La Ferme des animaux

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La Ferme des animaux
Image illustrative de l'article La Ferme des animaux
La corne et le sabot, symbole de la Ferme des animaux parodiant la faucille et le marteau.

Auteur George Orwell
Genre Roman allégorique / nouvelle courte / contre utopie
Version originale
Titre original Animal Farm, a fairy story
Éditeur original Secker and Warburg
Langue originale Anglais
Pays d'origine indes britanniques
Lieu de parution original Angleterre
Date de parution originale
ISBN original 0452284244
Version française
Traducteur Jean Quéval
Éditeur Gallimard
Date de parution
Couverture James Ensor
Nombre de pages 151
ISBN 2070375161
Chronologie
Précédent The Lion and the Unicorn: Socialism and the English Genius (1941) 1984 (1949) Suivant

La Ferme des animaux (Animal Farm) est un apologue de George Orwell publié en 1945 (en 1947 pour la traduction en français), décrivant une ferme dans laquelle les animaux se révoltent puis prennent le pouvoir et chassent les hommes, à la suite de la négligence de ceux-ci à leur encontre. Il s'agit d'une fable animalière par laquelle Orwell propose une satire de la Révolution russe et une critique du stalinisme[1].

Résumé

Un soir, les animaux de la ferme du Manoir sont convoqués dans la grange par Sage l'Ancien, le plus vieux cochon de la ferme. L’animal leur fait part de son rêve de la veille décrivant un monde débarrassé de la race humaine, leur laissant entrevoir les nombreux avantages dont les animaux pourraient profiter (travailler dignement et non plus en esclaves, avoir des loisirs, vivre plus longtemps, avoir une retraite, etc...), il exhorte tous les animaux à se soulever contre le fermier, M. Jones, l'unique source de tous leurs problèmes tout en entonnant un chant révolutionnaire sorti de son rêve intitulé Bêtes d'Angleterre. Quatre jours plus tard, Sage l'Ancien meurt dans son sommeil. Seul Moïse reste fidèle aux Jones.

Par chance, la révolution a lieu plus tôt et plus facilement qu'espéré. Un soir, après une journée bien remplie, le manque de nourriture exacerbe la colère des animaux. Dans un moment de fureur, ils attaquent M. Jones et ses ouvriers agricoles puis les chassent de la ferme. Arrachée aux mains de ses propriétaires, celle-co est renommée Ferme des animaux. Les nouveaux dirigeants sont vite désignés en regard de leur intelligence supérieure : les cochons Napoléon et Boule de neige, tous deux secondés par Brille-Babil, goret excellant dans l'art du discours. Tous trois élaborent un système philosophique qui régira désormais la vie de la ferme : l'Animalisme (néologisme). Peu après, ils réunissent les animaux dans la grange et inscrivent sur le mur les sept grands principes de ce système :

  • Tout ce qui se tient sur deux pattes est un ennemi sauf les volailles.
  • Tout ce qui se tient sur quatre pattes est un ami.
  • Nul animal ne portera de vêtements.
  • Nul animal ne dormira dans un lit.
  • Nul animal ne boira d'alcool.
  • Nul animal ne tuera un autre animal.
  • Tous les animaux sont égaux.

Les cochons ont en effet appris à écrire à l'aide d'un vieil abécédaire des enfants Jones - quelques lettres, quelques mots, ou couramment; selon leurs capacités.

Les animaux entament peu après la fenaison. Boule de neige se montre très actif, répartissant les animaux en commissions. Napoléon, en revanche ne fait pas grand-chose, si ce n'est enlever des chiots à leur mère pour les éduquer.

Un jour, M. Jones, accompagné d'autres fermiers, tente de reprendre la ferme, mais les animaux, en particulier Boule de neige et le cheval Malabar, se battent avec courage et les repoussent. Tous deux sont décorés pour leur vaillance dans cet affrontement, que l'on nomme "Bataille de l'étable".

Quelques semaines plus tard, Boule de neige a l'idée de créer un moulin à vent sur la colline pour générer de l'électricité et alléger le travail des animaux. Napoléon, catégoriquement opposé à ce projet - selon lui inutile -, tente de rallier les animaux à sa cause face à son adversaire Boule de Neige, en scandant le slogan : "Votez pour Napoléon et la mangeoire pleine !". Mais le charisme de Boule de neige a raison du caractère rude de son adversaire. Jaloux, Napoléon lance alors aux trousses de Boule de neige les chiens qu'il a élevés en cachette, et qui sont devenus de solides molosses. Boule de neige est alors chassé de la ferme.

Napoléon annonce que Boule de neige n'était rien d'autre qu'un espion des fermes alentour tentant par tous les moyens de les mener à leur perte, puis déclare qu'on construira bel et bien le moulin, qui était en fait une idée à lui. Il annule ensuite les réunions et débats et fait savoir que désormais, toute question sera débattue par un comité de cochons. Une dictature se met peu à peu en place, mais se heurte aux sept commandements de l'Animalisme. Les cochons y opèrent alors de subtiles modifications et convainquent les autres animaux que leur mémoire leur joue des tours (ainsi, le principe Nul animal ne tuera un autre animal devient Nul animal ne tuera un autre animal sans raison valable ; Nul animal ne boira d'alcool devient Nul animal ne boira d'alcool à l'excès ; Nul animal ne dormira dans un lit devient Nul animal ne dormira dans un lit pourvu de draps). Napoléon fait également savoir que chanter Bêtes d'Angleterre est désormais interdit.

Le moulin est détruit à deux reprises, une fois par le vent et une autre par les humains lors de la "Bataille du Moulin à vent". Chaque fois, Boule de neige est tenu responsable des malheurs des animaux : c'est le "bouc-émissaire". Brille-Babil affirme être en possession de documents secrets selon lesquels que Boule de neige est l'agent de Jones depuis le début, mais se heurte au scepticisme affirmé de Malabar. Pendant ce temps, la vie des autres animaux ne s'améliore pas, alors que les cochons jouissent de nombreux privilèges (ils ont de plus grosses rations, peuvent se lever plus tard, ne participent pas aux corvées, etc.). Un jour, le courageux cheval Malabar, épuisé par la construction des deux moulins, tombe gravement malade. Brille-Babil vient s'enquérir de son sort, puis déclare aux animaux que, sur ordre spécial du camarade Napoléon, Malabar va être immédiatement conduit à l'hôpital, où il pourra être soigné. En réalité, Malabar est envoyé à l'équarissage, ce qui procure aux cochons assez d'argent pour s'acheter une caisse de whisky.

Les cochons se mettent peu après à marcher sur leurs pattes de derrière, à porter les vêtements des Jones et à superviser les tâches, un fouet à la patte. Ils rendent également à la ferme son nom d'origine de "Ferme du Manoir". Un soir, ils invitent les fermiers des alentours et se réconcilient avec eux en leur promettant à l'avenir des relations amicales et coopératives. Les humains félicitent les cochons pour leur réussite : les bêtes de la Ferme des Animaux produisent plus que les leurs, sans rechigner, avec pourtant des rations alimentaires plus réduites. Et quand la jument Douce demande à l'âne Benjamin de lui lire les commandements inscrits sur le mur, il lui dit qu'il n'en reste plus qu'un seul :

  • Tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d'autres.

Résumé analytique

La Ferme des animaux est un apologue inspiré de l'histoire de l'URSS. Un jour les animaux, animés par les idéaux d'un vieux cochon (Sage l'Ancien), décident de se révolter contre leur maître dans l’espoir de mener une vie autonome dans l’égalité, l’entraide et la paix pour tous. La ferme tombée entre leurs mains est gérée dans le respect des sept commandements qui prônent le pacifisme tout en définissant les spécificités des animaux, présentées comme une richesse. L’ennemi est clairement désigné : l'homme doit disparaître; la cohésion se crée autour de cette menace. Mais les cochons sont très vite amenés à prendre le pouvoir, asservissant les autres animaux, utilisant leur intelligence supérieure pour manipuler leurs craintes et modifier le passé à leur avantage. Les idéaux sont très vite dénaturés, les principes généreux insensiblement dévoyés. Un dictateur émerge, chasse son principal rival (Boule de neige), et exécute les « traîtres » pour asseoir son pouvoir. Il instaure un culte de la personnalité, maintient ses congénères en état de soumission et les épuise par un travail harassant. Il continue à leur faire miroiter le même espoir, mais leur fixe un objectif inaccessible tout en leur promet sans cesse une vie meilleure afin de les maintenir dans cette utopie. Les années passent et plus rien ne semble distinguer les cochons de leurs anciens maîtres.

Une évidente parabole du stalinisme...

Personnages

Les événements et personnages de La Ferme des animaux sont inspirés de l'histoire de l'URSS. Orwell l'écrit de façon explicite au sujet de Napoléon, qu'il associe à Staline dans une de ses lettres[réf. nécessaire]. Les autres personnages représentent souvent des concepts génériques, et l'association avec un personnage historique n'est donnée qu'à titre indicatif.

Les cochons

Ils représentent les révolutionnaires bolcheviques, qui deviennent les apparatchiks du PCUS.

  • Sage l'Ancien (dans la traduction peu fidèle de Quéval : en réalité "le vieux Major")

Cochon âgé qui, à la suite d'un rêve, est l'initiateur des idées révolutionnaires. Il meurt peu après avoir exposé ses idées, qui seront mises en pratique par d'autres jusqu'à un certain point. Tel le mausolée de Lénine, son crâne est vénéré comme une idole dans les jeunes années de la révolution, jusqu'à ce qu'il tombe dans l'oubli et soit finalement enterré. Sage l'Ancien est inspiré de Lénine et de Karl Marx. Il symbolise également l'idéal communiste.

  • Napoléon (César dans les premières traductions françaises)

Cochon corrompu qui devient le dirigeant de la ferme et instaure peu à peu un régime totalitaire. Il élève en cachette neuf chiots et, une fois ceux-ci devenus d'impressionnants molosses, en fait sa garde personnelle avec laquelle il expulsera Boule de neige de la ferme. Il s'inspire de Staline.

  • Boule de neige

Cochon à l'esprit inventif qui s'oppose aux idées de Napoléon. Contrairement à ce dernier (donc à Staline), et pareillement à Trotski, il veut exporter la révolution. Après avoir été chassé de la ferme par Napoléon, il sera considéré comme un traître à la solde des fermiers et deviendra le bouc émissaire de tous les malheurs qui frapperont par la suite la vie des animaux (destruction du moulin et saccages en tous genres, disparition de clés...). Bien que Boule de neige se soit toujours montré loyal avant son expulsion, les animaux le dénigreront et il tombera dans l'oubli. Il s'inspire de Trotski. Son nom dans la version originale anglaise est "Snowball".

  • Brille-Babil

Goret de petite taille, bien en chair, excellent orateur. Maître ès propagande, il justifie les actions de Napoléon en allant constamment parler aux animaux de la ferme. Lorsqu'il n'arrive plus à convaincre, il n'hésite pas à utiliser la menace voilée et l'intimidation. Pour cela il est escorté de deux ou trois chiens du cochon Napoléon. Au fur et à mesure de l'avancement de l'histoire et de l'asservissement des animaux, Brille-Babil modifie subtilement, pendant la nuit les Sept Commandements pour les rendre conformes aux décisions parfois arbitraires et contestables des cochons. De même, il influence la mémoire des animaux au sujet de la bataille de l'étable. Avec tact, mais en ayant recours à la persuasion, voire à la menace, il parvient à leur faire comprendre comment Boule de neige (qui renvoie à Trotski), héros de la révolution et décoré après ce combat, a en fait tenté de les mener à leur perte par un habile stratagème. Brille-Babil symbolise la Pravda ou plus généralement tout l'organe de propagande. En anglais son nom est "Squealer".

  • Minimus

Le poète officiel du régime. Il compose des poèmes qui font l'éloge du chef Napoléon. Il renvoie à Maïakovski.

Les autres animaux

  • Malabar

Un cheval de trait, le plus loyal travailleur de la ferme, qui voue une vénération sans borne à Napoléon. Ses deux devises sont Je vais travailler plus dur et Napoléon ne se trompe jamais. Malabar est encensé par Napoléon, mais celui-ci le vendra secrètement à un équarrisseur pour toucher une récompense. Malabar incarne Stakhanov et le stakhanovisme, toute cette génération de Russes qui ont cru sincèrement et loyalement au régime soviétique. En anglais son nom est "Boxer".

  • Douce

Une jument, superbe matrone entre deux âges. "Clover" ("Trèfle") en anglais.

  • Moïse

Corbeau à la solde de M. Jones, puis de Napoléon. Il tente de convaincre les animaux de l'existence de la Montagne de Sucrecandi, le paradis des animaux, où ils vivraient après la mort. Il représente l'Église orthodoxe et la religion en général, « opium du peuple » selon Marx. Son nom original est "Moses" (Moïse").

  • Lubie

Jument qui aime les rubans et autres colifichets (représentant le luxe), et aime être choyée par les humains. Elle préfère les flatteries et les sucreries à la « liberté » apportée par la révolution, et s'enfuira pour se mettre au service d'autres humains. Lubie représente les gens qui ont fui l'URSS après la révolution, tels les intellectuels qui émigrèrent en Europe au début des années 1920. Elle se nomme Mollie dans la version originale.

  • Benjamin

Vieil âne sceptique quant à la révolution, car visionnaire : avant même que les cochons ne prennent le pouvoir, il savait que cela se terminerait mal. Il incarne George Orwell lui-même, l'auteur du roman, qui était un cynique et s'opposait vivement au stalinisme. En s'incarnant dans un de ses propres personnages, l'auteur pouvait critiquer à sa guise le régime de l'URSS. Il porte le même nom dans la version originale.

  • Les moutons

Ne comprenant rien, se ralliant au plus fort et adoptant toujours l'opinion du dernier à parler, ils sont habilement encadrés et manipulés par les cochons pour étouffer sous leur nombre et leur bêtise toute velléité protestataire. Ainsi, sur ordre des cochons, ils acclament systématiquement ces derniers et entonnent le refrain révolutionnaire Quatrepattes, oui ! Deuxpattes, non ! pour empêcher les contestataires de s'exprimer et ainsi clore les débats à l'avantage des cochons. Plus tard, sur ordre de Brille-Babil, ce refrain deviendra Quatrepattes, bon ! Deuxpattes, mieux ! Les moutons représentent la fraction de la population la plus endoctrinée.

  • Les chiens

Neuf molosses qui, constituant la garde personnelle de Napoléon, lui permettent d'instaurer un régime de terreur. Les chiens symbolisent les services secrets et polices politiques soviétiques (Tchéka, GPU, OGPU et NKVD).

  • Les poules

Les poules sont les animaux les plus exploités de la ferme. Orwell fait ici référence aux fermes de l'URSS à l'époque de Staline.

Les humains

  • M. Jones

Propriétaire initial de la ferme du Manoir; négligent avec ses animaux, il oublie un jour de les nourrir, provoquant la rébellion. C'est le Tsar Nicolas II.

  • M. Whymper

Humain engagé par Napoléon pour servir d'intermédiaire dans les relations commerciales entre la ferme des animaux et les humains. Il incarne Roosevelt et les États-Unis. "Wimper" signifie "geindre" en anglais.

  • M. Frederick

Propriétaire de la ferme de Pinchfield. Il représente Hitler, et Pinchfield l'Allemagne nazie.

  • M. Pilkington

Propriétaire de la ferme de Foxwood. Il représente Churchill, et Foxwood l'Angleterre.

Le parallèle avec l'URSS

Introduction

L'histoire de la Ferme des animaux est clairement similaire à celle de la révolution en URSS. Le point de vue adopté n'est cependant pas objectif. L'auteur, en faisant une synthèse des méthodes appliquées sous le régime stalinien, permet au lecteur de mieux saisir l'état d’esprit des dirigeants et le sens des décisions prises. On retrouve dans le livre certaines pratiques communes à toutes les dictatures :

  • le culte de la personnalité
  • la diabolisation de l'ennemi utilisé comme outil de propagande pour créer la cohésion
  • les volontés expansionnistes (les pigeons)
  • l'Art au service de la propagande (Minimus)
  • la théorie du Révisionnisme, largement développée dans son roman 1984.

Avant 1917

La Russie donne l’image d’une puissance en retard. Le pays est principalement rural, les riches propriétaires terriens et le tsar Nicolas II sont presque les seuls à vivre dans des conditions satisfaisantes. Les autres sont le plus souvent exploités (cf l'exploitation des animaux par M. Jones). Cependant, un vent révolutionnaire souffle sur la Russie, avec notamment les idées communistes de Karl Marx ou Lénine (cf le songe de Sage l’Ancien).

1917-1921

La révolte peut finalement s’organiser plus vite grâce à une série de mesures sévères : c’est le soulèvement de 1917 (cf M. Jones oubliant de nourrir les animaux, soulèvement de ces derniers.) Un nouveau régime s’installe, fondé sur des mesures draconiennes (les Sept commandements) parfois mal acceptées, d’où de nombreuses défections (cf Lubie qui préfère le luxe, ou Moïse). Puis, aidés par leurs anciens alliés (la France et l’Angleterre), les tsaristes tentent de récupérer leur pays (bataille de l’étable). C’est une défaite.

Après cette bataille, Boule de Neige crée le drapeau de la ferme : un sabot superposé à une corne, le tout sur un fond vert symbolisant les prairies. Ce drapeau renvoie à celui de l'URSS, composé d'un marteau et d'une faucille.

1921-1927

Lénine meurt, Staline et Trotski s’opposent pour prendre la tête du régime (cf les désaccords entre Napoléon et Boule de neige lors des débats). Trotski est pour la révolution permanente (cf Boule de neige voulant exporter la révolution dans les autres fermes) et l'industrie (Boule de neige préconisant la construction d'un moulin à vent). Staline persécute alors Trotski jusqu’à le contraindre à l'exil (cf Boule de neige mis en fuite par les chiens de Napoléon).

1927-1939

Staline prend alors le pouvoir, qui tourne vite à la terreur (cf l'exécution de présumés traîtres rappelant les procès de Moscou, les rations diminuées, le travail épuisant, la liberté supprimée au fur et à mesure par la modification des commandements). De plus, Staline instaure les plans quinquennaux, que l'on peut comparer aux directives pour la semaine prises par Napoléon chaque dimanche. Ce dernier donne également la priorité à la modernisation (construction du moulin à vent), comme le faisait Staline avec l'industrie lourde.

1939

À la déclaration de guerre, Staline ne s’allie pas avec un camp précis : c'est tantôt l’Allemagne, tantôt l’Angleterre (cf à qui vendre les planches, Frederick ou Pilkington ?). Il finit par signer un pacte de non-agression avec l'Allemagne (c'est Frédérick qui aura le bois) Mais l’Allemagne envahit la Russie en violation de ce pacte (cf les faux billets, l'attaque de M. Frederick : la bataille du Moulin à vent). Après plusieurs défaites (cf les animaux tués, le moulin détruit), les Russes finissent par repousser l’envahisseur (cf la victoire des animaux).

Après la guerre

Le totalitarisme de Staline se poursuit (cf Malabar, vendu à un boucher car trop faible, les retraites supprimées, les rations encore diminuées). Finalement, l’URSS se pérennise, Staline s’enrichit (cf le tableau d’une ferme plus riche à la fin malgré les animaux esclaves) et traite d’égal à égal avec les dirigeants des autres pays (les cochons, devenus humains, reçoivent des fermiers pour jouer aux cartes et discuter affaires).

Préface

À l'origine, George Orwell avait écrit une préface dénonçant la censure de son livre par le gouvernement britannique, qui y avait supprimé toute critique de l'Union soviétique, son allié pendant la Seconde Guerre mondiale. « Ce qu'il y a de plus inquiétant dans la censure en Angleterre, c'est qu'elle est pour une bonne part volontaire. ... Quiconque a vécu quelque temps dans un pays étranger a pu constater que certaines informations, qui auraient normalement dû faire les gros titres, étaient passées sous silence par la presse anglaise, non en vertu d'une intervention du gouvernement, mais parce qu'il y a eu un accord tacite pour considérer qu'il « ne fallait pas » publier de tels faits. Ironiquement, la préface fut elle-même censurée[2] ; elle ne figure que dans de rares éditions du roman [3].

Divers

Notes et références

  1. Lettre à Dwight Macdonald du 5 décembre 1946 (George Orwell, Écrits politiques (1928-1949), Agone, coll. « Banc d'essais », 2009, p. 346-347.
  2. Noam Chomsky, Comprendre le pouvoir : tome II, Aden, 2006, p. 17.
  3. La préface est disponible ici

Voir aussi