Vibraphone

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Luigi Waites jouant du vibraphone.
Un vibraphone Ludwig-Musser.

Le vibraphone est un instrument de musique, de la famille des instruments de percussion et plus précisément de la branche claviers. Le nom est constitué de deux parties :

  • vibra (pour vibrato) : le système à produire du vibrato étant une des particularités du vibraphone
  • phone (pour phonos) : son en grec.

Il a été inventé en 1916 par Hermannn Winterhoff, s'inspirant du marimba mexicain, autre instrument de percussion à clavier proche du xylophone et des orchestres de Gamelan de Java (appelé aussi métallophone). Si le premier vibraphoniste de talent fut le jazzman Lionel Hampton, il a vite trouvé sa place dans le jazz, mais aussi dans la musique classique du XXe siècle grâce à des compositeurs comme Edgard Varèse, Pierre Boulez ou Steve Reich. Le vibraphone a, au fil des années, été utilisé dans des styles musicaux très différents, même s'il ne joue véritablement un rôle central que dans certaines formations de jazz.

Présentation de l'instrument[modifier | modifier le code]

Le vibraphone consiste en un cadre rigide surmonté de lames de métal horizontales, sous lesquelles se trouvent des caisses de résonance appelées « résonatrices ». Ces dernières sont le plus souvent en aluminium ou en matière synthétique. Le vibraphone est composé d'un clavier de trois octaves sauf exception. Il n'est fabriqué qu'en métal et une petite barre de feutre est attachée à une pédale. Une fois baissée, elle baisse la barre et quand le joueur jouera, le son sera continu. Elle dure sur toute la longueur du clavier pour qu'une fois remontée, elle puisse étouffer toutes les lames d'un coup. Il y a également sur le bord le plus près des lames des caisses, des petits cercles de métal qu'on peut fermer et ouvrir en actionnant un moteur ce qui donne des effets de vibration plus ou moins rapide selon la vitesse du moteur. On en joue avec des baguettes entourées de fil.

Le vibrato[modifier | modifier le code]

L'une des spécificités de l'instrument, à l'origine de son nom, comme nous l'avons déjà mentionné, est la présence, sur la plupart des modèles, d'un système de vibrato. Dans le cas du système dit « à ailettes » (le plus répandu), chaque tube est doté d'un clapet actionné par un moteur, dont l'ouverture et la fermeture produisent le vibrato. La vitesse d'oscillation peut en outre être ajustée au moyen d'un variateur de vitesse. Indépendamment du moteur, les ailettes peuvent aussi être réglées manuellement de manière à brider ou non le volume sonore global du vibraphone.

Le terme « vibrato » est employé abusivement dans le cadre du vibraphone, étant donné que l'effet produit par la rotation des ailettes est une sorte d'intermédiaire entre un vibrato et un trémolo, ce qui serait à rapprocher de l'effet obtenu par la cabine Leslie.

Les lames[modifier | modifier le code]

Les lames du vibraphone sont constituées de métal, de finition naturelle (grise) ou dorée, mat ou brillant. Cette particularité confère à l'instrument une tenue de note exceptionnelle (beaucoup plus importante que sur un piano par exemple). Les lames des premiers prototypes de vibraphones étaient faites le plus souvent à partir d'acier, produisant un son brillant et riche en harmoniques. Très vite, les alliages à base d'aluminium ont supplanté l'acier car ils offraient une sonorité plus douce, avec des harmoniques plus faciles à gérer. Depuis, l'aluminium est resté le standard en matière de matériau pour les lames de vibraphone, et au fil des années les constructeurs ont apporté de petites modifications à leur alliage pour obtenir un son globalement moins brillant et plus équilibré en harmoniques.

Les lames sont disposées selon un clavier comparable à celui du xylophone ou du marimba, la différence résidant dans le fait que toutes les lames sont dans un même plan horizontal, tandis que les « touches noires » du xylophone et du marimba sont surélevées. Une exception cependant : le Musser Deluxe Neo Classic Concert Grand Vibraphone, designé par Clair Omar Musser en 1941, et dont la Percussive Arts Society possède l'unique exemplaire, présente un chevauchement des « touches noires » (surélevées) et des « touches blanches », dont l'étouffement simultané est commandé par l'action synchrone de deux rangées d'étouffoirs.

Enfin, la largeur des lames peut être soit constante, soit croissante en allant vers le grave, comme sur un marimba.

La pédale[modifier | modifier le code]

Une bande de feutre, placée sous les lames, permet de les étouffer. Cette bande de feutre, maintenue au contact des lames par des ressorts, peut-être abaissée par une pédale, afin de laisser vibrer les lames, un peu comme sur un piano, à la différence près que sur un vibraphone, il faut actionner la pédale avant de jouer la lame, pour qu'elle puisse vibrer librement.

On distingue 3 types principaux de pédales:

La tessiture[modifier | modifier le code]

La majorité des vibraphones actuels ont une étendue de trois octaves (de Fa2 à Fa5, ou plus rarement de Do2 à Do5), bien que les modèles quatre octaves (de Do2 à Do6) commencent à être employés par certains vibraphonistes. Enfin, quelques rares modèles présentent une tessiture de trois octaves et demie (de Do2 à Fa5) en allant vers le grave, comme sur un marimba.

En termes de fréquences, le vibraphone 3 octaves standard a donc une tessiture comprise entre 175 Hz environ, et 1 397 Hz.

Les baguettes[modifier | modifier le code]

Les baguettes sont composées d'un manche plus ou moins long et flexible (le plus souvent en rotin ou en bois, comme par exemple l'érable, et plus rarement en matière synthétique) à l'extrémité duquel est fixée la tête qui va frapper les lames. Cette dernière est constituée d'un noyau plus ou moins dur en fonction du son désiré, et recouvert d'une enveloppe textile à la manière d'une pelote de laine.

Les baguettes produisant le son le plus feutré sont qualifiées de douces, et possèdent le plus souvent un noyau en caoutchouc. Les baguettes medium produisent un son plus clair, tandis que les baguettes dures produisent un son brillant. Il existe toutes sortes d'intermédiaires et de dérivés à ces trois catégories : medium-douces, extra-dures, etc.


Le choix des baguettes à utiliser dépend du contexte musical et acoustique. Les baguettes douces produisent des sons graves ronds et chaleureux, mais présentent une attaque de note peu prononcée, ce qui atténue le volume global de l'instrument et rend les sons aigus difficiles à faire ressortir. À l'opposé, des baguettes dures permettent de jouer aisément les lames aiguës de l'instrument, mais donnent souvent un son froid et métallique dans les graves, avec beaucoup d'harmoniques. Pour pallier ce problème, certains vibraphonistes jouant à quatre baguettes utilisent une baguette douce pour les graves (baguette extérieure de la main gauche). Le vibraphoniste français Norbert Lucarain a, quant à lui préféré élaborer, en collaboration avec le facteur français Pierre-François Resta, des baguettes dont la tête comporte un noyau spécial breveté permettant d'obtenir un son doux ou brillant suivant la dynamique de jeu.

Les techniques de jeu[modifier | modifier le code]

Historiquement, le vibraphone se joue à deux baguettes, à l'instar du xylophone. Lionel Hampton et Milt Jackson, par exemple, ont toujours joué à deux baguettes. Puis est apparu le jeu à quatre baguettes, qui a permis d'étendre considérablement les possibilités de l'instrument en lui donnant une fonction harmonique, et plus seulement mélodique, ainsi qu'en facilitant le doigté de passages délicats (notamment avec de grands écarts ou des arpèges).

À quatre baguettes, les techniques de jeu sont très variées. La prise de baguettes est très libre, la baguette « extérieure » pouvant être prise entre l'index et le majeur (prise dite « Burton », la plus courante), le majeur et l'annulaire, ou entre l'annulaire et l'auriculaire. Parfois même, certains vibraphonistes adoptent une prise asymétrique. Par ailleurs, les passages mélodiques (à une voix) peuvent être joués avec les baguettes intérieures (le plus courant) ou avec la baguette intérieure de la main gauche et la baguette extérieure de la main droite (technique « Burton »). Gary Burton fut l'un des innovateurs de la technique à 4 baguettes au vibraphone. Enfin, de très rares vibraphonistes et marimbistes virtuoses ont développé un jeu à six baguettes.

Les lames du vibraphone sont habituellement frappées en leur milieu, là où le son sera le meilleur. Cependant, dans le but de permettre le jeu de certains accords, les lames sont parfois frappées en leur extrémité au-dessus de l'étouffoir.

L'étouffement des notes constitue une part importante du jeu et de la musicalité. Le jeu de pédale doit être précis, afin d'éviter les mélanges de notes qui peuvent se révéler désagréables à l'écoute, en raison de l'extrême résonance des lames. Dans certaines situations, comme par exemple le maintien d'une note tandis que l'accord ou la mélodie changent, l'étouffement se fait en appliquant une baguette ou un doigt sur la lame à étouffer de sorte à stopper sa vibration ; on dit qu'on "dampe" la note, du verbe anglais to damp, étouffer.

Quelques œuvres importantes utilisant le vibraphone[modifier | modifier le code]

Une des œuvres de musique contemporaine les plus importantes du mouvement minimaliste utilise le vibraphone comme véritable ordonnateur et chef d'orchestre de l'ensemble concertant. Il s'agit de Music for 18 Musicians de Steve Reich composée en 1976 où le vibraphone déclenche et assure les transitions tout au long des quatorze sections de la pièce. D'une manière générale, Reich a écrit de nombreuses compositions utilisant le vibraphone ou le métallophone comme instrument central, en particulier Variations for Vibes, Pianos, and Strings (2006) et Mallet Quartet (2009).

Darius Milhaud a écrit un Concerto pour marimba et vibraphone en 1947.
Un compositeur et percussionniste français, Emmanuel Séjourné a écrit un Concerto pour vibraphone et orchestre à cordes (1999), ainsi qu'un Double Concerto pour vibraphone, marimba et orchestre (2012).

Un compositeur et percussionniste italien, Luigi Morleo a écrit un Concerto pour vibraphone et quartet à cordes: Diritti: NO LIMIT (2013).

Cet instrument fait partie intégrante de la pédagogie musicale active le Orff-Schulwerk développée par le compositeur Carl Orff

Vibraphonistes réputés[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]