Rock progressif

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Rock progressif

Origines stylistiques Rock psychédélique, baroque pop, folk rock, musique d'avant-garde, rock expérimental, jazz fusion, free jazz, musique classique
Origines culturelles Fin des années 1960 ; Royaume-Uni
Instruments typiques Guitare électrique, basse, batterie, clavier, synthétiseur. Inclusion fréquente d'instruments inhabituels à la musique rock; flûte traversière, saxophone, violon, vibraphone
Scènes régionales Scène relativement globale; Londres - Italie - Allemagne - Canterbury - États-Unis - France - Canada - Japon
Voir aussi Artistes, groupes, groupes par pays

Sous-genres

Métal progressif, rock symphonique, rock wagnérien, rock néo-progressif, space rock, krautrock, zeuhl, pop-prog

Genres associés

Art rock, hard rock, arena rock, rock in opposition, math rock, post-rock, house progressive

Le rock progressif, souvent abrégé en rock prog ou prog, est un genre de musique rock ayant émergé à la fin des années 1960 au Royaume-Uni. Puisant dans une multiplicité de genres dont le jazz, le blues et la musique classique, il se révèle particulièrement élaboré au niveau de la technique instrumentale, de la composition, des textes ou encore des artworks. Il se distingue également par la longueur de ses morceaux, la promotion de l'album-concept et la volonté plus ou moins importante de s'éloigner du circuit commercial et de son formatage.

Porté par des groupes comme Pink Floyd, Jethro Tull, King Crimson, Genesis, Emerson, Lake and Palmer ou Yes, sa popularité atteint son apogée dans les années 1970. Mais, progressivement boudé par la critique puis par le punk rock qui le jugent prétentieux et trop intellectuel, il connaît une période de déclin dans les années 1980, alors qu'émergent le néo-prog et le metal progressif. Ce n'est que plus tard que le genre retrouvera un certain succès, sans jamais vraiment revenir.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Le terme « rock progressif » recouvre bien souvent diverses appellations « barock rock » ou bien « classical rock ». Le terme le plus communément employé, du moins en France, reste le terme « rock progressif ». En anglais, le genre est désigné sous l'appellation « progressive rock », qu'on peut traduire par « rock progressiste », c'est-à-dire un rock aux idées avancées et avant-gardistes. Le terme français « progressif » signifie, selon la définition la plus commune, « qui avance par étapes », ce qui correspond tout aussi bien à ce style de musique. Peu de groupes de rock progressif acceptent d'être étiquetés sous cette appellation, jugée bien souvent dévalorisante. C'est le cas par exemple de Peter Hammill, qui préfère qualifier sa musique d'art rock. Quant aux artistes officiant dans le courant « krautrock », ils refusent catégoriquement d'être placés dans ce style, considérant eux-mêmes qu'ils ne font pas du rock.

Le terme "rock progressif" utilisé pour définir le genre prendrait son origine dans le livret du disque éponyme de Caravan, paru en 1968. [1]

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le rock progressif est issu directement du rock, mais est caractérisé par sa forte utilisation d'influences provenant du jazz, du folk et des musiques classique et contemporaine afin d'étendre les possibilités et les limites de la musique populaire. Le style s'attache ainsi à être une forme musical plus libre, ne se limitant pas aux caractéristiques principales du rock (morceaux courts, rythme régulier, schéma caractéristique: couplet/refrain/couplet). En cela, l'approche des artistes de rock progressif est assez similaire à celle des artistes de jazz de la scène expérimentale: longues explorations instrumentales, suites d'accords complexes, etc.[1] Les instruments prennent régulièrement le pas sur les voix.[2]

Structure[modifier | modifier le code]

Le rock progressif, lorsqu'il apparaît vers la fin des années 1960, poursuit et accentue l'idée d'abandon du format traditionnel de musique populaire, introduit par les groupes psychédéliques de l'époque tels que Cream et The Jimi Hendrix Experience. Ainsi, l'expérimentation de nouvelles formes musicales devient le pivot central du genre, et les morceaux parfois s'étendent sur des durées relativement longues. Dans ce cas, à l'instar des compositions classiques, certaines chansons sont formées de différentes sections contrastant les unes avec les autres, liées par une thématique commune.[3] Ainsi, en règle générale, ces différentes sections alternent entre parties chantées mélodiques et explorations instrumentales très complexes, mettant l'emphase sur une utilisation poussée de théorie musicale: polyrythmie, contrepoint, gammes inusitées et signatures rythmiques composées. En outre, certains groupes de musique progressive font référence à des techniques de composition typiques à la musique classique; la structure de la pièce Close to the Edge de Yes est souvent comparée à celle d'une sonate,[1] et plusieurs morceaux de Gentle Giant sont caractérisés par leur utilisation du contrepoint et leurs emprunts au madrigal et à la musique baroque.[4]

Cependant, malgré ces fréquentes références à la musique classique, il existe également plusieurs artistes de rock progressif empruntant au jazz en forme et en structure. Cette branche du genre prend ses origines dans la Canterbury Scene, scène locale de l'université du Kent, en Angleterre, avec ses groupes phares comme Soft Machine, Caravan et Gong, et est caractérisée par une approche dirigée davantage vers l'improvisation et la fusion du free jazz et du rock psychédélique.[5] À l'image de la scène jazz qui commençait au même moment à intégrer des influences rock, avec le Bitches Brew de Miles Davis par exemple, certains groupes de la scène progressive anglaise incorporaient de longues séquences d'improvisation dans leurs morceaux. Un exemple notoire serait certainement King Crimson, dont la musique emprunte au free jazz (avec des morceaux tels que Moonchild et Providence) suit une forme moins rigoureusement structurée que celle de Yes, Gentle Giant et Genesis.[4]

Néanmoins, comme le décrit John Petrucci de Dream Theater, la musique progressive est justement caractérisée par ses limites stylistiques presque inexistantes.[6]Ainsi, les influences liées à la structure dépendent donc largement du groupe dont il est question: il est fréquent de retrouver des influences folk (Jethro Tull, Harmonium), atmosphériques (Pink Floyd, Hawkwind), pop (Supertramp, Peter Gabriel) expérimentales (Magma, Frank Zappa) et hard rock (Rush, Uriah Heep).

Instrumentation[modifier | modifier le code]

Minimoog, instrument typique du rock progressif des années 1970.

Outre les instruments classiques du rock (guitare, basse, batterie), plusieurs artistes progressifs incluent dans leur musique une instrumentation inusitée et variée, contribuant à leur volonté d'expansion des limites de la musique rock. Ainsi s'ajoutent à la liste des instruments de base du rock progressif les instruments à claviers, à commencer par le piano, mais également l'orgue Hammond, le piano électrique Würlitzer, le mellotron et autres synthétiseurs. Coïncidant avec la naissance du genre, plusieurs de ces instruments furent conçus et commercialisés durant les années 1960, et à l'origine utilisés comme substituts à la présence d'un orchestre. Cependant, le mellotron, plus spécialement, devint rapidement un élément caractéristique de certains groupes tels que Genesis et les Moody Blues, non pas pour la précision de la qualité de sa reproduction de sons orchestraux, mais pour sa capacité à construire des ambiances.[7]

Cependant, des instruments plus atypiques à la musique populaire ne sont pas rares parmi les groupes du mouvement: la flûte traversière, le saxophone, la trompette et le violon sont parfois intégrés parmi l'instrumentation principale caractéristique. De plus, certains groupes aux influences plus classiques intègrent des ensembles de cordes, de cuivres ou de bois - parfois des orchestres symphoniques complets - et des chœurs.

Aspect conceptuel, paroles et imagerie[modifier | modifier le code]

La genèse de l'idée d'album-concept dans la musique rock est généralement attribuée à l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles, paru en 1967. L'aspect conceptuel apporté par cet album fut particulièrement développé exploité dans les années 1970, devenant rapidement un élément important chez plusieurs groupes de la scène progressive. Il devint pratiquement une norme au sein du mouvement que de regrouper les morceaux d'un album sous un thème commun, et parfois même dans des formes plus développées et théâtrales - le format d'album deviendra alors dans certains cas un véritable média narratif, racontant une histoire, d'une façon comparable à un opéra. The Wall de Pink Floyd, The Lamb Lies Down on Broadway de Genesis et Thick as a Brick de Jethro Tull constituent quelques exemples des plus notoires de cette notion d'utilisation de l'album comme moyen de narration.[8]

En outre, les concepts utilisés par les artistes progressifs sont généralement recherchés, et tentent de s'éloigner des thèmes communs à la musique pop, tels que l'amour, la danse et la sexualité. Des domaines plus intellectuels tels que la philosophie et la psychologie comptent parmi le plus fréquentes sources d'inspiration thématiques de plusieurs paroliers de la scène progressive.[9] De plus, les œuvres de fiction et la littérature classique font souvent des influences, et on retrouve régulièrement des thèmes associés au fantastique, à l'ésotérisme et à la science-fiction, et touchent parfois - souvent parallèlement à une des influences citées auparavant - à la critique sociale.[10] Par exemple, inspiré du roman La Ferme des Animaux de George Orwell, l'album Animals de Pink Floyd constitue une vive critique métaphorique du système capitaliste, de même que Thick as a Brick de Jethro Tull critique satyriquement la divison des classes sociales au Royaume-Uni.

La notion d'albums-concept a également emmené chez certains artistes un désir de graphisme et d'imagerie unique et représentative du concept ou de la musique en question. On désirait développer une identité visuelle.[11] Brisant avec la tradition de représenter les artistes au devant d'un album, cette volonté donna lieu à la création d'une multitude de pochettes d'albums conceptuellement complexes réalisées par des artistes professionnels. Souvent, dans le format vinyle de l'époque, une pochette de disque, une fois dépliée, pouvait constituer une vaste fresque. Cela est le cas notamment des pochettes réalisées par Roger Dean, spécialement pour le groupe Yes, qui sont caractérisées par un style largement imaginaire soutenant la musique du groupe.[12] On peut également citer la firme de graphisme Hipgnosis, réalisant des illustrations au sens plus subtil et parfois tirant du surréalisme.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Vers la fin des années 1960, le rock psychédélique est à son apogée. Certains artistes du genre commencent alors à y mélanger des éléments et des influences de jazz, de musique orientale ou de musique classique. Les deux albums des Beatles, Revolver (août 1966) et, encore davantage, Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (juin 1967), contiennent des éléments précurseurs du mouvement progressif. On parle alors de proto-prog.

Les longues expérimentations, toujours issues du rock psychédélique, font leur apparition dans le rock, avec des musiciens tels que Jimmy Page, Jeff Beck et Math Lach. Les Yardbirds imposent l'expérimentation dans le rock dès 1966, pendant que Jeff Beck reprend le Boléro de Ravel, sur un morceau intitulé Beck's Bolero (avril 1967), mariant ainsi pour la première fois rock et musique classique. Autre groupe important dans le domaine de l'improvisation : 1-2-3, renommé plus tard The Clouds, qui commence à composer de longs morceaux improvisés, ne possédant pas de structures préétablies. D'autres groupes suivent le mouvement, tels que les américains Grateful Dead ou Iron Butterfly (ce dernier avec, par exemple, la chanson In-A-Gadda-Da-Vida, mai 1968) et, bien sûr, Jimi Hendrix. Parallèlement, d'autres groupes, comme The Nice ou The Moody Blues (ces derniers sur l'album Days of Future Passed, novembre 1968), mélangent délibérément rock et musique classique, produisant de très longs morceaux, non basés sur des improvisations. Dans une veine similaire, l'opéra-rock Tommy (1969) des Who, par ses thèmes récurrents et certains morceaux à l'ambiance changeante, se rapproche de la signature de futurs groupes de progressifs, bien que l'opéra-rock soit un style à part entière.

En 1969, le groupe américain Touch sort un album éponyme qui marque les esprits. Le leader du groupe, Don Gallucci explique que : « Ce disque a été conçu comme une sorte de quête spirituelle, son but était de permettre à l’auditeur de modifier son état de conscience en passant non par la méditation ou la drogue, mais par la musique. ». Le disque est cité comme une source d'inspiration à la fois par Kerry Livgren (Kansas), Yes et Uriah Heep. Le groupe n'a pas sorti d'autre album. Frédéric Delâge considère le groupe comme l'un des précurseurs du rock progressif injustement oublié[13].

Débuts[modifier | modifier le code]

Angleterre[modifier | modifier le code]

Premiers groupes[modifier | modifier le code]
Le groupe Yes en 1977.

En 1968, quatre groupes anglais, The Nice, Soft Machine, Procol Harum et Barclay James Harvest, ont l'idée de reprendre toutes les innovations de la période proto-prog (longues improvisations, synthétiseurs…), afin de créer un style bien distinct du rock, et plus particulièrement du rock psychédélique. Mais on s'accorde à dire que la pièce fondatrice du rock progressif est l'album In the Court of the Crimson King de King Crimson, publié en octobre 1969. D'autres groupes, venus du rock psychédélique ou du blues pour la plupart, vont décider d'orienter volontairement leur musique vers le rock progressif annoncé par King Crimson. Ainsi Yes sort Time and a Word, dans une veine plus symphonique ; Genesis publie Trespass ; Van der Graaf Generator sort The Aerosol Grey Machine, au son fortement empreint de musique électronique ; Jethro Tull introduit la musique folk dans le style avec Aqualung. Pink Floyd également change de style, à la suite de la perte de son guitariste et compositeur Syd Barrett, et sort Atom Heart Mother.

Le succès allant croissant, de nouvelles formations tentent l'aventure. On retrouve alors le supergroupe Emerson, Lake and Palmer (abrégé en ELP), avec Keith Emerson ex-Nice, Greg Lake ex-King Crimson et Carl Palmer issu du trio Atomic Rooster, qui devient un des plus grands du rock progressif, ou encore Gentle Giant, qui apporte une touche de médiévalisme dans sa musique. Le succès du style à l'époque s'explique en partie dans le fait que certains courants du progressif touchent un public très nombreux, gagnant notamment des adeptes parmi les fans déçus du mouvement peace and love, qui s'essouffle en cette fin des années 1960. Avec ses textes, le rock progressif va également complètement se couper du rock. De la « bonne humeur » des années 1960, on passe à des textes plus réfléchis et plus sombres. On peut citer Van der Graaf Generator et ses textes existentialistes, la philosophie nihiliste de Pink Floyd ou les pamphlets de Genesis (The Knife, Stagnation).

École de Canterbury[modifier | modifier le code]
Article détaillé : école de Canterbury.

L'école de Canterbury, ou son de Canterbury, naît en 1963 dans la cité de Cantorbéry, et regroupe, à l'époque, de nombreux futurs grands noms du rock progressif. Ce mouvement trouve son origine dans un ensemble obscur dénommé The Wilde Flowers. Cette formation ne sort aucun album, mais ses musiciens vont par la suite fonder de très nombreux groupes, dont le style sera désigné sous le nom d'École de Canterbury. On retrouve notamment les musiciens Hugh Hopper, Robert Wyatt, Richard Sinclair, Kevin Ayers, Richard Coughlan, Daevid Allen, Steve Hillage et Pye Hastings. Ces derniers fonderont par la suite deux groupes majeurs du rock progressif : Caravan et Soft Machine. Si le style est parfois plus proche du jazz fusion que du progressif, l'École de Canterbury est reconnue comme un courant de ce dernier.

L'École de Canterbury commence vraiment à prospérer en 1969, avec l'arrivée massive de nouveaux musiciens, parfois étrangers, changeant régulièrement de groupe, ce qui explique la richesse du style. On peut citer les Wilde Flowers, qui muteront plus tard en Soft Machine, Gong, Henry Cow, Camel, Khan, Egg, Hatfield and the North, Matching Mole ou National Health.

Rock in Opposition[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Rock in Opposition.

Le collectif Rock in Opposition, fondé au début des années 1970 par Fred Frith, guitariste d'Henry Cow, regroupe, à l'image de l'école de Canterbury, un grand nombre de groupes de rock progressif. Il est créé à l'origine pour s'opposer à l'industrie du disque, qui refusait de sortir leurs albums. De ce mouvement contestataire naît un véritable collectif d'artistes avant-gardistes du rock progressif. Leur style, aux mélodies sombres et au jeu libre, pousse plus en avant les techniques d'expérimentation. Les principaux groupes sont Univers Zéro, Art Zoyd, Etron Fou Leloublan, Art Bears et Aksak Maboul. Même si ce mouvement ne dure que quelques années, il joue un rôle décisif dans l'histoire du rock progressif des années 1970. L'appellation de « Rock in Opposition » est d'ailleurs toujours utilisée pour décrire les groupes restant en dehors des normes établies par le commerce de la musique enregistrée.

Tendance progressive[modifier | modifier le code]

Outre le rock progressif, la période des années 1970 représente l'apogée de la pop et du hard rock. Ainsi certains groupes, issus de l'un ou l'autre style, sont influencés par le rock progressif et l'injectent dans leur musique. C'est la naissance des groupes dits « à tendance progressive ». On peut citer notamment The Alan Parsons Project, Barclay James Harvest, Manfred Mann's Earth Band et Electric Light Orchestra. Ces derniers, contrairement aux artistes de rock progressif, s'orientent vers une musique plus « radio-friendly », c'est-à-dire plus commerciale. D'autres, tels Led Zeppelin et Supertramp, laissent constamment une empreinte progressive, plus ou moins prononcée selon leurs albums.

Eurock[modifier | modifier le code]

La scène d'Europe continentale est désignée sous le nom d'eurock, par opposition au rock progressif britannique, « eurock » étant initialement le nom d'un programme de radio et d'un magazine californiens consacrés au rock progressif européen continental.

Allemagne[modifier | modifier le code]

Dès le début des années 1970, l'Allemagne présente une très riche scène de groupes progressifs. D'un côté, le krautrock, plutôt instrumental et électronique, aligne un nombre impressionnant de groupes : Can, Popol Vuh, Cluster, Klaus Schulze, Faust, Guru Guru, Kraftwerk, Tangerine Dream, Amon Düül II, Ash Ra Tempel, Floh de Cologne ou encore Neu!. Si ce genre n'est pas reconnu unanimement comme un courant du rock progressif (à commencer par ces groupes eux-mêmes), il n'en reste pas moins un des plus créatifs en Europe. Klaus Schulze et Tangerine Dream sont également à l'origine d'un nouveau courant : l'ambient. De l'autre, quelques groupes produisent une musique très proche de celles des groupes progressifs anglais, comme Triumvirat, très proche d'Emerson, Lake and Palmer), Ramses et, plus tard, Eloy, dans un style situé entre Yes et Pink Floyd.

France[modifier | modifier le code]

En France, la « vague » progressif arrive également très tôt. Les deux premières grandes formations sont fondées en 1969 : il s'agit d'Ange et de Magma. Si le premier est fortement influencé par le rock progressif anglais de Pink Floyd et de King Crimson, le second en est très loin. Le leader du groupe, Christian Vander, très influencé par le jazz de John Coltrane, est à l'origine d'un nouveau courant du prog, la Zeuhl, dont Magma reste bien sûr la référence. Le groupe impressionne en France et parvient à percer outre-Manche. Au début des années 1990, un groupe parisien instrumental, Xaal, s'inscrira dans la direction musicale tracée par Christian Vander, sans toutefois parvenir à percer.

D'autres groupes, tels que Carpe Diem, Atoll ou Pulsar, Catharsis, Rhesus 0, Shylock resteront dans la même veine qu'Ange, sans pour autant égaler le succès de celui-ci ou réussir à imposer leur propre style (Pulsar sera qualifié de « Pink Floyd français », Atoll de « Ange-bis »). Une autre formation française, Taï Phong, créée par deux frères vietnamiens Khanh Maï, chant et guitares et Taï Sinh chant basse, guitare et synthétiseur, avec Jean-Jacques Goldman au chant et guitares, rencontra un succès assez important en France.

On peut également citer Mona Lisa ou bien le groupe Elixir influencé par ses aînés français. La vague néo-progressive de la seconde partie des années 1980 touche également la France avec l'apparition d'une série de groupes délaissant l'héritage musical de Ange pour s'inscrire dans une veine plus anglo-saxonne de néo-progressif (même si la majorité de ces formations conserve un chant en français) : Minimum vital, Arkham, Eclat de Vers, Elephant & Castle… Le groupe le plus emblématique de cette période demeure Arrakeen, qui assurera la première partie de Marillion sur les dates françaises de leur tournée Season's End en 1989-1990, se permettant de jouer au Zénith de Paris et d'y décrocher un rappel, signe que le progressif français avait le potentiel de toucher un public élargi. La totalité de ces groupes a toutefois disparu dans les années 1990, incapables de quitter le monde underground de l'auto-production et de la diffusion confidentielle de leur musique via des labels hyper-spécialisés tels Musea et le réseau habituel des fanzines consacrés au rock progressif. Le groupe Lazuli formé en 1998 commence à se faire connaître à partir de 2005. Groupe atypique dont la particularité est d'avoir inventé la Leode, instrument unique au monde. Ils jouent plus à l'étranger qu'en France où ils écument les plus grands festivals.

Italie[modifier | modifier le code]

La scène italienne est bien souvent considérée comme un style à part entière, connu sous le nom de rock symphonique italien. Dans un style très proche du groupe anglais Gentle Giant et bien plus empreint de musique classique que les autres scènes européennes, le rock progressif italien aura son heure de gloire durant les années 1970 avec Premiata Forneria Marconi (PFM), Area, Banco del Mutuo Soccorso, Le Orme, Osanna, Saint Juste, Goblin, Museo Rosenbach, Il Balletto di Bronzo, Stormy Six, Arti e Mestieri, Opus Avantra, Perigeo, Rovescio della Medaglia, Biglietto per l'Inferno, Alphataurus, ou encore Locanda Delle Fate et Maxophone.

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Le rock progressif hollandais restera également l'un des plus marquants dans l'histoire de l'Eurock. Plus proche d'un rock progressif plus ancré hard rock, mais pas moins soigné pour autant, il connaîtra son heure de gloire avec Focus, Kayak, Earth and Fire, Water, Supersister, Ekseption et Trace. La formation la plus marquante reste Focus, et les chansons Sylvia, Hocus Pocus (reprise plus tard par Iron Maiden) et Eruption.

Autres pays[modifier | modifier le code]

Amériques[modifier | modifier le code]

L'arrivée du rock progressif se fit plus tardive aux Amériques par rapport à l'Angleterre et au reste de l'Europe. La popularité des groupes anglais aux États-Unis, notamment Pink Floyd et Genesis, encouragea la naissance d'une scène progressive américaine vers le milieu des années 1970. Pavlov's Dog, Ambrosia, Fireballet, Happy The Man, mais surtout Kansas furent les fers de lance du rock progressif à l'américaine.

Autre groupe très important, Rush est une formation canadienne naviguant entre prog et hard rock dont le succès n'a cessé d'augmenter depuis les années 1970. La musique progressive est d'ailleurs très populaire au Canada (Rush, FM) et plus précisément au Québec, avec Harmonium, Octobre, Maneige, Sloche, L'Infonie aussi malgré le son plus jazzé, exemples rares de groupes francophones dans le monde du rock progressif. Notons aussi des groupes tels que Morse Code avec des albums comme La marche des hommes, Procréation ou Je suis le temps. On peut aussi citer d'autres groupes du Québec, dont Dyonisos, avec entre autres Le prince croule, ou Contraction avec La bourse ou la vie. De ce dernier groupe d'ailleurs furent issus certains grands musiciens qui firent partie du collectif Ville Émard Blues Band, y compris Yves Laferrière, Christiane Robichaud et Michel Robidoux, ainsi que des futurs Harmonium Robert Stanley et Denis Farmer. Un autre grand du progressif au Québec fut bien sûr Maneige, groupe instrumental très proche de Gentle Giant, avec les frères Vincent et Jérôme Langlois ainsi que le grand Gilles Schetagne à la batterie.

Au Brésil, Os Mutantes, issue du mouvement tropicalia, combine dès la fin des années 1960 des éléments de musique traditionnelle brésilienne, de rock psychédélique et de rock expérimental. Dans la même période un groupe américain nommé Starcastle crée un rock progressif très influencé par le groupe Yes. Mis à part Kansas et Rush, le rock progressif des Amériques restera dans l'ombre de ses homologues anglais et européen.

Apogée[modifier | modifier le code]

Pink Floyd en concert en 1973.

À partir de 1973, le rock progressif commence vraiment à devenir populaire en Europe, avec des artistes comme Mike Oldfield qui sort Tubular Bells (bande-originale du film L'Exorciste), Camel qui sort Mirage, son plus gros succès, ou encore Jethro Tull, qui accumule les succès depuis Thick as a Brick. Pink Floyd sort coup sur coup trois albums des plus importants dans le rock progressif : The Dark Side of the Moon (1973), Wish You Were Here (1975), Animals (1977). En 1975, Camel sort un concept album, The Snow Goose, basé sur une nouvelle de Paul Gallico et qui propulse le groupe au top des ventes d'albums.

Genesis, après deux albums majeurs (Selling England by the Pound en 1973 et The Lamb Lies Down on Broadway en 1974) connait une rupture importante avec le départ de son chanteur Peter Gabriel qui désole les fans du groupe. Le guitariste emblématique Steve Hackett quitte Genesis deux ans plus tard, en 1977. Le groupe évolue alors vers un style plus commercial. Yes sortiront durant les années 1970, trois grands albums majeurs du progressif, soit Close to the Edge, Tales from Topographic Oceans et Relayer, avant de revenir à un rock moins axé sur les longues suites de 20 minutes. Les deux albums qui suivirent Going for the One et Tormato seront en effet constitués de chansons plus courtes et moins aventureuses. Ces succès importants du style progressif permettent à d'autres groupes de sortir de l'ombre, telle que Colosseum, référence en matière de jazz-rock à l'heure actuelle. Le batteur Jon Hiseman, le sax ténor Dick Heckstall-Smith ainsi que le bassiste Tony Reeves ont fondés Colosseum après avoir fait partie du John Mayall's Bluesbreakers.

Rejet du punk[modifier | modifier le code]

Logo de l'album The Wall de Pink Floyd.

En 1977, le rock progressif perd de plus en plus d'adeptes et de reconnaissance de la part des médias, avec l'arrivée du mouvement punk. L'opinion critique anglaise se rapproche alors de ce style de rock plus simple, plus agressif et surtout plus accessible. Le prog est alors décrié comme un style « pompeux » et « prétentieux ». Malgré cela, en 1978, sortit l'album Jeff Wayne's Musical Version of The War of The World. Double album expérimental entre opéra-rock et popularisation des synthétiseurs dans les parties musicales, il devient culte pour cette révolution musicale.

Toutefois, les plus grands groupes de rock progressif réussissent à faire face, Pink Floyd sortant, en 1979 The Wall, l'un des albums les plus vendus de l'histoire. Après avoir intégré l'ex-parolier de King Crimson Peter Sinfield, Emerson, Lake & Palmer sort le fameux Brain Salad Surgery, souvent considéré comme le meilleur album du groupe. En général les groupes de rock progressif ont tous dû en venir à un style plus accrocheur et simple, dans l'espoir de rendre leur musique plus accessible pour lutter contre les mouvements punk et disco. Leurs nouveaux styles tendaient de plus en plus à se rapprocher du simple rock, avec la structure refrain-couplet-refrain, réduisant la longueur des chansons et sortant beaucoup plus de singles qu'avant. Certains groupes y sont brillamment arrivés (Pink Floyd, Genesis, Jethro Tull…), d'autres ont continué pendant les années suivantes ou bien, même en simplifiant leur style, n'ont plus réussi à reconquérir le grand public (Camel, Yes, et Eloy, notamment), tandis que d'autres ont totalement arrêté (Gentle Giant). Toutefois, il y eut certaines exceptions confirmant la règle, tels que Rush et Kansas, se lançant dans le rock progressif au début de son déclin. Leur style mélangeait le rock progressif et le heavy metal. Ces deux groupes furent à l'origine de ce qui s'appellera, par la suite, le metal progressif.

Des groupes de new-wave ont eu des tendances ou influences progressives, telle que Wire, Magazine, Cardiacs ou Simple Minds.

Années 1980[modifier | modifier le code]

Néo-prog[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Néo-prog.

Alors que le rock progressif est en plein déclin, une jeune formation anglaise, Marillion, emmené par son charismatique chanteur Fish, va faire renaître le style. L'année 1983 et l'album Script for a Jester's Tear marquent alors l'apparition du rock néo-progressif, ou néo-prog. D'autres groupes suivent bientôt, on retiendra particulièrement IQ, Twelfth Night, Pendragon, Pallas et Saga. Si la quasi-totalité des groupes de néo-prog sont britanniques au début, le style commence à s'étendre en Europe, où de nouveaux groupes apparaîtront plus tard. Comparé au rock progressif, le néo-prog est plus abordable, ce qui explique son succès à l'époque. Mais, avec le départ du chanteur Fish de Marillion, le style va, lui aussi, connaître le déclin, et ne retrouvera plus le succès qu'il a pu avoir au cours des années 1980. Quoique depuis l'arrivée de son successeur, Steve Hogarth, le groupe s'est simplement dirigé vers d'autres zones de progressif avec une voix différente et donc, une musique plus recherchée, plus centrée sur des compositions simples tout en restant centrées sur le prog. Dans le cadre néo-progressif, on ne peut passer sous silence le groupe suédois Xinema, trio formé de Mikael Askemur, chant, basse, guitares et claviers, Sven Larsson, guitares rythmiques, lead et au chant ainsi que Jonas Thurén à la batterie et au chant. Ils ont deux albums sur le marché, Different Ways sorti en 2002, et Basic Communications en 2006.

Apparition du metal progressif[modifier | modifier le code]

Article détaillé : metal progressif.

En 1975, Rush et son album Caress of Steel, ainsi que divers groupes tels que Styx ou Kansas, jettent les bases d'un style nouveau, mélangeant la complexité du rock progressif à l'agressivité du hard rock. Mais leurs récents efforts sur disques n'ont plus rien à voir avec le progressif, plus proches du heavy que du prog. Au milieu des années 1980, Queensrÿche, groupe de heavy metal, s'annonce, avec ses albums The Warning et Rage for Order, comme le précurseur d'un style nouveau, le metal progressif. D'autres groupes suivent, telle que Fates Warning et Dream Theater, et contribuent d'ores et déjà au succès du style. Queensrÿche sort en 1988 l'un des albums références du genre, Operation: Mindcrime.

Succès commerciaux[modifier | modifier le code]

Devant l'ampleur du mouvement punk, bientôt rejoint par une autre vague, la New Wave of British Heavy Metal, certains inconditionnels du rock progressif changent de direction musicale, en simplifiant leur musique et en la rendant plus commercialement viable. En 1982, le très attendu supergroupe Asia, composé de Steve Howe (Yes), Carl Palmer (ELP), John Wetton (King Crimson/U.K.) et Geoff Downes (The Buggles/Yes), surprend les fans de rock progressif avec son premier album orienté pop. Le single Heat of the Moment tourna beaucoup sur MTV pendant des années, tandis que l'album se vend très bien en 1982. L'arrivée du néo-prog, dès 1983, encourage ce changement d'orientation musicale.

Ainsi, d'autres groupes britanniques suivent l'exemple lucratif d'Asia. En 1983, Genesis obtient un succès international avec Mama, une chanson avec une forte insistance sur un riff de boîte à rythmes, puis avec l'album Invisible Touch, son plus gros succès, porté par les chansons Invisible Touch, la chanson éponyme, Land of Confusion et Tonight, Tonight, Tonight. Le groupe montre alors clairement son intention de produire un rock moins progressif et plus commercial. En 1983, Yes fait un retour surprenant avec 90125, sur lequel figure leur seul single numéro un aux États-Unis, Owner of a Lonely Heart. Écrit par le guitariste Trevor Rabin avant qu'il rejoigne le groupe, Owner of a Lonely Heart est suffisamment accessible pour passer dans les discothèques. De même, l'album A Momentary Lapse of Reason de Pink Floyd, en 1987, est différent de leurs albums concepts habituels, faisant figurer des chansons plus courtes avec un son plus électronique, un bon exemple est la pièce One Slip, plus proche du Alan Parsons Project, avec des percussions électroniques et le Stick omniprésent de Tony Levin.

Années 1990[modifier | modifier le code]

Sur le plan de la qualité artistique, à l'exception des groupes de néo-prog, les années 1980, surtout quand on les compare à la période faste des années 1970, ont été désastreuses. De nouvelles formations vont alors décider, dès le début des années 1990, de revenir au rock progressif originel, au point même de sonner "rétro". Entretenant des liens musicaux très forts avec le rock progressif des débuts, ces groupes vont alors faire « renaître » un style que certains pensaient révolu. Le premier de ces groupes, et sans aucun doute le plus connu, est la formation anglaise Porcupine Tree, influencé entre autres par King Crimson, Pink Floyd et Marillion. Suivent les suédois de The Flower Kings et Xinema, les québécois de Direction, ainsi que les américains de Glass Hammer et Spock's Beard. Si ces formations n'atteindront jamais la popularité de leurs aînés, elles restent très connues sur la scène rock internationale.

Le retour sur le devant de la scène du rock progressif traditionnel, et l'arrivée de nouveaux styles, telle que le rap et le metal extrême, vont peu à peu faire baisser la popularité du néo-prog, malgré l'arrivée de nouveaux groupes très prometteurs, comme Arena avec un ex-Marillion en la personne de Mick Pointer à la batterie, ou le trio de groupes suédois : Änglagård, Anekdoten et Landberk. Toutefois, les « grands » du néo-prog gardent le cap. Pendragon sort son chef-d'œuvre en 1995 : The Masquerade Overture. Marillion reste le groupe le plus populaire, malgré une orientation parfois pop, ou plutôt pop-prog, style créé avec l'album This Strange Engine. De son côté, Fish continue sa carrière solo avec un certain succès. Parallèlement, un nouveau style apparaît vers la fin des années 1990, le new prog. Plus orienté vers le rock alternatif, il incorpore de nombreux éléments propres au rock progressif, porté par des groupes tels que Thirty Seconds to Mars, Muse ou Coheed and Cambria. Sa popularité reste néanmoins bien inférieure à celle du néo-prog des années 1980, malgré la montée en puissance de ces formations, très récemment d'ailleurs.

Le metal progressif connaît, au cours des années 1990, une ascension fulgurante, emmené par les groupes Dream Theater et Queensrÿche. À l'instar du rock progressif, les artistes de métal prog marient également les styles. On notera notamment l'apparition du death metal progressif, avec Opeth et Cynic ou du thrash métal progressif, avec Mekong Delta. Un projet de metal progressif est même créé par le multi-instrumentiste hollandais Arjen Anthony Lucassen, sous le nom d'Ayreon. Ce projet regroupe non seulement des artistes de métal progressif, mais aussi d'autres du rock progressif, du néo-prog ou encore du heavy-metal.

Milieu social et niveau d'éducation musicale[modifier | modifier le code]

Le rock progressif n'est pas associé aux classes ouvrières[14], mais majoritairement aux classes moyennes[15]. Les musiciens sont plutôt, pour la plupart, des intellectuels[14] : entre 1957 et 1962, alors qu'ils sont en âge de fréquenter une école secondaire, ils sont 95 % à mener de telles études, alors que ce taux n'atteint que 44,7 % chez la jeunesse de l'époque[16],[17].

Vis-à-vis de l'éducation musicale, les musiciens de rock progressif se situent entre les instrumentistes d'orchestres classiques et les musiciens de rock en général. Les musiciens les plus éduqués sont les claviéristes et ceux jouant des instruments à vent, qui forment le groupe ayant le plus fréquenté les institutions officielles de formation musicale. Les batteurs et les chanteurs sont en premier lieu des autodidactes, tandis que les guitaristes occupent une place intermédiaire[18].

Influence dans d'autres styles[modifier | modifier le code]

Le rock progressif a, depuis son apparition à la fin des années 1960, influencé de nombreux autres styles. Ainsi, on retrouve, dès 1970, des éléments progressifs chez certains groupes de hard rock, parmi lesquels Led Zeppelin (avec noramment Dazed And Confused et In The Light) ou encore l'américain Blue Öyster Cult, dont la plupart des chansons sont imprégnées de sonorités progressives. Le groupe allemand Scorpions débute sa carrière par deux albums fortement tournés vers le rock progressif et le rock psychédélique (Lonesome Crow en 1972 et Fly To The Rainbow en 1974). UFO a, par certains aspects, développé ses chansons dans une pensée progressive (Love To Love).

Mais le cas le plus flagrant reste Deep Purple, oscillant entre le hard rock et le rock progressif de ses débuts en 1968 (avec Shades of Deep Purple, The Book of Taliesyn et surtout Deep Purple) jusqu'en 1970 avec la chanson Child in Time, classique du groupe, malgré sa durée de plus de 10 minutes, s'inscrivant indéniablement dans la lignée des grands morceaux de rock progressif. Avec l'arrivée de Ian Gillan en 1970, le groupe perd petit à petit ses influences progressives, malgré quelques chansons (Lazy, par exemple).

Plus récemment[Quand ?], certains groupes de heavy metal, comme System of a Down ou Faith No More, ont incorporé des éléments influencés par le rock progressif, tels que des changements soudains de thème ou de tempo. En Europe, un certain nombre de groupes de métal symphonique ou gothique, fortement influencés par la musique classique, ont émergé, tels que Nightwish ou After Forever. Les œuvres d'artistes contemporains tels que Ween, des groupes de post-rock comme Sigur Rós ou Godspeed You! Black Emperor, et des groupes de rock alternatif comme Radiohead[19] et Muse, sont souvent considérés comme incorporant des éléments de rock progressif, parfois combinés avec les sensibilités esthétiques du punk. Le groupe britannique Cardiacs s'est spécialisé depuis 1980 dans un genre de « punk progressif » et a influencé de nombreux autres groupes. Le genre math rock, qui a émergé dans les années 1990, comporte de nombreux éléments familiers du genre progressif.

Popularité internationale[modifier | modifier le code]

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Bien que le rock progressif soit lancé en Angleterre, sa propagation rapide, dans toute l'Europe dans les années 1970 puis dans le monde entier, a permis à de nombreux groupes d'émerger dans des pays n'ayant pourtant au départ aucune culture progressive ni même parfois rock. Méconnue du grand public et dans une certaine mesure des amateurs du genre, l'Europe de l'Est développa en parallèle tout un panthéon du style. La Pologne (avec SBB), la Finlande (avec Pekka Pohjola), l'Estonie (avec Inspe et Ruja), la Tchécoslovaquie (avec Modry Effekt, Collegium Musicum et Fermata) et la Roumanie (avec Sfinx et Phoenix), pour ne citer que les plus importants.

Le Brésil compte quelques groupes d'hier et d'aujourd'hui (comme Bacamarte, Tempus Fugit, Quantum, Angra - Symphonic Metal à tendance progressive - ou Dogma). L'Argentine également (principalement avec Nexus, Crucis), ou encore le Mexique, pays accueillant actuellement le plus grand festival mondial du genre, le Baja Prog Festival. Le Japon est un cas particulier. C'est le seul pays asiatique à avoir développé le genre dans les proportions européennes. Les années 1970 lancent le genre et posent le socle des styles symphoniques et psychédéliques traditionnels anglais, avec des formations telles que Cosmo's Factory ou Shingetsu. Et pourtant, l'âge d'or du progressif japonais aura lieu dans les années 1980, époque moins faste en Europe. L'archipel voit se développer tout un arsenal de groupes (Gerard, Outer Limits sont les plus connus), pour ensuite se tasser vers la fin des années 1990.

Aujourd'hui[Quand ?], le rock progressif est présent partout. L'Indonésie, l'Iran, l'Ouzbékistan, la Russie, Israël, Cuba, l'Islande et bien d'autres encore ont un patrimoine progressif, certes excessivement dissimulé et vraiment minime, mais réel. D'autres pays, tels la Chine, la Corée et certains pays africains, sont dotés de leur propre culture progressive, mais il est malheureusement très difficile d'y avoir accès par la voie commerciale officielle et certains fans du genre se procurent ces raretés grâce aux relations et aux échanges favorisés par l'internet.

Festivals et manifestations[modifier | modifier le code]

  • Canada :
    • Convention Terra Incognita[23], Se tient à Québec (ville), dans la province de Québec au Canada. Débuté le 8 octobre 2005, l'évènement se tenait en une journée, avec surtout des groupes locaux (six groupes la première année), puis sur 2 jours depuis 2009 et sur 3 journées à partir de la dixième édition de 2014. Trois groupes sont présents à chacune des journées. En plus de groupes internationaux, sont présentes de jeunes et moins jeunes formations québécoises. Avait lieu en octobre à ses débuts. Depuis quelques années, l'évènement se tient dans le mois de mai. Le 10ème anniversaire a eu lieu les 16, 17 et 18 mai 2014. Terra Incognita, c'est aussi un magazine et une émission radiophonique hebdomadaire, consacrée au rock progressif d'aujourd'hui.
  • Allemagne :
    • Night of the Prog à St. Goarshausen sur le rocher de la Lorelei.
  • Belgique :
    • la Convention Prog-résiste, qui se déroule à partir de sa douzième édition (27 et 28 avril 2013) au Centre Culturel de Soignies[24].
    • Le "Prog 66 Meeting", qui se déroule au Spirit of 66 de Verviers les 11, 12 et 13 octobre 2013[25].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Edward Macan, Rocking the Classics, Oxford Paperbacks,‎ 1997, 320 p. (ISBN 978-0-19-509888-4)
  2. Leroy 2010, p. 9
  3. (en) Bill Martin, Music of Yes: Structure and Vision in Progressive Rock, Chicago, Open Court Publishing Company,‎ 1996, 272 p. (ISBN 0812693337)
  4. a et b (en) John Covach, Progressive Rock, "Close to the Edge" and the Boundaries of Style, Oxford University Press, 31 p. (lire en ligne)
  5. (en) « Canterbury Scene, a progressive rock sub-genre », sur www.progarchives.com (consulté le 6 avril 2015)
  6. (en) modèle {{Lien web}} : paramètre « url » manquant « Dream weaver: Dream Theater's John Petrucci carries the torch of prog-shred guitar into the new millennium », sur www.guitarplayer.com
  7. (en) « The Classic Era of Genesis Explained: 1971-1975 », sur www.goldminemag.com,‎ 6 avril 2011 (consulté le 6 avril 2015)
  8. (en) « 10 Best Concept Albums », sur whatculture.com (consulté le 6 avril 2015)
  9. (en) S.T. Karnick, Roll Over Sibelius,‎ 2003
  10. (en) Durrell S. Bowman, Progressive Rock Reconsidered,‎ 2001
  11. (en) « Genesis & Record Covers », sur www.paulwhitehead.com (consulté le 6 avril 2015)
  12. (en) « Outside the Box: The Story of Roger Dean », sur www.polygon.com (consulté le 6 avril 2015)
  13. Frédéric Delâge, « Touch - Touch », RockProc Etc,‎ 22 avril 2012 (lire en ligne).
  14. a et b Pirenne 2005, p. 244
  15. Pirenne 2005, p. 245
  16. (en) Peter Flora, State, Economy and Society in Western Europe 1815 - 1975 : A Data Handbook. Volume I : The Growth of Mass Democraties and Welfare States, Frankfurt, Campus Verlag,‎ 1983 (ISBN 0333359437), p. 624-628
  17. Pirenne 2005, p. 247
  18. Pirenne 2005, p. 252
  19. Leroy 2010, p. 428
  20. (en) Progressive Rock Festival : North East Art Rock Festival. Consulté le 22 juillet 2012.
  21. (en) NEARFEST 2011 Cancelled!!, The Northern England Art Rock Society. Consulté le 22 juillet 2012.
  22. (en) ProgDay Home Page : The Outdoor Festival Of International Progressive Rock. Consulté le 22 juillet 2012.
  23. Terra Incognita : Convention annuelle de rock progressif, qui en est à son dixième anniversaire en 2014.
  24. Site officiel de Prog-résiste
  25. Site officiel du Prog 66 Meeting

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Edward Macan, Rocking the Classics: English Progressive Rock and the Counterculture, Oxford, Oxford University Press,‎ 1997
  • Frédéric Delâge, Prog 100 (Le Rock progressif, des précurseurs aux héritiers), Le mot et le reste, , 2014, 256 p. (ISBN 9782360541539)
  • Frédéric Delâge, Chroniques du Rock progressif : 1967-1979, La Lauze,‎ 2002, 240 p. (ISBN 2-912032-28-8)
  • (en) Kevin Holm-Hudson (dir.), Progressive Rock Reconsidered, New York, Routledge,‎ 2002
  • Christophe Pirenne, Le Rock progressif anglais, Librairie Honoré Champion, coll. « Musique et musicologie »,‎ 2005 (ISBN 2-7453-1200-6)
  • Dominique Dupuis, Progressive Rock Vinyls : Histoire subjective du rock progressif à travers 40 ans de vinyles, Éditions Ereme,‎ 2009 (ISBN 2-9153-3772-1)
  • Aymeric Leroy, Rock progressif, Le mot et le reste,‎ 2010, 456 p. (ISBN 9782360540037)
  • Jérôme Alberola, Anthologie du rock progressif : Voyages en ailleurs, Camion Blanc,‎ 2010, 814 p. (ISBN 2-357790-73-3)
  • (en) David Weigel, « Prog Spring : Entry 1: Before it was a joke, prog was the future of rock ‘n’ roll », Slate.com,‎ 14 août 2012 (lire en ligne)
  • (en) David Weigel, « Prog Spring : Entry 2: The rise of prog, music never meant for “the average person.” », Slate.com,‎ 14 août 2012 (lire en ligne)
  • (en) David Weigel, « Prog Spring : Entry 3: Rotating drums! A $5,000 Persian rug! Quad sound! Inside ELP’s legendary 1973 Madison Square Garden concerts », Slate.com,‎ 15 août 2012 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]