Commissaire Maigret

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Commissaire Maigret
Maigret sculpture (1966) de Pieter d'Hont, à Delfzijl aux Pays-Bas
Maigret
sculpture (1966) de Pieter d'Hont,
à Delfzijl aux Pays-Bas

Origine Drapeau de la France Français (Fils du régisseur du château de Saint-Fiacre)
Sexe Masculin
Activité(s) Chef de la brigade criminelle de la police judiciaire
Adresse 132, boulevard Richard-Lenoir Paris 11e

Créé par Georges Simenon
Interprété par Pierre Renoir
Abel Tarride
Harry Baur
Albert Préjean
Charles Laughton
Luis Van Rooten
Michel Simon
Maurice Manson (en)
Jean Gabin
Basil Sydney
Louis Arbessier
Rupert Davies
Kees Brusse (en)
Heinz Rühmann
Gino Cervi
Jan Teulings (nl)
Boris Tenin
Jean Richard
Richard Harris
Michael Gambon
Sergio Castellito
Bruno Cremer
Vincent Grass
Première apparition Pietr-le-Letton (1931)[1]
Dernière apparition Maigret et Monsieur Charles (1972)

Le commissaire Jules Maigret est un personnage de fiction, protagoniste et héros de 75 romans policiers et 28 nouvelles de Georges Simenon. C'est un homme imposant, large d’épaules, à l’allure bourrue parfois inquiétante [2], qui prend son temps pour résoudre une enquête. Amateur de blanquette de veau et fumeur de pipe invétéré, il aime humer l’atmosphère, s’imprégner des événements, pour « prendre le train » d’une enquête. Sa technique d'investigation est fondée sur la compréhension de la personnalité des différents protagonistes d’une affaire et de leurs interactions, tout en se laissant guider par son instinct.

Le monde du commissaire Maigret[modifier | modifier le code]

Le monde du commissaire Maigret est la France des années 1930 à la fin des années 1960, décrite par la plume de l'écrivain belge Georges Simenon.

Le commissaire Maigret étant affecté à la police judiciaire de Paris, c'est forcément la capitale française qui sert de cadre à nombre de ses enquêtes. Le 36, Quai des Orfèvres est ainsi le point de ralliement d'intrigues qui mènent le commissaire aux quatre coins du Paris d’antan. Néanmoins, Georges Simenon use de tous les artifices pour faire sortir Maigret de Paris : vacances, requêtes officielles ou privées, tous les prétextes sont bons pour envoyer Maigret du Nord de la France à la Côte d’Azur, de la Bretagne à l'Alsace, voire dans d'autres pays (États-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne, Belgique, Suisse).

Le commissaire étant un grand amateur de pipe, et de bonne chère en général, les bistrots et brasseries sont un lieu privilégié de ses enquêtes, où il aime s'imprégner de l'atmosphère ambiante.

À l’origine, le commissaire ne devait apparaître que dans une série de 19 romans (ceux écrits jusqu'en 1934). Dans le dernier d'entre eux, il est d'ailleurs à la retraite et est rappelé par son neveu pour une enquête. C'est à la demande de Gaston Gallimard que Simenon reprend l’écriture de la série qui le mène jusqu'en 1972 avec Maigret et monsieur Charles.

Le premier illustrateur de Maigret est Raymond Moritz.

Fiche d'identité [3][modifier | modifier le code]

La personnalité du commissaire Maigret est inspirée très directement[4] du commissaire Marcel Guillaume[5] et de son successeur le commissaire Georges Massu[6]. Dans le premier roman Pietr-le-Letton, Maigret appartient à une brigade de la Sûreté. Face au succès des premiers Maigret qu'il trouve entachés d'erreurs (commissaire de police parisien menant des enquêtes en province[7], menant ses filatures seul), le directeur de la Police Judiciaire Xavier Guichard invite Simenon, au début des années 1930, pour une visite au 36, quai des Orfèvres et lui présente le commissaire Guillaume pour mettre en avant la préfecture de police de Paris au détriment de la Sûreté[8].

Nom et prénoms : MAIGRET, Jules Amédée François (ou Jules Joseph Anthelme).

Date et lieu de naissance : en 1887 à Saint-Fiacre dans l’Allier (ce qui ne l’empêchera pas de n’avoir que 58 ans en 1967 !)[9].

Père : régisseur du château de Saint-Fiacre (pseudonyme du château de Paray-le-Frésil), décède d'une pleurésie en 1904 à l'âge de quarante-quatre ans.

Mère : sans profession, décède lors de l'accouchement de son deuxième enfant en 1895. Jules a alors huit ans et reste enfant unique.

Âge (dans les romans) : entre 40 et 60 ans. Quand Simenon crée son personnage il lui donne entre 40 et 45 ans et comme il pensait que de toute manière son commissaire devait prendre sa retraite à 55 ans, on peut estimer que le Maigret qui apparaît en retraite dans Maigret a un peu plus de 55 ans. Mais par la suite, l'âge de la retraite étant repoussé à 65 ans, on peut penser que le Maigret des derniers romans des Presses de la Cité a environ 60 ans [10].

Études, expériences et carrière : Jules a douze ans quand son père le confie à sa sœur qui n'a pas d'enfant. Sa tante l'élève avec son mari, boulanger à Nantes. Il y entreprend des études de médecine durant deux ans. Sa tante décède dix ans après son père et malgré la proposition de son oncle de travailler avec lui dans la boulangerie, Jules décide de partir pour Paris.

À 22 ans, son voisin de palier, l'inspecteur Jacquemain, lui propose d'entrer dans la police. Il commence comme agent cycliste, puis passe à la surveillance de la voie publique : rues, métro, gares, grands magasins. Il est ensuite nommé à la brigade des mœurs, à la brigade mondaine, puis au service des garnis (surveillance des hôtels). En 1912, il se marie avec Louise, une Alsacienne, dont la sœur vit à Colmar et a un fils qui fera une brève carrière dans la police. Toujours en 1912, Maigret entre au commissariat du quartier Saint-Georges, dans le 9e arrondissement de Paris, comme secrétaire. En avril 1913, lors de sa première enquête, il découvre le 36 quai des Orfèvres.

À trente ans, il est nommé inspecteur à la brigade spéciale par le grand patron de la PJ, Xavier Guichard, ancien ami de son père. Il entre définitivement au quai des Orfèvres. Il y devient commissaire, puis commissaire divisionnaire, chef de la brigade spéciale. Dans la plupart des enquêtes, notamment les premières publiées, les « lecteurs le découvrent dans la quarantaine, pesant, massif sous son chapeau melon (il passera plus tard au feutre mou) et son gros pardessus noir, la pipe au bec, mains dans les poches. »[11]

À trois ans de la retraite, on lui propose le poste de directeur de la P.J, qu’il refuse. Il prendra sa retraite à Meung-sur-Loire, dans le Loiret.

Sa méthode de travail  : Petit bourgeois d'origine paysanne, le commissaire demeure un homme soucieux de bien faire son travail et qui aime le travail bien fait. Il ne s'interroge guère sur les causes du succès de ses enquêtes qu'il mène en se mêlant à la vie des gens, au cercle des suspects, s'occupant davantage de leur mentalité et même de ce qui leur est arrivé vingt ans auparavant que d'indices matériels. Dans Les Mémoires de Maigret, il précise ce qu'il recherche pendant ses investigations : « Dans tous les cas, il s'agit de connaître. Connaître le milieu où le crime est commis, connaître le genre de vie, les habitudes, les mœurs, les réactions des gens qui y sont mêlés, victimes, coupables ou simples témoins. Entrer dans leur monde sans étonnement, de plain-pied et en parler naturellement le langage. [...] N'en déplaise aux auteurs de romans, le policier est avant tout un fonctionnaire. »[12] Son attitude placide masque donc un professionnel passionné par son métier, qui ne compte pas ses heures pour accomplir sa tâche, puisqu'il « tente de découvrir le coupable en se mettant à sa place plutôt qu'en utilisant les ressources qu'offre la police scientifique, se contentant de ce pouvoir d'entrer partout que lui donne son statut de policier. »[11]

Parvenir à se fondre dans le petit univers où un crime a été commis est la clef de sa réussite. « Dans presque toutes ses enquêtes, Maigret connaissait cette période plus ou moins longue de flottement pendant laquelle, comme disaient tout bas ses collaborateurs, il avait l'air de ruminer. Durant la première étape, c'est-à-dire quand il se trouvait soudain face à face avec un milieu nouveau, avec des gens dont il ne savait rien, on aurait dit qu'il aspirait machinalement la vie qui l'entourait et s'en gonflait comme une éponge. {...} Il attendait aussi longtemps que possible avant de se former une opinion. Et encore ne se la formait-il pas. Il gardait l'esprit libre jusqu'au moment où une évidence s'imposait à lui ou bien jusqu'à ce que son interlocuteur craque. » (cf. Le Voleur de Maigret, le Livre de Poche, pages 113 et 114). Et cela lui est d'autant plus facile qu'il ne se départit jamais de son allure plébéienne : il trompe ainsi la vigilance des plus méfiants et recueille avec assez de facilité les confessions, les opinions, les ragots, parce qu'il sait écouter. Au lieu de se borner à mener une suite d'interrogatoires serrés auprès des suspects, il préfère entendre comment les uns et les autres se considèrent. « Proche des gens qu'il croise, souvent des petites gens, c'est le Monsieur tout-le-monde, auquel il est sans doute facile de s'identifier »[11]. Il ne s'agit d'ailleurs pas d'un surhomme. À plus d'une reprise, pendant sa longue carrière, il est confronté à un échec, notamment dans Maigret se trompe (1953), Maigret a peur (1953), Un échec de Maigret (1956) et Maigret hésite (1968), ou encore à des demi-réussites. Demeure néanmoins à son crédit un bilan largement positif, un très grand nombre d'enquêtes conduites à terme où son intuition et sa sensibilité, couplées à une intelligence et une culture pourtant moyennes, lui ont permis de saisir les mécanismes de cet environnement psychosociologique où a surgi ce criminel qu'il est parvenu à identifier et dont il reçoit souvent, en fin de récit, la brève confession.

Son caractère : Maigret est bougon, surtout quand son enquête lui donne l'impression de ne pas progresser. Il aime son métier, l'ambiance du Quai des Orfèvres, la compagnie de ses inspecteurs, c'est comme une seconde famille. S'il n'aime pas trop l'image qu'on donne parfois de lui, un homme pas facile à manier, il peut aussi s'amuser de son personnage, se montrer bougon pour plaisanter, pour être fidèle à ce qu'on pense de lui. C'est un homme physiquement courageux. Il lui arrive rarement de se battre mais il le fait avec toute l'énergie nécessaire. De même il utilise rarement son revolver mais il le fait s'il l'estime indispensable.

C'est un homme qui s'immerge dans la vie, qui connaît bien les hommes et qui se sent surtout à l'aise dans les milieux sociaux modestes. Il est lui-même un homme simple et peut être mal à l'aise dans les milieux les plus favorisés par la naissance et la fortune. Une certaine timidité peut même le gêner. Simenon n'a pas fait de son personnage un monolithe sans doutes, sans inquiétudes, sans fragilités même.

Dans Maigret se défend, on le voit vaciller sous le coup d'une accusation grave et injuste : « Il resta là un instant, flottant... Un spasme lui serrait la poitrine et, comme un cardiaque, il y porta machinalement la main en s'arrêtant un instant de marcher. Pardon lui avait affirmé que ce n'était rien... Ces crises n'en étaient pas moins angoissantes... Il respirait mal. Son front était couvert de sueur, et il se regarda anxieusement dans le miroir, entre les bouteilles alignées sur l'étagère. » Et le lecteur, après l'avoir vu avaler du cognac et de la bière pour se réconforter, après l'avoir vu « tassé dans son fauteuil, accablé, écœuré, sans une ombre de combativité » le voit bourrer une pipe et commencer une enquête qui rétablira sa réputation avec éclat.

Son humanité : « S'il n'avait pas une haute idée des hommes et de leurs possibilités, il continuait à croire en l'homme ». Cette phrase à la fin de Maigret et les vieillards résume assez bien les sentiments de Maigret pour ses contemporains. Il éprouve dans bien des enquêtes une forme de compassion pour les criminels qu'il arrête. « Pour moi, vous restez un être humain. Ne comprenez-vous pas que c'est justement ce que je cherche à faire jaillir chez vous : la petite étincelle humaine ? » (Maigret tend un piège, p. 144). Quand il obtient les aveux de John T. Arnold qu'il a vu perdre devant lui de minute en minute de son assurance et de son aisance, Maigret pense, comme Simenon, que cet assassin « n'était déjà presque plus qu'un homme, un homme effondré, malheureux, qui avait perdu la partie ». Et Lapointe, troublé, voit Maigret quitter son bureau en posant un instant « comme distraitement » la main sur l'épaule de John T. Arnold. (Maigret voyage).

Sa compassion va également aux victimes bien sûr. « Le directeur et ses collègues le regardaient, surpris de le voir aussi pâle, aussi ému. Quai des Orfèvres, surtout à la Criminelle, ne travaille-t-on pas dans le meurtre quotidiennement ? » (Maigret hésite, p. 123).

Ses devises : « Je ne crois rien ». Il répondra souvent « Je ne pense jamais » (quand on lui demande « Pensez-vous que... »).

Signes particuliers : sa pipe et son chapeau comme son bon sens et son humanité. Maigret ne sait pas conduire (cf. Le Voleur de Maigret). Se déplace en Citroen Traction (voiture de la Police, et Gendarmerie Nationale, au début des années 1950), en taxi, en bus, très rarement en métro, et souvent à pied !

Madame Maigret : madame Maigret est une épouse aimante et patiente. Elle ne reproche jamais à son mari de se consacrer tout entier à son métier, d'aller parfois au Quai des Orfèvres le samedi et le dimanche et de lui faire souvent faux bond, au dernier moment, pour les repas. Tout au plus lui dit-elle incidemment « Tu n'as presque jamais été à la maison ces temps-ci » [13] Elle ne reproche pas à « Maigret », comme elle l'appelle, de mêler sa vie professionnelle à leur vie privée et de poursuivre ses enquêtes à leur domicile en recevant coups de fil des inspecteurs et parfois protagonistes des affaires criminelles. C'est une excellente femme d'intérieur, très à cheval sur la propreté. « Tu crois que c'est propre ? » demande-t-elle avant d'entrer dans un cinéma de quartier pour voir avec son mari des films de Charlot. « Tu crois que les verres sont propres ? » interroge-t-elle également quand Maigret l'emmène sur une terrasse d'un café du canal Saint-Martin [14]. C'est aussi une cuisinière hors pair.

Cependant « la timide Madame Maigret », selon son créateur, a du caractère. Mêlée bien malgré elle à une affaire criminelle, elle n'hésite pas à entrer dans l'enquête de son mari en menant sa propre enquête et lui fournit un renseignement très utile dont il pourra tirer parti dans L'Amie de Madame Maigret. C'est elle aussi, même si « C'était drôle, inattendu » qui prend des leçons de conduite à la place de son mari (« Il ne verrait pas les feux rouges, ou bien il prendrait le frein pour l'accélérateur. »[15]) pour rejoindre leur petite maison à Meung-sur-Loire. Madame Maigret admire son mari et conserve dans des cahiers les articles des journaux où il est question de lui.

Enfants : il a perdu une fille, très jeune. Si le désir d'enfant est manifeste chez madame Maigret, il est aussi présent chez Jules Maigret : « Pourquoi Maigret pensa-t-il qu'il aurait aimé avoir un fils comme ce garçon ? » quand il rencontre Julien de V... Et un peu plus tard dans son enquête, il repense à « ce jeune homme devant qui il venait de ressentir plus fort que jamais la nostalgie de la paternité » (Maigret et les Vieillards, Le Livre de poche, p. 150).

Famille [16],[17]: madame Maigret a une sœur Hortense (cf. Maigret en meublé) qui habite Colmar avec son mari, ingénieur des Ponts et Chaussées, et ses enfants et qui possède un chalet au col de la Schlucht où les Maigret sont allés assez souvent en vacances. Maigret a fait entrer leur fils Philippe à la PJ, au Quai des Orfèvres, mais Philippe Lauer n'était pas fait pour le métier de policier. Lors d'une « planque » qui lui avait été confiée, il avait même commis une maladresse qui l'avait fait accuser d'un meurtre. Philippe avait été contraint de faire appel en catastrophe à Maigret, son oncle, pour le tirer d'affaire. Maigret y était parvenu malgré une certaine mauvaise volonté du commissaire Amadieu dont dépendait Philippe. À cette occasion Maigret s'était rendu compte à nouveau à quel point sa belle-sœur, qui ressemble par ailleurs à madame Maigret, était une mère exemplaire. Il a un autre neveu Daniel, qui travaille au standard téléphonique de Police-Secours (Il apparaît brièvement dans "L'inspecteur malgracieux"). Dans Mon ami Maigret on apprend, page 9, que la sœur de Madame Maigret est mariée à Monsieur Mouthon.

Domicile : 132, boulevard Richard-Lenoir Paris 11e. (adresse indiquée dans un seul roman, Maigret et son mort). Il a habité également, un court temps, au 21, place des Vosges dans le 4e, là où Simenon a habité et a connu un voisin du nom de... Maigret. Les Mémoires de Maigret précisent que les Maigret répondaient ainsi à une proposition de Simenon lui-même : « Pourquoi, en attendant la fin des travaux, ne vous installeriez-vous pas dans mon appartement de la place des Vosges ? ». Ces travaux sont sans doute l'extension des lieux « agrandi de l'appartement voisin » (cf. La Première Enquête de Maigret, Presses de la cité, p. 58). Il a habité un an à Luçon en Vendée (voir La Maison du juge et Maigret chez le ministre).

Amis : le docteur Pardon et madame Pardon recevaient les Maigret une fois par mois et les Maigret recevaient à leur tour les Pardon une fois par mois : « C'était l'occasion, pour les deux femmes, de se livrer à un amical concours de cuisine mijotée » (Maigret se défend, Le livre de poche, page 7). « Ils s'étaient toujours compris à demi-mot, Pardon et lui, bien qu'ils se fussent connus très tard, quand chacun avait déjà accompli une grande partie de sa carrière. Dès le premier jour, la confiance avait régné entre eux et ils éprouvaient un respect mutuel. » (cfr Une confidence de Maigret, Le Livre de Poche, page 26).

Les Mémoires de Maigret nous apprennent que Jules et Louise Maigret auront tous deux une amitié longue et fidèle pour Georges Simenon lui-même que Maigret rencontrera pour la première fois en 1927. Georges Simemon s'appelle encore Sim et l'assurance de ce tout jeune homme qui envisage d'écrire des romans policiers agace d'abord Maigret mais finit par le charmer. Les Maigret connaîtront une bonne partie des maisons dans lesquelles Simenon a installé sa famille. Maigret le rencontrera même aux États-Unis.

Maigret apprécie des collègues de travail comme le docteur Paul, un médecin légiste, et l'inspecteur Moers, qui travaille dans les laboratoires de l'Identité judiciaire.

Santé : «... Maigret aurait volontiers commencé cette journée printanière par un petit vin blanc » ; « Il ne zigzaguait pas. Il n'était pas ivre. On n'est pas ivre avec deux verres de cognac, même doubles. » ; «... Maigret avait besoin d'être dehors... Peut-être avait-il trop bu, lui aussi ? ». Maigret, en homme du début du XXe siècle, boit pas mal et fume beaucoup, c'est un sédentaire qui a la chance d'avoir une santé robuste. Son ami, le docteur Pardon, lui conseillait de moins boire mais comme lui-même continuait à fumer des cigarettes en cachette de sa femme, ses recommandations perdaient de leur autorité aux yeux de Maigret.

Point de ralliement : la Brasserie Dauphine, derrière le palais de Justice de Paris. Faute de pouvoir rentrer dîner chez lui, Maigret se fait monter des sandwiches et des demis de la brasserie Dauphine. C'est une véritable tradition. Il a aussi ses habitudes à La Chope du Pont-Neuf où il a une place préférée au fond de la brasserie où aiment se retrouver les gens de la « maison » pour l'apéritif ou pour déjeuner.

Plats préférés [18]: la blanquette de veau, la choucroute, l'andouillette, le fricandeau à l'oseille, le coq au vin.

Loisirs : il se rend une fois par semaine au cinéma avec madame Maigret et il aime le billard; mais même en vacances il enquête parce que sa vraie passion, c'est son métier.

Langues : « Il comprenait l'anglais, non sans effort, mais était loin de le parler couramment. » (Maigret voyage, page 34), « Maigret ne bafouillait que quelques mots d'allemand. » (Le Pendu de Saint-Pholien, Éditions Rencontre, p. 321), « - Fais pas le malin ! dit-il en breton. Et verse plutôt à boire. » (Le Port des brumes, Éditions Rencontre, p. 523).

Sa médaille de la P.J. : cette médaille en bronze argenté porte le numéro 004 et établit que Maigret est officier de police judiciaire. Le no 1 est réservé au préfet, le no 2 au directeur de la PJ et le no 3 au chef des Renseignements généraux. D'un côté, une Marianne au bonnet phrygien, les lettres RF et le mot Police encadré d'émail rouge. Au revers les armes de Paris, un numéro et, gravé en petits caractères, le nom du titulaire. Le règlement prévoit une suspension de traitement pendant un mois en cas de perte.

Ses inspecteurs [19]: Janvier, Lucas le plus ancien, « le petit Lapointe », Lourtie, et Torrence le costaud, qu'il appelle souvent « mes enfants ». Ils sont d'ailleurs un peu en compétition pour obtenir son estime et sa confiance.

Œuvres composant l'univers de fiction[modifier | modifier le code]

Romans et nouvelles (selon l'ordre chronologique de rédaction, avec date de parution)[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

Séries télévisées[modifier | modifier le code]

C'est la série avec Jean Richard qui a connu le plus grand nombre d'adaptations en téléfilms (72 romans adaptés sur 75, 13 nouvelles sur 28) des écrits de Georges Simenon ayant pour personnage principal le célèbre commissaire. Certains romans comme La Tête d'un homme firent même l'objet de deux adaptations en téléfilm avec pour ces deux versions l'acteur Jean Richard dans le rôle principal (René Lucot en 1967 pour la réalisation du premier téléfilm et Louis Grospierre en 1983 pour la réalisation de la seconde version).

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

  • Maigret, (1950-53), Agence de presse Opera Mundi, quinze épisodes, 1 473 bandes, dessins de Jacques Blondeau, publié dans Samedi soir, Paris Journal, divers quotidiens régionaux, L'Écho-Soir d'Alger, etc.
  • Maigret, (1969), Éditions Nuit et Jour, un album L'affaire Nahour, textes de Camille Dulac, dessins de Rumeu
  • Maigret, (1992-97), Éditions Claude Lefrancq, cinq albums, textes d'Odile Reynaud, dessins de Philippe Wurm et Frank Brichau.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Ferrari, Tout (ou presque) sur Maigret, 2009 (diffusé le 13 septembre)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Avant le roman Pietr-le-Letton, considéré comme la première enquête du cycle, la toute première apparition de Maigret a lieu dans une nouvelle intitulée Train de nuit écrite en 1929 et publiée par Simenon en 1930 sous le pseudonyme Christian Brulls. (Cf. Jean Forest, Les Archives Maigret, p. 19).
  2. http://www.trussel.com/maig/momamu.htm#French, section "une présence physique"
  3. voir en particulier Les mémoires de Maigret
  4. G. Simenon, Un frère ainé de Maigret, Figaro littéraire, Paris, 23 février 1963 Un frère ainé de Maigret
  5. L'Union, Reims, 10 août 2010Le vrai Maigret était Marnais
  6. Télé magazine no 119, p. 7-9, Paris, 2 février 1958 Simenon guide la TV sur les pas du Commissaire Maigret.
  7. À l'époque dominent deux grandes institutions parfois prises dans une guerre des polices : la préfecture de police de Paris qui est compétente sur le département de la Seine et la Sûreté compétente sur tout le reste de la France
  8. Charles Diaz, La fabuleuse histoire des grands flics de légende, Jacob-Duvernet,‎ 2010, 507 p. (ISBN 978-2-84724-294-2)
  9. http://jy.depoix.free.fr/datnais.htm
  10. http://www.trussel.com/maig/ddchron2.htm
  11. a, b et c Dictionnaire des littératures policières (vol 2), p. 279.
  12. Cité par Claude Mesplède, Dictionnaire des littératures policières, volume 2, p. 279.
  13. L'Amie de Madame Maigret, Le Livre de Poche, p. 173.
  14. Maigret s'amuse, Le Livre de Poche, page 74
  15. Le Voleur de Maigret, Le Livre de Poche, p. 6.
  16. (en) « Madame Maigret's Four Sisters », sur trussel.com (consulté le 16 mai 2014)
  17. (en) « Maigret en meublé (Maigret Takes a Room / Maigret Rents a Room) », sur trussel.com (consulté le 16 mai 2014) section "la famille de madame maigret"
  18. Jacques Sacré, Bon appétit, commissaire Maigret, ou Maigret et la table, Liège, éditions du Céfal,‎ 2004 (ISBN 978-2-871-30148-6)
  19. Murielle Wenger, « Les quatre fidèles de Maigret », sur trussel.com
  20. Page wiki japonaise de Tôkyô Megure Keishi (Japonais) (ja)
  21. Photo de Kinya Aikawa et Tomomi Sato dans les rôles du Commissaire Maigret et Madame Maigret, et citation de Simenon, in La Revue du Cinéma no 454, novembre, 1989, p. 67-72. Article reproduit sur Trussel.com

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]