Techno minimale

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Techno minimale

Origines stylistiques Techno, Techno de Detroit
Origines culturelles Années 1990, Détroit et début des années 2000, Berlin
Instruments typiques Clavier, synthétiseur, boîte à rythmes, séquenceur, échantillonneur
Popularité Modérée, principalement en Europe continentale (Allemagne, Benelux, Espagne, Italie,...)
Scènes régionales Canada (Akufen, Guillaume and the Coutu Dumonts, Cabanne, Lee Curtiss), Rhénanie (labels Kompakt, Vakant, Freude am Tanzen)

Genres dérivés

Minimal House, Microhouse, Neotrance

Dérivée de la techno traditionnelle, la techno minimale propose une structure et un champ spectral plus minimaliste. Un tempo plus lent (de l'ordre de 115 à 130 bpm), des variations rythmiques et séquentielles moins fréquentes, une couverture du spectre plus découpée et des basses qui s'étirent en contraste avec des percussions très brèves et aigües sont le propre de ce genre. Depuis le début des années 2000, on assiste à une "déferlante" minimale, partie d'Allemagne et qui s'étend dans toute l'Europe.

Historique[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

L'apparition de la techno minimale découle de l'évolution de la techno originelle de Detroit : on doit les premiers balbutiements de cette musique notamment aux américains Robert Hood (Minimal Nation, 1994), Jeff Mills et Daniel Bell, ou encore au Canadien d'origine anglaise Richie Hawtin. Ce dernier crée le label Plus 8 en 1990 avec John Acquaviva, et sort sous le pseudonyme de Plastikman des productions sombres, très sophistiquées et minimalistes. En Europe, le label allemand Basic Channel et l'énigmatique duo Maurizio, formé par Moritz von Oswald et Mark Ernestus en 1992, deviennent cultes avec des productions dub techno (ou minimal dub) qui ont marqué l'histoire de la techno dite "minimale".

Dub techno[modifier | modifier le code]

La dub techno (ou dub minimaliste) est un sous-genre de techno minimale initié par le duo berlinois Basic Channel. L'école allemande est d'ailleurs la plus active dans ce domaine, notamment la scène berlinoise. Mais on assiste aussi depuis quelques années déjà à un renouveau du son dub techno au sein de l'école de Détroit. Le travail de Rod Modell et de Stephen Hitchell en particulier a inspiré un nouveau souffle au genre depuis la fermeture des labels berlinois Basic Channel puis Chain Reaction.

La frontière entre techno minimale et dub techno est subtile, cette dernière reprenant les codes de la techno minimale additionnés d'une recherche d'enrichissement des textures par l'utilisation intensive d'effets sonores.

Avec comme base le beat caractéristique de la techno, les techniques de production du dub sont incorporées (écho, réverbération, déphasage…) ainsi parfois que les skanks du reggae. L'ensemble se reconnaît grâce à une structure musicale extrêmement épurée et séquencée. Cette musique se produit essentiellement avec des machines et les rares instruments additionnels subissent de tels effets qu'ils se fondent parfaitement aux œuvres. Un point commun à toute la production dub techno se trouve dans l'utilisation intensive de bruits de fond, souffle, craquements et autres scories sonores contre lesquelles les producteurs de musique luttent habituellement. Cela participe à l'élaboration de la texture sonore propre à ce sous-genre musical.

Évolution[modifier | modifier le code]

Au fil des années, la techno minimale est devenue "la" spécialité berlinoise. Dans cette ville se trouvent les principaux clubs dédiés à cette musique : Berghain et le fameux Panorama Bar, Watergate et Weekend sont les lieux où sont régulièrement programmés les DJ les plus talentueux. Après Steve Bug, l'un des premiers à s'intéresser à ce style musical et à sortir des productions par le biais de son label Raw Elements (1995), plus orientées vers la house minimale, l'Allemagne a développé ces derniers années une tech house minimale dite microhouse, nettement plus influencée par la house et le funk en version sobre, moins aride que la techno minimale, mais tout aussi complexe et hypnotique.

Neo-trance et minimale progressive[modifier | modifier le code]

En 2004, la tendance trance et progressive de la minimale, dite aussi neo-trance, a été propulsée sur le devant de la scène par le label de James Holden, Border Community, révélant des artistes tels que Nathan Fake, Extrawelt, Fairmont, Petter, Guy Gerber ou The MFA. Cette influence majeure se retrouve dans l'évolution du son d'autres labels comme Cocoon, Lasergun, Bpitch Control - qui a créé dans la foulée (2005) une sous-division spécifiquement minimale, Memo Musik. Traum Schallplatten, en signant Minilogue et les russes Moonbeam, annonce que la tendance minimal trance caractérise le nouveau son du label.

Un son plus minimal qui s'étend à l'ensemble des genres électroniques[modifier | modifier le code]

Il est notoire que même les DJ et artistes les plus habitués à un son puissant et martelé, à une techno plus traditionnelle, sont passés en quelques années à la minimale d'une façon ou d'une autre. C'est le cas de Sven Väth, Chris Liebing ou Adam Beyer. La même évolution se produit chez des artistes house ou progressive tels que Misstress Barbara ou John Digweed.

En France, les DJ internationaux Chloé, Jennifer Cardini ont fortement contribué à faire connaitre la minimale dès le début des années 2000, à travers leur résidence au Pulp et leurs compilations respectives : I Hate Dancing, et Lust sorties toutes deux sur le label français UWE pourtant très techno hardcore à ses débuts. (Cf. également leur collaboration sur Bpitch Control pour Chloé, sur Mobilee, Crosstown Rebels, Kompakt pour Jennifer Cardini.

Parallèlement, d'autres DJ français reconnus évoluent eux aussi vers le registre minimal dans leurs sets et leurs compilations sans toutefois s'y enfermer : Oxia (le morceau Domino sorti sur Kompakt, et la compilation Picture of Now 2 sur Scandium), Agoria (la compilation Cute and Cult) - qui vient de créer son label InFiné Records fin 2006.

 Bibliographie[modifier | modifier le code]