Auderville

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Auderville
Le port de Goury
Le port de Goury
Blason de Auderville
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Basse-Normandie
Département Manche
Arrondissement Cherbourg
Canton Beaumont-Hague
Intercommunalité Communauté de communes de la Hague
Maire
Mandat
Albert Gosselin
2014-2020
Code postal 50440
Code commune 50020
Démographie
Gentilé Audervillais
Population
municipale
261 hab. (2011)
Densité 60 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 42′ 46″ N 1° 55′ 48″ O / 49.7127777778, -1.9349° 42′ 46″ Nord 1° 55′ 48″ Ouest / 49.7127777778, -1.93  
Altitude 60 m (min. : 0 m) (max. : 133 m)
Superficie 4,33 km2
Localisation

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Auderville (prononcer /odɛʁvil/) est une commune française, située dans le département de la Manche en région Basse-Normandie, peuplée de 261 habitants[Note 1].

Auderville est la commune du cap de la Hague. Très touristique, elle est connue pour le port de Goury, qui abrite la station de la SNSM et son canot qui sort par tous les temps Mona Rigolet, et pour le phare de la Hague qui se dresse sur le rocher « le Gros du Raz » à 800 m de la côte. Il balise le courant du Raz Blanchard et le passage de la Déroute entre le cap de la Hague et l'île d'Aurigny. Un canon pointé vers le sud permettait autrefois au sémaphore d'alerter l'équipage du canot de sauvetage.

Le territoire communal témoigne, par de nombreux restes de fortifications, de l'importante présence des militaires allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ses habitants sont appelés les Audervillais.

Géographie[modifier | modifier le code]

Auderville est dispersée autour d'un bourg (La Rue), et de 4 hameaux : Goury, Laye, La Valette et La Roche. Elle est, avec sa voisine Jobourg, la commune la plus occidentale de Basse-Normandie (et donc de Normandie) et seule son autre voisine Saint-Germain-des-Vaux est plus septentrionale sur la région administrative.

Communes limitrophes d’Auderville
Mer de la Manche Mer de la Manche Saint-Germain-des-Vaux
Mer de la Manche Auderville Saint-Germain-des-Vaux
Mer de la Manche Jobourg Jobourg

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestations anciennes[modifier | modifier le code]

  •  ? Heldeardivilla 1063/1066 [1], 1118/1134 (ou 1154 ?) [2].
  • Audervilla 1156/1162 [3].
  • Auderville XIIIe siècle [3].
  • Audervilla 1332[4], 1351/1352 [5].
  • Anderville [lire Auderville] 1635[6].
  • Auderville 1612/1636 [7], 1677[8], 1713[9], 1753[10], 1753/1785 [11], 1854[12], 1903[13].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Toponyme médiéval en -ville (élément issu du gallo-roman VILLA « domaine rural »). L'identification du premier élément, un nom de personne d'origine germanique (francique ou anglo-saxonne), ne fait pas l'unanimité parmi les spécialistes.

Adigard des Gautries et Lechanteur [2] avaient en leur temps considéré la première attestation Heldeardivilla comme valide, et vu dans son premier élément un nom anglo-saxon en -heard. Elle est également acceptée par Marie-Thérèse Morlet[14], qui, pour sa part, identifie le premier élément à un nom de personne germanique féminin de type francique Hildigardis. Cette opinion est partagée par Ernest Nègre[15], qui admet la forme Heldeardivilla, et la rattache au même nom.

François de Beaurepaire [3] rejette pour des raisons phonétiques la première attestation, qui selon lui aboutirait à °Heudiarville ou un nom similaire, où il voit lui aussi un produit de Hildigardis, et rattache la forme suivante Audervilla à un nom de personne anglo-saxon Ealdhere, présent dans plusieurs toponymes anglais. Effectivement, Marie Fauroux [1], auquel il se réfère, n'a pas tenté de localiser Heldeardivilla qu'elle n'identifie donc pas à Auderville[16]. René Lepelley[17] ne fait que reprendre l'interprétation de François de Beaurepaire, sans modification ni commentaire.

En l'absence d'autres éléments, il n'est pas possible de rejeter de manière définitive la première hypothèse reposant sur la forme Heldeardivilla, dont l'évolution a pu être contrariée ou influencée par l'analogie. Dans ce cas, il s'agit du « domaine rural de Hildigardis »[18]. Si l'on s'en tient à la forme Audervilla et à l'hypothèse de François de Beaurepaire, qui privilégie souvent la place des anthroponymes anglo-saxons dans la toponymie normande[19], il s'agirait alors du « domaine rural d'Ealdhere »[20].

Remarque

En considérant la note qui précède, on ne voit pas très bien pourquoi l'hypothèse d'un nom de personne germanique de type francique Aldhari serait à rejeter, si ce n'est la volonté de certains toponymistes (normands) de voir dans la toponymie du nord de la Manche des noms de personnes d'origine anglo-saxonne ou scandinave, de préférence à toute autre. Le débat reste ouvert[21].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Auderville (Manche).svg

Le conseil municipal du 24 avril 2009 a adopté un nouveau blason créé par Denis Joulain. Il se décrit ainsi : D'argent à la fasce de gueules chargée de 2 léopards l'un sur l'autre accostés de deux fermaux, le tout d'or, accompagné, en chef, d'une fleur de lys accostée de deux étoiles le tout de sable, en pointe d'un phare de sable allumé d'or accosté de deux mouchetures d'hermines.

L'ancien blason, d'hermines à la fasce de gueules chargée de trois fermaux d'or, était celui de la famille de Couvert, anciens seigneurs de la paroisse.

Le nouveau blason reprend des éléments des armes de cette famille, auxquels sont ajoutés les léopards normands, des éléments du blason de la famille Bretel, et le profil du phare de la Hague.

Histoire[modifier | modifier le code]

Batterie de La Haye détruite en 1944
  • Le 31 octobre 1823, le paquebot Le Paris, en provenance de New York et à destination du Havre, s'échoue sur les rochers des Camelards. Toute la population se précipite pour sauver passagers et équipages. Parmi eux, se trouvait Jean Lefebvre de Cheverus, évêque de Boston, rentrant en France pour être nommé évêque de Montauban. De santé fragile, il fut porté sur les épaules d'un marin qui l'amena au presbytère. Il fit l'honneur aux paroissiens de présider la messe de la Toussaint, le lendemain.
  • En 1903, Branly monte le premier mât TSF auprès du sémaphore, mais doit le démonter en l'absence d'autorisation militaire.
  • Le 8 juin 1912, le sous-marin le Vendémiaire (modèle Pluviose) coule par 50 mètres de fond avec ses 24 hommes d'équipage au large de Goury. Sorti pour une simulation d'attaque sous-marine, il est éperonné par le navire Saint-Louis alors qu'il effectuait une remontée, et son épave est emportée par le Raz Blanchard. Une croix au bout du port commémore cet événement tragique.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1995 2008 Albert Gosselin    
mars 2008 mars 2014 Alain Dixneuf   ingénieur
mars 2014[23] en cours Albert Gosselin    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 261 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3]. Auderville a compté jusqu'à 572 habitants en 1836.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
404 388 384 496 531 572 544 500 499
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
479 440 480 489 475 448 463 455 413
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
412 423 408 365 354 296 293 229 262
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
232 233 204 218 283 283 283 287 267
2011 - - - - - - - -
261 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[24] puis Insee à partir de 2004[25].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie et tourisme[modifier | modifier le code]

Depuis mars 2010, Auderville forme avec Les Pieux et Siouville-Hague un groupement de « communes touristiques »[26]. La commune est dans le territoire de compétence de l'office de tourisme de la Hague.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La Croix du Vendémaire et le Phare de la Hague, sur le port de Goury
Tunnel du hameau Laye

Auderville dans les arts[modifier | modifier le code]

Didier Decoin, qui possède une maison au hameau de la Roche, a localisé pliusieurs de ses ouvrages sur la commune, dont le roman Les Trois vies de Babe Ozouf, et l'essai Vue sur mer, consacrée à sa maison.

L'un des succès littéraires français de 2008, Les Déferlantes de Claudie Gallay, s'y déroule. L'adaptation en téléfilm par Éléonore Faucher en 2013 y a également été tournée.

De nombreux films ont été tournés sur Auderville, à Goury, la Roche ou Écalgrain, parmi lesquels Deux Anglaises et le continent de François Truffaut, L'Étoile du Nord de Pierre Granier-Deferre.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2011.
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Marie Fauroux, Recueil des actes des ducs de Normandie (911-1066), Mémoire de la Société des antiquaires de Normandie XXXVI, Caen, 1961, p. 430, § 224.
  2. a et b Jean Adigard des Gautries & Fernand Lechanteur, “Les noms de communes de Normandie”, in Annales de Normandie XI (décembre 1961), § 112.
  3. a, b et c François de Beaurepaire, Les Noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 70.
  4. Pouillé du Diocèse de Coutances, 1332, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 331B.
  5. Compte du Diocèse de Coutances, pour l’année 1351 ou 1352, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 377D.
  6. Normandia Ducatus (carte du duché de Normandie), Atlas Van der Hagen, 1635
  7. Jean Bigot sieur de Sommesnil, État des paroisses des élections de Normandie, 1612/1636 [BN, ms. fr. 4620]
  8. Rôles par généralités et élections des paroisses de France et de leur imposition aux tailles, 1677 [BN, cinq cents Colbert, ms. 261 f° 229 à 275].
  9. Dénombrement des généralités de 1713 [BN, ms. fr. 11385, f° 1 à 132].
  10. Herman van Loon, D2.me [= Deuxième] carte particulière des costes de Normandie contenant les costes du Cotentin depuis la Pointe de la Percée Jusqu'à Granville ou sont Comprises les Isles de Jersey, Grenezey, Cers, et Aurigny, avec les Isles de Brehat. Comme elles paroissent a basse Mer dans les grandes marées, Atlas Van Keulen, Amsterdam, 1753 [BN]
  11. Carte de Cassini.
  12. V. Lavasseur, Atlas National Illustré des 86 départements et des possessions de la France, A. Combette éditeur, Paris, 1854.
  13. Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903.
  14. Marie-Thérèse Morlet, Les noms de personnes sur le territoire de l’ancienne Gaule du VIe au XIIe siècle, Paris, CNRS, t. III (Les noms de personnes contenus dans les noms de lieux), 1985, p. 360a.
  15. Ernest Nègre, Toponymie Générale de la France, Droz, Genève, t. II, 1991, p. 924, § 16480.
  16. Cependant Julie Fontanel, dans son ouvrage plus récent Le cartulaire du chapitre cathédral de Coutances, Archives départementales de la Manche, Saint-Lô, 2003, p. 486, § 339, cite le même document de 1063/1066 et identifie Heldeardivilla à Auderville.
  17. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Caen, Presses Universitaires de Caen / Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, 1993.
  18. Ce nom germanique féminin est issu de la combinaison des éléments hild- « combat » et -gard, pour lesquels plusieurs sens sont possibles : « jardin, enclos », « conserver, protéger », ou encore « bâton, baguette ».
  19. Cf. par exemple François de Beaurepaire, « Les noms d'Anglo-Saxons contenus dans la toponymie normande », in Annales de Normandie X, 1960, p. 307-316; « Quelques finales anglo-saxonnes dans la toponymie normande », in Annales de Normandie XIII, 1963, p. 219-136.
  20. Nom d'homme anglo-saxon, combinaison des éléments eald- « vieux, âgé » et -here « armée ». Il correspond au type francique Aldhari, à l'origine du patronyme français AUDIER.
  21. Dominique Fournier, Wikimanche.
  22. Annuaire du Département de la Manche, Volume 11 page 384 et 385
  23. « Albert Gosselin a ravi la mairie à Alain Dixneuf », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 13 avril 2014)
  24. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  25. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  26. [PDF] « Préfecture de la Manche - Recueil des actes administratifs - mars 2010 » : page 17.
  27. « Œuvres mobilières à Auderville », base Palissy, ministère français de la Culture
  28. Site du doyenné

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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