Côme et Damien

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Les saints Côme et Damien avec les attributs de leur profession par Hans Süss.

Saint Côme (ou à l'ancienne Cosme), patron des chirurgiens, né en Arabie, pratiquait la médecine à Aigéai en Cilicie, ainsi que son frère, Damien, lui, saint patron des pharmaciens. Ils souffrirent ensemble le martyre sous Dioclétien, en 303 ou 310. On les appelle « anargyres » parce qu'ils soignaient « sans accepter d'argent ». On les fête le 26 septembre en Occident, le 1er novembre en Orient (au calendrier julien comme au calendrier grégorien).

Biographie[modifier | modifier le code]

Ils naquirent en Cilicie ou en Arabie et pratiquèrent la médecine dans le port maritime d'Égée (aujourd'hui Ayash) dans le golfe d'İskenderun, puis dans la province romaine de Syrie. Si l'on en croit la Catholic Encyclopedia ils n'acceptaient aucun paiement pour leurs services, ce qui leur valut le surnom d'anargyroi c'est-à-dire sans argent, et attirèrent ainsi un grand nombre de gens à la foi chrétienne[1]. Cosme, ou Côme se dit Cosmas en latin, Κοσμάς en grec, Cosimo en italien et Kozman en copte.

Pendant les persécutions de Dioclétien, Côme et Damien furent arrêtés sur l'ordre du Préfet de Cilicie, un certain Lysias dont c'est le seul titre de gloire. Il leur ordonna d'abjurer sous la torture. Selon la légende ils restèrent fidèles à leur foi en dépit de toute une série de tortures affreuses auxquelles ils restèrent insensibles ; finalement ils furent décapités. Leurs frères cadets Antime, Léonce et Euprepius, qui les suivaient partout, partagèrent leur martyre.

Greffe d'une jambe par les saints Côme et Damien, panneau de la prédelle de la Pala di San Marco de Fra Angelico au Musée national San Marco, Florence.

La plus célèbre de leurs cures miraculeuses, la greffe d'une jambe de Maure pour remplacer la jambe nécrosée d'un patient, fit l'objet de nombreuses peintures et miniatures.

Culte[modifier | modifier le code]

Dès le IVe siècle, on a consacré aux saints jumeaux des églises à Jérusalem, en Égypte et en Mésopotamie. Théodoret enregistra le partage de leurs reliques. Jugées miraculeuses, elles furent enterrées dans la ville de Cyrus en Syrie (CE). Des églises furent construites en leur honneur par le patriarche Proclus et l'empereur Justinien Ier (527-565), qui fit restaurer somptueusement la ville de Cyrus et la consacra aux jumeaux, mais fit transporter leurs vestiges à Constantinople. C'est là qu'à la suite d'une guérison qu'il attribua à l'intercession de Côme et Damien, Justinien fit construire et décorer une église en témoignage de gratitude ; elle est devenue un lieu célèbre de pèlerinage. À Rome le pape Félix IV (526-530) reconsacra en leur honneur la Bibliothèque de la Paix (Bibliotheca Pacis) sur le Forum de Vespasien pour en faire la basilique Santi Cosma e Damiano; celle-ci a été bien des fois reconstruite mais reste célèbre pour ses mosaïques du VIe siècle représentant les saints.

Leur célébration dans le calendrier catholique était le jour du 27 septembre, mais elle a été déplacée au 26 septembre en tant que commémoration optionnelle. Les Églises orthodoxes orientales célèbrent leur fête le 1er juillet, le 17 octobre et le 1er novembre et vénèrent trois paires de saints de même nom et de même profession. Côme et Damien sont considérés comme les saints patrons des médecins et des chirurgiens et sont quelquefois représentés avec les emblèmes de leur profession.

En Belgique, ils sont les saints patrons des pharmaciens.

Au Brésil, les saints jumeaux sont considérés comme protecteurs des enfants et on les fête le 27 septembre en donnant aux enfants des sacs de bonbons sur lesquels l'effigie des saints est imprimée. À Isernia, près de Naples, ils sont considérés comme des saints phalliques et sont invoqués pour les problèmes de fertilité.

Il se forma en France, sous l'invocation de saint Cosme, une confrérie de chirurgiens, dite de Saint-Cosme, qui pendant longtemps partagea l'enseignement et la pratique de la chirurgie avec la faculté de médecine de Paris[2].

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Reliques[modifier | modifier le code]

Depuis le XVe siècle, l'épée cérémonielle de l'abbaye d'Essen (de), qui fut celle de l'Empereur, est regardée comme celle des saints patrons de la cathédrale. Confiée en l'an 933 au trésor de l'abbaye , elle en est, à côté de la Vierge d'Or et du crucifix de Mathilde, la plus précieuse relique et figure sur les armes de la ville.

Les crânes des Saints Côme et Damien sont vénérés à Madrid, où ils se trouvent depuis 1581, date à laquelle Marie, fille de l'empereur Charles Quint, en fit don au couvent de Clarisses des Descalzas Reales. Ils avaient auparavant été translatés de Rome à Brême au Xe siècle puis de là à Bamberg. Ajoutons que leurs crânes sont également vénérés dans l'église Saint-Michel à Munich. Si l'on en croit l'inscription, l'ossuaire du crâne a été fabriqué à Brême vers 1400 et apporté avec les reliques à Saint-Michel en 1649 par Maximilien Ier de Bavière (1573 - 1651).
Bizarrement les chefs de Saint Côme et Saint Damien seraient aussi dans une châsse du trésor de l'abbaye de Brageac dans le Cantal, où ils auraient été rapportés par Guy et Raoul de Scorraille au retour de la première croisade vers l'an 1105[3].

Sources[modifier | modifier le code]

Saints Côme et Damien, médecins, par Johann Anwander (1762), église de l'Assomption (Dillingen)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]