Harmonium

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Harmonium hollandais de 1930

L’harmonium est un instrument de musique à clavier et à soufflerie. Le musicien qui en joue est un harmoniumiste.

Les germes de l'harmonium se trouvent dans l'instrument à anches libres inventé en France par Grenié au début du XIXe siècle, (des tuyaux d'orgue à anches libres sur une soufflerie régulée à pression variable. En effet, contrairement aux anches battantes de l'orgue à tuyaux, les anches libres, vibrant de part et d'autre de leur cadre, peuvent supporter une amplitude vibratoire variable et être expressives (du pianississimo au fortississimo) sans voir une modification de leur accord. De nombreux instruments perfectionnèrent ce principe. On peut citer la Physharmonika de Hæckel ou encore le Poïkilorgue de Cavaillé-Coll. L’harmonium, dérivé de l'orgue-expressif de Grenié fut inventé en Europe au par le français Alexandre-François Debain (1809-1877) qui le fit breveter en 1842. Jakob Alexandre (1804-1876) et son fils Edouard (1824-1888) avec Victor Mustel mèneront l'instrument, qu'ils appellent orgue-mélodium, orgue celesta, kunstharmonium, harmonium-celesta à son point de perfection. Victor Mustel y ajoute un célesta au deuxième clavier.

Sommaire

[modifier] Facture

S'apparentant à l'orgue avec le principe des registres de différentes sonorités, dans sa forme la plus répandue il comprend un clavier et la réserve d'air est alimentée par une pompe à pied : l’air généralement soufflé (dans les modèles français), parfois aspiré (dans les instruments de facture allemande, américaine et anglaise), fait vibrer des anches libres (même principe que l'harmonica et l'accordéon). Lorsque le mode expressif est activé, le réservoir est mis hors service; le musicien peut alors produire des nuances fort différentes en modulant son pompage d'air, la difficulté principale résidant dans l'alimentation régulière du sommier.

Principaux types d’harmonium :

  • instrument d'un clavier (souvent avec transpositeur pour les instruments d'église) disposant de plusieurs registres (ou demi registres) de 16, 8 et 4 pieds; la soufflerie est actionnée par une paire de pédales que l'instrumentiste doit activer ;
  • le clavier est coupé en basses et dessus entre mi 3 et fa 3 ;
  • plus rare, instrument à un ou deux claviers (quelques rares modèles à trois claviers) et pédalier d'orgue ; l'instrument posséde alors un ventilateur pour alimenter le soufflet ;
  • instrument portatif qui dispose d’une pompe manuelle à soufflet (très proche de l'accordéon) appelé « Harmoniflûte ».

Contrairement à l'orgue, on ne trouve généralement ni mutation, ni mixture.

La disposition « classique » de l'harmonium français soufflant est à quatre jeux et demi.

Basses :

  • F : Forte (ouvre un volet situé au-dessus des jeux n° 3 et 4)
  • 4 : Basson 8'
  • 3 : Clairon 4'
  • 2 : Bourdon 16'
  • 1 : Cor anglais 8'

Expression Grand-jeu (genouillère ; appelle les n° 1, 2, 3 et 4)

Dessus :

  • 1 : Flûte 8'
  • 2 : Clarinette 16'
  • 3 : Fifre 4'
  • 4 : Hautbois 8'
  • 5 : Musette 16'
  • VC : Voix céleste 16' (ajoute un rang ondulant au n° 2)
  • T : Trémolo, système mécano-pneumatique qui fait trembler le dessus du n° 2
  • F : Forte (ouvre un volet situé au-dessus des jeux n° 3, 4 et 5)

On trouve encore d'autres registres de combinaisons selon les facteurs qui n'ont pas manqué d'imagination (Violoncelle dans la basse, Voix humaine dans le dessus, jeux de saxophone, baruphone, écho céleste, chœur angélique...) ainsi que de multiples inventions (parfois plus anecdotiques et commerciales que réellement musicales) destinées à multiplier encore les possibilités musicales (« mains doublées » d'Alexandre : accouplements d'octaves gravues et aiguës ; « Médiophones » : colonne de résonance au-dessus des sommiers, « Harmoniphrase » : système d'accompagnement automatique du plain-chant chez Dumont-Lelièvre...).

L'harmonium d'art mis au point par Mustel présente de nombreux enrichissements :

Basses :

  • Prol : Prolongement (système qui garde les notes jouées sur la première octave)
  • Mét : Métaphone (ouvre un espace de résonance au-dessus des anches et modifie leur sonorité)
  • F : Forte fixe (ouvre un volet situé au-dessus des jeux n° 3 et 4)
  • 0 : Forte expressif (forte pneumatique, qui s'ouvre et se ferme en fonction de la pression dans les pompes)
  • 6 : Contrebasse 16' (appelle le n° 2 sur la première octave uniquement)
  • 5 : Harpe éolienne 2' (deux rangs ondulants)
  • 4 : Basson 8'
  • 3 : Clairon 4'
  • 2 : Bourdon 16'
  • 1P : Percussion et cor anglais 8' (de petits marteaux frappent les anches dès qu'on effleure les touches)
  • 1 : Cor anglais 8'

Prolongement (talonnière) Expression Double-expression (dispositif mécano-pneumatique qui fait varier la pression entre basse et dessus, commandé par genouillères) Grand-jeu (talonnière ; appelle les n° 1, 2, 3 et 4)

Dessus :

  • 1 : Flûte 8'
  • 1P : Percussion et flûte 8'
  • 2 : Clarinette 16'
  • 3 : Fifre 4'
  • 4 : Hautbois 8'
  • 5 : Musette 16'
  • 6 ou VC : Voix céleste 16' (deux rangs ondulants)
  • 7 : Baryton 32'
  • 8 : Harpe éolienne 8'
  • 0 : Forte expressif
  • F : Forte fixe (ouvre un volet situé au-dessus des jeux n° 3, 4 et 5)
  • Mét : métaphone

Certains « Orgues-Mustel » présentent un second clavier avec Célesta, accouplable au premier par un mécanisme de balanciers.

[modifier] Harmonium indien

Homme jouant de l'harmonium en Inde

Dès le XIXe siècle il fut importé en Inde. Toutefois l'harmonium à pédales disparu rapidement car inadapté à la culture sociale (on s'assoit par terre en Inde) et musicale (pas d'accord harmonique dans la musique indienne). Très vite les pédales ont été remplacées par un soufflet (similaire à celui de l'accordéon) et l'instrument fut posé par terre, le musicien l'actionnant de la main gauche tandis qu'il joue la mélodie de la droite.

C'est un instrument encore très employé dans beaucoup de genres de musique hindoustanie, en particulier dans les chants qawwalîs et les bhajans, ainsi que dans beaucoup d'églises ou d'écoles ou d'ashrams.

Il faut noter la révolution que provoque cette arrivée. Certes d'un emploi facile, il a néanmoins le défaut d'être accordé selon le tempérament égal occidental, et malgré les tentatives d'accordage à l'indienne, il ne correspond pas du tout à la hauteur juste des notes variables rencontrées dans les divers râgas.

Du fait de son influence, la musique indienne s'occidentalise et les oreilles musicales des maîtres changent aussi, pour le pire : une « uniformisation occidentale ». D'un simple d'accompagnement, ayant remplacé le sarangi, une vielle difficile à jouer, mais juste et proche des inflexions de la voix, l'harmonium est en passe de devenir un instrument « majeur » puisque c'est lui qui donne le ton aux autres, dans les petits ensembles. De même les chanteurs se basent sur lui, alors qu'auparavant il accordaient leur luth d'accompagnement, la tampura, en vertu de leur oreille et en vertu du râga à jouer. Du fait de ses sonorités nasillardes, le timbre de voix des chanteurs qui étudie avec son aide, change aussi alors que contradictoirement, il tend à disparaître de la culture occidentale.

[modifier] Galerie de photos

[modifier] Compositions pour harmonium

Différents compositeurs du XIXe et du XXe s. ont écrit pour l'harmonium :

[modifier] Discographie illustrative

  • César Franck, Œuvres pour Harmonium, CD RICERCAR 075057
  • Joris Verdin, L'Harmonium Français, CD RICERCARE 241042
  • Alexandre Guilmant, Noël au salon, CD HORTUS 044
  • Karg-Elert, Works for harmonium, 4 volumes par Johannes Matthias Michel, CD CPO
  • Nusrat Fateh Ali Khan & Party, Devotional and Love Songs (1993)
  • Dirk Luijmes, Dutch airlines' Challenge Records CC72166
  • Dirk Luijmes, 'Awfully nice family' BVHAAST CD1301
  • Spirit of the matter : "Reload", "Moka club" et "Le miroir à trois faces" (http://www.myspace.com/spiritofthematter)

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens externes

[modifier] Notes et références

[modifier] Bibliographie

  • François-Alexandre Debain, Historique du procès en contrefaçon des Harmoniums Debain, Debain, Paris. [1]
  • Alphonse Mustel, L'orgue-expressif ou harmonium, Tome I, Mustel & Fils éditeurs, Paris, 1903. [2]
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