Polyrythmie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La polyrythmie consiste à jouer simultanément deux ou plusieurs parties rythmiques de portées différentes dont les débits de notes ne sont pas multiples l’un de l’autre. Chaque partie rythmique est appelée pattern quand il s’agit d’un rythme qui se répète.

Description[modifier | modifier le code]

Note : Il est entendu que la notion de rythmique, et donc de polyrythmie, ne se limite pas qu’à des parties de percussions comme on le laisse parfois entendre.

On peut donc construire le rythme « de base » suivant (ce rythme est souvent appelé un « trois sur quatre ») :

Partie 1 en 4/4 (3 mesures) : o × × × o × × × o × × ×
Partie 2 en 3/4 (4 mesures) : o × × o × × o × × o × ×

Les o symbolisent chacun une noire et les × un soupir (un silence de la durée d’une noire)

On constate alors que les deux portées vont se rejoindre.

Une application plus compliquée peut être de concevoir des mesures composées, ou d’inclure des divisions artificielles : triolet, quintolet

Note sur l’exemple : cet exemple résulte d’un changement de mètre (d’une mesure à 4/4 on passe à une mesure à 3/4) et donc d’une « polymétrie » plus que d’une polyrythmie.

Dans une mesure binaire (disons 2/4), une première portée constituée de 4 croches superposées à une seconde constituée de 2 triolets de croches sont un bon exemple de polyrythmie.

Applications dans la musique[modifier | modifier le code]

  • Wolfgang Amadeus Mozart, dans le dernier mouvement de son Quatuor pour hautbois en fa majeur, à la mesure 95, superpose au 6/8 initial maintenu par les cordes (2 fois 3 croches par temps), une mesure écrite C (4/4), mais en fait un 2/2, (2 fois 4 croches par temps) donnant à la partie de soliste, une impression de « décollage » d'une grande virtuosité.
Son tour de force le plus complexe pour l'époque est d'avoir superposé trois danses à la fin du premier acte de son Don Giovanni, plaçant ainsi sur deux mesures à 3/4 d'un menuet (orchestre I), trois mesures à 2/4 d'une contredanse (orchestre II) et six mesures à 3/8 d'une danse allemande (orchestre III), « spacialisant » ainsi un bal à plusieurs pistes de danses dans les jardins de la maison de don Giovanni.
  • On en retrouve aussi l'usage dans le mathcore, ou mathmetal. Le groupe de mathcore Meshuggah est aussi spécialisé dans la polyrythmie.
  • Conlon Nancarrow est reconnu pour avoir poussé la polyrythmie expérimentale à sa limite grâce à l'utilisation d'un piano mécanique. Il est le premier à avoir introduit des constantes mathématiques tels que e et π dans la rythmique de ses œuvres.

Application en jonglerie[modifier | modifier le code]

En jonglerie, des notions de polyrythmie au niveau du rythme des lancers apparaissent en 2005 sur la liste de discussion rec.juggling. Le but est de dissocier le travail des mains pour sortir des modes de jonglerie classiques asynchrone et synchrone. Les séquences siteswap polyrythmiques introduisent de nouveaux rythmes en solo et en passing car elles sont composées de séries de lancers synchrones et asynchrones. Par exemple une séquence polyrythmique 2 sur 3 présente un lancer synchrone suivi de trois lancers asynchrones c’est-à-dire que les mains jettent en même temps (gauche et droite), puis trois lancers à tour de rôle (gauche, droite, gauche ou inversement). Les X marquent les temps où les mains lancent (identique aux temps frappés du polyrythme correspondant en musique). Une des musique représentative de la polyrythmie est la salsa.

polyrythme 2 sur 3
rythme à 3 temps X   X   X   X   X   X  
rythme à 2 temps X     X     X     X