Kraftwerk

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Kraftwerk

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Kraftwerk en concert à Kiev (2008)

Informations générales
Pays d'origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Genre musical Krautrock, synthpop, musique industrielle
Années actives 1970 - Présent
Labels Kling Klang, EMI
Site officiel krafwerk.com
Composition du groupe
Membres Ralf Hütter
Fritz Hilpert
Henning Schmitz
Falk Grieffenhagen
Anciens membres Michael Rother
Klaus Dinger
Klaus Röder
Wolfgang Flür
Karl Bartos
Fernando Abrantes
Florian Schneider-Esleben
Stefan Pfaffe

Kraftwerk[1] est un groupe allemand de musique électronique qui a joué un rôle prépondérant dans le développement de cette musique. Ses productions novatrices et expérimentales ont influencé un certain nombre de groupes new wave des années 1980.

La sonorité musicale du groupe se caractérise par la combinaison d'une ligne de basse et d'une rythmique électrique à une structure harmonique et des mélodies répétitives faites à partir de synthétiseurs, accompagnée de paroles minimalistes chantées ou vocoderisés dans plusieurs langues (allemand, français, espagnol, anglais, russe, japonais, italien, polonais).

Historique[modifier | modifier le code]

Le groupe Kraftwerk a été fondé en 1970 par Florian Schneider-Esleben et Ralf Hütter. Le premier joue de la flûte et du violon, le second du piano et de l'orgue[2]. Ils se sont rencontrés en classe d'improvisation pendant leurs études au Conservatoire de Düsseldorf en 1968[3]. Leurs goûts partagés pour la musique expérimentale électronique que la presse qualifiera plus tard de mouvance krautrock scellent définitivement leur amitié.

Après une première expérience au sein du groupe allemand Organisation jugée insatisfaisante, le duo sort les albums Kraftwerk (1971), Kraftwerk 2 (1972) et Ralf und Florian (1973). Sa musique très avant-gardiste rencontre un succès mitigé.

Le groupe recrute ensuite deux nouveaux musiciens aux percussions électroniques, Wolfgang Flür en 1973 et Karl Bartos en 1975 (ce dernier succédant à Klaus Roeder, qui jouait du violon sur l'album Autobahn paru en 1974). Très fortement influencé par les vastes complexes industriels de leur région (la Ruhr), le groupe reproduit dans ses disques l’atmosphère industrielle faite de sons répétitifs et sa vision du monde autour du béton des grandes villes et de la modernité technologique :

« Nous avons forcément été influencés par le rythme de notre langue maternelle, par les sons industriels d'un environnement comme la Ruhr.[4] »

— Ralf Hütter, 2002

En novembre 1974, l'album Autobahn (autoroute, en allemand) est un succès mondial. Soucieux de tout contrôler, les deux membres fondateurs créent leur propre studio d’enregistrement Kling Klang à Düsseldorf en Allemagne.

Ils sortiront par la suite des titres célèbres comme Radioactivity, Trans-Europe Express ou le morceau The Robots en 1978 sur l'album The Man Machine, qui feront de Kraftwerk l'un des groupes les plus samplés après James Brown[5]. En 1981, ils sortent un nouvel album : Computerworld, un nouveau succès et une performance remarquée au sein de la communauté de la musique électronique. L'amélioration de la qualité est essentiellement due à une impressionnante amélioration du matériel et de la personnalisation du style de Kraftwerk qui travaille désormais sur une nouvelle langue : le japonais.

Après quelques années de travail, Kraftwerk sort un nouvel album : Electric Café. Cet album qui est sorti en 1986 marque une nouvelle fois un tournant dans la musique électronique[réf. nécessaire]. En utilisant cette fois l'espagnol, ils démontrent à nouveau cette envie de diversité dans leur musique.

L’album suivant ne sort qu'en 1991 et n'est qu'une reprise des plus gros tubes de Kraftwerk ; cet album n'est donc qu'une sorte de compilation.

Finalement, en 2003, Kraftwerk sort de son studio Kling Klang, le dernier album composé par leurs soins intitulé Tour de France Soundtracks.

L'année précédente, le groupe entame une tournée qui s'étendra sur plusieurs années (jusqu'en 2009) et sort un DVD Live : Minimum-Maximum. En sept ans, ils ont joué sur plus de 125 sites dans le monde.

Les années suivantes, ils sont invités à des festivals ainsi qu'à des expositions :

En 2013, lors d'une interview pour The Guardian, Ralf Hütter annonce que le groupe se concentre à présent sur un nouvel album, sans préciser quand il va sortir dans les bacs.

Composition du groupe[modifier | modifier le code]

La composition du groupe a beaucoup fluctué à ses débuts, entre 1970 et 1974. Florian Schneider et Ralf Hütter ont ainsi travaillé en quatre ans avec une demi-douzaine de musiciens différents, entre l'enregistrement de quatre albums et leurs rares apparitions en concert. Les musiciens les plus notables de cette époque ont été le guitariste Michael Rother et le batteur Klaus Dinger, qui formèrent ensuite le groupe Neu!.

L'apport, l'expérience et l'influence du producteur et ingénieur du son Konrad "Conny" Plank ont aussi été significatifs. Konrad Plank collaborait alors avec plusieurs groupes allemands d'importance tel que Can, Cluster et Harmonia. Grâce à son travail avec Kraftwerk, son studio de musique près de Cologne est devenu un des studios les plus prisés de la fin des années 1970. Il a produit les 4 premiers albums de Kraftwerk et a cessé sa collaboration avec le groupe après le succès commercial de l'album Autobahn.

Le peintre et graphiste Emil Schult devint un collaborateur régulier du groupe à partir de 1973. Au début, il joua de la guitare basse et du violon électrique. Par la suite, il fut le concepteur visuel et écrivit quelques-unes de ses paroles, en plus d'accompagner le groupe lors de ses tournées.

Kraftwerk en 1976 à Zürich, avec de gauche à droite : Ralf Hütter, Karl Bartos, Wolfgang Flür et Florian Schneider.

La composition du groupe s'est forgée de manière plus définitive à partir de 1975, pour la tournée de l'album Autobahn. Durant cette période, le groupe se présentait comme un quartet électronique composé des fondateurs Ralf Hütter et Florian Schneider-Esleben, rejoint par les percussionnistes Wolfgang Flür et Karl Bartos. Wolfgang Flür avait déjà rejoint le groupe en 1973 en tant que batteur, dans le cadre d'une apparition télévisée du groupe pour la promotion du 3e album. Cette première apparition de leur instrument de percussion, une batterie électronique qu'ils avaient eux-mêmes construite et jouée par Flür, a contribué à les faire remarquer. Bartos et Flür ont aussi collaboré à l'écriture de plusieurs des plus mémorables morceaux de Kraftwerk.

Le groupe est connu pour avoir toujours conservé un certain anonymat, apparaissant peu en public. Après des années d'absence de la scène, Kraftwerk a recommencé des tournées plus régulières à partir de 1990. Pendant cette décennie d'absence, le groupe a souvent affirmé qu'il travaillait sur de nouveaux projets, mais ils ne sont jamais arrivés à échéance. Le temps passant entre la sortie des albums, la rareté de leurs concerts, le caractère astreignant et prolongé de leur processus d'enregistrement furent les raisons du départ de Wolfgang Flür et Karl Bartos, lesquels ont beaucoup apporté aux premiers enregistrements du groupe par leurs improvisations.

Suite à ces départs, la composition du groupe a été fluctuante de 1992 à nos jours, mais on compte parmi les nouveaux membres réguliers Fritz Hilpert et Henning Schmitz, qui faisaient déjà partie du personnel du studio Kling Klang.

En avril 2008, le groupe se produit pour une tournée de quatre dates aux États-Unis. Florian Schneider ne participa pas à ces concerts. Aucune raison officielle n'a été divulguée. Il fut remplacé par Stefan Pfaffe, également responsable des effets visuels du groupe. En septembre 2008, le groupe s'est produit également pour 5 dates en Europe, puis pour 4 dates en Australie au mois de novembre.

Le 5 janvier 2009, le site de fans officiel du groupe annonce le départ de Florian Schneider, l'un des deux cofondateurs du groupe[6][réf. à confirmer]. Dans les concerts donnés dans les années 2010 Kraftwerk est composé de Ralf Hütter, Henning Schmitz, Fritz Hilpert et Stefan Pfaffe où ils arborent leur emblématique costume quadrillé à LED tels des robots.

Musicologie[modifier | modifier le code]

Plus connu pour ses albums électroniques, Kraftwerk a cependant débuté comme dans la musique d'improvisation krautrock dans la veine de groupes tels que Can ou Neu!. Ses trois premiers albums étaient donc plus près de la musique d'expérimentation rock de l'époque des années 1970 et n'avaient pas encore l'accroche pop et la structure et la dynamique rythmique que connaîtront leurs albums suivants.

Les albums Kraftwerk et Kraftwerk 2, sortis en 1970 et 1972, de l'exploration musicale, joués avec des instruments traditionnels : la guitare, la basse, l'orgue électrique, la flûte le violon. Des modifications en post-production étaient ensuite faites pour ajouter de la distorsion aux instruments, en particulier par la manipulation des bandes audio et par la multiplication d'un instrument sur une même piste. Les deux albums sont totalement instrumentaux.

Avec l'album Ralf und Florian sorti en 1973, le groupe commence à progresser en direction de son propre style, faisant un usage plus intensif de synthétiseurs et de boîte à rythmes, dont Kraftwerk est l'un des pionniers[3]. Même si presque entièrement instrumental, l'album présente les premières marques de l'utilisation de vocoder, qui deviendra par la suite la marque de fabrique du groupe.

Leur percée, à la fois en termes de musique et de popularité, s'est faite en 1974 avec l'album Autobahn et son morceau de 22 minutes éponyme présentant une rythmique appelée par la suite motorik. Ce morceau a été un succès mondial et démontrait bien leur utilisation maintenant massive des synthétiseurs et autres instruments électroniques.

Les sons produits par les instruments de Kraftwerk sont aujourd'hui numérisés : ils jouent désormais en concert avec leurs seuls ordinateurs[4].

Il a précédé quatre albums qui auront une énorme influence sur la musique populaire qui suivra  : Radio-Activity (1975), Trans-Europe Express (1977), The Man-Machine (1978) et Computerworld (1981).

Après une longue absence seulement interrompue par le single Tour de France en 1983, l'album Electric Cafe sort en 1986. Ce sera leur dernière composition originale pour une période de 14 ans.

En 1991, le groupe reprend d'anciens morceaux et les rejoue avec des sonorités nouvelles au sein de l'album The Mix.

Le single Expo 2000 sort en décembre 1999 puis en août 2003, le groupe sort l'album Tour de France Soundtracks, premier album de nouveaux titres depuis l'album Electric Cafe sorti en 1986.

En juin 2005, le groupe a publié son premier album live, Minimum-Maximum, compilés de leur tournée du printemps 2004. La plupart des chansons choisies pour cet album avaient été considérablement retravaillés et remodelés à partir de leur version studio originale. Cet album a été nommé en tant que meilleur album dance/électronique au Grammy Award. Il a été sorti accompagné d'un DVD présentant des vidéos de leur tournée à travers le monde.

Performances musicales[modifier | modifier le code]

Kraftwerk joua à ses début en marge du circuit rock ou des concerts classiques, préférant les lieux organisant des happenings[4].

En janvier 2014, Kraftwerk a été récompensé aux Grammy Awards pour le prix du « Lifetime Achievement » (littéralement : accomplissement de vie, ou de carrière) lors de la remise du prix Ralf Hütter (fondateur restant du groupe) dit lors du discours :

« Comme vous le savez, nous avons commencé à la fin des années 60, au mouvement de 68 (sorte de révolution des étudiants), et nous étions en train de travailler sur la scène expérimentale d'art visuel vers Düsseldorf, parce que les galeries d'art étaient les seules places et musées d'art qui nous laissaient jouer, parce que nous n'avions aucun répertoire.[7] »

— Ralf Hütter, 2014

Les concerts ont toujours occupé une partie importante dans les activités de Kraftwerk. Même si les spectacles s'articulent autour de morceaux et de compositions préconçues, l'improvisation y joue un rôle important.

Les paroles[modifier | modifier le code]

Les paroles de Kraftwerk traitent de la vie urbaine et technologique de l'Europe de l'après-guerre - voyager en automobile dans Autobahn, en train, utiliser des ordinateurs personnels... Ses paroles en apparence simplistes montrent une position à la fois candide et critique face au monde moderne, en même temps qu'elles jouent un rôle important dans la structure rythmique des morceaux. Plusieurs morceaux de Kraftwerk expriment la nature contradictoire de la vie urbaine moderne : une forte sensation d'aliénation et une célébration des joies de la vie moderne (et de ses avancées technologiques).

Kraftwerk était un des premiers groupes pop à enregistrer les sons et les instruments électroniques. La plupart des voix présentes dans leur albums sont retraitées par des vocoders ou générées à partir de logiciel de synthèse vocale.

Tous leurs albums à partir de Radio-activity ont été enregistrés en deux versions, allemande pour le marché allemand et anglaise pour le marché international. Les versions allemandes illustrent la volonté de Kraftwerk d'offrir une alternative au modèle dominant anglophone dans la musique pop et rock :

« Vous voyez, un autre groupe, comme Tangerine Dream, même [s'il est] allemand, [il a] un nom [en] anglais, [ce qui sous-entend] une identité anglo-américaine, ce que nous dénonçons complètement. Nous voulons que le monde entier sache que nous sommes originaires d'Allemagne, parce que la mentalité allemande — qui est plus évoluée — fera toujours partie de notre comportement. Nous créons à partir de la langue allemande, notre langue maternelle, qui est très mécanique ; nous utilisons cela comme base de notre musique. [...] Après la guerre, l'industrie du spectacle en Allemagne était détruite. Le peuple allemand s'est vu dépossédé de sa culture, au profit de la culture américaine. Je pense que nous sommes la première génération née après la guerre à renverser tout ça, à savoir où ressentir la musique américaine et où nous ressentir nous-mêmes. Nous ne pouvons pas nier le fait que nous sommes allemands. »

— Ralf Hütter, Extrait d'une entrevue par Lester Bangs: "Kraftwerkfeature", magazine Creem, septembre 1975.

Kraftwerk a aussi expérimenté avec l'utilisation des images générées par ordinateur comme décor pour leurs clips et apparitions sur scène. Sur ces dernières, il y aurait des parties improvisées. Pour certains de leurs concerts, ils ont créé des robots pour les représenter sur le devant de la scène (sur le morceau The Robots).

Après plusieurs années sans nouveautés, Kraftwerk réapparut à la fin des années 1990 avec Expo 2000, et en août 2003 sortit l'album Tour de France Soundtracks.

Le groupe accorde une grande importance à l'esthétique sonore autant que visuelle, ce qui les met en rupture avec la majorité des groupes de l'époque et leur insuffle beaucoup de modernité. Dès les années 1970, ils s'avéreront être ce que l'on appelle aujourd'hui des designers sonores et visuels. Ils travaillent au groupe et à leur musique en tant que « concept » en cherchant à maîtriser leurs visuels. Leur démarche tient autant de la démarche de l'art contemporain que des avant-gardes représentées alors par des artistes comme Can, Brian Eno ou David Bowie.

La nouveauté dans leur esthétique sonore se trouve notamment dans la froideur apparente des sons utilisés (synthétiseurs, boîtes à rythmes) et dans leur apport dans la musique pop des sons proches de ceux générés par les machines et la technologie industrielle.

Les techniques introduites et l'équipement développé par le groupe sont désormais courants en musique contemporaine. Beaucoup de DJ de la musique techno se réfèrent au groupe comme à une de leurs influences les plus importantes.

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

Année Album Charts
Drapeau de la France Drapeau de la Belgique Drapeau de la Suisse Drapeau de l'Allemagne
1970 Kraftwerk - - - 30
1972 Kraftwerk 2 - - - 36
1973 Ralf und Florian - - - -
1974 Autobahn - - - 7
1975 Radio-Activity 1 - - 22
1977 Trans-Europe Express 2 - - 32
1978 The Man-Machine 14 - - 12
1981 Computer World - - - 7
1986 Electric Café - - - 23
1991 The Mix* - - 27 -
2003 Tour de France Soundtracks 1 - 25 84
2004 The Catalogue* - - - -
2005 Minimum-Maximum** 123 45 - 26
2009 The Catalogue - - - -

(*) Compilation (**) Live

Singles[modifier | modifier le code]

Année Single Charts
Drapeau de la France Drapeau du Canada Drapeau de la Suisse Drapeau de l'Allemagne Drapeau du Royaume-Uni
1973 Kohoutek-Kometenmelodie - - - - -
1974 Comet Melody 2 - - - - -
1975 Autobahn - 12 - 9 11
1976 Radio-Activity 1 - - - -
1977 Trans-Europe Express 11 - - - -
1977 Les Mannequins - - - - -
1978 The Robots - - - 18 -
1978 The Model - - - 7 1
1978 Neon Lights - - - - -
1980 Pocket Calculator - - - 63 -
1981 Computer Love - - - - -
1983 Tour de France - - - 47 -
1986 Musique Non-Stop - - - 13 -
1987 The Telephone Call - - - - -
1999 Expo 2000 - - 95 35 -
2003 Tour de France - - - 50 -
2004 Aerodynamik 95 - - 80 -

Samples, reprises et influences[modifier | modifier le code]

De nombreux artistes déclarent avoir été fortement influencés par Kraftwerk, et à commencer dès le milieu des années 70 par David Bowie, qui n'a jamais manqué de rappeler l'influence de leur travail dans sa fameuse aventure berlinoise (1977-79). Il faut citer aussi Vince Clarke, fondateur de Depeche Mode et musicien actuel du groupe britannique Erasure. C'est aussi le cas des pionniers de l'Electro/Electro-Hip Hop, comme Afrika Bambaataa, mais surtout à Détroit où le duo Cybotron puis les pionniers de la Techno (Juan Atkins, Derrick May et Kevin Saunderson) feront toujours référence à Kraftwerk comme une influence déterminante, découverte permise par l'émission Midnight Funk Association du DJ Charles Johnson (The Electrifying Mojo). Une seconde vague d'artistes de Détroit, parmi lesquels Underground Resistance, Drexciya ou Aux 88, se revendiquera de ce même héritage non seulement au niveau stylistique mais aussi dans l'esthétique de l'anonymat visuel développé par Kraftwerk.

Kraftwerk sera aussi une source d'inspiration pour des musiciens d'univers plus new-wave ou rock tels Simple Minds, OMD, Ride ou Coldplay. De son côté, la chanteuse française Robert a repris Das Model sur son premier album, Sine qui témoigne de son attachement à la musique de Kraftwerk. Bien sûr l'influence la plus évidente se retrouve chez les producteurs d'une electro froide où l'on parle d'un monde tout technologique et aseptisé, comme chez Plastikman, Anthony Rother, Dopplereffekt et Arpanet ; l'autre branche influencée est celle de l'electro mélancolique et organique qui privilégie des mélodies simples et aériennes avec des instruments datant de l'époque de Kraftwerk, comme Boards of Canada, M83, Marboss ou Nathan Fake.

Il y a quelques reprises de morceaux de Kraftwerk, mais leur force se retrouve essentiellement à travers tous les samples d'instrus ou de beats qu'on retrouve souvent dans les morceaux hip hop ou électro. Le morceau Trans-Europe Express est le morceau de Kraftwerk le plus samplé[réf. nécessaire]. Voici quelques morceaux inspirés de Kraftwerk :

  • Planet Rock d'Afrika Bambaataa en 1982 qui en réalité ne sample pas puisque la musique a été réenregistrée en studio. La mélodie provient de Trans-Europe Express et le rythme semble provenir de Numbers. Chose intéressante, ce morceau Planet Rock est à son tour l'un des morceaux de rap les plus samplés.
  • Trans Europa Express par Anthony Rother, remix au goût electro allemand contemporain de Trans Europe Express.
  • Ouais gros de 113 qui sample en 1999 Trans-Europe Express (production DJ Mehdi).
  • Wake Me Up in Heaven par Mike Patton et les X-Ecutionners qui sample en 2005 The Robots.
  • Talk par Coldplay reprend la mélodie de Computerlove et les membres de Kraftwerk sont d'ailleurs crédités comme compositeurs du morceau.
  • Numbers (titre allemand : Nummern) par le beatboxer Kenny Muhammad sur l'album Make The Music 2000 du beatboxer Rahzel, en piste cachée.
  • Pour le morceau Trans-Europe Express on retrouve encore des résurgences chez De La Soul, Mirwais et même Madonna (introduction de Music).
  • Señor Coconut (and his orchestra), groupe dont l'initiateur est Uwe Schmidt, a sorti en 2002 l'album El Baile Alemàn, entièrement constitué de reprises de Kraftwerk, en version cha-cha-cha, mambo ou bossa-nova.
  • Le Balanescu Quartet, un quatuor à cordes proche de Michael Nyman, a repris sur son album Possessed (1992), cinq morceaux de Kraftwerk : The Robots, The Model, Autobahn, Computer Love et Pocket Calculator.
  • Das Modell de Rammstein est une reprise de Das Model.
  • Le groupe français Kat Onoma a joué à de nombreuses reprises sur scène une version étirée et électrique de Radioactivity.
  • The Divine Comedy et Ride ont repris The Model. The Divine Comedy a également repris Radioactivity.
  • Zrcalo Sveta de Laibach, tiré de l'album Trans Slovenia Express, reprend le fond musical de Spiegelsaal de Kraftwerk avec des paroles originales en slovène.
  • New Beats the House de Greyhouse, un must de la période "new beat" sorti en 1989 sous le label Belge R&S et reprenant la base rythmique de It's more fun to compute agrémenté de plusieurs samples vocaux basiques.
  • Le groupe français Treponem Pal a repris en 1991 Radioactivity dans une version aux guitares très lourdes sur leur album Aggravation.
  • 8 Bit Operators une compilation de reprise de Kraftwerk à partir de sons de consoles Nintendo ou encore d'ordinateurs Amiga.
  • Sur leur premier album Living In A Magazine, les britanniques de Zoot Woman, dont le leader est Stuart Price (producteur de la grande majorité de Confessions on the dancefloor de Madonna) reprennent Das Modell. Le titre de l'album est d'ailleurs une citation extraite des paroles de cette chanson.
  • Train Grande Vitesse de l’Est par le français Marboss est une francisation du morceau Trans Europe Express et devient en 2007 la musique officielle de l’inauguration de la LGV Est européenne et du TGV EST.
  • Le titre Neon Lights (de l'album The Man-Machine) est repris en 2000 par Jay Jay Johanson comme bonustrack sur la piste 15 de l'album Poison. Il fut également repris par Orchestral Manoeuvres in the Dark et Simple Minds.
  • On trouve une reprise de Das Modell dans l'album Voyager - The jugglers of Jusa de Sopor Aeternus & The Ensemble of Shadows qui porte le titre de Modela Est.
  • Dans le titre Private Show de l'album Can't Take Me Home de Pink, on peut entendre l'air de Die Mensch-Maschine.
  • En 1989, le groupe de hip-hop 2 Live Crew reprend The Man-Machine sur leur titre D.K Almighty ainsi que d'autres reprises.
  • En 2004, le DJ français Busy P du label Ed Banger sort un vinyle en édition limitée, sur lequel figure en face B un titre fondé sur la basse d'Aerodynamik, intitulé Be@rbrick Dance
  • En 2008, le groupe français Birdy Nam Nam sort un morceau intitulé Trans Boulogne Express, en hommage à Trans Europe Express.
  • En 2009, Busy P crée un remix du morceau It's More Fun To Compute.
  • En 2009, le clip Boom Boom Pow des Black Eyed Peas est largement inspiré de Boing Boom Tschak (tête en image de synthèse).
  • En 2010, Mr Oizo et Gaspard Augé créent un morceau Tricycle Express, issu de la bande son du film Rubber, qui a le même battement que Trans-Europe Express.
  • La même année, l'artiste français Gesaffelstein sort un EP chez Turbo, s'inspirant clairement des vocales finales de Music Non-Stop tout au long de celui-ci.
  • On peut retrouver une petite partie de Sex Object dans la musique d'entrée de Booker T à la WWE.
  • Spacelab a inspiré Nobuo Uematsu pour la piste "Anxious Heart" de Final Fantasy VII.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Traduction en français : centrale électrique.
  2. Bussy, pages 18-19
  3. a et b Stéphane Jarno, « Chez nous, les batteurs ne suent pas », Télérama, no 2749,‎ 18 septembre 2002, p. 56-57
  4. a, b et c Stéphane Davet, « Ralf Hütter, robot-gentleman de Kraftwerk" », Le Monde,‎ 16 octobre 2002, p. 33
  5. (en) Pascal Bussy, Kraftwerk : Man, Machine And Music, SAF Publishing,‎ septembre 2004, 4e éd., 224 p. (ISBN 0946719705), p. 128
  6. Fansite officiel
  7. « As you know, we started in the late 60s, the movement of 68 (kind of student revolution), and we were working in the experimental visual art scene around Dusseldorf, because art galleries were only the places and art museums would let us play, because we had no repertoire. »

Liens externes[modifier | modifier le code]

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