Trance

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La Trance est un style de musique musique électronique mélodieux, synthétique et rythmé, issu de l'acid house, de la new beat et de l'ambient apparue conjointement en Allemagne et sur les plages de Goa (Inde) au début des années 1990. Aujourd'hui divisée en de multiples tendances et courants, elle reste cependant populaire aussi bien dans les clubs que dans des soirées plus underground comme les raves parties, à travers le monde.

Histoire[modifier | modifier le code]

De l'acid house à la scène allemande[modifier | modifier le code]

Une musique trance (ici, Lost In Space de Infyuthsion).

En 1988, au Royaume-Uni, un nouveau courant de musique électronique émerge de la scène dance, l'acid house. Initialement apparu à Chicago (États-Unis) au début des années 1980, l'acid house se propage rapidement dans le monde de la nuit britannique et provoque l'explosion des rave parties dans le pays. Au cours des étés 1988 et 1989, l'acid house déclenche le Second Summer of Love, un véritable phénomène culturel en Grande-Bretagne d'une ampleur qui n'avait pas été vue depuis la vague punk[8]. Certains morceaux issus de ce mouvement sont rétrospectivement rapprochés de la trance, notamment certains titres composés par le groupe KLF et que le groupe labellisa justement « Pure Trance ». Ainsi, les versions origi9), ainsi que les bien-nommés Kylie Said Trance (1989) et Last Train to Trancentral (1990) sont considérés comme des morceaux pionniers de cette trance naissante.

Sven Väth, DJ allemand à Munich en 2006.

Deux titres sortis en 1990 sont considérés comme les premiers véritables morceaux de trance et se disputent donc la paternité du genre : The Age of Love du groupe éponyme, qui a servi de base pour la scène trance allemande des années 1990, et We Came In Peace de Dance 2 Trance[9],[5]. Parmi les autres morceaux ayant influencé le genre sont cités également Yaaah/Techno Trance de D-Shake (1990), Papua New Guinea de Future Sound Of London (1991), Stella de Jam & Spoon (1992), Café Del Mar d'Energy 52 (1993) et Dreams de Quench (1993)[10].

L'Allemagne est une place clé dans le développement de la culture trance. Francfort-sur-le-Main est souvent cité comme le lieu de naissance de la trance, notamment par l'intermédiaire du club le Dorian Gray. Comme témoins du Frankfurter Trance Sound, on trouve notamment Sven Väth ou encore DJ Dag qui collabore avec Jam El Mar sur Dance 2 Trance. À la même époque, une mouvance trance naît à Berlin autour d'artistes tels que Paul van Dyk. À partir de 1994, la trance commence à connaître une véritable popularité en tant qu'alternative à la house et à la techno[9].

Goa et trance psychédélique[modifier | modifier le code]

Une soirée trance, ou rave party, au Tscharni, Goa, en 2005 en Inde.

Parallèlement à l'émergence de la trance en Europe, un mouvement underground à Goa en Inde se développe pour donner naissance à ce qui deviendra la trance psychédélique. À l'origine une ancienne colonie portugaise, la région de Goa, et notamment le village d'Anjuna, devient le centre d'affluence des hippies du monde entier vers la fin des années 1960[11]. Parmi les acteurs de la scène trance-goa produite à l'origine en Grande-Bretagne et dans une moindre mesure en Israël, on peut citer Goa Gil, Juno Reactor, Man With No Name, Raja Ram & The Infinity Project, Astral Projection, Total Eclipse, Hallucinogen[12].

Généralités[modifier | modifier le code]

La trance est un courant de musique électronique qui regroupe une grande variétés de styles, ce qui en fait un genre ambigu pour lequel il est difficile de s'accorder sur une définition[13]. La musique trance dérive directement de la techno, de l'ambient wave, du breakbeat (jungle et drum and bass incluses), des musiques new age et new wave liées au synthétiseur et tire initialement ses racines de l'acid house[9]. Le tempo de la trance en général se situe entre 125 et 150 bpm[14].

Au début des années 1980, Klaus Schulze compose plusieurs albums expérimentaux de musique planante. Plusieurs morceaux se rapprochent des débuts de la trance ; le mot trance se retrouve d'ailleurs dans deux de ses albums, Trancefer (1981) et En=Trance (1987). Le terme peut également dériver du projet Dance 2 Trance qui fut un des pionniers du mouvement. Le terme « trance » peut également se référer à « transcendance », rappelant l'aspect spirituel de ce genre musical.

Sous-genres et tendances[modifier | modifier le code]

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  • Acid trance : L'acid trance est un genre de musique électronique dérivé de l'acid house et de la techno. Historiquement, il est l'un des premiers sous-genres de la trance, apparu au tout début des années 1990. Il se caractérise par le son acid typique du synthétiseur Roland TB-303, et présente les traits caractéristiques des débuts allemands de la Trance : des thèmes répétitifs et planants, un rythme proche de celui de la Techno, mais une mélodie plus présente, en vue de créer un effet hypnotique. Actuellement, ce style n'est pratiquement plus produit[15].
  • Hard trance : La hard trance, apparue lors de la première moitié des années 1990 via des artistes comme Jones & Stephenson, Legend B et des maisons de disques comme Bonzai Records est un style de trance au kick bass plus dur et des mélodies typiquement Trance. Au tout début sa rapidité dépassait largement les 150 BPM. Progressivement ce style va se ralentir pour avoisiner entre 138 et 145 environ. Une des périodes phares de la hard trance est également la période de 2002 jusqu'à 2005 avec des artistes comme Scot Project, Cosmic Gate, Dumonde, Yoji Biomehanika (hard trance majoritairement dominée par des allemands à cette époque) qui ont marqué par leurs productions et leurs sets. Après s'être fait quelque peu oublier ses dernières années, la Hard Trance renaît enfin à l'approche de 2009 grâce à de talentueux artistes de la scène anglaise comme Mac & Taylor, Will Atkinson, Lee Haslam, et le retour de Scot Project. La nouvelle Hard Trance est parfois plus lente que 138 BPM, influencée par les nouvelles tendances minimalistes et electro qui se ressentent à la fois sur la mélodie et sur la bassline (bassline très electro/électrique avec une puissance incomparable à une bassline electro house, electro teck ou electro trance)[15]. Artistes : Scot Project, Jones & Stephenson , Yoji Biomehanika, Kamui.
  • Uplifting trance : L'uplifting est parfois appelée epic trance ou euphoric trance. Le terme « uplifting » remonte à la fin des années 1990. Les morceaux sont facilement reconnaissables par leur long break mélodique et planant mais aussi un beat très énergique et rapide (136-142 BPM généralement) rappelant l'influence et l'émergeance de la goa/psytrance quelques années auparavant. Le but premier de cette musique est de faire monter au plus haut l'état émotionnel et sentimental de l'auditeur. Ce style, très populaire à partir des années 2000, principalement en Allemagne et au Benelux connait un léger essoufflement depuis 2007 environ, avec des artistes s'orientant dorénavant vers des styles plus lents et minimalistes, comme la Trance progressive[15]. Artistes : Sash!, Armin van Buuren, Sean Tyas, John O'Callaghan, Aly & Fila.
  • Trance progressive : La trance progressive souvent très proche de la house progressive musicalement, est un style de Trance apparu bien après l'acid trance, la goa, la hard trance. La progressive trance est mélodieuse tout comme la uplifting mais sans le côté grandiloquent des grands arpèges de synthétiseurs trance[pas clair]. Avec un beat et une bassline proche de la house (128 à 134 BPM), les morceaux sont longs et présentent une construction intéressante où les différents éléments sont amenés de manière progressive et douce (d'où le nom de ce style). D'abord en retrait par rapport à la Uplifting, ce style est devenu le style de Trance le plus tendance à la fin de la décennie 2000-2010[15]. Artistes : Tiësto, Above & Beyond, Markus Schulz, Andy Moor, Gareth Emery.
  • Dream music : La dream music (dream house ou dream trance) est un sous-genre de la trance apparu au milieu des années 1990 avec le morceau Children du DJ/producteur italien Robert Miles, qui le popularisa eu Europe et même aux États-Unis. Sa particularité est d'utiliser en premier plan une mélodie de synthétiseur avec un son de piano, le tout à grand renfort de nappes planantes et de beats techno. En vogue, au cours d'une courte période entre 1995 et 1997, la Dream Music a aujourd'hui[Quand ?] disparu[15]. Artistes : Robert Miles, DJ Dado.
  • Tech trance : La tech trance est un des styles les plus récents de trance. Apparue au début des années 2000 grâce à des artistes pionniers comme Marco V, la tech trance croise rythmes percutants et complexes (provenant de la techno), sonorités électriques/electro, mélodies, basslines reprise de l'acid house. La tech trance comporte soit des mélodies Uplifting soit des mélodies plus électronisées. Son tempo est bien souvent situé entre 135 et 142 BPM. Artistes : Simon Patterson, John O'Callaghan, Indecent Noise.
  • Electro trance : Un des styles les plus récents de la trance. C'est dans les années 2000 que ce style fit ses premières apparitions. Il est issu d'un croisement entre la tech trance, la progressive et les sonorités electro. Son tempo actuel se situe entre 128 et 135 BPM. Ferry Corsten est un des pionniers de l'electro trance avec le morceau Rock Your Body. Mais c'est bien plus tard dans la deuxième moitié de la décennie 2000-2010 que ce style connaîtra son véritable essor avec la montée de la tendance Electro. Apprécié pour sa bassline puissante et dancefloor, l'electro trance est particulièrement jouée au côté de Progressive. Artistes : Sander Van Doorn, Kyau & Albert, Rank 1, Cosmic Gate, Lange.
  • Nu-trance : La nu-trance est un des derniers styles de trance qui est né. Expérimenté par Sander Van Doorn dès 2007, celui-ci va au fil des mois faire reconnaître la trance minimaliste comme un style à part entière avec des tracks mêlant beat minimal teck, mélodies trance, sonorités minimalistes, ambiance dark. Le tempo est d'environ 125 à 132 BPM maximum. À partir de 2008 de nombreux artistes trance se sont essayés à ce style comme Marco V, Marcel Woods, Leon Bolier, Jonas Steur, Re-Ward, Moonbeam, Sied Van Riel, Maarten de Jong[15]. Artistes : Sander Van Doorn, Leon Bolier, Marcel Woods, Marco V, Ali Wilson.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bom, Coen (2009). Armin Only: A Year in the Life of the World's No. 1 DJ. Oxford, UK: Dutch Media Uitgevers BV. ISBN 978-90-488-0323-1: p. 15
  2. (en) « Trance », sur Allmusic (consulté le 19 juillet 2012).
  3. a, b, c, d et e (en) Fassbender, Torsten (2008). The Trance Experience. Knoxville, Tennessee: Sound Org Inc. ISBN 978-0-2405-2107-7: p. 15, 16, 17, 19
  4. a et b (en) Webber, Stephen (2008). DJ Skills: The Essential Guide to Mixing and Scratching. Oxford, UK: Elsevier Press. ISBN 978-0-240-52069-8: p. 35
  5. a et b (en) Snoman, Rick, The Dance Music Manual: Tools, Toys, and Techniques – Second Edition, Oxford, UK, Elsevier Press,‎ 2009 (ISBN 0-9748438-4-9), p. 251, 252, 253, 266.
  6. a, b, c, d, e, f et g (en) Hewitt, Michael (2009). Composition for Computer Musicians. Knoxville, Tennessee: Cengage Learning. ISBN 978-1-59863-861-5: p. 9
  7. (en) « Goa Trance », sur Allmusic (consulté le 9 juillet 2012).
  8. (fr) BR, Kobalt, « Backstage - Acid House »,‎ 27 mai 2004 (consulté le 14 octobre 2009).
  9. a, b et c (en) Peter Childs et Mike Storry, Encyclopedia of contemporary British culture, Taylor & Francis,‎ 1999 (ISBN 0415147263), p. 628.
  10. (en) John Dalling, « History of Trance Music », sur Toucan Music,‎ 2006 (consulté le 15 octobre 2009).
  11. (en) Arun Saldanha, Psychedelic white: Goa trance and the viscosity of race, U of Minnesota Press,‎ 2007 (ISBN 0816649944), p. 34.
  12. (en) Paul Harding, Goa, Lonely Planet,‎ 2003 (ISBN 1740591399), p. 224.
  13. (en) Rick Snoman, Dance Music Manual: Tools. Toys and Techniques, Focal Press,‎ 2008 (ISBN 0240521072), p. 522.
  14. (en) Tony Verderosa, The techno primer: the essential reference for loop-based music styles, Hal Leonard Corporation,‎ 2002 (ISBN 0634017888), p. 96.
  15. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) Guide to Trance sub-genres, Eurotrance, 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]