Bataille de Cocherel

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Bataille de Cocherel
Jean de Grailly se rend à Bertrand du Guesclin
Jean de Grailly se rend à Bertrand du Guesclin
Informations générales
Date 16 mai 1364
Lieu Proximité de Houlbec-Cocherel (Eure)
Issue Victoire française
Belligérants
Blason pays fr FranceAncien.svg Royaume de France Blason Royaume Navarre.svg Royaume de Navarre
England Arms 1340.svg Royaume d'Angleterre
Commandants
Blason du Guesclin.svg Bertrand Du Guesclin Blason Jean de Grailly.svg Jean de Grailly
Forces en présence
1 500 à 3 000 5 000 à 6 000 hommes dont 300 archers
Guerre de Cent Ans
Batailles
Première phase (1337-1360)
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Deuxième phase (1369-1389)
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Armagnacs et Bourguignons
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Troisième phase (1415-1428)
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Quatrième phase (1429-1453)
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Coordonnées 49° 04′ 29″ N 1° 21′ 53″ E / 49.074722222222, 1.364722222222249° 04′ 29″ Nord 1° 21′ 53″ Est / 49.074722222222, 1.3647222222222  

Géolocalisation sur la carte : Haute-Normandie

(Voir situation sur carte : Haute-Normandie)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Cocherel.

La bataille de Cocherel a lieu le jeudi[1] 16 mai 1364 entre Charles V de France dont l'armée est commandée par Bertrand Du Guesclin, et Charles II de Navarre dont les troupes sont sous les ordres du captal de Buch Jean de Grailly ainsi que des archers anglais sous Blancbourg et Jean Jouel et des compagnies de routiers commandées par Arnaud-Amanieu d'Albret du côté anglais et Arnaud de Cervolle dit l'Archiprêtre du côté français.

Le contexte[modifier | modifier le code]

Le nouveau roi de France, Charles V hérite une situation catastrophique. Son père Jean le Bon, fait prisonnier lors de la chevauchée du Prince noir en 1356, à Poitiers a été obligé de payer une très forte rançon et contraint de signer le traité de Brétigny.
Composées principalement d'Anglais et de Gascons, les Grandes Compagnies, livrées à elles-mêmes, se répandent dans tout le pays situé entre Seine et Loire et y commettent d'intolérables excès. Elles infestent particulièrement les routes de Paris à Orléans, à Chartres, à Vendôme et à Montargis.
D'autre part, Charles le Mauvais, en guerre contre la France pour la succession de la Bourgogne confiée à Philippe le Hardi, recrute des troupes parmi ces Grandes Compagnies et parvient en Normandie avec l'intention d'empêcher le sacre de Charles en coupant la route de Reims. Il est toutefois arrêté, au Château de Rouen, par Jean le Bon.
Philippe de Navarre se tourne alors vers le roi d'Angleterre qui en profite pour se déclarer Roi de France et d'Angleterre.
Le roi de France doit donc combattre sur 3 fronts.

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Forces anglo-navarraises 
  • de 5 000[2] à 6 000 hommes, dont 700 lances[3] soit 4 200 hommes, environ 300 archers et environ 500 mercenaires comprenant des Normands, des Gascons, dont le Captal de Buch lui-même et des Anglais. L'ensemble des forces combattait à pied.
Forces françaises 
  • 3 000 hommes environ composés de chevaliers bourguignons (dont Jean de Vienne), de Bretons, de Picards, de gens de l'Île-de-France et aussi de Gascons dotés de lances raccourcies, maniables pour le combat rapproché, ainsi que des mercenaires, sous le commandement de Bertrand Du Guesclin. Ces hommes ont reçu comme principale instruction celle de s'employer à éviter d'être en contact avec les archers anglais, dont la réputation n'était plus à faire. L'ensemble des forces combattait également à pied.

Prémices[modifier | modifier le code]

À partir de ses possessions normandes, Charles le Mauvais avait initié un blocus de Paris. En réaction, Charles V requiert de du Guesclin de dégager la Seine.

Le 14 mai 1364 à Évreux, le captal de Buch réunit toutes les garnisons navarraises à sa disposition afin de marcher contre le Breton. Ce dernier est parti le 11 mai de Rouen avec une troupe de taille équivalente.

Plutôt que de couper la route à son adversaire, le captal, arrivé le 15 mai à Cocherel, dispose ses troupes suivant la stratégie anglaise sur une éminence voisine qu'il fait fortifier. Il s'agit de la colline du Bois de la Ronce à deux kilomètres du bourg.

Pendant que les Anglo-Navarrais se fortifient, les troupes du Guesclin arrivent à Cocherel et disposent leur campement, sachant que les Navarrais préfèreront tenir leur réduit fortifié que de tenter un coup de main.

Conditions météorologiques[modifier | modifier le code]

Plein soleil. Les Anglo-Navarrais profitent de l'ombrage du Bois de la Ronce, les Français doivent se faire porter de l'eau de l'Eure qui traverse Cocherel.

Ordre de bataille[modifier | modifier le code]

Les forces anglo-navarraises sont divisées en 3 corps rangés de front sur une colline.
  • L'aile gauche commandée par le Bâtard de Mareuil, Bertrand du Franc et don Sanche Lopez comprend 400 armures de fer.
  • Le centre sous les ordres du Captal de Buch Jean de Grailly, comprend 400 chevaliers gascons
  • L'aile droite commandée par John Jouel[4] comprend les hommes d'armes et les archers anglais.

L'étendard du captal, point de ralliement est disposé près d'un buisson épineux avec une garde de soixante hommes.

Les forces françaises sont également divisées en 3 corps rangés avec une réserve placée en arrière.

Pour simuler une armée plus importante, du Guesclin fait placer de nombreux étendards supplémentaires.

La bataille[modifier | modifier le code]

La bataille de Cocherel selon une enluminure du XVe siècle (Toison d'or de Guillaume Fillastre)

Comme à leur habitude [5] les Anglais tiennent une position surélevée et retranchée.
La matinée se passe en négociations entre les deux camps et à l'intérieur même de chacun d'eux (choix tactiques, cri de guerre, etc...). Le captal de Buch fait croire aux Français qu'un renfort doit lui parvenir, quelque 1 500 hommes supplémentaires, pour inciter les Français à se lancer à l'assaut. En effet, les Anglo-Navarrais tiennent à rester sur leurs positions et les Français, avertis des précédentes défaites, savent qu'une charge leur serait défavorable.

De son côté, Arnaud de Cervole, dit l'Archiprêtre, négocie avec l'ennemi puis quitte le champ de bataille en prétextant une reconnaissance. Cette désertion à peine déguisée, qui lui vaudra la colère du roi Charles V, affaiblit le bataillon de Baudouin de Lens, sire d'Annequin.

À midi les deux armées tiennent toujours leurs positions. Les gens d'armes subissent la chaleur suffocante. Bertrand Du Guesclin, arrivé aux environs de 15 h, décide de feinter et au son des trompettes, l'armée française commence à se retirer en direction de l'Eure, les fourgons, les varlets et quelques gens d'armes s'engagèrent sur le pont et traversèrent la rivière.
Le captal de Buch soupçonnant une nouvelle ruse de Duguesclin décida de garder sa position. Mais Jean Joüel, croyant à une retraite de son adversaire, décide de faire charger ses hommes. Alors que les Anglais dévalent à toute allure la colline où ils étaient postés, Duguesclin fait faire volte-face à ses hommes. En peu de temps, la troupe de Joüel est submergée par les trois bataillons français, et ses archers, se trouvant trop près de l'ennemi, ne peuvent intervenir dans ce combat au corps-à-corps.

Un groupe de trente chevaliers gascons de l'arrière-garde, après avoir contourné le dispositif anglo-navarrais, capture le captal et son étendard.

Dans la mêlée, Baudouin de Lens, sire d'Annequin est renversé, blessé et écrasé sous le poids de son cheval ; il est achevé par le Bascon de Mareuil. La mort de ce dernier, la capture du Captal de Buch ainsi que la blessure de Jean Joüel, qui mourra de ses blessures quelques jours plus tard, prive le contingent anglo-Navarrais de ses chefs, et il finit par battre en retraite.

Pierre de Sacquenville, un des principaux chevaliers et conseillers de Charles le Mauvais est fait prisonnier ; il est décapité à Rouen sur ordre de Charles V. Jean II de Champagne, chevalier banneret (né le 7 janvier 1317) est tué au cours de la bataille.

Conséquence[modifier | modifier le code]

Cette victoire permet à Charles V de se faire sacrer roi de France le 19 mai 1364 dans la cathédrale de Reims.
La perte des capitaines Jean Joüel et Jean de Grailly est une véritable catastrophe pour les Anglo-Navarrais.

Charles le Mauvais signe en 1365, le traité de Saint-Denis avec le roi Charles V, dans lequel il renonce à ses prétentions au trône de France. En mars 1365, au traité d’Avignon, les deux Charles s'accordent sur un échange. Le roi de Navarre cède au roi de France ses possessions de la basse vallée de la Seine, en Normandie (Mantes, Meulan et le comté de Longueville), places stratégiques sur la route de Paris. En échange, Charles V abandonne à son cousin la ville et la seigneurie de Montpellier.

Mémoire[modifier | modifier le code]

Le souvenir de la bataille de Cocherel est entretenu d'une part par un monument commémoratif à Hardencourt-Cocherel (Eure) dédié à Bertrand du Guesclin; d'autre part par le nom de la rue de la Bataille de Cocherel à Vernon (Eure).

Monument commémoratif dédié à Bertrand du Guesclin

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Claude Castex, Répertoire des combats franco-anglais de la Guerre de Cent Ans (1337-1453), Vancouver, Phare-Ouest, 2012. p.135 et suiv. ISBN 978-2-921668-09-5.

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Chroniques de Froissart Volume 6
  2. Répertoire des combats franco-anglais de la Guerre de Cent Ans de Jean-Claude Castex
  3. 1 lance = 6 hommes
  4. John Jouel également connu sous les noms de Jean Jouël ou Jean Jouel avait pris précédemment la forteresse de Rolleboise
  5. comme aux batailles de Crécy et de Poitiers par exemple