Montebourg

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Montebourg
Église Saint Jacques
Église Saint Jacques
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Basse-Normandie
Département Manche
Arrondissement Cherbourg
Canton Montebourg (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes de la région de Montebourg
Maire
Mandat
Jean-Pierre Mauquest
2014-2020
Code postal 50310
Code commune 50341
Démographie
Gentilé Montebourgeois, Cassins
Population
municipale
2 098 hab. (2011)
Densité 356 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 29′ 18″ N 1° 22′ 42″ O / 49.4883333333, -1.3783333333349° 29′ 18″ Nord 1° 22′ 42″ Ouest / 49.4883333333, -1.37833333333  
Altitude Min. 21 m – Max. 116 m
Superficie 5,89 km2
Localisation

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Montebourg

Montebourg est une commune française, située dans le département de la Manche en région Basse-Normandie, peuplée de 2 098 habitants[Note 1] (les Montebourgeois ou les Cassins).

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est à l'est de la péninsule du Cotentin. Son bourg est à 7,5 km à l'est de Valognes, à 10 km au nord-ouest de Sainte-Mère-Église et à 17 km au sud-ouest de Saint-Vaast-la-Hougue[1].

Montebourg est desservie par la ligne no 1 (Cherbourg-Octeville - Valognes - Carentan - Saint-Lô) du transport en commun départemental par bus Manéo.

Communes limitrophes de Montebourg[2]
Saint-Germain-de-Tournebut Saint-Germain-de-Tournebut Vaudreville
Saint-Cyr Montebourg[2] Saint-Floxel
Éroudeville Éroudeville Saint-Floxel

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme est attesté sous la forme latinisée Montis Burgi en 1042[3].

Du vieux normand burc, borc (> bourg, issu du vieil anglais, cf. Cherbourg, Jobourg) qui désigne un village fortifié à l'origine, et d’un élément qui le détermine, le terme Montebourg parait être un « monte bourg », composé verbal pour « le bourg vers lequel on monte » et non pas un « bourg du mont » comme l'indique la forme latine, qui aurait donné *Montbourg[4].

Le site de Montebourg, dit René Lepelley, s’élève à environ 70 mètres au-dessus du niveau de la mer alors que Valognes, à cinq kilomètres de là, n’est qu’à 35 mètres.

Les habitants sont couramment appelés « Cassins », ce qui évoque la fondation de l'abbaye sur le modèle bénédictin de Mont-Cassin en Italie[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

On connaît peu de choses des origines de la paroisse de Montebourg. Montebourg apparaît dans les sources au XIe siècle, dans des actes des ducs Guillaume et Robert Courteheuse. Dans la deuxième moitié du XIe siècle, c'est Guillaume le Conquérant qui fonde l'abbaye dédiée à Notre-Dame, à Montebourg, qui est du domaine ducal.

Par la suite, la nouvelle abbaye se développe tout au long du XIIe siècle, recevant des dons nombreux de toutes les catégories de la population (seigneurs, paysans...). Ses biens (temporels et spirituels) sont situés dans tout le duché de Normandie, surtout dans l'est du Cotentin, et même en Angleterre, surtout dans le Devon et le Dorset. Les moines de Montebourg encadrent alors la population du Cotentin, présentant les prêtres des paroisses à l'évêque de Coutances pour qu'il les nomme.

Les moines recevaient aussi de très nombreuses redevances de la part de leurs tenanciers : des céréales, du vin, des œufs, de l'argent parfois. C'est donc une abbaye riche qui entre dans le domaine royal en 1204, quand Philippe Auguste prend la Normandie.

Au début du XIVe siècle, l'abbé Pierre Ozenne fait construire l'église paroissiale Saint-Jacques, à l'emplacement d'une première église dont les restaurations d'après 1944 ont fait apparaître les fondations.

Lors de la Révolution française, les quelques moines restant encore à Montebourg sont forcés de quitter leur monastère. Les bâtiments sont vendus comme biens nationaux de première origine et, en 1818, l'ensemble est démoli. Il subsiste aujourd'hui du XIIe siècle les fonts baptismaux (conservés dans l'église paroissiale) et la pierre tombale de Richard de Reviers, seigneur de Néhou et de Vernon, qui a obtenu du duc-roi Henri Ier Beauclerc, la garde de l'abbaye. Il en était devenu le patron, récompense du duc pour sa loyauté lors de la guerre civile qui a éclaté à la mort du Conquérant entre ses trois fils (1087-1106).

En juin 1944, Montebourg, qui se situe à quelques kilomètres au nord-ouest d'Utah Beach, sera le lieu de durs combats dès les premiers jours de la bataille de Normandie[6]. Dès leur débarquement sur les plages proches, les Américains essayent de progresser vers le nord pour prendre Cherbourg et son port, vital pour l'approvisionnement des troupes alliées. Ils vont se heurter à hauteur de Montebourg à une forte résistance allemande. Ainsi du 7 au 14 juin, la 4e division d'infanterie américaine commandée par le général Barton va être bloquée devant une ligne Le Ham - Éroudeville - Montebourg - Quinéville par la résistance des 243. Infanterie-Division commandée par le général Hellmich (sur le secteur d'Éroudeville - Montebourg) et de la 709. Infanterie-Division allemandes commandée par la général von Schlieben (secteur de Montebourg - Quineville)[6].

Montebourg est en grande partie détruit pendant ces combats. Cette résistance poussera le commandement américain à favoriser une attaque vers l'ouest, à travers les zones inondées du Merderet et conduisant à la coupure du Cotentin.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Montebourg

Les armes de la commune de Montebourg se blasonnent ainsi :
De gueules à la croix ancrée d’or.[7]

On trouve ce blason dans l’église Saint-Jacques, sur un cartouche au pied du christ en croix sur la « perque » qui marque la séparation du chœur et de la nef entre les deux piliers de l’arc triomphal. L’écu de Montebourg est placé sur deux bourdons (bâtons de pèlerins) posés en sautoir ; en dessous pend une coquille Saint-Jacques, qui rappelle le passage des pèlerins anglais en marche vers le Mont-Saint-Michel et plus loin, Compostelle en Espagne.

La commune est décorée de la croix de guerre 1939-1945 par décret du 2 juin 1948, avec palme de bronze[8].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Le conseil municipal est composé de dix-neuf membres dont le maire et deux adjoints[9].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1944 1959 Albert Pèlerin   Garagiste, conseiller général jusqu'en 1964
1959 1965 Raymond Éliard   Médecin
1965 1989 Henri Le Cacheux   Conseiller général 1964-1976, 1982-1988
1989 1995 Alain Huraux   Kinésithérapeute
1995 mars 2001 Louis Le Cacheux   Agriculteur retraité, neveu de H. Le Cacheux
mars 2001 en cours Jean-Pierre Mauquest[9]   Technicien de maintenance
Pour les données antérieures, dérouler la boîte ci-dessous.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 098 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3]. Montebourg a compté jusqu'à 1 535 habitants en 1836.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 134 2 391 2 427 2 534 2 523 2 535 2 502 2 494 2 471
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 261 2 214 2 304 2 172 2 234 2 233 2 149 2 049 2 161
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 175 1 957 1 831 1 647 1 614 1 567 1 542 1 212 1 577
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
1 827 2 026 2 039 1 956 2 052 2 022 2 013 2 098 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2004[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Abbaye de Montebourg - Vue d'ensemble
Statue équestre de Jeanne d'Arc

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

L'Amicale sportive de Montebourg fait évoluer deux équipes de football en divisions de district[15].

La Société des amis des écoles laïques de Montebourg (SAEL) propose différentes disciplines (tir à l'arc, boxe française, tennis de table…).

Jumelages[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Albert Le Nordez, né en 1844 à Montebourg, mort le 29 janvier 1922 à Montebourg ; prêtre, enseignant à l'abbaye de Montebourg, puis chapelain de Sainte-Geneviève de Paris, prédicateur et conférencier et prédicateur à Notre-Dame, fondateur de la revue Fénélon, auteurs d'ouvrages sur Jeanne d'Arc et promoteur de son culte à la fois comme sainte et française. À ce titre, il est sacré évêque, le 9 août 1896 à Montebourg, avec le titre in partibus infidelium d'Arca, et évêque auxiliaire de Verdun. Évêque de Dijon en 1899, après un début d'épiscopat prometteur, cet évêque républicain et proche du gouvernement pourtant anticlérical du moment, est victime d'une cabale nationaliste et conservatrice qui s'est nouée autour de l'archiprêtre de la cathédrale, relayée par les journaux nationalistes parisiens, allant jusqu'à accuser l'évêque d'être franc-maçon. Appelé à Rome par Pie X, le gouvernement refuse de l'autoriser à quitter la France, s'appuyant sur la Concordat. Mgr Le Nordez ayant, malgré l'avertissement, rencontré le Pape, la situation a été exploitée par Paris pour rompre les relations diplomatiques avec le Saint-Siège et évoluer rapidement vers la séparation des Églises et de l'État. Retiré à Huberville près de Valognes, Mgr Le Nordez retrouve le pays de Montebourg qu'il a célébré en de nombreuses occasions à Paris et à Dijon, dans ses prédications et ses ouvrages. Il revient à Montebourg en 1920 pour y finir sa vie. Un vitrail rappelait son sacre dans l'église Saint-Jacques.
  • Ernest Le Nordez, né en 1839 à Montebourg, mort à Marseille en 1905, frère ainé d'Albert ; journaliste-écrivain français.
  • Edmond-Marie Poullain, né le 24 janvier 1878 à Montebourg, mort le 27 juin 1951 à Granville ; magistrat, peintre-graveur et aquafortiste français.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2011.
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  • Coordonnées, superficie : IGN[16].
  • Altitudes : répertoire géographique des communes[17].
  1. Distances routières les plus courtes selon Viamichelin.fr
  2. « Géoportail (IGN), couche « Limites Administratives » activée »
  3. François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, Éditions Picard,‎ 1986, 253 p. (ISBN 2-7084-0299-4), p. 160
  4. François de Beaurepaire, Op. cité. p. 160.
  5. Jean-Yves Cuquemelle, Montebourg et le pays cassin, 1982, Heimdal, ASIN : B0014KB05O
  6. a et b Yann Magdelaine, Atlas du Débarquement, éd. Ouest-France,‎ 2012, 103 p. (ISBN 978-2-7373-5657-5), p. 42
  7. « GASO, la banque du blason - Montebourg » (consulté le 30 décembre 2012)
  8. [PDF] « Mémorial Dormans - Communes décorées de la croix de guerre 1939-1945 » (consulté le 30 décembre 2012)
  9. a et b Réélection 2014 : « Montebourg (50310) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 7 mai 2014)
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  12. « Eglise », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  13. « Œuvres mobilières à Montebourg », base Palissy, ministère français de la Culture.
  14. « Monument à Jeanne d'Arc ou statue de Jeanne d'Arc », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  15. « Site officiel de la Ligue Basse-Normandie – Am. S. Montebourg » (consulté le 30 décembre 2012)
  16. « Montebourg sur le site de l'Institut géographique national » (archive Wikiwix)
  17. Site de l'IGN.