Louis Robichaud

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Louis Robichaud
Mémorial à Saint-Antoine
Mémorial à Saint-Antoine
Fonctions
24e premier ministre du Nouveau-Brunswick
12 juillet 196011 novembre 1970
Lieutenant-gouverneur Joseph Leonard O'Brien
John Babbitt McNair
Wallace Samuel Bird
Prédécesseur Hugh John Flemming
Successeur Richard Bennett Hatfield
Biographie
Nom de naissance Louis Joseph Robichaud
Date de naissance 21 octobre 1925
Lieu de naissance Saint-Antoine
(Nouveau-Brunswick)
Date de décès 6 janvier 2005 (à 79 ans)
Lieu de décès Sainte-Anne-de-Kent (Nouveau-Brunswick)
Nationalité canadienne
Parti politique Association libérale du Nouveau-Brunswick
Conjoint Lorraine Robichaud
Jacqueline Robichaud
Religion Catholicisme

Louis Robichaud
Premier ministre du Nouveau-Brunswick

L'honorable Louis Joseph Robichaud, C.P., C.C., C.R., B.A., LL.D. (né le 21 octobre 1925 à Saint-Antoine, décédé le 6 janvier 2005 à Sainte-Anne-de-Kent), plus connu sous le nom de Louis J. Robichaud ou de P'tit Louis, était un homme politique canadien. Il a été Premier ministre du Nouveau-Brunswick de 1960 à 1970.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Louis Robichaud naît le 21 octobre 1925 dans le village acadien de Saint-Antoine, au Sud-est du Nouveau-Brunswick[1]. Son père est Amédée Robichaud, marchand général et organisateur du parti libéral du Nouveau-Brunswick, et sa mère est d'Eugénie « Annie » Robichaud[1]. Louis a grandi au 4, rue Camille, dans son village natal de Saint-Antoine.

Il avait plusieurs frères et sœurs: Émile, Joseph, Irène, Xénon, Yvon, Berthe. Rita, Roger et Antonine sont nés après lui. Ses parents s'étaient connus alors qu'ils étaient ouvriers dans une filature de coton à Fisherville, au Massachusetts. Revenus à Saint-Antoine, son père ouvrit un magasin général et ensuite une scierie. L'entreprise familiale sut résister à la Grande Dépression et, tout en gardant ses activités professionnelles, son père devint organisateur pour le parti libéral de Peter Veniot.

L'ancêtre des Robichaud est Étienne, arrivé à Port-Royal au milieu du XVIIIe siècle, en provenance de France. Ce dernier épousa Françoise Boudreau, fille de Michel Boudreau, le lieutenant-général de la Justice de la colonie[1]. Louis Robichaud compte aussi parmi ses ancêtre le gouverneur de l'Acadie Alexandre Le Borgne de Belle-Isle[1]. Valentin, l'arrière-grand-père de Louis, s'est établi à Saint-Antoine dans les années 1850[1].

Louis étudia à l'école du village, en plus de travailler durant l'été au moulin de son père. L'éducation se faisait alors avec des livres anglais.

Il s'est intéressé à la politique dès son plus jeune âge mais ses parents voulaient qu'il devienne prêtre enseignant.

En 1940, à l'âge de 15 ans, il quitte la maison pour le juvénat Saint-Jean-Eudes, à Bathurst, afin de pouvoir étudier au collège Sacré-Cœur pour ensuite poursuivre une carrière dans l'Église. Après trois ans d'études au juvénat, il prend la décision de s'orienter vers la politique. Il fut obligé de s'enrôler dans le corps de réserve des officiers mais décida de ne pas partir au front, les collégiens n'étant pas obligés de combattre durant la Seconde Guerre mondiale.

Il obtient un baccalauréat ès arts du collège Sacré-Cœur en 1947. Il étudie ensuite la science politique et les sciences économiques à l'université Laval[2].

Il est admis au barreau après un stage de trois ans dans un cabinet d'avocat de Bathurst. Il exerce ensuite le droit pendant une courte période à Richibouctou[2].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Louis J. Robichaud commence sa carrière politique très jeune en étant élu en 1952, à 27 ans, député de la circonscription du Comté de Kent. Il est réélu en 1956.

En octobre 1958, il prend en main la direction du parti libéral du Nouveau-Brunswick qu'il mène à la victoire aux élections générales de 1960 en battant le gouvernement conservateur de Hugh John Flemming.

Louis J. Robichaud est assermenté premier ministre du Nouveau-Brunswick le 12 juillet 1960 à l'âge de 34 ans et devient alors le deuxième Acadien à occuper cette fonction depuis Peter Veniot. Son gouvernement remporte à nouveau les élections en 1963, puis en 1967 et Louis J. Robichaud reste ainsi premier ministre durant 10 ans, jusqu'en 1970. Pendant ses trois mandats, il occupe en outre les fonctions de procureur général de 1960 à 1965 et prend le portefeuille de ministre de la jeunesse de 1968 à 1970. Parmi ses nombreux collaborateurs, il eut notamment Robert Pichette, un historien, comme chef de cabinet.

Au moment où il prend ses fonctions, la société néo-brunswickoise était une société à deux vitesses, avec des régions acadiennes comptant parmi les plus pauvres de la province et une minorité francophone ayant peu d'institutions et n'obtenant que très difficilement des services en français.

Il met alors sur pied le programme "Chances égales pour tous", un programme de redistribution de la richesse qui instaurait des normes communes à tous les citoyens.

Ardent défenseur de la langue française, son rôle a été déterminant pour l’avenir des francophones du Nouveau-Brunswick en faisant adopter la Loi sur les langues officielles qui a fait du Nouveau-Brunswick la seule province officiellement bilingue du Canada. Il a également contribué à la mise sur pied d’un réseau scolaire francophone, la fondation de l’université de Moncton en étant le point d'orgue.

Louis J. Robichaud perd finalement les élections générales de 1970 contre les conservateurs menés par Richard Bennett Hatfield. Il démissionne alors de son siège à l'Assemblée législative et de son poste de chef du parti libéral du Nouveau-Brunswick en 1971.

Il devient la même année président de la Commission mixte internationale, fonction qu'il occupera jusqu'à sa nomination au Sénat du Canada le 21 décembre 1973.

Il prend sa retraite le 21 octobre 2000 et retourne finir ses jours au Nouveau-Brunswick. On lui diagnostique un cancer en 2005. Il succombe le 6 janvier 2005 à l'hôpital Stella-Maris-de-Kent, après quelques semaines de maladie[3].

Des funérailles officielles sont organisées à la cathédrale Notre-Dame de l'Assomption, à Moncton[4].

Il était membre de l'Ordre de Jacques-Cartier.

Distinctions[modifier | modifier le code]

L'école secondaire Louis-J.-Robichaud de Shédiac, qu'il a inaugurée en 1969[5], porte son nom. Un monument a été élevé en son honneur dans son village natal de Saint-Antoine.

Le Conseil supérieur de la langue française lui décerne l’Ordre des francophones d'Amérique à titre posthume.

Héritage[modifier | modifier le code]

En 1999, suite à un sondage organisé par le journal L'Acadie nouvelle, Louis J. Robichaud a été déclaré « Personnalité du siècle en Acadie ».

Surnom[modifier | modifier le code]

Louis Robichaud est surnommé « P'tit Louis », en raison de sa petite taille. Il a reçu ce surnom très jeune, mais plus tard cela le différenciait de Louis St-Laurent, un autre politicien important.

Famille[modifier | modifier le code]

Louis Robichaud avait trois fils et deux filles, Jean-Claude, Paul, Louis-René, Sylvie et Monique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Cormier, Louis Robichaud : La révolution acadienne, Montréal, Leméac,‎ 2004 (ISBN 2-7609-1210-8)
  • John Edward Belliveau, Little Louis and the giant KC, Hantsport: Lancelot Press, 1980, ISBN 0-88999-132-4.
  • Della Margareth Maude Stanley, Louis Robichaud : a decade of power, Halifax: Nimbus Pub., 1984, ISBN 0-920852-24-6.

Autres[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]