Prague

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Prague
Blason de Prague
Héraldique
Drapeau de Prague
Drapeau
Prague
Vue de Malá Strana depuis la tour du pont Charles, avec le château de Prague en arrière-plan.
Administration
Pays Drapeau de la République tchèque République tchèque
Région Ville-capitale de Prague
Maire
Mandat
Zdeněk Hřib (Parti pirate)
2018-2022
Code postal 100 00 à 199 00
Démographie
Gentilé Pragois
Praguois (moins courant)
Population 1 294 513 hab. (2017)
Densité 2 610 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 05′ 16″ nord, 14° 25′ 14″ est
Altitude Min. 177 m
Max. 399 m
Superficie 49 600 ha = 496 km2
Divers
Fuseau horaire UTC+1 (heure d'hiver)
UTC+2 (heure d'été)
Localisation

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Liens
Site web www.praha.eu

Prague (prononcé [pʁag] ; en tchèque Praha [ˈpra.ɦa]) est la capitale et la plus grande ville de la République tchèque, en Bohême. Elle est traversée par la Vltava (Moldau en allemand) et compte 1 294 513 habitants en 2017.

Située au cœur de l'Europe centrale, Prague est l'ancienne capitale du royaume de Bohême, du Saint-Empire romain germanique et de la Tchécoslovaquie, périodes historiques qui ont durablement marqué les lieux : la « ville aux cent tours » témoigne d'une richesse architecturale mêlant les styles préroman, roman, gothique, baroque, rococo, Art nouveau et cubiste. En 1968, le Printemps de Prague et l'écrasement du « socialisme à visage humain » par les troupes de l'URSS et du Pacte de Varsovie ont profondément marqué les Pragois et inspiré la culture des années 1960-1980. Depuis 1992, le centre ville historique est inscrit sur la liste du patrimoine mondial par l'UNESCO.

Affaiblie par un demi-siècle de régime communiste, Prague bénéficie d'une économie extrêmement dynamique portée par le secteur tertiaire et le tourisme, ce qui en fait la septième région la plus riche de l'Union européenne, au taux de chômage le plus faible (1,7 % en 2017).

Sommaire

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Prague, en tchèque Praha, a une origine incertaine[RP 1]. La mention la plus ancienne de ce toponyme vient du récit d'un marchand arabe du Moyen Âge, Ibrahim-ibn-Jacob, qui aurait visité la région autour de 965. Il la nomme Farāga et en donne la description suivante : au bord d'un fleuve, plus petite qu'une ville mais plus grande qu'un village avec, sur une hauteur, la présence d'une grande citadelle fortifiée[O 1].

L'une des théories relatives à l'étymologie du nom renvoie à la racine práh, provenant du verbe prahnout (« se dessécher, être sec ») : la ville tirerait son nom d'un « endroit sec, séché, brûlé par le soleil ». Cet endroit sec pourrait être l'emplacement du château – la « grande citadelle fortifiée » dont parle Ibrahim – rendu constructible par la déforestation des lieux par le feu ou parce que le promontoire était dénué de végétation[RP 1].

Cependant, en tchèque moderne, práh signifie également « seuil », tant au sens de la pièce de bois ou de pierre marquant l'entrée d'une maison que de celui de « gué » ; le terme est issu de la vieille racine slave praga, que l'on retrouve dans le toponyme de Praga, un quartier de Varsovie[O 2]. Prague tirerait donc dans cette hypothèse son nom de sa localisation près d'un gué de la Vltava. Plus tard, la légende de Libuše, souveraine mythique du peuple tchèque et fondatrice de la ville[RP 2], raconte que celle-ci aurait prophétisé l'endroit où Přemysl, simple laboureur devenu son mari puis roi de Bohême, aurait posé le seuil de sa maison[O 3].

Prague est également connue sous le surnom de Ville aux cent clochers ou Ville aux cent tours[RP 3],[GV 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Prague se situe au cœur de l'Europe centrale : elle est, selon un axe nord-sud, à mi-distance entre les mers Baltique au nord et Adriatique au sud, respectivement situées à 450 km (Świnoujście, Pologne) et 500 km (Trieste, Italie) et selon un axe est-ouest à mi-distance de l'Océan atlantique à l'ouest et de la mer noire au sud-est, situés tous deux à 1250 km (Saint-Nazaire, France et Constanța, Roumanie) (distances orthodromiques). Elle est en outre située à 250 km de Vienne et 300 km de Berlin, les grandes capitales voisines, et à 200 km de Brno, la seconde ville du pays[1].

À l'échelle nationale, la ville est située sur les rives de la Vltava, à l'ouest de la Tchéquie, au centre de la Bohême. Cette région forme un ensemble géographiquement délimité que l’on appelle parfois le « quadrilatère de Bohême » et correspondant au bassin de l’Elbe. D’origine hercynienne, il s’agit d’un grand plateau granitique et gneissique encadré par plusieurs chaînes montagneuses. Au sud-ouest, le massif de la Šumava, très arrosé et couvert de forêts, est consacré à l’activité agrosylvopastorale ; au nord-ouest, les monts Métallifères (Krušné Hory), hautes terres cristallines recelant de filons métallifères, dominent de vastes cuvettes emplies de charbons et de lignites et des plateaux volcaniques où naissent les sources thermales de Karlovy Vary ou Mariánské Lázně ; au nord, les monts des Géants (Krkonoše) culminent à 1 600 m ; enfin, à l’est, le massif tchéco-morave est de plus faible altitude et ouvre sur la Moravie[2].

Avec une superficie de 496 km2, Prague est une ville très étendue dont l'urbanisation est très hétérogène : centre historique hautement densifié, cités-dortoirs telles des « villes dans la ville » ou périphérie quasi-rurale[RP 4].

Climat[modifier | modifier le code]

Prague possède un climat continental humide (climat Dfb selon la classification de Köppen)[3], un type de climat marqué par d'importants écarts saisonniers de température et des précipitations tout au long de l'année. À Prague, la saison estivale (de mai à août) est la période la plus touchée par les précipitations. Les hivers y sont froids mais relativement secs alors que les étés sont chauds et orageux[4].

Les records enregistrés sont de 37,8 °C le 27 juillet 1983 et −27,6 °C le 1er mars 1922, avec une moyenne annuelle de 10,8 °C (données enregistrées sur la période 1981-2010)[5].

Relevé météorologique de Prague
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −2,4 −1,8 1,5 5,1 9,7 12,7 14,5 14,2 10,5 6,4 2,1 −1,1 6,8
Température maximale moyenne (°C) 2,6 4,4 9,1 15,1 20,3 22,8 25,3 25,1 19,9 14,2 7,2 3,4 14,1
Précipitations (mm) 56,9 18,7 25,7 23,6 53,2 56,9 64,4 60,4 34,5 23,6 28,3 25,3 435
Nombre de jours avec précipitations 5,7 5,3 6,6 5,8 8,5 9,4 8,9 8,4 7,3 5,5 7,1 5,9 84,4
Source : Organisation météorologique mondiale[6]


Site[modifier | modifier le code]

Divoká Šárka, site naturel à l'ouest de Prague, incorporé au périmètre municipal.

Situé presque au centre géographique du « quadrilatère de Bohême », de part et d'autre de la Vltava, le site de Prague rassemble différents paysages typiques de la Tchéquie : au sud, une vallée encaissée par où coule la rivière, au pied du rocher de Vyšehrad ; à l'ouest un plateau calcaire où essaiment de multiples villages sous la protection de la citadelle, elle-même construite sur un éperon rocheux délimité par un profond ravin au nord et une falaise vertigineuse au sud ; à l'est, une grande plaine sensible aux crues, s'élevant progressivement, mais ayant permis de par son étendue le développement d'un important centre urbain. La Vltava est un véritable trait d'union commercial permettant l'approvisionnement tant en ressources méridionales comme le bois ou le sel qu'en productions de la plaine fertile de l'Elbe située au nord de la ville. Ce site est donc, pour l'architecte Christian Norberg-Schulz, « prédestiné à une implantation urbaine »[GV 2].

La ville historique s'étend sur les deux rives de la rivière et est enserrée entre plusieurs collines : celles de Petřín et du Hradčany à l'ouest, de Vyšehrad au sud ou encore de Letná au nord, cette dernière étant à l'origine d'un méandre de la Vltava[GV 2]. Onze îles, dont la plus grande est l'île impériale au nord[RP 5], jalonnent le parcours de la rivière[RP 6].

Panorama de la ville : vue sur les toits de la ville avec la rivière qui coule en son centre.
Panorama de Prague vu depuis le belvédère de Petřín.

D'une superficie de 496 km2, la commune compte 197,2 km2 de surface agricole dont 142,2 km2 de terres arables, 39,5 km2 de jardins, 9,3 km2 de prairies permanentes et 6 km2 de vergers. Parmi les zones non-agricoles, on compte 51,9 km2 de forêts, 11 km2 de milieu aquatique et 50,2 km2 de surfaces urbanisées[CZSO 1].

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Planche topographique de Prague par Merian, XVIIe siècle. Les quartiers du Hradschin et de Malá Strana à l'ouest, de Staré Město et de Nové Město à l'est sont bien visibles et délimités.

Le centre-ville historique de Prague s'étend sur les deux rives de la Vltava. La vieille ville, Staré Město, se situe en rive droite au creux d'une boucle de la rivière, cernée par les boulevards qui ont remplacé les fortifications. Elle est connue pour son dédale de rues et de places d'où de nombreux édifices baroques en émergent, au milieu d'une myriade d'églises d'origine très ancienne. C'était historiquement la ville des bourgeois, des commerçants, des artisans et des marchands, où a été fondée l'Université historique de la ville en 1348, en contraste avec la citadelle des souverains et du quartier aristocratique de Malá Strana qui domine la ville sur la rive gauche[GV 3]. Au cœur du quartier de la vielle ville se trouve l'ancien quartier juif de Josefov, avec ses synagogues et son célèbre cimetière aux tombes de guingois, ultimes témoins de ce qui était le cœur d'une des plus importante communautés juives d'Europe[GV 4].

La rive gauche regroupe les quartiers anciens de Malá Strana, « le petit côté », et du Hradschin (Hradčany), autour du château. Bordée par la rivière et la colline de Petřin, protégé par le château, Malá Strana a su conserver son apparence du XVIIIe siècle. Le quartier compte nombre d'églises, demeures aristocratiques et palais baroques ou rococo. L'habitat s’y densifie au mitan du XIIe siècle à la suite de la construction d'un premier pont de pierre sur la Vltava, le pont Judith. Au XIIIe siècle, le roi Ottokar II reprend en main l'édification disparate du quartier, en expulse les juifs et y encourage l'installation d'artisans et de marchands venus du nord de l'Allemagne. Puis la noblesse y fait construire de somptueux palais au cours des XVIe et XVIIe siècles, du fait de la proximité de la citadelle impériale. Malá Strana devient dès lors un quartier avant tout aristocratique avant que la noblesse ne se tourne vers Vienne au XIXe siècle[GV 5]. Le Hradschin est le plus petit des quatre bourgs historiques de la ville. Ce quartier s'étend vers l'ouest à partir du château, le long d'un éperon rocheux dominant Malá Strana. Peu développé, il n'a pratiquement pas évolué depuis le XVIIIe siècle. Jusqu'au XIIIe siècle, le Hradschin est un secteur boisé traversé par la route reliant le château à Nuremberg. Le quartier se développe lentement à compter du Moyen Âge, à l'intérieur des fortifications : les artisans en sont peu à peu évincés par la noblesse[GV 6].

Bien plus étendue que le centre ancien, la nouvelle ville, Nové Město, s'articule autour de celui-ci en rive droite, au-delà de l'ancienne ceinture de fortifications reconvertie en boulevards. Le qualificatif de nouveau renvoie au Moyen Âge lorsque l'Empereur Charles IV a fait aménager les lieux au milieu du XIVe siècle. Celui-ci souhaitait en faire la capitale du Saint-Empire romain germanique : il s'agit de l'un des plus remarquables projet d'aménagement urbain de l'Europe médiévale. La vieille ville est alors surpeuplée, insalubre, les tanneries y côtoient les forges, les brasseries ou encore les abattoirs alors que l'Empereur souhaite y fonder une université. Ce n'est qu'au XIXe siècle, avec la démolition des fortifications, que Prague s'étendra au-delà des limites urbaines de 1347[GV 7].

Ces quatre quartiers ont été unifiés au sein de la « Ville royale de Prague » (Královské hlavní město Praha) en 1784 et qui s'étend à cette époque sur plus de 700 hectares et compte plus de 75 000 habitants[RP 7]. Autour de ce centre historique s'étend une ville dix fois plus étendue et plus peuplée correspondant aux quartiers urbanisés au cours des XIXe et XXe siècles, tels Smichov et Holešovice en rive gauche et Žižkov ou Vinohrady en rive droite, principalement constitués d'immeubles d'habitation, d'usines ou de bâtiments administratifs[GV 8]. La ville s'est étendue tout d'abord en 1883 et en 1884 au sud vers Vyšehrad et au nord-est vers Holešovice puis Libeň en 1901 avant que ne soit instituée la « Grande Prague » (Velká Praha) en 1922 avec l'incorporation de Žižkov, Vinohrady et de nombreux autres villages[C 1].

Žižkov est un quartier d'origine ouvrière, urbanisé à la fin du XIXe siècle du fait de l'exode rural, les paysans étant attirés par l'emploi et les conditions de rémunération offerts par les usines à gaz, les dépôts ferroviaires ou encore les fabriques diverses de ce quartier industriel. Il s'étire au pied de la colline éponyme et conserve encore au XXIe siècle un peuplement populaire, distinct de celui de son voisin Vinohrady[GV 9]. Ce quartier résidentiel est majoritairement peuplé par les classes moyennes de la ville : bien que densément bâti, il compte plusieurs parcs et est connu pour son héritage architectural de style Sécession. Au cours des XIXe et XXe siècles, le quartier accueille l'élite intellectuelle tchécoslovaque : écrivains, artistes, hommes d'affaires, politiciens, etc. Le quartier se dégrade durant la période communiste mais a depuis retrouvé sa réputation de quartier résidentiel recherché proche du centre ville[GV 10]. Lors de leur incorporation à la métropole pragoise en 1922, ils comptaient approximativement 65 000 à 70 000 habitants chacun, faisant de ces communes les troisième et quatrième villes des pays tchèques de l'époque[RP 8],[GV 9].

Enfin, par delà ces quartiers centraux et historiques s'étend le grand Prague contemporain – dont l'extension à partir de 1960 se fait principalement en 1968 puis en 1974[7] –, fait de grands ensembles (tel Hostivař, au sud-est), de secteurs résidentiels recherchés (Dejvice, à l'ouest) mais aussi de zones rurales et de petits villages, parfois distants d'une vingtaine de kilomètres de la ville centre (Točná, au sud)[GV 8].

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Réseau routier[modifier | modifier le code]

Prague est située au croisement de la quasi-totalité des axes autoroutiers tchèques, au centre d'un système en étoile en ce qui concerne les tronçons situés en Bohême. Ce réseau rayonne à partir de la capitale vers les villes de Pilsen (autoroute D5), Ústí nad Labem (autoroute D8), Hradec Králové (autoroute D11) ou encore Brno (autoroute D1), en Moravie, et de là vers l'Allemagne, la Pologne ou la Slovaquie.La ville est traversée par un périphérique intérieur incomplet (dit MO), comprenant notamment le plus long tunnel urbain d'Europe inauguré en 2015[RP 9], et est ceinturée par un périphérique extérieur (dit D0), également incomplet, connectant l'ensemble des autoroutes pragoises et dont le premier tronçon a été mis en service en 1980[8].

Les grands axes routiers européens passant par Prague sont la route européenne 50 qui relie Brest (France) à Makhatchkala (Russie), la route européenne 55 reliant Helsingborg (Suède) à Kalamata (Grèce), la route européenne 65 de Malmö (Suède) à La Canée (Grèce) et la route européenne 67 reliant Helsinki à Prague.

Le réseau routier urbain est en 2016 long de plus de 3 900 km[PTY 1] et est parcouru à hauteur de 22 millions de kilomètres par jour, à 92% par des voitures particulières ; 259 000 véhicules pénètrent en moyenne dans la ville chaque jour ouvrable[PTY 2]. Le parc automobile pragois a considérablement évolué au cours des dernières décennies et notamment depuis la chute du régime communiste en 1989. Ainsi, en 1961, la ville comptait 93 000 véhicules contre 430 000 en 1990 et plus d'un million au début des années 2010[PTY 3]. Il y a eu en 2016 22 876 accidents de la circulation – causant 21 décès – ; dans les accidents impliquant un piéton, près d'un sur deux a vu la responsabilité du piéton engagée[PTY 4].

De nombreux parcs relais ont été créés depuis 1997 (16 précisément, sur 13 sites) pour un total de 3 009 places[PTY 5].

Réseau ferroviaire[modifier | modifier le code]

Le funiculaire de Petřín.

Le réseau ferroviaire tchèque est l’un des plus développés d’Europe avec plus de 9 500 km de voies[RP 10] (contre environ 30 000 km en France[9]). Prague est le principal hub ferroviaire du pays et une étape importante sur les grands axes ferrés européens – près de 20 000 trains de fret partent ou font terminus chaque année sur le réseau pragois[PTY 6].

La ville compte 48 gares d'importances très disparates pour une circulation moyenne de 922 trains par jour[10]. Les principales gares sont la gare centrale (Praha hlavní nádraží), la gare Masaryk, puis les gares de Libeň, Vršovice et Smíchov, comptant chacune plus de 230 trains par jour en moyenne ; la gare centrale accueille plus de 28 millions de voyageurs par an et la gare Masaryk près de 13 millions[PTY 7].

La ville dispose d'un funiculaire le long de la colline de Petřín, permettant le transport de plus de 1,7 million de passagers, soit 4 800 par jour en moyenne. Il comprend deux véhicules d'une capacité de 100 personnes, le long d'une voie de 510 m de long pour un dénivelé de 130,45 m[PTY 8].

Réseau fluvial[modifier | modifier le code]

Le réseau fluvial de Prague correspond aux 30,9 kilomètres que parcourt la Vltava au cœur de la ville, interrompu par cinq écluses dont la principale est celle de Podbaba – d'une capacité de 5,2 millions de tonnes par an –, les autres écluses étant situées à Modřany, Smíchov, Mánes et Štvanice ; l'écluse de Smíchov voit le passage du plus grand nombre de navires, environ 25 000 par an. Ce réseau fluvial est aussi bien utilisé à des fins touristiques que de transport de fret ou de passagers. Ainsi, le trafic de passagers est principalement à visée touristique, plusieurs compagnies opèrent ainsi des bateaux-mouches ; les deux principales compagnies transportant plus de 500 000 touristes chaque année[PTY 9].

Le réseau fluvial est également utilisé à des fins de transport public, tant à des fins récréatives (en desservant le réseau cyclable ou les nombreuses îles) qu'en permettant les trajets domicile-travail (jusqu'à 75% des trajets en saison hivernale). Ainsi depuis 2005, six lignes de ferry ont été mises en place, deux lignes régulières et quatre lignes saisonnières. Elles transportent plus de 450 000 passagers par an, dont 210 000 pour la seule ligne de Podbaba à Podhoří, au nord de la ville[PTY 8].

Enfin, la ville compte quatre ports de fret – Radotín, Smíchov, Holešovice et Libeň – ayant permis un transport total de 467 000 tonnes de marchandises en 2016[PTY 6].

Ponts[modifier | modifier le code]

Prague, traversée par la Vltava, compte dix-sept ponts[RP 11], dont un pont exclusivement piétonnier et quatre pont ferroviaires, les autres étant des ponts mixtes, souvent ouverts à la circulation automobile et à celle des tramways[RP 12],[RP 13],[RP 14],[11].

Un pont moderne sans piles, illuminé la nuit.
Le pont de Troja.

Le plus ancien et le plus célèbre est le pont Charles dont la construction remonte au XIVe siècle. Ainsi dénommé depuis 1870 et la Renaissance nationale tchèque, il s'agit du deuxième plus vieux pont du pays, construit en remplacement d'un premier pont de pierre, le pont Judith, emporté par la fonte des glaces en 1342. Il fut par ailleurs jusqu'en 1841 le seul pont de la ville. Connu pour son architecture médiévale et sa nombreuse statuaire, il voit le passage quotidien de près de 30 000 touristes[RP 15].

Le pont de Barrandov, du nom du quartier où il se trouve, est l'un des plus imposants : 350 m de long pour 40 à 55 m de large[RP 11] alors que le plus court est le pont Čech (longueur de 169 m)[RP 16]. Il convient également de mentionner le pont ferroviaire de Karlín d'une longueur de près de 1 100 m car enjambant deux bras de la rivière et l'île de Štvanice tout en étant aérien sur plusieurs centaines de mètres dans le quartier de Karlín ; le pont de Libeñ est quant à lui le plus long pont routier de la ville[RP 17].

Réseau cyclable[modifier | modifier le code]

Le réseau cyclable a une longueur totale de 472 km en 2016 dont seuls 46 km sont réellement séparés des autres usagers. Doté d'une numérotation spécifique (lettre A suivi d'un nombre), ses aménagements se composent en outre de la mise en place de sas vélo, de parc relais bike and ride avec stationnements fermés pour vélos et d'arceaux abrités ou de création d'eurovéloroute (eurovéloroute 7, tronçon Prague - Vienne inauguré en 2016)[PTY 10]. En moyenne, 26 000 personnes utilisent le vélo comme mode de transport chaque jour ouvrable[PTY 11].

Réseau de transports en commun[modifier | modifier le code]

Station de métro Anděl.

Le réseau de transports en commun, tel qu'organisé par la municipalité, se compose principalement de lignes d'autobus, de tramway et de métro. En 2016, le réseau d'autobus a une longueur de 825 km, le réseau de tramway de 142,7 km (à 52% en site propre) et le réseau de métro de 65,1 km (en 2016)[PTY 1].

Un tramway T3, typique du réseau pragois.

Le réseau de métro se compose de trois lignes et transporte chaque année plus de 450 millions de personnes pour 57 millions de kilomètres parcourus. Formant la colonne vertébrale du réseau municipal, il comprend 61 stations et 1 8000 passages par jour[PTY 12].

Le réseau de tramway se compose de 33 lignes dont 24 lignes de journée et transporte chaque année plus de 367 millions de personnes pour 55 millions de kilomètres parcourus. Complémentaire au réseau de métro, il est développé tant de manière radiale (du centre vers la périphérie) que transversale (de périphérie à périphérie) et assure les correspondances aux stations de métro. Il comprend 6 500 passages quotidiens en moyenne le long de ses 274 stations. La ligne la plus étendue a une longueur de 22,74 km (ligne 16) ; aux heures de pointe, la fréquence peut atteindre sur certaines lignes un passage toutes les 4 minutes[PTY 13].

Le réseau de bus se compose de 153 lignes urbaines, 92 lignes suburbaines et 75 lignes régionales et transporte chaque année plus de 410 millions de personnes pour 100 millions de kilomètres parcourus. Il se compose en majorité de lignes tangentielles, reliant des zones périphériques entre elles sans passage par le centre-ville. Il comprend 23 150 passages quotidiens en moyenne (à 80% sur le réseau urbain) à ses 1 154 arrêts. Aux heures de pointe, la fréquence peut atteindre sur certaines lignes un passage toutes les 2 minutes. L'une de ses particularités est d'être ouvert à la concurrence et opéré par plusieurs compagnies différentes et non par la seule autorité organisatrice municipale : 8 compagnies pour le réseau urbain et 11 pour le réseau suburbain[PTY 14].

Réseau aérien[modifier | modifier le code]

L'aéroport de Prague-Václav Havel est le plus important de République tchèque, siège de la compagnie nationale Czech Airlines. Situé à 11 kilomètres au nord-ouest du centre-ville, il a connu en 2016 une fréquentation de plus de 13 millions de passagers, en augmentation constante depuis l'indépendance du pays. Il dispose de trois pistes – dont deux en activité – permettant environ 200 000 mouvements (atterrissages et décollages) par an, 46 au maximum par heure. Ses trois terminaux permettent d'accueillir jusqu'à 15,5 millions de voyageurs par an et ses deux terminaux de fret ont permis le transport d'environ 71 000 tonnes de fret en 2016. Les passagers proviennent principalement du Royaume-Uni (1,71 million de passagers), d'Allemagne (1,16 million), d'Italie, de Russie et de France. La principale liaison se fait avec l'aéroport Charles-de-Gaulle (690 000 passagers) puis avec celui de Moscou-Cheremetievo et d'Asmterdam-Schipol. Il est desservi par les lignes de métro A et B, une navette autobus expresse et plusieurs lignes d'autobus et d'autocars, régionales ou longue-distance[PTY 15].

Il s'agit du principal aéroport d'Europe centrale, devant les aéroports de Varsovie et de Budapest[PTY 15] mais loin derrière Munich et Vienne[12].

D'autres aéroports se trouvent sur le territoire de la commune : Letňany, aéroport à piste enherbée pour les vols intérieurs ou privés internationaux ; Kbely, aéroport militaire ; Točná, aéroport à piste enherbée pour les vols intérieurs ; et enfin Vodochody, aéroport privé international[PTY 15].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

La population de Prague au 31 décembre 2017 s'élève à 1 294 513 habitants[CZSO 2], soit environ 12 % de la population totale de la République tchèque, et trois fois plus que la deuxième ville du pays, Brno[CZSO 3].

La ville de Prague se place ainsi au 1er janvier 2018 à la sixième place des villes les plus peuplées de la région, respectivement derrière Berlin (3 711 930 habitants)[13], Vienne (1 888 776 habitants)[14], Varsovie (1 764 615 habitants)[15], Budapest (1 749 734 habitants)[16] et Munich (1 456 039 habitants)[17].

La population pragoise est relativement jeune avec 28% d'habitants de moins de 20 ans et seulement 15,9% de plus de 60 ans[CZSO 4],[CZSO 5] contre respectivement 19,8% et 22,9% en Tchéquie[CZSO 6],[CZSO 7]. Lors du recensement de 2011, la structure de la population se répartit comme suit :

Pyramide des âges à Prague en 2011 en pourcentage [CZSO 8]
HommesClasse d’âgeFemmes
5,2 
75 ans & +
8,8 
14,4 
60 à 74 ans
16,7 
18,9 
45 à 59 ans
18,9 
27,5 
30 à 44 ans
24,3 
21,1 
15 à 29 ans
19,8 
12,9 
0 à 14 ans
11,5 

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Évolution démographique de Prague
1400 1500 1600 1650 1702 1754 1869 1880 1890
40 000 (est.)30 000 (est.)60 000 (est.)26 500 (est.)40 000 (est.)59 000 (est.)270 389349 574437 373
1900 1910 1921 1930 1950 1961 1970 1980 1991
559 433667 664729 820950 4651 057 5701 133 0561 140 7951 182 1861 214 174
2001 2011 2013 2014 2015 2016 2017 - -
1 169 1061 268 7961 243 2011 259 0791 267 4491 280 5081 294 513--
Population en fin d'année à compter de 2013.
(Sources : Office statistique tchèque[CZSO 2], Histoire de Prague[O 4])

Immigration et ethnicité[modifier | modifier le code]

En 2011, sur l'ensemble des Pragois, 50,8% y sont nés alors que 12,8% sont nés à l'étranger. L'arrondissement comptant à la fois la plus faible proportion de Pragois de naissance et la plus grande proportion d'habitants allochtones est Prague 1, correspondant à la vieille ville et à l'hypercentre ancien, avec respectivement 39,4% et 25,6%[CZSO 9].

En 2017, Prague compte 195 068 étrangers soit 15,1 % de la population alors même qu'en 2004, à la suite de l'adhésion du pays à l'Union européenne, ceux-ci n'étaient que 77 922 (6,6% de la population[CZSO 10]) ; si le nombre de ressortissants étrangers à fortement augmenté sur la période, la population européenne a triplé[CZSO 11] :

En vert, la population totale de résidents étrangers, en bleu la population totale de résidents étrangers issus de l'UE
et en rouge la population totale de résidents étrangers non issus de l'UE.

Ressortissants étrangers (2017)
Pays de naissance Population
Drapeau de l'Ukraine Ukraine 48 731
Drapeau de la Slovaquie Slovaquie 30 291
Drapeau de la Russie Russie 22 966
Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam 12 611
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 3 906
Drapeau de la Pologne Pologne 3 298

Les nationalités les plus représentées sont les Ukrainiens (25% du total des étrangers), les Slovaques, les Russes et les Vietnamiens[CZSO 11]. La communauté vietnamienne de Prague, peu intégrée, se compose principalement de commerçants installés provisoirement en Tchéquie. Elle trouve son origine dans les relations entretenues entre pays frères du temps du régime communiste : à partir de 1967 et plus encore à partir de 1980, différentes vagues de migrations sont mises en place. Mais la troisième vague de 1980 ne voit plus des étudiants venir terminer leurs études ou des ingénieurs améliorer leurs compétences mais des travailleurs, parfois dénués de qualification, être accueillis par l'État tchécoslovaque alors en recherche de main d'oeuvre[RP 18],[RP 19].

Lors du recensement de 2011, interrogés sur leur ethnicité, les Pragois, dans leur immense majorité, s'identifient comme Tchèques, 0,5 % comme Vietnamiens ou 0,1% comme Allemands. De même, 0,3% d'entre eux s'identifient comme Moraves et 0,02% comme Silésiens[CZSO 12]. À l'inverse, parmi l'ensemble de la population tchèque, près de 5% des habitants se reconnaissent comme Moraves et 0,1% comme Silésiens et non simplement comme Tchèques – la proportion des Roms dans la population totale y est quant à elle presque deux fois plus importante qu'à Prague[CZSO 13].

Prague était à une certaine époque une ville multiethnique, divisée entre trois communautés culturelles, les Tchèques, majoritaires, les Allemands et les Juifs. Angelo Ripellino, dans son livre Praga Magica, décrit bien la compétition culturelle et politique entre les différentes communautés d'alors[O 5] :

« Le sortilège de Prague était en partie dû à son caractère de ville où cohabitaient trois peuples (Dreivölkerstadt) : le tchèque, l'allemand et le juif. Le mélange et le contact des trois cultures donnaient à la capitale de Bohême un caractère particulier, une extraordinaire richesse de ressources et d'impulsions. À l'aube du XXe siècle, y résidaient 414 899 Tchèques (92,3 %) et 37 776 Allemands (7,5 %) parmi lesquels 25 000 personnes d'origine juive. La minorité de langue allemande possédait deux théâtres somptueux, une vaste salle de concert, l'université[Note 1] et l'institut polytechnique, cinq lycées, quatre Oberrealschulen, deux quotidiens, une foule de cercles et d'Instituts. »

Durant l'occupation allemande de la Tchécoslovaquie pendant la Seconde Guerre mondiale, la grande majorité des Juifs a péri dans la Shoah. Les 2,7 millions d'habitants germanophones, quant à eux, sont expulsés après la Seconde Guerre mondiale à la suite des décrets Beneš[GV 11].

Formation et emploi[modifier | modifier le code]

Le recensement de 2011 permet d'appréhender le niveau de diplômes des habitants de Prague de plus de 15 ans. Ainsi, 23,6 % des Pragois sont titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur auxquels il convient de rajouter 35,3 % titulaires d'une formation post-secondaire ; seuls 10,4 % des Pragois n'ont pas bénéficié d'une éducation supérieure au niveau collège[CZSO 14].

Niveau de diplôme des habitants de Prague (2011)
Taux de population Diplôme ou niveau éducatif achevé Nomenclature ISCED
0,2 %
École maternelle
Niveau 0
10,2 %
Enseignement primaire ou premier cycle de l'éducation de base
Niveau 1
Premier cycle de l'enseignement secondaire ou deuxième cycle de l'éducation de base
Niveau 2
20,3 %
Enseignement secondaire (deuxième cycle)
Niveau 3
35,3 %
Enseignement post secondaire non-supérieur
Niveau 4
21,8 %
Premier cycle de l'enseignement supérieur, ne conduisant pas directement à un titre de chercheur de haut niveau (ex. licence, maîtrise, master)
Niveau 5
1,8 %
Deuxième cycle de l'enseignement supérieur, conduisant à un titre de chercheur de haut niveau (ex. doctorat).
Niveau 6

La population active représente, en 2011, près de 50,8 % de la population de la ville parmi lesquels 68,2 % d'employés, 15,9 % de travailleurs indépendants, 4 % d'employeurs, 7,1 % de retraités en activité et 6,8 % de chômeurs[CZSO 15],[CZSO 16]. Parmi les personnes en emploi, 3,8 % travaillent dans le secteur primaire (agriculture, sylviculture, aquaculture), 15,2 % dans le secteur secondaire (9,4 % dans l'industrie et 5,8 % dans la construction) et donc 81 % dans le secteur tertiaire, dont 11,3 % dans le domaine commercial ou 6,2 % dans l'éducation[CZSO 17].

Religion[modifier | modifier le code]

Les Pragois – sachant que 44,1 % d'entre eux ne se prononcent pas – sont 18,9 % à se déclarer croyants (dont 33,5 % se revendiquent de l'Église catholique romaine, 2,6 % de l'Église hussite tchécoslovaque et 3 % de l'Église évangélique des Frères tchèques), 37 % se déclarant athées[CZSO 18].

Économie[modifier | modifier le code]

Prague est en 2016 la septième région la plus riche de l’Union européenne, respectivement derrière Londres, le Luxembourg, les provinces irlandaises du Leinster et du Munster, la région de Bruxelles-Capitale, Hambourg et enfin la capitale voisine et rivale Bratislava. Son PIB par habitant, en parité de pouvoir d'achat, s'élevait à 182 % de la moyenne de l'Union européenne. L'ensemble des autres régions tchèques ont quant à elle un PIB par habitant inférieur à la moyenne[RP 20]. Le taux de chômage s'est établi en 2017 à seulement 1,7 %[CZSO 19], ce qui en fait le taux le plus faible de toute l'Union européenne[RP 21].

La ville est le centre économique de la République tchèque[18]. Elle concentre les activités économiques centrales du pays telles que la Bourse, la Banque nationale tchèque ou encore les sièges sociaux des principales entreprises comme les chemins de fer tchèques, ČEZ ou des banques Československá obchodní banka et Komerční banka.

Depuis la Révolution de velours de 1989, la structure sectorielle de l'économie pragoise a été grandement transformée. Ainsi, le secteur tertiaire s'est grandement accru au détriment du secteur secondaire. La part du secteur industriel et manufacturier dans la création d'emploi et de valeur y est plus faible que dans le reste du pays[18]. Le nombre d'employés dans le secteur industriel est en déclin constant, passant de 190 000 en 1961, à 148 000 en 1980 et 78 000 en 2001[A 1].

Le produit intérieur brut (PIB) de la ville s'élevait à près de 1 200 milliards de couronnes (CZK) (environ 47 milliards de euros) en 2016, ce qui représente une contribution au PIB national de 25 %. Le PIB par habitant atteint 937 500 CZK par habitant (environ 36 700 €), pour un revenu disponible moyen de 286 500 CZK par habitant (environ 11 200 €)[CZSO 20].

Le salaire brut moyen y est de 39 782 CZK par mois en 2017 (environ 1 556 €), soit 28 % plus élevé que la moyenne nationale, très inégalement réparti selon le sexe : 44 473 CZK pour les hommes contre 43 304 CZK pour les femmes (respectivement 1 740 € contre 1 340 € environ). Le salaire brut médian est quant à lui de 31 878 CZK (environ 1 250 €), soit 18,8 % plus élevé que la médiane nationale, respectivement 34 722 CZK pour les hommes (environ 1360 €) et 29 648 CZK pour les femmes (environ 1160 €)[CZSO 21].

Parmi les 686 000 travailleurs que compte Prague en 2017, 79 % sont employés, 2,9 % employeurs et 17,5 % travailleurs indépendants[CZSO 22]. La ville compte également plus de 605 000 entreprises, dont la répartition par secteur d'activité se fait comme suit – similaire à la répartition au niveau national : 25,7 % dans le domaine du commerce (vente de gros et de détail), 19,4 % dans le domaine technique et scientifique (contre 13,2 % des entreprises tchèques), 8 % dans le domaine industriel, 8 % dans le domaine de la construction, 4,1% dans le domaine de l'information et de la communication (2,2 % des entreprises tchèques), 10,2 % dans le domaine immobilier (5,9 % des entreprises tchèques), 4 % dans le domaine de l'hôtellerie et de la restauration et 1,6 % dans le domaine agricole (4,5 % des entreprises tchèques)[CZSO 23].

Plus d'un quart des entreprises pragoises – pour lesquelles l'information est connue – ne comptent aucun salarié (26,7 % précisément), 10 % moins de 10 salariés, 1,7 % de 10 à 50 salariés et 4,4 % de 50 à 250 salariés, des taux comparables à la moyenne nationale[CZSO 24].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Principaux visiteurs étrangers
à Prague en 2017
Pays Nombre Part
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 913 950 13,9 %
Drapeau des États-Unis États-Unis 472 737 7,2 %
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 403 553 6,1 %
Drapeau de la Russie Russie 389 065 5,9 %
Drapeau de l'Italie Italie 322 744 4,9 %
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 299 927 4,6 %
Drapeau de la Slovaquie Slovaquie 287 641 4,4 %
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 284 602 4,3 %
Drapeau de la France France 233 691 3,6 %
Drapeau de la Pologne Pologne 225 120 3,4 %
Total 6 562 518 100 %

Le tourisme est un secteur d'activité important[18] avec un nombre annuel de visiteurs qui a atteint 7,6 millions en 2017, représentant plus de 18 millions de nuitées (séjour moyen de 2,4 nuitées). Il s'agit en majorité de visiteurs étrangers (6,5 millions) parmi lesquels arrivent en tête les Allemands (913 950), suivis des Américains (472 737), des Britanniques (403 553), des Russes (389 065 – leur séjour moyen est le plus long avec 3,9 nuitées en moyenne) et des Italiens (322 744)[CZSO 25]. En 2012, seuls 5 726 454 visiteurs étrangers avaient séjourné dans la ville (pour 14 443 143 nuitées), soit une hausse quinquennale de plus de 33 %[CZSO 26]. L'offre hôtelière se compose en 2017 de 787 établissements – dont 46 hôtels cinq étoiles, 48 auberges de jeunesse et 20 campings[CZSO 27] — proposant 41 617 chambres et 90 891 lits auxquels s'ajoutent 1 096 emplacements de camping[CZSO 28].

Le secteur employait environ 30 000 personnes dans la capitale tchèque en 2009[A 2].

Enseignement[modifier | modifier le code]

Prague est le principal centre d'enseignement du pays[18]. La ville comptabilise en 2017 plus de 145 000 élèves d'écoles maternelles (mateřská škola en tchèque) et primaires (základní škola en tchèque), répartis respectivement en 426 écoles maternelles et 27 écoles primaires, établissements privés et publics confondus[CZSO 29]. La profession d'instituteur y est très largement féminisée, à plus de 98 % en maternelle[CZSO 30] et 84 % en primaire[19].

L'enseignement secondaire est lui assuré par[CZSO 31] :

  • 66 lycées généraux (gymnázium en tchèque) totalisant environ 24 000 élèves, préparant les élèves au certificat de maturité, assimilable au baccalauréat français ;
  • 139 établissements d'enseignement professionnel, similaires aux lycées professionnels en France, accueillant approximativement 34 000 apprentis. Les élèves y préparent un diplôme d'apprentissage aux métiers de technicien et d'artisanat. Un parcours optionnel de deux ans (voire un an en plus ou en moins, selon la durée du cursus précédent) permet aux apprentis de se présenter au certificat de maturité[20].

Vie universitaire[modifier | modifier le code]

Entrée du Karolinum.

Prague est une ville étudiante, avec approximativement 130 000 étudiants en 2015, en baisse régulière depuis le pic de 2010 (on dénombrait alors 150 000 étudiants)[21]. La ville concentre trente établissements d'enseignement supérieur (universités, écoles ou conservatoires)[22]. Les étudiants étrangers y étaient au nombre de 20 268, soit 49% de tous les étrangers fréquentant des établissements d'enseignement supérieur en République tchèque, représentant 16 % de l'ensemble des étudiants de Prague. Près de la moitié d'entre eux (48 % précisément) sont issus des pays de l'Union européenne, au premier rang desquels figurent les étudiants slovaques (85 %), suivis des étudiants allemands (au nombre de 246), des britanniques (166) et des polonais (122) ; viennent ensuite les étudiants issus de l'ancien bloc soviétique (hors Pays baltes) représentant 39 % des étudiants étrangers[21].

Parmi les principaux établissements d'enseignement supérieur figure l'Université Charles (univerzita Karlova v Praze), fondée en 1348 par l'empereur Charles IV ce qui en fait la plus ancienne université d'Europe centrale mais aussi la plus ancienne université allemande[23]. L'université Charles de Prague, forte de 17 facultés, est fréquentée en 2016 par un peu moins de 50 000 étudiants dont 7 500 doctorants[24].

L'université technique a été fondée en 1707 par l'empereur Joseph Ier à la demande de Christian Josef Willenberg aux fins d'enseigner les « arts de l'ingénierie » à Prague, ce qui en fait l'une des plus anciennes universités techniques d'Europe. Elle est divisée en 8 facultés dont la faculté de physique nucléaire, la faculté d'électrotechnique ou encore la faculté de génie biomédical. En 2018, elle accueille environ 18 000 étudiants[25],[26].

L'école supérieure d'économie (Vysoká škola ekonomická v Praze), fondée en 1953, est divisée en 6 facultés dont la faculté le relations internationales ou la faculté de management. Considérée par le Financial Times comme l'une des meilleures écoles de commerce de l'Europe post-communiste[27], elle compte environ 15 000 étudiants en 2018[28].

Parmi les autres établissements de renom figurent notamment l'Académie tchèque des arts musicaux (Akademie múzických umění), constituée entre autres de la Faculté de cinéma (FAMU) ; le conservatoire (Pražská konzervatoř), fondé en 1808 où a étudié Antonín Dvořák ; l'Académie des beaux-arts (Akademie výtvarných umění v Praze), fondée en 179 dont František Kupka a été l'un des étudiants ; ou encore l'École des arts appliqués (Vysoká škola uměleckoprůmyslová v Praze)[22].

Santé[modifier | modifier le code]

Prague compte en 2017 28 établissements de santé, dont 15 établissement spécialisés, 7 institutions médicales de long-terme et 370 pharmacies et dispensaires, ayant accueillis 327 136 patients. La ville compte en outre 10 270 médecins, toutes spécialités confondues (en équivalent temps plein), soit 8 médecins pour 1 000 habitants, chiffre bien supérieur à la moyenne nationale de 4,7 médecins pour 1 000 habitants[CZSO 32],[CZSO 33].

Médias[modifier | modifier le code]

Prague abrite de nombreux médias tant de presse écrite, de radio, de télévision ou numérique. On peut ainsi citer les journaux Blesk, Haló Noviny, Hospodářské noviny, Lidové noviny, MF Dnes, ou encore Pražský deník publiés en tchèque ; plusieurs journaux en langue étrangère y sont également édités, principalement germanophones (Landesecho – mensuel publié par l'Assemblée nationale des Allemands en Bohême, Moravie et Silésie[29] – ; Prager Zeitung, hebdomadaire) ou anglophones (Prague Post, Prague Tribune (magazine)). Parmi les principaux sites d'informations en ligne se retrouvent Aktuálně Praha, České noviny Praha, ČT24 Praha, Idnes Praha ou encore le Prague Daily Monitor, en anglais[30].

La ville abrite également les studios de la télévision publique, Česká televize – qui propose six chaînes de télévision –[31], de TV Barrandov[RP 22], de Prima TV[32] et de TV Nova, première chaîne en termes d'audience en 2018[RP 23].

La ville abrite les studios de Radio Free Europe dont les émissions, autrefois destinées aux pays du Bloc de l'Est, émettent en 25 langues dans vingt pays parmi lesquels l'Afghanistan, l'Iran ou encore la Russie[33].

Sports[modifier | modifier le code]

Le sport à Prague est dominé, comme dans le reste du pays, par le football et le hockey sur glace. Y dominent notamment les deux clubs rivaux du Slavia et du Sparta, omnisports mais principalement connus pour leurs sections dans ces deux sports, dont la rivalité culmine lors des matchs de derby. Historiquement, le Sparta est implanté dans les quartiers populaires de Bubeneč et Holešovice, tous deux situés au nord de la ville, dans le méandre de la Vltava – les principaux stades du club sont le Tipsport arena et le stade Letná. Le Slavia quant à lui, d'origine plus bourgeoise, joue ses matchs à à l'O2 Arena et à l'Eden Aréna, dans les quartiers de Libeñ et de Vršovice[RP 24],[34].

Parmi les infrastructures sportives, il convient notamment d'y ajouter quatre grandes patinoires, six espaces aquatiques et/ou nautiques et enfin le stade de Strahov – théoriquement le deuxième plus grand complexe sportif après l'Indianapolis motor speedway pouvant accueillir près de 240 000 spectateurs[35],[36] – ; il est aujourd'hui limité à l'entrainement du Sparta Prague et aux concerts internationaux[34].

Sécurité[modifier | modifier le code]

La criminalité est en forte baisse à Prague : le nombre d'infractions pénales (crimes et délits en droit français) a chuté de 47 % de 2005 à 2017. Parmi celles-ci, on recense 82,5 % d'infractions de droit commun, 12,6 % d'infractions économiques, 0,5 % de vols à main armée, 2,5 % de cambriolage et moins de 0,2 % de viols et de meurtres (respectivement 94 et 22 en 2017). Le nombre d'infractions a baissé de 30 à 75 % pour l'ensemble de ces catégories, à l'exception du nombre de viols, constant sur la période[CZSO 34].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire de Prague est très riche et associe le duché de Bohême avec les grands moments de l'histoire médiévale européenne. Par la suite, l'accession de Prague comme capitale du Saint-Empire germanique en fait véritablement le cœur de l'Europe. L'éloignement de Prague de la vie européenne occidentale résulte de la scission opérée par le communisme.

Articles détaillés : Histoire de Prague et Chronologie de Prague.

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Přemysl et Libuše de Josef Václav Myslbek.
Prague vu par le satellite Spot.

La région de Prague est peuplée dès le paléolithique. Comme le reste de la Bohême, Prague est tout d'abord habitée par les Boïens, un peuple celte qui arrive ici aux environs de l'an -200 et qui occupe un campement au sud de la ville actuelle appelé Závist. La Bohême tient son nom de ce peuple. Ils sont supplantés dans la région par les Marcomans, une tribu germanique, puis les Avars les remplacent avant de partir vers l'ouest sous la pression des Slaves qui s'y installent au VIe siècle. Selon la légende colportée par Cosmas de Prague, la ville est fondée par la princesse Libuše et son mari Přemysl, également fondateur (mythiques) de la dynastie des Přemyslides. Que la légende soit vraie ou fausse, des fouilles archéologiques attestent de la présence humaine au IXe siècle sur les hauteurs de Vyšehrad, sur la rive droite de la Vltava, et celles du futur château de Prague sur la rive gauche.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le temps des ducs de Bohême

La première trace écrite mentionnant Prague date de 965. Elle est le fait d'un marchand juif d'Andalousie, Ibrahim ibn Ya'qub. La ville devient évêché en 973. En 1170, Vladislav II fait construire, le premier pont de pierre sur la Vltava, le pont de Judith qui, écroulé en 1342 sera remplacé par un pont de pierre, le célèbre pont Charles. Otakar II fonde Malá Strana en 1257 qui reçoit alors une charte municipale et héberge la communauté allemande qui s'autoadministre selon les droits de Magdebourg. Sur l'autre rive de la Vltava, la Vieille Ville de Prague se développe autour de son noyau historique de Týn et est peuplée de Tchèques et d'une communauté juive dans ce qui deviendra Josefov. En 1270, la synagogue Vieille-Nouvelle est construite.

L'âge d'or de la dynastie des Luxembourg

La ville connaît son apogée avec le roi de Bohême et futur empereur germanique Charles IV (fils de Jean de Luxembourg) qui fait édifier le pont Charles (1357), la cathédrale Saint-Guy de Prague (1344), fonde en avril 1348 l'université Charles, la première université germanophone, et étend la ville à l'est et au sud pour créer la Nouvelle Ville (1347) qui double la superficie de la Vieille-Ville. En 1355, Charles IV fait de Prague la capitale du Saint-Empire romain germanique. En 1378, dernière année du règne de Charles IV, Prague compte 40 000 habitants, ce qui en fait la troisième ville la plus peuplée d'Europe.

Guerres hussites

Prague est alors un centre culturel et religieux de première importance, où naissent les premiers balbutiements de la Réforme avec Jan Hus qui prêche en tchèque à la chapelle de Bethléem contre les abus de la hiérarchie catholique, en particulier contre le trafic des indulgences. Sa mort, en 1415, sur le bûcher, lors du concile de Constance met le feu aux poudres en Bohême et marque le début des croisades contre les hussites qui mettent un terme à cette expansion urbaine. En 1419, les hussites prennent le contrôle de la ville, l'empereur Sigismond envoie une armée pour reprendre possession de la ville mais celle-ci est défaite. Ce n'est qu'à la bataille de Lipany, en 1434, que les Praguois seront mis en déroute. Toujours insoumise, la diète de Bohême, réunie dans l'hôtel de ville de la Vieille-Ville, élit pour roi Georges de Poděbrady le . Préférant un souverain slave plutôt qu'un Habsbourg, la diète élit Vladislas Jagellon en remplacement de Georges Ier.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

La Renaissance et l'âge d'Or de Rodolphe II

L'église Saint-Nicolas de Malá Strana, symbole de la Contre-Réforme en Bohême.

Mais la fille de Vladislav IV, Anne Jagellon, épouse Ferdinand d'Autriche, selon un accord dynastique arrangé par Maximilien Ier du Saint-Empire en 1515, et la ville repasse bientôt sous domination habsbourgeoise après la mort sans héritiers de Louis II Jagellon à la bataille de Mohacs contre les Ottomans en 1526. Sous les Habsbourg, Prague balance entre des mouvements sporadiques de révolte (celle de la diète des États de Bohême en 1547 par exemple, réprimée par Ferdinand Ier) et de soumission, le plus souvent imposée. En conséquence, les privilèges municipaux, son influence politique et son indépendance vont en diminuant tout au long de la période. De 1583 à 1612, sous le règne de Rodolphe II du Saint-Empire, elle est de nouveau capitale impériale et connaît une ère de prospérité culturelle à laquelle met fin la seconde défenestration de Prague en 1618 qui déclenche la guerre ouverte de la noblesse tchèque, largement protestante, envers le pouvoir impérial (et catholique) des Habsbourg et, au niveau européen, la guerre de Trente Ans.

La contre-réforme catholique et la légende de « l'âge Noir »

La défaite des armées tchèques et protestantes à la bataille de la Montagne Blanche en novembre 1620 et la décapitation, place de la Vieille-Ville (marquée encore aujourd'hui de 27 croix blanches sur le sol, en commémoration de l’événement), des vingt-sept meneurs de la révolte marquent, pour longtemps, la fin des espoirs d'indépendance des États de Bohême. Au niveau religieux, la Contre-Réforme bat alors son plein, les Tchèques protestants (dont le plus célèbre est sans conteste Comenius) sont contraints de se convertir ou de s'exiler. Au niveau politique, en 1627, Ferdinand II annule la Charte de Vladislav Jagellon (1500) et impose la Nouvelle Charte des États de Bohême (en allemand, Verneuerte Landesordnung, en tchèque, Obnovené zřízení zemské) qui impose la germanisation de l'enseignement et de l'administration. La paix de Prague y est signée en 1635 entre l'empereur et certains princes allemands protestants. En 1648, à la fin de la guerre de Trente Ans, la rive gauche de la ville (Hradčany et Malá Strana) est envahie et pillée par les armées protestantes suédoises peu avant que les traités de Westphalie ne mettent fin aux hostilités qui ont mis l'Europe centrale à feu et à sang. S'ensuit un siècle de paix, qui voit la ville s'embellir avec l'édification de chefs-d'œuvre baroques comme l'église Saint-Nicolas de Malá Strana, les palais Kinský et Šternberk, l'archevêché de Prague et l'achèvement baroque du château de Prague. En 1741, la guerre de Succession d'Autriche voit l'arrivée des troupes de Frédéric II de Prusse, alliées à l'armée française du Maréchal de Belle-Isle qui mettent le siège et prennent la ville. Peu après, lors de la guerre de Sept Ans, la bataille de Prague, le 6 mai 1757 marque la victoire des Prussiens sur les Autrichiens et les Russes mais, malgré leur victoire, les Prussiens ne peuvent s'emparer de Prague. Le est une date importante dans l'histoire de Prague : elle naît alors officiellement de la fusion des quatre villes originelles que sont

La « métropole royale de Prague » (son nom officiel, Královské hlavní město Praha en tchèque) est la seconde ville de l'Empire avec soixante-seize-mille habitants et 143 hectares. Josefov, le ghetto juif au sein même de la vieille ville conserve encore un statut séparé et autonome.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Le renouveau de Prague avec le printemps des nationalités (1848-1914)[modifier | modifier le code]

1848, le Printemps des Peuples affecte aussi Prague.

En 1848, toute l'Europe démocratique se soulève contre ses monarques et Prague est l'un des centres les plus radicaux en la matière. Cependant, le prince de Windisch-Graetz entre dans la ville le 27 juin 1848, et dissout dans le sang la Diète tchèque.

Comme beaucoup de capitales européennes, Prague absorbe ses banlieues lors de l'explosion urbaine du XIXe siècle : Josefov en 1850, Vyšehrad en 1883 puis Holešovice et Bubny (cs) un an plus tard suivis de Libeň en 1901, donnant naissance à un ensemble de douze districts s’étendant sur 496 km²[37].

Prague, où se côtoient toujours et s'affrontent souvent Tchèques, Allemands et Juifs, devient un véritable « bouillon de culture ». La rivalité entre les communautés marque l'architecture de la ville : au Théâtre national tchèque (projeté dès 1844, achevé en 1881) fait pendant le Neuer Deutscher Theater (1883-1888) ; la galerie nationale de Prague abrite, depuis 1796, les collections de la noblesse (pro-allemande) de Bohême ? Qu'à cela ne tienne, les Tchèques fondent en 1818 leur musée patriotique de Bohême. Le Rudolfinum, offert en 1885 à la « nation tchèque » par la première banque du royaume de Bohême est, sage compromis, dédié au prince-héritier Rodolphe de Habsbourg.

Les fortifications du Moyen Âge sont progressivement abattues pour faire place à une ville en pleine croissance (elle atteint le demi-million d'habitants à la fin du siècle). Les Tchèques prennent peu à peu le pouvoir et leur revanche : ils ont la majorité du premier conseil municipal en 1861.

En 1884, la municipalité met en place un plan de régulation de la Vltava et entreprend, en parallèle, l'assainissement du quartier de Josefov, peu ou prou rasé et reconstruit selon des critères hygiénistes avec rues larges, tout-à-l'égout, gaz, etc., en copiant les idées de Haussmann. Quelques années plus tard, elle se dote du tramway.

Prague, capitale du nouvel État de Tchécoslovaquie (1918-1939)[modifier | modifier le code]

Avec l'indépendance de la Tchécoslovaquie, proclamée le , Prague redevient capitale et nombre de rues sont rebaptisées.

La ville est modernisée et étendue. En 1922, la Grande Prague est fondée qui englobe ses faubourgs jusqu'alors indépendants comme Vinohrady, Žižkov, Dejvice, Smíchov, Střešovice ou Košíře. Elle connaît un développement urbain sans précédent, se voit adjoindre nombre de théâtres, un aéroport à Kbely (cs), la place Venceslas est refaite, en 1928, pour faire place au trafic automobile, la cathédrale Saint-Guy de Prague est achevée en 1929 à temps pour fêter dignement le millénaire de la mort de saint Venceslas.

La crise de 1929 ralentit ce développement sans pour autant l'arrêter. L'aéroport de Praha-Ruzyně est alors mis en service. En 1938, Prague compte un million d'habitants.

Le cubisme connaît une vogue toute particulière grâce à des architectes comme Pavel Janák, Josef Gočár ou Josef Chochol qui créent ce style typiquement tchécoslovaque : le rondo-cubisme. Un quartier entièrement cubiste se construit à Vyšehrad.

Invasion allemande et Seconde Guerre mondiale (1938-1945)[modifier | modifier le code]

Immédiatement après la prise de pouvoir de Hitler, Prague devient un lieu d'exil de nombreux allemands, du fait de sa proximité géographique avec Berlin, du siège du parti social-démocrate allemand exilé, le SoPaDe, et parce qu'on parlait allemand. C'est ici que le SoPaDe a publié son Manifeste de Prague (de) qui incitait au soulèvement contre Hitler en janvier 1934.

Peu avant la Seconde Guerre mondiale, Prague accueille les réfugiés tchèques expulsés des Sudètes rattachés au Troisième Reich à la suite des accords de Munich. Le 15 mars 1939, la Bohême-Moravie est conquise dans son intégralité et Adolf Hitler parade au château de Prague. Les universités et grandes écoles sont fermées et les manifestations estudiantines réprimées dans le sang. Le , dans Hradčany, un attentat coûte la vie au SS-Obergruppenführer Reinhard Heydrich, surnommé « le bourreau ».

Prague perd une part importante, sinon en nombre, du moins en ce qu'elle participait indéniablement au rayonnement culturel de la ville, de sa population. Exilés, suicidés (comme le poète Jiří Orten (en)) ou déportés au camp de concentration de Theresienstadt ou ailleurs, la communauté juive de Prague est décimée.

Résistant tchèque et soldat de l'Armée rouge.

À l'inverse de ses rivales d'Europe centrale, Vienne, Dresde, Varsovie ou Berlin, la métropole tchèque a peu souffert en ses murs des bombardements de la Seconde Guerre mondiale.

Libération, coup d'État communiste et après-guerre (1945-1968)[modifier | modifier le code]

Le , éclate une insurrection qui mènera à la Libération de la ville par une Résistance largement improvisée autour d'un Conseil national tchèque (Česká národní rada ou ČNR), qui prend la tête de l'insurrection. Le 8 mai, les troupes allemandes capitulent et, selon des accords préalables, l'Armée rouge libère Prague le lors de l'offensive Prague.

Peu après la Seconde Guerre mondiale, le Parti communiste tchécoslovaque monte en puissance. Les élections de 1946 et de 1948 donnent la majorité aux communistes à Prague, qui s'emparent totalement du pouvoir en février 1948, avec le coup de Prague.

Un impressionnant monument à la gloire de Staline est construit sur le front du parc de Letná (en) : ouvriers, kolkhoziens et soldats se pressent derrière le « petit père des peuples » en un ensemble, sinon grandiose, du moins impressionnant.

En 1960, une nouvelle sectorisation de la ville est adoptée (de 1 à 10), laquelle est encore largement en place aux débuts du XXIe siècle et quatre villes de banlieue supplémentaires sont absorbées par la métropole. La décennie des années soixante est surtout marquée par un programme de construction massif dans les banlieues où la construction en panneaux préfabriqués fait surnommer les HLM tchécoslovaques panelák (mot construit à partir du mot « panneau »).

Prague au temps du « socialisme à visage humain » et l'invasion soviétique (1968)[modifier | modifier le code]

En 1968, le Printemps de Prague marque la ville de façon éphémère, il est écrasé en août par 400 000 soldats et 6 300 tanks des armées du Pacte de Varsovie. L'aéroport de Praha-Ruzyně voit atterrir les avions russes avec des équipements de combat. Les Praguois improvisent une résistance et des combats ont lieu, en particulier autour de la radio-télévision tchécoslovaque et du musée national tout proche. Le , Jan Palach s'immole par le feu sur la place Venceslas pour protester contre l'invasion de son pays par l'Union soviétique. Le XIVe congrès du PCT marque la fin des hostilités, du Printemps de Prague et le début de la normalisation en Tchécoslovaquie.

En 1969, Prague devient la capitale de la République socialiste tchèque, l'une des deux républiques de la République socialiste tchécoslovaque (dont elle reste la métropole) qui se transforme en une fédération sans que son nom, cependant, ne soit changé.

Mais ces années sombres au niveau politique et stagnantes au niveau économique n'empêchent pas la ville de continuer sa croissance. Le projet, presque centenaire, du métro de Prague et celui de la magistrála, la voie rapide qui traverse la ville, sont mis en œuvre. Le pont de Nusle joint les deux projets en faisant passer le métro sous l'entablement du pont routier.

Les années 1980 voient quelques grands travaux entrepris pour équiper ou embellir la ville : le théâtre national est restauré et rouvert en 1983, le palais des congrès ouvre ses portes et le quartier de Pankrác (en) se couvre de tours plus ambitieuses (et plus vides) les unes que les autres. À Žižkov, la tour d'émission de la radio-télévision tchécoslovaque est alors édifiée et reste à ce jour le point culminant de la ville.

La révolution de velours, la séparation avec la Slovaquie et l'entrée dans l'Union européenne[modifier | modifier le code]

La « maison qui danse », symbole du renouveau praguois.

La révolution de velours, en 1989, marque pour Prague comme pour le reste du pays une seconde Libération : la toute-puissance du parti unique et de sa police politique s'effondrent, les libertés démocratiques sont rétablies, les symboles de la dictature sont supprimés et les noms de certaines rues, places ou stations du métro sont « démocratisés ». L'écrivain Vaclav Havel est élu président de la République et s'installe au château de Prague. Le pape Jean-Paul II et le président George H. W. Bush se déplacent alors jusqu'à Prague.

En 1992, le centre historique de la ville est inscrit sur la liste du patrimoine mondial. Au , elle devient la capitale de la République tchèque. Une réforme administrative, en 1995, définit une nouvelle segmentation des différents arrondissements de la ville qui deviennent plus autonomes. Vers la fin des années 1990, les banlieues voient l'éclosion des premiers centres commerciaux sur le modèle de ceux de l'Ouest.

En 2000, Prague est nommée capitale européenne de la culture. En septembre de la même année, le sommet du Fonds monétaire international se réunit au palais des congrès de Prague, ce qui provoque nombre de manifestations de la part des mouvements anti-mondialisation qui affrontent la police durant toute la semaine. Un an plus tard, en octobre 2001, les chefs d'État de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord se réunissent dans la ville, ceci ainsi que le déménagement du siège de Radio Free Europe, entraînent des mesures de sécurités exceptionnelles qui paralysent partiellement la ville.

La crue « bimillénaire » de la Vltava, en août 2002, nécessite l'évacuation de parties entières de la ville : Karlín, Holešovice ou le bas de Malá Strana se retrouvent sous les eaux. Si le métro de Prague est alors, lui aussi, inondé et mis hors service pour environ six mois, cela a lieu au milieu de la nuit et on ne déplore aucune victime. Par chance également, la Vieille Ville est protégée par des barrières anti-inondations et, contrairement aux inondations précédentes, reste hors d'atteinte des eaux.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

La ville de Prague est un « traditionnel bastion de la droite »[RP 25]. C'est ainsi que lors des deux dernières élections présidentielles, le président élu Miloš Zemaneurosceptique « décomplexé » issu de la gauche et notamment du Parti social-démocrate[38] – n'a jamais figuré en tête des scrutins, à l'inverse de ses adversaires, le conservateur Karel Schwarzenberg en 2013 ou le candidat europhile soutenu par le parti chrétien-démocrate Jiří Drahoš en 2018[39]. De même, les résultats lors des élections locales (municipales et législatives), les partis en tête sont depuis le mitan des années 2000 des partis comme ANO de centre droit et d'orientation libérale-conservatrice ; TOP 09 de centre droit, conservateur, libéral et pro-européen ; ou encore l'ODS, le Parti démocratique civique, conservateur libéral et eurosceptique. L'élection municipale de 2018, bien qu'elle ait vu la victoire du parti ANO, a vu l'élection au poste de maire de Zdeněk Hřib, du Parti pirate, avec le soutien de plusieurs partis de droite[RP 26],[RP 27].

Principaux résultats électoraux à Prague
Scrutins Date Inscrits Votants Participation En tête
Élections législatives 2010 943,459 641,416 67.99 % TOP 09
2013 921,819 591,245 64.14 % TOP 09
2017 916,940 615,519 67.13 % ANO
Élections municipales 2006 971,000 409,449 42.17 % ODS
2010 944,866 419,788 44.43 % TOP 09
2014 925,548 349,109 37.72 % ANO
Élections européennes 2004 978,107 338,540 34.58 % ODS
2009 955,836 341,528 35.73 % ODS
2014 922,378 238,121 25.82 % TOP 09
Élections présidentielles 2013 1er tour 935,085 608,749 65.10 % Karel Schwarzenberg
2e tour 932,322 593,337 63.64 % Karel Schwarzenberg
2018 1er tour 919,247 621,021 67.56 % Jiří Drahoš
2e tour 916,456 651,774 71.12 % Jiří Drahoš
Source : Office statistique tchèque[CZSO 35] ; les informations relatives aux vainqueurs proviennent de la Wikipédia tchèque.

Administration municipale[modifier | modifier le code]

L'administration municipale se compose de deux organes, l'Assemblée et le Conseil municipal. L'Assemblée (Zastupitelstvo hlavního města Prahy), comprend de 55 à 70 membres – 65 pour la législature 2018–2022[M 1] – élus par les citoyens de la ville au scrutin proportionnel. Les partis représentés pour cette législature sont les suivants : le Parti pirate, Praha Sobě, TOP 09, STAN, l'Union chrétienne démocrate, l'ODS et ANO. Elle se réunit sous la conduite du maire au minimum une fois par trimestre, dès que nécessaire. Elle fonctionne également sous forme de commissions dont la Commission des finances, la Commission de contrôle, la Commission de l'Éducation et la Commission des minorités nationales si au dernier recensement, 5 % au moins des habitants ne sont pas de nationalité tchèque[M 2]. Ces compétences concernent l'aménagement du territoire, le budget, la citoyenneté honoraire, les transports en commun, la collecte des déchets, la police municipale, la vie culturelle, la gestion des bâtiments historiques, etc., le tout en vertu de l'article 59 de la loi sur la ville-capitale de Prague[M 1],[M 3].

Le Conseil municipal (Rada hlavního města Prahy) comprend onze membres élus parmi les membres de l'Assemblée, avec à sa tête le maire (primátor). Les réunions du Conseil sont hebdomadaires et, à la différence de celles de l'Assemblée, ne sont pas publiques. Il s'agit de l'organe exécutif de la ville, responsable devant l'Assemblée dont il émane. Il assure la gestion de la ville, prépare des propositions pour l'Assemblée et s'assure que les résolutions adoptées par cette dernière sont exécutées[M 4].

Enfin, le maire, élu par l'Assemblée, est responsable devant elle. Il nomme, entre autres, le directeur général de l'hôtel de ville, représente Prague à l'extérieur et assume enfin, sauf exceptions, les fonctions de Gouverneur régional[M 2]. En effet, Prague ne fait pas partie de la région de Bohême centrale (Středočeský kraj) – dont elle accueille pourtant le siège administratif – qui l'entoure pourtant en totalité[40].

Les maires successifs de Prague depuis la Révolution de velours
Période Identité Étiquette Qualité
1989 1990 Josef Hájek PC Ingénieur des mines
1990 1991 Jaroslav Kořán Forum civique Écrivain, scénariste, traducteur
1991 1993 Milan Kondr ODS Ingénieur
1993 1998 Jan Koukal ODS Physicien
1998 2002 Jan Kasl ODS Architecte
2002 2002 Igor Němec ODS Mathématicien
2002 2010 Pavel Bém ODS Psychiatre
2010 2013 Bohuslav Svoboda ODS Gynécologue-obstétricien
2013 2014 Tomáš Hudeček TOP 09 Géographe
2014 2018 Adriana Krnáčová ANO Femme d'affaires
2018 En cours
(au 14 janvier 2019)
Zdeněk Hřib Parti Pirate Médecin, Consultant IT

Subdivisions administratives[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Districts de Prague.

Depuis 1990, la municipalité de Prague (hlavní město Praha) est divisée en arrondissements municipaux et administratifs. Les districts municipaux (městská část), au nombre de 57[C 2], sont administrés par un conseil municipal et un maire et ont pour principales compétences la gestion de l'environnement et des parcs publics, les équipements scolaires, l'entretien des infrastructures routières, les services de lutte contre l'incendie, ainsi que certains programmes culturels, sportifs, sanitaires et sociaux auxquelles se rajoute l'administration de certains biens publics, notamment les logements sociaux. À l'inverse, certaines compétences proches demeurent des prérogatives de la municipalité centrale de Prague (éclairage public, transports en commun, collecte des déchets, bâtiments historiques, etc.). Ces compétences procèdent d'un processus de décentralisation, d'une l'autonomie laissée à la ville et aux districts[M 3].

Ces plaques de rue sur la place de Vršovice (Vršovické náměstí) résume la complexité du découpage administratif pragois : la plaque inférieure rouge, mentionnant le nom du quartier de Vršovice (appellation cadastrale et populaire) et le numéro descriptif de l'immeuble, comporte la mention Praha 13 alors que la place fait partie de l'arrondissement de Prague 10 depuis 1960 comme le mentionne la plaque supérieure ; la plaque bleue mentionne le numéro d'orientation de l'immeuble.

Les 22 arrondissements administratifs (správní obvod) de Prague ne relèvent quant à eux pas de l'administration municipale mais de celle de l'État. Le découpage des arrondissements administratifs rejoint celui des districts municipaux, agrégeant de un à cinq districts. Au sein de chaque arrondissement administratif, un seul district municipal est désigné pour fournir l'ensemble des services gouvernementaux à tous les districts composant l'arrondissement dont il partage le nom : ainsi, le district de Prague 19, anciennement Praha - Kbely, est seul compétent pour délivrer ces services publics à ses habitants et à ceux des districts voisins de Satalice et Vinoř, tous trois formant un seul et même arrondissement, également dénommé Prague 19. Ces services comprennent par exemple la délivrance de permis de construire, la tenue de l'état-civil et la délivrance des titres d'identité, l'immatriculation des véhicules, etc. Le lien entre district municipal et arrondissement administratif est donc ténu et leur fonctionnement est étroitement imbriqué. Ces compétences procèdent de la délégation mise en place par l'État dans un système déconcentré[M 3],[C 3].

Il faut noter qu'avant 1960, la ville connaissait un découpage administratif encore différent (16 arrondissements administratifs de 1949 à 1960 puis seulement 10[C 4]) et que cette organisation territoriale continue de marquer les lieux : en effet, les panneaux de rue ont conservé la mention de cet ancien découpage, dont l'utilisation se perpétue dans le libellé postal : ainsi, une adresse dans le quartier de Kbely s'écrira toujours Praha 9 - Kbely, malgré la nouvelle numérotation du district (et de l'arrondissement) Praha 19[M 3].

Enfin, la ville est également divisée en 112 sections cadastrales (katastrální území)[C 5]. Celles-ci font référence aux noms des quartiers, parfois des anciens villages, qu'elles recouvrent ; ce sont les noms quotidiennement utilisés par la population. De fait, les Pragois utilisent davantage ces appellations cadastrales au quotidien que les appellations officielles des districts municipaux ou des arrondissements administratifs. Cependant, certains quartiers ne forment pas de sections cadastrales autonomes, parmi lesquels les quartiers de Barrandov, Spořilov, Pankrác, Letná, Bubny, Strahov, etc.

À Prague, comme dans les autres villes tchèques, un double système est utilisé pour la numérotation des voies. Chaque bâtiment possède un numéro descriptif (číslo popisné) en rouge et un numéro d'orientation (číslo orientační) en bleu. Le numéro rouge, qui correspond à une parcelle du cadastre, est unique pour chaque bâtiment d'une section cadastrale et peut ne pas suivre les numéros des bâtiments proches. Le numéro bleu est un simple numéro séquentiel, similaire à ceux utilisés dans d'autres villes européennes – néanmoins, il peut facilement être modifié si un bâtiment est détruit ou bâti dans la rue. Chaque numéro peut être utilisé seul dans une adresse, mais il est possible d'indiquer les deux à la fois pour éviter toute méprise, en commençant par le numéro rouge. Cette redondance s'explique par le caractère non systématique du nom des rues : dans les villages, elles ne sont généralement pas nommées et le numéro descriptif ou cadastral est alors indispensable au facteur ou au visiteur ; dans les villes, au contraire, il est de peu d'utilité mais obligatoire[RP 28].

Jumelages[modifier | modifier le code]

Du temps du régime communiste, un certain nombre de partenariats existaient, soit dans le cadre de la politique de coopération au sein du camp socialiste soit dans le cadre de l'assistance internationale des pays socialistes aux pays en développement (avec les villes d'Aden ou de Damas par exemple). Après 1989, ces contrats n'ont pas été renouvelés ou sont devenus caduques du fait des changements géopolitiques. La ville de Prague a en revanche mis en place différents systèmes d'échange, dans le cadre de coopération à long terme, et ce dès 1990 avec les villes allemandes de Hambourg, Francfort-sur-le-Main et Nuremberg ainsi qu'avec Chicago. La ville privilégie depuis la coopération sur des sujets spécifiques. La signature d'accords de jumelage avec les villes de Canton, de Taipei ou de Séoul au cours des années 2000, en dépit de la politique pragoise de coopération informelle, s'explique par le formalisme dans la coopération culturellement attendu dans ces pays d'Asie de l'Est[M 5].

En 2016, Prague est jumelée avec quinze villes que sont Hambourg, Francfort-sur-le-Main, Nuremberg et Chicago (depuis 1990), Saint-Pétersbourg et Phoenix (1991), Moscou (1995), Berlin et Kyōto (1996), Paris (1997), Taipei (2001), Bruxelles (2003), Séoul (2005), Miami (2010) et Canton (2014). La ville a également mis en place des partenariats, en l'absence de tout contrat de jumelage, avec les villes de Vienne, Bratislava, Jérusalem (1994), Riga (1999), Budapest (2010) et Tbilissi (2012). Les relations avec Vienne et Bratislava reposent sur des liens étroits et anciens[M 5].

Certains districts de Prague ont par ailleurs directement mis en place des coopérations avec des arrondissements de la capitale slovaque, comme Prague 1 avec la Vieille ville (en 2004), Prague 2 avec Rača (2002) ainsi que Prague 7 avec la Nouvelle ville[M 5].

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Monuments et lieux touristiques[modifier | modifier le code]

Entrée du château de Prague.
Vue de Malá Strana.
Monument à Jan Hus sur la place de la Vieille-Ville.
La maison municipale.

Le Clementinum (Klementinum), écrin de la Bibliothèque nationale tchèque, comporte une somptueuse bibliothèque baroque, datée de 1722 et héritée du temps où il abritait l'université jésuite de Prague. Elle comporte pas moins de 20 000 volumes du XVIIe siècle à l'époque contemporaine, traitant notamment de théologie. Préservée, la bibliothèque comporte un hall dont le plafond peint est dû à Jan Hiebl. Autre trésor, la collection de globes terrestres et célestes, ainsi que plusieurs horloges astronomiques. La bibliothèque est déclarée publique et universitaire par Marie-Thérèse en 1777 et dès 1781, son directeur Karel Rafael Ungar met en place une collection d'ouvrage littéraire en tchèque, la Biblioteca Nationalis, jetant les bases d'une future bibliothèque nationale[41].

Musique[modifier | modifier le code]

L'opéra de Prague.

Un dicton tchèque affirme co Čech, to muzikant, « tel Tchèque, tel musicien ». La musique joue un rôle de premier plan dans la vie culturelle de la capitale. Les salles de concert ou d'opéra sont nombreuses et illustrent l'antique concurrence que se faisaient les Tchèques et les Allemands pour la suprématie culturelle (et politique) de la ville. Le Théâtre national tchèque ouvre ses portes pour la première fois le en l'honneur de la visite de l'archiduc Rodolphe d'Autriche. Incendié peu après son inauguration, il est reconstruit en un temps record et rouvert en 1883 avec l'opéra Libuše de Bedřich Smetana composé pour l'occasion. L’Opéra d'État, autrefois connu sous le nom de Neuer Deutscher Theater est achevé en 1888 pour damer le pion aux ambitions tchèques. Partagé entre les troupes tchèques et allemandes, l'œcuménique Théâtre des États reste surtout célèbre pour avoir été le lieu de la première du Don Giovanni de Wolfgang Amadeus Mozart. L'édification du Rudolfinum, aujourd'hui siège de l'Orchestre philharmonique tchèque, date de la même époque. Achevée en 1885, cette salle de concert est dédiée au prince héritier de l'Empire, Rodolphe d'Autriche. L’Orchestre symphonique de Prague préfère, pour sa part, jouer dans la salle Smetana de la Maison municipale construite dans le style de la sécession viennoise. Non content d’avoir pour l’éternité inspiré le nom du Printemps de Prague, bucolique appellation qui recouvre les tragiques événements du printemps 1968 qui ont marqué le pays, le Festival du Printemps de Prague (Pražské Jaro) fête la musique chaque année depuis 1946. Son pendant automnal, le Festival de l’Automne de Prague (Pražský Podzim) n’a pas eu la même postérité même s’il peut se vanter d'un semblable niveau d'excellence musicale. Quelques musées tentent d'expliquer au touriste de passage cette relation d'amour entre les Praguois et la musique, la villa Bertramka rappelle le passage de Mozart chez ses amis praguois et musiciens, Josefa Dušková et son époux František Dušek. Le musée Antonín Dvořák est sis dans la villa Amerika, petit chef-d'œuvre d'architecture baroque de Kilian Ignace Dientzenhofer. Le musée Bedřich Smetana retrace les pas de cet autre géant de la musique tchèque. Le musée tchèque de la musique a récemment ouvert ses portes dans le quartier de Malá Strana.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Prague étant depuis sa fondation un carrefour culturel important, un point de rencontre entre les cultures germaniques, slaves et juives, on y mange une vraie cuisine d'Europe centrale, riche et variée. En effet, la ville fut particulièrement marquée par la présence d'une communauté juive en ses murs, et ce presque depuis sa fondation jusqu’à aujourd’hui. Venir à Prague est une occasion unique de côtoyer la cuisine ashkénaze, profondément ancrée dans toute l’Europe centrale, comme les bagel, le cheesecake (käsekuchen en version originale) ou les multiples variétés de strudel[42].

Capitale historique de la Bohême — qui fut des siècles durant sous domination germanique, tour à tour province du Saint-Empire, de l’Empire austro-hongrois et du IIIe Reich — devenant même capitale impériale sous le règne de Charles IV, il ne faut pas chercher bien loin pour trouver une trace teutonne dans les mœurs alimentaires tchèques. Dans les restaurants traditionnels, on retrouve une atmosphère semblable aux tavernes bavaroises avec ses massives pièces de viandes rôties, arrosées de bières amères et légères. S'il n'est pas rare de trouver des pains tchèques de bonne qualité (notamment des pains parfumés), on y trouve un des très rares cas de pains cuits à la vapeur en Europe que l’on sert en tranche comme garniture avec des plats en sauce. Que ce soit avec le gulaš (un ragoût de bœuf équivalent du biergulasch teuton et cousin du pörkölt hongrois, rien à voir avec le véritable goulash hongrois qui est une soupe) ou avec n’importe quelle pièce de viande, les knedliky assurent ici le rôle du pain d’une façon assez unique en Europe, rappelant les lointains pains à la vapeur que l’on trouve en Chine. Les knedliky peuvent désigner également des garnitures sous forme de boulettes de pain, de pommes de terre, parfois garnies, qui sont très répandues en Allemagne du Sud et en Autriche (knödel), cousines des quenelles françaises, et que l’on peut même retrouver au dessert en version sucrée, fourrées de fruits, de confiture ou de fromage blanc. Cette préparation relève d'une pratique assez dépaysante pour les étrangers, signe d’une cuisine ménagère qui récupère le pain rassis pour en faire des boulettes cuites au bouillon.

En se baladant dans les rues de Prague, on voit régulièrement cuire les trdelník qui est un lointain cousin du gâteau à la broche ou du baumkuchen. Il s'agit d'un héritage d’une longue tradition pâtissière européenne, d’une pâte assez pauvre (farine, œufs, sucre, beurre) — parfumée différemment selon les zones géographiques ou les traditions familiales — que l’on cuit à la chaleur d’un feu de bois ou de braises les jours de fête. Cette méthode de cuisson ancestrale assez rarement employée pour la cuisson des gâteaux nous laisse penser qu’il s’agit probablement d’une pâtisserie antérieure à l’utilisation du potager (l'ancêtre du fourneau) voire du four. Ainsi, le trdelník est probablement un descendant d’une des plus anciennes pâtisseries qu'ait connue le monde occidental[42].

Musées[modifier | modifier le code]

L'intérieur du musée national.

Au sud de Mala Strana, dans le quartier Smichov, se trouve la maison de Mozart. C'est ici qu'il composa Don Giovanni. Le premier clavecin du musicien et une mèche de ses cheveux y sont exposés. Cela dit, les musées offrent de riches collections qui valent le détour. Celles de la Galerie nationale sont judicieusement réparties dans plusieurs bâtiments adaptés à chacune des époques exposées : la peinture et la sculpture gothiques au couvent Sainte-Agnès fondé en 1234 par sainte Agnès, la peinture maniériste et baroque (en particulier les collections de Rodolphe II du Saint-Empire sont exposées au cloître Saint-Georges, le palais Šternberk abrite celles de l'art européen de l'Antiquité à nos jours, l'imposant palais des foires et expositions expose les Beaux-Arts des XIXe et XXe siècles alors que la Maison à la Vierge noire offre un aperçu de cette période d'intense création qu'est le cubisme tchécoslovaque[43]. Les écuries du château de Prague et celles du palais Wallenstein servent de cadre aux expositions temporaires de la Galerie nationale. Le musée national qui domine de sa masse imposante la place Venceslas hésite entre une fonction de muséum d'histoire naturelle (avec de riches collections de minéralogie) et celle de panthéon de la nation tchèque (avec une coupole honorant les grands hommes du pays). Il est gratuit tous les premiers lundi du mois. Le musée juif de Prague dans l'ancien ghetto de Josefov retrace l'histoire de cette communauté essentielle à la culture de la ville. Hitler voulant faire de Prague le « musée de la race disparue », le musée juif de Prague a beaucoup hérité des collections amassées à l'époque.

Issu d'une collection privée et exposant les artistes contemporains, le musée Kampa permet de découvrir, entre autres, František Kupka, l'un des créateurs de l'abstraction au début du XXe siècle ou Otto Gutfreund, auteur de la première sculpture cubiste. Il s'est récemment enrichi de la donation de Jiří Kolář, poète passé à la postérité pour son œuvre de plasticien, en particulier avec ses collages. Le musée du communisme est sis à l'extrémité de la place Venceslas (en tchèque « Václavské náměstí ») et offre aux visiteurs tout un exposé des années communistes tchécoslovaques et praguoises (en particulier entre 1948 et 1989 correspondant aux années où les communistes étaient au pouvoir), renforcés par des expositions d'objets, de photographies, de bruits et même de pièce et de films, avec le plus souvent des panonceaux explicatifs traduits en français, afin de témoigner des conditions de vie et des réalités inhérentes au régime communiste tchécoslovaque. Proche de la maison municipale, le musée Mucha propose quant à lui une collection d'œuvres et une histoire de la vie du fameux peintre Alfons Mucha ayant marqué de son passage et de son art délicat et Prague, puisqu'il a entre autres réalisé la peinture monumentale de la maison municipale de la ville, mais aussi Paris et le reste du monde. Vous trouverez également dans la Vieille Ville d'autres musées plus touristiques tels que le musée des instruments de tortures médiévales ou le musée de l'érotisme.

Le Musée national des techniques de Prague (près du parc Letná) est le plus grand musée des techniques de toute la République Tchèque ; le musée de l'aviation de Prague-Kbely se trouve quant à lui à 8 km au nord-est de la ville.

Vie culturelle[modifier | modifier le code]

Prague accueille chaque année plusieurs festivals, célébrations et compagnies culturelles, dans des domaines aussi variés que la musique, le théâtre, le cinéma, la danse ou le design.

Scène théâtrale[modifier | modifier le code]
Théâtre des États.

Prague héberge une foule de théâtres dont le Théâtre National (Národní divadlo), symbole de la renaissance nationale tchèque. Il se compose de trois ensembles : opéra, ballet et théâtre dont les représentations sont réparties entre le bâtiment historique, le Théâtre des États (Stavovské divadlo) et le Théâtre Kolowrat. Le Théâtre des États est le plus ancien de la ville, célèbre pour avoir vu la première représentation du Don Giovanni de Mozart le 29 Octobre 1787 ; il accueille opéras, ballets et productions dramatiques. La ville accueille également le Théâtre de Vinohrady, le Théâtre Švandovo (proposant un sous-titrage en anglais des pièces jouées), le Théâtre National de Marionnettes ou la Nouvelle scène, partie intégrante du Théâtre national accueillant notamment la Laterna magika, célèbre troupe musicale[44].

Prague est également célèbre pour ses représentations de Théâtre Noir, spécifique en ce que les acteurs, entièrement vêtus de noir et jouant sur fond noir, ne sont que peu visibles des spectateurs. Ce type de théâtre laisse une part importante aux jeux de lumière et aux illusions d'optique : accessoires lumineux et phosphorescents, personnages donnant l'impression de flotter, etc. D'origine chinoise, ce théâtre est devenue l'une des spécialités de la capitale tchèque avec de nombreux lieux de représentation : Ta Fantastika, Divadlo Image, Théâtre Blanik, Théâtre Metro, etc[45].

Fin mai, le festival Fringe mêle musique, théâtre, danse et contes dans le quartier de Malá Strana[46].

Scène musicale[modifier | modifier le code]

Chaque 12 mai débute le Printemps de Prague (Pražské jaro), prestigieux festival de musique classique – orchestre et musique de chambre[47] –, en l'honneur de la disparition du compositeur Bedřich Smetana. Une procession s'élance de Vyšehrad vers la Maison municipale, où les festivités commencent par Má Vlast (Ma patrie). Il est suivi de l'Automne de Prague (Pražský podzim) accueillant notamment des orchestres allemands ou britannique au Rudolfinum[48].

Durant les mois d'août et septembre, l'Opéra national de Prague organise le festival de l'opéra italien. Celui-ci met en valeur les compositeurs lyriques italiens, au premier rang desquels Verdi[48].

En octobre ou novembre, le Festival international de jazz (Mezinárodní Jazzový Festival) accueille depuis 1964 au Reduta Jazz Club et au Lucerna Music Bar des musiciens internationaux aussi célèbres que Herbie Hancock, Acker Bilk, B.B. King, etc[49].

La ville propose également un festival de world music (United Island of Prague), mêlant rock, pop, indie, musique électronique, world, folk & jazz. Il se déroule sur les îles de Kampa, Střelecký et Slovanský et dans certains clubs de la ville[48].

Autres manifestations culturelles ou festivités[modifier | modifier le code]

Le festival Tanec Praha (Danse Prague) de danse contemporaine et de théâtre de mouvement se tient chaque année depuis 1989 dans l'ensemble du pays et notamment en juin dans la capitale ; il présente tant des créations tous publics comme à destination des professionnels, des événements rassemblant les meilleurs danseurs mondiaux, des programmes pour les enfants, etc[50].

À la même période, le festival Khamoro, le plus grand événement de culture rom au monde, célèbre chaque année la culture rom, avec musique, danse et art traditionnels[51].

Designblok, le festival international de design, est le plus grand événement centreuropéen de design. Se déroulant au mois d'octobre depuis 1999, il présente tant les dernières tendances qu'une approche historique, avec séminaires, conférences, installations artistiques, etc[52].

Febiofest est un festival de cinéma organisé depuis 1993, le deuxième plus important du pays après celui de Karlovy Vary. Il présente des films en compétition comme des rétrospectives et hommages aux grands noms du septième art. Le festival de stature international a accueilli au cours des dernières années Olivier Assayas, Catherine Deneuve, Arnaud Desplechin, Claude Lelouch, Nanni Moretti, Roman Polanski, Volker Schloendorff, Tsai Ming-Liang ou encore Peter Weir[53].

Enfin, en mai se tient le festival tchèque de la bière (Český Pivní Festival), avec nourriture, boisson et musique à profusion[48].

Célébrations et commémorations[modifier | modifier le code]

Au delà de ces manifestations culturelles classiques, un certain nombre d'événements réunissent les Pragois[48] :

  • Le 19 janvier, de nombreux Pragois se rassemblent place Venceslas devant le monument érigé à la mémoire de Jan Palach, l'étudiant qui s'est immolé par le feu en 1969 pour protester contre l'occupation soviétique à la suite de la répression du Printemps de Prague.
  • Le carnaval (Masopust), vieille tradition interdite sous le régime communiste, voit la ville faire la fête, avec feux d'artifice et concerts du vendredi au mardi gras, jour du défilé masqué.
  • La fête foraine, dite Foire de Saint Matthieu (Matějská pouť) prend place du 24 février jusqu'à Pâques au parc des expositions de Výstaviště.
  • Le bûcher des sorcières (Pálení čarodějnic), correspondant à la Nuit de Walpurgis, dans la nuit du 30 avril au 1er mai, est une fête néo-païenne célébrant la fin de l'hiver. Des balais sont brûlés à Výstaviště et des feux allumés sur l'île de Kampa et sur la colline de Petřín.


Personnalités liées à Prague[modifier | modifier le code]

Centre économique et culturel de la Bohême, Prague a attiré ou vu la naissance de nombreuses personnalités, parmi lesquelles :

Héraldique, logotype et devise[modifier | modifier le code]

Armoiries principales de Prague.

Armoiries actuelles de Prague, approuvées par le conseil municipal le [54].

Les armes comportent en outre deux ensembles de douze drapeaux, correspondant respectivement aux drapeaux des quartiers de Nové Město, Hradčany, Vyšehrad, Libeň, Bubeneč, Košíře, Smíchov, Vršovice, Žižkov, Uhříněves, Horní Počernice et Zbraslav (à droite) et de Staré Město, Malá Strana, Josefov, Holešovice-Bubny, Břevnov, Karlín, Nusle, Královské Vinohrady, Vysočany, Modřany, Radotín et Dubeč (à gauche)[55], soit les villes et communes dont la fusion alors récente (ces armoiries ayant été élaborées en 1926) a formé la Grande Prague. Les lions supportant l'écu rappellent que Prague est en étroite relation avec les pays tchèques et soulignent leur apport à celle-ci[56].

La devise actuelle, Praga Caput Rei publicae (soit Prague, capitale de la République) remplace la devise médiévale de Praga Caput Regni (Prague, capitale du Royaume) et la devise utilisée de 1927 à 1991 Praha matka měst (en latin Praga mater urbium, soit Prague, mère des villes)[54]. La devise Praha matka měst signifiait que la ville doit protéger l'indépendance de l'État tchécoslovaque et travailler à sa prospérité[56].


Armoiries principales de Prague sous la République socialiste tchécoslovaque.

Pendant la période communiste, la République socialiste tchécoslovaque a modifié les armoiries. Elles étaient alors surmontées d'une étoile rouge. On note également qu'antérieurement à 1991, le lion porte un écu aux armes de la Slovaquie.


Insigne Pragae.svg

Armoiries secondaires de la ville, qui ne sont autres que l'écu des armoiries principales. Elles peuvent se blasonner ainsi : De gueule à la muraille d'or et aux créneaux d'argent, maçonnée de sable, ouverte de sable aux battants tannés, hersée d'or et au dextrochère paré d'argent, sommée de trois tours aussi d'or et maçonnées de sable, ajourées de sable, portant créneaux et toits d'or[55]. Ce bras armé représenterait la défense de la ville avant l'envahissement par les troupes suédoises lors de la Guerre de trente ans[54].


Drapeau de Prague.

Établi par décret le 28 avril 2004, le drapeau de Prague reprend les couleurs des armes de la ville, le jaune et le rouge, en deux bandes horizontales d'égale largueur[54].


Logotype de Prague

Logotype de Prague, créé par Aleš Najbrt en 2002 pour le compte de la municipalité[55].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pour être exact, les Tchèques obtiennent en 1882 la scission de l'université Charles en deux entités dont l'une enseigne en tchèque.

Références[modifier | modifier le code]

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

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Autres ouvrages[modifier | modifier le code]

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  4. Bernard Michel, Histoire de Prague, Paris, Fayard, (ISBN 2-213-60269-7).
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Autres références[modifier | modifier le code]

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  51. (en) Tomáš Bystrý, « About the festival », sur Světový romský festival Khamoro (consulté le 19 janvier 2019)
  52. (en) Designblok | Prague International Design Festival, « Designblok | Prague International Design Festival », sur www.designblok.cz (consulté le 18 janvier 2019)
  53. (en) Prague International Film Festival- Febiofest, « Festival profile », sur Prague International Film Festival - Febiofest (consulté le 18 janvier 2019)
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  55. a b et c (cs) « Znak hlavního města Prahy v Praze », sur www.prahainfo.cz (consulté le 13 janvier 2019)
  56. a et b Václav Vojtíšek, « Les armoiries de la ville de Prague », sur www.historie.hranet.cz, (consulté le 13 janvier 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bertrand Michel, Histoire de Prague, Fayard, 1998. Bertrand Michel est professeur honoraire à la Sorbonne. Il est le spécialiste français de l'histoire de Prague et la Bohême. Du même auteur : Prague Belle époque, Flammarion, 2008.
  • Angelo Ripellino (trad. Jacques Michaut-Paterno), Praga magica : Voyage initiatique à Prague, Plon, coll. « Terre humaine / Poche », 1993 (ISBN 2-266-06687-0).
  • Harald Salfellner, Prague. La ville dorée, Prague, Vitalis, 2014 (ISBN 978-80-7253-331-2).
  • Harald Salfellner, Prague. Un guide, Prague, Vitalis, 2012 (ISBN 978-80-7253-295-7).
  • Léon de Coster, Xavier de Coster, 15 promenades dans Prague, Casterman, coll. « Découvrir l'architecture des villes », 1992 (ISBN 2-203-60501-4).
  • Louis Léger, Prague, Librairie Renouard, Laurens, 1907 [lire en ligne].
  • Anthony Sitruk, La Vie brève de Jan Palach, Le Dilettante, 2018 (ISBN 978-28-4263-967-9)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]