Château de Falaise

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Château de Falaise
Image illustrative de l'article Château de Falaise
Nom local Château Guillaume-le-Conquérant
Période ou style Médiéval, Anglo-normand
Type Château fort
Début construction XIIe siècle (bâtiments actuels)
Fin construction XIIIe siècle
Propriétaire actuel Ville de Falaise
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)
Coordonnées 48° 53′ 36″ N 0° 12′ 14″ O / 48.8932, -0.2039 ()48° 53′ 36″ Nord 0° 12′ 14″ Ouest / 48.8932, -0.2039 ()  [1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Normandie
Région Basse-Normandie
Département Calvados
Commune Falaise

Géolocalisation sur la carte : Calvados

(Voir situation sur carte : Calvados)
Château de Falaise

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(Voir situation sur carte : France)
Château de Falaise

Le château de Falaise (dit Château Guillaume-le-Conquérant) se situe sur un éperon rocheux au sud-ouest de la ville de Falaise dans le Calvados (région Basse-Normandie). Ce château fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premières traces de fortifications en pierre datent du Xe siècle, ce qui ferait du château de Falaise l'un des premiers châteaux normands en pierre[3].

Le château a connu trois grandes phases de constructions différentes, il en résulte trois donjons :

Au XIIe siècle, le premier est un donjon-palais de plan quadrangulaire typique de l'architecture anglo-normande (cf. Tour de Londres). Il fut érigé par Henri Ier Beauclerc[4], quatrième fils de Guillaume le Conquérant au XIIe siècle, c'est le grand donjon. Le premier étage — l'espace ducal — est composé des pièces traditionnelles de l'habitat seigneurial médiéval : la Grande-Salle, pièce de réception (en latin aula), la chambre, pièce de vie privée (camera), la chapelle (capella)[5]; dans les salles, on trouve des traces d'une cuisine et de lieux où étaient stockés les vivres en cas de siège. Ce donjon repose partiellement sur des murs maçonnés formellement identifiés comme appartenant à l'ancien donjon de l'époque de Guillaume le Conquérant[6].

Le second donjon fut probablement voulu et financé par Henri II Plantagenêt[7]. On sait que le nouveau duc-roi a passé Noël 1159 au château de Falaise en compagnie de sa femme, Aliénor d'Aquitaine, et de sa cour[8]. Le nouvel élément est également quadrangulaire, ses dimensions sont plus modestes, il agrandit l'espace habitable : c'est le petit donjon. Sa position à l'opposé de l'entrée du grand donjon en fait un ouvrage plus d'agrément que de défense[9].

Enfin, le troisième donjon fut bâti au début du XIIIe siècle par Philippe-II-Auguste, roi de France suite à la conquête du duché de Normandie par son armée[10]. C'est une tour de plan circulaire, à vocation uniquement défensive, qui est construite selon les prescriptions des ingénieurs militaires du roi de France, c'est ladite tour Talbot.

Le château, abandonné au XVIIe siècle est finalement classé au titre des monuments historiques en 1840[2]. Victor Ruprich-Robert (disciple de Viollet-le-Duc) entame une campagne de restauration qui sauve les donjons de la ruine. Les donjons furent peu touchés par les bombardements alliés lors des combats de la Poche de Falaise.

Entre 1987 et 1997, les donjons ont fait l'objet d'une restauration de la part de Bruno Decaris, architecte en chef des monuments historiques du Calvados. Il a réalisé une version moderne de l'avant-corps du grand donjon dont les fondations étaient connues. Cette reconstruction fut controversée[11] car elle utilise de l'acier et du béton armé verni. En accord avec la charte de Venise, l'utilisation de tels matériaux pour restaurer un château médiéval vise à informer le visiteur de l'actualité de la réalisation[12].

Architecture[modifier | modifier le code]

On retrouve de premières traces de fortifications qui datent du Xe siècle. Les différentes phases de construction sont clairement identifiables. Chacun des trois donjons correspond à une période de construction.

  • Le premier donjon. Le plus grand correspond à la plus grande phase de construction. Faisant office de palais, il est construit suivant un plan quadrangulaire. Le premier étage est l'espace ducal qui sert d'habitat au seigneur des lieux. On y trouve la Grande-Salle qui sert pour les réceptions, la chambre du seigneur et la chapelle. On trouve également les traces d'une cuisine et de magasins à vivres. Ce donjon repose sur des fondations plus anciennes datant de l'époque de Guillaume Le Conquérant.
  • Le second donjon. Il adopte également une forme quadrangulaire. Il se situe à l'opposée de l'entrée du château qui se situe dans le premier et plus grand donjon. De dimension plus réduite, il n'a pas de réelle vocation militaire et reste avant tout un lieu d'habitation et d'agrément.
  • Le troisième donjon. Ce troisième donjon a une seule vocation, la défense du château. De plan circulaire, elle est surnommée « tour Talbot ».

Actualité[modifier | modifier le code]

Exemple d'HistoPad

Ces dernières années, l'enceinte castrale du château de Falaise a été restaurée de façon à rendre au château son aspect défensif[13].

Depuis avril 2013, le château s’est doté d’une nouvelle scénographie, axée notamment sur les nouvelles technologies. Les visiteurs peuvent découvrir l’intérieur du château, tel qu’il était probablement au XIIe siècle, grâce à une tablette numérique tactile baptisée HistoPad. Il suffit de tourner sur soi-même, pour que l’architecture médiévale se superpose à l’actuelle[14]. Le château s'est aussi équipé d'HistoCams, des lunettes stéréoscopiques permettant de découvrir, dans le même angle de vue, une représentation en relief de la basse cour du château[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. a et b « Notice no PA00111309 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. « Falaise, premier château normand en pierre ? » Pour la Science, juillet 2009, p. 12.
  4. Stéphane William Gondoin. Châteaux forts de Normandie. éditions OREP, 2006. Page 17.
  5. Claude Wenzler, Architecture du château fort, Ouest-France, Rennes, 1997, p. 11.
  6. Au XIe siècle, le donjon du château de Falaise était, au moins partiellement, maçonné. C'était alors très rare en Normandie. Certains auteurs pensent même que le donjon était totalement en pierre. Voici ce qu'en dit Paul German : « L'efficacité de cette enceinte de pierre et de son donjon, également en pierre, unique dans la région à l'époque, est attestée par de multiples témoignages de la période ducale. » (Paul German. Histoire de Falaise. Éditions Charles Corlet, Condé-sur-Noireau : 1998. p. 58.)
  7. Martin Aurell. L'Empire des Plantagenêt, 1154-1224. Tempus (collection), Perrin édition, Paris : 2004. (Ouvrage de référence sur Henri II et ses fils)
  8. « Au mois de décembre 1159, les deux rois [Henri II et Philippe Auguste] conclurent une trêve et, peu après, Henri II put tenir tranquillement sa cour de Noël à Falaise. » François Neveux. La Normandie des ducs aux rois, Xe ‑ XIIe siècle, Ouest France Université, Rennes : 1998, p. 527.
  9. « La fonction défensive de ce deuxième ouvrage ne paraît pas affirmée. Alors qu'au même niveau, dans le grand donjon, on s'était contenté d'un éclairage très faible, dispensé par d'étroites meurtrières, le petit ouvrage est percé de grandes ouvertures faisant entrer largement la lumière […] il est clair qu'on se trouvait là, sur l'à-pic du rocher, à l'abri des attaques. » Bruno Decaris. Le château de Falaise. Monuments historiques, Paris : vers 1985. p. 7.
  10. Roger Jouet, ... Et la Normandie devint française. éditions OREP, 2004.
  11. Cette controverse a pris fin avec un procès, les parties civiles étaient composées d'habitants et d'associations locales et historiques, dont la Société des antiquaires de Normandie. Ladite controverse fit l'objet d'un article de Marcus Binney dans le Times de Londres du 5 juin 1997 cf. [1]
  12. Charte de Venise, art. 9, en matière de restauration, « tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps »
  13. Plus d'informations sur le projet sur le site officiel du château
  14. [2]
  15. [3]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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