Bataille du Val-ès-Dunes

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Bataille du Val-ès-Dunes
Carte de la bataille du Val-ès-Dunes
Carte de la bataille du Val-ès-Dunes
Informations générales
Date 10 août 1047
Lieu Au sud-ouest de Chicheboville
Issue Victoire décisive de Guillaume le Conquérant
Belligérants
Normands fidèles à Guillaume le Conquérant Barons normands rebelles du Bessin et du Cotentin
Commandants
Guillaume le Conquérant et Henri Ier de France Gui de Brionne, Rainulf de Briquessart, Néel, Hamon le Dentu, Grimoult du Plessis et Raoul Taisson
Forces en présence
Inconnues Inconnues
Pertes
Inconnues Inconnues
Succession de Robert le Magnifique

La bataille de Val-ès-Dunes opposa le 10 août 1047 [1] le jeune duc de Normandie Guillaume dit le Bâtard, aidé de son suzerain le roi Henri Ier de France, à une coalition de barons normands rebelles de l'ouest du duché.

En 1046, après une dizaine d'années de trouble suivant la mort prématurée au retour d'un pèlerinage en Terre sainte du duc Robert le Magnifique, son fils et successeur désigné Guillaume échappe de peu à une tentative d'assassinat à Valognes organisée par des barons rebelles du Bessin et du Cotentin qui ont choisi comme chef Gui de Brionne[2], normand par sa mère et propre cousin du jeune duc.

Guillaume s'empresse de demander l'aide de son suzerain, Henri Ier de France. Celui-ci lève en hâte une armée d'environ 10 000 hommes qui, alliés aux quelque 350 chevaliers et au millier de gens d'armes fidèles au duc, vont affronter, en 1047, les troupes rebelles dirigées entre autres par les puissants barons Rainulf de Briquessart (ou Renouf), vicomte de Bayeux, Néel, vicomte de Saint-Sauveur, Hamon le Dentu, baron de Thorigny, Grimoult du Plessis (ou Grimoald) et Raoul Taisson (ou Tesson), seigneur du Cinglais, qui rassemblent autour d'eux environ 25 000 combattants[3] dans la plaine du Val-ès-Dunes, située à 12 km au sud-est de Caen et au sud-ouest de Chicheboville.

Selon une certaine littérature, de nombreux rebelles, soit des païens (« Vieux Normands »), soit des chrétiens encore imprégnés de mythologie nordique, aurait chargé au cri de « Thor aïe ! » (« Thor aide »). En réalité, c'est Raoul Taisson qui selon Wace « De sa gent ou il ert enmié, poinst le cheval, criant Toirié ! », c'est-à-dire : « Du milieu de sa troupe où il se trouvait, éperonna son cheval en criant “Thury” ! »[4]. Thury est le nom d'un de ses fiefs, aujourd'hui Thury-Harcourt. Plus loin, Wace écrit que Néel crie “Saint-Sauveur !” du “nom de son fief” (ceo est l'enseigne de s'enor) et Renouf “Saint-Sever !”[5].

Un récit de la bataille basé sur le ce même Roman de Rou de Wace (qui a écrit certes au XIIe siècle, longtemps après les faits) est rapporté en détail dans une étude très complète et abondamment illustrée, éditée par le Syndicat d'Initiatives du Val-ès-Dunes[6]. Ce n'est qu'à la toute dernière minute avant le combat que Raoul Taisson, un des seigneurs rebelles, pousse son fameux cri et change de camp pour se rallier au jeune duc. La bataille est un véritable désastre pour les conjurés et, dans leur fuite, beaucoup de chevaliers se noieront en tentant de traverser l’Orne au gué d'Athis, "entre Fontenay et Allemagnes" comme il est raconté dans le Roman de Rou (c'est-à-dire entre Saint-André-sur-Orne et Fleury-sur-Orne dans leurs appellations actuelles). « Heureuse bataille où en un seul jour, s'écroulent tant de châteaux », en dira un historien, car ce succès assoit l'autorité du jeune duc de Normandie.

Beaucoup de conjurés survivants, leurs forteresses démantelées, seront bannis ou s'exileront volontairement en Italie méridionale, où vivent de nombreux compatriotes. Un seul conjuré, Grimoult du Plessis qui se distingue par ses origines plus modestes, sera emprisonné et exécuté par le duc[7]; un cas rare car le plus souvent Guillaume accorde son pardon.

Suite à cette victoire, le duc de Normandie organise le Concile de la Trêve de Dieu et fait construire en 1061, sur la rive droite de l'Orne à Caen, la chapelle Sainte-Paix pour recueillir des reliques de saints amenées pour cette occasion.

La verte province retrouve pour un temps la paix et la prospérité.

Colonne en souvenir de la bataille du Val-ès-Dunes

Une colonne a été érigée à Vimont par Arcisse de Caumont en 1846 en souvenir de la bataille du Val-ès-Dunes[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charles Edmond Prudent Le Cointe Conspiration des barons Normands contre Guillaume-le-Bâtard, duc de Normandie et bataille du Val-des-Du es en 1047 E. Le Gost-Clérisse, 1868
  2. Appelé aussi Gui de Bourgogne, fils du comte Renaud Ier de Bourgogne et d’Alice de Normandie, fille du duc Richard l'Irascible)
  3. Chiffre vraisemblablement exagéré; une armée aussi nombreuse levée par les rebelles d'un duché est très peu probable. En fait, Paul Zumthor, le biographe de Guillaume le conquérant estime à 2 000 hommes au plus le nombre de combattants dans cette bataille
  4. René Lepelley, Guillaume le duc, Guillaume le roi : Extraits du Roman de Rou de Wace, CPUC, 1987, p. 34, vers 3899 - 3900. et p. 73.
  5. René Lepelley, op. cit.,p. 74.
  6. Sur les pas de Guillaume en Val-ès-Dunes, Syndicat d'Initiative, 2 place du général Leclerc, 14370, Argences
  7. Site des "mondes normands"
  8. Statistiques routières de la Basse-Normandie, Arcisse de Caumont, 1846 Lire en ligne

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]