Ravensbrück
| Ravensbrück | |||
Vue extérieure du camp de Ravensbrück |
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| Présentation | |||
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| Type | Camp de concentration | ||
| Gestion | |||
| Date de création | Mai 1939 | ||
| Géré par | m | ||
| Dirigé par | Max Koegel Fritz Suhren | ||
| Date de fermeture | Avril 1945 | ||
| Victimes | |||
| Type de détenus | Femmes | ||
| Nombre de détenus | 150 000 | ||
| Morts | 70 000 à 90 000 | ||
| Géographie | |||
| Pays | |||
| Région | Brandebourg | ||
| Commune d'Allemagne | Ravensbrück | ||
| Coordonnées | |||
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Géolocalisation sur la carte : Allemagne |
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Ravensbrück est un village d'Allemagne situé à 80 km au nord de Berlin. De 1934 à 1945, le régime nazi y établit un camp de concentration spécialement réservé aux femmes et dans lequel vécurent aussi des enfants.
Le camp est construit sur les bords du lac de Schwedtsee, en face de la ville de Fürstenberg/Havel, dans une zone de dunes et de marécages du nord du Brandebourg.
Succédant en 1939 au camp de Lichtenburg, il devient rapidement le centre de détention de femmes le plus important du pays : au moins 132 000 femmes et enfants y sont déportés, dont 90 000 sont exterminés. Le camp fournit en main-d'œuvre féminine l'ensemble des industries d'armement allemandes et les mines de sel, sur place ou au sein de l'une des 70 antennes disséminées de la mer Baltique à la Bavière. Les détenues proviennent de tous les pays d'Europe occupés par l'Allemagne, le plus grand groupe national étant composé de polonaises. À partir d'avril 1941, des hommes sont enfermés dans un camp annexe.
Sommaire |
Détenues [modifier]
Les premières prisonnières, environ 900, sont transférées du camp de Lichtenburg en Saxe. À la fin de l'année 1942, la population carcérale est passée à 10 000, pour atteindre plus de 45 000 en janvier 1945. Parmi elles, des enfants arrivés avec leurs mères juives ou roms, ou nés sur place. Leur nombre augmente considérablement entre avril et octobre 1944 ; une première vague est composée d'enfants tziganes amenés avec leurs mères après la fermeture du camp rom d'Auschwitz, suivie par les enfants polonais du ghetto de Varsovie après l'échec de l'insurrection, puis par ceux du ghetto de Budapest suite à la fermeture de ce dernier. La plupart meurt de dénutrition.
Les détenues portent un triangle coloré selon leur catégorie, une lettre au centre indiquant leur nationalité : rouge pour les prisonnières politiques, jaune pour les juives, vert pour les criminelles de droit commun, violet pour les Témoins de Jéhovah, noir pour les Tziganes et les prostituées, etc. Certaines ont le crâne rasé à l'arrivée, ce qui n'est toutefois jamais le cas des « aryennes ». Entre 1942 et 1943, pratiquement toutes les prisonnières juives sont envoyés à Auschwitz dans le cadre de la Solution finale.
Une liste, quoique incomplète, établie par l'administration du camp, énumérant 25 028 noms de femmes envoyées à Ravensbrück, fait état de 24,9 % de Polonaises, 19,9 % d'Allemandes, 15,1 % de Juives, 15 % de Russes, 7,3 % de Françaises, 5,4 % de Tziganes et 12,4 % d'autres origines, réparties dans les catégories suivantes : 83,54 % de politiques, 12,35 % d'anti-sociaux, 2,02 % de criminels, 1,11 % de Témoins de Jéhovah, 0,78 % de « hontes de la race » et 0,2 % d'autres cas. Cette liste est l'un des rares documents sauvés de la destruction qui précède la fuite des SS devant les forces alliées par les Mury, un groupe clandestin de scouts polonaises formé au camp dans le but de fournir de la nourriture et des soins médicaux aux détenus les plus faibles.
Les prisonnières de Ravensbrück sont l'objet d'abus permanents, battues, astreintes au travail et assassinées lorsqu'elles n'en sont plus capables, pour un acte de rébellion ou sans raison particulière. Jusqu'en 1942, les prisonnières jugées inaptes au travail sont tuées par balle. Elles sont ensuite transférées à Auschwitz et vers d'autres centres d'extermination. Plusieurs sont exécutées à l'infirmerie du camp par injection létale.
À partir de l'été 1942, des expériences médicales sont menées sur au moins 86 détenues, dont 74 polonaises. La première série porte sur l'efficacité des sulfamides dans le traitement des blessés de guerre, la seconde sur la régénération des os, muscles et nerfs et la possibilité de transplanter des os. Cinq en meurent, six sont exécutées souffrant de blessures non guéries et la plupart des survivantes gardent des séquelles à vie. Quatre d'entre elles témoignent lors du procès des médecins en 1946. En janvier 1945, entre 120 et 140 femmes tziganes sont stérilisées après s'être vu promettre d'être libérées si elles consentent à l'opération.
Les corps des détenues décédées sont brûlés au crématorium situé près de Fürstenberg jusqu'en 1943, date à laquelle les autorités SS construisent un four crématoire à proximité du camp. À l'automne 1944 vient s'y ajouter une chambre à gaz. Plusieurs milliers de détenues y sont exécutées juste avant la libération du camp en avril 1945. Les derniers assassinats se produisent le 25 avril, avec onze détenues employées au crématorium exécutées par empoisonnement[2].
Quand l'Armée rouge arrive le 30 avril 1945, il ne reste que 3 500 femmes et 300 hommes non évacués. Les SS ont entraîné les détenues capables de marcher, environ 20 000, dans une marche forcée vers le nord du Mecklembourg après en avoir confié 7 000 à des délégués de la Croix-Rouge suédoise et danoise. Ils sont interceptés après quelques heures par une unité d'éclaireurs russes.
Personnalités détenues à Ravensbrück [modifier]
- Henriette Guiral-Corot, épouse de Pierre-Paul Guiral (matricule 2452): ancien chef départemental des M.U.R (Mouvements Unis de la Résistance), puis chef du Service de Renseignements des M.U.R (affilié au réseau GALLIA), puis président du Comité Départemental de Libération de Tarn et Garonne et président du Tribunal Militaire et de la Cour Martiale à Montauban (82).
- Suzanne Guiral, fille de Pierre-Paul Guiral, elle travaille dans son réseau comme agent de liaison et de renseignements. Elle écrit en 1946 un livre, édité à compte d'auteur, dont le titre est:"44.694.F de Saint Michel à Ravensbrück "
- Yvonne de Komornicka, Capitaine "Kléber", chef du R.O.P et "Combat", Nuit et brouillard
- Geneviève de Gaulle-Anthonioz
- Odette Sansom, agent franco-britannique du Special Operations Executive
- Violette Szabo, agent franco-britannique du Special Operations Executive
- Denise Bloch, agent française du Special Operations Executive
- Lilian Rolfe, agent franco-britannique du Special Operations Executive
- Brigitte Friang
- Rosine Crémieux,infirmière au maquis du Vercors, arrêtée à la grotte de la Luire et déportée fin juillet 1944 à Ravensbrück avec 6 autres infirmières du Vercors : Maud Romana d'Argence, Suzanne Silvestre, Anita Winter,France Pinhas, Ety Malossane, Cécile Goldet. Ety Malossanne est décédée à Ravensbrück.
- Marie-Claude Vaillant-Couturier
- Thérèse Ménot
- Germaine Tillion, ethnologue et résistante du Groupe du musée de l'Homme.
- Jane Sivadon (Combat Zone Nord)
- Maisie et Isabelle Renault sœurs de Gilbert Renault dit "Le colonel Remy"
- Paule Bernard née Dupont
- Juliette Gaubry
- Raymonde Belot
- Margarete Buber-Neumann, communiste allemande
- Milena Jesenská, journaliste, amie de Franz Kafka
- Denise (« miarka ») Vernay-Jacob, soeur de Simone Veil
- Odette Renée Bonnat (« allaire »)
- Marie-José Chombart de Lauwe, résistante du réseau "Georges France 31"
- Suzanne Wilborts, résistante du réseau, "la Bande à Sidonie" et "Georges France 31"
- Suzanne Hiltermann (Touty), résistante appartenant au réseau Dutch-Paris
- Jacqueline Péry, résistante française[3]
- Simone Souloumiac, résistante, membre du réseau Charette
- Jeannette L'Herminier (sœur de Jean L'Herminier, officier de marine ayant quitté Toulon à bord de son sous-marin Casablanca, en 1942, alors que la flotte se sabordait)
- Ginette Virmont, épouse Sochet (rescapée, Grand Officier de la Légion d'Honneur 2008)
- Marie Skobtsov (8/12/1891 à Riga - 31/03/1945 à Ravensbrück)
- Annie de Montfort (1897-1944), résistante et écrivain français
- Lise London
- Renée Hogge, compagne du chef de la résistance Robert Beck
- Madeleine Martinache, avocate, résistante, rescapée, puis députée du Nord
- Yvette Lundy, institutrice de la Marne déportée pour avoir réalisé de faux papiers, elle a inspiré le personnage de Mademoiselle Lundi dans le film Liberté de Tony Gatlif
- Sœur Marcelle Baverez.
- Denise Lauvergnat (Combat Zone Nord)
- Anne-Marie Boumier (Combat Zone Nord)
- Adzire Lindemann (Combat Zone Nord)
- Hélène Vautrin (Combat Zone Nord)
- Gilberte Bonneau du Martray
- Béatrix de Toulouse-Lautrec, auteure du témoignage "J'ai eu 20 ans à Ravensbrück"
- Ginette Kahn-Bernheim (arrêtée et déportée sous le nom de Calas), membre du réseau de résistance Brutus
- Yvonne Abbas
- Nadia Stiers (née Reznik en 1903 à Hâncești, Roumanie) communiste belge
- Catherine Dior, résistante, sœur du couturier Christian Dior
- Alice Yahiel (1893-1985) et Simone Jacques-Yahiel, membres du Réseau Simon Brandy
- Noëlla Rouget, résistante française arrêtée le 23 juin 1943 (1920-)
- Yvonne Le Tac, résistante française du réseau Overcloud, doyenne des rescapés (1882-1957)
- Odette Fabius, résistante française, auteur du livre "Un lever de soleil sur le Mecklembourg"
- Dora Rivière, médecin, Juste parmi les Nations[4]
- Edmond Lailler
- Simone Fichot Rien de particulier
- Germaine Guérin Dirique, résistante belge arrêtée en 1940
- Jacqueline Bévérina-Héreil, Entrée dès juillet 1940 dans l'action clandestine sous le pseudonyme de "Myrtille", membre du Comité directeur du réseau Turma-Vengeance. Elle a été arrêtée et déportée en Janvier 1944. Évacuée par la Croix rouge en avril 1945.
- Charlotte Delbo, résistante, membre du groupe Politzer. Arrêtée le 2 mars 1942,elle est déportée à Auschwitz le 24 janvier 1943 puis transférée à Ravensbrück le l7 janvier 1944. Évacuée par la Croix rouge le 23 avril 1945.
Commandants du camp [modifier]
- Max Koegel, officier SS Hauptsturmfuhrer, commandant du camp de son ouverture le 18 mai 1939 avec le transfert de 867 femmes depuis le camp de concentration de Lichtenburg, jusqu'en Aout 1942. Il dirige ensuite le camp d'extermination de Majdanek à côté de Lublin puis du camp de concentration de Flossenbürg. Il met fin à ses jours en prison, après sa capture en Bavière en Juin 1946[5].
- Fritz Suhren, officier SS de la Schutzstaffel, commandant du camp d'Aout 1942 à Avril 1945. Sa politique est d'exterminer les femmes par le travail, les mauvais traitements et le moins de nourriture possible.
Il met des prisonnières à disposition du médecin d'Himmler le Dr. Karl Gebhardt pour des expérimentations médicales, et des stérilisations de Tziganes. Après s'être échappé des mains des Américains et une longue fuite, il est capturé en 1949, jugé par un tribunal militaire français, puis fusillé, à côté de Baden-Baden le 12 juin 1950.
Gardiennes [modifier]
À côté du personnel masculin, environ 150 femmes SS sont assignées à la surveillance des détenues. Pendant les six ans de fonctionnement du camp, 4 000 surveillantes (Aufseherinnen) y sont formées sous la responsabilité de :
- Oberaufseherin Johanna Langefeld (Mai 1939 – mars 1942) et son assistante Emma Zimmer (décembre 1940– octobre 1942)
- Oberaufseherin Maria Mandl (mars – octobre 1942)
- Johanna Langefeld, entre temps à Auschwitz (octobre 1942 – avril 1943)
- Oberaufseherin Anna Klein-Plaubel avec Dorothea Binz comme adjointe (décembre 1943 – décembre 1944)
- Oberaufseherin Luise Brunner, avec Dorothea Binz comme adjointe (décembre 1944 – avril 1945)
En 1973, Hermine Braunsteiner est extradée par les États-Unis vers l'Allemagne pour y répondre de crimes de guerre. En 2006, Elfriede Rinkel est expulsée à l'âge de 84 ans après avoir vécu à San Francisco depuis 1959.
- Herta Oberheuser, médecin.
Mémorial [modifier]
En 1959, le Mémorial national de Ravensbrück est créé. Un musée est aménagé dans les cellules mêmes d'internement. Il évoque avec réalisme le fonctionnement et la vie du camp. À côté, on peut voir les fours crématoires et le couloir des exécutions. Un monument commémoratif a été érigé sur la berge du lac.
L'art à Ravensbrück [modifier]
Certaines formes d'art se sont développées dans le camp de concentration de Ravensbrück, malgré les circonstances. Citons quelques artistes les plus représentatives de ce camp : Violette Lecoq, France Audoul, Charlotte Delbo, Berika, Félicie Mertens, Aat Breur-Hibma et Germaine Tillion avec son opérette Le Verfügbar aux enfers.
Toponymie [modifier]
Ravensbrück signifie "Pont des corbeaux"[6], le camp était surnommé ainsi[7].
Voir aussi [modifier]
Références [modifier]
- Margarete Buber-Neumann write in her book Under Two Dictators. Prisoner of Stalin and Hitler (Prisonnière de Staline et d'Hitler - Volume 2. Déportée à Ravensbrück): "SS had no fabric for the production of new prison clothing. Instead they drove truckloads of coats, dresses, underwear and shoes that had once belonged to those gassed in the east, to Ravensbrück. / ... / The clothes of the murded people were sorted, and at first crosses were cut out, and fabric of another color sewn underneath. The prisoners walked around like sheeps marked for slaughter. The crosses would impede escape. Later they spared themselves this cumbersome procedure and painted with oil paint broad, white crosses on the coats." (translated from the Swedish edition: Margarete Buber-Neumann Fånge hos Hitler och Stalin, Stockholm, Natur & kultur, 1948. Page 176)
- Témoignage de Mina Lepadies au procès de Hambourg, cité par Germaine Tillion, Ravensbrück, Seuil, 1988, (ISBN 2-02-010157-2).
- Jacqueline Péry sur Mémoire et Espoirs de la Résistance
- http://www.yadvashem-france.org/les-justes-parmi-les-nations/les-justes-de-france/dossier-12014/
- http://www.holocaustresearchproject.org/othercamps/ravensbrucke.html
- pont des corbeaux
- Ravensbrück appelé "pont des corbeaux"
Bibliographie [modifier]
- Bernhard Strebel, Ravensbrück - Un complexe concentrationnaire, préface de Germaine Tillon, Fayard, 2005, (ISBN 978-2213624235)
- Maisie Renault, La grande Misère, Chavane, 1948
- Madeleine Aylmer-Roubenne, J'ai donné la vie dans un camp de la mort - Le douloureux secret d'une naissance à Ravensbrück, J'ai lu, 1999, (ISBN 978-2290053751)
- Juliette Lemaître, La vie d'un stück - Récit d'une normande rescapée de Ravensbrück, Editions Charles Corlet, 2006, (ISBN 978-2847062205)
- Amicale de Ravensbrück et Association des déportées et internées de la Résistance, Les Françaises à Ravensbrück, Gallimard, 1965
- Eva Langley-Dános, Le Dernier convoi, préface de Françoise Maupin et Patrice Van Eersel, Albin Michel, 2012, (ISBN 978-2-226-23863-4)
- Suzanne Guiral, "De Saint Michel à Ravensbrück", préface de Pierre-Paul Guiral, Imprimerie Coopérative,1946,
Liens externes [modifier]