Post-punk

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Post-punk

Origines stylistiques Punk rock
Glam rock
Art rock
Avant-garde
Dub
Funk
Reggae
Krautrock
Musique expérimentale
World music
Origines culturelles Milieu-fin des années 1970 aux États-Unis et au Royaume-Uni
Instruments typiques Guitare
Basse
Batterie
Clavier
Boîte à rythmes
Popularité Importante au début des années 1980
Scènes régionales Akron (Ohio), Cleveland[1], New York, Londres, Manchester[2], ex-Berlin-Ouest (NDW)

Genres dérivés

Rock alternatif

Rock indépendant
New wave
Rock gothique
Coldwave

Genres associés

New wave

No wave
Musique industrielle

Le post-punk, est un courant musical apparu vers la fin des années 1970, en écho à la déferlante punk marquée par un certain radicalisme et souvent associé, au mouvement new wave. Représenté par des groupes emblématiques tels que Public Image Ltd, Devo, Siouxsie and the Banshees, The Birthday Party, Gang of Four, Joy Division, The Fall ou encore Wire, il se différencie du punk rock par son introversion, un certain goût pour l'expérimentation musicale et sa plus grande élaboration[3].

La posture générale des artistes rattachés à la mouvance post-punk peut se résumer dans cette déclaration de Allen Ravenstine de Pere Ubu en 1978 : « Les Sex Pistols ont chanté 'No Future', mais il y a un futur et nous essayons de le construire »[4].

Le post-punk a joué un rôle important dans la scène musicale indépendante des années 1980 et a contribué à la gestation de plusieurs courants majeurs du rock, dont le rock gothique, le rock industriel, le rock indépendant ou le rock alternatif[5].

Présentation[modifier | modifier le code]

Définition du terme[modifier | modifier le code]

Greil Marcus (2006) inventeur du terme « post-punk »

Le terme de « post-punk » a été utilisé pour la première fois par le critique musical Greil Marcus, pour parler de l'« avant-garde pop post-punk britannique » (« Britain's postpunk pop avant-garde »), dans un article de Rolling Stone paru le 24 juillet 1980. Il désignait ainsi des groupes comme The Raincoats, Gang of Four ou Essential Logic, selon lui remarquables par la tension, l'humour ou le sens du paradoxe présents dans leur musique, les différenciant d'autres formations contemporaines de musique populaire[6].

Rétrospectivement toutefois, le terme a été réutilisé à grande échelle pour qualifier des groupes jouant une musique rejoignant certains préceptes du punk, sans que pour autant le lien avec le mouvement punk proprement dit soit nécessairement établi pour certains d'entre eux. En ce sens le terme même de « post-punk », impliquant l'idée d'une succession chronologique, peut être trompeur. Un bon exemple est The Residents, groupe aujourd'hui fréquemment affilié au post-punk[7], mais formé à la fin des années 1960. Pere Ubu, formé en 1975 à l'écart de la scène punk mais cependant considéré comme l'un des chefs de file du post-punk[8], est un autre cas caractéristique. La même chose pourrait être dite de courants musicaux comme la musique industrielle ou la no wave : tous constituent de bons paradigmes illustrant le fait que le post-punk peut davantage être considéré comme un mouvement parallèle au punk, né de préoccupations artistiques et idéologiques en partie communes à une époque (la fin des années 1970), sans pour autant se résumer à n'en être qu'une simple excroissance[9],[10],[11]. Au contraire, la posture revendiquée par des figures emblématiques du post-punk, comme Public Image Ltd., qui incluait John Lydon, ancien chanteur du groupe emblème du punk rock, les Sex Pistols, peut même être interprétée comme une volonté de rupture vis-à-vis du mouvement punk, très vite récupéré par l'industrie musicale et condamné selon certains à n'être plus qu'« une parodie de lui-même »[4].

Une bonne part des groupes de post-punk sont toutefois des groupes issus de la première vague punk dont la musique a évolué, comme The Slits, Siouxsie and the Banshees, The Stranglers ou Wire.

Description[modifier | modifier le code]

Le post-punk assume l'héritage punk et une certaine indépendance vis-à-vis de l'industrie musicale.

Cependant, le son est généralement plus complexe et arty que celui du punk rock classique, qui lui est beaucoup plus direct et violent. Cette tendance se traduit dans l'invention d'une musique plus expérimentale, plus radicale et peut-être plus rebelle en ce sens. Des groupes comme Public Image Ltd. ou Joy Division laissent de côté les revendications terre-à-terre du punk pour se centrer sur des préoccupations plus intérieures et immatérielles[12]. Tout comme le punk cependant, le mouvement post-punk utilise les médias de masse comme canal privilégié d'expression et nourrit de nombreux fanzines et labels indépendants[12] — principalement en Europe (Londres et Berlin).

Histoire[modifier | modifier le code]

Racines[modifier | modifier le code]

De même que le mouvement punk a des racines dans le rock garage des années 1960 et la scène new-yorkaise des années 1970, le post-punk a été influencé par des courants comme le krautrock (Neu!, Can, Kraftwerk), quelques inclassables (The Residents, Captain Beefheart) ou une certaine frange du rock progressif (Robert Wyatt, Brian Eno...).

David Bowie et le Velvet Underground sont également des influences de ce mouvement. L'inventivité du funk et du disco s'est retrouvée sous des formes altérées dans des groupes comme ESG et Gang of Four.

Le mouvement post-punk proprement dit[modifier | modifier le code]

L'un des groupes qui incarne le mieux la naissance d'un mouvement revendiqué en tant qu'« après-punk », visant en quelque sorte à tourner la page du mouvement, est sans doute Public Image Ltd..

Cependant, bien que le terme « post-punk » soit relativement parlant, peu de groupes à l'époque revendiquaient faire partie d'un tel mouvement. En fait dès les débuts de la vague punk rock de la fin des années 70, on parle très vite dans la presse musicale de « new wave », celle-ci incluant des formations post-punk, mais également punk, power pop etc.

On peut dire que de nombreuses formations purement post-punk ayant une sensibilité plus mélodique et pas seulement arty, à l'image de Siouxsie and the Banshees, Joy Division, The Cure, The Psychedelic Furs et Echo & the Bunnymen sont des groupes new wave (ou cold wave selon la terminologie utilisée en France). Plus tard le terme « new wave » fut utilisé pour les formations pop utilisant beaucoup de synthétiseurs au début des années 80. Étant donné que le terme comprend également des groupes aux productions formatées, très commerciales et légères comme l'Italo Disco orienté dancefloor et destiné aux discothèques sans oublier quelques groupes Nouveaux Romantiques, synth pop beaucoup moins underground , on dut quasiment inventer au milieu des années 80, le terme « alternatif » pour désigner les formations n'étant ni associées à l'image plus légère et proche de la pop de la new wave, ni à l'aspect synthétique et ou électronique.

La descendance du post-punk est donc à chercher du côté de la cold wave, du mouvement rock alternatif, du mouvement lo-fi (de Beat Happening jusqu'à Pavement), également tout ce qui est noisy pop/shoegazing (Jesus and Mary Chain, My Bloody Valentine, etc. ), rock indépendant, la scène baggy à Manchester puis celle du trip hop à Bristol. Logiquement, on peut également trouver un gros héritage du côté des nombreuses branches de l'electro, etc.

Le revival post-punk[modifier | modifier le code]

On assiste aujourd'hui à l'émergence d'un certain renouveau de la musique post-punk, avec des groupes comme Liars, The Killers, !!!, Moving Units, Editors, She Wants Revenge, Interpol ou encore le groupe qui est à l'origine de ce revival The Strokes, très orientés rock indépendant.

Le groupe LCD Soundsystem, dont la musique est en partie influencée par des groupes post-punk [13], reprend des morceaux de Siouxsie and the Banshees[14] et Joy Division.

Tout débuta effectivement en Angleterre fin 70' lorsque les punks ont sabordés, en quelques années, leur genre musical en s'appliquant leur propre "Anarchie" (même si certains diront que le punk n'est pas mort).On peut dire que dans le même temps la distance prise avec le Punk par des groupes comme Joy Division, les Chameleons (groupe de l'ombre), voir les Smith ou les Cure qui chacun à leur façon a ouvert un champ musical nouveau avec leurs adéptes. Tous ces groupes de la première génération Post punk ont en commun d'avoir vécu la période Punk des années 70... (Robert Smith étant celui qui aura le plus influencé les genres musicaux de la "New wave" des années 80 et encore aujourd'hui en s'intéressant à l'électro.)

Puis le Post Punk (nouveau) fut relancé début années 2000 par Interpol (groupe USA), héritier du punk mais sans lien direct, qui a réussi finalement à synthétiser "Parfaitement" avec leurs premiers albums tout cet héritage "New wave" des années 80. Aujourd'hui c'est la planète entière qui est touché par ce nouveau "Post Punk" : USA, Angleterre, France, Pologne, Japon, Russie, Islande... Certains vont même jusqu'à rechercher le grain de voix de Paul Banks...et les riffs de guitare de Daniel Kessler qui ne sont pas sans rappeler les couples évidents de la première vagues: Curtis/Sumner, Morrissey/Marre, Siouxie/Robert Smith, Burgess/Smithies ...   .Le Post Punk se distingue de l'indie par son côté beaucoup plus sombre avec cette alchimie entre une voix très perceptible posée sur une basse (à la Cure) très présente et une guitare qui se distingue nettement avec un synthé en arrière plan  qui vient comme un nappe brumeuse amplifier l'atmosphère planante, sombre et éthérée. N'oublions pas de préciser que les premiers shoegazers (Cocteau Twins, Ride, Slowdive...) et les suivants (Curve, The Horrors...) ont finalement été pendant tout ce temps la jonction naturelle entre la New wave des années 80' et le Post punk d'aujourd'hui. Les Anglais ont finalement toujours gardé la main sur le Post punk, même si le renouveau Post Punk est véritablement venu des USA au début des années 2000 sans marquer de rupture avec la musique indie ou quelconque autre mouvement musical, ce qui lui donne un côté très discret sur la scène et une grande richesse de production. L'esthétique et les codes vestimentaires du post punk  par leur côté "neutre" rappelle aussi que Joy Division n'est finalement jamais très loin, et marque ainsi son côté intemporel qui devrait durer très longtemps... à l'image du jazz ou du blues.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Reynolds, p.63.
  2. Reynolds, pp. 226-228.
  3. (en) Post-punk sur Allmusic
  4. a et b Reynolds, p.15
  5. Reynolds, p.29.
  6. Greil Marcus, Ranters and Crowd Pleasers, p. 109.
  7. (en) The Residents sur Allmusic.
  8. Article « Pere Ubu » dans l'Encyclopædia Britannica (version en ligne consultable au 23/03/2009).
  9. Ainsi, selon Éric Duboys, la musique industrielle est un « parfait contemporain [du punk] (...) mais sans grand rapport avec celui-ci » (Duboys, p.16.)
  10. Comme l'expliquent Moore et Coley à propos des origines de la no wave : « En dépit de l'héritage présumé du CBGB, des Ramones et du magazine Punk, New York n'a jamais vraiment été une ville punk. (...) La véritable tradition des groupes new-yorkais était l'art rock, le punk n'étant que l'un de ses aspects ». (Moore/Coley, p.6.)
  11. « À la vérité, certains des groupes post-punk les plus influents (...) étaient des formations prépunk, existant en tant que tels ou sous une autre forme avant même le début officiel du mouvement (...). » (Reynolds, p.19.)
  12. a et b Article « Punk » dans l'Encyclopædia Britannica (version en ligne consultable au 23/03/2009).
  13. (en) This is Happening Pitchfork.com. 2010. "On This Is Happening, Murphy once again shows off his encyclopedic knowledge of all things post-punk and zip-tight"
  14. (en) LCD Soundsystem iTunes Remix Album Jacksonfreepress.com

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]