val-d'Isère, il attire des familles de skieurs alsaciens. Ainsi Jean-Claude Killy, le quadruple champion du monde, est originaire d'une famille alsacienne d'entrepreneurs établie à Sélestat.

En 1984, la fédération régionale regroupe avec une solide organisation héritière d'excellentes écoles de ski, un ensemble unifié autour du massif, comprenant Alsace, Vosges, Territoire de Belfort et Franche-Comté[120]. Même si on aménage encore pistes et téléphériques, les Vosges ne connaissent pas la même croissance que d'autres contrées alpines, jurassiennes ou pyrénéennes. Le développement du ski-loisir reste prometteur avec l'apport des skieurs de la proximité du Benelux. Avec environ 5000 compétiteurs, elles demeurent un bastion modeste du ski français.

Quelques stations modernes de ski, survivantes de la concentration des activités touristiques de moyenne montagne en crise, parsèment aujourd'hui le massif, notamment dans sa partie méridionale, où le relief est plus élevé. La plus importante de ces stations, en termes d'étendue du domaine skiable et de fréquentation est celle de La Bresse, dite La Bresse-Hohneck de 900 à 1 350 m d'altitude. Du côté alsacien, il peut être notamment fait état de la station du Markstein, qui, après avoir accueilli la coupe de France de saut à ski de 1955, organise des épreuves de la coupe du monde de ski en 1983 et 1987. Côté franc-comtois, la station de la Gentiane dans le massif du Ballon d'Alsace attire les skieurs du Territoire de Belfort et du Sud-Alsace.

La raréfaction récurrente des chutes de neige du fait du maintien des hautes pressions atmosphériques et les brusques abaissements ou remontées de la limite pluie/neige, au cours de récents hivers peu propices aux sports d'hiver, affectent grandement de nombreuses stations de faible altitude mal équipées, ne disposant pas de canons à neige[121]. C'est pourquoi nombre d'anciennes stations vosgiennes sont aujourd'hui en deçà du seuil de rentabilité et périclitent. Cependant, les bonnes conditions hivernales depuis 2008 offrent une bouffée d'oxygène considérable à l'ensemble de ces stations. Celle de la Gentiane a fait le choix de s'équiper d'enneigeurs, opérationnels depuis la saison 2014-2015.

La pratique du ski de fond, stimulée par le fondeur Jean-Paul Pierrat, un des premiers Français à rivaliser avec les meilleurs compétiteurs sur les terrains nordiques, dispose d'espaces montagnards somptueux. Au début des années 1990, les randonnées en raquettes bien adaptées au relief vosgien à l'instar du VTT en été, connaissent un développement fulgurant.

La pratique de l'alpinisme hivernal est possible sur les pentes nord du Hohneck et sur la Martinswand, dans la zone des Spitzkopf et de manière générale sur les pentes alsaciennes du massif vosgien. On trouvera également de jolis secteurs pour la cascade de glace autour du Lac blanc.

Liste des stations de ski et de sports d'hiver[122] :

  • La Bresse (1 363 m-630 m d'altitude) avec ses déclinaisons La Bresse/Hohneck, Lispach, Brabant... le plus vaste domaine skiable des Vosges (et du Nord-Est de la France) et le plus fréquenté ;
  • Gérardmer (1 150 m-666 m d'altitude) la plus prestigieuse pour le public parisien et lorrain, et encore la plus fréquentée au début des années 1970 ;
  • Lac Blanc sur Orbey/Le Bonhomme, célèbre pour son école de ski au tournant des années 1930 ;
  • Le Markstein, prestigieuse station du Haut-Rhin durant l'entre-deux-guerres à 1 240 mètres d'altitude, aujourd'hui modernisée ;
  • Ventron avec la fameuse station du Frère-Joseph, celle de la famille pionnière Leduc (1 110 m-630 m d'altitude) ;
  • Schnepfenried au-dessus de la vallée de Munster (1 258 m-1 010 m d'altitude) ;
  • Rouge-Gazon à Saint-Maurice-sur-Moselle (1 260 m-1 070 m d'altitude) ;
  • Bussang à La Bouloie et Larcenaire (1 208 m-605 m d'altitude) ;
  • Le Tanet (1 288 m-990 m d'altitude) ;
  • Le Valtin et Grand-Valtin (1 139 m-750 m d'altitude) ;
  • Le Champ du Feu, la favorite des anciens Strasbourgeois.
  • Le Ballon d'Alsace (pistes de la Gentiane et du Langenberg réunies en un seul domaine skiable pour le ski alpin, et pistes de fond au Ballon même).

Sports et loisirs d'été[modifier | modifier le code]

Randonnée pédestre[modifier | modifier le code]
Poteau signalétique avec panneaux directionnels, panneau de lieu-dit et panneau de sentier circulaire.

C'est probablement dans le massif des Vosges que sont apparus les premiers itinéraires balisés, à l'instigation du Club vosgien (créé en Alsace en 1872 par l'administration allemande[123]) ; ces sentiers ont permis le développement de la randonnée pédestre. Les premières cartographies d'itinéraires ont été réalisées pour le massif sur la base de cartes d'État-major. Aujourd'hui des cartes très détaillées représentent ce dense réseau de sentiers avec son système original de balisage par code de formes et de couleurs[124] permettant toujours de préparer toutes sortes d'itinéraires, de la balade familiale de quelques heures jusqu'à de longues échappées de plusieurs jours, par exemple la traversée du massif dans l'axe nord-sud en suivant les différents GR dont le GR 5.

L'intérêt de ce balisage typique des Vosges est qu'il permet en effet toutes sortes de combinaisons, en jouant sur la durée et la dénivelée. Il porte aussi bien sur de courts itinéraires très locaux que sur de longs parcours, tout en offrant partout la même facilité de lecture et de compréhension. La majorité des sentiers balisés ne présente aucune difficulté et ceux pouvant être dangereux sont fréquemment équipés (mains courantes, passerelles). Des fermes-auberges accueillent les randonneurs. Cet accueil est complété par la présence d'abris de randonnée plus ou moins précaires mais qui ne permettent généralement pas d'y dormir. Malgré un couvert forestier prononcé, les Vosges offrent une multitude de points de vue, de destinations pittoresques (lacs, cirques, chaumes), et de très nombreuses possibilités de promenades, de la courte balade familiale en terrain très facile, jusqu'à la randonnée longue avec bivouacs.

Balisage du Club vosgien[modifier | modifier le code]

La commission de rédaction du guide de balisage du Club vosgien[125] a retenu trois types de panneaux en plus des plaques signalétiques et du balisage à la peinture sur les supports le plus variés.

Le panneau directionnel qui peut comporter une à cinq inscriptions indique non seulement la direction, mais aussi les étapes et souvent le temps de marche en heures ou en minutes. Il est rectangulaire avec des flèches sur la plaque ou il prend directement la forme d’une flèche[126]. Le panneau de lieu-dit[126] reconnaissable à son liseré vert informe les randonneurs sur un site souvent connu localement pour son intérêt géographique ou historique, mais il remplit également une fonction de repérage pendant la randonnée pour savoir où on en est et combien de temps il reste à marcher.

Le panneau de circuit auto-pédestre[126] indique l’existence de sentiers circulaires qui ont l’avantage de ramener le randonneur à son point de départ, généralement des parkings ou des points touristiques stratégiques. Il ne nécessite aucune carte de randonnée car le balisage avec l’anneau restera identique sur tout le parcours même si parfois il se cumule à d’autres symboles. Les circuits ne dépassent pas les quatre de marche.

Balisage du Club vosgien
Type de symbole : Rectangle Losange Rectangle
barré de blanc
Triangle Croix droite Chevalet Disque Anneau
Couleurs possibles Rouge - Bleu - Vert - Jaune
Type de randonnée Grands parcours Sentier
interdépartemental
Variante ou
accès au rectangle
Liaison
Petite randonnée
Liaison
Petite randonnée
Liaison
Petite randonnée
Randonnée circulaire
> 4h marche
Circuit auto-pédestre
< 3 h marche
Exemples
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Col-saverne- symbole CV2.jpg
Panneau randonnée CV.JPG
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Système DRC[modifier | modifier le code]

Le balisage du Club vosgien est conçu pour être rassurant et fonctionnel[réf. nécessaire]. Il offre tant aux marcheurs occasionnels et aux touristes de passage qu'aux randonneurs aguerris la possibilité d'emprunter les sentiers du Club vosgien sans craindre de se perdre, sous réserve de disposer d'une carte topographique indiquant les itinéraires, pour pouvoir composer son parcours. Seules les boucles (marque de balisage en anneau) sont réalisables sans carte à condition de savoir d'où partir. Une fois déterminé sur carte le trajet souhaité, il suffit de rechercher sur le terrain les balises mentionnées sur la carte (au minimum, le point de départ), sans qu'il soit besoin d'autres repères.

Le système « DRC » pour Départ-Rappel-Confirmation[126] perfectionné et systématisé d’année en année procède du même principe : il faut indiquer un point de départ, rappeler qu’on est toujours sur le même chemin et le confirmer à intervalles réguliers.

À un parking, un village ou une intersection, le point de départ D est matérialisé par un panneau directionnel. Il faut apposer une plaque de rappel 10 m après le point D. La première confirmation se fait 30 m après le rappel, la seconde confirmation se fait 300 m après le point de confirmation [127] et si aucune intersection n’arrive sur son sentier, une confirmation a lieu tous les 300 m[126].

Dès qu’une intersection se présente sur le sentier qu’on emprunte, comme à un col par exemple, les panneaux directionnels indiquent les nouveaux points de départ qui exigent le même principe de rappel et confirmation.

Couverture du massif et sentiers de grande randonnée[modifier | modifier le code]

Le Club vosgien couvre l’ensemble du massif depuis la Hardt à la frontière allemande jusqu’au Jura à la frontière suisse. Il n’est pas stricto sensu réservé à la seule montagne car il existe également des sections qui sont sur le piémont des Vosges ou dans la plaine sous-vosgienne ou dans le Sundgau vallonné en incluant les villes périphériques qui justement fournissent les touristes empruntant les sentiers pédestres à deux pas de chez eux (Wissembourg, Haguenau, Saverne, Molsheim, Sélestat, Colmar, Mulhouse, Altkirch, Ferrette, Épinal, Bayon, Rambervillers, Cirey-sur-Vezouze, Sarrebourg et Bitche). Les sections alsaciennes balisent également des randonnées dans les forêts de plaine, les vignobles à flanc de collines quand les lieux comportent un caractère bucolique et historique évident.

Les sentiers de grande randonnée GR, signalisés par un rectangle, sont pour l’essentiel du XXe siècle[128] : les rectangles bleu et jaune ont été créés en 1942, le vert en 1981. Le GR 5 et son tronçon vosgien le GR 53, avec le rectangle rouge, remontent aux origines de la création de l’association avec son caractère de précurseur puisqu’il a été lancé en 1897[128].

  • Le GR 5 (sentier européen E2), créé en 1897, relie la mer du Nord aux Pays-Bas à Nice. Il traverse le massif des Vosges du nord au sud de manière non linéaire de Wissembourg à Fesches-le-Châtel. Comme il suit la ligne de crête (parcours du GR 5 en Alsace), il passe par le Donon, le Champ de Feu, le Haut- Koenigsbourg, le Grand Ballon et le Ballon d’Alsace. Le temps de marche nécessite environ une vingtaine de jours avec une moyenne de 21 km par jour.
  • Le GR 53 arrive de l'Odenwald.
  • Le GR 531, rectangle bleu, relie Soulz-sous-Forêts à Leymen en passant par Ingwiller, Munster, Masevaux…
  • Le GR 532, rectangle jaune, court de Wissembourg à Mulhouse, après un grand périple dans la montagne vosgienne et une boucle entre Belfort et le Sundgau…
  • Le GR 533, rectangle vert, commence à Celles sur Plaine, passe par Saint-Dié des Vosges, Gérardmer, La Bresse et rejoint le Ballon d’Alsace. Le rectangle vert pour le GR 533 plus tardif montre clairement les origines alsaciennes du Club vosgien qui a d’abord couvert les secteurs concernés par les agglomérations mosello-alsaciennes aux portes du versant occidental des Vosges. Le GR 5333 parcourt le massif en valorisant cette fois la partie vosgienne lorraine. Le GR 7 encore plus récent met à l’honneur la partie méridionale et la Vôge vers l’ouest.
  • Le GR 7 part de Venise vers la Pointe du Raz en Bretagne en passant par le Ballon d’Alsace. Il rejoint la Vôge en longeant la Haute Vallée de la Moselle, Remiremont, Xertigny, Darney et Lamarche.
  • Le GR 59 traverse la Franche-Comté du Ballon d'Alsace à Izieu en Rhône-Alpes.
Autres activités de plein air[modifier | modifier le code]

Le vol libre (principalement en parapente) est particulièrement développé dans le massif des Vosges qui se prête à cette activité. Des épreuves de la coupe du monde et les compétitions comptant pour le championnat et la coupe de France[129] s'y sont déroulés à plusieurs reprises notamment sur le site du Trehkopf-Markstein[130].

Le vélo tout terrain et la équestre y sont également très développés avec de nombreux sentiers balisés. Les sentiers de randonnée pédestre du Club vosgien ne sont pas destinés aux vététistes et aux cavaliers. Le marquage pour le VTT est différent et national.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Géologie et nature

Approche géographique et historique

  • Collectif, Parc naturel régional des Ballons des Vosges, Nouveaux-Loisirs, coll. « Guides Gallimard »,‎ , 192 p. (ISBN 2742405631)
  • Christophe Courau, Nathalie Moreau et Francine Pigelet-Lambert, Vosges, Hachette, coll. « Guide évasion »,‎ , 302 p. (ISBN 9782012404953)
  • Marie-José Laperche-Fournel, La représentation du massif vosgien (1670-1870) : entre réalité et imaginaire, L'Harmattan, Paris, 2013, 250 pages (ISBN 978-2-343-00540-9)
  • Damien Parmentier, Michel Laurent et Christophe Voegele (photographes), Vosges. Massif d'histoire, terre de liberté, La Nuée Bleue, DNA Strasbourg, 2007, 180 pages (ISBN 978-2-7165-0667-0)
  • Damien Parmentier, Le massif des Vosges, Alsace, Franche-Comté et Lorraine, éditions Ouest-France, Rennes, avril 2011, 180 pages (ISBN 978-2-7373-5078-8)
  • Jean-Robert Zimmermann, Les Vosges, Merveilles de la nature : De Saverne au Ballon d'Alsace, des Mille-Étangs au Donon, Éditions Place Stanislas,‎ , 149 p. (ISBN 978-2-35578-036-3)

Approche ethnographique et photographique

  • Joël Couchouron, pour sa série de 64 cartes postales Les Vieux Métiers, primée à Nantes en 1988, mais aussi ses livres à imagerie vosgienne, à nombreuses rééditions, Sapois/Vagney, intitulés La vie paysanne dans les Vosges, Vie à la Ferme dans les Hauts, Gens de la Montagne, Ainsi va la vie, Les Vosges à portée de main, Scènes paysannes, etc.

Randonnée pédestre

  • Guide du Club Vosgien, opus en quatre volumes, Strasbourg, réédition 1998.
  • Didier Cornaille, Promenades et randonnées dans les Vosges, du Fleckenstein au Ballon d'Alsace, Guide randonneur no 1, MA Éditions, Solar, 1991, 128 pages (ISBN 2-263-01744-5) [pour cavaliers, avec interprétation teintée d'imaginaire folklorique occidentale, mais souvent éloignée des faits historiques ou des divers imaginaires vosgiens]
  • Jean-Louis Keller, Ballades à pied Alsace et Vosges, 6° édition, DNA La Nuée Bleue, Strasbourg, 1999 (ISBN 2-7165-0334-6)
  • Paul Keller, Les Vosges pittoresques, édition Salvator, Mulhouse, 1982, 164 pages. Préface de Jean Braun, président du comité central du Club Vosgien.(ISBN 2-7067-0074-2) [Ouvrage focalisé sur le nord du Massif des Vosges]
  • Jean-Luc Theiller (texte), Jean-Luc Maire (photographie), Découvrir l'Alsace et les Vosges en marchant, éditions Franck Mercier, Annecy, 1998, 214 pages (ISBN 2-86868-140-9)
  • Daniel Wenger, Sur les sentiers vosgiens, édition Salvator, Mulhouse, 1971, 230 pages.
  • Daniel Wenger, Mes balades préférées dans les Vosges, La Nuée bleue, DNA Strasbourg, 2009, 158 pages (ISBN 978-2-7165-0751-6)
  • Jean-Luc Theiller, Gîtes et refuges dans les Vosges, éditions Coprur, Balades & Loisirs, Strasbourg, 1994, 192 pages (ISBN 2-903297-98-3)

Ski

  • Jacques Dieterlen, Les fils de la neige, histoire de skieurs, édition de la revue du ski, Strasbourg, 1936.
  • Neige dans les Vosges, Dernières Nouvelles d'Alsace, 1953, 32 pages.
  • Associations départementales de Tourisme (Vosges, Haut-Rhin), Sports d'hiver dans le massif vosgien, Loos, Paris Saint-dié, 1962.(Liste d'hôtels, calendrier de compétition).
  • Fédération Française de ski, comité régional des Vosges, Ski dans les Vosges (Annuaire 1969-1970), saison 1969-1970, Mulhouse, 128 pages.
  • Jean Steiner, Dix ans de ski dans les Vosges, Épinal, 1981, 112 pages (préface de Gaston Currien).
  • Documentaire vidéo de J.A. Raynaud, Ski de fond, Scope 2, 1981.
  • Carte de randonnées de ski de fond : Massif du Donon, carte au 1/25000°, Au Source de la Plaine, 1983.
  • Le ski dans les Vosges, Journal de la chambre de commerce et d'industrie des Vosges, no 199, janvier 1984.
  • Alain Morley, Skier dans les Vosges, Guide poche DNA, La Nuée Bleue, Strasbourg, 1990, 45 fiches (soit autant de stations, 240 pistes, 220 circuits) (ISBN 2-7165-0228-5).
  • Grégoire Gauchet, Un siècle de ski dans les Vosges, La Nuée bleue, DNA, Strasbourg et éditions de l’Est, Nancy, 2001, 112 pages (ISBN 2-7165-0495-4).
  • Laurent Wahl, « Névés, corniches et risque d’avalanche dans les Hautes-Vosges », Revue géographique de l'Est.
  • Francis Gueth, « Éléments pour une histoire ancienne de l'enneigement et des avalanches dans les Vosges », Dialogues Transvosgiens, no 16, 2001, page 9

Autres sports

  • Anne et Jérôme Renac, 30 ballades à raquettes dans les Vosges, du Donon au Ballon d'Alsace, édition Didier Richard, 2006, 80 pages (ISBN 2-7234-5167-4)
  • Yannick Dissart, Pierre Argand (expert sécurité), Escalades dans les Vosges, guide édité par le comité départemental de la Fédération Française de Montagne et d'Escalade des Vosges, 165 pages (ISBN 2-9511364-0-4)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, p. 104.
  2. Louis Détry, Marianne Mulon, Dictionnaire des noms de lieux, Les Usuels, Le Robert, 1992. Notice sur "Vosges".
  3. Henri Gaidoz, Henry Arbois de Jubainville, Joseph Loth et Paul Le Nestour, « Revue celtique », Revue celtique, F. Vieweg, vol. 3,‎ , p. 22-23
  4. (de) E. Mensching, « Vosegus und die Vogesen, Die Vogesen als geographischer Begriff in römischer und frühmittelalterlicher Zeit », Pfälzer Heimat, no 1, 1982, p. 7-19.
  5. C'est le cas du chanoine D. Ruyr dans ses Antiquitez de la Vosge, parue à Épinal en 1633. Le pluriel du terme Wasgau se retrouve en français dans l'adaptation Wasgovie qui englobe pour nombre de savants d'alors l'ensemble des antiques forêts et montagnes de la Vôge et des Vosges prolongées jusqu'au Vosges du Nord et aux reliefs dominant le Palatinat. Au siècle des Lumières, l'érudit Jean-Daniel Schoepflin s'offusque de ces dénominations qu'il juge floues et inopérantes. Il réserve Wasgau à une contrée historique précise des Vosges du Nord et considère le pluriel ou sa généralisation comme infondée ou vague. Jean-Daniel Schoepflin, Alsatia Illustrata, édition de Mulhouse, 1849, réédition du Palais Royal, Paris, 1974. Tome I p. 29 et p. 37, Tome 3 p. 288.
  6. a et b Cartes IGN disponibles sur Géoportail
  7. Laurent Jolivet, Comment poussent les montagnes ?, Les petites pommes du savoir, éditions Le Pommier, Paris, 2011, 64 pages. ISBN 978 2 7465 0547 6
  8. Le graben ou fossé rhénan continue à être efficace comme fossé d'effondrement, mais il n'a jamais évolué en véritable zone de dissociation latérale sous forme de rift.
  9. Yves Sell et Jean-Claude Gall, opus cité
  10. Travaux géologiques et pétrographiques de Pierre Fluck sur les roches plutoniques et métamorphiques, ainsi que sa thèse sur l’histoire de la chaîne varisque à partir de l’étude des Vosges moyennes d’Alsace.
  11. Contributions sur les grès de Jacques Perriaux (Thèse sur la géologie des Vosges gréseuses en 1961) et de Jean-Claude Gall (Faunes et paysages du Grès à Voltzia du Nord des Vosges. Essai paléoécologique sur le Buntsandstein supérieur. Mémoire du Service de la Carte géolologique d'Alsace Lorraine, 1971 et Paléoécologie. Paysages et environnements disparus. Masson 1995 réédition 1998). Du dernier, plus accessible, Alsace, des fossiles et des hommes. Une histoire géologique de la plaine rhénane et du massif vosgien des origines à la géothermie. La Nuée Bleue édition 2005, réédition 2011, 137 pages, ISBN 978-2-7165-0655-7.
  12. Flageollet, opus cité
  13. Travaux de Pierre Fluck sur la métallogénie
  14. « Sédimentation continentale au Permien et au Trias », sur 4.ac-nancy-metz.fr.
  15. « Site d'un météorologue amateur local »
  16. [PDF] « La forêt du massif vosgien »
  17. « Le massif des vosges »
  18. Georges Poull, Les Vosges, Paris, France-Empire, coll. « Histoire et terroirs »,‎ , 501 p. (ISBN 2704804303), chap. V (« L'espace vosgien à notre époque »), p. 345-379
  19. a et b (Poull 1985, p. 376)
  20. a, b et c (Poull 1985, p. 377)
  21. a, b et c (Wahl, Planchon et David 2077, p. §25)
  22. a et b (Wahl, Planchon et David 2077, p. §26)
  23. Laurent Wahl, Olivier Planchon et Pierre-Marie David, « Milieux naturels et paléomilieux des Vosges au bassin de la Sarre : Névés, corniches et risque d’avalanche dans les Hautes-Vosges », Revue géographique de l’Est, vol. 47 / 4,‎ (lire en ligne)
  24. a et b (Wahl, Planchon et David 2077, p. §27)
  25. « Malgré cela le névé du Schwalbennest n’a persisté que jusqu’au 20 juillet, en raison d’une fin de printemps assez pluvieuse et d’un mois de juillet très chaud »
  26. a et b Guy de Germiny, Seigneurs de montagne : mouflons, bouquetins et chamois du monde entier, Le Gerfaut, 1er janvier 1998, p. 124
  27. a et b Revue scientifique de 1872 provenant de l'Université de Californie[réf. incomplète], p. 828 : « Le musée d'histoire naturelle de Colmar possède une paire de cornes provenant d'un bouquetin, Ibcæ alpinus, qui a été tué en 1798 dans le val de Munster, au Würzelstein, près de la Schlucht. »
  28. L'ours des Vosges, mémoire de Thierry Jeandel
  29. Date de réintroduction du Lynx sur une page du site du Groupe Tétras Vosges [1]
  30. Étude du groupe Ferus sur le statut du Lynx dans les Vosges, octobre 2013 [2]
  31. [PDF] Virginie Schmitt et le groupe d’études des mammifères de Lorraine, « Le castor européen (Castor fiber L.) en vallée de la Moselle depuis sa réintroduction en 1983 », CICONIA 31 (3), 2007, p. 117-131 [lire en ligne]
  32. Thomas Pfeiffer, Les loups en Alsace paru en 2006 dans la Revue d'Alsace
  33. Le loup aux portes du Sundgau - Article de Loup.org
  34. Thomas Pfeiffer, Alsace, le retour du loup, Strasbourg, La Nuée Bleue,‎ (ISBN 9782716507967)
  35. Site conjoint Ministère de l'Écologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement et du Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l'Aménagement du Territoire - Suivi des populations de loups - Bilan du suivi hivernal 2011-2012
  36. [PDF] U. Hohmann, D. Huckschlag, Forschungsbericht – Grenzwertüberschreitende - Radiocäsiumkontamination von Wildschweinfleisch in Rheinland-Pfalz - Eine Mageninhaltsanalyse erlegter Wildschweine aus dem westlichen Pfälzerwald ; Internetdokument der Forschungsanstalt für Waldökologie und Forstwirtschaft Rheinland-Pfalz, 2004, 65 pp.
  37. Dix ans après Tchernobyl : des sangliers vosgiens au césium 137 Des analyses effectuées sur des sangliers tués lors d’une partie de chasse à Saint-Jean-d’Ormont (Vosges) en 1996 ont révélé qu’ils étaient radioactifs, Le Républicain lorrain, 23 mars 2011, consulté le 8 octobre 2011
  38. a, b, c, d, e et f Éléments d'information sur la contamination en France, N°163/164, reprenant et citant les pages 15 à 21 du rapport IPSN de mai 1997 concernant le secteur de Saint-Jean-d'Ormont
  39. Codex alimentarius, Limites indicatives pour les radionucléides dans les denrées alimentaires contaminées suite à un accident nucléaire ou un événement radiologique ; pour l’emploi dans le commerce international de 2007 (source : Ministère français de l'Agriculture ; Rapport du Comité directeur pour la gestion de la phase post-accidentelle d’un accident nucléaire ou d’une situation radiologique (CODIRPA), déjà cité
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  58. Société d'Histoire et d'Archéologie de la Lorraine, « Société d'histoire et d'archéologie de Lorraine », Les Cahiers lorrains, no 1-4année=2005,‎ , p. 232
  59. Revue archéologique, « Revue archéologique », Revue archéologique, A. Leleux,‎ , p. 166
  60. Jean-Michel Boehler (dir.), Dominique Lerch et J. Vogt, Histoire de l'Alsace rurale, ISTRA, coll. « Grandes publications »,‎ , 511 p., p. 58-62
  61. Monde des morts, monde des vivants en Gaule rurale: actes du colloque ARCHEA/AGER (Orléans, Conseil régional, 7-9 février 1992), vol. 6 Supplément à la Revue archéologique du Centre de la France, FERACF/La SIMARRE,‎ , 454 p., p. 113-114
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  63. Société philomatique vosgienne, Aspects de la religion celtique et gallo-romaine dans le nord-est de la Gaule, à la lumière des découvertes récentes : actes de la Rencontre archéologique de Saint-Dié-des-Vosges, La Société,‎ , 199 p., « Les sanctuaires de la culture gallo-romaine des sommets vosgiens », p. 73-89
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  80. Georges L’Hôte, « Les us et coutumes au contact de la frontière linguistique en Moselle-Sud », Annuaire d’histoire et d’archéologie de la Lorraine, t. LXXIX,‎ , p. 53-65
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  83. (Parisse 2005, p. 19)
  84. (Parisse 2005, p. 17)
  85. a et b Gérard Michaux (dir.), La vie religieuse, Metz, Editions Serpenoise, coll. « Encyclopédie illustrée de la Lorraine »,‎ (ISBN 2876920239), « Le temps des Lumières », p. 151-179
  86. (Michaut 1988, p. 153)
  87. a, b, c et d (Michaux 1988, p. 152)
  88. (Parisse 2005, p. 10)
  89. Guy Cabourdin (Professeur émérite Nancy II), Les Temps modernes : De la Renaissance à la guerre de Trente ans, Metz, Serpenoise/PUN, coll. « Encyclopédie illustrée de la Lorraine »,‎ (ISBN 2876920085), « Les échanges », p. 33-35
  90. (Les échanges, p. 33)
  91. (carte des routes lorraines, p. 33)
  92. (Le verre, p. 29-30)
  93. (L'apogée des duchés 1559-1625, p. 93-177)
  94. (Parisse 2005, p. 31)
  95. (Mines et industrie, p. 28-32)
  96. (Le verre, p. 29-30)
  97. (Woronoff 1992, p. 15-18)
  98. Philippe Martin (préf. Philippe Claus, Inspecteur d'Académie, Histoire-géographie), Pays de Moselle, Metz, CRDP Lorraine,‎ , 3e éd., 86 p. (ISBN 2866273354), « Aires de peuplement et évolution linguistique », p. 9-12
  99. (Claus 2000, p. 12)
  100. Robert= de Saint-Loup, Armorial de Lorraine et des provinces de Bar, de Luxembourg et de Joinville, 237 p., p. 70
  101. Jeanne Cressanges, Comité régional du Tourisme de Lorraine, La route du verre et du cristal, Serpenoise, coll. « Circuits culturels et touristiques en Lorraine »,‎ (ISBN 2876922657)
  102. (Parisse 2005, p. 2)
  103. a et b (Cressanges 1997, p. 4)
  104. Philippe Jehin, « Verriers et forêts sous l’Ancien Régime en Alsace », Les actes du CRESAT,‎ , p. 6 (lire en ligne)
  105. (Jehin 2010, p. 5)
  106. a, b, c et d (Cressanges 1997, p. 6)
  107. Denis Woronoff, Le souffle et la marque. Circulation des savoirs et formation des cultures verrières,‎ , 311 p. (lire en ligne)
  108. (Woronoff 1992, p. 34)
  109. Stéphane PALAUDE (professeur Université de Lille III), Stéphane ROELANDT (professeur Université de Paris I) et Bruce VELDE (professeur École Normale Supérieure), Verreries en plat de l’Avesnois-Thiérache (xvie-xviie siècles,‎ (lire en ligne)
  110. (Woronoff 1992, p. 40)
  111. (Cressanges 1997, p. 7)
  112. Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, B 11, citées par (Jehin 2010, p. 2)
  113. a et b Site officiel
  114. Site officiel
  115. Site officiel
  116. (Jehin 2010, p. 4)
  117. (Jehin 2010, p. 2)
  118. La carte de René Auscher, dans son livre Les Sports d'Hiver, oublie pour des raisons géopolitiques la partie alsacienne, c'est-à-dire alors allemande, du massif, où pourtant l'activité touristique hivernale est considérablement plus importante tant en équipement hôtelier qu'en afflux de pratiquants.
  119. Remarquons que le sommet du Donon est allemand. Mais il faudrait ajouter logiquement le Champ du Feu, Aubure, Orbey, le Grand-Ballon... du côté alsacien.
  120. L'Alsace en 1984 compte 29 044 licenciés dans 144 clubs, à peu près repartis en 14 320 adhérents bas-rhinois pour 53 clubs et 14 744 adhérents haut-rhinois pour 91 clubs. Il n'y a toutefois que 3000 compétiteurs, selon l'article de M. Lauger, Le ski en Alsace, Encyclopédie de l'Alsace, Édition Edisud-Total, 1984
  121. Ces mêmes phénomènes liés à des variations de pression brutales pourraient paradoxalement aussi expliquer des chutes de neige importantes et violentes, parfois même en limite de saison.
  122. Damien Parmentier, op. cit.
  123. Nicolas Mengus, André Huegel, Malgré nous ! Les Alsaciens et les Mosellans dans l'enfer de l'incorporation de force, Presses du belvédère, octobre 2010 (ISBN 978-2-86587-003-5), p. 22
  124. Fiche descriptive du balisage vosgien
  125. Le guide de balisage du Club vosgien,‎
  126. a, b, c, d et e (Club Vosgien 2007, p. 29-39)
  127. 1
  128. a et b (Club vosgien 2007, p. 23)
  129. Les compétitions parapente et delta des Vosges
  130. Treh-Markstein : décollage parapente des Vosges et d'Alsace / Fellering

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

48° 00′ N 7° 00′ E / 48, 7