Jean V de Bueil

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Jean V de Bueil (né en 1406 et mort en juillet 1477), chevalier (en 1434 ou 35 ), capitaine de Tour (en 1428 ), amiral de France (1450-1461), comte de Sancerre (Jean IV, 1451-1477), vicomte de Carentan (1450-1477), seigneur de Bueil, Montrésor et d'Aubijoux, de Château-En-Anjou, de Courcillon, de Saint-Calais, de Vaujours, Ussé et de Vailly-sur-Sauldre, fils de Jean IV de Bueil et de Marguerite, comtesse de Sancerre. Il figure parmi les compagnons de Jeanne d'Arc et fut surnommé le Fléau des Anglais.

Blasonnement : écartelé, aux 1 et 4 d'azur au croissant d'argent accompagné de six croisettes recroisetées au pied fiché d'or, qui est Bueil, aux 2 et 3 de gueules à la croix ancrée d'or, qui est Avoir".

Sa jeunesse[modifier | modifier le code]

Son père et ses oncles sont tués à la bataille d'Azincourt en 1415. En 1418, Jean de Bueil reçut de son oncle, Hardouin de Bueil, évêque d'Angers, la seigneurie et château de Vaujours. Ce dernier vint plusieurs fois à Vaujours[1] et il y mourra en son château en juillet 1477. En août 1422, Jean V terminerait son apprentissage auprès du vicomte Guillaume II de Narbonne[2]. Jean V n'avait que 18 ans lors de sa première bataille, en 1424, à Verneuil [3], où il servit aux côtés du jeune duc d'Alençon et sous le vicomte de Narbonne, qui y fut tué. Il rentra alors au service du mercenaire La Hire.

Malgré sa jeunesse, de Bueil gagna tôt le surnom de Fléau des Anglais. Il est en 1427 au siège de Lude Il est nommé capitaine de Tours en 1428. Le 25 octobre de la même année, le chevalier entre Orléans avec les 800 hommes d'armes composant la suite du Batârd d'Orléans[4]. Il combattit sous la bannière de Jeanne d'Arc pendant la campagne de 1429 sur la vallée de la Loire. Sur ordre du roi, 200 livres-tournois lui ont été payées par le trésorier dans les mois d'avril et de mai 1429, pour le dédommager, ainsi que ses 30 gens d'armes et 40 gens de traict, des dépenses effectuées durant l'escorte des marchandises pour le réapprovisionnement de la ville assiégée d'Orléans[5]. Jean V de Bueil fut également présent aux côtés de Jeanne d'Arc à la prise de Sablé, aux batailles de Jargeau, Meung-sur-Loire, Beaugency, Patay, Reims (où ils accompagnent le dauphin Charles pour son sacre), et Paris.

Ses promotions[modifier | modifier le code]

Bueil participa à de nombreuses batailles en Normandie, et, à la fin des années 1430, obtint la charge de capitaine-général du roi en Anjou et Maine, provinces alors aux frontières du royaume. Bueil défendit les terres de Yolande d'Anjou contre les attaques de compagnies de mercenaires françaises et anglaises, en 1432 à Beaumont, puis Vivoin et Loré et s'empare de Matthew Gough. Il libère la ville de Saint Célérin en avril et combat Rodrigue de Villandrando à la bataille des Ponts-de-Cé. Il s'engagea également dans une petite guerre contre André de Lohéac et son château de Sablé-sur-Sarthe.
Il est fait chevalier en 1434 après le troisième siège de St-Célérin en février et la prise de Sillé-le-Guillaume, puis l'année suivant avec Ambroise de Loré il bat encore Matthew Gough, qui est capturé et Kyriel pendant la bataille d'Estregny. En décembre 1439, il reprend aux Anglais la forteresse de Sainte-Suzanne[6] que les Anglais dirigés par sir John Fastolf occupaient depuis 14 ans. Un soir où le commandant Matthew Gough était absent, il parvint, grâce à la complicité d'un soldat anglais, John Ferremen, marié à une Suzannaise, à reprendre la cité en pleine nuit et à en chasser les Anglais.

Services au roi[modifier | modifier le code]

Jean V de Bueil prit part en 1433 à la capture de Georges de La Trémoille avec quatre compagnons et en 1439-40 à une praguerie contre Charles VII. Bueil s'installa à Sainte-Suzanne au détriment de la famille d'Alençon, ses légitimes propriétaires. En mars 1441, le roi Charles VII lui fit enjoindre de restituer la cité. Mais la ville ne sera véritablement rendue à la famille d'Alençon qu'en mars 1447. Cependant, son habilité militaire le fit revenir dans les faveurs du roi de France. Bueil commanda le principal corps d'armée qui fut envoyé en Suisse et Allemagne, avec le dauphin Louis de France, en 1444. Le 26 août 1444, de Bueil est à la Bataille de la Birse, ou de Saint-Jacques, près de Bâle, où les Suisses sont défaits, mais à grand coût pour les mercenaires français. Il est capitaine de l'une des compagnies d'ordonnance en 1445.

Bueil servit aussi avec distinction dans la reconquête finale de la Normandie. En 1450, Jean de Bueil reçoit la charge d'amiral de France, après la mort de Prigent de Coëtivy, au siège de Cherbourg et est fait capitaine de Cherbourg. Le titre d'amiral donnait à son titulaire un rôle d'administrateur des affaires maritimes, en concurrence avec d'autres amirautés provinciales. Il possédait néanmoins des pouvoirs étendus sur la marine de guerre, le commerce maritime, et même le droit de justice sur sa juridiction que constituait l'amirauté[7]. Il reçut également la vicomté normande de Carentan[8].

Il hérita, en 1451, du comté de Sancerre de son oncle Béraud III. Jean de Bueil prit part le 17 juillet 1453 à la bataille de Castillon. Il épousa Jeanne de Montjean, fille de Jean, seigneur de Montjean, et d' Anne de Sillé, puis, devenu veuf, il épousa Martine Turpin de Crissé, fille d'Antoine, seigneur de Crissay, et d'Anne de la Grézille, en 1456. Toujours en 1456, Jean V fit construire à Sancerre la halle aux grains (démolie en 1883) et un grand corps de logis où se tenait la boucherie. La même année ou à la liquidation des biens de Jacques Cœur (1458), le comte acheta la seigneurie de Barlieu pour trois mille écus d'or. Les châtellenies de Vailly et de Charpignon et les prévotés du Mêche et Bannerois.... Il vendit le château fort de Gelles à Antoine de Chabannes, comte de Dammartin[9].

Sceau de Jean V de Bueil.

Jean V de Bueil et le roi Louis XI[modifier | modifier le code]

Quand Louis XI accéda au trône de France en 1461, il destitua la plupart des officiers, qui étaient, comme Jean de Bueil, proches de son père, Charles VII. De Bueil perdit son titre d'amiral au profit de Jean de Montauban, et fut forcé de se retirer de la Cour royale. Bien qu'il avait rejoint la Ligue du Bien public, en 1465, révolte contre Louis XI, de Bueil rentra en grâce en 1469, comme de nombreux autres vétérans, quand le roi réalisa que leur expérience lui était nécessaire pour faire face à la puissance militaire bourguignonne alors grandissante. Jean V devint le conseiller et le chambellan de Louis XI et fut reçu dans l'Ordre de Saint-Michel le 1er août 1469[10]. Le 3 juin 1469, il accueillit le roi dans son château de Vaujours, sans doute au regard de ces sujets. Les 9 et 21 septembre 1473, il fut victorieux au combat d' Ouchy et à celui de Ribemont[11]. Isabeau, abbesse de l'abbaye de Bonlieu, rendit aveux pour la métairie de Couart, paroisse de Dissay-sous-Courcillon, à Jean de Bueil en tant que seigneur de Courcillon en 1476[12].

Sa famille[modifier | modifier le code]

Jean V eut un fils avec Jeanne de Montjean :

et deux enfants de son deuxième mariage avec Martine de Crissé :

  • Edmond de Bueil (décédé en 1495), seigneur de Mermande, de Faye-la-Vineuse et de La Roche-Clermault[13], qui épousera Françoise de Tavel.
  • Françoise[14]

Dans ses vieux jours, il écrivit un récit semi-autobiographique Le Jouvencel (1461-1466), ouvrage contenant un récit à clef du siège d’Orléans. Ses armes sont : écartelé, aux 1 et 4 d'azur au croissant d'argent accompagné de six croisettes recroisetées au pied fiché d'or, qui est Bueil, aux 2 et 3 de gueules à la croix ancrée d'or, qui est Avoir".

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Châteaux du Moyen Âge dans le Val de Loire
  2. Perrinet Gressart, Jacques Faugeras, p. 35
  3. [1]
  4. Histoire du siège d'Orléans, par Philippe Mantellier, 1867
  5. http://primary-sources-series.joan-of-arc-studies.org/PSS021406.pdf
  6. Une rue de la cité médiévale de Sainte-Suzanne (Mayenne) porte le nom de Jean de Bueil, et l'impasse des remparts porte celui de John Ferremen.
  7. personnage3eme partie
  8. The 'Companions' of Jeanne d'Arc
    and Others
  9. Château-fort à Gelles (63)
  10. http://books.google.fr/books?id=OJ-b2-CLz7EC&pg=PA237 Lettres patentes de Louis XI, Amboise, le 1er août 1469
  11. - Forum histoire de France .::. Chronologie de la Guerre de Cent Ans
  12. Archives Départementales de la Sarthe, H 1627
  13. Château de la Roche à La Roche-Clermault (37)
  14. web.généalogie

Sources[modifier | modifier le code]

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Jean de Bueil, Le Jouvencel, suivi du commentaire de Guillaume Tringant, introduction biographique et littéraire par Camille Favre, texte établi et annoté par Léon Lecestre, Paris, Librairie Renouard, tome I, tome II, 1887-1889.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Contamine :
    • « Le Jouvencel de Jean de Bueil », in Revue de la société des amis du musée de l'Armée, 1997-II, no 114, p. 42-54.
    • « Une expérience romancée et personnelle de la guerre au XVe siècle : le Jouvencel de Jean de Bueil », in Hans Hecker (dir.), Krieg in Mittelalter und Renaissance, Düsseldorf, Droste, 2005, p. 195-209.
  • Marie-Thérèse de Medeiros, « Défense et illustration de la guerre. Le Jouvencel de Jean de Bueil », in Cahiers de recherches médiévales, no 5, 1998, p. 139-152, [lire en ligne].
  • Françoise Michaud-Fréjaville, « Le compagnon sans mémoire. Le siège d'Orléans dans le Jouvencel de Jean de Bueil », in Cahiers de recherches médiévales, no 12 spécial : « Une ville, une destinée : Orléans et Jeanne d'Arc. En hommage à Françoise Michaud-Fréjaville », 2005, p. 101-111, [lire en ligne].

Article connexe[modifier | modifier le code]