Omonville-la-Rogue

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Omonville-la-Rogue
Port du Hâble, vu depuis le Fort.
Port du Hâble, vu depuis le Fort.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Basse-Normandie
Département Manche
Arrondissement Cherbourg-Octeville
Canton La Hague
Intercommunalité Communauté de communes de la Hague
Maire
Mandat
Michel Canoville
2014-2020
Code postal 50440
Code commune 50386
Démographie
Gentilé Omonvillais
Population
municipale
503 hab. (2012)
Densité 117 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 42′ 12″ N 1° 50′ 32″ O / 49.7033333333, -1.8422222222249° 42′ 12″ Nord 1° 50′ 32″ Ouest / 49.7033333333, -1.84222222222  
Altitude Min. 0 m – Max. 133 m
Superficie 4,29 km2
Localisation

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Liens
Site web www.omonvillelarogue.fr

Omonville-la-Rogue est une commune française du département de la Manche, dans la région Basse-Normandie, peuplée de 503 habitants[Note 1]. Elle se situe plus particulièrement dans la presqu'île de la Hague.

Géographie[modifier | modifier le code]

Située dans la Hague, la commune s'étend sur la côte entre le ruisseau de l'Épine d'Hue (près de la baie de Quervière) et la pointe de Jardeheu. Elle est située entre Digulleville à l'ouest, Éculleville au sud-est, et Beaumont-Hague au sud. Le village se situe au fond de la vallée de la Vallace qui se jette dans le port du Hâble.

Environnement[modifier | modifier le code]

Cette partie du littoral est riche en crustacés et poissons, qui explique la présence d'un port de pêche. Certains[Qui ?] craignent que les écosystèmes ou la chaine alimentaire soient localement affectés par les rejets de l'usine de retraitement de la Hague (AREVA-NC). En effet, si la concentration réputée la plus élevée est dans la baie d'Écalgrain à environ 3 km de l’émissaire, Omonville la Rogue est encore située dans la zone dite de dilution (1 à environ 20 km au nord-est de l’émissaire).Les niveaux de radioactivité y sont normalement inférieurs à ceux d’Herquemoulin et comme partout autour des installations nucléaires importantes, une surveillance est assurée par l'État, le gestionnaire de l'usine et les ONG[1]. Le carbone-14 (14C), émetteur bêta pur, issu du retraitement des combustibles irradiés, mesuré depuis 1997, est devenu un contaminant plus important pour le réseau trophique, en comparaison, les rejets il y a 20 ans qui étaient responsables autour de la Hague d'une radioactivité gamma artificielle dans les produits de la mer, sont actuellement en très forte diminution.

Des dauphins, marsouins et baleines fréquentent parfois les parages, comme une jeune baleine à bosse retrouvée morte en février 2009[2].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Omonville-la-Rogue[modifier | modifier le code]

Le lieu est attesté sous les formes Osmundi ville dedit Roigo vers 1090, Apud Osmonvillam vers 1210, Osmunvilla la Rogues en 1261[3].

Nom en -ville, appellatif toponymique issu du gallo-roman VILLA « domaine rural ». Ce genre de formation a été en vogue du VIIe siècle au XIe siècle environ.
Le premier élément Omon- s'explique par un nom de personne comme c'est généralement le cas. Ici il s'agit probablement de l'anthroponyme vieux norrois Osmundr[3], variante d'un autre nom de personne également norrois Ásmundr[4].
François de Beaurepaire évoque une origine commune pour le village voisin d'Omonville-la-Petite, simplement séparé par Digulleville. Le même colon scandinave est sans doute à l'origine des deux Omonville[3].

Homonymie avec Omonville-la-Foliot (Manche), Omonville (Seine-Maritime), Osmonville (Seine-Maritime) et Omonville (Eure), tous situés en Normandie.

L'ancien prénom à l'époque de la Normandie ducale (cf. Osmond de Sées) se perpétue dans les patronymes normands Osmond (graphie spécifique au Cotentin), Osmont, Omont, etc.

Le déterminant complémentaire -la-Rogue est sans doute un nom de famille Roigo, aujourd'hui Rogues[3], issu d'un anthroponyme germanique.

Microtoponymes[modifier | modifier le code]

  • Vaucotte désigne un lieu du rivage et constitue sans doute un transfert du nom de Vaucottes à Vattetot-sur-Mer, village côtier de Seine-Maritime. Les noms de lieu en -cottes ou Cotte- se rencontrent parfois en Seine-Maritime mais pas dans la Manche. En revanche, le lien qui existe avec le lieu À la Vaucotte à Rembercourt-sur-Mad (Lorraine) est obscur, il s'agit peut-être d'une coïncidence, en tout cas, ce microtoponyme est plus récent comme l'indique la présence de l'article défini.
  • Étimbert (Pointe d') : on trouve la trace d'un personnage en Champagne comportant un toponyme analogue dans son nom, à savoir Lambert de Simebost, alias de Seine-bost, d'Estainbert et d'Estinchoult[5]. Estainbert est possiblement une forme ancienne d’Étimbert, cependant le rapport entre ces deux noms de lieux est obscur. En tout cas, il s'agit d'un nom germanique. L'élément final -bert, analogue au -bert des prénoms comme Robert, Aubert, etc., doit représenter une mauvaise romanisation d'un autre élément d'après cette terminaison -bert rencontrée dans les anthroponymes d’origine germanique. Il se pourrait en effet qu'il s'agisse de l'appellatif germanique berg « élévation, hauteur, mont, montagne » attesté sous diverses formes dans la toponymie du nord de la France. Ainsi, le nom de lieu flamand Humbert est attesté sous les formes Umberche en 1170, puis Unguebert vers 1214 et est considéré comme un toponyme en -berg[6]. Le premier élément Étim- doit représenter le germanique stein « pierre », romanisation semblable à celle d’Eteimbes (Alsace, anciennement Steinbach). La forme primitive d’Étimbert pourrait donc être *Steinberg qui correspond au type toponymique Steinberg aussi bien en Allemagne qu'en Norvège, mais aussi dans d'autres pays de langues germaniques sous des formes différentes comme Steenberg, etc. Pour ce nom de lieu de la Manche, il faut sans doute préférer la solution scandinave, d'autant que l'appellatif vieux norrois steinn « pierre » est très bien attesté dans le Nord Cotentin, par exemple comme second élément : sur le littoral également, non loin de là, se trouve la Roche Gélétan (rocam le Jal(l)estain vers 1200), Croquetun (anciennement Croquestain) est un rocher en face de Cosqueville[7] et comme premier élément : on identifie un ancien Esteinvei « gué de pierre » en 1320 à Fresville, le Mont Étenclin (Mont Estenclif en 1262)[8] et peut-être Étang val. Dans Estenclif, l'élément -clif représente le vieux norrois klif « falaise »[9] sémantiquement proche de berg.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1664, une commission d'études des côtes de la Manche, après avoir renoncé créer un port de guerre à Cherbourg, vante les mérites de la fosse d'Omonville permettant de créer un bassin de 48 hectares, plus facilement que les 21 hectares du port militaire cherbourgeois qui voit le jour près d'un siècle et demi plus tard. En 1686 et 1694, Vauban loue à son tour les mérites de cette position pour la création d'une rade offrant refuge aux vaisseaux et frégates, mais privilégie le port de Cherbourg[10].

L'affaire criminelle du garagiste Lucien Jeanne s'est déroulée à Omonville-la-Rogue en 1935 et a connu un large écho. Elle a été jugée aux assises de la Manche, à Coutances, les 19 et 30 juin 1936[11].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Omonville est le berceau de familles de corsaires, dont les Clément et les Delamer. Parmi leurs enfants, on trouve Joachim Clément, né le 20 mars 1698, marié à Marie Madeleine Delamer le 18 novembre 1732, décédé avant 1773 (peut-être en mer). Comme capitaine, il fit la prise pour le Roi les 1er octobre et 10 novembre 1757 de sloops britanniques, et le 3 octobre de la même année, il arraisonne un bateau espagnol. Ces prises furent effectuées avec la corvette de 190 tonneaux, 16 canons Duc de Penthièvre qui appartenait à l'armement Chantereyne & compagnie, armé pour 3 mois à la fois, pour une redevance mensuelle de 12000 livres (divisé par tiers entre le Roy, le propriétaire et l'équipage constitué ici de 106 hommes et 9 mousses). Au mois de juillet 1758, il se fait prendre par une frégate anglaise, de 36 canons. Un de ses petits fils né le 1er décembre 1779 est capitaine sur le Comte de Vauville[12].
  • Jean-François de Cahouet (1782 à Omonville-la-Rogue-1836), militaire, un préfet et un homme politique.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1983 en cours Michel Canoville[13] SE Agriculteur, président de la CCH
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 503 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].

Ses habitants sont appelés les Omonvillais.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
629 583 643 590 569 575 560 531 524
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
489 468 482 511 519 514 418 432 436
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
354 368 348 312 273 241 245 295 297
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
286 285 306 334 511 520 523 525 503
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2004[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Cultes[modifier | modifier le code]

Le territoire communal est rattaché à la paroisse catholique du Bienheureux Thomas Hélye de la Hague, au sein du doyenné de Cherbourg-Hague[16]. Son principal lieu de culte est l'église Saint-Jean-Baptiste, vocable qui renvoie au saint patron traditionnel de la commune. Les catholiques vénèrent également dans cette commune la grotte Notre-Dame, qui fait l'objet d'une procession le 15 août.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Ruines de la Cotentine.
La grotte Notre-Dame.
  • L'église gothique Saint-Jean-Baptiste de la seconde moitié du XIIIe siècle, restaurée par la suite au XVIIIe siècle. Elle a été classée aux monuments historiques par arrêté le 9 juin 1971.
  • La ferme-manoir Belle-Garde, située à proximité de l'église, et datant de la même époque, faisait partie des trois grandes propriétés avec l'Épine d'Hue et le manoir du Tourp.
  • Une croix, portant la date apocryphe de 1257, indique le chemin du manoir de l'Épine d'Hue et de la ferme du Tourp.
  • Le port du Hâble, placé ici par les Gallo-Romains et protégé par une digue, fait l'importance du village.
  • Ferme de la Cotentine. Ruines d'une grande ferme sur le « chemin des douaniers », consolidées par le Conservatoire du littoral.
  • Les carrières d'Omonville produisent une pierre granitique très utilisée dans la construction des monuments et fermes de la Hague.

Événements[modifier | modifier le code]

  • La ferme du Tourp a été restaurée avant l'an 2000 et accueille désormais des expositions, l'office du tourisme de la Hague, et un centre de ressources et de documentation sur la Hague.
  • En 1978, Roman Polanski avait choisi les landes d'Omonville et la ferme du Tourp comme décors de son film Tess.
  • En 1983, certaines scènes du téléfilm Un bon petit Diable y ont été tournées.
  • En 2005, Florence Moncorgé-Gabin y a tourné quelques scènes de son film, Le Passager de l'été.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2012.
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

Altitudes, superficie : IGN[17].
  1. étude ACRO (Laboratoire indépendant d’analyse de la radioactivité)
  2. Sabrina Rouillé, « Le baleineau d'Omonville ausculté et découpé », Ouest-France, 17 février 2009
  3. a, b, c et d François de Beaurepaire, Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, Paris, A. et J. Picard, 1986, 253 p. (ISBN 2-7084-0299-4) (OCLC 15314425). p. 171 - 172.
  4. Site de Nordic Names : étymologie de l'anthroponyme Osmundr (lire en anglais) [1]
  5. Abbé A. Pétel, Les hospitaliers seigneurs de Sancey, aujourd'hui Saint-Julien (Aube), Paul Bage, Troyes, 1903, p. 16. [2]
  6. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud,‎ (ISBN 2-85023-076-6), p. 358a
  7. Jean Renaud, Vikings et noms de lieux de Normandie. Dictionnaire des toponymes d'origine scandinave en Normandie, éditions OREP, 2009 (ISBN 978-2-915762-89-1), p. 36.
  8. François de Beaurepaire, op. cit., p. 137.
  9. ibidem
  10. de Restaing, « Projet de création d'une rade dans l'anse Saint-Martin-Hague », Mémoires de la Société nationale académique de Cherbourg, vol. VIII, 1861
  11. Jean-François Miniac, Les Nouvelles Affaires criminelles de la Manche, de Borée, Paris, 2012.
  12. Sources: généalogie perso et CG 50, et recherches aux archives de la défense à Cherbourg
  13. Réélection 2014 : « Omonville-la-Rogue (50440) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 1 mai 2014)
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2012.
  16. Site du doyenné
  17. Répertoire géographique des communes ([3]).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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