Atom Heart Mother

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Atom Heart Mother

Album par Pink Floyd
Sortie 10 octobre 1970
Enregistré de mars à août 1970 aux studios Abbey Road
Durée 52:44
Genre Rock progressif
Folk rock
Musique expérimentale
Rock psychédélique
Producteur Pink Floyd
Label Harvest, EMI (UK)
Harvest/Capitol (US)
Classement 55ème (The Billboard 200)[1]
Critique

3 étoiles sur 5 Allmusic lien
4 étoiles sur 5 ProgArchives lien
Robert Christgau (D+) lien

Albums par Pink Floyd

Atom Heart Mother est le cinquième album du groupe de rock progressif anglais Pink Floyd sorti en 1970. Son nom, qui est aussi celui du premier morceau du disque, vient d'un article de journal qui parlait d'une femme équipée d'un stimulateur cardiaque nucléaire.

Contenu de l'album[modifier | modifier le code]

Cet album, pour certains de ses titres, est encore marqué par le côté psychédélique du groupe, mais s'inscrit résolument dans la dimension progressive du rock. Il débute par le titre instrumental Atom Heart Mother de plus de vingt-trois minutes. On ne pouvait, à l'époque, faire de morceau plus long car la face d'un 33 tours ne durait pas plus de vingt-cinq minutes. Atom Heart Mother se distingue des productions floydiennes précédentes par une orchestration complexe et l'utilisation d'instruments classiques tel que des cuivres et des chœurs contemporains. Atom Heart Mother est l'un des très rares morceaux du groupe, à cette époque, à avoir été coécrit par un membre extérieur, le musicien avant-gardiste Ron Geesin ; c'est à lui principalement que l'on doit l'orchestration de ce mélange d'harmonies et de dissonances classiques, de chants quasi-grégoriens (John Aldiss Choir, les Chœurs de John Aldiss) voire « Carl Orffiens », et de rock. Cette composition qui était déjà jouée sur scène en quatuor depuis janvier 1970 sous le titre The Amazing Pudding, ne connut qu'une vingtaine de représentations avec orchestre, dont une en janvier 2012 au Théâtre du Châtelet sans Pink Floyd mais dirigée par Ron Geesin.

La seconde face de l'album comprend quatre morceaux, dont trois sont de très calmes ballades chantées par chacun des trois paroliers du groupe :

  • If, une ballade folk de Roger Waters qui rappelle assez celles de Leonard Cohen ;
  • Summer '68, une critique de l'univers du rock à partir d'une banale histoire de flirt avec une groupie, de Richard Wright ;
  • Fat Old Sun, une composition de David Gilmour douce et onirique, un classique des concerts du groupe où elle dure parfois jusqu'à un quart d'heure ;
  • Alan's Psychedelic Breakfast est un long morceau alternant musique et bruitages avec de nombreux sons très évocateurs et souvent plutôt drôles produits par un homme prenant son petit déjeuner. Le morceau, très varié, loin d'être languissant, s'étale sur toute la durée du petit déjeuner d'Alan Styles, l'un des roadies de Pink Floyd (mort en décembre 2011 à l'âge de 75 ans[2]) ; c'est également Alan qui fait les bruits et qui parle[3]. Il était l'un des deux ingénieurs du son qui se trouvaient sur la photo figurant au dos de la pochette d'Ummagumma, représentant le matériel de musique exposé sur une piste de l'aérodrome de Biggin Hill devant l'un des véhicules du groupe.
    Donc qu'on ne se méprenne pas, il ne doit être confondu avec Alan Parsons, ingénieur du son de cet l'album et de The Dark Side of the Moon.

Un des titres de travail de la suite Atom Heart Mother était Epic[3].

Stanley Kubrick demanda la permission d'utiliser l'album pour son film Orange mécanique mais Pink Floyd refusa[3]. Il semble qu'il y eut des regrets ensuite, après visionnage de l'œuvre[réf. nécessaire].

Pochette[modifier | modifier le code]

La pochette de cet album représente une vache nommée Lulubelle III, blanche avec des taches marron, vue de trois quarts arrière, la tête dirigée vers l'objectif, dans une prairie verdoyante. Le nom du groupe n'apparaît pas, ni le titre de l'album (hormis sur certaines versions). Le groupe lui ayant demandé « quelque chose de simple », Storm Thorgerson a déclaré avoir simplement pris sa voiture et s'être rendu à la campagne pour photographier la première chose qu'il a vue.

Liste des chansons[modifier | modifier le code]

Les morceaux crédités à Pink Floyd sont composés par David Gilmour, Nick Mason, Roger Waters et Richard Wright.

Face A
No Titre Auteur(s) Chant principal Durée
1. Atom Heart Mother Ron Geesin, Pink Floyd Instrumental 23:39
Face B
No Titre Auteur(s) Chant principal Durée
2. If Roger Waters Roger Waters 4:31
3. Summer '68 Richard Wright Richard Wright 5:29
4. Fat Old Sun David Gilmour David Gilmour 5:24
5. Alan's Psychedelic Breakfast Pink Floyd Monologues d'Alan Styles 13:00

Personnel[modifier | modifier le code]

Musiciens additionnels[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

« C'est un album moyennement enregistré mais l'idée est très intéressante, travailler avec Ron Geesin, un orchestre et le John Aldiss Choir. Roger [Waters] et moi étions assez amis avec Ron. Je pense que je l'ai rencontré par l'intermédiaire de Robert Wyatt. Ce que Ron nous a le plus appris, ce sont les techniques d'enregistrement et toutes ces astuces que l'on fait avec un rien. Nous avons appris à nous passer des « hommes en costards blancs » et faire les choses nous-mêmes à la maison, comme éditer. Ron nous a enseigné comment utiliser deux magnétophones pour créer une boucle d'écho. Cela a été très déterminant pour ce que l'on a fait plus tard. Maintenant, j'écoute cet album avec beaucoup d'émotion car la base du morceau a été faite par Roger et moi, du début à la fin, en une seule fois. Du coup, le tempo monte et descend. C'était une pièce de vingt minutes et nous étions assez contents d'elle. Sur l'autre face, Alan's Psychedelic Breakfast était une autre bonne idée. Les bruits de cuisinière à gaz, les crépitements, les marmites en ébullition, tout ça n'a pas vraiment marché sur le disque mais c'était très amusant à faire. Je n'ai jamais entendu Roger revendiquer ce morceau, ce qui me fait penser que ça devait être une idée de groupe[4] »

— Nick Mason, Mojo Magazine, mai 1994

« À l'époque, nous pensions que Atom Heart Mother, comme Ummagumma, était une étape vers quelque chose d'autre. Maintenant, je pense que nous avancions à l'aveuglette dans le noir[4]. »

— David Gilmour, Mojo Magazine, mai 1994

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]