Saint Caradec

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Il y a eu plusieurs saint Caradec ou saint Carantec qui ont été confondus au fil de l'histoire[1], mais qui sont des saints bretons plus ou moins mythiques non reconnus officiellement par l'église catholique romaine.

Les trois « saint Caradec » (ou « saint Carantec »)[modifier | modifier le code]

  • Le plus ancien, Karadoc[2] est également connu en gallois comme Carannog , en irlandais comme Cairnech , en breton comme Karanteg , en latin comme Carantocus , en anglais comme Carantock , et d'autres variantes de son nom existent) ; il naît au Ve siècle, dans l'île de Bretagne, fils de Corun et petit-fils de Keredic ou Ceredig, roi du Ceredigion, un comté du Pays de Galles. Face à l'invasion du pays par les Scots et les Pictes sous le troisième consulat d'Aetius, en 446, les Bretons trouvant Keredic trop vieux appellent Karadoc à leur tête. Le jeune homme, tremblant devant la charge, refuse de succéder à son père : pour éviter d'être élu roi, il s'enfuit à Llangrannog où il aurait fondé l'église. Puis il se serait un temps caché dans une grotte avant de se réfugier en Hibernie auprès de Saint Patrick vers 450, devenant moine pérégrin, c'est-à-dire itinérant, parcourant en robe de bure les chemins avec un bâton réputé avoir des propriétés miraculeuses[3]. Le roi Arthur l'aurait appelé car un serpent ravageait la région et Caradec l'aurait domestiqué. Il pérégrine ensuite au Pays de Galles, bâtit un monastère et se lie d'amitié avec saint Ténénan, avant de venir en Armorique[4].

Il est le saint patron de Carantec (Finistère) près de Saint-Pol-de-Léon (avec saint Ténénan). C'est saint Ténénan qui fit construire une première église dédiée à son ancien maître, saint Carantec, en ce lieu. Plusieurs localités du Pays de Galles portent aussi son nom.

  • Un second Caradec vivant au XIe siècle, sur les côtes voisines de l'abbaye de Saint-Jacut, près la rive gauche de l'Arguenon, exerçait la profession de passeur. Il était ivrogne et débauché. Or un jour, face à un pauvre pèlerin, lui quémandant le transport, pour l'amour de Dieu, à l'abbaye de Saint-Jacut, dont il veut vénérer le sanctuaire, Caradec refuse grossièrement, puis, mystérieusement touché par la grâce, il cède, transporte le voyageur au milieu d'un orage affreux, et, se jouant de la tempête, revient à sa cabane. Mais il a trop présumé de ses forces, il tombe malade, vomit le sang et meurt.

Le diable l'emporte dans l'enfer, mais Saint Jacut et Saint Guéthénoc le délivrent. Il passe alors une seconde vie très sainte à l'abbaye de son libérateur, et va au ciel après sa seconde mort[5].

Il est le saint patron de Saint-Cadreuc en Ploubalay (Côtes-d'Armor)

  • Un troisième Caradoc, né d'une illustre famille dans le comté de Brecknock au Pays de Galles vivant au XIIe siècle. Il est harpiste au service du roi Rhys (probablement le fils de Rhys ap Tewdwr). Tombé en disgrâce pour un sujet futile, il préfère se tourner vers Dieu pour le servir à Llandaff où il reçoit la tonsure cléricale. Il ne joue plus de la harpe que pour Dieu.

Il reste un temps dans l'Eglise de Saint Théleau. Puis se fait ermite non loin d'une église abandonnée dédiée à Saint Kined. Enfin sa réputation de sainteté étant parvenue à l'archevêque de Ménévia, Sulien ou Rhigyfarch son fils, (saint David), celui-ci l'ordonne prêtre. Il se retire, avec quelques compagnons, en ermite sur l'île Barry, comté de Glamorganshire.

Sur ordre de l'archevêque de Ménévia, ses compagnons et lui se retirent dans le monastère de Saint Hismaël ou Ysam dans le pays de Ross (sans doute le Comté de Galway en Irlande), territoire annexé aux anciens bretons par les anglais. Suite à la guérison miraculeuse de Richard Tankard, puissant colon anglais, par les prières de Caradoc, ce monastère reçoit protection et donations.

Mort le dimanche 13 avril 1124, il est inhumé dans l'église Saint-David de Menevia. Son corps est retrouvé sans corruption après plusieurs années et translaté solennellement[6].

Il est le saint patron de Saint-Caradec en Hennebont, paroisse érigée entre 1200 et 1264 par la volonté d'Henri d'Hennebont pour servir la population nombreuse massée autour du vieux château d'Hennebont, siège du Kemenet-Héboé.

Leurs traces en Bretagne et Grande-Bretagne actuellement[modifier | modifier le code]

Plougastel-Daoulas : chapelle Saint-Guénolé, triptyque, le panneau central représentant saint Caradec
L'église Saint-Carantoc à Crantock (Cornouailles britannique)
L'église Saint-Crannog à Llangrannog (Pays de Galles)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Delalonde, "A la recherche de saint Carantec", Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome CXXIII, 1994
  2. Sa première Vita, sous la forme d'une courte homélie, a été publiée en anglais : J. S. P. Tatlock, « The Dates of the Arthurian Saints' Legends », Speculum 14.3 (July 1939:345-365) pp. 349ff.
  3. D'après le bréviaire de Léon imprimé à Paris en 1516, selon Joseph Mathurin. Supplément à la semaine religieuse du diocèse de Rennes, 8 février 1908, ex-libris, M. l'abbé J. Mathurin, paroisse St-Etienne, Rennes (Ille-et-Vilaine)
  4. http://cdigarches.free.fr/pdf/101012_les-aventures-de-carantec_site.pdf
  5. Vie de saint Jacut, Biblioth. nat., ms. lat. 5296, f. 62. — A. de la Borderie, Mélanges, IIe vol., p. 221
  6. Vies des pères, des martyrs, et des autres principaux saints
  7. (AD89 - Archives ecclésiastiques - série G, clergé séculier)
  8. Voir l'encyclopédie wikipedia en anglais
  9. Journal Le Télégramme n° 20745 du 12 mars 2012
  10. Life of Saint Carannog, translated in "Lives of the Cambro British saints," p. 396ff , 1853, Rev. William Jenkins Rees

Liens externes[modifier | modifier le code]