Surf music

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Surf music

Origines stylistiques Rock'n'roll
Origines culturelles Drapeau des États-Unis États-Unis
Instruments typiques Guitare
Chants
Basse
Batterie
Popularité 1961 à 1964

La surf music est un genre musical apparu en Californie à la fin des années 1950 qui prend son envol dès 1961 et qui connaîtra une certaine popularité jusqu'en 1964. Intimement lié au surf et à sa culture alors florissante dans les environs de Los Angeles, il se caractérise par des chansons courtes, concentrées et rapides aux mélodies simples et enjouées, sur des rythmes voisins du rock'n'roll dont il est un dérivé.


Évolution du mouvement[modifier | modifier le code]

Apparition et développement[modifier | modifier le code]

Dick Dale, le guitariste vu comme le créateur, sinon le roi (The King of The Surf Guitar), de la Surf music

La surf music apparaît au début des années 1960 en Californie. À l'origine, elle n'est pas véritablement un genre particulier, mais simplement du rock'n'roll instrumental habité par la culture californienne du surf. Le rock'n'roll instrumental connaît à l'époque son heure de gloire grâce à des guitaristes ou groupes comme Duane Eddy, Link Wray ou The Ventures.

C'est surtout le groupe Dick Dale et les Del-Tones qui lance véritablement la mode de la Surf music avec Let's Go Trippin' en 1961[1], puis avec Misirlou en 1962. Le groupe formé à Orange County, en Californie est très influencé par la culture locale du surf. Dick Dale est d'ailleurs lui-même un surfeur. Dans son sillage apparaissent de nombreux groupes comme The Challengers, The Chantays ou Eddie and The Showmen, Dave Myers et la mode de la surf music est lancée.

Musicalement, la surf music se distingue par certaines caractéristiques : morceaux instrumentaux (notamment au début du mouvement ; les Shadows seront souvent considérés comme des pionniers de la surf music), prédominance de la guitare (principalement la marque Fender : Stratocaster, Jazzmaster ou Jaguar ; Dick Dale aurait d'ailleurs préféré le son des Fender après avoir essayé une Gibson), usage de la réverbération et du vibrato/ trémolo, rythme rapide de la batterie en 4/4[2]. La surf music s'inspire aussi des sonorités latines (beaucoup de musiciens mexicains vivent en Californie) et du rythme agressif du jazz à la batterie. De nombreuses musiques traditionnelles comme Perfidia, Greensleeves ou Miserlou seront adaptées .

Le son caractéristique de la surf music est censé évoquer le glissement sonore de la planche de surf sur la vague[réf. nécessaire] La gamme pentatonique du blues est très souvent utilisée par les guitaristes solistes.

La surf music évolue ensuite à partir de 1963 et devient vocale avec d'abord le groupe Jan & Dean sur leur morceau Surf City [3] et notamment les Beach Boys, qui vont véritablement populariser le style et lui faire acquérir une audience internationale. La popularité des Beach Boys va les faire passer à tort comme les inventeurs du style et entraîner un certain engouement pour cette musique. De plus, certains critiques de rock[4] estiment les Beach Boys ne peuvent être qualifiés de groupe de surf music, ceux-ci ne respectant pas la première condition pour qu'un morceau soit qualifié de surf rock, à savoir qu'il soit à 100 % instrumental. Les chansons des Beach Boys sont d'ailleurs très souvent élaborées avec des chœurs et harmonies complexes. Les paroles évoquent la vie facile du surfer, préoccupé de filles, le soleil, le surf et les grosses voitures américaines dans lesquelles il s'en va draguer (cruising) [réf. nécessaire] .

La mode s’étend rapidement de 1962 à 1963 et des groupes comme Jan & Dean, The Ventures, The Rivieras et The Surfaris ou The Tornadoes (ou Tornados en Angleterre) connaissent leurs heures de gloire. De nombreux titres comme Wipe Out (de The Surfaris), Walk Don't Run (de The Ventures), Pipeline (de The Chantays) ou Bombora (du groupe australien The Atlantics), se placent dans les charts internationaux. L'engouement pour la Surf Music est tel que certains groupes comme les Trashmen (argot américain signifiant en français "éboueurs"), originaires de Minneapolis et auteurs de Surfin’Bird en 1963 (4e aux États-Unis), chantent la Surf Attitude alors qu'ils se situent à plus de 1000 kilomètres de l'océan...

La scène surf servit souvent de tremplin à de nombreux musiciens et producteurs (dont Lou Adler et Gary Usher), qui y firent leurs premières armes avant de se reconvertir vers d’autres genres.

Déclin[modifier | modifier le code]

La surf music s'essouffle à partir de 1964 et disparaît des sommets des hit-parades vers 1964-65 avec l’engouement du public américain pour la musique venue de Grande-Bretagne (Beatles, Rolling Stones et Who). La British Invasion incarne les changements de goût du public et peu de groupes américains y survivront. Les Beach Boys seront l'un des rares groupes de surf music à rivaliser avec les groupes britanniques mais en s'orientant définitivement vers la pop music et en s'écartant de la culture surf.

La Surf music fut à partir de là, décriée parce qu'elle était associée à une culture de jeune blanc américain insouciant (filles, soleil, voitures et surf), ce qui cadrait mal avec les préoccupations du pays, plongé dans la guerre du Viêt Nam et dans divers conflits impliquant la jeunesse (révoltes étudiantes, revendication des noirs, etc). Alors que la musique se radicalise et prend même une tournure politique, la Surf Music apparaît comme le symbole d'une culture très ethnocentrée, soumise à l'establishment et garant d'un "way of life" très fidèle aux valeurs américaines.

Dans Third Stone from the Sun, Jimi Hendrix dit :

« You'll never hear surf music again.[réf. nécessaire] »

(« Vous n'entendrez plus jamais de surf music. ») Les interprétations de cette phrase varient. Dick Dale était gravement malade à l'époque et Hendrix croyait qu'il était mort, ce qui aurait mis un terme à la surf music. L'autre version est relative à l'annulation d'un concert des Beach Boys lors d'un festival, Hendrix aurait voulu signifier que plus personne n'allait s'intéresser à ce groupe après cet épisode[5].

En 1968, les Beatles rendront hommage aux Beach Boys et de la Surf Music avec la chanson Back In U.S.S.R., une parodie du très chauvin Back In The USA de Chuck Berry, dans le style des Beach Boys pour lesquels ils ont une grande admiration depuis leur album Pet Sounds.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

À partir de la fin des années 1970, la surf music va connaître un regain d'intérêt de la part des groupes issus de la vague punk comme en témoignent les reprises de Surfin'Bird, Wipe Out ou de California Sun par des groupes comme les Ramones ou les Toy Dolls. Certains styles de musique issus du punk, comme le Psychobilly, s'inspirent musicalement d'ailleurs de manière très ouverte, de la surf music. Le skate punk, par son énergie, son sens de la mélodie, son lieu de naissance (la Californie), et la culture dans laquelle elle baigne (skate, surf et autres sports de glisse « fun ») a aussi une certaine filiation avec la surf music.

Même si le succès n’est plus au rendez-vous, le genre garde un certain caractère populaire et réapparaît épisodiquement, parfois dans des endroits inattendus. Il faut signaler un revival à Londres au début des années 1980 avec The Barracudas, puis The Surfin' Lungs et enfin Sir Bald Diddley. Un autre retour a lieu aux États-Unis dans les années 1980, avec Jon and The Nightriders et dans les années 1990, avec The Aqua-Velvets, Los Straitjackets avec Eddie Angel à la guitare et Rudy and The Surf Kings. Les titres Miserlou [6] de Dick Dale, Bustin' Surfboards de The Tornadoes (1962), The Bullwinkle part. II de The Centurions, Comanche de The Revels ou encore Surf Rider de The Lively Ones figurent dans la bande originale de Pulp Fiction de Quentin Tarantino en 1994 (film qui a relancé un certain engouement pour le style).

La surf music eut une influence sur de nombreux groupes, au fil des années, même si leur son semble parfois éloigné du modèle original avec, par exemple : The Ramones, dans l’esprit des chansons courtes, rapides et mélodiques et dans leurs reprises (Surfin’ bird, California sun), Pixies, Radio Birdman en Australie, Go-Go's ainsi que de nombreux autres.

Il existait encore de nos jours des groupes jouant de la surf music, mais le courant reste extrêmement confidentiel, et sans apport significatif au style initial. Malgré tout il est important de signaler l'existence en France de groupes qui contribuent à la continuité de ce mouvement tels les Bayonnais de New Unemployed Lads (N.U.L) qui cartonnent, les incrédibles Agamemnonz, les Orientals, les Wangs, The Taikonauts, Arno De Cea & the Clockwork Wizards, Cannibal Mosquitos (de Valence avec les anciens membre d'ISP...), les Suspenders, les Arondes, les Stèles, les Tsunamis, les Cavaliers[réf. nécessaire] les lyonnais d'X-ray vision (anciens des Chick peas et Doppler/Good damn) ou encore les plus connus du genre, Hawaii Samurai (Nasty Samy de Second Rate à la basse) qui évoluent désormais dans The Irradiates, ainsi que le label rouennais Marabunta Records et le groupe Evil Country Jack qui mélange la surf avec le death et trash metal. Au Canada, dans la province de Québec, il y a toujours le groupe Tabarnacos Surfers qui joue du surf.

Les enfants terribles du surf à partir de 2009[modifier | modifier le code]

L'on peut cependant noter un nouvel engouement pour le surf rock au début des années 2009-2010 avec la naissance de groupes indépendants reprenant les codes musicaux des groupes de garage rock et de surf rock des années 1960 mais en y apportant un côté plus psychédélique et lo-fi, parfois skate, et jouant souvent sur une image très axée sur les drogues, sur la destruction, mais toujours en gardant ce qui faisait le visuel du surf rock d'antan. Wavves, Surfer Blood, les Black Lips, Best Coast, Teens, Best Friends, Thee Oh Sees, les Jaccuzi Boys, Jay Reatard, Foster the People, Treefight for Sunlight, La Femme, entre autres, font partie de cette nouvelle vague de revival que l'on peut qualifier de Surfin' Youth.

Discographie de la surf music[modifier | modifier le code]

Singles et albums de référence[modifier | modifier le code]

Titres emblématiques de surf music instrumental

Le style évolue ensuite dès 1962-1963 et devient aussi vocal avec notamment :

et les motos (bikes) avec notamment: (par thèmes)

  • Little Honda The Beach Boys ; The Super Stocks en 1964
  • Honda Bike The Devons en 1964
  • My Buddy Seat The Surfaris en 1964
  • The Surf Set (3 Disc Anthology) [compilation], Sequel Records-Knight/Records Ltd (Castle Communications NXT CD 249, RU, 1993 [72 original tracks from the surf and hot rod era]
  • King Of The Surf Guitar / The Best Of Dick Dale & His DEL-TONES, Rhino/Warner Music Canada, R2 75756, 1989 (compil 1961-1987)
  • Calling Up Spirits, Dick Dale, Beggars Banquet Records BBLCD184 ("HDCD"), 1996
  • Jivin' Around, Al Casey with The K-C-Ettes (Stacy "Records" 1961-1963), ace CDCHD 612, RU, 1995 (contient le légendaire "Surfin' Hootenanny", sorti en 1963, Stacy 962 [Johnny Hallyday avec Joey and The Showmen "Les Guitares Jouent").
  • "Les Guitares jouent"
  • Surfin' Bird, The Trashmen, Garrett Records LP GA/GAS → [stéréo]-2001, EU, 1964
  • Bird Dance Beat / Baja, The Trashmen, Garrett Records, EU, 1964 (LPs GA-30019 et GA-40019, Minnesota, EU, 1964)
  • Surf Party (compil), Ariola Express/BMG Ariola 295 720(-201), 1990, contient 5 titres enregistrés lors du Live Aid le 13/07/1985 : Surf City, Honolulu Lulu, Sidewalk Surfin', Barbara Ann et Ride the wild surf.
  • Greatest Hits (compil 1958-65), Jan & Dean, Duchesse CD 352062, 1989, contient un live de Barbara Ann au Live Aid, EU, 13/07/1985 CD pirate

La surf music par thèmes[modifier | modifier le code]

Les bagnoles et les autoroutes[modifier | modifier le code]

  • 409, The Beach Boys, Capitol records F-4777/EMI, 6/02/1962 (#76 EU)
  • 409, The Rip Chords, COLUMBIA/CBS 2151, 1962
  • Chug-a-lug, The Sunsets, Challenge 9186, 1962
  • R.P.M.'s, The Four Speeds, Challenge 9187, 1962
  • My sting ray, The Four Speeds, Challenge 9187, 1962 (face B)
  • Custom City, Annette (Annie Funicello), Buena VISTA Records/Disneyland (Walt Disney), 1963
  • Draggin' U.S.A., Annette, 1963
  • Hey little Cobra, The Rip Chords, COLUMBIA/CBS 4292, 1963
  • Drag City, Jan and Dean, Liberty F-55641/EMI, 1963, Pomona, Californie du Sud où se déroulaient des courses illégales (#10 EU)
  • Little deuce coupe, The Beach Boys, Capitol Records F-5009/EMI, 1963
  • Little deuce coupe, Jan and Dean, Liberty, 1964 [#22 EU]
  • Hot rod U.S.A., The Rip Chords, COLUMBIA/CBS 2226, 1964
  • G.T.O. (Pontiac), Ronnie and The Daytonas, Mala 481, 1964
  • Move it, The Chantays, DOT 16440, 1963
  • Little street machine, Hot Rod Rog, Capitol Records ST 1997, 1963 (stéréo)
  • Competition coupe, The Astronauts, RCA Victor 45-8298, 10/1963
  • Big black Cadillac, Dick Dale and His Del-Tones, Capitol T/ST-2002, 11/63
  • Blond in the 406, Dick Dale and His Del-Tones, Capitol Records T/ST-2053, 03/1964
  • My XK-E (Jaguar), Dick Dale and His Del-Tones, 03/1964, Capitol T/ST-2053
  • Hot rod alley, Dick Dale and His Del-Tones, 03/1964
  • Dead man's curve, Jan and Dean, Liberty F-55672, 1964
  • Move out little Mustang (Ford), The Rally Packs, Imperial 66036/Liberty-Capitol/EMI, 1964
  • Draggin' wagon, The Surfer Girls, COLUMBIA/CBS 43001, 1964
  • Hot rod high, The Knights, Capitol Records DT 2189, 1964
  • Surf Route 101, The Super Stocks feat. Gary Usher, Capitol Records ST 2190, 1964 (stéréo)[face A), Gary Usher est présent sur tous les titres
  • Readin' ridin' and racin' , The Super Stocks, Capitol Records ST 2190, 1964 (stéréo)
  • '54 Corvette (Chevrolet/General Motors), The Super Stocks, 1964
  • "T" Roadster, The Super Stocks, 1964 (tous les titres en mono ou stéréo)
  • 426 Super Stock et 427 Super Stock, The Super Stocks, 1964
  • D / Gas Chevy (Chevrolet), The Super Stocks, 1964
  • Wide Track, The Super Stocks, 1964
  • Draggin' deuce, The Super Stocks, 1964
  • Burnin' rubber, Gene Moles and The Softwinds, Challenge 59249, 1964
  • Black denim, The Surfaris, DECCA Records 9-31731, 1965
  • Bucket "T" (Ford), Jan and Dean, (Jan Berry et Don Altfeld), Liberty F-55860, 1965
  • Go, go G.T.O., Carol and Cheryl, Colpix/Columbia Pictures CP-767, 02/1965
  • GeeTO Tiger (Pontiac), The Tigers, Colpix/Columbia Pictures CP-773 et/ou SPEC-773, 05/1965

La plage, la Californie, le soleil, les garçons et les filles[modifier | modifier le code]

  • Let's go trippin, The Hot Doggers, COLUMBIA/CBS 24050, 1963 (V.O. de Dick Dale)
  • Beach party, Annette, 1963 (B.O.F. éponyme)
  • California sun, Annette, 1963 (une reprise de Joe Jones, 1961)
  • Muscle beach party, Annette, 1963
  • I dream about Frankie, Annette, 1963
  • A girl needs a boy, Annette, 1963
  • Surfer Joe, The Surfaris, DOT 16479, 04/1963
  • Three surfer boys, Gary Usher & The Usherettes, DOT 16518, 1963
  • A boy to love, Annette, 1964
  • Surfer boy, Annette, 1964 (version féminine du titre ci-dessous)
  • Surfer girl, The Beach Boys, Capitol Records F-5009, 22/07/1963 (#7 EU)
  • She's my summer girl, Jan and Dean, Liberty F-55580, 1963
  • California sun, The Rivieras, U.S.A. Records R-1401, 1964
  • Girls on the beach, The Beach Boys, LP ST 2110, 1964
  • Muscle beach party, The Super Stocks, 1964
  • Santa Barbara, The Super Stocks, 1964
  • Redondo Beach, The Super Stocks, 1964 (en Californie du Sud)
  • My first love, The Super Stocks, 1964
  • Malibu blues, The Super Stocks, 1964
  • Newport Beach, The Super Stocks, 1964
  • Beach boy, Pat Boone, Mala 503, 1965
  • I'll think of summer, Ronnie and The Daytonas, Mala 542, 1965
  • I found a girl, Jan and Dean, Liberty F-55833, 1965
  • Theme from the Endless Summer [B.O.F.], The Sandals, World Pacific 415/Capitol Records-EMI, 1966

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.britannica.com/EBchecked/topic/574991/surf-music
  2. http://www.britannica.com/EBchecked/topic/574991/surf-music
  3. http://www.britannica.com/EBchecked/topic/574991/surf-music
  4. Dictionnaire du rock, éd. Robert Laffont, Paris 2001, p. 1889
  5. Cowabunga!- A Surf Music FAQ
  6. cette graphie n'est valable qu'en version twist de Dick Dale, Misirlou étant une vieille mélodie grecque