Charles Filiger

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Charles Filiger

Nom de naissance Charles Filiger
Naissance
Thann dans le (Haut-Rhin)
Décès
Plougastel
Nationalité Français Drapeau de la France
Activités Artiste peintre
Formation Atelier de l'Académie Colarossi
Maîtres Paul Gauguin
Mouvement artistique post-impressionniste - Synthétisme
Influencé par Paul Gauguin

Charles Filiger est un peintre né le à Thann en Alsace et décédé le à Plougastel, à l'âge de 64 ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille aisée, son père est fabricant de papier peint à Mulhouse, il suit des études classiques et son père l'inscrit aux Arts décoratifs. Lui veut devenir peintre et se retrouve à Paris vers 1886, fréquente l' Académie Colarossi, au numéro 10 rue de la Grande-Chaumière, expose aux Salon des indépendants en 1889 et 1890, rencontre probablement Gauguin et pour vivre plus simplement ou pour fuir Paris (peut-être à cause d'une affaire trouble, liée à son homosexualité) il gagne Pont-Aven en 1888, où il séjourne à la Pension Gloanec, puis au Pouldu, où il loge dans l'atelier de la Buvette de la Plage que tient Marie Henry, surnommée Marie Poupée par la clientèle ; il retrouve Paul Gauguin qui loge dans la chambre sur cour et Meyer de Haan, dans la grande chambre ; Paul Sérusier les rejoint en 1890, il loge dans la chambre sur rue. Il chante, joue de la mandoline, Gauguin de la guitare. Ces jeunes artistes se retrouvent là dans un endroit plus tranquille que Pont-Aven, partagent une franche camaraderie et un désir d'ouvrir une nouvelle voie dont Gauguin s'impose comme chef de file.

Ces artistes travaillent toute la journée en plein air et comparent le soir leur travail, dans de longues conversations. André Gide se trouvant à dîner par hasard dans cette auberge a noté la présence de trois artistes peintres débraillés, parlant fort. Ces artistes décorèrent la salle de la Buvette de la Plage : Filiger peint une Madone.

« Une figure de gros poupon rouge, aux yeux malicieux et rieurs. Courtaud, ventru, monté sur de petites jambes qu'il remuait d'une étrange manière, tel est au physique cet artiste original », c'est la description que fit Maxime Maufra de Charles Filiger.

Tête de jeune breton, de trois quarts à gauche, v. 1896. Aquarelle sur carton, 17,7 × 12,9 cm. Paris, Musée du Louvre.
Ange gardien avec une guirlande, 1892. Gouache sur papier, 71 × 36 cm, Musée des Beaux-arts de Quimper.

À partir de 1890 un riche mécène, le comte Antoine de La Rochefoucauld lui verse une rente mensuelle de cent francs en échange de la plus belle part de sa production. Il fera un bel article sur lui dans la revue qu'il a créée : Le Cœur. Le reste est exposé chez Le Barc de Boutteville, chez les Rose-Croix ou chez le Père Tanguy. Il entretient une correspondance avec Jan Verkade. En septembre 1894, paraît un article élogieux dans le Mercure de France signé Alfred Jarry. Avec le départ de Gauguin, en 1895, les amis du Pouldu se dispersent. Il s'isole, déménage souvent, fuyant sans doute les sarcasmes des paysans sur son homosexualité et vit en retrait du monde. Son mécène lui retire son soutien. De 1895 à 1900, il vit dans la misère au hameau de Kersulé, à proximité du Pouldu. Malade, alcoolique, avec des crises de mysticismes qui le minent, il devient taciturne. Il se drogue de plus en plus à l'éther.

De 1901 à 1902, il séjourne à Rochefort-en-Terre et en 1903, il se rend en Suisse, voir sa famille puis rentre au Pouldu dans le hameau de Kersellec de 1904 à 1905. Verkade, qui est devenu moine, écrit à Seguin pour le mettre en garde contre sa fréquentation de l'artiste. En 1905, il est hospitalisé à Malestroit, puis passe 4 ans dans une petite auberge de Gouarec.

Il vit alors, à partir de 1911, à Arzano. Il rompt les relations avec ses amis et sa famille. Il prend pension en 1914, chez M. et Mme Le Guellec, à l'hôtel du Menhir à Tregunc. Ces derniers ont signé un contrat alimentaire avec la sœur de Charles Filiger. Il les suivra à Plougastel en 1915 et vit avec eux dans leur maison du Cleguer jusqu'à sa mort à l'hôpital de Brest où le Docteur Caraes le conduit début janvier 1928. Alcoolique et étheromane, il y meurt le . Il est enterré dans le caveau des Le Guellec, à Plougastel-Daoulas.


L'Œuvre peint[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Notations chromatiques: Tête d'homme roux, 1915-1928. Aquarelle et mine de plomb, 23.8 × 30.5 cm. Paris, Musée du Louvre.

Sa production n'est pas très abondante. Mira Jacob répertorie deux cents œuvres dans son catalogue raisonné. Il a peint des peintures à l'huiles dans sa jeunesse, mais par la suite des aquarelles et des gouaches sur papier ou sur carton et quelques décors de poteries. Il est méticuleux, réalise principalement des petits formats.

Il poursuivit une œuvre originale et mystique. Sans faire partie du groupe des Nabis, il en partage toutes les caractéristiques et les qualités de l'air du temps qu'ils ont su saisir, et ceux-ci connaissaient son travail. Son travail est comme un feu mystique, en réaction à tout matérialisme, recherchant la spiritualité. Il peignit comme les peintres d'icônes des visages très ovales aux formes épurées, simplifiées, aux grands yeux ouverts en quête d'un absolu improbable. Comme les enlumineurs du Moyen Âge et les primitifs italiens, il peignait en aplats, des figures cernées, hors du temps, par petites taches serrées, et ce bleu profond surtout qui éveille l'âme, la construction y est violente voir ascétique, les lignes sont souples, aériennes et féminines, sans concession à la tradition classique. En 1907 on vit apparaître ses Notations Chromatiques uniques, grand pas vers l'Art abstrait dans un jeu très moderne de figures exacerbées de mysticisme et de lignes géométriques scintillantes. Une œuvre hors de tout temps, lieu ou mouvement : un artiste à la recherche d'un absolu mystique, de feu, de tournoiements[1].

Les œuvres[2][modifier | modifier le code]

Dessins, aquarelles, gouaches[modifier | modifier le code]

  • 1890 - * 1890 ca - Sainte Pleureuse et ange musicien (recto-verso), Gouache et or sur carton gris (recto), Crayon gras bleu (verso), 27x14cm, Musée d'Art moderne et contemporain (Strasbourg) [3].
  • 1890 ca - La Maison du Pen Du; Gouache sur carton; Dim; H:18,5 cm × L:28,5 cm (Coll. part).
  • 1891 - Vierge à l'Enfant , gouache et or sur carton; Dim; H: 31 cm × L:25,5 cm (Coll. Altschul)
  • 1892 - Tête d'homme au béret bleu, gouache et or sur carton; Dim; H: 22,2 cm × L:18,7 cm, Musée des beaux-arts de Pont-Aven.
  • 1892 - Paysage du Pouldu ; gouache; Dim; H: 26 cm × L:28,5 cm ( Musée des beaux-arts de Quimper)
  • 1892 - Le Génie à la guirlande , gouache sur plâtre: Dim; H: 55 cm × L:72 cm ( peinture sur le mur en plâtre de la salle à manger de la buvette de La Plage au Pouldu (Musée des Beaux-arts de Quimper.
  • 1892 - Christ aux Anges; gouache et or sur carton; Dim; H: 27 cm × L: 25,5 cm (Collection Altschul)
  • 1894 - Famille de pêcheurs ; gouache sur carton; Dim; H:28 cm × L:19,5 cm. (Coll.part.)
  • 1894 - Le Christ à la Lande ; gouache rehaussée d'or sur carton; Dim; H:35 cm × L:26 cm (Coll. part.)
  • 1894 - Sainte Cécile ; gouache réhaussée d'or sur carton; Dim; H: 21 CM × L: 18 cm (Coll. Altschul)
  • 1896 ca - Tête de jeune breton, de trois quarts à gauche , Dim; H:17 × L: 12 cm; Musée du Louvre (fonds Orsay).
  • 1903 ca - La Chapelle au Christ couronné d'épines , encre noire et rehauts de gouache; Dim; H: 19 cm × L:27 cm, Musée du Louvre (fonds Orsay).
  • 1903-1905 - Le Christ au Tombeau ; gouache sur carton; Dim; H:19 cm × L:35 cm (Musée départemental Maurice-Denis « Le Prieuré »; (Saint-Germain-en-Laye)
  • S - D - La montagne noire de Thann (non daté), encre noire et rehauts de gouache, 23x16cm, Musée du Louvre (fonds Orsay).
  • S - D - Côtes Bretonnes ; gouache sur carton; Dim; H:21 cm × L:28,5 cm (Coll. Altschul)
  • S - D - Paysage de Bretagne ; gouache sur carton; Dim; H: 22,5 cm × L: 28 cm (Coll. Altschul)
  • S - D - Bretonne , aquarelle, Dim; H: × L: Musée du Louvre.
  • S - D - Une Sainte , estampe en couleur, Dim; H: × L: Musée des Beaux-Arts de Rennes.
  • S - D - Madone au voile étoilé , mine de plomb et gouache; Dim; H:23 cm × L:22 cm; Musée du Louvre (inv. n° RF 39561) [4].
  • S - D - Les Yeux clos ; crayon et gouache sur papier gris; Dim; H:26 cm × L:26 cm (Coll. part.)

notations chromatiques[modifier | modifier le code]

  • 1900 ca - Notations chromatiques: Paysage à l'arbre rouge; gouache, or et aquarelle sur papier; Dim; Diam: 15 cm (Musée des beaux-arts de Pont-Aven)
  • Notations chromatiques : tête de la vierge, aquarelle, 28x23cm, Musée du Louvre (fonds Orsay).
  • Notations chromatiques : tête de femme, aquarelle et sanguine, Musée du Louvre (fonds Orsay).
  • Notations chromatiques : Marcelle I, aquarelle et rehauts de gouache, 20x16cm, Musée du Louvre [5].
  • Notations chromatiques : Marcelle II, aquarelle et rehauts de gouache,19,8x19,9 cm, Musée du Louvre (fonds Orsay).
  • Notations chromatiques : tête d'homme roux, aquarelle et mine de plomb, 23x30cm, Musée du Louvre (fonds Orsay).
  • Notations chromatiques, aquarelle, 23x27, Musée du Louvre (fonds Orsay) (inv. n° RF39557).
  • Notations chromatiques, aquarelle, 23x29, Musée du Louvre (fonds Orsay) (inv. n° RF39556).
  • Notations chromatiques (inachevée), aquarelle et mine de plombe, 29x23, Musée du Louvre[6].
  • Notations chromatiques : tête d'homme, aquarelle, 23x29, Musée du Louvre, (inv. n° RF39555)[7].
  • Notations chromatiques : Jeanne d'Arc ; crayon, gouache, aquarelle sur papier; Dim; H:26 cm × L:26 cm ( Coll. part.); composition dans un cercle inscrit dans un octogone, inscrit à son tour dans un cercle, puis dans deux carrés foramnt un cadre ornemental[8]

Salons[modifier | modifier le code]

Expositions, galeries[modifier | modifier le code]

Prix, récompenses[modifier | modifier le code]

Musées[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Peinture des Nabis par Claude Jeancolas FVW Edition
  2. Les œuvres citées ci-dessous sont toutes issues de la Base RMN Photos, sauf mention contraire.
  3. File della Base Joconde
  4. Fiche de la Base Joconde
  5. Fiche de la Base Joconde
  6. Fiche de la Base Joconde
  7. Fiche de la Base Joconde
  8. Petite Encyclopédie des Peintres de Bretagne: Charles Filiger (1863-1928), p. 28.
  9. http://maisonmuseedupouldu.blogspot.fr/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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