Supertramp

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Supertramp

Description de l'image  Supertramp0062.jpg.
Informations générales
Pays d'origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre musical Art rock, rock progressif, pop, jazz, blues
Années actives 1969 - 1988
1997 - 2002
2010 - présent
Labels A&M
Silver Cab
Site officiel www.supertramp.com
Composition du groupe
Membres Rick Davies
Gabe Dixon
John Helliwell
Cliff Hugo
Cassie Miller
Bob Siebenberg
Jesse Siebenberg
Lee Thornburg
Carl Verheyen
Anciens membres Roger Hodgson
Kevin Currie
Frank Farrell
Robert Millar
Mark Hart
Dougie Thomson
Richard Palmer
Tom Walsh
Dave Winthrop

Supertramp est un groupe de rock progressif anglais fondé à Londres en 1969 par Rick Davies et lancé par Rick Davies et Roger Hodgson. Il réalisa ses plus grosses ventes dans les années 1970.

Initialement, la musique de Supertramp est composée d'ambitieux albums-concepts, mais le groupe sera plus connu pour ses chansons comme Dreamer, Give a Little Bit, The Logical Song, Goodbye Stranger et Breakfast in America.

Historique du groupe[modifier | modifier le code]

Avant Supertramp[modifier | modifier le code]

Supertramp est créé en 1969 suite à l'audition de Roger Hodgson par Rick Davies. Ces deux musiciens composeront ensuite la majeure partie des chansons du groupe, dont ils seront en quelque sorte les leaders.

Rick Davies est né en 1944 dans une famille d'ouvriers. Il découvre la batterie à 12 ans, et découvre dans le même temps Gene Krupa et son morceau Drummin' Man, qui exerce sur lui une forte influence. À l'âge de 15 ans, il entre dans une fanfare, puis dans un groupe de rock, Vince and the Vigilantes. Il écoute alors du rhythm and blues, notamment Little Richard, Fats Domino et Chuck Berry. À la Swindon Art School, il monte un groupe de blues avec Raymond O'Sullivan (qui prendra plus tard le nom de Gilbert O'Sullivan et connaîtra un succès international), Rick's Blues, qu'il dissout pour aller travailler comme soudeur lorsque son père tombe gravement malade. Il rejoint les Lonely Ones, un groupe de soul mené par Noel Redding (futur bassiste de Jimi Hendrix Experience), en septembre 1966. Les Lonely Ones partent en tournée en Europe et s'installent à Genève en 1967, où ils se rebaptisent The Joint.

Roger Hodgson est né en 1950 dans une famille aisée. Il commence à jouer de la guitare à 12 ans, âge auquel il est envoyé dans un pensionnat pour garçons par sa mère. Il quitte l'école à 18 ans et fonde un groupe, People Like Us, avec lequel il enregistrera un 45 tours intitulé Duck Pond, qui sort en mai 1968. Le groupe est rapidement dissous mais, notamment grâce à l'aide d'un roadie de Traffic, Hodgson enregistre quelques morceaux en studios, dont Mr. Boyd avec Elton John, inconnu à l'époque.

Création (1969-1972)[modifier | modifier le code]

Constitution initiale du groupe : Genuine Opportunity[modifier | modifier le code]

En 1969, Rick Davies se produit au P.N. Club de Munich avec son groupe The Joint. Cette prestation est remarquée par un millionnaire néerlandais, Stanley August Miesagæs (Sam). David Llywelyn, alors manager du groupe, réussit à convaincre Miesagæs de financer le groupe.

Mais Sam décide après quelques mois d'arrêter d'aider The Joint. Le groupe se dissout alors. Cependant, Sam, impressionné par le talent de Rick Davies, lui propose un soutien financier s'il crée un nouveau groupe. Davies place alors une annonce dans le journal musical Melody Maker pour une audition baptisée « Genuine Opportunity ».

Roger Hodgson, poussé par sa mère, se présente à l'audition avec une guitare acoustique, et joue Dear Mister Fantasy de Traffic. Rick Davies, fasciné par la voix d'Hodgson, le choisit. La première version de Supertramp est alors composée de Rick Davies, du chanteur, guitariste et claviériste Roger Hodgson, ainsi que de Richard Palmer (guitare, balalaïka, chants), un passionné de The Band et de Traffic qui écrira quelques chansons pour King Crimson, et de Robert Millar (percussions, harmonica), parfois appelé Bob Millar. À cette époque, les membres du groupe s'entendent très mal.

Le groupe va brièvement se choisir le nom de Daddy pendant quelques mois avant de devenir, sur les conseils de Richard Palmer, Supertramp, d'après le nom d'un roman écrit par William Henry Davies en 1908, intitulé Autobiography of a Supertramp (littéralement, L'Autobiographie d'un super-clochard).

Sam finance donc le groupe, mais celui-ci est loin de vivre dans l'opulence. De ce fait, Sam Miesagæs paie le matériel et avance de temps à autre un peu d'argent lorsque cela s'avère indispensable. Le groupe retourne donc se produire au P. N. Club de Munich, à un rythme de cinq à sept concerts par semaine.

Premiers albums[modifier | modifier le code]

De retour au Royaume-Uni, Supertramp émet le souhait de sortir un 33 tours. Sam va alors utiliser son carnet d'adresses et en parler à Bill Wills, manager de Peter Sellers. Au fil des contacts, le groupe obtient un contrat chez A&M Records.

Supertramp répète aux Morgan Sound Studios de Londres et décide, comme Spooky Tooth et Traffic, de travailler uniquement la nuit entre minuit et six heures du matin environ, et de s'autoproduire.

Leur premier album, Supertramp, sort en août 1970. Les morceaux ont globalement été écrits par Hodgson, Davies et Palmer, les deux premiers écrivant la musique, et Palmer les paroles. Le chant est essentiellement assuré par Hodgson. La pochette de cet album représente un visage enclos dans une rose, sur fond noir. Bien qu'intéressant musicalement, il ne connaît pas le succès commercial.

Dave Winthrop (flûte et saxophone) rejoint le groupe pour son premier concert au festival de l'île de Wight. Fin 1970, Richard Palmer quitte le groupe, suivi de Robert Millar, début 1971.

Désireux de trouver le succès, Davies et Hodgson essaient de changer de style musical et de recruter d'autres membres pour leur prochain album. Frank Farrell (basse) et Kevin Currie (percussions) remplacent Millar et Palmer. Roger Hodgson passe à la guitare.

Leur nouvel album, Indelibly Stamped, présente un son plus rock, ressemblant à certains morceaux de la dernière période des Beatles, mais avec des influences variées allant de Led Zeppelin (chanson Potter) aux Doors (long morceaux d'orgue dans Aries). La patte de Richard Davies s'affirme, tant au chant (il interprète la majorité des morceaux) que dans la composition qui lorgne clairement vers le rock progressif (avec des teintes de rhythm & blues). La pochette, plus racoleuse, représente une poitrine de femme tatouée. Malgré cela, les ventes n'augmentent pas, et on parle plus de la pochette de l'album que de l'album lui-même.

Dissolution de la première version du groupe[modifier | modifier le code]

Sam Miesegæs doit rembourser 60 000 € à 150 000 £ de dettes pour le matériel et les enregistrements. Il ne soutient plus le groupe mais leur laisse les instruments. Supertramp se dissout, et Hodgson et Davies repartent de zéro. C'est durant cette période que Hodgson s'essaye pour la première fois au LSD, il dira que cette expérience a changé sa vie et sa vision des choses et avoir été déçu par le fait que Davies ait refusé d'en prendre.

En 1973, ils participent à l'album You and Me avec Chick Churchill, le claviériste de Ten Years After.

Succès (1972-1983)[modifier | modifier le code]

Arrivée de nouveaux membres[modifier | modifier le code]

Durant l'été 1972, une importante recherche de remplaçants aboutit sur le recrutement de Dougie Thomson (basse), Bob Siebenberg (batterie) et John Helliwell (saxophone et autres instruments à vent, occasionnellement claviers et chœur).

Dougie Thomson est né en 1951 à Glasgow, en Écosse. Recruté par audition, il a déjà joué auparavant dans un groupe de jazz, le Alan Bown Set, avec John Anthony Helliwell.

Bob Siebenberg est un Américain de Los Angeles né en 1949, fan de Procol Harum. Il apprécie particulièrement Levon Helm (batteur de The Band), B.J. Wilson (de Procol Harum), Art Blakey, Sandy Nelson, Jim Capaldi (de Traffic) [1]. Il a été remarqué par Davies et Hodgson alors qu'il jouait avec les Bees Make Honey, un groupe de pub rock.

John Anthony Helliwell est né en 1945 à Todmorden (dans le West Yorkshire). Il a commencé à apprendre le piano à 9 ans, et la clarinette à 13 ans. À l'âge de 15 ans il commence à s'intéresser au jazz moderne, notamment avec Julian Cannonball Adderley et Sonny Rollins. Sans pour autant abandonner la musique, il étudie l'informatique et devient programmeur pour la société International Computers Ltd. En parallèle de son travail, il joue avec The Dicemen, un groupe de rock, puis dans un groupe de blues appelé Jugs O’Henry. Peu de temps avant de rejoindre Supertramp, il jouait dans une formation du nom de Pete Lancaster, qui tournait dans des bases militaires américaines en Allemagne. Après cette tournée, de retour au Royaume-Uni, son ami Dougie Thomson lui téléphone pour qu'il vienne assister à une répétition de Supertramp, et c'est suite à cette répétition qu'il jouera un morceau et entrera dans le groupe.

Le groupe ainsi complété peut alors écrire un nouvel album. Rick Davies et Roger Hodgson commencent à écrire et composer chacun de leur côté.

Mais Supertramp a encore des problèmes financiers, et Roger Hodgson envisage alors de tout abandonner pour partir en Inde. Dave Margereson, qui travaille chez A&M Records, est séduit par les nouvelles maquettes du groupe. A&M Records prend en charge en quelque sorte le groupe et loue une ferme près de Southcombe dans le comté de Somerset (en Angleterre), afin qu'ils puissent répéter, et demande à Ken Scott, le producteur de David Bowie, de travailler avec eux. Le groupe s'isole alors pour travailler pendant plusieurs mois, de novembre 1973 à février 1974, certains membres du groupe ayant amené avec eux leur famille. Cet isolement pose parfois quelques problèmes mais globalement, les membres du groupe apprennent à se connaître et à travailler ensemble sur leur nouveau projet.

Cette nouvelle formation sort en mars 1974 le single Land Ho/Summer Romance, qui passe quasiment inaperçu.

Crime of the Century : un tournant[modifier | modifier le code]

Le groupe enregistre son projet au Trident Studios de Londres, et sort en 1974 Crime of the Century, qui marque le début du succès du groupe, tant au niveau des critiques qu'au niveau commercial. Bien qu'ils écrivent et composent séparément, toutes les chansons sont créditées « Davies & Hodgson », les deux auteurs voulant associer leurs noms à la manière de « Lennon & McCartney ». L'album se veut conceptuel et les thèmes abordés sont, dans l'ensemble, assez sombres et ironiques. Crime of the Century traite de l'aliénation physique et mentale, en opposant à la fois tout ce qui tient de la norme, du cadre (le système scolaire et l'éducation avec School, Bloody Well Right) ; du repli sur soi et de la folie (Hide in Your Shell, Asylum) ; ou encore de la rêverie et de l'errance (Dreamer, Rudy). Au fur et à mesure que s'égrènent les chansons se posent ces deux questions : où se trouve la frontière entre raison et folie ? Et qui décide de cette frontière : eux ou moi (Crime of the Century) ? La pochette de l'album représente les barreaux de la fenêtre d'une cellule de prison, à laquelle s'accrochent deux mains, flottant dans l'espace.

Cet album devient disque d'or au début de l'année 1975. Il se classe premier au Royaume-Uni, où le single Dreamer entre au Top 10. La face B, Bloody Well Right, monte en mai 1975 au Top 40 des États-Unis, où l'album devient disque d'or la même année. Siebenberg pense que le groupe a atteint un sommet artistique avec ce troisième album, mais leurs plus grands succès commerciaux viendront plus tard. Les morceaux les plus connus de cet album sont Dreamer (13e au hit-parade britannique), Crime of the Century, Bloody Well Right (ces deux titres sont classés 35e au Royaume-Uni) et School.

Supertramp accompagne Crime of the Century d'une tournée de concerts « son et lumière » au Royaume-Uni et aux États-Unis. Le groupe n'est toutefois pas encore connu dans le monde entier. En effet, seulement huit tickets sont vendus lors d'un concert au Bataclan à Paris avec pourtant une salle comble (la preuve d'une salle pleine existe dans l'enregistrement du concert diffusé sur France Inter en 1979 lors d'une émission de Bernard Lenoir: Feedback): le manager avouera même plus tard (en 1979, lors d'un autre concert à Paris) avoir acheté six des huit tickets pour que les membres du groupe ne soient pas trop démoralisés[2].

Supertramp connaît le succès[modifier | modifier le code]

Supertramp interrompt son Crime Tour of America en raison d'une blessure au bras de Roger Hodgson. Les membres du groupe s'installent séparément dans des appartements de Venice Beach à Los Angeles. Ils enregistrent une partie de Crisis? What Crisis? aux studios de A&M Records à Los Angeles, et terminent l'enregistrement aux Scorpio Studios et Ramport Studios de Londres[3]. Dans le même temps, Ken Scott remixe Land Ho en vue de son éventuelle intégration dans le prochain album (en fait, ce remix ne sera publié qu'en 2005 sur la compilation Retrospectacle) alors que Hodgson l'enregistre dès 1987 sur son album Hai Hai. Au moment de commencer l'enregistrement aux studios de Los Angeles, le groupe n'avait pas encore de maquette ni de projet bien défini : l'album a été en fait élaboré petit à petit en studio. Les plages de Californie n'étant pas propices à la concentration, Supertramp décide de regagner Londres. Crisis, What Crisis? sort en novembre 1975. Cet album aborde dans l'ensemble des thèmes plus légers que Crime of the Century (l'amour, la vie quotidienne, la famille) et laisse plus de place au saxophone de Helliwell. La pochette de l'album représente un homme, en short sur une chaise longue sous un parasol jaune, au beau milieu d'une ville industrielle grise et polluée.

Le groupe entame une tournée mondiale de huit mois, Lady Tour, en commençant par le Royaume-Uni à la fin de l'année 1975 pour poursuivre en Europe, revenir au Royaume-Uni pour un concert au Royal Albert Hall, continuer vers les États-Unis (notamment à Las Vegas, passage assez rare pour un groupe de rock), le Canada, le Japon, la Nouvelle-Zélande et l'Australie en 1976. Cette tournée est plus importante que la précédente, avec plus d'effets de lumière. À la fin de l'année 1976, les membres du groupe s'installent en Californie.

En 1977, pour Even in the Quietest Moments le groupe engage Geoff Emerick, l'ingénieur du son des Beatles, et s'isole dans les montagnes du Colorado, au Caribou Ranch, pour l’enregistrement. Celui-ci, initialement prévu pour deux semaines, durera en réalité entre deux et trois mois, ce qui causera quelques tensions au sein du groupe, dues en grande partie à l'isolement.

Puis Supertramp retourne à Los Angeles pour mixer l'album avec les ingénieurs du son Geoff Emerick et Peter Henderson, chez Record Plant. Des photographes retournent dans le Colorado pour réaliser la pochette de l'album : un piano dans la neige. En juillet 1977, Even in the Quietest Moments est déjà disque d'or. Give a Little Bit est diffusé à grande échelle sur les radios du monde entier. Alors que le mouvement punk commence à prendre de l'essor, cet album traite de thèmes positifs comme l'épanouissement personnel par les sentiments (Give a Little Bit), l'amour (Lover Boy) et la fraternité.

En 1978, Supertramp, le premier album du groupe, est réédité. Le groupe entame une tournée de 130 dates aux États-Unis, au Canada, en Europe et au Royaume-Uni. Leurs concerts sont de plus en plus soignés, laissant moins de place à l'improvisation, les effets de lumière étant calés sur les morceaux avec une grande précision.

Breakfast in America[modifier | modifier le code]

En avril 1978, après cette tournée et un peu de repos Supertramp commence à travailler chez Rick Davies, à Los Angeles, sur un nouvel album. Puis le groupe part enregistrer aux studios Village Recorder avec le producteur Peter Henderson. L'enregistrement, qui devait initialement durer deux mois, se termine fin 1978. En effet l'album devait avoir pour thème principal les différences et différends entre Davies et Hodgson mais le groupe change d'idée en cours de route et décide de faire une critique de l'Amérique et du rêve américain.

D'abord nommé Working Title, puis Hello Stranger (sans doute une référence à la chanson Goodbye Stranger) selon les thèmes choisis, Breakfast in America sort finalement en mars 1979, avec beaucoup de retard sur ce qui était initialement prévu. Sur la pochette, on voit la statue de la Liberté remplacée par une serveuse, tenant le menu et un jus d'orange sur un plateau ; au fond, on distingue Manhattan où les immeubles sont remplacés par des pots de condiments. L'album comporte beaucoup de tubes comme Take the Long Way Home, Goodbye Stranger, The Logical Song et Breakfast in America.

Rick Davies avait des doutes quant à la qualité artistique de cet album, tandis que Bob Siebenberg lui paria 100 dollars qu'ils monteraient en tête des ventes. L'histoire a donné raison à Siebenberg : Breakfast in America s'est en effet vendu à 16 millions d'exemplaires à travers le monde, en 1980. L'album devient disque d'or et disque de platine dans plusieurs pays, et même disque de diamant au Canada. Il est récompensé par un Grammy Award et par la coupe Narm, qui récompense l'album le plus vendu aux États-Unis. Le 31 mai, lors d'un concert au Madison Square Garden de New York, Davies remet à Siebenberg un billet de 100 dollars encadré sous verre, portant la mention : « You'd better not spend it, you rat! » (Tu ferais mieux de ne pas le dépenser, salaud !)[4]. Durant ce même concert, A&M Records remet au groupe un disque de platine. Peu de temps après, la réédition de Supertramp devient disque d'or.

La sortie de l'album est assortie d'une grande tournée mondiale, le Breakfast Tour, qui s'accompagne de nombreux effets spéciaux, d'une somme de matériel impressionnante (52 tonnes de matériel d'une valeur de cinq millions de dollars), et une équipe de 40 personnes. C'est durant cette tournée qu'est enregistré le Live in Paris (1980), un double album live, au Pavillon de Paris. Plutôt que de centrer le concert sur les chansons de leur album le plus connu, Breakfast in America, le groupe accorde aussi une place importante à des titres plus anciens, comme Crime of the Century.

Famous Last Words et la séparation[modifier | modifier le code]

En 1980, la lassitude s'est installée et les membres du groupe décident de faire une pause et de ne plus s'engager pour des tournées, ou des enregistrements, si longs et fatigants. Des rumeurs commencent à circuler sur une possible séparation, le groupe, et notamment Roger Hodgson démentent. Durant leur période de repos de 18 mois les membres du groupe retrouvent leurs familles à Los Angeles. Roger Hodgson décide de s'éloigner et s'achète une propriété à Nevada City, à une centaine de kilomètres au nord de Los Angeles, et y fait construire un studio d'enregistrement (Unicorn Studios).

Au moment de se retrouver pour enregistrer Famous Last Words, Davies et Hodgson ne réussissent pas à se mettre d'accord concernant le lieu d'enregistrement et de mixage. Ils arrivent finalement à un compromis : ils répètent chez Davies à Los Angeles et enregistrent chez Hodgson. L'album, coproduit par Supertramp et Peter Henderson, sort en octobre 1982, abordant surtout le thème de la rupture. Les compositions de Davies et de Hodgson sont ici très différentes. Le groupe enregistre son premier clip pour My Kind Of Lady. Dans ce clip, les membres du groupe sont en costume des années 1950, sans barbe et les cheveux lissés vers l'arrière. It's Raining Again obtient un énorme succès (6e au Royaume-Uni et 11e aux États-Unis).

Le 9 mars 1983, Hodgson annonce au cours d'une conférence de presse qu'il quittera le groupe après la tournée de promotion de l'album. Il explique peu de temps après, dans une interview pour le magazine Rolling Stone que lui et Davies avaient pris des chemins trop différents notamment suite à ses prises d'acide. Il entame alors une carrière solo : son premier album, In the Eye of the Storm (1984), ne se classe que 75e dans les charts américains. Il laisse aux autres membres l'usage du nom Supertramp, puisque le groupe n'est pas dissous et qu'il est le seul à partir. Une quinzaine d'années plus tard, il dira ses regrets à ce propos, car le contrat moral passé avec Rick Davies était le suivant : il laissait le nom de Supertramp au groupe et, en échange, il demandait qu'aucune des chansons qu'il avait interprétées ne soit reprise en concert par un autre chanteur. Ce qui ne fut effectivement pas le cas par la suite.

La tournée de promotion de l'album est malgré tout un succès : Supertramp aura environ 1,5 million de spectateurs.

Supertramp sans Roger Hodgson après 1983[modifier | modifier le code]

1983-1987[modifier | modifier le code]

Les quatre membres restant de Supertramp décident d'enregistrer un nouvel album. Brother Where You Bound sort en mai 1985. Toutes les chansons sont signées Rick Davies, les compositions sont plus sérieuses, plus rythmées et plus rock, retrouvant le son de Crime of the Century. Cet album comprend le succès Cannonball, ainsi que le morceau éponyme, un pamphlet anti-Maccarthisme de seize minutes où David Gilmour, guitariste de Pink Floyd, joue des solos de guitare. L'album atteint la 21e place dans les charts américains. Cet album est suivi d'une tournée de promotion qui connaîtra un énorme succès. Les concerts comportent encore plus de jeux de lumières utilisant les dernières technologies de l'époque (notamment un système d'éclairage mobile), et des projections de films calés sur chaque chanson.

En 1987, le groupe est rejoint par le guitariste et chanteur Mark Hart, et sort Free As a Bird en octobre. L'album connaît beaucoup moins de succès que les précédents, tant au niveau critique que commercial. Pour cet album Rick Davies a voulu essayer de nouvelles techniques d'enregistrement : enregistrer chaque instrument séparément des autres, utiliser des boîtes à rythmes et placer les voix en dernier là-dessus. Durant le premier trimestre 1988, cet album est suivi d'une tournée mondiale, The World Migration Tour, qui mène pour la première fois le groupe au Brésil : 75 000 personnes à Rio de Janeiro et 125 000 dans le stade de São Paulo. C'est durant cette tournée qu'est enregistré Live '88, qui sortira en octobre 1988, sur un magnétophone deux bandes, pour la stéréo. Supertramp se dissout au terme de cette tournée.

1988-1997[modifier | modifier le code]

C'est une période assez creuse dans l'histoire de Supertramp. Quelques projets sans lendemain se dessinent, des rumeurs d'une reformation du groupe avec Roger Hodgson circulent au gré des interviews.

Le 22 juillet 1990 Hodgson organise une commémoration en l'honneur de Stanley August Misiegæs, mort en avril, dans sa propriété de Nevada City. Davies y est invité et semble se réconcilier avec Hodgson. Ils se retrouvent en octobre pour quelques répétitions et en novembre Davies évoque la possibilité de reformer Supertramp avec Hodgson lors d'une interview pour la radio RTL donné à l'occasion de la sortie de la compilation The Very Best of vol.1 sortie le mois précédent (en octobre).

En janvier 1993 sort The Very Best of vol.2. Les deux compilations connaissent un grand succès commercial et deviennent disque d'or et disque de platine dans plusieurs pays.

Le 14 avril 1993, Roger Hodgson, Rick Davies et John Helliwell jouent à l'hôtel Hilton de Beverly Hills à l'occasion d'une cérémonie en l'honneur de l'un des créateurs de A&M Records, Jerry Moss. Par la suite Hodgson et Davies travaillent à deux, durant quatre mois, sur un projet d'album. Mais Hodgson se montre particulièrement exigeant sur l'écriture des morceaux, il désire signer seul les compositions qu'il écrit, et refuse que la femme de Davies manage le futur groupe recomposé : il abandonne alors le projet.

Supertramp se reforme[modifier | modifier le code]

En 1995, Rick Davies souhaite toujours reformer le groupe, encouragé par les ventes des Very Best of vol.1 et vol.2. Il contacte alors John Helliwell, le saxophoniste du groupe qui avait repris des études de musique au Royaume-Uni, Bob Siebenberg, le batteur, et Mark Hart, qui a remplacé Roger Hodgson à la guitare et au chant pour Free as a Bird. Il embauche pour l'occasion Lee Thornburg, qui avait déjà joué de la trompette sur Free as a Bird, Carl Verheyen, guitariste, et Tom Walsh, percussionniste. Dougie Thompson, le bassiste du groupe depuis 1972, ne se joint pas au projet et est remplacé par Cliff Hugo. Ces musiciens partent alors travailler dans le studio de Rick Davies.

Le contrat chez A&M Records étant arrivé à sa fin peu de temps après la sortie des compilations, Davies leur propose la nouvelle maquette mais A&M Records refuse de signer un nouveau contrat pensant que le groupe ne vendra plus de disques. Davies présente sa maquette à d'autres maisons de disques. EMI France est séduit et signe en 1996 avec Supertramp un contrat pour trois albums. Le groupe part enregistrer à Los Angeles. Le producteur est alors Jack Douglas, qui a aussi produit John Lennon (son dernier album, Double Fantasy) et Aerosmith.

Le 24 mars 1997 sort Some Things Never Change. Le disque présente une musique assez classique, sans innovation, reprenant les éléments qui ont fait le succès du groupe. Cet album ne convainc pas la critique mais se vend bien, notamment en France où 250 000 exemplaires s'écoulent en une dizaine de jours. L’album atteint également la troisième position du palmarès en Allemagne et la deuxième en Suisse. Le disque a moins d’impact au Royaume-Uni ou il n’atteint que la 74e position.

L'album est suivi par la tournée It's About Time qui couvre l'Europe et l'Amérique du Nord. La tournée de 113 concerts s'amorce à Stockholm au début d'avril 1997 et se termine à Stuttgart en octobre de la même année. Au cours de cette période, Supertramp se produit à Prague et à Budapest pour la première fois de sa carrière. En 1999, sort It Was The Best of Time, album live de cette tournée, enregistré au Royal Albert Hall de Londres les 19 et 20 septembre 1997.

En 1998 Roger Hodgson qui entame une tournée en solo rencontre l'auteur compositeur français Alan Simon. Ce dernier invite Hodgson à rejoindre l'album Excalibur dont il est le créateur. Après le succès de cet opus et quelques concerts Excalibur dont le Bataclan de Paris le 13 juin 2000, Roger Hodgson propose à Alan Simon de réaliser l'album du retour de sa carrière solo. L'album baptisé Open The Door est alors enregistré en Bretagne à la demande de son réalisateur afin de se concentrer sur l'essentiel. Roger Hodgson retrouve alors le « son » et l'alchimie de la « grande période Supertramp ». Open The Door est très favorablement accueilli par la critique et par le public. Il atteindra même le statut disque de platine en France.

Du côté du « Supertramp officiel », Slow Motion sort en 2002. Onzième album studio du groupe, le disque est produit par Rick Davies, qui signe toutes les compositions à l'exception de Gold rush, une chanson datant des débuts de Supertramp et composée par Davies et Richard Palmer. Le succès de Slow motion est moindre par rapport à celui de Some things never change. Aux États-Unis et au Canada, le disque ne sera disponible que sur internet. Le disque atteint la sixième position en Suisse, la huitième en France et la dix-septième en Allemagne. Slow Motion est suivi de la tournée mondiale One More For The Road (86 dates).

Retrospectacle, une nouvelle compilation, sort en 2005.

70-10 Tour, la tournée anniversaire[modifier | modifier le code]

À l'automne 2010, Supertramp reprend la route pour une tournée 70-10 : All The Hits And More dans toute l'Europe de l'Ouest pour une trentaine de dates. Après une série de répétitions parisiennes fin août 2010, le groupe entame sa tournée anniversaire en Allemagne le 2 septembre pour la finir à Paris fin octobre.

Parallèlement, Roger Hodgson poursuit sa tournée mondiale et, à l'annonce de celle de Supertramp, il émet le souhait de se joindre à eux sur scène pour quelques dates, afin d'offrir aux fans ce qu'ils attendent depuis des années : une reformation du groupe initial sur scène où les deux chanteurs seraient réunis. Toutes les conditions semblent favorables mais un accord ne sera jamais trouvé entre les deux anciens partenaires, chacune des parties rejetant les raisons de l'échec de la reformation sur l'autre.

Supertramp et Rick Davies créent alors la polémique : en reprenant sur scène des chansons écrites par Hodgson seul, ce dernier accuse publiquement Rick Davies de rompre l'accord verbal qui avait été établi entre eux lors du départ d'Hodgson du groupe en 1983. Cet accord stipulait que Davies gardait le nom de Supertramp, mais s'engageait à ne jamais jouer les morceaux d'Hodgson sur scène.

Si la controverse créée par Hodgson semble crédible et justifiée, elle apparait néanmoins impromptue et inadéquate puisque Davies avait de facto rompu cet accord tacite dès 1988 lors du « World Migration Tour », la tournée promotionnelle de Free As A Bird, sorti l'année précédente. Les chansons de Roger Hodgson ont constitué la grande majorité des tubes qui ont fait le succès de groupe et, désireux de garder un public fidèle et en nombre, Rick Davies, subissant certainement la pression des maisons de disques et des promoteurs, avait intégré ces tubes signés Hogdson dans le répertoire scénique du nouveau groupe, avec, selon les avis, plus ou moins de bonheur. Ces morceaux furent répartis entre deux chanteurs : Jesse Siebenberg et Gabe Dixon.

Malgré tout, la tournée 2010 de Supertramp est un succès. Le soir du 28 octobre 2010, lors du dernier concert de la tournée à Paris (au Palais Omnisport de Bercy), Rick Davies a fêté son 1000e concert avec le groupe, qui a, pour l'occasion, interprété la chanson Don't You Lie to Me, un vieux standard de rock américain.

Au début de l'été 2011, Supertramp présente une série de 12 concerts au Canada, se produisant à Vancouver, Calgary, Toronto, Montréal et Québec entre autres. En juillet de la même année, le groupe donne quelques spectacles en France notamment à Carhaix le samedi 16 juillet (20e Festival des Vieilles Charrues), Rouen, Strasbourg, Nîmes et Carcassonne.

Membres du groupe[modifier | modifier le code]

Daddy (1969-1970)
Supertramp 1970
1970
1971-1972
1972-1983
1984-1988
1996-1997
1997-2002
2002
2010-présent

Musiciens additionnels[modifier | modifier le code]

  • Brad Cole : Claviers, Saxophones (1986-1988)
  • Scott Gorham : Guitare (1985)
  • Mark Hart : Claviers, Guitare, Chants (1986-1988)
  • Fred Mandel : Claviers, Guitare (1983)
  • Scott Page : Saxophones, Flûte Traversière, Percussion, Guitare (1983-1987)
  • Steve Reid : Percussions (1988)
  • Lee Thornburg : trompette (1987)
  • Carl Verheyen : Guitare (1985-1986)
  • Marty Walsh : Guitare (1985-1988)
  • Doug Wintz : Trombone (1985)

Discographie[modifier | modifier le code]

Tous les disques sortis avant 1997 sont chez A&M Records, les suivants sont chez EMI.

Albums studio[modifier | modifier le code]

Albums Live[modifier | modifier le code]

Carrières solo[modifier | modifier le code]

Roger Hodgson[modifier | modifier le code]

Bob Siebenberg[modifier | modifier le code]

  • 1985 - Giants In Our Own Room
  • 1989 - Heads Up : The Long Shot
  • 2013 - The Glendale River

John Helliwell[modifier | modifier le code]

  • 2006 - Crème Anglaise

Mark Hart[modifier | modifier le code]

  • 2001 - Nada Sonata

Carl Verheyen[modifier | modifier le code]

  • 1988 - No Borders
  • 1994 - Garage Sale
  • 1996 - Slang Justice
  • 1998 - Slingshot
  • 2000 - Atlas Overload
  • 2001 - Solo Guitar Improvisations
  • 2010 - The Road Divides, DVD Live

Jesse Siebenberg[modifier | modifier le code]

Bootlegs[modifier | modifier le code]

Principaux titres[modifier | modifier le code]

  • 1970 - Surely
  • 1970 - Maybe I'm a Beggar
  • 1971 - Your Poppa Don't Mind
  • 1974 - Land Ho
  • 1974 - Summer Romance (Face-B de Land Ho)
  • 1974 - School
  • 1974 - Bloody Well Right
  • 1974 - Rudy
  • 1974 - Dreamer
  • 1974 - Crime Of The Century
  • 1974 - Hide In Your Shell
  • 1975 - Lady
  • 1975 - You Started Laughing (Face-B de Lady)
  • 1975 - Ain't Nobody but Me
  • 1975 - A Soapbox Opera
  • 1975 - Sister Moonshine
  • 1975 - Two of Us
  • 1977 - Fool's Ouverture
  • 1977 - From Now On
  • 1977 - Give a Little Bit
  • 1977 - Babaji
  • 1979 - The Logical Song
  • 1979 - Breakfast in America
  • 1979 - Goodbye Stranger
  • 1979 - Oh Darling
  • 1979 - Take the Long Way Home
  • 1979 - Just Another Nervous Wreck
  • 1979 - Child of Vision
  • 1982 - It's Raining Again
  • 1982 - My Kind Of Lady
  • 1982 - Waiting So Long
  • 1982 - Don't Leave Me Now
  • 1985 - Cannonball
  • 1985 - Better Days
  • 1987 - I'm Beggin' You
  • 1987 - Free as a Bird
  • 1997 - You Win, I Lose
  • 1997 - Listen to Me Please
  • 2002 - Slow Motion
  • 2002 - Over You

Compilations[modifier | modifier le code]

DVD[modifier | modifier le code]

  • 2002 - Supertramp - The Story So Far
  • 2004 - Inside Supertramp A Critical Review 1974 - 1978 Classic Rock Production CRL 1589
  • 2006 - Inside Supertramp A Critical Review 1974 - 1980 Classic Rock Production - Double coffret reprenant le DVD précédent (période 1974-1978), plus un nouveau DVD portant sur la période 1978-1980
  • 2006 - Roger Hodgson - Take the long way home - Live in Montreal
  • 2010 - Supertramp - Gateway To New Horizons (DVD Live in London 1977)
  • 2012 - Live In Paris 79

Musique de film[5][modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources diverses[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Supertramp - 30 ans de Breakfast de Gilles Carrière
  • (en) Supertramp - Greatest Hits
  • (en) The Supertramp Book de Martin Melhuish

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Daddy-Portrait 1970 tourné à Munich
  • Extremes

Liens externes[modifier | modifier le code]

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