Massif des Vosges

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Massif des Vosges
Carte topographique du massif des Vosges.
Carte topographique du massif des Vosges.
Géographie
Altitude 1 424 m, Grand Ballon
Superficie 5 500 – 6 000 km2
Administration
Pays Drapeau de la France France
Régions Alsace, Franche-Comté, Lorraine
Géologie
Âge Rift rhénan et surélèvement depuis le Tertiaire ; roches apparentes principalement du Paléozoïque jusqu'au Trias.
Roches Roches métamorphiques, sédimentaires, magmatiques et volcaniques

Les Vosges [voːʒ][1] sont un massif montagneux situé au nord-est de la France. Ce massif montagneux est de type varisque (ou hercynien).

Son point culminant est le Grand Ballon (autrefois Ballon de Guebwiller) qui atteint 1 424 mètres d'altitude.

La partie méridionale du massif fait partie du parc naturel régional des Ballons des Vosges tandis que l'extrémité septentrionale (Vosges gréseuses) se situe dans le parc naturel régional des Vosges du Nord.

Les crêtes vosgiennes, du Donon au Ballon d'Alsace, comportent encore les bornes de l'ancienne frontière entre la France et l'Allemagne (frontière de 1871), marquées D pour Deutschland d'un côté et F de l'autre. Cette limite est aujourd'hui celle entre l'Alsace-Moselle et la Franche-Comté au sud ainsi que le reste de l'actuelle région Lorraine sur le reste de son tracé.

Sommaire

Toponymie[modifier | modifier le code]

Les Vosges[modifier | modifier le code]

Le nom des Vosges est attesté depuis l'Antiquité[2] :

  • la première mention est géographique : ex monte Vosego désigne une montagne entre Gaule celtique et Belgique, telle que César la décrit dans la Guerre des Gaules (IV, 10). Cette contrée forestière correspond à la frontière antique entre les Leuques, à l'ouest, les Médiomatriques et les Séquanes à l'est. Pline, qui est chargé d’avitailler la marine romaine, connaît déjà le sapin des Vosges ;
  • la seconde est une épithète de divinité Vosegus qui apparaît au Donon dans le titre Merc[urio] vosego. Pour la plupart des historiens du XIXe siècle, cet antique Vosegus est un génie des forêts obscures, un dieu topique de cette montagne forestière[3]. On peut y voir plus simplement une dédicace au « Mercure vosgien » ;
  • une troisième inscription antique tardive du IVe siècle montre l’équivalent du terme actuel « forêt vosgienne », avec une forte connotation sauvage et menaçante, silva vosego ;
  • au VIIe siècle, Jonas de Bobbio, biographe de saint Colomban, écrit à son propos : « Erat enim tunc vasta eremus Vosagus nomine (...). Ibi cum suis resedit » (il y avait en effet alors un vaste désert nommé Vosge (...). C'est là qu'il s'établit avec les siens) ;
  • on trouve encore : à Zinswiller (Bas-Rhin), vo[se]go sil[vano] ; à Gœrsdorf (Bas-Rhin), vosego sil[vano] ; à Bad Bergzabern (Palatinat), vosego ; à la Maison forestière de Breitensteiner (Bad Dürkheim), vosego ; à Bärenbrunner Hof (Pirmasens), vosego silvan[o][4].

La cité des Leuques, centrée à Nasium puis à Toul, est déjà une province ouverte depuis le Ier siècle. Les Bagaudes généralisées au IIIe siècle semblent reprendre avec une violence accrue au milieu du IVe siècle et ce monde, tout en restant, paradoxalement à nos yeux, structuré dans le cadre rigoureux de la latinité et du Bas-Empire, passe sous hégémonie germanique.

Alors apparaît un terme éphémère au VIIe siècle, ce siècle de la renaissance croissante des vieilles hiérophanies - lieux du sacré - oubliées, dévoyant et perdant le sens global du toponyme gaulois latinisé. Le vocable germanisé s'écrit Wasgauen ou « districts ou contrées des étendues », sous-entendu « de l'ouest » selon les historiens lorrains ou alsaciens du XVIIe siècle[5].

Les aristocrates francs, puis des associations chrétiennes d'hommes solidaires autour d'intérêts communs ont émancipé des territoires et dénommé les bans au VIIe siècle. Soumises à une christianisation profonde, ce sont de véritables et nouvelles découpes du diocèse qui, à terme, instaurent une vie politique et religieuse, voire économique, autonome par rapport à la vieille cellule fondatrice du Bas-Empire que représente la cité de l'évêque. Les ducs francs d'Alsace, constatant la vacance du roi mérovingien, ont protégé les bans dès leurs fondations, puis ont accaparé à leur compte l'administration supérieure de ces grands bans quasi-autonomes, en particulier sur les confins orientaux du vaste comté de Chaumontois. Ils ont ainsi réduit momentanément l'influence de l'évêché de Toul et ont fait de même au nord et au sud de l'Elsass, c'est-à-dire avec le Nordgau pris sur l'évêché de Spire et le Sundgau capté sur l'évêché de Bâle. Les Carolingiens, restaurateurs d'une centralité du pouvoir, ont assujetti ces entités autonomes, les plaçant sous tutelle d'administrations religieuses initialement à leur service royal.

Au XIIIe siècle, le latin d’église a gardé la forme Vosagum qui évolue en Vogia ou Vosgia, d'après la forme romane. En ancien français, on trouve conjointement « par Vouge trespassa », ce qui signifie « il passa par les Vosges ».

La civilisation paysanne impose progressivement ses repères après le VIIIe siècle. Le singulier Vosge ou Vôge provenant du premier toponyme gaulois latinisé se perpétue pour caractériser le pagus ou pays vert observable en contrée frontalière au sud de l'antique Belgica prima, à la limite de l'ancienne Austrasie et déjà en Burgondie.

Des formes au pluriel en langues romanes et germaniques, du premier toponyme gaulois latinisé, influencées par les interprétations savantes mérovingiennes, prennent désormais en compte la diversité du domaine royal, une foresta primitive et royale dispersée dans ce monde paysan en gestation en grands bans montagnards, parfois morcelés ultérieurement au gré des pouvoirs politiques plus ou moins sacrés, engendrant plus tard au XIIIe siècle les anciennes grandes paroisses, en particulier celles de la montagne, puis le massif montagneux lui-même.

L'historien peut en conclure que la montagne, bien que soumise à une semblable administration du Bas-Empire jusqu'au début du VIIe siècle, s'affirme en foyer germanique et que la Vôge à une grande contrée précocement latinisée entre Saône et Moselle. Les études dialectales confirment cette assertion. L'ethnologie des anciennes coutumes et des vieux moyens de transports ruraux montrent des frontières au-delà de la Moselle, les zones au voisinage des voies romaines demeurant fortement romanisées.

En alsacien, le massif est appelé D'Vogese. Ce terme voisin de l'allemand Die Vogesen semble avoir été formé sous l'influence du latin ecclésiastique Vosagensis, devenu *Vosagesi « vosgeais », désignant ce qui est relatif aux Vosges ou à Vosagum. Les voyageurs ou habitants du piémont alsaciens désignaient certains éléments du paysage visibles de loin, roches, forêts ou chaumes sommitales, éboulis ou parois escarpées, pentes boisées, broussailleuses ou en pelouses sèches, châteaux d'observation et habitats des passes fréquentées, qu'ils ont ensuite pris l'habitude d'éluder. Il reste que l'évolution phonétique du premier mot gallo-roman Vosego silvano donne le mot alsacien.

Le département des Vosges a été formé sur la partie méridionale des États de Lorraine en 1790.

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Les ballons[modifier | modifier le code]

Le terme ballon est le nom usuel sous lequel on désigne quelques sommets des Vosges. En réalité le toponyme le plus fréquent pour les sommets vosgiens n'est pas construit avec le mot « ballon » mais avec les appellatifs toponymiques -kopf ou -berg, en langue romane respectivement « tête » et haut ou mont. En effet, seuls cinq sommets portent aujourd'hui réellement ce nom (Grand Ballon, Petit Ballon, Ballon d'Alsace[N 1], Ballon de Servance[N 2] et Ballon Saint-Antoine). Il y a plus d'un siècle, on lisait encore dans les encyclopédies, le Ballon de Comté ou de Lure pour La Planche des Belles Filles et le Ballon de Guinon[6][N 3]. Par ailleurs, on parlait en 1591 aussi du « Beffortisch Belchen » (Ballon de Belfort) pour désigner le Ballon d'Alsace[7].

L'origine du terme oronymique « ballon » a fait l'objet de plusieurs études étymologiques depuis le XIXe siècle et malgré les différentes hypothèses émises par d'éminents chercheurs[N 4] aucune théorie n'a remporté l'adhésion totale, hier[8] comme aujourd'hui[9]. Interprété plus par étymologie populaire[9] ou sur des considérations purement linguistiques[10] à défaut de faits archéologiques, cet oronyme garde une part de mystère.

Procédant par exclusion, la majorité des chercheurs qui se sont penchés sur le sujet s'accordent aujourd'hui pour écarter la thèse de la forme arrondie qui partait du constat suivant : le terme Bölchen serait un diminutif du vieux haut allemand bolla qui signifie « récipient arrondi », « bol » et de même origine indo-européenne que le latin bulla « objet sphérique » (> français boule) et désigne donc métaphoriquement « la forme arrondie des sommets ». Il se peut que Belchen représente une évolution dialectale de ce terme. Or, bien que le relief des ballons soit généralement assez doux, ils ne sont pas véritablement ronds comme des ballons ainsi qu'on le croit souvent ; s'ils présentent effectivement des aspects arrondis, ils possèdent également des escarpements prononcés (comme les versants nord et est des Ballons d'Alsace et de Servance, très raides voire dangereux pour le randonneur qui quitterait les sentiers). Dans son Guide des Vosges de 1883, Mündel voyait par exemple dans le terme « Bolle » désignant la partie ronde de l'œuf dans les dialectes allemands du sud-ouest l'origine de l'oronyme « ballon »[11], repris par La Grande Encyclopédie de 1886[12] en se basant sur le fait qu'il existe des « Belchen » en Hesse, le bassin rhénan supérieur et la Suisse[12]. De plus, d'une part les dialectes germaniques disposent de termes actifs pour désigner des sommets arrondis comme Kuppe, d'autre part les dialectes alémaniques ne pratiquent pas le diminutif « -chen ». Ils ont opté pour la forme /-ilîn/ déjà présente en vieux haut-allemand et usuelle dans les Vosges alsaciennes dans, par exemple « Koepfel » ou « Baechel », respectivement la petite tête et le ruisselet.

Le premier débat qui a occupé les chercheurs était de savoir lequel des deux termes « ballon » et « Belchen » a été emprunté par l'autre langue voisine. Ce mot « Belchen » compris comme « Bällchen » (petit balle), a influencé le choix du terme français ballon au XVIIIe siècle par les moines bénédictins de Senones, véritables géographes du siècle des Lumières. Loin d'être un fait unique, les sommets et les chaumes des Vosges ont été historiquement d'abord fréquentés par les pâtres alsaciens, souvent d'ailleurs d'origine suisse. Les Lorrains romans sont arrivés plus tard[8] et ont romanisé les termes germaniques. À noter qu'en patois vosgien, on prononce le mot avec un /a/ long, donc plus comme « bâlon », une graphie qu'on trouve encore dans les textes du XIXe siècle. Sur ce point, les linguistes contemporains n'ont plus de doute non plus : il faut chercher l'étymologie de « Belchen » qui est antérieure à celle du « ballon »[9].

L'oronyme allemand Belchen est géographiquement très localisé : en Alsace (Elsässer Belchen ou welscher Belchen, ) ; en Forêt-Noire avec le Badischer Belchen ; en Suisse avec le Belchenflue (schweizer Belchen, Belchenflue ou encore Bölchen et Bölchenflue en suisse alémanique) ; finalement en Hesse, région de Kassel, dans le Söhrewald[12] pour lesquels certains historiens voient plutôt une colonie fondée à l'époque carolingienne par des colons provenant de la plaine rhénane supérieure[7]. Belchen n'est pas seulement un oronyme, mais aussi un hydronyme dans Belchenbach[13] où le nom de la montagne est transféré à celui du cours d'eau et des agglomérations en Suisse[7].

Pendant plus d'un siècle, la forte majorité des historiens ont privilégié la thèse du culte celtique[14] de Belenos, dieu gaulois romanisé[15], tutélaire des éminences les plus dégagées du massif. Dans les années 1960 et après, Françoise Le Roux et d'autres chercheurs rappellent que la communauté de radical ne suffit pas pour justifier une identification. D'un côté, on donne à la racine /bel/ dans Bélénos le sens "brillant" ; de l'autre on pense qu'en réalité il s'agirait de l'épiclèse du Dagda, le « Druide Divin », qui signifie plutôt « le Puissant »[N 5]. En revanche, il faut se garder de réserver le dieu du soleil, Bélénos, qu'aux seuls ballons. Les deux interprétations se valent ou se complètent par le truchement de la fête de Beltaine. Dans un premier cas, cette festivité sert à célébrer la rupture dans l'année entre la saison sombre et la saison claire. Ce dieu est plus présent et cité dans des inscriptions dans les Gaules cisalpine et transalpine, en Illyrie et en Norique. Évoquer une divinité et donner son nom soit à une ville[N 6], soit à un lieu significatif pour la vie des populations était courant chez les peuples anciens ; on voulait s'attirer les bonnes faveurs des dieux protecteurs. La rivière Belaine dans le Brionnais-Charolais est associée à Bélénos, divinité tutélaire de Clermont-Ferrand[16].La plupart des linguisties font dériver le toponyme « Beaune » également de ce dieu du soleil même s'ils précisent que cela ne repose que sur ds considérations linguistiques. alors que les faits archéologiques attestent plus facilement l'autre attribution de Bélos qui est d'être la divinité des eaux et des sources[10]. Bélénos fut surtout adoré[17] en Pannonie[18], en Illyrie[17] et il fut le dieu tutélaire majeur du Norique[18],[17] et de la ville italienne Aquilée[17] avec des mentions tardives dans les sources romaines [18]. Ausone cite Bélos ou Bélénos comme un soleil plein de force et de vigueur pour lequel on bâtissait des temples desservis par les druides[17]. La présence des druides pour la fête de Beltaine était exigée pour assurer le rituel du passage du bétail entre des feux[19] qu'on allumait peut-être aussi sur les sommets des ballons afin d'obtenir la protection contre les épidémies[15],[20]. On sait en effet que les pelouses subalpines des chaumes vosgiennes furent utilisées pour l'estive. Plus récemment, les analyses palynologiques et polliniques[21] au Hohneck et au Rossberg ont montré pendant la protohistoire l'existence de chaumes avec pâturage à partir du bronze final[21], pendant la culture de Hallstatt, et encore plus actives à partir du 2e âge du fer, période de la Tène[21]. Le massif vosgien est intégré dans la sphère de la culture de Hallstatt dont on sait qu'elle est à l'origine des Celtes dans la région. Il y avait du bétail sur les pelouses sommitales du massif vosgien quand la culture celtique dominait[21].

Depuis les années 1980, l'implication des ballons ou Belchen pour l'élaboration d'un calendrier astronomique celtique a été étudiée par des archéologues et historiens régionaux (RegioTriRhena), surtout suisses et allemands. On parlait à l'époque du « triangle des Ballons ». L'archéologue suisse, Rolf d'Aujourd'hui, a repris activement les recherches depuis 2006 afin de de démontrer la véracité du système calendaire des Ballons[22] où le Ballon d'Alsace (1 247 m) joue un rôle primordial : pour déterminer les jours d'équinoxe et de solstice dans le calendrier tropique celtique, il faut observer quand le soleil se lève sur le Schwarzwald Belchen (1 414 m) en Forêt-Noire et à quel jour sur la Belchenflue en Suisse. Pour connaître le jour du solstice, il faut se tenir sur le Ballon d'Alsace et regarder le Petit Ballon (1 272 m) car c'est sur son sommet que se lève le soleil en hiver le 21 décembre.

Géographie[modifier | modifier le code]

Topographie[modifier | modifier le code]

Relief des Vosges.
Lac glaciaire du Schiessrothried.
Le toit des Vosges.
Le sommet du Grand Ballon.

Le massif des Vosges offre un profil très dissymétrique, opposant le sud cristallin et le nord gréseux, l'ouest en pente douce et l'est accidenté et tombant vers la plaine d'Alsace.

Les Vosges cristallines se composent d'une crête principale en forme de J inversé, à laquelle viennent se greffer plusieurs chaînes secondaires séparant les vallées des affluents de la Moselle côté lorrain et de l'Ill côté alsacien. Au nord de la vallée de la Bruche, les Vosges gréseuses forment une suite de collines dont l'altitude diminue après le col de Saverne dans les Vosges du Nord et qui se prolonge naturellement au-delà de la frontière allemande par le massif du Pfälzerwald.

Le cirque glaciaire de Frankenthal, dont les couloirs d'avalanche abritent des espèces rescapées de l'ère glaciaire, culmine à 1 363 mètres. Il est remarquable par son relief abrupt et son climat particulièrement rude.

Sommets[modifier | modifier le code]

Les 14 sommets vosgiens de plus de 1 300 m sont[23] :

Liste à laquelle s'ajoutent d'autres sommets notables de plus de 1 000 m :

Lacs, étangs et tourbières lacustres[modifier | modifier le code]

Les plans d'eaux se présentent sous des formes très variables, reliques de paysages naturelles ou réalisations artificielles soit anciennes ou récentes[23]. Les principaux sont classés par ordre d'altitude :

Cols et tunnels[modifier | modifier le code]

Les cols vosgiens sont généralement ouverts en toutes saisons, à l'exclusion d'une partie de la route des Crêtes, non déneigée jusqu'au printemps. Le tunnel Maurice-Lemaire, utilisé initialement pour le transport ferroviaire, a été réaménagé pour le trafic routier par APRR pendant quatre ans et a rouvert ses portes à péages le . Le projet de tunnel entre Bussang et Urbès s'est limité à la moitié du percement. Il a été abandonné en 1938 faute de moyens.

Les cols vosgiens peuvent être classés en cinq catégories :

Géologie[modifier | modifier le code]

Le versant alsacien du massif du Hohneck.
La faille du fossé rhénan.

Orogenèse[modifier | modifier le code]

Les massifs des Vosges en France et de la Forêt-Noire en Allemagne ne sont géologiquement pas des montagnes[24]. Ils apparaissent en contre-coup de l'effondrement rhénan[25], preuve d'une gigantesque faille active parmi d'autres qui fracturent l'Europe il y a soixante-cinq millions d'années au début du Tertiaire[26]. La pression de l'orogenèse alpine[27] née de la poussée de la plaque africaine sous la plaque européenne n'est qu'une des grandes causes de la reprise des mouvements tectoniques. Les failles rhénanes se prolongent facilement vers le sud à la vallée de la Saône et au couloir rhodanien et au nord de façon moins apparente jusqu'au bassin d'Oslo[N 7].

L'intense dislocation commençant à l'époque tertiaire, en particulier l'effondrement continu du fossé ou graben alsacien et la surélévation progressive des bords[28], aboutit à la situation actuelle, une vallée du Rhin encaissée bordée de part et d'autre par deux massifs, Vosges et Forêt-Noire, profondément faillés et décapés[29]. La reprise de l'érosion a éradiqué les couches secondaires pour parvenir au socle arasé au début du Permien, résultat de l'effondrement et de l'érosion des montagnes de l'époque carbonifère[30]. Des noyaux durs de roches magmatiques du type granites et des zones métamorphiques de type gneiss aujourd'hui en surface dévoilent des parties profondes du socle hercynien[27] commun en particulier aux Vosges et à la Forêt-Noire[31]. Dans les zones d'effondrement latérales, ils sont parfois encore recouverts par de puissantes couches de grès rouges de la fin de l'ère primaire, contenant çà et là, de fines couches rappelant des transgressions de petites mers intérieures carbonifères[32].

Au début de l'ère secondaire, ce socle permien plus ou moins plan, devenu un vaste rivage faisant face à une avancée d'un bras de la Téthys couvrant le sud de l'Allemagne actuelle, s'était couvert d'un dépôt de sables devenu le grès triasique rose, ce matériau initialement charrié provenant de l'érosion de montagnes bien à l'ouest[27], puis au sud du centre de l'actuel bassin parisien[33]. Une série d'immersions et d'émersions de cette pénéplaine sableuse par des mers plus ou moins chaudes et profondes laisse des sédimentations spécifiques que l'on retrouve dans le Trias lorrain[27]. Car, à l'époque tertiaire, sur ce qui est devenu une haute pénéplaine, l'érosion reprend et commence à enlever les derniers dépôts secondaires sur ce qui réapparaît du massif ancien.

Érosion et activité sismique[modifier | modifier le code]

Les premières grandes glaciations de l'ère quaternaire, sous forme d'inlandsis, ont contribué à accélérer l'érosion des couches calcaires, argileuses et gréseuses du Secondaire, ensuite facilement déblayées. Puis l'érosion s'est attaquée aux anciens dépôts permiens et aux roches reliques de la chaîne hercynienne. Les dernières glaciations ont laissé des traces dans les vallées en amont creusées en forme de paliers descendants, d'ombilics et de ressac, laissant en aval nombre de moraines et de tills[34]. Ces récents surcreusements ou ces masses de matériaux mal déblayés sont à l'origine de paysages ultérieures de reculées et de cirques montagneux[35] de haut plateaux bosselés parsemés parfois d'étangs (pays des mille étangs en Haute-Saône vosgienne), de nombreux amoncellements morainiques ou de verrous rocheux à l'origine de lacs (Gérardmer, Retournemer, Longemer, lac des Corbeaux, lac de la Maixetc.), parfois devenus tourbières[36] ou même simples prairies humides planes. L'érosion glaciaire et fluvioglaciaire[37] a laissé de grandes vallées larges[38] et un haut massif parsemé de ballons arrondis[38], dont la ligne de sommets cristallins rappelle approximativement la pénéplaine arasée avant les dépôts permiens.

Conséquence d'une tectonique intense et de la proximité du graben avorté, les roches du massif sont extrêmement faillées. Le massif bouge régulièrement au niveau d'anciennes failles profondes de l'écorce terrestre, notamment sensibles à la pression de la remontée de la plaque africaine sur l'Europe. Le , un séisme de magnitude 5,4 dont l'épicentre a été localisé près d'Housseras, entre Rambervillers[39] et Saint-Dié-des-Vosges[40] a été ressenti dans une grande partie de la France[41], en particulier très loin le long des failles majeures. Un tremblement de terre de même intensité, mais plus proche de la surface causerait des dommages terribles aux habitations. Au XVIIe siècle[42] des pans de montagne se sont même effondrés dans la vallée de la Plaine[réf. nécessaire].

Pétrologie[modifier | modifier le code]

Gravure en noir et blanc : le bâtiment de la mine est doté d'une cheminée et tour pyramidale au milieu d'un paysage champêtre.
Le puits Saint-Louis est un charbonnage creusé au pied des premiers massifs saônois.

Le vieux socle hercynien est prépondérant dans le sud du massif, plus fortement surélevé de façon récente, alors que les bassins permiens sont fréquents vers le nord du massif[32], où le jeu des dislocations latérales a provoqué des effondrements plus ou moins localisés. L'activité volcanique[43] est en particulier observable dans des roches du Permien, de l'époque tertiaire et plus récemment du Miocène[44].

Le massif des Vosges est riche en divers minerais métalliques[45] apportés par des veines métallogéniques autrefois situées en grande profondeur (mines de la vallée de Saint-Antoine[46], du val d'Argent[46], de Servance[47], de Giromagny[48] ou encore les Hautes-Mynes du Thillot[46]). On y trouve également de la houille ou charbon de terre, plus ou moins exploitable, dans de petits bassins sédimentaires du Carbonifère (bassin houiller sous-vosgien et bassin houiller de la vallée de Villé[49]) surtout exploités dans les Vosges saônoises par les houillères de Ronchamp[50],[27].

Climat[modifier | modifier le code]

Le massif des Vosges est soumis à une double influence, océanique et semi-continentale. D'autre part, il constitue le premier relief sur la route des perturbations océaniques. Enfin, c'est le massif français majeur le plus septentrional.

Il en résulte plusieurs caractéristiques remarquables[51],[52],[53] :

  • un fort gradient de précipitations d'ouest en est : Gérardmer est ainsi beaucoup plus arrosée que Colmar et à la même latitude, les pentes occidentales du massif sont essentiellement occupées par la forêt et des pâtures, tandis que les pentes orientales hébergent un vignoble réputé et une flore et une faune liées aux milieux secs et ensoleillés. Ceci permet à une partie de l'Alsace de jouir d'un climat d'abri ;
  • des températures hivernales très basses, et des hivers longs ;
  • toutes choses égales par ailleurs, une limite pluie / neige plus basse que dans les Alpes et, par conséquent, un climat rude, de type montagnard, affectant les sommets vosgiens, à des altitudes où dans d'autres massifs, on trouve une occupation humaine permanente, avec des cultures ;
  • un enneigement relativement important chaque hiver (un hiver sans neige étant très exceptionnel) ;
  • une hauteur annuelle de précipitations importante, à l'origine du très dense réseau hydrographique propre au massif ;
  • des vents pouvant être soutenus, essentiellement d'ouest, frais et humides, et secondairement d'est ou de nord-est : la bise. Celle-ci est synonyme de beau temps mais peut devenir éprouvante en hiver car elle renforce la sensation de froid intense ;
  • des phénomènes d'inversion de température, fréquents en hiver, pendant lesquels l'air froid s'accumule dans les vallées, sous un couvercle de brouillard, tandis que le relief émerge au soleil, dominant une mer de nuages, et jouissant de températures douces.

Phénomènes météorologiques exceptionnels[modifier | modifier le code]

Tornade du [modifier | modifier le code]

Le , entre 20 heures et 22 heures, une tornade très violente a traversé le département des Vosges avec des vents atteignant 150 à 200 kilomètres/heure[54]. L'ouragan a surtout dévasté une bande de 10 km de largeur provenant de Monthureux-sur-Saône en direction de Rambervillers[55]. Plus de 90 villages ont été endommagés et sinistrés. Il n'y eut que deux blessés malgré la violence de la tempête. Les villes situées le long de l'axe principal de la tornade comme Épinal, Nomexy ou Thaon-les-Vosges furent également touchées par le cataclysme. Comme c'est souvent le cas dans de telles catastrophes naturelles localisées, les lignes électriques et téléphoniques ont été coupées[55]. Le plan ORSEC fut déclenché à 21 heures pour recouvrir les toitures de bâches et apporter les premiers secours[56]. Le 170e régiment d'infanterie d'Épinal et le 18e régiment de transmissions intervinrent pour aider les professionnels et les bénévoles. Le secrétaire d'État Haroun Tazieff s'est rendu dans les zones les plus sinistrées en compagnie du présidente du Conseil général des Vosges, Christian Poncelet[56]. Il fallut plusieurs années pour que la forêt se rétablisse[56].

Tempête Lothar de 1999[modifier | modifier le code]
Enneigements remarquables[modifier | modifier le code]
Enneigements en mars 2006.

Les années 1969-1970 furent longtemps considérées comme celles des records en matière d'épaisseur maximale du manteau neigeux[57]. La neige a atteint par endroits comme au Feldberg une épaisseur de 3,5 m. Les météorologues ont relevé un cumul réel de neige de 1 133 mm au lac de Lauch entre décembre 1969 et mai 1970[57]. C'est l'année où le névé le plus persistant du massif vosgien au Schwalbennest s'est maintenu jusqu'à la mi-septembre[57].

L'hiver 1994-1995 a aussi présenté une bizarrerie météorologique qui a permis au névé du Schwalbennest de durer jusqu'à la mi-août[58] alors que l'hiver n'a pas été particulièrement froid, ni riche en précipitations solides. En revanche, le printemps 1995 fut marqué par des températures assez basses pendant une certaine durée, provoquant un cumul d'enneigement de 106 mm vraiment exceptionnel en cette saison[58].

La multiplication des perturbations actives observées en février et mars 2006[59], dans des masses d'air à température très majoritairement négative, sont à l'origine d'un nouveau record identifié (après guerre) avec plus de 3 m sur les crêtes. La couche de neige a approché, atteint ou dépassé les 3 m grâce à un cumul de 120 cm[60], comme au Ballon d'Alsace ou au Grand Ballon. Cet enneigement exceptionnel est attribué précisément à une perturbation dite Xandra ayant « stagné » sur les Vosges pendant les journées du 3, 4 et le matin du . Ainsi, sur les sommets de plus de 1 200 m, il est tombé jusqu'à 1,40 m de neige, un peu moins, plus bas, avec tassement et fonte dus à une courte période (après-midi) de redoux pluvieux.

L'hiver 2005-2006 se caractérise par une succession de perturbations plus ou moins actives, très rarement pluvieuses sur les plus hautes crêtes de plus de 1 300 m, en nombre limité au-dessus de 1 100 m, la limite pluie/neige étant souvent vers 900 m, comme en témoigne le caractère du manteau neigeux, significativement différent, autour des altitudes précitées. Les périodes d'inversion thermique synonymes de « douceur » (relative) sur les crêtes ont été limitées en importance et en durée. L'ensoleillement a été aussi déficitaire.

Tous ces facteurs sont à l'origine de cet hiver remarquable et exceptionnel ayant affecté le massif des Vosges dont les sommets ont été enneigés à partir du . La dernière plaque de neige a disparu sous le Kastelberg, au lieu-dit Schwalbenneste, vers le , ce qui pour les analystes reste relativement précoce[61] au regard des autres années où le névé du Schwalbennest persistait plus longtemps malgré des hivers moins enneigés que celui de 2006[60].

Environnement[modifier | modifier le code]

Flore[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Flore du massif des Vosges.

La végétation du massif est dominée par les résineux, épicéas, pins et sapins, rendus plus fréquents par une sylviculture développée dès le milieu du XIXe siècle de manière intensive, que les hêtres et les chênes. Une des caractéristiques des Vosges est la présence de chaumes, qui sont des prairies sommitales plus ou moins vastes, probablement essentiellement d'origine anthropique. On y trouve notamment des hêtres nanifiés et anémomorphosés (hêtres dits en drapeau, au branchage formé par le vent dominant), des myrtilles, des callunes, etc. Quelques tourbières d'altitude abritent des plantes carnivores.

Les deux emblèmes du massif sont la myrtille, communément appelée brimbelle, dont la fameuse tarte est au menu de tous les restaurants de la région, et la jonquille fêtée tous les deux printemps à Gérardmer. Mais le massif abrite aussi de nombreuses espèces remarquables, dont la Linaigrette grêle, l'Œillet superbe, la canneberge, la droséra.

Faune[modifier | modifier le code]

Le loup gris, revenu officiellement depuis 2011.
Lynx boréal qui peuple le massif vosgien.

L'animal symbole des Vosges est le Grand Tétras (ou grand coq de bruyère), aujourd'hui menacé d'extinction. On trouve encore d'autres oiseaux remarquables : chouette de Tengmalm, chouette chevêchette, gélinotte des bois, pic noir, cassenoix moucheté, faucon pèlerin, cincle plongeuretc. forêt abrite de grands animaux, cerfs, chevreuils et sangliers.

De par leur isolement, leur morphologie (sommets déprimés occupés par des chaumes) et leur altitude moyenne, les Vosges ont longtemps servi de refuge à des mammifère herbivores, vivant habituellement en plaine et disparus ou fortement menacés dans le reste de l'Europe occidentale. Six grands mammifères autrefois présents dans le massif en ont totalement disparu, pour avoir été chassés excessivement : l'Ours brun, le tarpan (totalement éteint depuis le début du XXe siècle), le Bison d'Europe, l'élan, le bouquetin[62],[63] et l'auroch (totalement éteint depuis le XVIIe siècle). L'élan est le premier à disparaître du massif, dès le Moyen Âge, aux alentours du XIe siècle. L'auroch disparaît au XIIe siècle. Le tarpan disparaît plus tardivement, au XVIe siècle suivi par le Bison d'Europe qui disparaît au XVIIe siècle. Quant à l'ours, les Vosges sont probablement le premier massif montagneux de France où il ait été éradiqué, dès le XVIIIe siècle : les Vosges étant un massif isolé, les ours locaux ont disparu d'autant plus vite qu'ils y ont été fortement chassés après avoir été coupés de leurs congénères, exterminés dans les plaines voisines[64]. Ils n'ont laissé que quelques toponymes pour tout souvenir : par exemple, un lieu-dit «le passage de l'ours» dans la haute vallée du Rahin, sur de territoire de la commune de Plancher-les Mines (Haute-Saône).

Le dernier bouquetin du massif a été abattu dans la vallée de Munster en 1798[62]. Les cornes de l'animal abattu se trouvent aujourd'hui au muséum d'histoire naturelle de Colmar[63].

Le chamois a été réintroduit, tout comme le Lynx qui l'a été en 1983[65]. Toutefois, l'espèce n'a jamais pu établir un effectif suffisant et serait actuellement en diminution, le braconnage en étant probablement une cause importante[66].

Le castor, qui avait disparu, a lui aussi été réintroduit dans le piémont et est présent notamment dans la vallée de la Doller, mais aussi dans d'autres rivières issues du massif (Moselle)[67].

Enfin, le loup fut officiellement absent du massif durant 92 ans[68]. Il est toutefois revenu naturellement dans le Jura Suisse où il est présent depuis 2004[69] à quelques kilomètres de la frontière alsacienne. Compte tenu de la géographie, de la végétation et de la forte présence d'ongulés en Alsace, on[Qui ?] s'attendait alors à une confirmation rapide de sa réapparition naturelle dans le Jura alsacien, le Sundgau puis dans le massif vosgien. Il fallut attendre sept ans pour que le loup fasse officiellement son retour dans les Vosges, le , dans le secteur du Ventron et du col du Bonhomme[70]. Le suivi hivernal 2011-2012 a confirmé l'existence de la Zone de Présence Permanente des Hautes-Vosges s'étendant sur les départements du Haut-Rhin, des Vosges et de la Haute-Saône[71].

Radioactivité[modifier | modifier le code]

Comme le Sud-Est de la proche Forêt-Noire allemande[72], la région vosgienne fait partie de celles qui ont été touchées par les pluies radioactives lors du passage du nuage de Tchernobyl en mai/juin 1986.

Des taux de 10 000 Bq/m2 ont été enregistrés 11 ans après la catastrophe de Tchernobyl dans les sols forestiers près de Saint-Jean-d'Ormont) et grâce à un vétérinaire qui a fait analyser un des sangliers tués à la chasse et apportés à l'abattoir ; la dose mesurée par l'Office de protection contre les rayonnements ionisants était de 1 700 Bq/kg de viande[73]. D'autres analyses ont donné des taux de 1 500 à 2 000 Bq/kg[74], la norme européenne étant de 600 Bq, qui pourrait aujourd’hui, dérogatoirement et uniquement en cas de crise avec situation d'« urgence radiologique » être provisoirement portée au maximum à 1 000 Bq/kg selon le Codex alimentarius, pour pouvoir être commercialisée[75]). « Compte tenu des dépôts mesurés au sol, un nombre limité de champignons, de myrtilles et de pièces de gibiers issus de cette forêt » était dores et déjà à la fin des années 1990 « susceptibles de dépasser les limites de commercialisation »[74].

En 1995, des échantillons de champignons vosgiens prélevés au marché international de Rungis présentaient déjà une radioactivité de 1 à 520 Bq/kg et en on montrait que les dépôts de césium 137 comptaient parmi les plus élevés alors détectés en France ; trois échantillons de sol ont été faits sur un transect tracé du haut en bas du versant sud de la forêt de Saint-Jean-d'Ormont tous les 700 à 1 000 m, suivi d'un 4e échantillon prélevé dans une prairie permanente distante d'environ 1,5 km de la forêt[74]. Ces quatre échantillons, respectivement et pour le césium 137 présentaient une radioactivité allant de 11 000 en hauteur à 13 000 Bq/m2 sous les arbres en vallée et 23 000 Bq/m2 en prairie. Or les champignons sont connus pour bioaccumuler fortement la radioactivité (en particulier la truffe du cerf, l'un des mets les plus appréciés des écureuils et sangliers sauvages). Les chanterelles locales présentaient une moyenne de 200 Bq/kg (en poids frais) pour le césium 137[74]. Les sangliers consommant d'importantes quantités de champignons, il n'est pas surprenant que les venaisons de sangliers échantillonnées aient été mesurées à des niveaux de 1 500 à 2 000 Bq/kg de césium 137 auxquels il faut ajouter une vingtaine de becquerels de césium 134 par kilogramme[74]. En avril 1997 une télédétection de rayonnement gamma émis par le sol a été faite par hélicoptère sur une partie de la forêt de Saint-Jean-d'Ormont. Sur la base des données disponible et pour 1997, l'exposition moyenne cumulée (naturelle et due aux retombées) a été estimée à 7 mSv/an pour les habitants des Vosges[74].

Il existe par ailleurs une radioactivité naturelle liée à la présence d'uranium dans certaines parties du massif. La pollution des habitations au radon est également constatée[76].

Histoire[modifier | modifier le code]

Il n’existe pas d’histoire du massif vosgien[N 8] à proprement parler. Le fait de le percevoir comme un massif dans sa globalité[77] est plutôt récent et répond davantage à des critères géologiques, géographiques et plus récemment touristiques qu’à des considérations historiques ou culturelles[78]. Bien au contraire, le massif des Vosges a été longtemps perçu comme une montagne frontalière aux confins de deux royaumes[79], l’un roman[80], l’autre germanique, même si la recherche[81] historique et ethnographique montre aujourd’hui que l’interpénétration des cultures et les échanges de natures différentes ont conféré au massif un caractère transitoire entre est et ouest, nord et sud[82]. En son centre à la jonction des deux familles de langues, on trouve des territoires de mixité autant sur le plan culturel que linguistique ou religieux[81]. Cela n’a pas empêché les souverains des deux côtés de la ligne de partage culturelle d’établir des fronts de colonisation ou de catholicité[83] pour matérialiser les limites territoriales des États quand les esprits avaient besoin de se distinguer du voisin. En conséquence, le massif est historiquement et culturellement à la fois et suivant les époques terre de rencontre[79] et terre de confrontation[84], montagne isolée et montagne de passage[81].

Terres de contact gauloises et romaines[modifier | modifier le code]

Limite entre la Belgique première et la Germanie supérieure avec la ligne de crête vosgienne, IIe siècle.
Temple du Donon en hiver accessible en raquettes.
Fossé des Pandours, oppidum.

La période celtique et romaine est d'un point de vue historique sans doute celle qui autorise le plus à parler d'histoire commune à l'ensemble du massif vosgien même si la diversité ethnique et culturelle reste fortement présente. De plus, l'époque romaine marquera la première vocation frontalière de la montagne vosgienne entre les entités administratives de l'Empire romain dont une large partie perdurera jusqu'à nos jours, y compris pour les cols de passage traversant le massif à l'époque romaine comme les cols de Saverne, du Donon, du Bonhomme ou de Bussang.

Le massif des Vosges dans l'Antiquité est avant tout un désert forestier au climat rude. Tous les peuples vivant en périphérie du massif y vénèrent plusieurs divinités plus ou moins importantes, en tête desquelles Vosegus et Belenos, plus tard avec l'arrivée des légionnaires multiculturels Mercure[85] et Mithridate dont une statue est conservée au musée gallo-romain de Sarrebourg, mais aussi une multitude de divinités mineures, de génies, d'esprits ou de nymphes. À l'instar de la déesse de la chasse et des bois, Arduinna, qui donna son nom aux Ardennes, Vosegus est décrit comme un génie protecteur[86] de la forêt qui porte du coup son nom : silva vosegi. Pour d'autres il appartient aux dieux-chasseurs[87] des forêts, Vosegus silvanus, qui aurait pris sous sa protection Teutatès. Comme dans les textes anciens rédigés en latin, on lit les expressions « Vosegus silva » ou « Vosegus mons » dans des régions qui aujourd'hui ne sont objectivement plus très associées aux Vosges au sens large ou départemental, on est en droit de penser que la perception de la forêt de Vosegus ou de la montagne de Vosegus divergeait beaucoup de la nôtre aujourd'hui. On évoque ce dieu-chasseur également dans le Palatinat[87] et César évoque la source de la Meuse dans La Guerre des Gaules dans le livre IV en ces termes : « Mosa profluit ex monte Vosego qui est in finibus Lingonum[88] ». La Meuse prend sa source sur le plateau de Langres, effectivement en terres lingones, éloignées du massif montagneux. Cela tend à prouver que les habitants du Grand-Est de l'Antiquité donnaient à la Vosegus silva une plus vaste étendue qu'à l'heure actuelle. La « forêt vosgienne » allait de la Meuse au Rhin, des Ardennes à Langres et au Doubs[89]. Des lieux sanctuaires y attiraient les tribus gauloises pour des cérémonies cultuelles régulières avec des temples disséminés sur tout le massif ou des rencontres intertribales[90] comme au sommet de la montagne sacrée du Donon[91].

Le massif vosgien a été fréquenté, voire colonisé par les tribus gauloises médiomatrique, leuque, lingone et séquane.

Initialement, l'ensemble du massif se trouvait dans la Gaule belgique, y compris la plaine alsacienne. Sous Auguste, la province prétorienne de la Belgique comprenait dans l'Est de la France les tribus gauloises suivantes[92]:

La partie nord du massif était occupée par les Médiomatriques qui possédaient un grand territoire de la Meuse au Rhin. Une ville mise au jour au col de Saverne, au fossé des Pandours, passe pour être la première capitale de cette grande cité avant son déplacement vers Metz (Divodurum) quand la plaine alsacienne fut cédée aux Triboques[93] comme peuple défenseur de la frontière romaine à l'est face aux tribus ennemies. Ils furent appelés à l'aide par les Séquanes et restèrent ensuite dans la plaine rhénane. Il n'est pas établi que les Triboques aient été des Germains, mais éventuellement et plutôt des Celtes germanisés[94].

Cimetière gallo-romain avec stèles-maisons.

Dans cette région, la « culture des sommets vosgiens » s'est développée et s'est maintenue après l'occupation romaine comme des îlots celtiques caractérisés par une romanisation plus tardive[95] que dans les régions de plaine[96]. Le fait d'avoir trouvé une forte quantité de monnaies romaines dans le site du Wasserwald dans le pays de Phalsbourg (Hultehouse) remet en question pour certains chercheurs l'isolat celtique dans le monde romain dominant[97]. Il n'est pas exclu que ces cités d'altitude finalement peu éloignées d'une voie romaine secondaire aient souhaité à la fois maintenir un style de vie celtique et profiter des apports positifs de la culture romaine. De fait, l'archéologie a mis en évidence une architecture commune à la plupart de ces cités des hauteurs vosgiennes où vivaient des paysans ayant pris l'habitude d'empierrer leurs champs, leurs prés et leurs colonies comme on le voit dans d'autres régions celtiques plus à l'ouest[98]. La partie médiomatrique du massif vosgien, donc au nord du col du Donon, se caractérise également par ses pratiques funéraires et notamment l'expansion de la stèle-maison[99]. On retrouve certes cette tombe en forme de maisonnette au toit à deux pans dans d'autres parties de la Gaule, mais elle s'est particulièrement développée et bien implantée dans les Vosges mosellanes et alsaciennes septentrionales[100].

Ce sont des cités ou oppida de l'âge de fer, depuis Hallstatt II à La Tène II qui jalonnent les sommets tabulaires gréseux de la forêt palatine aux Vosges moyennes. On trouve également un oppidum très similaire au mont Tonnerre (Donnersberg) dans le Pfälzer Bergland. On reconnaît des pratiques architecturales et cultuelles communes[101], notamment l'usage du murus gallicus ou de la porte en tenaille.

La partie méridionale était occupée par les Leuques, mais la pénétration du massif dans sa partie plus élevée et plus accidentée n'est pas été aussi intense que dans les Vosges du Nord. Cela se confirme pendant la période romaine car les voies romaines contournent les zones au relief plus prononcé à l'exception de la voie romaine qui longe la Moselle jusqu'au col de Bussang. On ne trouve pas de castra romains à l'intérieur du massif méridional, mais en revanche l'activité gallo-romaine tant économique que culturelle fut très importante dans la partie occidentale de l'actuel département des Vosges sur l'axe Lugdunum - Trevis. De nouvelles villes apparaissent au voisinage des voies de grande communication de la plaine sous-vosgienne[102] comme Soulosse qui contrôlait le passage du Vair entre les Lingons et les Leuques ou Escles située sur l'axe secondaire entre Langres et le col du Donon[102]. Grand, dans le pays de Neufchâteau, représente une exception à la règle d'attractivité des voies romaines car elle s'est développée à l'écart des axes de communication pour des raisons religieuses : un temple dédié à Apollon Grannus a entraîné la construction progressive de nombreux édifices comme une basilique, un théâtre et des thermes[102].

Plus au nord, les villes-étapes de Sarrebourg (Pons Saravi) et Saverne (Tres tabernae), en bordure du massif vosgien de chaque côté du col de Saverne, répondent à la même logique de diffusion de la culture romaine à partir des voies romaines principales. À cette époque, la forêt vosgienne est beaucoup plus étendue qu'aujourd'hui où elle ne s'étend qu'à moins de 3 km du col. Il fallait une journée pour rejoindre Sarrebourg et Saverne, notamment parce qu'il fallait descendre ou monter la côte de Saverne. Des gîtes pour hommes et bêtes sont installés dans les deux cités.

Sous Septime Sévère, les provinces romaines sont refondues et le massif vosgien se scinde en deux :

  • la Belgique première conserve les cités prétoriennes citées plus haut ;
  • la Germanie supérieure est une province consulaire qui englobe toute la plaine alsacienne et le nord de la Franche-Comté. La lente germanisation de l'Alsace commence donc avant l'arrivée des Alamans entre Rhin et Vosges.

La densité de la population gallo-romaine la plus importante n'était donc pas dans, mais autour du massif pour l'essentiel, même si par le fond des vallées, les premiers colons pénétraient peu ou prou à l'intérieur de la montagne de manière clairsemée. Il s'agit des vallées de la Meuse, de la basse et moyenne Moselle, du Madon, de la Meurthe auquel on peut ajouter les pays précocement romanisés comme la Vôge ou le Saintois[102].

Marches et terres d'empire[modifier | modifier le code]

Frontières du Saint-Empire au Moyen Âge, le massif vosgien en Haute-Lorraine (Oberlothringen).
Les territoires impériaux vers 1400.
Territoires impériaux implantés dans la partie montagnarde du massif des Vosges.

Pour appréhender l’histoire du massif vosgien, il faut s’intéresser distinctement au passé de nombreux territoires du Saint-Empire romain germanique. C’est là un point commun à toutes les entités politiques du massif. La limite du Saint-Empire ayant été très longtemps la Meuse[103] en Lorraine occidentale, les montagnes vosgiennes sont intégralement situées dans la mouvance du royaume de Germanie depuis les partages successifs[103] des souverains carolingiens et ottoniens jusqu’au rattachement des premières régions au royaume de France au XVIIe siècle. L’allophonie de certains de ses habitants n’avait rien de surprenant puisque, dans cet empire pluriculturel, des dizaines de langues cohabitaient sans que le pouvoir impérial tentât d’imposer une langue plus qu’une autre. En revanche, les textes administratifs et la littérature font apparaître clairement une distinction que faisaient les habitants du massif vosgien spontanément sur le terrain, sans doute par réflexe identitaire, mais surtout parce que la différence était flagrante à l’oreille : les Welsches et les Allemands (ou Tudesques) cohabitent[84] et se tolèrent tant bien que mal à l’instar des autres pays ou régions d’Europe où deux cultures antagonistes se côtoient[80]. Ce faisant, les subtilités linguistiques et culturelles entre germanophones importaient peu aux Welsches, et vice-versa[104].La présence de germanophones n'était pas seulement imputable aux populations de langue alsacienne, mais aussi parce que les mines, les verreries, les charbonniers ou encore les scieries attiraient des populations originaires d'Allemagne de l'Est, de Suisse ou d'Autriche, par exemple à Sainte-Marie-aux-Mines où les Saxons étaient détenteurs du savoir-faire minier[105]. Cette dichotomie du massif vosgien créait en quelque sorte des sphères culturelles plus vastes qui englobaient le plateau lorrain ou la Franche-Comté d’un côté[106] et toute l’Alsace, le Bade, le Palatinat ou la Suisse de l’autre.

États et seigneuries possessionnés en partie ou en totalité dans le massif vosgien[modifier | modifier le code]

Les territoires où cohabitaient les deux familles de langues à plus ou moins grande échelle, nécessitant parfois l’intervention d’agents et d’officiers bilingues[103] étaient :

Les États de langue romane étaient :

Les États de langue germanique étaient :

Ancienne chevalerie et grandes maisons nobles[modifier | modifier le code]

Partie lorraine du massif et les prévôtés montagnardes[modifier | modifier le code]
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Duc de Lorraine.

En raison de sa colonisation très tardive et progressive à partir du XIIe siècle, le massif des Vosges, sur son flanc occidental sous la souveraineté directe ou indirecte des ducs de Lorraine, n'a pas donné de familles illustres issues de l'ancienne chevalerie de création immémoriale. Très longtemps, les grandes forêts de la partie sud du massif furent des fiefs soit de la maison ducale ou de leurs avoués respectifs, soit de la collégiale princière de Remiremont qui possédait des terres au-delà de la crête principale des Vosges comme dans la vallée de Saint-Amarin. Les abbesses-princesses de Remiremont provenaient des plus nobles familles du Saint-Empire, de France ou de Lorraine, mais n'ont pas créé de dynastie familiale particulière ; les abbesses à la tête de l'insigne chapitre ont eu les origines les plus diverses.

Châtelet
Châtelet
Ligniville
Ligniville
Lenoncourt
Lenoncourt
Haraucourt
Haraucourt
Blasons de l'ancienne chevalerie lorraine : « Grands chevaux »

En haut de la hiérarchie, l'ancienne chevalerie lorraine se composait des « grands chevaux »[108] : les Châtelet, les Ligniville, les Lenoncourt et les Haraucourt. Leurs fiefs souches ne se situent pas dans la montagne.

En second rang, on trouve des maisons illustres, nommées « pairs fieffés », de rang identique aux grands chevaux parce qu'ils sont propriétaires de fiefs[108]. Ce sont les Bassompierre, les Anglure, les Choiseul, les Ludres, les Nettancourt, les Serocourt ou les Beauvau[108]. Comme pour la haute noblesse, ils sont originaires du plateau lorrain, de la plaine sous-vosgienne, du Bassigny ou des terres limitrophes.

Les Anglure apparaissent sur le piémont des Vosges dans le pays de Rambervillers où on retrouve également des Thuméry originaires de l'Île-de-France. Les filles des Beauvau ont intégré quelques familles de petite noblesse possessionnées dans le massif. Les barons, puis comtes de Girecourt sont également du piémont vosgien face au massif de Faîte, mais empiètent sur la partie de la montagne de l'autre côté, secteur de Bruyères. Ils furent longtemps les propriétaires du château de Bruyères.

Une branche d'une famille noble comtoise d'ancienne extraction s'est bien implantée dans le massif vosgien avec un château, aujourd'hui disparu, qui a donné son nom au col (798 m) et à l'écart de Martimpré dans la commune de Gerbépal aux pieds de la Tête des Gazons et de la Beheuille. Les Martimprey furent chevaliers, puis barons, puis comtes par le domaine de Villefont[109]. L’aïeul est le chevalier Mathieu de Martimprey († 1297). Ils sont issus de Bourgogne comtale et étaient au service du duc de Bourgogne, beaucoup sont morts sur le champ de bataille comme Gérard à la bataille de Montcassel en 1339 ou Philippe qui est tombé à la bataille d'Azincourt contre les Anglais. C’est avec Nicolas-Louis et Marc qu’arrive la famille de Martimprey à Gerbépal et qu'elle devient propriétaire par indivis du domaine de Martimprey en 1455.

En conséquence, les châteaux forts et les bourgs fortifiés sont quasiment absents du massif, a fortiori après les ravages de la guerre de Trente Ans et l'ordre de démolition des châteaux lorrains en 1633-34 par l'occupant français. Les châteaux et cités fortifiées sont au XVIe siècle en bordure de massif à Bitche, Saint-Dié, Bruyères, Épinal, Arches et Remiremont[110]. Dans les documents d'archives, trois prévôtés dites montagnardes se partagent la partie sud du bailliage des Vosges des premiers sommets gréseux aux crêtes orientales et méridionales :

  • la prévôté de Saint-Dié qui administre la haute vallée de la Meurthe et du Valtin ;
  • la prévôté de Bruyères qui concentre l'administration des pays de Gerbépal, Xonrupt-Longemer et Gérardmer en partie[111] ;
  • la prévôté d'Arches qui contrôle l'essentiel de la partie montagneuse avec une forte majorité des chaumes pour l'estive[112].

Les deux dernières doivent composer avec le prévôt du chapitre de Remiremont, propriétaire pour moitié avec le duc d'un vaste territoire allant de Champ-le-Duc aux grandes chaumes[112]. Les prévôts et receveurs des prévôtés montagnardes cumulent souvent les offices. Ils sont de petite noblesse ou anoblis par le duc pour bons et loyaux services. Les sièges de prévôté ont droit de marché. Ils sont très loin pour les populations isolées des montagnes qui se déplacent à pied et transportent leurs produits à vendre avec des hottes en empruntant des sentiers.

Une principauté souveraine à cheval sur le massif des Basses-Vosges[modifier | modifier le code]
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Maison de Salm.
Christine de Salm, duchesse consort de Lorraine.

Bien qu’originaire des Ardennes belges[113], la maison de Salm de très ancienne extraction s’illustra particulièrement dans le massif des Basses-Vosges où l’ascension de leur comté originel aboutit à la fondation d’un état souverain au XVIIe siècle, la principauté de Salm-Salm[114]. Il est à l’ouest avec les temporels des abbayes de Munster et Murbach à l’est, le seul État souverain complètement situé dans le massif vosgien, avec la caractéristique supplémentaire de franchir la crête principale du Donon au Climont par les cols du Prayé, du Hantz et de Saales.

Issus des comtes de Luxembourg, Hermann de Salm est nommé avoué de l’abbaye de Senones en 1090. Il prend déjà le titre de comte de Salm en 1104[115]. Bien que son château d’avoué soit situé en altitude sur le territoire de La Broque, les résidences des Salm sont Badonviller, Blâmont, Deneuvre et le Château de Pierre-Percée. Cette partie de l’ancien comté passe par dot au duché de Lorraine au mariage de Christine de Salm à François II de Lorraine, comte de Vaudémont. Par conséquent, la capitale de la principauté devient Senones. À la refonte du territoire le , la Lorraine garde la rive droite de la Plaine, et la principauté de Salm-Salm la rive gauche, les vallées de la haute Bruche aux portes de Schirmeck et la vallée du Rabodeau aux portes de Raon-l'Étape[115]. Les territoires de la principauté par-delà le col de Saales annexés par l’Empire allemand en 1871 resteront par la suite dans le département du Bas-Rhin[116] pendant que la partie occidentale reste dans le département des Vosges.

Les Linange-Dabo dans les Basses-Vosges entre Lorraine et Alsace[modifier | modifier le code]
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Maison de Linange

La maison de Leiningen, francisée en Linange, possède son fief héréditaire en Rhénanie-Palatinat et appartenait à l’ancienne chevalerie de haute noblesse avec statut d’immédiateté impériale.

Maison de Linange-Dabo.

Elle hérita du comté de Dabo par mariage de Simon de Sarrebruck avec Gertrude de Dabo en 1223. Par leur fille, la maison de Linange entra en possession des seigneuries de Marimont, Forbach et Réchicourt-le-Château en Lorraine, situées hors du massif vosgien. Plus tard, en 1466, les Linange-Dabo acquérirent la seigneurie d’Apremont en Lorraine. En tant qu’avoué de la landvogtei de Basse-Alsace, le comte de Linange-Dabo influe sur une grande partie de l’Alsace.

Cette famille se scinde en deux branches : les Leiningen-Dagsburg-Hardenburg et les Leiningen-Dagsburg-Falkenburg (jusqu'en 1658). Au rattachement du comté de Dabo à la France après la Révolution française en 1793, les Linange-Dabo ont été également chassés de leur résidence à Dürkheim dans le Palatinat par les troupes révolutionnaires. Les Linange obtinrent en compension de leurs pertes sur la rive gauche du Rhin la nouvelle principauté de Linange avec pour siège l’abbaye d’Amorbach en Bavière.

La majeure partie de l’ancien comté de Dabo est située aujourd’hui dans les Vosges mosellanes. Le pays d'Engenthal dans la haute vallée de la Mossig se trouve aujourd’hui dans le Bas-Rhin.

Les Habsbourg dans les Hautes-Vosges alsaciennes[modifier | modifier le code]
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Maison de Habsbourg
Maison de Ribeaupierre.

Avant que les Habsbourg ne prennent possession de la plus grande partie de la Haute-Alsace et du Sundgau, les comtes de Ferrette (en allemand von Pfirt) furent les seigneurs les plus influents du secteur depuis la crête vosgienne jusqu’à la frontière suisse. Les Ferrette sont apparentés à de nombreuses maisons nobles de haute stature, les plus proches étant celles des maisons de Zähringen, Eguisheim et Vaudémont. Ils firent la jonction entre la Lorraine et la Suisse. Leur comté s’agrandit au et à mesure des siècles. Leurs territoires souches étaient Altkirch, Ferrette et Thann. Le dernier contrôlait l’entrée dans les Hautes-Vosges par la vallée de la Thur. Parmi les acquisitions importantes, on peut citer Belfort, Delle et Rougemont-le-Château.

Par manque de descendance mâle, les Ferrette confient la destinée de la Haute-Alsace aux ducs d’Autriche et comte de Tyrol dont dépend le vaste État de l’Autriche antérieure. Leur capitale administrative en Alsace est Ensisheim. Comme les Habsbourg prennent le contrôle de l’avouerie de la Décapole, mais aussi du landgraviat de Haute-Alsace, de l’abbaye princière de Murbach, les Autrichiens influent directement et indirectement sur la vie politique de la région à l’est du massif des Vosges.

Les Habsbourg possédaient ou donnaient en fief dans le massif vosgien le val de Villé, la prévôté de Giromagny, Rougemont-le-Château, Masevaux, Murbach (et ses dépendances Wildenstein, Oderen ou Kruth), la ville libre impériale de Munster, les seigneuries du Haut-Koenigsbourg et du Haut-Landsbourg, le plus haut château d’Alsace, le Hohnack, et le monastère des Trois-Épis. La plupart de ces sites autrefois fiefs de l’Autriche antérieure se situent aujourd’hui dans le parc naturel régional des Ballons des Vosges.

Ainsi, les Habsbourg ont été beaucoup plus présents sur le sol français qu'on pourrait le penser initialement vu l'éloignement de l'Autriche intérieure. Leurs terres rencontrent celles de Lorraine sur les crêtes des Vosges comtoises et lorraines. Par le mariage de François III de Lorraine avec l'impératrice d'Autriche, Marie-Thérèse d'Autriche, donnant naissance à la branche actuelle des Habsbourg-Lorraine, le Grand-Est de la France a eu un lien fort et direct avec les Habsbourg avant la Révolution française.

Maison de Wurtemberg par le comté de Montbéliard[modifier | modifier le code]
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Maison de Wurtemberg

Les comtes de Wurtemberg qui deviendront ducs, puis rois de Wurtemberg, achetèrent les terres des sires de Horbourg en 1324 dans la plaine d’Alsace. Parmi les fiefs, leur capitale était devenue la seigneurie de Riquewihr qui restera possession des Wurtemberg jusqu’en 1793.

Wurtemberg-Montbéliard

Le comte Eberhard IV de Wurtemberg épousa l’héritière du comté de Montbéliard, Henriette de Montfaucon. De 1407 à 1793, la principauté de Montbéliard-Wurtemberg vécut comme un petit État indépendant en étroite relation avec les seigneurs voisins, notamment les Ferrette et les seigneuries suisses. Le Wurtemberg étant devenus protestants dès le XVIe siècle, les terres wurtembergeoises de Montbéliard et Riquewihr passèrent également à la Réforme. La première accueillit d’ailleurs des réfugiés et des expulsés de confession protestante, victimes de l’intolérance des États voisins.

Maison de Valois-Bourgogne dans les Vosges comtoises[modifier | modifier le code]
Orn ext prince SERG.svg
Arms of the Duke of Burgundy (1364-1404).svg
Duché de Bourgogne
Roi d’Espagne.

Les seigneurs de Faucogney étaient à l’origine propriétaires des terres des parties montagneuses par-delà les crêtes méridionales du Ballon de Servance au pays du val d'Ajol. Ils y firent construire le château Lambert contrôlant l’accès des routes vers la Lorraine et la haute vallée de la Moselle. D’ailleurs, comme avoué de la comté, ils ont entretenu leurs prétentions sur les terres dites de surséance sur la rive gauche de la Moselle. Quand la Franche-Comté passe sous la domination des rois d’Espagne, la couronne et l’administration espagnole arrivent aux cols des Hautes-Vosges.

Relations politiques et culturelles entre les territoires partageant le massif vosgien[modifier | modifier le code]

Les destins de certains de ces territoires impériaux ne se sont pas forcément croisés. Lorsque l’histoire met en contact les États du massif vosgien, c’est surtout quand ils sont géographiquement voisins[117], parce qu'ils échangent commercialement ou parce qu’ils sont apparentés[118] par une dynastie commune[119]. À cela s’ajoute le fait que la distance et le relief séparent logiquement les destinées d’une seigneurie des Vosges du Nord aux frontières du Palatinat[106] d’un comté des Vosges méridionales plus en relation avec la Suisse et l'Autriche[104].

Par le jeu des alliances[119] et des rachats ou mise en gage de fiefs, la seigneurie de la Petite-Pierre est liée au comté de Veldenz dans le Palatinat ; le comté de Lichtenberg à celui de Hanau en Hesse ; le comté de Dabo est apparenté aux Eguisheim d’Alsace ; le comté de Montbéliard appartient au duché de Wurtemberg et le comté de Bitche est issu d’une branche annexe des Deux-Ponts dans le Palatinat. Deux branches de Salm ont fondé des territoires souverains situés aujourd’hui en Allemagne et en France[118] (principauté de Salm-Salm et celle de Salm-Kyrburg).

Les relations de voisinage ont beaucoup marqué à l’est les Vosges lorraines et les territoires alsaciens montagnards voisins[81], en tête desquels Munster, Murbach et l’Autriche antérieure[104]. Au sud, la zone de contact entre la Lorraine ducale et la comté de Bourgogne est souvent lieu de frictions, à commencer par les terres dites « en surséance » qu’étaient le pays du Val d’Ajol et la rive gauche de la haute-Moselle. Le val de Villé et le comté de Salm[119] étaient à cheval sur la ligne de crête et la limite linguistique. Leur histoire est fortement imprégnée par le contact régulier entre les deux mondes.

L’histoire du temporel des princes-évêques de Metz et Strasbourg intervient également dans le massif des Vosges car ils étaient souverains d’un territoire immense, mais éclaté sur la région toute entière. De ce fait, les frontières historiques réelles du Grand-Est ont été plus souvent celles des diocèses[120] que celles des fleuves de l’époque carolingienne : les territoires diocésains allaient beaucoup plus loin que les cours d’eau repères[103]. L’évêché de Metz avait également des possessions qui se trouvent aujourd’hui en Basse-Alsace. L’évêché de Strasbourg est plus représenté dans le massif vosgien que son homologue messin qui se concentre sur les Vosges gréseuses de Moselle-Est. Avec les pays de Schirmeck, Orbey, Rouffach et Soultz, les évêques de Strasbourg influent sur la vie d’une partie de la montagne vosgienne dont l’altitude est déjà plus élevée et l’où économie agro-pastorale est très représentée.

Histoire religieuse[modifier | modifier le code]

Provinces ecclésiastiques et limites diocésaines historiquement stables[modifier | modifier le code]

Depuis le haut Moyen Âge jusqu'à la Révolution française, les limites diocésaines n'ont presque pas bougé. La façade orientale du massif est couverte au sud par l'évêché de Bâle et au nord par l'évêché de Strasbourg. Cela implique que les pays de Lemberg, Phalsbourg et de Schirmeck étaient dans le diocèse de Strasbourg. Les évêques de Strasbourg sont par ailleurs suffragants de l'archevêché métropolitain de Mayence, aujourd'hui en Allemagne.

Les terres vosgiennes en surséance et les Vosges comtoises sur le flanc sud du massif ont dépendu du diocèse de Besançon qui est en même temps l'archevêché métropolitain. Les diocèses concordataires de 1822 intègrent la partie vosgienne au diocèse de Saint-Dié.

C'est sur le flanc ouest du massif que quelques modifications eurent le plus lieu ; à l'origine, deux diocèses antiques, créés au IVe siècle, importants donc par la superficie, se partageaient les Vosges de l'Ancien Régime : les hautes Vosges étaient desservies par l'évêché de Toul et les basses et moyennes Vosges par l'évêché de Metz. Rambervillers formait une enclave de l'évêché messin au sein du diocèse de Toul. Tous les diocèses lorrains de l'ancien régime étaient suffragants de l'archevêché de Trèves, aujourd'hui en Allemagne.

Le diocèse toulois pluriséculaire fut amputé de sa partie vosgienne en 1777 après le rattachement du duché de Lorraine à la France[121] : elle crée le diocèse de Saint-Dié dans la province ecclésiastique de Besançon. La même année, il fut également amputé d'une autre partie de son ancien territoire avec la création du diocèse de Nancy, qui deviendra diocèse de Nancy-Toul en 1801 dans la province ecclésiastique de Besançon. À part une infime partie du Lunévillois à l'est, ce nouveau diocèse n'est pas implanté dans le massif vosgien. Le diocèse de Toul conserve après démembrement la moitié de son territoire avec encore cinq cents paroisses[122]. Le diocèse de Saint-Dié reçoit cent vingt-huit paroisses et quarante-deux annexes. C'est Barthélémy Chaumont de La Galaizière, fils du marquis de la Galaizière, chancelier de Lorraine, qui est nommé évêque titulaire.

Le particularisme des abbayes vosgiennes au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Les abbayes vosgiennes de Senones, Moyenmoutier, Etival, Domèvre et la grande-prévôté de Saint-Dié voulaient s'émanciper de la tutelle de l'évêque de Toul pensant avoir les compétences et l'autorité suffisantes pour gérer leurs territoires respectifs au spirituel[121]. Ils considéraient ces territoires comme nullius. Ils nommaient et ordonnaient les prêtres, géraient la pastorale et possédaient des officialités. Les évêques de Toul protestèrent et l'affaire fut portée à Rome. Le duc Léopold soutenait les abbayes vosgiennes car il souhaitait avoir un diocèse vosgien indépendant[123]. Le pape aurait accepté la création d'un diocèse à Saint-Dié en 1719, mais l'intervention du roi de France, de l'évêque de Toul et du métropolitain de Trèves fait tout échouer en 1720[123]. Le Saint-Siège craint la rupture des relations diplomatiques avec la France et revient sur son accord initial alors que les abbayes vosgiennes avaient fini par consentir à céder leurs ressorts au nouvel évêque déodatien[123].

Rome trouve une solution intermédiaire en nommant des prélats évêques in partibus infidelium[123] :

  • Jean-Claude Sommier, Vosgien vivant à Rome, grand-prévôt de Saint-Dié, est nommé archevêque i.p.i. de Césarée en 1725 avec tous les pouvoirs épiscopaux qui s'y rattachent ;
  • l'abbé de Senones, dom Mathieu Petitdidier, est nommé évêque i.p.i. de Macra en 1726 ;
  • l'abbé Hugo d'Etival est consacré comme évêque de Ptolémaïde en 1728.

Développement des établissements monastiques et début de la colonisation du massif[modifier | modifier le code]

Monastères et prieurés autour et dans le massif vosgien.
Dans le duché de Lorraine[modifier | modifier le code]
Consécration de Déodat par Claude Bassot, 1620.

Dans le duché de Haute-Lorraine divisé en « pays » ou pagi, le pagus du Chaumontois était très vaste et moins peuplé que les autres car il recouvrait toute la partie montagneuse du massif au sud. Le Chaumontois, vaste contrée forestière vallonnée, s'arrête aux crêtes vosgiennes aux sources de la Meurthe et de la Moselle. Les époques mérovingienne et carolingienne favorisent la création de monastères et abbayes en leur octroyant des privilèges pour la conservation desquels ils lutteront sans relâche quand les dynasties changeront. Cela correspond également à la christianisation du pays ou à une refonte de la vie en communauté selon des règles plus strictes. Dans les hautes vallées alsaciennes ou sur le piémont des Vosges, quelques abbayes anciennes possédaient déjà de vastes terrains au sein du massif. Du côté lorrain, la pénétration de la montagne est encore relative. C'est pourquoi les ermites et les religieux désireux de vivre en retrait de tout trouvent dans les hautes vallées lorraines des endroits idéaux pour installer un couvent à l'emplacement d'un ancien castrum élevé ou en fond de vallée. Si l'abbaye de Munster se trouve côté alsacien presque au pied du Hohneck, les premières abbayes lorraines de même rang sont encore éloignées des chaumes. Elles jalonnent les premiers contreforts gréseux dans un premier temps.

Colomban initie le mouvement en fondant le monastère de Luxeuil au VIe siècle en Franche-Comté au pied des Vosges comtoises. Son influence rayonne sur de nombreux aristocrates qui souhaitent prendre la tonsure et vivre pieusement en se retirant dans les forêts vosgiennes en suivant l'exemple du moine irlandais. C'est le cas de Romaric, un Austrasien qui crée d'abord un couvent pour les filles colombanistes au VIIe siècle dans la haute vallée de la Moselle, puis en association avec Amé, originaire de Grenoble, il crée l'abbaye du Saint-Mont où il introduit la louange perpétuelle. Ce mont prendra vite le surnom de « Romarici mons » qui donnera le nom de la ville actuelle, Remiremont[124].

À la suite du mouvement lancé par Colomban à Luxeuil, poursuivi par Eustaise, Valbert et Amé, tous les grands monastères du massif vosgien sur son versant occidental sont quasiment fondés au VIIe siècle[125] :

De nouvelles paroisses sont créées autour des monastères et les fonds de vallée sont défrichés. La première colonisation du massif débute avec les établissements religieux, mais elle est limitée aux grandes vallées comme celle de la Meurthe ou de la Moselle. Le cœur du massif méridional demeure sauvage et réservé à la chasse et à la pêche (poissons, coquillages, crustacés) comme le dépeignent les récits biographiques de l'époque carolingienne.

Une deuxième vague de fondations religieuses intervient au XIe siècle avec les mêmes effets colonisateurs et créateurs de nouvelles agglomérations que la première vague. Mais, cette fois encore, les couvents se situent plus en bordure du massif vosgien[125] :

L'abbaye d'Autrey fut créée pour des chanoines réguliers au XIIe siècle par Étienne de Bar, évêque de Metz[125].

Le massif du verre et du cristal[modifier | modifier le code]

Massif vosgien comme limite ouest d'une zone d'échange germanique[modifier | modifier le code]

Les routes et les voies de communication à travers le massif des Vosges[modifier | modifier le code]

En raison de l'orientation des fleuves et rivières, mais aussi des côtes du plateau lorrain et de la montagne vosgienne, les axes de communication et d'échanges commerciaux ont autrefois toujours été orientés nord-sud[126], à savoir des Pays-Bas à l'Italie par les cols suisses ou comtois. Dans les temps modernes de la Lorraine, les routes héritées de l'époque romaine se sont développées, mais les grandes directions sont globalement identiques. Les routes qui traversent le massif vosgien conduisent en partance de Metz ou Nancy[127] à :

La route qui mène à Francfort ne traverse qu'une infime partie des Vosges du Nord en passant par Sarrebruck. La route historique en provenance de Paris par Metz ou Nancy rejoint le massif gréseux dans sa partie la plus étroite au col de Saverne. Une route pénètre le massif au sud en suivant la vallée de la Meurthe à Saint-Dié.

Les deux derniers axes de communication se scindent à Épinal[128] au pied du massif gréseux à l'entrée de la vallée de la Vologne :

Le massif vosgien ne comporte aucun centre commercial majeur. Les sites majeurs sont situés sur le plateau lorrain comme le marché de Saint-Nicolas-de-Port. En revanche, la traversée de la montagne est nécessaire car l'écoulement des marchandises à l'internationale se fait avec les pays rhénans et alpins. On sait grâce aux comptes tenus par les receveurs des tonlieux, comme celui de Bruyères, ou par les charretons de Fontenoy-le-Château que les marchandises transportées[129] vers l'est et le sud-est sont le verre, les draps de Saint-Nicolas-de-Port, la toile du Barrois, le papier d'Épinal ou le vin de Moselle.

Cohabitation d'artisans et d'ouvriers de langue et réligion différentes[modifier | modifier le code]

Le cas des verriers vosgiens n'est pas un fait isolé dans l'histoire de la Lorraine car le duché indépendant est florissant au XVIe siècle)[130] ; il a acquis en 1542 un statut de libre et non incorporable[131] au sein du Saint-Empire romain germanique. Les ducs sont apparentés aux familles impériales des dynasties du Luxembourg, Wittelsbach et Habsbourg, également titulaires du royaume de Bohême. Leurs territoires forment un espace d'échange économique, commercial et culturel de la Lorraine à l'ouest à la Bohême à l'est, du Brabant au nord à la Suisse au sud. Parmi les artisans et la main-d'œuvre itinérante parcourant le massif vosgien, on trouve de nombreux corps de métier. L'artisanat verrier fait partie d'un phénomène plus global de migration temporaire ou définitive avec des spécialisations typiques de telle ou telle région. Le massif vosgien profite du savoir-faire développé au Tyrol et en Bohême et Saxe (monts métallifères) dans les mines (argent, or, fer, cuivre)[132], le verre[129] (le verre de Bohême reste très célèbre et apprécié de nos jours), le charbon de bois (vallée des Charbonniers dans les Hautes-Vosges en a gardé la trace la plus visible dans son histoire économique et démographique, mais aussi dans sa toponymie). Comme pour le schlittage, le flottage ou l'estivage avec la production fromagère où on peut sans contestation possible parler de pôle austro-helvético-germano-vosgien, la verrerie profite des savoir-faire qui se sont progressivement développés dans les régions traversées par les verriers nomades au fur et à mesure de leurs pérégrinations depuis la Bohême. La charte de Lorraine pour codifier l'activité verrière en 1448 est par exemple très similaire à la charte du Spessart. On a pris l'habitude de nommer les verriers de la Vôge originaires des terres germanophones des Souabes[133] car ils ont œuvré dans les massifs de la Forêt souabo-franconienne (Schwäbisch-fränkischer Wald), la Forêt-Noire ou l'Odenwald avant de s'installer dans la Vôge.

L'origine bavaro-souabe des verriers vosgiens quittant la Vôge pour s'expatrier en autres dans le Hardt et les Vosges du Nord, donc en terre germanophone, explique pour la plupart des observateurs et analystes des langues régionales l'existence notable des villages verriers qui forment un isolat linguistique en terres franciques rhénanes[134]. Ce sont en effet des locuteurs qui ont adopté la diphtongaison bavaroise alors que les dialectes environnants majoritaires de Moselle-Est sont des locuteurs caractérisés par une très forte monophtongaison[135].

Gentilshommes verriers en Lorraine[modifier | modifier le code]

Blason des gentilshommes verriers Hennezel[136], Vôge, devise : « Deus me ducit ».

Aux XIIe et XIIIe siècles, la fabrication du verre lorrain se concentre presque exclusivement en Argonne[137] à l'opposé du massif vosgien vers l'ouest. Cette forêt, traditionnellement considérée comme la frontière naturelle[138] entre Neustrie et Austrasie, puis France et Lorraine, est alors immense aux confins de la Lorraine et de la Champagne ; elle fait la jonction avec la forêt ardennaise au nord. Les verriers y sont attestés depuis l'époque gallo-romaine et pratiquent les techniques italiques pour produire du verre à vitres fabriqué par coulage-étirage[139].

Comme les charbonniers, les verriers sont jusqu'au XIVe siècle des itinérants, des artisans nomades pas toujours appréciés de la population locale, ni des seigneurs régionaux car ils sont associés à la déforestation[140]. Quand ils ont épuisé un site, ils partent et recommencent ailleurs. En raison des techniques connues jusqu'au Moyen Âge, l'activité verrière se concentre dans les régions capables de fournir du bois, un type de sable ou de roche sableuse, des fougères et un sous-bois riche. C'est pourquoi on la trouve en Lorraine en Argonne et dans les parties gréseuses du massif vosgien, y compris pour les sites de la troisième vague verrière au XVIIIe siècle dans les Vosges du Nord mosello-alsaciennes.

Forêt de Darney, grande région verrière des XVe et XVIe siècles.

L'itinérance s'atténue beaucoup à partir du XIVe siècle quand les ducs de Lorraine encouragent l'installation de véritables dynasties verrières dans la Vôge autour de Darney. L’installation de verreries permet aux souverains propriétaires fonciers de percevoir diverses taxes. Celles-ci sont prévues dans le contrat initial et le bois consommé par la verrerie doit être marqué par un officier seigneurial et payé à un prix défini. Chaque année, le maître-verrier paye un cens et on imagine aisément que les seigneurs attendent des cadeaux ou des remises conséquentes sur la production du site[141]. Une charte des verriers est rédigée en 1448 par le duc de Lorraine René d'Anjou, confirmée en 1469 par son fils Jean de Calabre. Le second assimile le verrier à un gentilhomme exempt de toutes tailles, aides, subsides, d'ost, de gîte et de chevauchées[142]. Pendant un siècle, le verre lorrain acquiert une renommée internationale qui contribue à former une caste de gentilshommes verriers et leur réelle sédentarisation. Les centres se spécialisent dans un type de fabrication comme le gros ou menu verre.

Il faut d'une part relativiser la sédentarisation des verriers car les artisans ou leurs enfants s'exilent facilement ou vont chercher fortune ou d'autres opportunités dans d'autres régions de France ou du Saint-Empire, voire plus loin à Venise ou Murano. Ils ont des parts dans différentes verreries[143]. Les verriers lorrains font en conséquence partie d'un réseau très efficace soudé par une stratégie matrimoniale non dissimulée[144]. ce sont par exemple des verriers de la Vôge qui permettent l'émergence d'un nouveau centre verrier en Thiérache et Avesnois[145]. Il convient d'autre part d'être prudent sur la manière de comprendre le titre de gentilhomme. D'abord, il n'est attribué qu'au patron et sa descendance qui ont le droit de porter un blason. Une multitude d'ouvriers de basse condition gravite autour des artisans verriers sans lesquels l'ascension sociale de ceux-ci n'auraient pas été possible. Les maîtres-verriers détiennent des parts de seigneuries qui assurent l'approvisionnement de leur territoire et entreprise. Des verriers Hennezel portent par exemple le titre de seigneur de Bonville, Dombasle ou Viomesnil[146]. Pour que le titre soit héréditaire, les descendants mâles doivent prendre la succession de l'entreprise et avoir appris le métier de verrier[142]. On parle en fait plutôt de gentilhomme-verrier où le premier mot fait fonction de préfixe honorifique attaché à la fonction, comparable aux termes de civilité noble, honorable ou honnête. En Lorraine, les personnes dotées de privilèges étaient souvent nommées gentilshommes, à l'image des gentilshommes de Laveline, simples paysans vosgiens récompensés pour leur bravoure pendant le conflit opposant la Lorraine occupée à la Bourgogne de Charles le Téméraire. Ils portèrent leur titre héréditaire, transmissibles y compris par les filles, jusqu'à la Révolution française.

Leur titre de petite noblesse leur est confirmé au XVIe siècle avec les privilèges qui en découlent concernant les terres, le bétail, les douanes et les passages. En revanche, comme n'importe quel noble, ils ont l'obligation de « guet, de garde et de rétention »[147].

Il existe en réalité plusieurs cas de figure. Certains gentishommes verriers ont effectivement été anoblis par lettre patente, avec reconnaissances successives de leur état par les souverains suivants[142]. Il faut y voir une stratégie des ducs lorrains pour garder les verriers sur leurs terres et fidéliser les familles verrières talentueuses, reconnues et imitées dans les autres nations européennes. Mais cela ne durera pas toujours car les conflits d'intérêt et les divergences de point de vue, voire de convictions religieuses, conduiront souvent les verriers à recommencer une autre vie ailleurs. Quelques rares verriers, essentiellement franc-comtois, arrivent déjà nobles dans la profession[142]. Ceci s'explique par la politique familiale menée par les verriers créant ainsi une société quelque peu endogène, et surtout très soucieux d'asseoir leur réputation et leur réussite socio-économique en trouvant le bon parti pour leurs enfants. Les verriers de la Vôge essaiment leur savoir-faire dans les autres centres verriers européens, juste retour des choses puisque le pôle verrier de la Vôge a lui-même démarré avec l'arrivée de verriers souabes, eux-mêmes originaires de Bohême. L'échange de procédés techniques fait progresser la profession, malgré la résistance des verriers de Murano à garder secret leur savoir-faire. Le verrier vosgien Thyzac apporte aux Italiens le verre à miroir pendant que les Vénitiens ne peuvent empêcher la diffusion de leur cristallin jalousement protégé[139].

Troisième vague de l'industrie verrière lorraine[modifier | modifier le code]

Route des Arts du Feu, Vosges du Nord, Lorraine et Alsace.
Verrerie Saint-Louis-lès-Bitche, E. Pingret, 1836.
Musée et Centre international d'art verrier à Meisenthal.

La troisième phase lorraine en matière de fabrication du verre, puis du cristal, se manifeste par la création d'une série de manufactures fondées au XVIIIe siècle dans le massif vosgien ou dans sa périphérie sous le règne du duc Léopold Ier après le traité de Ryswick en 1697.

Dans les Vosges du Nord, pays gréseux par excellence, ce sont des anciens verriers du site de Soucht de l'ancien comté de Deux-Ponts-Bitche et d'autres provenant de la Vôge qui rendirent possible le maintien de la tradition verrière en Lorraine dans le massif vosgien, mais cette fois dans sa partie septentrionale. Le président de la Chambre des comptes de Lorraine, Thierry Alix, évoque fin du XVIe siècle l’existence de verreries ambulantes dans le comté de Bitche en ces termes : « C’est une région montagneuse, forestière, à population fort clairsemée, de ressources médiocres ; la verrerie y existe à l’état précaire et sporadique, comme dans la Vôge au XVe siècle[148] ». Quelques structures existent encore aujourd'hui, soit comme site de production, soit comme centre international d'art verrier[149], soit comme musée à l'image de la Maison du verre et du cristal[149] dans les locaux de l'ancienne verrerie de Meisenthal (1702) en MoselleÉmile Gallé travailla pendant quatre ans. D'autres verreries ou cristalleries suivront comme celles de Goetzenbruck en 1721 pour le verre mécanique ou de la cristallerie de luxe de Saint-Louis en 1767, rachetée en 1989 par le groupe de produits de luxe Hermès. Dans cette partie du massif, on peut encore citer les établissements de Lemberg, Enchenberg, Montbronn et Bitche.

Un peu plus au sud du pays de Bitche, mais toujours dans le département de la Moselle, dans les Basses-Vosges, le duc de Lorraine autorise la création des verreries ou cristalleries de Plaine-de-Walsch (1707), Saint-Quirin(1737), Hartzwiller, Vallérysthal ou Trois-Fontaines. Tout le pays de Dabo, traditionnellement tourné vers l'industrie du bois, profite de cette activité de production verrière car elle entraîne avec elle le travail et la taille sur verre et cristal avec des entreprises familiales ou PME.

Dans la plaine sous-vosgienne, Léopold Ier autorise la fondation de la cristallerie de Portieux[150] en 1705, spécialisée dans la gobeleterie, et en bordure du massif aujourd'hui dans l'actuel département de Meurthe-et-Moselle, le duc Stanislas donne son accord pour la fondation de la célèbre cristallerie de Baccarat[151] en 1764, deux avant le rattachement du duché au royaume de France.

Sur le plateau lorrain, la verrerie-cristallerie de Vannes-le-Châtel est fondée en 1765 par la comtesse de Mazirot. En 1960, comme celle de Portieux et de Vallérysthal, elle intègre par fusion la Compagnie française du cristal et la famille Daum crée sa cristallerie à Nancy en 1878.

Verreries des Vosges alsaciennes[modifier | modifier le code]

Dans le prolongement des Vosges du Nord, sur un plateau gréseux limitrophe des communes verrières mosellanes de Goetzenbruck et Meisenthal, les comtes de Hanau-Lichtenberg autorisent la création de deux verreries à Wingen-sur-Moder : celle de la Neuhütte en 1708 et celle du Hochberg en 1715. La mobilité des verriers alsaciens est similaire à celle des confrères lorrains. On les retrouve bien sûr en Lorraine, mais aussi en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Suisse ou dans le Nord-Pas-de-Calais. Les établissements de Wingen ferment progressivement du XVIIIe siècle au XIXe siècle, notamment à cause de la pénurie de bois nonobstant les efforts importants fournis par les verreries pour gérer à l'année les coupes de bois de manière surveillée[152]. Toutefois, en 1921, le maître-verrier et bijoutier, René Lalique, y fonde la cristallerie Lalique, une manufacture dédiée à la production de produits de luxe et des œuvres de l'artiste et de ses collaborateurs dont son fils Claude qui introduit le cristal dans les pièces aujourd'hui encore fabriquées à la main.

Toujours dans les Vosges du Nord, le comte de La Petite-Pierre autorise la création d'une verrerie dans la forêt de Breitschloss en 1628 par un membre de la famille verrière Spenger, originaire du Spessart en Hesse et bien implantée dans le pays de Bitche comme les Glaser et les Wenzel[153].

Les abbés de Murbach firent appel en 1699 à des artisans verriers, pour l'essentiel suisses, pour exploiter la haute vallée de la Thur. Ils créent au pied de la crête des Hautes-Vosges à l'est et du massif du Grand Ventron à l'ouest un village verrier nommé La verrerie derrière le Wildenstein. Le Wildenstein est un promontoire rocheux où se trouvait un château médiéval. Aujourd'hui la commune alsacienne se nomme Wildenstein. Une autre verrerie est créée au XVIIIe siècle dans la commune voisine d'Oderen, comme activité annexe des forges de Willer, occupant l'essentiel de la modeste population montagnarde.

La tradition verrière se perpétue donc aujourd'hui dans le massif vosgien plutôt grâce à l'industrie du luxe :

Développement touristique[modifier | modifier le code]

Le Second Empire a favorisé la construction ou l'amélioration des routes principales et secondaires ainsi que la mise en place d'un réseau de chemin de fer pour répondre au trafic qui s’intensifiait d’année en année à cause de l’industrie dans les vallées vosgiennes. Il fallait faciliter les déplacements des hommes dans les massifs montagneux comme les Vosges par exemple. Pour pouvoir marcher ou skier dans les Vosges, il fallait d’abord pouvoir y accéder.

Les premières routes sont tardives :

L'équipement hôtelier s’améliore entre 1860 et 1900 car il est encouragé par l'activité industrielle. Lorsque la première vague de tourisme montagnard des milieux bourgeois et citadins gagne les Vosges, les structures et le personnel d'accueil est en place. Très vite les Vosgiens répondent à la demande et développent un réseau d’établissements d'accueil mis en place après 1850. Les anciens fermiers-ouvriers ou marcaires se transformèrent progressivement en restaurateurs, cuisiniers, hôteliers ou guides. Les Vosges appartiennent au tournant du siècle au cercle restreint des régions touristiques de France. Le fait que le Club alpin intègre les Vosges dès sa création en 1874 contribue à introduire dans la moyenne montagne du Grand-Est la nouvelle mode de l’excursionnisme et de l’alpinisme avec l’esprit général et l’engouement pour la nature propres à ces activités de plein air à l’époque.

Tout est certes plus modeste que dans les Alpes suisses par exemple (glacier d'Aletsch, Zermatt, le Cervin), mais le développement touristique du massif vosgien dans sa partie méridionale procédait du même esprit : attirer les amoureux de la nature, créer une atmosphère de villégiature propice à la découverte parallèle de la culture et de l'histoire locale. La Compagnie des chemins de fer de l'Est et les œuvres de Louis Tauzin ont grandement contribué à la promotion du pays de Gérardmer et des crêtes dès le XIXe siècle puisque les affiches publicitaires de Gérardmer dans les gares côtoient celles de Zermatt ou de Grindelwald. Avec Grenoble, Gérardmer est la première ville à avoir créé une forme de syndicat d'initiative avant l'heure[154].

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Les cicatrices des deux guerres mondiales[modifier | modifier le code]

Crypte du Mémorial du Vieil-Armand.

Les sites de mémoire de la Grande Guerre sont très nombreux et on peut voir des cimetières militaires des deux camps ennemis à maints endroits dans la montagne vosgienne, parfois au hasard d'un sentier de randonnée ou d'une piste de ski de fond.

Artilleurs français dans les Vosges en 1915.

Le massif vosgien devient frontière nationale du Donon au Ballon d'Alsace après l'annexion de l'Alsace-Lorraine en 1871. Cela a eu des répercussions sur les batailles de la Première Guerre mondiale car le versant occidental des Vosges reçoit de fortes défenses, avec de nombreuses casernes au pied ou à proximité des crêtes. Pendant les batailles de la Libération en 1944, le massif servira à nouveau de château-fort, permettant aux troupes allemandes de résister violemment à l'assaut allié.

Deux mémoriaux nationaux se trouvent dans les Hautes-Vosges haut-rhinoises :

Le Mémorial de l'Alsace-Moselle à Schirmeck en face du camp de concentration de Natzweiler-Struthof résume la destinée particulière de ces régions annexées en 1871 puis à nouveau occupées en 1940, en insistant sur les difficultés inhérentes à une vie d'entre-deux.

Carte de la ligne de front dans l'Est de la France en septembre 1944.

Les sites de batailles mémorables et meurtrières de la Grande Guerre sont entre autres[155] :

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la bataille de Bruyères, incluant les hauteurs gréseuses de Biffontaine et de la forêt de Champ en direction de Taintrux, s'est rendue célèbre à cause du bataillon perdu qu'un régiment de Japonais-Américains ou Hawaïens a sauvé en sacrifiant quasiment la totalité des soldats. Le plus grand cimetière américain dans les Vosges est le cimetière américain d'Épinal à Dinozé.

Activités[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

L'agriculture traditionnelle est vivrière : pomme de terre, seigle, vergers. Elle se complète d'élevage ovin et bovin, notamment — dans les pâturages les plus montagneux — la race vosgienne dont le lait est à la base du munster.

Loisirs et tourisme[modifier | modifier le code]

Sports d'hiver[modifier | modifier le code]

Les Vosges dans le processus d'introduction du ski en Europe centrale[modifier | modifier le code]
Contexte général et facteurs favorables à l'introduction du ski[modifier | modifier le code]
Expédition de F. Nansen au Groenland en 1890.

Plusieurs facteurs se sont combinés en Europe centrale pour permettre un développement rapide du ski. Le massif vosgien ne fait pas exception ici, au contraire il fait partie des régions pionnières puisque son versant alsacien et sa partie mosellane ont été mis en contact bon gré mal gré avec les nouvelles tendances culturelles en vogue dans l'Empire allemand. Pour le ski, cela va au-delà de l'Allemagne, les Vosges forment la limite occidentale d'une grande aire germano-helvético-autrichienne où l'engouement pour les activités de plein air[N 9], été comme hiver, avait fortement démarré au XIXe siècle, notamment à partir des villes comme Vienne, Munich ou Strasbourg.

Un autre facteur majeur fut le rôle de la littérature, le monde de l'édition et de la presse qui relayèrent les exploits des aventuriers et explorateurs à l'instar du récit de Fridtjof Nansen, La première traversée du Groenland (1890), bestseller en Allemagne. On retrouve encore son nom aujourd'hui dans l'actuel chalet Nansen du Markstein, ex-chalet du Ski-club universitaire de Mulhouse. Ce fut aussi le début des manuels pédagogiques[N 10] ou les récits romancés des alpinistes qui font les premières ascensions avec des « chaussures à neige ».

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L'introduction du ski se fait dans un premier temps moins au cœur des Alpes qu'en marge des Préalpes bavaroises, suisses ou autrichiennes, et surtout dans les massifs montagneux de basse et moyenne altitude de la Slovénie aux Vosges, comme la Carniole, le Böhmerwald, le Harz, les Monts des Géants, la Rhön, la Forêt de Thuringe, les Monts métallifères, le massif du Jura, le massif vosgien et la Forêt-Noire. Les deux derniers partagent une histoire commune car les Alsaciens et les Badois se rendent également dans l'un ou l'autre massif pour varier les sites. Le ski-club médio-européen de Todtnau en Forêt-Noire sera le plus représentatif de son époque[158], sans réelle concurrence tant que les pays alpins n'ont pas lancé les nouvelles pratiques du ski alpin grâce aux pionniers de l'alpinisme de diverses nationalités. Le ski-club de Todtnau nomme à sa création en 1892 Fridtjof Nansen président d'honneur du club. Le héros national norvégien accepte cette distinction honorifique par une lettre [N 11]datée du 5 janvier 1892[159],[N 12].

Parmi les facteurs facilitateurs de l'arrivée du ski du nord au centre montagneux de l'Europe, il faut souligner le rôle décisif des forestiers[N 13] et des chasseurs[N 14], mais aussi de certaines professions comme les médecins[N 15], les diplomates[N 16], les scientifiques-chercheurs[N 17], les juristes[N 18] et d'autres activités libérales[N 19]. Par le jeu des mutations ou de la mobilité[160] accrue de leur activité professionnelle[N 20], des passionnés du patinage, de la marche, puis de la nouvelle mode du ski transmettent leur hobby dans les villes et régions où ils résident, par l'intermédiaire des clubs, les salons et expositions, des soirées dans des hôtels ou refuges ou des réunions en cercle fermé.

Enfin, on observe que les régions pionnières du ski médio-européen partagent un grand savoir-faire dans le travail du bois[161]. Ils offrent des paysages forestiers similaires et des hivers rigoureux avec un enneigement certes aléatoire, mais souvent durable[162]. Reproduire, imiter ou améliorer les lattes de ski avec des essences identiques ou proches des espèces scandinaves ne représentait aucun problème pour les régions spécialistes du bois comme les Monts métallifères, la Forêt-Noire ou les Vosges. Quand la Fédération allemande de ski fut créée le 4 novembre 1905[163] à Munich, elle se composait des ski-clubs de Munich, la Forêt-Noire, des Monts des Géants, de la Lusace et des Vosges[N 21].

Les premiers ski-clubs français sont vosgiens[modifier | modifier le code]

Dès le début du XIXe siècle, ce sont J.C.F. Guts Muths et son ami Gerhard Vieth qui introduisent le ski en Allemagne, à Schnepfenthal dans la Forêt de Thuringe. Guts Muths est un chercheur en pédagogie du sport, co-fondateur du mouvement gymnique allemand et auteur pionnier de manuels sur la gymnastique pour la jeunesse[164]. Il voit dans le ski un moyen de poursuivre les exercices physiques pendant une saison où hommes et bêtes faisaient autrefois une longue pause. Ce n'est pas encore la mode des ski-clubs.

Initié par quelques pionniers actifs en Allemagne et en Autriche ayant suivi les cours de moniteurs norvégiens, le mouvement de création de ski-clubs se répand en Europe centrale de manière associative dans les villes ou en périphérie des massifs vers la fin du XIXe siècle. Parmi les premiers, on trouve les clubs de Munich en Bavière (1891), de Todtnau en Forêt-Noire (1892), d'Annaberg en Saxe(1896) ou d'Ilmenau en Thuringe (1900)[165]. La plupart des premiers ski-clubs des Vosges sont de ce fait créés par les Alsaciens [166],provenant essentiellement des classes moyennes (médecins, employés, fonctionnaires supérieurs ou commerçants) [167]. Le « Ski-Club Straßburg » est fondé en 1896 avec des sections à Colmar et Mulhouse. Celle-ci s'émancipent et deviennent le « Ski-club des Hautes-Vosges Colmar » (Schneeschuhverein Hochvogesen Colmar) en 1904 et le « Ski-club des Vosges Mulhouse » (Ski-Club Vogesen Mühlhausen)en 1910[166]. Toutefois, un ski-club est créé à Bruyères[N 22] en 1895, donc du côté français des Vosges et en terre francophone, et par voie de conséquence antérieur de quelques mois au ski-club des Alpes créé à Grenoble par Henry Duhamel en 1896. Les ski-clubs de Remiremont et de Bussang n'ont été créés respectivement qu'en 1909 et 1911[168].

Transfert de savoir-faire franco-allemand et alsato-savoyard[modifier | modifier le code]

Le Français Raymond Pilet fit le premier l'ascension à skis du Feldberg[169] en Forêt-Noire le [170]. À l'époque secrétaire de chancellerie[171]à Heidelberg, il devient consul[N 23] de deuxième classe en charge du vice-consulat de Breslau[172]. Il est membre du ski-club de Colmar[173] quand il décide de faire du ski au Feldberg qui n'est pas très éloigné de Colmar. Il descend avec un ami russe à l'hôtel « Feldberger Hof » où il s'est inscrit dans le livre d'or[174]. Le réceptionniste inscrit dans la rubrique « événements particuliers » le fait que le Français « s'est présenté avec des chaussures à neige norvégiennes »[174]. Qu'il en ait été conscient ou pas à ce moment-là, Pilet introduit le ski en Forêt-Noire[175]. Les skis norvégiens ramenés par le Dr Tholus, installé comme généraliste à Todtnau après avoir été médécin à bord de navires, étaient restés inutilisés[176] parce qu'il n'arrivait pas à s'approprier la technique seul. Son ami et camarade de Stammtisch à l'auberge Ochsen[174] de Todtnau, le procureur Fritz Breuer, originaire de Rhénanie, aurait voulu aller plus loin. La rencontre fortuite avec le consul français va accélérer les événements. Après son ascension du Feldberg (1 494 m d'altitude), c'est Pilet qui enseigne le ski[176] à Breuer[N 24] et à un cénacle de cadres et employés des entreprises locales[N 25] qui seront à l'origine de la création du second ski-club d'Allemagne[N 26], devenu premier de l'histoire allemande suite à la dissolution du ski-club de Munich à peine deux ans après sa fondation[176]. Le consul français étonna la population locale de Todtnau par sa sportivité et sa dextérité lorsqu'il fit une démonstration de virage en stem dans le village dans la rue de la pharmacie le lundi gras de l'année 1891[174]. Le Feldberg devient un site incontournable où les sportifs veulent tenter leur chance aux premières compétitions de Forêt-Noire. Autour du club, les retombées économiques sont nombreuses ; la fabrication en série de skis d'inspiration norvégienne est lancée dès 1892 par la firme familiale Köpfer[N 27] de Bernau[177]. Un brevet est déposé plus tard par Ernst Köpfer[N 28] à l'office des brevets et des marques de Berlin pour la marque de ski « Feldberg »[178] en 1906[176].Ses premiers clients ne sont pas seulement les sportifs, mais également les facteurs, les sages-femmes, les bouchers et tous ceux qui doivent se déplacer pour leur métier, y compris les enfants des fermes isolées qui descendent à skis à l'école[176]. On attribue également le premier remonte-pente du monde à la Forêt-Noire en 1908[N 29]. Le premier remonte-pente des Vosges ne sera installé qu'en 1947 par les Ponts et Chaussées au Jungfrauenkopf[179].

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Montagne jumelle de la Forêt-Noire dont les Alsaciens sont culturellement proches, le massif vosgien gravite dans la sphère d'influence du centre feldbergeois. Le « loup du Grand Ballon », Edouard Wolf, fut l'un des premiers utilisateurs réguliers de ski par commodité évidente dans les Vosges car il était gérant du refuge sur le sommet du Grand Ballon[N 30]. Une fois expérimenté, il participa à la course de ski de fond du Feldberg. Tout le secteur de Colmar à Mulhouse en passant par Guebwiller, Thann ou Ranspach concentrait sa pratique du ski sur les massifs du Markstein et du Grand Ballon. Certains clubs et leur refuge ou chalet respectif avaient la réputation d'être composés davantage par des Allemands ou germanophiles, et vice-versa[180]. En conséquence, les associations qui se fondaient les unes après les autres rassemblaient des gens qui souhaitaient soit adhérer plus à un club plus francophile[N 31], soit contribuer aux activités de clubs majoritairement plus germanophones[N 32].

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Le médecin allemand Offermann exerça d'abord à Erfurt et pratiqua le ski en Thuringe. Lorsqu'il décida d'exercer à Strasbourg en 1889, il adhéra au ski-club de Strasbourg et continua de pratiquer le ski dans les Vosges (Champ du Feu, Markstein). Lui aussi fera un séjour au Feldberger Hof en 1892 et y fera la connaissance des célèbres skieurs débutants, moins expérimentés que lui à Todtnau[181]. L'hôtelier Carl Mayer ayant acheté une vingtaine de paires de ski à la firme locale de Bernau, le Feldberger Hof passe pour être le premier service de location de skis de l'Empire allemand. Dans un manuel de ski de Fritz Breuer, on lit que « les raids plus longs ne doivent être faits qu'en société, il est recommandé de porter sur soi un sifflet afin de prévenir ses accompagnateurs en cas de problème quelconque »[182]. Le club de Todtnau a également un costume de club[N 33].

Un autre exemple de fondation d’un ski-club en Allemagne sous l’impulsion d’un pionnier qui s’est formé dans les Vosges est celui de Hermann Stika[183]. Pendant ses études, il fit la découverte du ski dans les années 1907-08 par l’intermédiaire du ski-club universitaire de Strasbourg[183], plutôt germanophile, qui pratiquait par exemple au Champ du Feu. Quand il revint dans sa ville natale, Gießen, et fut muté à Grünberg, il fait la connaissance de deux passionnés de ski, le professeur-assistant Julius Walther et le professeur Albert Peppler qui avaient déjà créé le Skiclub Wandervogel Gießen en 1908. En 1919, Stika et ses amis fondent le ski-club de Grünberg[183].

En 1925, Charles Diebold (1897- 1987), crée une école de ski dans les Vosges au Lac Blanc, commune d’Orbey, fonctionnant selon la méthode autrichienne[184]. Lorsqu'il part créer la station expérimentale de Val-d'Isère au cours de la saison 1932-33, l'industriel alsacien s'installe au village afin d'initier les habitants au ski en proposant des cours de la méthode Arlberg. Par un clin d'œil à ses origines, il appellera ses leçons les « cours vosgiens » [185],[186]. Les « cours vosgiens » dans les Alpes transmettent la technique « Arlberg » initiée et propagée par l’instructeur de ski dans l’armée autrichienne pendant la Grande Guerre, Hannes Schneider, promoteur du ski jouant des rôles dans de nombreux films sur la montagne. Il se distance de la méthode norvégienne en introduisant le chasse-neige, le stem et le christiania. Un autre Alsacien, Winter Tomiac, figure parmi les professeurs de ski de la nouvelle école de Val d'Isère. Aujourd'hui[Quand ?], Diebold est plus connu comme Savoyard d'adoption célèbre[187] que comme « Vosgien », d'autant plus qu'il est originaire de la plaine alsacienne, ce qui renforcerait l'idée qu'il faut souvent être très prudent avec la perception qu'ont et ont eue les différentes générations du massif vosgien par le passé.

Nouvel accès au massif vosgien en hiver et début des compétitions[modifier | modifier le code]

Poteau de la frontière franco-allemande à Bussang.
Basse Autriche, Ötscher, Pays des « Lilienfeldeurs ».

Les associations de tourisme pédestre et de ski permettent dorénavant la fréquentation de la montagne été comme hiver. Ce sont souvent les mêmes adeptes de virées en plein air. L'introduction du ski permet l'accès aux crêtes et aux sentiers. On loue des chalets et des refuges[166]. En dépit de la frontière franco-allemande et des convictions que pouvaient défendre tel ou tel club officiellement ou officieusement, les membres des associations franchissaient toutefois les crêtes vosgiennes pour excursionner, participer à des courses de ski organisées par des sociétés de ski françaises ou allemandes. Les refuges du Club alpin français ou du Touring-club de France sont d’ailleurs proches de la frontière (Au Bärenkopf et au Rainkopf)[188].

Le Club vosgien et Vosges-trotters organisent des compétitions[189] et les différentes associations essaiment leurs refuges et abris[190] sur les crêtes pour le sport d’été et d’hiver ou pour les activités de découverte scientifique ou historique du massif[191],[192].

La vision transculturelle du massif vosgien entretenue avant l’annexion de l’Alsace à l’Empire allemand par des sociétés savantes comme, par exemple, l’Association philomatique vogéso-rhénane ou la Société alsato-vosgienne[N 34], s’estompe sous l’effet de la politique de germanisation des statthalters qui se servent des crêtes vosgiennes comme promontoire de l’extrême ouest de l'empire, duquel les randonneurs peuvent admirer la nouvelle mère-patrie en direction du Rhin et de la Forêt-Noire[191]. Comme on peut le découvrir dans les salles du Mémorial de l'Alsace-Moselle, la présence, voire la pénétration d'Allemands de souche dans la population régionale, et par voie de conséquence dans les clubs de mentalité allemande, ne doit pas surprendre en soi car le régime a fait venir de nombreux fonctionnaires dans la nouvelle terre d'Empire pour s'assurer leur fidélité[193]. De même, il n'y a pas que les agents de l'état et les militaires qui s'installent en Alsace. Les départs des Alsaciens-Lorrains ayant opté pour la France en 1871-72, notamment plus en ville qu'en campagne, sont compensés par une importante immigration allemande (Un sixième de la population en 1910[193]), traduisant une volonté d’imposer la civilisation et le caractère allemands qui s’appuie par ailleurs sur l’école et l’armée[193].


En 1905, les clubs de ski se rassemblent dans la Fédération de ski d'Alsace-Lorraine (Elsass-Lothringischer Ski-Verband) qui organise les premières compétitions de ski dans le massif vosgien[166] : la pratique du ski de l'époque n'est pas comparable au ski de descente tel qu'on le perçoit de nos jours. L'adresse et l'agilité sur des lattes beaucoup plus longues qu'aujourd'hui était au centre des compétitions, ce qui incluait également le saut à ski[166]. Cela se rapprocherait donc davantage du combiné nordique actuel, toutes proportions gardées pour la hauteur du tremplin et la vitesse de la course. Marches et courses à ski procèdent à ce moment-là avant tout de l'hygiène de vie et de l'activité physique[166] dans un cadre naturel motivant.

Comme dans les autres clubs de ski du monde germanophone du début du XXe siècle, les skieurs alsaciens entendent parler très tôt des deux écoles qui s'opposent : il faut choisir entre la technique norvégienne et la technique Lilienfeld (du nom de la ville de Lilienfeld en Basse-Autriche où fut créé l'un des premiers ski-clubs d'Autriche). En réalité, la seconde provient de la première car son inventeur austro-moravien, le pionnier du ski alpin Mathias Zdarsky, a modifié les longs skis norvégiens adaptés aux terrains plats[166] ou aux sommets aplanis de Scandinavie (nommés fjell ou fjäll) pour plus d'efficacité sur les pentes plus accentuées des Alpes en Autriche. Les lattes sont plus courtes, elles comportent une rainure centrale sur la semelle et la fixation Lilienfeld rend le ski et la chaussure plus solidaires[166]. Grâce au tramway qui monte à la Schlucht à partir de 1907, les randonneurs à ski gagnent du temps, arrivent plus vite aux chalets[166]. Même si on parle de technique alpine ou suisse pour désigner la méthode Lilienfeld capable de descendre les pentes en faisant des virages et notamment aussi en mode chasse-neige, le ski de descente n'existe pas encore dans les esprits de l'époque : la descente demeure un passage délicat sur le parcours de la randonnée ou du retour[166].

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La « Société des sports d'hiver » est créé à Gérardmer en 1908-1909. Elle organise entre autres la « Grande Semaine d'hiver[194] de Gérardmer » en 1910 [195]. Parallèlement au rôle incontestable des ski-clubs de la sphère germanophone côté alsacien, le Club alpin français contribue pour sa part à organiser et structurer la pratique du ski dans la partie française du massif vosgien. Il institue des rencontres annuelles des différentes antennes du club en Autriche, en Suisse, en Italie et en France[196]. Sous l'impulsion d'Henry Cuënot, le CAF organise la « Semaine internationale de ski » pour la première fois en 1907 à Montgenèvre. Après Chamonix, Morez, Eaux-Bonnes et Lioran, c'est Gérardmer qui prend en charge l'organisation de cette semaine en 1913. Les villes organisatrices retenues au début du XXe siècle correspondent peu ou prou aux massifs montagneux associés aux sports d'hiver aujourd'hui : les Alpes, les Pyrénées, le Massif central et les Vosges.

La candidature de Gérardmer à l'organisation des premiers Jeux olympiques d'hiver de 1924[197] n'a pas été retenue, c'est sa concurrente Chamonix qui fut désignée ville hôte des épreuves pour onze jours. Le Comité national olympique avait mis en avant les capacités d'hébergement et la sécurité de l'enneigement[198].

Dans les Vosges après la Grande Guerre, comme d'ailleurs dans les autres massifs, un vaste programme de construction de routes et de lignes de chemin de fer est lancé afin de rendre ces régions plus accessibles aux touristes[199]Dans les années 1930, les premiers remonte-pente sont installés. Les compétitions commencent vers 1935 pour le saut et la descente[200]. L'Alsace compte ainsi un champion de France, René Becker, qui participe en 1936 aux Jeux olympiques de Garmisch-Partenkirchen, mais aussi pléiade de familles de skieurs de renom.

L'accès au massif en hiver s'explique enfin par la construction de refuges et d'hôtels qui deviendront représentatifs, voire symboliques d'un sommet, d'une association ou d'un ski-club. Comme il a déjà évoqué plus haut, l'introduction du ski et le rayonnement du ski en Forêt-Noire ramènent à parler invariablement de l'hôtel Feldberger Hof. Dans le même ordre d'idée, les Alsaciens associent l'hôtel Hazemann au Champ du Feu, l'hôtel Freppel au Lac Blanc, l'hôtel Welleda au Donon, la maison du Ballon au Grand Ballon, auxquels il faut ajouter les auberges (Hohneck, Schlucht) et les chalets du ski-club vosgien, des Amis de la Nature, des Vosges Trotters ou du Club vosgien. Au Champ du Feu, la ferme d'estive Morel fut transformée en dortoir au premier étage pour le ski-club vosgien de Strasbourg. Tous ces établissements permirent de rester à proximité des cimes enneigées à une époque où les excursionnistes arrivaient , été comme hiver, par train dans les vallées et devaient d'abord faire l'ascension de la montagne le matin avant de s'adonner à leurs activités de loisirs. Un Strasbourgeois et sa famille mettait par exemple environ une heure et demi à se rendre à Rothau par le train, puis il avait deux heures de montée au Champ du feu à pied avec un dénivelé de 671 m. Après la journée passée sur les hauteurs, il fallait redescendre à pied dans la vallée et refaire le trajet inverse.

La place des armées dans le développement du ski[modifier | modifier le code]

Insigne régimentaire du 152e RI, Colmar.

Les armées sont directement associées au développement du ski et des pratiques hivernales des pays nordiques, dans les massifs montagnards de France et dans les autres pays alpins d’Europe centrale[201]. Au civil également, tant qu’il y a eu des casernements à Gérardmer, les soldats ont activement collaboré au déneigement. La « corvée de neige » consistait pour les militaires à déblayer la neige d'abord des terrains au sein des casernes pour poursuivre les activités des troupes, mais aussi, en cas de cumul de neige important, pour élargir la frayée[N 35] que les habitants réalisaient avec un chasse-neige improvisé, lesté par des pierres. Les soldats entassent la neige dans tombereaux montés sur une schlitte et vont la jeter dans le lac[202]. À Gérardmer, ville de villégiature, plus qu'ailleurs, il était important de pouvoir transporter les touristes avec les traîneaux. Les cartes postales anciennes du début du XXe siècle choisissent volontiers pour illustrer les Vosges en hiver des patineurs[N 36] et des skieurs de la première heure où civils et militaires se côtoient. Sur la carte postale ancienne « Bruyères en hiver - Un groupe de skieurs »[203], datée du 8 mars 1918, on remarque par exemple des militaires avec un seul bâton (méthode norvégienne d'origine) et à côté d'eux des civils qui utilisent déjà deux bâtons[204]. Un autre cliché hivernal de Bruyères plus ancien montre un notaire et le commandant de la place en train de faire du ski au lieu-dit « Casse-Gueule » ; ils pratiquent le ski à la norvégienne avec un bâton[204].

Dans les Vosges comme dans les Alpes françaises, les militaires font d'abord lentement connaissance avec le ski de manière isolée et personnelle, à l'instar du capitaine Clerc du « régiment de la neige », le 159e RI à Briançon. Avant d'être autorisé à enseigner le ski à quelques éléments de troupes, il a lui-même dû s'entraîner et apprendre bon an mal an avec l'aide de conseillers scandinaves appelés à la rescousse[205]. Après la création de l'École Normale de Ski à Briançon en 1904, une école régimentaire est créée à Gérardmer en 1908 et gérée par le 152e RI[205] créé à Épinal le [206]. Jusqu'à la Première Guerre mondiale où elle sera suspendue, les instructeurs apprennent le ski aux stagiaires de régiments d'infanterie et de bataillons de chasseurs à pied basés dans les Hautes-Vosges[N 37]. Les militaires vosgiens participeront également au concours internationaux de ski organisés en Savoie dès 1907 ; les militaires y avaient en outre leur propre course[205].

Dans les Vosges pendant la Première Guerre mondiale par exemple, l'armée française utilisa à des fins de ravitaillement les chiens de traineaux d'Alaska dont le chenil se trouvait au Tanet, y compris d’ailleurs en été pour tracter les wagons de ravitaillement roulant sur des rails [207]. Les rares conflits engageant des troupes à skis pendant la Première Guerre mondiale n'ont eu lieu entre Allemands et Français que dans les Vosges[208] et furent mineurs[209]. Une opération eut lieu dans le secteur de Saint-Dié le 31 décembre 1914 et les quarante « Diables Bleus » dévalant les pentes du Hartmannswillerkopf périrent sous le feu des Allemands[208]. En revanche, l'usage des skis par les Allemands, Autrichiens et Italiens fut plus conséquent sur le front des Dolomites italiennes, moins pour combattre que pour se mettre en position ou pour assurer le ravitaillement[208]. Ce fut également le cas avec les troupes austro-hongroises opposées aux Russes dans les Carpates[208]. Des instructeurs autrichiens forment également des soldats turcs à Erzurum pendant la Grande Guerre[208].

Introduit dans les armées avec des écoles régimentaires dans les différents massifs montagneux, le ski devient une normalité dans les années 1930[210]. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des troupes sont spécialisées dans le combat utilisant les skis et les traîneaux. En dehors des chasseurs alpins, on pense par exemple aux assauts des Russes à la bataille de Stalingrad. Dans les Vosges, un jeune officier du 152e RI raconte dans son rapport qu’il reçut l'ordre de chausser ses skis pour partir en reconnaissance et établir un rapport sur la hauteur de neige et les difficultés à prévoir pour le déneigement. Car son régiment basé à Gérardmer avait reçu l'ordre de dégager la route des Américains et celle du col de la Schlucht[211].

Les stations vosgiennes aujourd'hui[modifier | modifier le code]
Projets de développement et protection de la montagne vosgienne depuis les années 1970[modifier | modifier le code]
La Mauselaine - Piste du Tétras.
Ventron Ermitage Saint Joseph.
Kastelberg - La Bresse-Hohneck.

Le décret du 22 novembre 1977 promulgua une « Directive sur l’aménagement et la protection de la montagne». Elle visait à maîtriser davantage le foncier[N 38] et à créer des « unités touristiques nouvelles ». À partir de 1977 également, les schémas d’orientation et d’aménagement préparés par les Commissaires sont approuvés dans chaque massif. Trois ans plus tard, les Vosges et le Jura d’une part, les Alpes du Nord et les Alpes du Sud d’autre part sont dissociés avec chacun un commissaire à l’aménagement du massif concerné. À partir de 1974, sous impulsion de l’ONF et des services de la jeunesse et des sports, 100 km de pistes de fond furent tracés et 300 km balisés [212]. En 1979, le « Plan Neige des Vosges » [212] est soutenu par l’État, la Région et le Conseil général des Vosges pour créer un stade de ski de fond au Lispach, pour réaménager le stade des Bas-Rupts, aménager des pistes à Bussang et Saint-Maurice-sur-Moselle et enfin créer des randonnées au Donon et au Val d'Ajol.

En 1984, la fédération régionale regroupe avec une solide organisation héritière d'excellentes écoles de ski, un ensemble unifié autour du massif, comprenant Alsace, Vosges, Territoire de Belfort et Franche-ComtéN 4. Même si on aménage encore pistes et téléphériques, les Vosges ne connaissent pas la même croissance que d'autres contrées alpines, jurassiennes ou pyrénéennes. Le développement du ski-loisir reste prometteur avec l'apport des skieurs de la proximité du Benelux. Avec environ 5 000 compétiteurs, elles demeurent un bastion modeste du ski français. Quelques stations modernes de ski, survivantes de la concentration des activités touristiques de moyenne montagne en crise, parsèment aujourd'hui le massif, notamment dans sa partie méridionale, où le relief est plus élevé. La plus importante de ces stations, en termes d'étendue du domaine skiable et de fréquentation est celle de La Bresse, dite La Bresse-Hohneck de 900 à 1 350 m d'altitude. Du côté alsacien, il peut être notamment fait état de la station du Markstein, qui, après avoir accueilli la coupe de France de saut à ski de 1955, organise des épreuves de la coupe du monde de ski en 1983 et 1987. Côté franc-comtois, la station de la Gentiane dans le massif du Ballon d'Alsace attire les skieurs du Territoire de Belfort et du Sud-Alsace.

Le zonage des massifs, la réglementation pour les remontées mécaniques et le travail des saisonniers, tout comme d'ailleurs les dispositions générales pour l'aménagement du massif vosgien et des autres montagnes françaises sont toujours régis par la loi no 85-30 du relative au développement et à la protection de la montagne dont la version a été consolidée le [213].

Statuts et places des stations vosgiennes dans le tourisme d'hiver en France[modifier | modifier le code]

D'après les Domaines skiables de France, la chambre syndicale des exploitants de remontées mécaniques et de domaines skiables en France, il existe 26 opérateurs ou stations de ski affiliées dans les Vosges[214]. Comme pour le reste des stations françaises, elles sont gérées soit par une régie, par une société d'économie mixte soit par une société par actions simplifiée[214].

En fonction du moment de puissance du parc de remontées d'une station, c'est-à-dire le produit de son débit par sa dénivelée[214], on obtient une typologie des stations : très grandes, grandes, moyennes et petites. La Bresse-Hohneck et Gérardmer appartiennent aux stations moyennes, toutes les autres vosgiennes sont des petites stations. En se basant sur le critère des journées-skieur, la fréquentation du massif vosgien de 2011 à 2014 représentent 1,7 % des parts de marché nationales, c'est-à-dire l'avant-dernier massif dans le tableau de toutes les régions skiables avant le Jura avec 1,6 %. Cela fluctue beaucoup suivant les années entre le Jura, le Massif central et les Vosges: en 2011, ce sont les Vosges qui sont en queue de peloton après le Massif central (1,7 %) et le Jura (1,9%)[214].

En raison de l’altitude et des microclimats de la partie méridionale du massif plus enneigée, on trouve l’essentiel des stations de ski de rang national dans les Hautes-Vosges. Dans le classement du top 100[215] du magazine des professionnels « Montagne Leaders » basé essentiellement sur le nombre de journées-skieur combiné à quelques critères complémentaires liés à l'équipement et à la capacité d'accueil de la station, trois stations vosgiennes sont dans les cent premières stations de sports d'hiver en France :

  • À la 51e place, on trouve Labellemontagne, donc station de La Bresse-Hohneck (Une S.A.S.) avec 389 124 journées-skieurs en 2013. Elle est un holding issu à l'origine de la société vosgienne Rémy Loisirs. Elle s'est développée avec Jean-Yves Rémy, vice-président des DSF, en rachetant plusieurs stations familiales dans les Alpes, la dernière étant celle de Manigod en Haute-Savoie proche de la Clusaz[214]. Avec 5 domaines skiables, ce groupe alpino-vosgien de sociétés privées est le troisième opérant en France après La Compagnie des Alpes (neuf domaines skiables) et Altiservice (six domaines skiables)[214] ;
  • À la 71e place se situe Gérardmer (Une régie municipale) avec 216 064 journées-skieurs en 2013 ;
  • À la 100e place arrive la station du Ventron (La S.A.S. Leduc) avec 75 254 journées-skieurs en 2013.


La seule station de montagne du département du Bas-Rhin est celle du Champ du Feu qui est aussi pour moitié un site Natura 2000[216]. Toutefois, ce domaine géré par une régie a une caractéristique non négligeable : il s’agit du seul domaine de ski nordique[217] de grande superficie[N 39] du massif vosgien où l’on peut pratiquer le ski de fond gratuitement[217] (Pistes noires, rouges, vertes). Le Conseil général du Bas-Rhin prend en charge[217] l’entretien estival et hivernal du site confié au Comité départemental de ski[N 40]. Un employé polyvalent est embauché du 15 décembre au 14 mars[217] et le chauffeur de l’engin de damage est rémunéré aux heures faites[N 41]. De même, les sentiers pour la raquette, la luge et les chiens de traineau sont préparés gracieusement[217]. En revanche, le ski alpin avec ses neuf remontées mécaniques et ses dix-sept pistes est payant[218]. Eu égard à son caractère local très prononcé et au taux d’enneigement très fluctuant selon les années, la fréquentation de la station du Champ du Feu estimée en moyenne à 170 000 personnes par saison hivernale reflète un attachement des locaux important pour ce domaine skiable historique[219].

Problème récurrent du faible taux d'enneigement[modifier | modifier le code]
Enneigement sur les hauts de la Schlucht.
Alpinisme dans les Vosges.

La raréfaction récurrente des chutes de neige du fait du maintien des hautes pressions atmosphériques et les brusques abaissements ou remontées de la limite pluie/neige, au cours de récents hivers peu propices aux sports d'hiver, affectent grandement de nombreuses stations de faible altitude mal équipées, ne disposant pas de canons à neige. Charles Fournier affirme déjà dans son ouvrage sur le massif vosgien que « la neige, depuis cinquante années, tombe en moindre quantité qu'autrefois[220]. ». Cela signifie que pour lui l’enneigement de la deuxième moitié du XIXe siècle était encore plus conséquent que pendant les deux conflits mondiaux dont chacun sait que les hivers furent rudes. L’hiver de 1879 passe pour être par exemple l’un des plus rudes de l’histoire française[221].C'est pourquoi nombre d'anciennes stations vosgiennes sont aujourd'hui en deçà du seuil de rentabilité et périclitent. Cependant, les bonnes conditions hivernales depuis 2008 offrent une bouffée d'oxygène considérable à l'ensemble de ces stations. Celle de la Gentiane a fait le choix de s'équiper d'enneigeurs, opérationnels depuis la saison 2014-2015.

La pratique du ski de fond, stimulée par le fondeur Jean-Paul Pierrat, un des premiers Français à rivaliser avec les meilleurs compétiteurs sur les terrains nordiques, dispose d'espaces montagnards somptueux. Au début des années 1990, les randonnées en raquettes bien adaptées au relief vosgien à l'instar du VTT en été, connaissent un développement fulgurant.

La pratique de l'alpinisme hivernal est possible sur les pentes nord du Hohneck et sur la Martinswand, dans la zone des Spitzkopf et de manière générale sur les pentes alsaciennes du massif vosgien. On trouvera également de jolis secteurs pour la cascade de glace autour du Lac Blanc. Quand l'hiver est rigoureux, les Vosges du Nord riches en rochers de grès abrupts avec un fort ravinement permettent l'escalade sur glace. C'est le cas du Rocher de la Bande Noire[222] à l'entrée du vallon du Haspelbaechel.

Sports et loisirs d'été[modifier | modifier le code]

Randonnée pédestre[modifier | modifier le code]

La randonnée pédestre dans le massif vosgien est organisée après l'annexion de 1871. Dans la partie alors allemande, le Club vosgien est créé en 1872 et, deux ans plus tard, le Club alpin l'est à son tour en France, qui disposera d'une section des Vosges. De nos jours, le Club vosgien étend son activité à l'ensemble du massif et l'on y trouve partout son système original de balisage.

Avec des moyens différents, les deux structures poursuivent des buts identiques : mettre la montagne à portée de tous, en faciliter l'accès. Le but du Club vosgien est « la promotion et le développement du tourisme pédestre et autres activités de pleine nature, l'étude, l'aménagement, la signalisation et l'entretien bénévole de 20 000 km d'itinéraires pédestres »[227]. Pour le Club alpin, il s'agit de « rendre accessible au plus grand nombre une pratique autonome et responsable de la montagne »[228].

Le Club alpin[modifier | modifier le code]

Le refuge de la Fédération française des clubs alpins et de montagne est au Grand Ventron[229]. En 1874, le Club alpin dont le but général est « d'encourager et favoriser la connaissance de la montagne et sa fréquentation individuelle ou collective en toute saison », a inscrit dans ses statuts « la construction, l'amélioration et l'entretien de refuges, chalets, abris et sentiers »[230].

Au XIXe siècle, les adeptes de l'excursion, même modeste, préconisent les courses avec un guide quoi il arrive car ils connaissent la montagne et ses dangers. Cette forme de découverte est par conséquent réservé à un public très restreint.

Le Club alpin avait à l'origine créé deux sections qui s'occupaient d'amener les citadins de la plaine dans les Hautes-Vosges[231] :

  • la section de Nancy en 1874 ;
  • la section d'Épinal en 1876.

En 1886, le docteur Charles Alban Fournier devient président[232] du Club alpin des Hautes-Vosges après la fusion des sections d'Épinal et de Belfort[233]. Le club crée des sentiers, installe les tables d'orientation sur les principaux sommets. Il initie la création de la station météorologique au fort du ballon de Servance[234].

Alban Fournier publia de nombreux itinéraires de randonnées. Il collabore à l'ouvrage encyclopédique de Léon Louis Le département des Vosges, description, histoire et statistiques en proposant des courses sous forme de tableau avec indication des distances, de l'altitude, du temps de marche et de la description globale de la randonnée et de son environnement. Fournier pense que « les Vosges sont, dans toute l'acceptation du mot, une de ces petites 'Suisses' et une charmante petite Suisse naguère inconnue, inconnue même de certains de ses habitants ».

Le Club alpin des Vosges encadra également dès les débuts l'alpinisme et le ski.

Le Club vosgien[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Club vosgien.
Balisage vosgien au pont du Rummel sur la Savoureuse dans le massif du Ballon d'Alsace, à l'intersection de trois itinéraires. Le panneau circulaire indique l'altitude. Le dispositif comporte également une marque de GR (GR5).

C'est probablement dans le massif des Vosges que sont apparus en France (en territoire alors annexé) les premiers itinéraires balisés, à l'instigation du Club vosgien (créé en Alsace en 1872[235]) ; ces sentiers ont permis le développement de la randonnée pédestre, le club devenant dès 1921 l'unique opérateur du balisage dans tout le massif. Les premières cartographies d'itinéraires ont été réalisées pour le massif sur la base de cartes d'État-major. Aujourd'hui des cartes très détaillées représentent ce dense réseau de sentiers avec son système original de balisage par code de formes et de couleurs[236] permettant toujours de préparer toutes sortes d'itinéraires, de la balade familiale de quelques heures jusqu'à de longues échappées de plusieurs jours, par exemple la traversée du massif dans l'axe nord-sud en suivant les différents GR dont le GR 5.

L'intérêt de ce balisage typique des Vosges est qu'il permet en effet toutes sortes de combinaisons, en jouant sur la durée et la dénivelée. Il porte aussi bien sur de courts itinéraires très locaux que sur de longs parcours, tout en offrant partout la même facilité de lecture et de compréhension. La majorité des sentiers balisés ne présente aucune difficulté et ceux pouvant être dangereux sont fréquemment équipés (mains courantes, passerelles). Des fermes-auberges accueillent les randonneurs. Cet accueil est complété par la présence d'abris de randonnée plus ou moins précaires mais qui ne permettent généralement pas d'y dormir. Malgré un couvert forestier prononcé, les Vosges offrent une multitude de points de vue, de destinations pittoresques (lacs, cirques, chaumes), et de très nombreuses possibilités de promenades, de la courte balade familiale en terrain très facile, jusqu'à la randonnée longue avec bivouacs.

Le balisage du Club vosgien est conçu pour être rassurant et fonctionnel[237] : il offre en effet tant aux marcheurs occasionnels et aux touristes de passage qu'aux randonneurs aguerris la possibilité d'emprunter les sentiers du Club vosgien sans craindre de se perdre, sous réserve de disposer d'une carte topographique indiquant les itinéraires, pour pouvoir composer son parcours. Seules les boucles (marque de balisage en anneau) sont réalisables sans carte à condition de savoir d'où partir. Une fois déterminé sur carte le trajet souhaité, il suffit de rechercher sur le terrain les balises mentionnées sur la carte (au minimum, le point de départ), sans qu'il soit besoin d'autres repères.

Le Club vosgien couvre l’ensemble du massif depuis la Hardt à la frontière allemande jusqu’au Jura à la frontière suisse. Il n’est pas stricto sensu réservé à la seule montagne car il existe également des sections situées dans le piémont des Vosges ou la plaine sous-vosgienne, ou dans le Sundgau vallonné, où se trouve les villes dont proviennent maints usagers des sentiers pédestres (Wissembourg, Haguenau, Saverne, Molsheim, Sélestat, Colmar, Mulhouse, Altkirch, Ferrette, Épinal, Bayon, Rambervillers, Cirey-sur-Vezouze, Sarrebourg, Bitche, Belfort, Giromagnyetc.). Les sections alsaciennes balisent également des randonnées dans les forêts de plaine, les vignobles à flanc de collines quand les lieux comportent un caractère bucolique et historique évident.

Itinéraires de grande randonnée[modifier | modifier le code]

Le massif est parcouru par plusieurs itinéraires de grande randonnée :

  • Le GR 5 (sentier européen E2), créé en 1897, relie la mer du Nord aux Pays-Bas à Nice. Il traverse le massif des Vosges du nord au sud de Wissembourg à Fesches-le-Châtel. Comme il suit la ligne de crête (parcours du GR 5 en Alsace), il passe par le Donon, le Champ de Feu, le Haut- Koenigsbourg, le Grand Ballon et le Ballon d’Alsace. Le temps de parcours représente environ une vingtaine de jours avec une moyenne de 21 km par jour.
  • Le GR 53 arrive de l'Odenwald.
  • Le GR 531, rectangle bleu, relie Soulz-sous-Forêts à Leymen en passant par Ingwiller, Munster, Masevaux, etc.
  • Le GR 532, rectangle jaune, court de Wissembourg à Mulhouse, après un grand périple dans la montagne vosgienne et une boucle entre Belfort et le Sundgau, etc.
  • Le GR 533, rectangle vert, commence à Celles sur Plaine, passe par Saint-Dié des Vosges, Gérardmer, La Bresse et rejoint le Ballon d’Alsace. Le rectangle vert pour le GR 533 plus tardif révèle le tropisme alsacien du Club vosgien qui a d’abord couvert les secteurs concernés par les agglomérations mosello-alsaciennes aux portes du versant occidental des Vosges. Le GR 5333 parcourt le massif en valorisant cette fois la partie vosgienne lorraine. Le GR 7 encore plus récent met à l’honneur la partie méridionale et la Vôge vers l’ouest.
  • Le GR 7 relie Venise à la Pointe du Raz en Bretagne en passant par le Ballon d’Alsace. Il rejoint la Vôge en longeant la Haute Vallée de la Moselle, Remiremont, Xertigny, Darney et Lamarche.
  • Le GR 59 traverse la Franche-Comté du Ballon d'Alsace à Izieu en Rhône-Alpes.
Cyclotourisme sur route[modifier | modifier le code]
Traversée du massif des Vosges[modifier | modifier le code]

La Traversée du massif des Vosges a été découpée en quatorze étapes sur la partie alsacienne du massif, lesquelles sont regroupées suivant qu’elles se situent dans les Vosges du Nord, les Basses-Vosges alsaciennes et les Hautes-Vosges[238]. La traversée inclut intentionnellement la découverte des sites historiques et les anciens territoires souverains implantés dans le massif vosgien.

  1. Secteur du parc naturel régional des Vosges du Nord
    1. Pays de Wissembourg
    2. Vallée de la Sauer
    3. La Petite Pierre le Pays de Hanau
    4. Pays de Saverne
  2. Piémont et Basses-Vosges
    1. Pays de Wangenbourg-Engenthal, dite « Suisse d'Alsace »
    2. Vallée de la Bruche
    3. Massif du Champ du Feu et le Mont Sainte-Odile
    4. Pays du Bernstein et de l'Ungersberg
  3. Parc naturel régional des Ballons des Vosges
    1. Haut-Koenigsbourg
    2. Le Brézouard
    3. Les Lacs
    4. Les Crêtes
    5. Les Chaumes
    6. Vallée de la Thur
Les cyclomontagnardes des Vosges[modifier | modifier le code]

Les circuits traversent le parc naturel régional des Ballons des Vosges. Le plus long est celui des « Trois ballons »[239] avec 213 km ; il part du Ballon de Servance et finit à Raddon-et-Chapendu dans la région des Mille étangs, surnommée la « Petite Finlande ». Il passe par le Ballon de Belfahy, le Ballon d’Alsace et le Grand Ballon en empruntant le col Amic, le col d'Oderen et le col des Croix.

Ainsi, cette transmontagnarde donne un regard conjoint sur les versants vosgiens et alsaciens, avec un accent particulier sur le pays des Vosges saônoises.

Il existe les deux formules allégées pour des courses moins exigeantes et confirmées : « 2 ballons » ou « 1 ballon ». En 2004, 687 coureurs avaient pris le départ de cette cyclomontagnarde[239]. Différentes options supplémentaires ont été ajoutées afin de toucher le plus grand public possible.

Cyclomontagnarde des Vosges celtiques[modifier | modifier le code]

La Fédération française de cyclotourisme[240] et ses responsables locaux du pays de Wangenbourg-Engenthal organisent[N 42] la cyclomontagnarde des Vosges celtiques[241] dans la partie centre-est du massif vosgien. Les Vosges celtiques font référence ici aux parties traditionnellement romanes de l’Alsace alémanique que sont les pays d’Orbey, de Villé, de Sainte-Marie-aux-Mines ou de Schirmeck. On y parlait autrefois des patois lorrains de la sous-famille vosgienne que l’on nomme « welche » dans certains secteurs car les Alsaciens germanophones tout comme les Allemands désignent tout locuteur de langue romane un « Welsche » par opposition aux « Tudesques » de l’ancien français.

La Voie verte[modifier | modifier le code]

Les syndicats d’initiative de la vallée de la Moselotte ont institué la « Voie verte » qui relie Remiremont à Cornimont avec une extension possible vers La Bresse[242]. La vallée de la haute Moselle s’y associe en proposant une variante vers Bussang en partant de Remiremont. Le balisage se compose de trois panneaux différents pour différencier les niveaux familial, entraîné ou confirmé.

Randonnées en VTT[modifier | modifier le code]

Dans sa globalité, le massif vosgien permet aux vététistes de pratiquer leur sport soit de manière personnelle, soit en passant par les structures associatives encadrées ou non par la Fédération française de cyclisme. Quelques événements suprarégionaux attirent les amateurs de cette discipline, mais les randonneurs pédestres croisent également des vététistes isolés sur les sentiers balisés par le Club vosgien, notamment dans les zones où il n’y a pas de station de la FFC. Le balisage VTT est le plus souvent identique à celui des autres régions de France. Le « Trophée du cerf » à Walscheid a néanmoins son propre balisage avec des bois de cerf ; la section du Club vosgien de Soucht qui a balisé des parcours VTT avec l’anneau habituellement utilisée par le Club vosgien pour les randonnées circulaires.

Stations labellisées FFC[modifier | modifier le code]

La fiche des sites pour le massif des Vosges[243] suivis par la Fédération française de cyclisme indique neuf stations formant l’espace VTT des Hautes-Vosges côté lorrain :

  1. Gérardmer ;
  2. La Bresse ;
  3. Xonrupt-Longemer ;
  4. Ventron ;
  5. Bussang ;
  6. Saint-Maurice-sur-Moselle ;
  7. Le Valtin ;
  8. Cornimont ;
  9. Liézey.

Elles proposent dix parcours verts, quinze bleus, dix-sept rouges et deux noirs. S’y ajoutent trois pistes d’endurance et d’entraînement de 21 km. Cela représente 44 parcours et 548 km en tout.

En Alsace, le Haut-Rhin s’organise autour de :

L’équivalent du sentier de grande randonnée pédestre (GR) est dans la discipline du VTT la Grande Traversée (GT). Il n’existe à l’heure actuelle aucune GT du massif des Vosges qui soit labellisée par la Fédération française de cyclisme. La plus proche qui démarre à Montbéliard est la GTJ (Grande traversée du Jura).

Dans le Bas-Rhin, il n'existe qu'une seule base VTT de la FFC dans le pays de la Petite Pierre[247]

Comme pour la randonnée pédestre et avec la généralisation des portables multifonctionnels et connectés, la plupart des parcours disposent de fichiers GPX du tracé pour une plus grande commodité dans le repérage sur le terrain.


Parcours et animations associatives dans le massif du Donon[modifier | modifier le code]
  • Trophée du Cerf à Walscheid : Walscheid dans le pays de Sarrebourg organise depuis plusieurs années dans les Basses-Vosges, massif du Donon, des randonnées à VTT plus ou moins familiales suivant le niveau du circuit[248]. Les circuits (10, 30 ou 40 km) démarrent le plus souvent dans la vallée de la Bièvre et montent dans le massif gréseux aux rochers de poudingue pittoresques comme le rocher surplombant le col du Hohwalsch.
  • Circuit des Roches à Abreschviller : bien que situé dans les Basses-Vosges à l’attitude moyenne, les organisateurs de ces parcours réservent le circuit des Roches aux vététistes confirmés en raison de quelques passages techniques plaçant le parcours (longueur 32 km, dénivelé 620 m, durée de 4 h) dans la catégorie des difficiles.


Autres activités de plein air[modifier | modifier le code]

Le vol libre (principalement en parapente) est particulièrement développé dans le massif des Vosges qui se prête à cette activité. Des épreuves de la coupe du monde et les compétitions comptant pour le championnat et la coupe de France[249] s'y sont déroulés à plusieurs reprises notamment sur le site du Trehkopf-Markstein[250].

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Géologie et nature

Approche géographique et historique

  • Collectif, Parc naturel régional des Ballons des Vosges, Nouveaux-Loisirs, coll. « Guides Gallimard »,‎ , 192 p. (ISBN 2742405631)
  • Christophe Courau, Nathalie Moreau et Francine Pigelet-Lambert, Vosges, Hachette, coll. « Guide évasion »,‎ , 302 p. (ISBN 9782012404953)
  • Marie-José Laperche-Fournel, La représentation du massif vosgien (1670-1870) : entre réalité et imaginaire, L'Harmattan, Paris, 2013, 250 pages (ISBN 978-2-343-00540-9)
  • Damien Parmentier, Michel Laurent et Christophe Voegele (photographes), Vosges. Massif d'histoire, terre de liberté, La Nuée Bleue, DNA Strasbourg, 2007, 180 pages (ISBN 978-2-7165-0667-0)
  • Damien Parmentier, Le massif des Vosges, Alsace, Franche-Comté et Lorraine, éditions Ouest-France, Rennes, avril 2011, 180 pages (ISBN 978-2-7373-5078-8)
  • Jean-Robert Zimmermann, Les Vosges, Merveilles de la nature : De Saverne au Ballon d'Alsace, des Mille-Étangs au Donon, Éditions Place Stanislas,‎ , 149 p. (ISBN 978-2-35578-036-3)

Approche ethnographique et photographique

  • Joël Couchouron, pour sa série de 64 cartes postales Les Vieux Métiers, primée à Nantes en 1988, mais aussi ses livres à imagerie vosgienne, à nombreuses rééditions, Sapois/Vagney, intitulés La vie paysanne dans les Vosges, Vie à la Ferme dans les Hauts, Gens de la Montagne, Ainsi va la vie, Les Vosges à portée de main, Scènes paysannes, etc.

Randonnée pédestre

  • Guide du Club Vosgien, opus en quatre volumes, Strasbourg, réédition 1998.
  • Didier Cornaille, Promenades et randonnées dans les Vosges, du Fleckenstein au Ballon d'Alsace, Guide randonneur no 1, MA Éditions, Solar, 1991, 128 pages (ISBN 2-263-01744-5) [pour cavaliers, avec interprétation teintée d'imaginaire folklorique occidentale, mais souvent éloignée des faits historiques ou des divers imaginaires vosgiens]
  • Jean-Louis Keller, Ballades à pied Alsace et Vosges, 6° édition, DNA La Nuée Bleue, Strasbourg, 1999 (ISBN 2-7165-0334-6)
  • Paul Keller, Les Vosges pittoresques, édition Salvator, Mulhouse, 1982, 164 pages. Préface de Jean Braun, président du comité central du Club Vosgien.(ISBN 2-7067-0074-2) [Ouvrage focalisé sur le nord du Massif des Vosges]
  • Jean-Luc Theiller (texte), Jean-Luc Maire (photographie), Découvrir l'Alsace et les Vosges en marchant, éditions Franck Mercier, Annecy, 1998, 214 pages (ISBN 2-86868-140-9)
  • Daniel Wenger, Sur les sentiers vosgiens, édition Salvator, Mulhouse, 1971, 230 pages.
  • Daniel Wenger, Mes balades préférées dans les Vosges, La Nuée bleue, DNA Strasbourg, 2009, 158 pages (ISBN 978-2-7165-0751-6)
  • Jean-Luc Theiller, Gîtes et refuges dans les Vosges, éditions Coprur, Balades & Loisirs, Strasbourg, 1994, 192 pages (ISBN 2-903297-98-3)

Ski

  • Jacques Dieterlen, Les fils de la neige, histoire de skieurs, édition de la revue du ski, Strasbourg, 1936.
  • Neige dans les Vosges, Dernières Nouvelles d'Alsace, 1953, 32 pages.
  • Associations départementales de Tourisme (Vosges, Haut-Rhin), Sports d'hiver dans le massif vosgien, Loos, Paris Saint-dié, 1962.(Liste d'hôtels, calendrier de compétition).
  • Fédération Française de ski, comité régional des Vosges, Ski dans les Vosges (Annuaire 1969-1970), saison 1969-1970, Mulhouse, 128 pages.
  • Jean Steiner, Dix ans de ski dans les Vosges, Épinal, 1981, 112 pages (préface de Gaston Currien).
  • Documentaire vidéo de J.A. Raynaud, Ski de fond, Scope 2, 1981.
  • Carte de randonnées de ski de fond : Massif du Donon, carte au 1/25000°, Au Source de la Plaine, 1983.
  • Le ski dans les Vosges, Journal de la chambre de commerce et d'industrie des Vosges, no 199, janvier 1984.
  • Alain Morley, Skier dans les Vosges, Guide poche DNA, La Nuée Bleue, Strasbourg, 1990, 45 fiches (soit autant de stations, 240 pistes, 220 circuits) (ISBN 2-7165-0228-5).
  • Grégoire Gauchet, Un siècle de ski dans les Vosges, La Nuée bleue, DNA, Strasbourg et éditions de l’Est, Nancy, 2001, 112 pages (ISBN 2-7165-0495-4).
  • Laurent Wahl, « Névés, corniches et risque d’avalanche dans les Hautes-Vosges », Revue géographique de l'Est.
  • Francis Gueth, « Éléments pour une histoire ancienne de l'enneigement et des avalanches dans les Vosges », Dialogues Transvosgiens, no 16, 2001, page 9

Autres sports

  • Anne et Jérôme Renac, 30 ballades à raquettes dans les Vosges, du Donon au Ballon d'Alsace, édition Didier Richard, 2006, 80 pages (ISBN 2-7234-5167-4)
  • Yannick Dissart, Pierre Argand (expert sécurité), Escalades dans les Vosges, guide édité par le comité départemental de la Fédération Française de Montagne et d'Escalade des Vosges, 165 pages (ISBN 2-9511364-0-4)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Également appelé Ballon de Giromagny, Ballon des Vosges, Ballon rouge et Ballon welche (Welscher Belchen) Curt Mündel, Die Vogesen, BoD,‎ , 586 p. (ISBN 3846025518 et 9783846025512), p. 493
  2. Dans le langage courant, on l'a aussi appelé « le Ballon de Lorraine » (Dreyfus et Berthelot 1886, p. 162).
  3. Appelé Ballonköpfel par les marcaires germanophones de vallée Saint-Nicolas, le Ballon de Guinon est à 1 069 m.
  4. Les plus souvent cités sont D'Arbois de Jubainville, Pokorny, De Vries, Guyonvarc'h , Le Roux ou encore Boyé
  5. Il y aurait la similitude avec le sanskrit bálam (force) ou le grec βελτίων (beltiôn, le meilleur, mieux)
  6. Lyon, « Lugdunum », est la forteresse de Lug par exemple
  7. Le graben ou fossé rhénan continue à être efficace comme fossé d'effondrement, mais il n'a jamais évolué en véritable zone de dissociation latérale sous forme de rift.
  8. La définition du massif vosgien diverge selon les perceptions des uns et des autres. Pour cette partie historique, nous nous référons aux textes officiels qui définissent les limites du territoire du massif vosgien par décret. C'est le cas de la loi du 9 janvier 1985 qui énumère en annexe toutes les communes du massif et du piémont, dans: Valérie Peneau (Inspectrice générale), Georges Friedrich (Inspecteur général), Bertrand Creuchet (Inspecteur général), Gérard Lebourdais (Ingénieur général) et Claude Sardais (Inspecteur général des finances), Bilan de la loi du 9 janvier 1985 relative au développement à la protection de la montagne, Inspections générales des finances, de l’administration, de la jeunesse et des sports,‎ (lire en ligne [PDF]), chap. 1.2 (« La loi du 9 janvier 1985 est une loi innovante et ambitieuse »).
  9. Ce sont les Anglais qui ont apporté cet esprit d'activité sportive en pleine nature, mais aussi l'esprit de compétition et de challenge à relever. Les courses, ascensions de sommets mythiques et les raids d'aventuriers anglais en Suisse ou les premières compétitions de ski en Amérique en 1863 à Table Rock entre les personnels de la Firma Wolf & Co et Pocahontas Mining Company illustrent bien ce phénomène. D'ailleurs, les ouvriers d'origine allemande étaient bien représentés dans cette compétition
  10. L'Autrichien Wilhelm, baron de Wagenheim, publie Die norvegischen Schneeschuhe (Les skis norvégiens) en 1892, considéré comme le premier manuel de ski en langue allemande. La même année, Fritz Breuer publie une Anleitung zum Schneeschuhlaufen (Introduction à la pratique du ski) et Max Schneider sort Das Schneeschuhlaufen und seine Verwendung für Jagd, Sport und Verkehr (La pratique du ski et son usage pour la chasse, le sport et le transport). En 1893, c'est la sortie en français du livre de Fridtjof Nansen ; Theodor Neumayer publie Praktische Anleitung zur Erlernung des Schneeschuh Laufens für Touristen, Jäger, Forstleute und Militär (Consignes pratiques pour apprendre la pratique du ski à l'intention des touristes, des chasseurs, des foresteirs et des militaires ; en 1896, Fritz Huitfeldt publie à Christinia Lærebog i Skiløbning (Manuel pour apprendre le ski) et Mathias Zdarsky sort son célèbre Lilienfelder Skilauftechnik (Technique de ski Lilienfeld)
  11. Une photo de la lettre de Nansen est visible sur le site du ski-club de Todtnau, se reporter à (de) Histoire du ski-club de Todtnau
  12. Il se félicite de cette fondation en ces termes: « Votre lettre m'a extraordinairement fait plaisir, mais j'ai été aussi ravi de voir que la pratique des chaussures à neige démarre dorénavant aussi en Forêt-Noire avec un franc succès. Et je suis convaincu que les ski se montreront d'une grande utilité pour favoriser la bonne forme et la fraîcheur de l'esprit. » (Hess)
  13. Pour ne citer que quelques exemples : En 1887, l'ingénieur-forestier Lizius fait ses tournées au Walchensee à ski - Lizius est le premier à gravir à skis le Hoher Heimgarten dans les Préalpes bavaroises (1 790 m d'altitude), cf. (Mehl 1964) ; en 1887, le garde-forestier Stockhausen fait son travail à ski dans le Sauerland, cf. (Polednik 1969) ; en 1887, le garde-forestier H. Schollmayer écrit un manuel d'apprentissage du ski en Carniole, cf. (Polednik 1969) ; en 1887, l'ingénieur-forestier Arthur Ulrich aide l'instituteur du village Karl Strauß à introduire le ski à l'école primaire de Braunlage pour remplacer le cours de gymnastique de la belle saison, cf. (Mehl 1964)
  14. En 1881, le Salon international de la chasse de Clève[Où ?] invite des skieurs norvégiens à venir faire une démonstration au Salon. En 1887, le comte Harrach, fieffé en Bohême, équipe ses chasseurs avec des skis scandinaves, cf. (Polednik 1969)
  15. Quelques exemples entre autres sont : 1° Docteur Alexander Spengler, co-fondateur du sanatorium de Davos,expérimente ses skis scandinaves en 1813, cf (Polednik 1969) ; 2° En 1884, le docteur W. Offermann fait connaissance avec le ski en Thuringe, mais il est muté à Strasbourg en 1889. C'est avec le club de cette ville qu'il fait la connaissance du ski-club de Todtnau en Forêt-Noire en 1892, cf. (Ulmrich 1992) ; 3° Le docteur Tholus, médecin généraliste de Todtnau, ramène des skis de Norvège et fera pendant l'hiver ses visites de patients dans les fermes isolées en chaussant les skis à partir de 1889, cf. (Mehl 1964).
  16. 1° En 1891, Georg Helfreich, secrétaire d'ambassade à Saint-Pétersbourg, a appris le ski façon finlandaise avec son ami peintre munichois, Robert Bütger. Ils sont également patineurs sur glace. Ils créent une association sportive à Saint-Pétersbourg avec des émigrés allemands, scandinaves et anglais. Les compétitions qu'ils organisent sont avec des skis finlandais, dits kajana, de 3 m de longueur, en bouleau et pin. Quand Bütger revient à Munich en 1889, il commande des skis finlandais pour les membres du club de patineurs de la ville, 5 ans avant la création du ski-club munichois. Polednik 1969, p. 342-343 ; 2° Le secrétaire d'ambassade, puis vice-consul français Raymond Pilet, du ski-club de Colmar, en poste à Heidelberg,Breslau et Cracovie fait la première ascension à ski du Feldberg le 8 février 1891, le plus haut sommet de Forêt-Noire.
  17. On peut citer : 1° Wilhelm Paulcke, géologue et pionnier du ski alpinisme, qui a fait le premier raid à ski connu en 1897 où il traversa l'Oberland en Suisse. Il est arrivé à Davos à l'âge de 8 ans ; Le ski-club de Salzbourg fait venir un ingénieur suédois pour une conférence sur le ski en 1888, (Mehl 1964).
  18. L'un des créateurs du ski-club de Todtnau est procureur ; Raymond Pilet a fait des études de droit et sera chargé du vice-consulat de Breslau en 1900
  19. On peut citer entre autres : 1° Le journaliste J.F. Baddeley fondateur du ski-club de Saint-Pétersbourg ; le chef d'entreprise Victor Sohm, développeur de la technique Arlberg et maître de Hannes Schneider ; les guides de haute montagne comme {{:en:Fritz Steuri}}, co-fondateur du ski-club de Grindelwald
  20. Mathias Zdarsky est Tchèque, mais il travaille en Basse Autriche ; le premier fabriquant de skis en Europe centrale est Franz Baudisch, il vient des Monts des Géants, mais travaille en Bohême ; Paulcke de Leipzig suit ses parents partis travailler à Davos, il reçoit des skis de sa gouvernante norvégienne (cf. (Senger 1941)) ; le consul Pilet travailla longtemps en Europe de l'Est, puis rencontra par hasard des gens désireux d'appendre le ski en de Forêt-Noire ; Spengler est né en Rhénanie, mais œuvrera surtout à Davos ; Dr Offermann est de Thuringe, puis il s'installe en Alsace. Robert Bütger travaille à Saint-Pétersbourg, mais revient partager ses expériences à Munich ; Guts Muths enseignera le ski en Thuringe ; Victor Sohm est originaire du Vorarlberg, mais il voyagea beaucoup dans le monde pour ses activités commerciales, notamment pour le développement du ski ; enfin, les nombreux Norvégiens qui viennent faire des démonstrations ou s'installent comme moniteur de ski dans toutes les régions d'Europe centrale et aux États-Unis, comme Mensen à Schweinfurt, cf.(Polednik 1969), Thorsteinson dans la Sierra Nevada, cf. ((Polednik 1969)), les frères Hemmestveidt, cf.(Mehl 1964) ; l'Anglais John F. Baddeley, aventurier et correspondant du London Standard à Saint-Pétersbourg, crée le ski-club de Yukki, proche de Saint-Pétersbourg, avec des marchands expatriés anglais en 1883 (cf. Site officiel de la Fédération internationale de ski).
  21. On comprendra ici la partie allemande du massif de 1871 à la Grande Guerre, avec les clubs de Strasbourg, Colmar, Mulhouse.
  22. « Todtnau in the Black Forest became a major ski producing town. In 1895 it sent skis to a Frenchman who founded the Ski Club of Bruyères. »
  23. Il est consul de France à Breslau de 1894 à 1897, puis à Cracovie de 1897 à 1914 (cf. Journal officiel de la République française, lois et décrets 1911/07/29, année 43, no 203) et part à la retraite par décret du 9/9/1912 Archives diplomatiques, Recueil de diplomatie et d'histoire, vol. III, Klaus Reprint,‎ , chap. 52, p. 195}.
  24. Plus tard, Breuer dira sur sa rencontre avec Pilet :« Wir lernten bei Monsieur Pilet sachgemäßes Skilaufen. » (Hess et 1981)
  25. Fritz Breuer, Oskar Faller, Carl Schlimbach, deux Karl Thoma et Karl Thoma, Rudolf Thoma
  26. Le site du Feldberger Hof comporte une partie historique en langue française sur: Histoire du ski-club de Todtnau
  27. Une école de ski alpin a été créée le 7 décembre 2008 à Nagai au Japon qui, en l’honneur du pionnier de Forêt-Noire, a été nommé Nagai – Ski-Köpfer. Le ministre de l’économie de Bade-Wurtemberg Ernst Pfister fut présent à l’inauguration ainsi que le petit-fils d’Ernst Köpfer, cf. Ministère de l'économie de Bade-Wurtemberg, « Wirtschaftsminister gratuliert japanischen Skifreunden zur Gründung der alpinen Skischule Nagai – Ski-Köpfer », Service de presse du Bade-Wurtemberg,‎ (lire en ligne).
  28. Son petit-fils Walter Strohmeier organise des conférences sur l'histoire des skis Köpfer.
  29. L'aubergiste Robert Winterhalder de Schollach eut l'idée de transformer son câble pour transporter les sacs de farine de la vallée à sa ferme-auberge sur le sommet en remonte-pente (SWR 2014)
  30. Contrairement au Feldberger Hof qui est resté jusqu'à aujourd'hui au même endroit malgré les aménagements successifs, le refuge du Grand Ballon a connu plus de vicissitudes: Le 29 juillet 1877, le refuge Gasthaus Belchenkopf est en ruine, vandalisé. Le 18 juin 1888, un hôtel ou la maison du Grand Ballonest reconstruit à un autre endroit. En 1896, M. Althoffer passe la gérance à Edouard Wolf, surnommé le Belchenwolf. Le 7 octobre 1906, l’hôtel est agrandi , il appartient dorénavant au Club vosgien, mais il est en ruine en 1918. À l’été 1919, dans la « baraque Wolf », on procède à la recréation du CV Guebwiller en 1921. Le 10 juin 1923, le nouvel hôtel du Grand Ballon est encore une fois construit à un autre endroit, versant nord - géré par la société anonyme des grands hôtels du Markstein . Wolf part au Markstein et crée son propre refuge, puis un hôtel. cf. Histoire de la maison du Grand Ballon
  31. Furent réputés francophiles à tort ou à raison Les Vosges Trotters, de Mulhouse et Colmar, les Amis de la nature, le Club alpin.
  32. Furent réputés germanophiles à trot ou à raison le Ski-club Hochvogesen, le Ski-club de Strasbourg, le Akademischer Ski Club Mühlhausen et Straßburg, le Club vosgien
  33. Le costume comporte une chemise en flanelle, une veste de chasseur, un « bâton de touriste », un « pantalon de touristes », des guêtres, des chaussettes en laine de chèvre et un bonnet.(Hess 1981, p. 2)
  34. Son nom deviendra Philomatische Gesellschaft von Elsass-Lothringen après l'annexion de 1871 et son activité se concentrera essentiellement sur l'aspect scientifique, in: (Stumpp 2013)
  35. Mot vosgien du patois de la montagne désignant un passage que l'on fait dans la neige dès qu'elle arrête de tomber. En raison de l'habitat isolé du massif vosgien, chaque fermier s'occupe de faire la frayée sur son domaine avec un âne, un bœuf ou un cheval. Il ne fait que le stricte nécessaire. En ville, chacun prête son attelage pour que les rues soient déblayées. On dit aussi faire la brisée dans le patois de la montagne.
  36. La carte postale ancienne Bruyères-en-Vosges - Sports d'hiver, patinage sur le lac de Pointhaie, no 189 de l'édition Guerre-Briot, est un exemple de ces photographies sur lac gelé comme à Gérardmer.
  37. Ce sont pour les régiments d'infanterie : 23e, 35e, 42e, 44e, 133e, 49e, 52e ; pour les bataillons de chasseurs à pied : 3e, 5e, 10e, 15e et le 21e [Historique des troupes alpines de 1888-1914]
  38. Cela impliquait l’interdiction de construire des routes et des maisons au-dessus d’une certaine altitude, la lutte contre le mitage par le renforcement des Plans d’occupation du sol. L’élaboration d’un P.O.S. est rendue obligatoire dans les stations touristiques classées et dans les zones périphériques des parcs naturels. Difficiles à mettre en œuvre, ces P.O.S. seront remplacés par les Zones d’Environnement Protégé́ (Z.E.P.). De plus, la mise en place de la procédure U.T.N. (Unité Touristique Nouvelle) fut décidée pour maîtriser le développement des stations de sports d’hiver.
  39. Il compte environ 100 km de pistes, dont 60 balisées et damées, et un stade de biathlon.
  40. Le site officiel du Conseil général explique que la station a été dotée d’un engin de damage Kassbohrer PB100, d’un scooter de neige avec remorque, un quad avec remorque et tous les outils nécessaires au débroussaillage
  41. Il y a néanmoins un plafond de 400 heures pour tout l’hiver
  42. « Calendrier des randonnées » (consulté le 30 mai 2015)

Références[modifier | modifier le code]

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  60. a et b Wahl, Planchon et David 2007, p. §27
  61. « Malgré cela le névé du Schwalbennest n’a persisté que jusqu’au 20 juillet, en raison d’une fin de printemps assez pluvieuse et d’un mois de juillet très chaud »
  62. a et b Guy de Germiny, Seigneurs de montagne : mouflons, bouquetins et chamois du monde entier, Le Gerfaut, 1er janvier 1998, p. 124
  63. a et b Revue scientifique de 1872 provenant de l'Université de Californie[réf. incomplète], p. 828 : « Le musée d'histoire naturelle de Colmar possède une paire de cornes provenant d'un bouquetin, Ibcæ alpinus, qui a été tué en 1798 dans le val de Munster, au Würzelstein, près de la Schlucht. »
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Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

48° 00′ N 7° 00′ E / 48, 7