Ange

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Ange

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Ange, peinture de Carl Timoleon von Neff, XIXè siècle

Créature

Origines

Un ange, du latin angelus, emprunté au grec ἄγγελος, ángelos, « messager » (en hébreu מלאך, malakh, « messager »), est une créature céleste dans de nombreuses traditions, notamment dans les trois religions abrahamiques et dans l'Avesta. Ce terme désigne un envoyé de Dieu, c'est-à-dire un intermédiaire entre Dieu et les hommes. Parfois il transmet un message divin, parfois il agit lui-même selon la volonté divine.

L'ange est normalement invisible, mais lorsqu'il se laisse voir, lors d'un rêve ou d'une vision, il a une apparence humaine, transfigurée par une lumière surnaturelle[1].

L'angélologie est l'étude des anges, de leurs noms, de leur place dans la hiérarchie divine et de leur rôle.

Ancien Testament[modifier | modifier le code]

Dans la Bible hébraïque, les anges sont présents à plusieurs endroits, dans la Genèse lors de la Création, et ensuite en lien avec les hommes : un ange arrête le bras d'Abraham qui va sacrifier son fils ; lutte de Jacob avec l'ange ; dans l'épisode de l'échelle de Jacob (Bible), celui-ci voit des anges monter et descendre sur une échelle dont l'extrémité touche le ciel, les anges viennent prévenir Loth de la fin de Sodome sous une forme humaine et il les reçoit dans sa maison ; un ange, Raphaël, accompagne Tobie sur la route[2]. Michel devient l'ange du prophète Daniel. Le nom des anges comporte souvent la syllabe El, qui désigne Dieu : ce sont des noms « théophores ».

Principaux livres de l'Ancien Testament où des anges apparaissent :

Les chaldéens considèrent aussi les anges comme des créatures bienfaisantes leur apportant joie, protection et plaisir.

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Anges de la Kabbale.

Dieu a créé les anges (malakh) et les constellations et tout ce qu’elles contiennent et tout ce qui est au-dessous d’eux et tous ont besoin de Lui pour exister. Maïmonide dit que l'intelligence des anges est plus grande que celle des hommes. Il les appelle « Intelligences » (comme les sphères qui ont mis le monde en mouvement et les astres), conception proche de celle d'Aristote. En hébreu le pluriel de « saba », « sabaoth », signifiait « astres » et « armées » (angéliques). Ce mot fut repris par l'Église catholique durant des siècles : « Deus Sabaoth » : le « Dieu des Armées ». Il soutient que l'ancienne tradition juive comptait 10 degrés ou ordres d'anges appelés aussi « Intelligences » et affirme que cette croyance est la seconde après Dieu. La croyance dans les anges est une croyance commune entre juifs et chrétiens, mais celle de Maïmonide semble se rapprocher de l'Univers des idées platoniciennes en disant qu'à chaque brin d'herbe correspond une étoile dans le Ciel.

  • Classes : Maïmonide enseigne qu'il y a deux classes d'anges, les « permanents » et les « périssables ». Idem pour Judah ha-Lévi (1085-1140), fameux poète et théologien juif du XIIe siècle, qui différencie les anges « éternels » et les anges créés à un moment donné. Il enseigne dans Le Livre de Kuzari (IV) qu'il y avait deux classes ou espèces d'anges. Il écrit :

« Comme pour les anges, certains sont créés à un moment donné à partir de subtils éléments de matière (comme l'air et le feu). Certains sont éternels (c'est-à-dire existent depuis l'éternité et pour l'éternité), et ce sont peut-être les intelligences spirituelles dont parlent les philosophes. »

Et il poursuit :

« Il n'est pas certain que les Anges vus par Isaïe, Ezéchiel et Daniel appartiennent à la classe d'anges créés à un moment donné, ou à la classe d'essences spirituelles qui sont éternelles ». Qu'étaient-ils alors ? Saadia ben Joseph pensait qu'ils étaient des visions. »

  • Propriétés : Maïmonide dit que les anges sont invisibles : ce sont des formes spirituelles, des esprits, des Intelligences. Si on leur prête une forme et une allure humaines, c'est par « accommodation à la faiblesse de l'intelligence commune. Si on leur a donné des ailes, c'est parce que le vol est le plus parfait et le plus noble d'entre les mouvements locaux de l'animal, qui permet de s'approcher et de s'éloigner en un clin d'œil ». De même nous lisons dans le Zohar (Vayera 101a) : « Quand Abraham souffrait encore des effets de la circoncision, Celui qui est Saint lui envoya trois anges, de forme invisible, pour s'informer de sa santé ». Et le texte poursuit : « Vous pourriez vous demander comment les anges peuvent être visibles, puisqu'il est écrit Qui des esprits fait ses anges (Psaume 104:4). Cependant Abraham les vit assurément, pendant qu'ils descendaient sur Terre sous la forme d'hommes. Et, en effet, chaque fois que les esprits célestes descendent sur Terre, ils s'habillent d'éléments corporels et apparaissent aux hommes sous forme humaine ». Mais il est bien difficile de concilier ce qui précède avec la déclaration du Livre des Jubilés (15:27), à savoir que « tous les anges de la présence et tous les anges de la sanctification » étaient déjà circoncis quand ils furent créés.
  • Substance : Selon le Zohar Gabriel (l'ange de l'Annonciation des chrétiens, ou mystère de l'humilité de Marie) a pour mission de briser l'orgueil (donc l'ange de l'humilité) et de contrecarrer les projets du démon (il dégage de l'eau qui met le démon en fuite). L'ange Michel doit rallumer le feu sacré dans le cœur de l'homme et ranimer la foi affaiblie. Raphaël (dont le nom signifie celui qui guérit) guérit les malades (cf Piscine de Siloë du Nouveau Testament) et dégage de l'air, symbole de la vie. Abraham reçoit ces trois anges chez lui, dans l'épisode des chênes de Mambré de la Genèse. Dans le livre de Daniel ou de Tobie, on parle des sept anges qui sont sans cesse devant la face de Dieu. Mais, d'après le Talmud, les noms des anges vinrent avec les Israélites de Babylone et seraient un emprunt à la religion perse ; les anges furent créés le second jour, et leur substance est moitié eau et moitié feu.
  • Chaque ange a un office particulier : Michel garde les enfants d'Israël, Gabriel rend force et courage, Uriel (Dieu est ma Lumière) éclaire les hommes dans les ténèbres de la nuit, Raphaël a soin de notre santé physique et spirituelle.

Les anges de la tradition judaïque sont à la racine de la tradition chrétienne : les sept[n 2] archanges leur sont communs dont trois nous sont connus sous le même nom : Michel, Gabriel et Raphaël.

  • Fêtes : Pendant le Yom Kippour chaque juif doit faire comme s'il était un ange : ni boire ni manger. « Shalom Aleichem » est une chanson chantée avant de commencer le repas du Shabbat. Une midrash (légende) veut que chaque juif soit accompagné le soir du vendredi par deux anges. Si les chandelles brûlent, le bon ange donne une bénédiction, mais si elles ne brûlent pas c'est le mauvais ange qui donne la bénédiction[3].

Christianisme[modifier | modifier le code]

Les bergers avec un ange

Dans le Nouveau Testament, seuls quelques élus et surtout la Vierge Marie dialoguent avec les anges. L'ange de l'Annonciation : l'ange Gabriel apparaît à Zacharie dans le Temple, à la croisée du chemin entre l'ancien Testament et le nouveau, puis à Marie à Nazareth, entrant chez elle, et la saluant « pleine de grâces » (Annonce faite à Marie, Évangile de Luc) lui annoncer la bonne nouvelle de sa conception virginale et l'incarnation du Verbe, « Ave Maria » (angélus) transmis par d'innombrables générations. La naissance de Jésus, appelé Fils de Dieu, est accompagnée d'une vision de légions d'anges en fête par les bergers et leurs troupeaux, préfiguration de l'Église : avec le sacrement du baptême, le chrétien est de nouveau relié à Dieu, qui s'est réconcilié avec l'humanité par la naissance, puis la Passion du Christ, le Messie, son Fils unique, sur la Croix. Durant son agonie, un ange appelé « Ange de la Consolation » lui apparaît au Jardin des Oliviers : lui montrant un calice dont il ne veut boire : cette scène de Gethsémani a été peinte par de nombreux artistes chrétiens durant des siècles[4]. Enfin lors de la Résurrection, ce sont des anges qui apparaissent aux Saintes Femmes, et qui leur parlent, pour leur annoncer la Résurrection de Jésus, anges décrits cette fois « blancs comme neige » ou « vêtus comme l'éclair » alors qu'auparavant dans les Évangiles, aucune description des anges n'était faite, seuls les artistes nous les représentant avec une fleur de lys ou une paire d'ailes (le blanc est devenu le Symbole de la Résurrection en liturgie). Dans l'Apocalypse, saint Jean rapporte la vision de Saint Michel et ses légions d'anges qui combattent et remportent la victoire de Dieu, définitive contre l'« antique serpent » qui égarait la Terre depuis des siècles.

Dans sa prédication, Jésus parle peu des anges : il cite surtout les bons anges (par exemple Matt 22, 30 ; Matt 25, 31 ; Luc 15, 10 ; Luc 20, 36), les anges des enfants (les « chérubins »), qui voient toujours la face du Père dans les cieux, (Matt 18, 10) et les anges de la Justice divine.

Références aux anges dans le Nouveau Testament et les quatre Évangiles
Évangile selon Matthieu Évangile selon Luc Évangile selon Marc Évangile selon Jean
Matth 1:20-24 1° Songe de Joseph Luc 1:11-19 Ange de Zacharie Marc 1:13 Jeûne au désert, Anges serviteurs Jean 5:4 Ange guérisseur de la La Piscine de Siloé


Matth 2:13-19 2° Songe de Joseph Luc1:26-35 Annonciation, Gabriel Marc 4:10 Tentation du Christ Jean 12:29
Matth 4.6 Tentation du Christ Luc 2:9-21 Nativité Marc 12:25 Jean 1:51 Nathanaël
Matth 13:39 49, 13:39, 24:31-36, 25:31 25:41 Anges de la Parousie, Anges moissonneurs Luc 8:38 Marc 13:27-32, Anges de la Parousie
Matth 18:10,22:30 Enseignement de Jésus Luc 9:26, 12:8-9, 15:10, 16:22, 20:36, 24:23 Enseignement du Christ
Matth 26:53 Passion de Jésus (Légions d'anges) Luc 22:43 Ange de l'Agonie à Gethsémani
Matth 28:2-5 Anges de la Résurrection Luc 24:23 Anges de la Résurrection Marc 16:5 Résurrection : un « jeune homme vêtu de blanc  » Jean 20:12 Résurrection

La « messe des Anges » (Missa de angelis)[n 3] se disait jadis devant le cercueil des jeunes enfants ; elle daterait du XIIe siècle[5].

L’Hymne des Chérubins (Cheroubim) ou Chérouvikon est chanté à l’offertoire dans la divine liturgie byzantine :

« Nous qui, mystiquement, sommes l'icône des chérubins, et qui en l'honneur de la Trinité vivifiante chantons l'hymne trois fois sainte, déposons tout souci du monde afin d'accueillir le Roi de toutes choses escorté par les ordres angéliques, Allélouia[6] »

Les anges dans le Coran[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Malaikas (anges).

Malāk (ملاك) (au pluriel malāʾika) (ملائكة) est le terme arabe pour désigner les anges. Les anges occupent une place de choix dans la tradition coranique. Le Coran parle très souvent des anges, et en donne une description dans la sourate XXXV-1.

« Louange à Dieu, Créateur des cieux et de la Terre, qui prend pour messagers les anges pourvus de deux, de trois ou de quatre ailes ! »

Dans la plupart des cas, les anges interviennent en tant que messagers de Dieu auprès des prophètes ou à des personnages déterminés, notamment Abraham, Zacharie, Marie, la mère de Jésus. Dans d'autres cas, les anges sont envoyés pour soutenir les croyants contre leurs ennemis. Il est aussi question des « anges gardiens » ou « anges scribes ». Selon les traditions, chaque être humain serait accompagné de deux anges : un « ange de la droite » écrivant ses bonnes actions et un « ange de la gauche » qui inscrit les mauvaises.

Le Coran cite nommément quelques anges. Certains sont désignés par une fonction, sans être nommés, comme l'ange de la mort par exemple. Ce sont surtout les commentaires et la prédication populaire qui se sont chargés de nommer et décrire la plupart des êtres angéliques.

  • Gabriel (Jibrīl) est le plus important des anges. Il est souvent surnommé l'Esprit fidèle. D'après la tradition s'appuyant sur l'interprétation de deux passages du Coran, la révélation coranique a été transmise à son prophète Mahomet par l'ange Gabriel dans la grotte du mont Hirā. Le Livre de l'Échelle de Mahomet relate l'ascension jusqu'à Dieu de Mahomet sous la conduite de l'ange Gabriel. Il est traditionnellement l'ange qui annonce les naissances, et, bien que le Coran ne le précise pas, selon les traditions, il a annoncé la naissance de Jean-Baptiste (Yaḥyā) au prophète Zacharie (Zakariyyā), ainsi que la naissance de Jésus (ʿīsā) à la Vierge Marie (Maryam).
  • Mikaël (Michel ou Michael) est nommé dans le Coran. C'est un des anges du Jugement dernier chargé de la « pesée des actes ». Selon des traditions, il serait aussi l'ange chargé de la pluie et de la végétation.
  • Raphaël (Isrāfīl) n'est pas, lui non plus, nommé dans le Coran, mais il en est souvent question dans l'eschatologie populaire. Il serait l'ange chargé de souffler trois fois dans la trompette pour annoncer la Résurrection.
  • Izrāʾīl (ou Azraël) est cité dans le Coran de manière anonyme. Il est l'Ange de la Mort (Malāk-Al-Mawt) qui est chargé d'ôter l'âme des corps des défunts. Il apparaîtrait terrifiant aux impies et consolateur aux fidèles. Les assistants de l'Ange de la mort sont de deux sortes ; les Anges de miséricorde et les Anges du supplice. Le Coran cite aussi la mécréance des Égyptiens lorsque Dieu leur avait envoyé les prophètes Moïse et Aaron et, donc, cite aussi que pour les punir, il abattit sur eux l'ange de la mort. Au commencement, Dieu l'aurait envoyé prendre un peu de terre.
  • Riḍwān (Redouane, Radwane, Ridohan), qui n'est pas nommé dans le Coran, mais est chargé de garder le Paradis. C'est le plus grand de ses serviteurs. Les gardiens du Paradis sont innombrables, « seul le Seigneur peut délimiter leur nombre » d'après le Coran. Bien d'autres anges, qui ne sont pas mentionnés dans le Coran, ont été nommés et abondamment décrits avec de nombreuses variantes par les prédicateurs populaires s'inspirant des commentaires coraniques et de récits divers. Par exemple, deux anges célèbres, Munkar et Nakir, sont les anges de « l'interrogatoire du tombeau », et leur aspect suscite la terreur. Ils auraient pour tâche d'interroger dans leur tombeau l'infidèle et le croyant qui a commis de grandes fautes. En revanche, il est raconté que ce sont les anges Mubashshar et Bashir qui interrogent le croyant qui n'a pas péché.
  • Malik, le gardien de l'enfer, est nommé dans le Coran, et ne sourit jamais à cause de sa création.

D'après la tradition musulmane, les anges ne possèdent pas de libre-arbitre, ils sont incapables de désobéir : ils font simplement ce que Dieu leur demande. Contrairement à l'être humain et aux djinns, qui sont les destinataires finaux des messages divins, l'ange n'est pas concerné par le jugement dernier (décision divine de l'envoi au paradis ou en enfer). Concernant le libre arbitre ou le fait de désobéir, dans le Coran on peut lire qu'Iblis, qui fait partie des djinns, n'a pas voulu s'agenouiller devant Adam lorsque Dieu a demandé à ses anges de le faire. Iblis ne l'a pas fait car lui est fait de feu et qu'Adam était fait de terre.

Selon un hadīth, Dieu aurait créé l'ange à partir de la lumière, le djinn à partir du feu et l'homme à partir de terre. Comme dans les autres traditions, les anges n'ont pas de sexe et ne se reproduisent pas, contrairement à l'être humain et aux djinns.

Hiérarchie angélique[modifier | modifier le code]

Les neuf chœurs des anges
Article détaillé : Angéologie.

Anges[modifier | modifier le code]

Selon la Bible, Hébreux 1:14 : « Ne sont-ils pas tous des esprits de bien, envoyés pour servir en faveur de ceux qui vont hériter du salut ? » Les neuf hiérarchies sont de nature différente et s'élèvent graduellement de l'homme vers Dieu. Selon le Pseudo-Denys l'Aréopagite (vers 490), les neuf chœurs sont regroupés en trois hiérarchies. La première hiérarchie est constituée par les Séraphins, les Chérubins et les Trônes ; viennent ensuite les Dominations, les Vertus, les Puissances ; puis les Principautés, les Archanges et les Anges[7]. Selon Lambert de Saint-Omer, auteur du Liber Floridus (1120), la hiérarchie est légèrement différente et s'énonce ainsi : anges, archanges, vertus, puissances, principautés, dominations, trônes, chérubins et séraphins. Lambert associe chacun de ces ordres à une pierre précieuse : sardoine, topaze, jaspe, chrysolite, onyx, béryl, saphir, escarboucle et émeraude[8].

Les anges sont les messagers de Dieu. Saint Basile le grand dit que chaque personne vivante possède un ange gardien. La représentation des anges ailés n'apparaît qu'au IVe siècle (abside de l'église Sainte-Pudentienne à Rome). L'ange décrit dans le livre de Daniel 3:25, quant à lui, ne porte pas d'aile. Mais son pouvoir sur le feu permet de sauver Schadrac, Méschac et Abed Nego de la fournaise. La Bible ne parle pas de la nécessité pour les anges de manger pour se maintenir en vie. Elle dit pourtant qu'à certaines occasions, les anges, sous forme humaine, ont mangé de la nourriture (Gn18.1-5 et Gn19.3).

  • Ils sont nombreux :
    • Apocalypse 5.11 décrit la louange de nombreux anges devant le trône de l'Agneau de Dieu : leur nombre était des myriades de myriades et des milliers de milliers ;
    • Douze légions d'anges étaient à la disposition du Seigneur (Matt 26.53) ;
    • Hébreux 12.22 parle aussi de myriades d'anges ;
    • À la fin des temps, le Seigneur apparaîtra au milieu de ses saintes myriades (Jude14) ;
    • Daniel 7.10 nous dit que « mille milliers servaient l'ancien des jours et que des myriades de myriades se tenaient devant lui » ;
    • Luc 2.13 nous parle de la « multitude de l'armée céleste » ;
    • La Bible parle d'eux comme d'une armée (Ps148.2), mais ni ils se marient, ni ne sont même sexués, ni ne meurent (Mt 22.30 ; Marc 12.25 ; Luc 20.34-36).
  • Ils sont plus puissants que les hommes : Paul parle des anges et de la puissance de Dieu (2 Th1.7) et Pierre dit qu'ils sont supérieurs aux hommes en force et en puissance (2 Pe 2.11). Un seul ange extermina tous les hommes forts et vaillants de l'armée de Syrie, assemblée contre Ezéchias (2 Chr 32.21). Un seul ferma la gueule des lions au temps de Daniel (Dan 6.22). Un ange roule la pierre du sépulcre de Jésus sans difficulté (Mt 28.2). Un ange ouvre les portes des prisons et libère les apôtres (Ac 5.19) et Pierre (Ac12.7). Un seul ange prendra Satan et l'enfermera dans l'abîme (Ap 20.2).
  • Ils ont des pouvoirs guérisseurs : Jean 5:4 L'Ange guérisseur de la La Piscine de Siloé, guérissant un pauvre aveugle avec son sang.
  • Ils sont comparables à des esprits :
    • « Est-ce que tous (les anges), ne sont-ils pas des esprits chargés d'un ministère ? » (Hébreux 1 : 13-14) ;
    • « Pour les anges, il a cette parole : celui qui fait de ses anges des esprits et de serviteurs une flamme de feu » (Hébreux 1 : 6-7) ;
    • « L'ange du Seigneur s'adressa à Philippe. (…) L'esprit dit à Philippe : avance et rattrape ce char » (Actes 8 : 26-29).
  • Ils ne sont pas omnipotents :
    • Ni Michel (Jude 1.9), ni Satan (Job 1.12 ; 2.6) n'ont une puissance illimitée ;
    • Le chef de Perse résiste vingt-et-un jours à l'envoyé de Dieu qui doit être aidé par Michaël (Dan 10.13) ;
    • En Apocalypse 12, il y a un combat entre les bons et les mauvais anges.
L'Échelle de Jacob, Catacombes de la Via Latina, Rome

Archanges[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Archange.

Un archange est l'ange chargé des nouvelles de plus haute importance comme l'Annonciation, ou comme chef des armées (Apocalypse 12.7). Dans la Bible, sont évoqués trois archanges, Michel (ou Michaël), Daniel 10.13 dit : « Je suis Raphaël, l'un des sept anges qui se tiennent devant la gloire du Seigneur et pénètrent en sa présence » (12.15 ; cf Ap 8.2),[pas clair] et Gabriel, celui qui a été envoyé voir Marie.

Le terme archange ne se trouve que deux fois dans le Nouveau Testament :

  • Michel מיכאל (celui qui chassera Satan dans l'Apocalypse), Jude 9 : « Michel l'archange » ; 1 Thessaloniciens 4.16 : une voix d'Archange : une voix de chef d'armée.
  • Raphaël, רפאל (qui apparaît dans le livre de Tobie ; c'est lui qui indique à Tobie l'existence de sept archanges)

Chérubins[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chérubin.
L'Ange pleureur sur le tombeau du chanoine Lucas, œuvre la plus connue du sculpteur amiénois Nicolas Blasset se trouvant dans la cathédrale Notre-Dame d'Amiens (1636).

Les chérubins, ou kéroubim, sont représentés dans l'imagerie populaire sous les traits de bébés ailés. Toutefois, la Bible donne aux chérubins une position élevée différente des séraphins. D'après le livre de la Genèse, les chérubins, avec « la lame flamboyante d’une épée », après le péché d’Adam, interdirent à l’homme l’accès à l'arbre de vie.

Séraphins[modifier | modifier le code]

Séraphins à six ailes

Les séraphins dans la tradition ont six ailes dont ils se couvrent le corps :

« L'année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône très élevé, et les pans de sa robe remplissaient le temple. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui ; ils avaient chacun six ailes ; deux dont ils se couvraient la face, deux dont ils se couvraient les pieds, et deux dont ils se servaient pour voler. Ils criaient l'un à l'autre, et disaient : Saint, saint, saint est le Seigneur des armées ! toute la terre est pleine de sa gloire ! Les portes furent ébranlées dans leurs fondements par la voix qui retentissait, et la maison se remplit de fumée. Alors je dis : Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j'habite au milieu d'un peuple dont les lèvres sont impures, et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur des armées. Mais l'un des séraphins vola vers moi, tenant à la main une pierre ardente, qu'il avait prise sur l'autel avec des pincettes. Il en toucha ma bouche, et dit : Ceci a touché tes lèvres ; ton iniquité est enlevée, et ton péché est expié »

— Isaïe, chapitre 6

Langue des anges[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Glossolalie.

La langue des anges est évoquée par saint Paul dans le chapitre 13 de la première épître aux Corinthiens :

« Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas l'amour, je suis un airain qui résonne ou une cymbale qui retentit. »

Les anges, étant de purs esprits, n'ont pas besoin de langage pour communiquer les uns avec les autres. Les êtres humains communiquent avec des mots, qui sont des représentations symboliques de la pensée. Les êtres purement spirituels peuvent transmettre leurs pensées dans un état pur, sans besoin de médiation ou de signes (Saint Thomas d'Aquin, Somme Théologique, I. Frédérique Von Lama : Les Anges).

Dans la tradition islamique, et selon Ahmed ibn Moubarek, disciple d 'Abd al-'Aziz al-Dabbagh, grand soufi illettré qui vécut à Fès à la fin du XVIe et au début du XVIIe, dans le Kitab-Al-Ibriz (traduction : Le Livre d'or pur), il existe une langue des anges nommée langue « siryanîte », proche de la langue des oiseaux[9]. Selon le soufi marocain, elle existe dans chaque langue et consiste en un autre sens que celui communiqué, le sens réel étant donné dans sa prononciation et non dans son écriture. C’est également la langue des grands saints. D'après une légende islamique, il y a des inscriptions en siryanî sur le tronc du ‘Arsh et sur la porte du Paradis, qui ont également le pouvoir de parler aux défunts dans la langue divine. Pour Ahmed Moubarek, le siryanî se trouve également dans les « lettres isolées » qui ouvrent les sourates du Coran et dont aucun théologien musulman[10]. n'a donné d'explication à ce jour, par exemple « Alif - Lâm - Mîm » qui ouvrent la sourate 2 « la Vache » (Al Baquara). Dans le Coran en effet le terme aç-çāffātest évoqué, désignant littéralement les oiseaux, mais comme s’appliquant symboliquement aux anges (al-malā’ikah) par proximité phonétique[11].

Philosophie néoplatonicienne et kabbale[modifier | modifier le code]

Philosophes néoplatoniciens[modifier | modifier le code]

Les anges sont mentionnés pour la première fois chez les néoplatoniciens, Porphyre de Tyr (vers 260) et Jamblique (vers 320)[12]. La hiérarchie est : dieux, archanges, anges, démons, héros, archontes du cosmos ou de la matière, âmes.

« Tu [toi, Porphyre de Tyr] t'enquiers de ce qui manifeste la présence d'un dieu, d'un ange, d'un archange, d'un démon ou de quelque archonte [gouverneur de planète] ou d'une âme. D'un mot, je prononce que les manifestations s'accordent à leurs essences, puissances et activités… D'une seule espèce sont les apparitions des dieux ; celles des démons variés ; celles des anges, plus simples que celles des démons, mais inférieures à celles des dieux ; celles des archanges, plus proches des causes divines ; quant à celles des archontes, si tu entends par là les maîtres du monde qui administrent les éléments sublunaires, elles sont variées, mais rangées en ordre […] »

— Jamblique, Les Mystères d'Égypte, II, 3, Les Belles Lettres, 1966, p. 79-80.


Kabbale de la Renaissance[modifier | modifier le code]

La kabbale de la Renaissance commence avec Jean Pic de la Mirandole en 1486. Un auteur mérite l'attention : Johannes Reuchlin, dans son De arte cabalistica (1517), trad. F. Secret : La kabbale ; ce livre influencera le fameux De la philosophie occulte en sa deuxième édition (1533), de Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim. Le monde divin est le premier degré de l'être ; il est constitué par ce que les kabbalistes juifs appellent Ein-Soph (Infini), et par les dix sephiroth de l'arbre kabbalistique, hypostases engendrées par l'Infini. Le monde angélique est le deuxième degré de l'être ; il est gradué en dix degrés ou Intelligences : les Haioth, les Ophanim, les Aralim, les Hasmalim, les Séraphim, les Malachim, les Elohim, les Bene Helohim, les Cherubim, les Issim. Le monde céleste est le troisième degré de l'être ; il comprend - influencés par les Intelligences du monde angélique - dix degrés, qui sont dix sphères : Saturne ou Sabbathai, Jupiter ou Zedeq, Mars ou Madim, le Soleil ou Semes, Vénus ou Noga, Mercure ou Cocab, la Lune ou Iarcah, l'Âme intellectuelle, l'Âme des Esprits animaux. Enfin, le monde matériel, le macrocosme, avec l'homme (le microcosme) est le quatrième et dernier degré de l'être ; ce monde, influencé par le monde céleste, est celui des Éléments, il contient le microcosme.

Zoroastrisme[modifier | modifier le code]

S'inspirant du mazdéisme, Zoroastre évoque deux anges, l'un de lumière (bien) et l'autre de ténèbres (mal), qui se combattent et accompagnent Dieu.

Les anges dans la culture[modifier | modifier le code]

Ange masculin et ange féminin, bois polychrome, art gothique, couvent Sainte-Agnès, Prague
Plafond du cabinet des bains du Château de Vaux-le-Vicomte

Les anges sont des éléments récurrents dans la culture populaire ou artistique. Bon Ange (le bon conseil) et Mauvais Ange (la tentation) entourent souvent le Capitaine Haddock ou Milou dans les albums de Tintin, œuvre d'Hergé. On les retrouve aussi dans de nombreux films, romans, tableaux et sculptures, ainsi que dans des séries télévisées telles que Les Routes du paradis (1984-1989) ou Joséphine, ange gardien (depuis 1997).

De nombreux peintres se sont spécialisés dans la représentation des anges. Ce motif est fréquent sur les vitraux (église Saint-Étienne-du-Mont, cathédrale Saint-Étienne de Sens), les fresques, les peintures (chez Le Pérugin et Raphaël), les sculptures (chapiteaux de la Chaise-Dieu) : « anges musiciens » jouant de la cornemuse, du biniou, des cymbales, de la bombarde, de la harpe, de l'orgue portatif, par exemple ceux de Melozzo de Forlì[13].

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Textes anciens
  • Pseudo-Denys l'Aréopagite, La Hiérarchie céleste
  • Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ire partie, questions 50 à 64.
  • Jacques de Voragine, La Légende dorée, XIIIe siècle, Édouard Rouveyre Éditeur, Paris, 1902.
  • Jean Bosco, Le dévot de l'ange gardien / Jean Bosco… ; traduction, présentation et appendice de Vincent Klee. - Strasbourg  : Trifolium, impr. 2008 (Paris : Impr. Jouve). - 1 vol. (94 p.) ; 18 cm. - (Archivum angelicum ; 2).
  • Ignace Briantchaninov (évêque orthodoxe du Caucase et de la mer Noire, Traité sur les Anges - ici.
  • Jean Duns Scot, Le Principe d'individuation (Ordinatio, II, 3), Vrin, 2005, trad. G. Sondag.
  • Jacques Bénigne Bossuet, Sermon sur les Anges Gardiens, préfacé par Carlo Ossola (trad. de Nadine Le Lirzin), Paris, Payot & Rivages, 2005.
Chercheurs contemporains
  • Anne Bernet, Enquête sur les anges, Éd. Perrin, 1997.
  • Serge-Thomas Bonino o.p., Les anges et les démons Quatorze leçons de théologie, Parole et Silence, Bibliothèque de la Revue thomiste no 3, février 2007, 351 p.
  • Dom Gérard Calvet (dir.), Catéchisme des Anges, Éditions Sainte-Madeleine, 366 pages.
  • Catherine Chalier, Des anges et des hommes, Albin Michel, 2007.
  • Henry Corbin, L'homme et son ange, Éd. Fayard, 1983.
  • Jean Daniélou, Les Anges et leur mission, d'après les Pères de l'Église, Desclée, Paris, 1952, rééd. 1990.
  • Emmanuel Falque, « L'altérité angélique ou l'angélologie thomiste au fil des Méditations cartésiennes de Husserl », Laval théologique et philosophique, vol. 51, no 3, 1995, p. 625-646.
  • M. Kovalevsky, « L'ange dans la liturgie orthodoxe; Étude des textes liturgiques et des sources : liturgies eucharistiques et grandes heures », Présence orthodoxe, Paris 1981, no50, p. 27–36.
  • Marc-Alain Ouaknin, Le Colloque des anges, Fata Morgana, 1995.
  • Tiziana Suárez-Nani, Connaissance et langage des anges selon Thomas d'Aquin et Gilles de Rome, Vrin, 2002.
  • Georges Tavard, Les Anges, en collaboration avec André Caquot et Johann Michl, Cerf, 1971.
  • Paolo Virno, « Les anges et le general intellect. l'individuation chez Duns Scot et Gilbert Simondon », Multitudes no 18, Automne 2004.
  • Anguéliki Garidis, Les Anges du désir. Figures de l'Ange au XXe siècle, Albin Michel, Paris, 1996.
Littérature
Divers
  • Fabrice Colin, « Enquête sur les Anges », Fetjaine, 2011.
  • Gitta Mallasz, Dialogues avec l'ange, Aubier, Paris, 1990 (ISBN 2-7007-2833-5).
  • Burnham Sophy, Le Livre des Anges, Marabout, 1994.
  • Isabelle Padovani, La Voie des Anges, Éditions de Mortagne, Québec, 1995.
  • Édouard Brasey, Enquête sur l'existence des anges rebelles, Éd. J'ai Lu, 1997.
  • Édouard Brasey, Traité des Anges, Éditions le pré aux clercs, 2010.
  • Rudolf Steiner, De la Nature des anges, Ed. Anthroposophiques Romandes, Genève 2004.
  • Gustav Davidson, Dictionnaire des Anges, Le Jardin des Livres, 2005, Paris, (ISBN 2-914569-38-6).
  • Pierre Lassalle et Céline Divoor, Parler le langage des Anges, Éditions SophiaKalia, 2007.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La Haggada de Pessah est un texte en hébreu ancien utilisé pour la cérémonie du Seder durant Pessah, la Pâque juive. Ancienne, elle date de l'époque de la Mishna, c'est-à-dire environ deux millénaires. Elle raconte l'histoire des Hébreux et leur exil d'Égypte. Le contenu provient des événements narrés dans l'Ancien Testament, dans le livre de l'Exode. Elle est lue dans les familles, et contient les rites à réaliser durant la cérémonie.
  2. sept exprimant peut-être la totalité.
  3. Messe VIII de la Kyriale.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Laura Winckler, Les anges, messagers entre le ciel et la terre, Revue Acropolis (article en ligne)
  2. Le Livre de Tobie appartient au corpus canonique pour le catholicisme, mais non pas pour le judaïsme ni le protestantisme.
  3. Angels in Judaism Les Anges dans le Judaïsme, Judy Silver.
  4. Jardin des oliviers.
  5. Ab hoc termino usque ad Septuagesimam, cantatur missa de angelis feria secunda, feria tertia de Sancto Spiritu, feria quarta de dominica, feria quinta de beato Stephano, feria sexta de Cruce, nisi de sanctis agatur. Sabbato de beata Maria et cantatur et pulsatur sicut in [festis] dupplicibus ; nec pretermittitur nisi fuerit festum novem lectionum et, si obitus sollempnis die evenerit, anticipatur Initiation aux manuscrits liturgiques.
  6. Texte détaillé sur L'Hymne de Chéroubim .
  7. Pseudo-Denys l'Aréopagite, La Hiérarchie céleste.
  8. Liber Floridus, folio 86, « angeli, archangeli, virtutes, potestates, principatus, dominationes, throni, cherubini, seraphini ». Copie disponible sur Gallica.
  9. Paolo Albani et Berlinghiero Buonarroti, entrée « Langue des anges » dans le Dictionnaire des langues imaginaires, éd. Les Belles Lettres, 2001, (ISBN 2-251-44170-0).
  10. Une explication a néanmoins été apportée par le diacre intégriste Bruno Bonnet-Eymard dans le tome 1 de son Exégèse scientifique du Coran, selon lui, ces lettres sont l'abréviation en hébreu de « Dieu des délivrance ».
  11. Coran, XXVII, 15.
  12. Franz Cumont, « Les Anges du paganisme », Revue de l'histoire des religions, 72 (1915), p. 159-182.
  13. Voir aussi 1.Iconographie ; Anges musiciens et 2.Iconographie ; Anges musiciens de Rouen.