Gréville-Hague

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Gréville-Hague
Le rocher du Castel Vendon.
Le rocher du Castel Vendon.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Basse-Normandie
Département Manche
Arrondissement Cherbourg
Canton Beaumont-Hague
Intercommunalité Communauté de communes de la Hague
Maire
Mandat
Didier Le Bel
2014-2020
Code postal 50440
Code commune 50220
Démographie
Gentilé Grévillais
Population
municipale
768 hab. (2011)
Densité 77 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 40′ 29″ N 1° 48′ 03″ O / 49.674722, -1.80083349° 40′ 29″ Nord 1° 48′ 03″ Ouest / 49.674722, -1.800833  
Altitude Min. 0 m – Max. 167 m
Superficie 10,03 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Manche

Voir sur la carte administrative de Manche
City locator 14.svg
Gréville-Hague

Géolocalisation sur la carte : Manche

Voir sur la carte topographique de Manche
City locator 14.svg
Gréville-Hague

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Gréville-Hague

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Gréville-Hague
Liens
Site web www.greville-hague.fr

Gréville-Hague, une commune française du département de la Manche, dans la région Basse-Normandie, peuplée de 768 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situé dans le pays de la Hague, Gréville-Hague est placé à l'extérieur du Hague-Dick qui séparait la pointe de la Hague du reste du Cotentin.

Le territoire grévillais est délimité par deux vallées, celle de la Sabine, à l'ouest, frontière d'avec Éculleville, et celle du Hubiland, à l'est, né au hameau Fleury, et qui le sépare d'Urville-Nacqueville au niveau du village de Landemer. La commune est aussi arrosée par la Pissotière, sous le hameau de Gruchy, et par le ruisseau du Castel qui traverse la commune depuis sa source au Lieu Bailly, jusqu'à la Manche au pied du Castel Vendon. Les falaises abruptes de 30 à 70 mètres (Landemer, le Castel Vendon, le Mur-blanc) qui forment une façade maritime de quatre kilomètres tombent à Landemer, qui marque la rupture avec l'agglomération cherbourgeoise, en laissant place à la large baie qui baigne la plage d'Urville. Gréville est également limitrophes de Branville-Hague au nord-est, et de Beaumont-Hague au nord-ouest.

Gréville-Hague est concerné par la zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique de type 2 de la Hague, et par les ZNIEFF de type 1 des « landes et falaise d'Éculleville et de Gréville-Hague », et des « landes de Saint-Nazaire ». La côte est un site naturel classé au titre de la loi de 1930 depuis le 17 juin 1992 au sein de la zone côtière de la Hague, et l'ensemble du territoire est inscrit depuis le 25 mars 1973 avec les autres communes de la Hague. La commune entre dans le champ d'acquisition du Conservatoire du littoral, les terrains achetés étant gérés par le Syndicat mixte des espaces littoraux de la Manche (SyMEL).

Les paysages distinguent une côte sauvage, dessinée par la mer et le vent, composée de landes silicicoles de fougères, genêts, ajoncs et bruyères, et un bocage formé de haies basses sur les coteaux ventés et haies hautes dans les vallées mieux abritées, avec sureaux, prunelliers, épines blanches, chênes pédonculés, hêtres et frênes, délimitant des champs où dominent l'herbe et la polyculture (maïs, blé, colza…)[1]. Les tunnels du Castel Vendon abrite une importante colonie de chauve-souris.

Communes limitrophes de Gréville-Hague[2]
Éculleville Mer de la Manche Mer de la Manche
Éculleville,
Beaumont-Hague
Gréville-Hague[2] Urville-Nacqueville
Beaumont-Hague Beaumont-Hague, Branville-Hague Branville-Hague

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Guerevilla au XIIe siècle, Gervilla en 1209, Guervilla en 1218 et Grevilla en 1320[3]. Le toponyme est issu d'un anthroponyme germanique tel que Creiz[4], Grido[3] ou Gairo[5], et de l'ancien français ville dans son sens originel de « domaine rural » issu du latin villa rustica. Le locatif Hague est ajouté en 1936[6], officialisant un usage plus ancien.

Le gentilé est Grévillais.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, le territoire de Gréville était composé de cinq fiefs : celui de Gruchy, celui de Gréville, le Val Ferrand, la Haulle et Saint-Nazaire[7].

Rattachée avant la Révolution française à l'élection de Valognes, la sergenterie de Tollevast et au doyenné de la Hague, la paroisse devenue commune est incluse dans le canton de Sainte-Croix en 1793 puis celui de Beaumont en 1801, au sein du district de Cherbourg en 1793, puis de l'arrondissement de Valognes jusqu'à la création de celui de Cherbourg en 1811[6].

En 1795, une école publique primaire est créée à Gréville pour les enfants de la commune ainsi que ceux d'Éculleville, du hameau Christo d'Urville-Hague et du hameau Bosvy de Nacqueville, sous l'autorité de l'instituteur Marin Feuardent[7].

En 1905 est fondée une coopérative autour de la laiterie de Gréville. En 1962, elle s'associe à d'autres coopératives du Cotentin au sein de l'UCALMA qui devient en 1985, les Maîtres laitiers du Cotentin. Jusqu'à sa fermeture, la laiterie de Gréville fabrique un beurre vendu sous le nom de « beurre de la Hague », puis rebaptisé en beurre « Val de Saire » à cause de la mauvaise image donnée par l'usine de la Cogema.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1995[8] mars 2014 Yves-Marie Bonnissent SE  
mars 2014[9] en cours Didier Le Bel SE Technicien supérieur


Le conseil municipal est composé de quinze membres dont le maire et trois adjoints[10].

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 768 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2005, 2010, 2015, etc. pour Gréville-Hague[11]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 2]. Gréville-Hague a compté jusqu'à 782 habitants en 1821. Ce maximum n'a été dépassé qu'en 2006, avec 783 habitants.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
705 487 732 782 736 702 635 600 624
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
575 543 560 505 521 504 487 484 450
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
429 366 361 342 357 382 395 353 372
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
437 412 417 432 653 721 775 783 767
2011 - - - - - - - -
768 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2004[12].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

La principale ressource économique du territoire communal est l'agriculture, à travers six exploitations tournées essentiellement vers la production laitière ainsi que l'élevage bovin et ovin. Comme le reste du canton de Beaumont-Hague, le principal employeur est l'usine de retraitement de la Hague et ses sous-traitants, ainsi que les entreprises de la communauté urbaine de Cherbourg. Gréville-Hague accueille également quelques commerces et des artisans[13].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'Église de Gréville par Jean-François Millet.

L'église Sainte-Colombe[modifier | modifier le code]

L'église Sainte-Colombe offre un intérêt au point de vue architectural malgré ou à cause des multiples transformations au cours des huit siècles de son histoire. Elle est inscrite aux Monuments historiques[14]. L'édifice primitif était constitué d'un vaisseau principal flanqué d'un collatéral du côté nord. Les arcades de la nef et du chœur sont portées par des piles carrées d'un intérêt notable et d'un type très rare, cantonnées aux angles de colonnettes à chapiteaux qui annonçaient la fin de l'art roman. En 1774, on prolongea la nef d'une travée où se trouvent actuellement les fonts baptismaux. on refit le mur collatéral. C'est à cette époque également que toute la grande nef fut couverte d'une voûte sur croisée d'ogives.

Le clocher tel qu'il se présente actuellement a été construit en hors œuvre en 1554 comme en témoigne le blason extérieur « de Pierre Heuzey ». Le rez-de-chaussée aménagé en chapelle comporte côté ouest un large enfeu qui aurait abrité jusqu'à la Révolution, les douze apôtres : une seule de ces statues aurait résisté, celle de saint Pierre placée actuellement à l'extérieur au-dessus du portail. C'est dans cette chapelle qu'ont été placées les célèbres statues mises au jour en 1993 et constituant une Mise au tombeau du Christ. Les ogives de la voûte à trou de cloches central retombent dans les angles sur des culots sculptés : chevalier, jeune homme, cheval, vieillard. Le linteau de la piscine mais également celui de la porte de l'escalier du clocher sont ornés d'une accolade et surmontés du blason des Heuzey d'azur à la botte au beuziau de sable éperonnée d'or.

La chapelle jouxtant celle décrite plus haut fut construite également au XVIe siècle, elle comporte une voûte dont les ogives reposent sur des culs de lampes au symbole des quatre évangélistes : lion et aigle côté nord, ange et bœuf côté sud. Elle communique avec le chœur par deux arcades ; la colonne centrale cylindrique est sans chapiteau. La construction de la chapelle décidée en 1568 fut retardée par un conflit entre Robert Le Bourgeois, possesseur du fief de Gruchy, le curé Pierre Heuzey et les promoteurs, Jacques Dumoncel, beau-frère de Gilles de Gouberville, et sa femme.

De l'autre côté du chœur, une chapelle en abside à trois pans orientée vers le nord est venue s'ouvrir dans la dernière travée du collatéral au cours du XVIIe siècle. Cette chapelle est dénommée « chapelle Saint-Jacques du Val Ferrand »

Face à la chapelle du clocher, et créant avec elle un faux transept, une chapelle sans caractère a été réalisée probablement vers la deuxième moitié du XVIIIe siècle.

Le Castel Vendon[modifier | modifier le code]

Le rocher du Castel Vendon, par Jean-François Millet.

Massif rocheux, peint par Millet, il est un terrain militaire jusqu'en 2009, ancien élément de la forteresse de Cherbourg mise en place par les Allemands.

Le Mur blanc[modifier | modifier le code]

Surplombant les falaises qui ont pris son nom près du sentier des douaniers, le mur a été bâti en 1887 pour servir de repère aux marins.

La maison natale de Jean-François Millet[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui restaurée en musée, la maison natale de Jean-François Millet évoque l'enfance et la formation du jeune peintre au début du XIXe siècle.

La maison du puits[modifier | modifier le code]

La maison au Puits.

Sise au hameau de Gruchy, son escalier extérieur et le puits couverts, avec la façade et les toitures, sont inscrits au titre des monuments historiques depuis le 31 août 1993, du fait de leurs représentations sur plusieurs toiles de Millet[15].

Cultes[modifier | modifier le code]

Le territoire communal est rattaché à la paroisse catholique Bienheureux Thomas Hélye de la Hague du doyenné de Cherbourg-Hague[16].

L'unique lieu de culte est l'église Sainte-Colombe, vocable renvoyant à la sainte patronne traditionnelle de la commune, jeune fille qui préféra se sacrifier en s'enfermant dans un four à pain allumé, plutôt que de céder aux avances du curé, et que Dieu transforma en oiseau[17].

Activité culturelle et manifestations[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

L'Association sportive Gréville-Hague fait évoluer trois équipes de football en divisions de district[18].

Personnalités liées[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2011.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, afin de permettre les comparaisons entre communes selon une périodicité de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999, de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, outre les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement, que les années 2006, 2011, 2016, etc. et la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « La Hague bocagère » et « Falaises septentrionales de la Hague », in Pierre Brunet et Pierre Girardin, L’inventaire régional des paysages, édition du Conseil régional de Basse-Normandie / Direction régionale de l'environnement de Basse-Normandie, 2004
  2. « Géoportail (IGN), couche « Limites Administratives » activée »
  3. a et b Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, t. 2 : Formations non romanes ; formations dialectales, Genève,‎ 1998 (lire en ligne), p. 937
  4. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Paris, Larousse,‎ 1963
  5. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Condé-sur-Noireau, Éd. Charles Corlet,‎ 1996 (ISBN 2-905461-80-2), p. 139
  6. a, b et c Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. a et b Section Histoire locale, site officiel de la commune.
  8. « Maire depuis 19 ans, Yves-Marie Bonnissent laisse la place », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 28 août 2014)
  9. « Yves-Marie Bonnissent cède sa place à Didier Le Bel », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 28 août 2014)
  10. « Gréville-Hague (50440) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 1er mai 2014)
  11. Date du prochain recensement à Gréville-Hague, sur le-recensement-et-moi.fr, site spécifique de l'Insee.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  13. Économie, site officiel de la commune
  14. « Église », base Mérimée, ministère français de la Culture
  15. « Maison Au Puits », base Mérimée, ministère français de la Culture
  16. Site du doyenné
  17. Jean Fleury, Littérature orale de la Basse-Normandie, Maisonneuve & Cie, 1883
  18. « Site officiel de la Ligue Basse-Normandie – AS Gréville Hague » (consulté le 28 août 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :