Charles de Saint-Étienne de La Tour

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Rencontre de Françoise-Marie Jacquelin et Charles de Saint-Étienne de La Tour, par Charles William Jefferys.
Localisation du Fort La Tour dans le port de Saint-Jean.

Charles de Saint-Étienne de la Tour, né en 1593 en France (probablement en Champagne),et mort en 1666 au Cap de Sable (à l'extrémité sud de la Nouvelle-Écosse), fut gouverneur de l'Acadie de 1631-1642 et encore de 1653-1657[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

À l'âge de 14 ans, Charles est arrivé à Port-Royal en Acadie, avec son père Claude de Saint-Étienne de la Tour[2], dans une expédition menée par Jean de Poutrincourt en 1610 à Port-Royal. L'habitation avait été abandonnée auparavant en 1607 par Poutrincourt en raison d'un financement insuffisant. L'expédition inclut aussi le fils de Poutrincourt, Charles de Biencourt qui avait 19 ans, et un prêtre catholique qui a commencé à baptiser les Mi'kmaqs autour de Port-Royal, y compris leur chef Membertou, qui était le premier chef autochtone en Nouvelle-France à être baptisé.

En 1613, l'habitation fut attaquée par les colons anglais de la Virginie. Plusieurs colons français furent tués. D'autres enlevés. Le fort et les marchandises furent détruits. Biencourt, qui était en France pour recueillir des approvisionnements, retourna à Port-Royal le printemps suivant. Il fut obligé de retourner en France avec les colons survivants. Charles de Biencourt et Charles de la Tour restèrent parmi les Mi'kmaqs, s'engageant dans le commerce de la fourrure.

En 1623, Biencourt mourut. La Tour entreprit la construction de deux forts afin de renforcer la défense de l'Acadie face aux menaces anglaises. Le premier fort fut édifié à l'entrée du fleuve Penobscot au Maine actuel sous le nom de Fort La Tour et le second au Cap de Sable baptisé Fort Saint Louis et qui deviendra par la suite le Fort Lomeron.

En 1625, Charles épousa une autochtone.

En 1626, des colons anglais attaquèrent et détruisirent le fort. Charles retourna alors à Port-Royal.

En 1631, Charles devint gouverneur de l'Acadie et fit construire un autre fort à l'entrée du fleuve Saint-Jean, où la ville de Saint-Jean (Nouveau-Brunswick) se trouve actuellement.

En 1632, Isaac de Razilly le nouveau lieutenant-général de la Nouvelle-France et gouverneur de l'Acadie, arriva à Port-Royal, envoyé par son cousin le Cardinal Richelieu. La Tour et Razilly se partagèrent le contrôle de l'Acadie, ce dernier contrôlant l'angle sud-ouest de la Nouvelle-Écosse et le territoire le long de la rivière Saint-Jean.

En 1636, Razilly mourut, et son successeur, Charles de Menou d'Aulnay, commença une politique de confrontations violentes et coûteuses contre son rival La Tour.

Au cours de ces affrontements, Menou d'Aulnay avec l'appui de la cour de France, discrédita La Tour qu'il fait accuser de trahison contre l'Acadie.

Charles demanda en mariage Françoise-Marie Jacquelin[3], native de Nogent-le-Rotrou, dans le Perche. Un contrat de mariage fut établi le 31 décembre 1639, à Paris, et signé en son absence. Il se fit représenter par Guillaume Desjardins, sieur du Saint-Val, capitaine de marine pour le roi.

En 1645, en l'absence de La Tour parti négocier la fourrure à Boston, Menou d’Aulnay attaqua et prit le Fort La Tour, dont il tua traîtreusement les défenseurs et envoya les survivants à la potence. Françoise-Marie Jacquelin, épouse de La Tour, qui commandait le fort en l’absence de son mari, fut faite prisonnière et mourut trois semaines plus tard.

D'Aulnay devint gouverneur-général et ancien seigneur de l’Acadie.

En 1650, d’Aulnay meurt noyé à la suite du naufrage de son canot.

La Tour, apprenant la mort de d'Aulnay, revint de France et fut renommé gouverneur de l’Acadie.

Le 24 février 1653, Charles de La Tour épousa en troisièmes noces Jeanne Motin, la veuve de son ancien ennemi, d’Aulnay. La Tour meurt en 1666.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Saint-Étienne de la Tour, Charles de, au Dictionnaire biographique du Canada.
  2. Saint-Étienne de la Tour, Claude de, au Dictionnaire biographique du Canada.
  3. Christian Foreau, "Françoise-Marie Jacquelin, une nogentaise héroïne de l'Acadie au XVIIIe siècle", paru dans les Cahiers Percherons, bulletin trimestriel des Amis du Perche, n°180, 2009-4, pp. 27-33. (ISSN 0526-8443)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]